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De 321 av.J.C à 54 ap.J.C |
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Pour plus de détails voir aussi : L'histoire de l'Arménie Arsacide - |
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L'Arménie
(En Arménien :
Հայաստան
Hayastan) est une région et un royaume du lac de Van,
entre la mer Noire et la mer Caspienne. Elle forme un premier royaume dès 2050 (fondateur
mythique : Haïk). Les Arméniens (tribu
Thraco-illyrienne : les
Haïkans) qui se sont retrouvés, en 610, fixés dans les montagnes de l'Ourartou
par le Roi des
Mèdes,
Cyaxare
(625-585), adoptent la civilisation locale et fondent la nation Arménienne.
Nous savons par des inscriptions cunéiformes
Perses
Achéménides, qu'au milieu du VIe siècle, les Arméniens occupaient
une grande partie du territoire de l'Ourartou. Les inscriptions de
Naqsh-e Rostam (ou Naqsh-e
Rustam), à environ 4/5 km au Nord de
Persépolis
(Perse), mentionnent l'ancienne dénomination :
Ourartou,
sous sa forme
Babylonienne
: Ourashtou, mais les vieux textes
Élamites
(Perses) le remplacent par le terme : Armina. |
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Puis les Arméniens vont vivre sous l’occupation des Mèdes. Lorsque l'Empire de ces derniers va s'effondrer sous les coups du Roi Perse Achéménide, Cyrus II le Grand (559-529), ils vont devenir une satrapie de l’Empire Perse (de 549 à 334). Ils vont rester vassaux des Rois Achéménides jusqu’à la chute de leurs derniers Roi Darius III (336-330) devant le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323), après sa conquête de l'Empire Perse. Puis, après la mort d'Alexandre et du partage de son Empire, l'Arménie redevient indépendante.
De cette période nous avons les noms (Aux consonances Grecques) de quelques Rois. L'Arménie de part, en outre, sa position géographique a toujours attiré l'intérêt de ses puissants voisins aux différentes périodes de l'histoire. Mais face aux invasions, elle a toujours fait preuve d'une volonté farouche de conserver son identité nationale. Malgré cet esprit "nationaliste" la culture Arménienne a été influencée par les puissances voisines dans de nombreux domaines comme l'architecture, la littérature, la musique etc... |
Vue du lac de Van |
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L'histoire..... |
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L'histoire de l'Arménie commence avec les cultures néolithiques du Sud Caucase, comme la culture Shulaveri-Shomu, on trouve les premières traces de peuplement de la région à cette époque (6000-4000). Cette période est suivie par le début de l'âge du bronze où l'on trouve la culture de Kura-Araxes (4000-2000) qui sera suivie par celle du Trialeti (2200-1500). Les premiers ethnonymes (Nom de peuple) attestés de la région nous sont connus par les sources Hittites de la fin de l'Age du Bronze, comme les Hayasa-Azzi ou les Mushki. Selon la tradition Arménienne, Haig I (ou Haïk ? -2026) serait le fondateur Mythique du premier royaume Arménien. Il est le fils de Thorgama (ou Torgom), fils de Gomer, fils de Japhet, lui-même fils de Noé et les Arméniens auraient peuplé la région au pied du mont Ararat après le Déluge. Son fils Aramaneag (2026-v.2020) lui succède et va consolider le royaume.
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Château forteresse de Tushpa (l'actuelle Van Kalesi) |
Plus tard, entre 1500 et 1200, les Hayasa-Azzi existent dans la moitié occidentale du territoire Arménien. On les retrouve souvent mêlés à des conflits avec l'Empire Hittite. Au début du Ier millénaire, les Arméniens / Hayasa-Azzi, en provenance d'Anatolie occidentale, atteignent les vallées du Haut Euphrate. À cette époque, le territoire de l'Arménie historique est occupé par des tribus Hourrites.
Entre 1200 et 800, une grande partie de l'Arménie est unie dans le cadre d'une confédération de royaumes, que les sources Assyriennes appellent, Naïri "Terre des cours d'eau". Dans la région du lac de Van, l'Empereur d'Assyrie Téglath-Phalasar I (1116-1077) fait ériger une stèle qui commémore sa victoire sur des "Rois" de Naïri. Selon quelques spécialistes ce sont sans doute ces gens de Naïri qui s'unissent et fondent le royaume de l'Ourartou pour faire face à la pression Assyrienne. À partir du IXe siècle le royaume de l'Ourartou prospère dans le Caucase et l'Est de l'Asie Mineure et il s'installe sur le plateau dans le territoire Arménien. |
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Le fondateur du Royaume Ourartéen, Aramu (ou Arame vers 855-833 ou 850-840) unie toutes les principautés Arméniennes qu'il ajoute à son royaume et se donne le titre de "Roi des Rois", le titre traditionnel des Rois de l'Ourartou. Les Ourartéens établissent leur souveraineté sur l'ensemble du Taron (Région du centre de l'Arménie, possédée initialement par les Mamikonian) et du Vaspourakan (ou Vaspurakan, en Arménien Վասպուրական, province centrée sur le lac de Van).
Le principal rival de l'Ourartou sera l'Empire Néo-assyrien (912-609). Pendant le règne du Roi Sarduri I (ou Sapur, 833-825 ou 840-830), l'Ourartou devient un Royaume fort et organisé et impose des tributs très lourds aux pays voisins. Sarduri I fait de Tushpa (Van aujourd'hui), la capitale de l'Ourartou. Son fils, Ishpuhini (ou Ishpuinis ou shpouhini, 830-810 ou 825-806), étend les frontières de l'État par la conquête de ce qui sera plus tard connu sous le nom de domaine Tigranocerta en atteignant le lac et la ville d'Ourmia (ou Orumieh). Les Ourartéens bâtissent un réseau de forteresses dont les ruines impressionnantes témoignent encore aujourd'hui de leur puissance. |
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Argishti I sur son char - Musée d'Erevan |
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Menoua (ou Menuas ou Meinua ou Menona, 810-785 ou 806-788), le souverain suivant étend le territoire vers le Nord, par l'annexion des domaines Araratiens. Il a laissé plus de 90 inscriptions en utilisant les écritures cunéiformes Mésopotamiens dans la langue Ourartéenne. Son fils, Argishti I (785-766 ou 785-756), conquiert la cité Néo-Hittite de Lattaquié (ou Latakiyah ou Ladhiqiyah ou Laodicée ou Laodikeia ou Laodiceia) qui était la principale ville portuaire de la Syrie et parvient jusqu'à Byblos en Phénicie. Il construit en 782 la ville d'Erebouni (ou Erebuni actuelle Erevan) à l'aide de 6 600 prisonniers de guerre (La plaque de la fondation est d'ailleurs conservée). L'Ourartou atteint alors son maximum d'expansion territoriale, alors que l'Assyrie, l'ennemi de toujours, connaît une période de régression politique. |
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Art Ourartéen |
Plus tard vers 650, un nouvel État, les Mèdes, va devenir très puissant sur la scène politique. Sous son Roi Cyaxare (ou Ouvakhshatra ou Oumakishtar, 625-585) les Mèdes vont envahirent l'Assyrie mourante et mettre le siège devant Ninive. En 612, il passe alliance avec le Roi de Babylone Nabopolassar (626-605), il prend Nimrud, puis en août il prend et détruit Ninive. En 609, les deux alliés soumettent les derniers résistants Assyriens à Harran (Carrhes), mettant fin ainsi à l’Empire Assyrien.
Après la victoire et le partage de cet empire, le Roi Mède règne sur une grande partie de l'Iran, l'Assyrie et le Nord de la Mésopotamie. Puis il poursuit ses conquêtes vers l'Ouest et s'attaque à l'Ourartou, s'emparant en 590 de Rushahinli qui est détruite et en 585 de Tushpa, mettant un terme au royaume Ourartéen et annexant du même coup l'Arménie à son empire. |
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L’origine des Arméniens est une question fortement controversée. À défaut de sources locales, certains spécialistes, principalement Arméniens avancent qu'après la chute de l'Ourartou, dans ses montagnes, une tribu Thraco-Illyrienne d'une des anciennes principautés : les Haïkans (ou Hay, le nom des Arméniens dans leur propre langue), se retrouve fixée par les Mèdes. Ils font un rapprochement avec le pays de Hayasa, mentionné dans les documents Hittites, qu'on localise généralement au Nord de la ville d'Erzurum (Anatolie orientale), ce qui tendrait à accréditer la thèse du caractère autochtone des Arméniens. Il faut savoir que la plupart des auteurs défient de cette opinion. La théorie la plus couramment avancée est que les Arméniens auraient fait partie des groupes Thraco-phrygiens passés en Anatolie vers 1200 au moment des invasions des Peuples de la mer. Une branche se serait séparée des Phrygiens et déplacée vers l'Est jusqu'à l'Euphrate dans la région de la ville actuelle de Malatya. |
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La souveraineté de l'Empire des Mèdes ne va pas durer, leur Roi Astyage (585-550/49) est renversé par le Roi Perse Achéménide (Son petit-fils) Cyrus II le Grand (559-529). Celui-ci construit un Empire, qui s'étendait de la Grèce à l'Indus et l'Arménie devient une satrapie de l'Empire Perse. Il semble que dès cette période l'Arménie soit gérée par des Satrapes plus ou moins indépendants se considérants en véritables "Roitelets".
Comme on peut le voir sur un bas-relief de l'Apadana de Persépolis, les Arméniens étaient réputés pour l'élevage des chevaux et s'acquittaient de leur tribut aux Rois Perses sous forme de poulains. Le pays va rester sous la domination Perse pendant deux cents ans. Selon Hérodote (Historien Grec, v.484-v.425) qui donne une liste des satrapies Perses à l'époque du Roi Darius I (522-486), la XIIIe et la XVIIIe correspondaient à peu près au territoire de l'Arménie historique. |
Bas-relief représentant des Arméniens, escalier Est de l'Apadana de Persépolis. |
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C'est par Xénophon (Philosophe, historien et maître de guerre Grec, v.430-v.355), qui en 400 dirige la retraite des "Dix Mille" (Voir Cyrus le Jeune) et traverse l'Arménie avec d'autres soldats Grecs pour regagner son pays, que nous connaissons le nom d'un Satrape d'Arménie, Orontes (401-344). Sous le règne de Darius III (336-330), le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) envahit l'Empire Achéménide et prend possession de tous ses territoires. |
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Monnaie d'Orontes I |
À la mort d'Alexandre et du partage de son Empire l'Arménie va prendre son indépendance. Orontes I ou II (ou Yervand, 344-331) vers 321, fonde la dynastie des Orontides (ou Ervandouni) qui va régner jusqu'en 200 et prend le titre de Roi. Ses successeurs vont rester la plupart du temps indépendants face aux Séleucides, successeurs d'Alexandre dans la région. Ils vont quand même adopter la culture Hellénistique et prendront le titre de Roi de Sophène. Les plus connus sont Samès (260-243) et son fils Arsamès I (243-228 ou 226). Il règneront aussi sur la Commagène. Cependant, peu de temps après, en 212, sous le Roi Xerxès (228 ou 226-212), le Roi Séleucide Antiochos III Mégas (223-187) annexe le pays et l'Arménie est momentanément incorporée à l'Empire des Séleucides. Xerxès épouse la sœur d'Antiochos III, qui l'aurai assassiné (empoisonné) peu après. En 190, Antiochos III est battu à son tour par les Romains à la bataille de Magnésie du Sipyle. Suite à cette défaite il est contraint en 188 d'accepter le Traité d'Apamée qui voit la réorganisation de tous les territoires Séleucides. |
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Antiochos III ne peut plus intervenir au Nord du Taurus, créant ainsi un vide politique que remplissent immédiatement de nouveaux petits royaumes indépendants. Profitant de la situation, deux généraux d'Antiochos III, Artaxias et Zariadris, assassine le dernier Satrape d'Arménie Orontes III (ou IV, 212-188) et se partagent le pays en le scindant en deux petits royaumes, de chaque coté de l'Euphrate : La Petite Arménie ou Sophène à l'Ouest le long de la rive droite (Cilicie) et la Grande Arménie à l'Est sur la rive gauche. Les nouveaux Rois débutent un programme d’expansion qui atteindra son apogée cent ans plus tard. Un sommaire de leurs acquisitions est fourni par le géographe Grec Strabon (v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C). Zariadris (ou Zareh ou Zariadres), Roi de Sophène, entame la conquête de l’Acilisène et du pays autour de l’Anti-Taurus, qui s'arrêtera en 169. |
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Artaxias I (ou Artašēs ou Artaxes ou Artashes, en Arménien : Արտաշես Առաջին, 189-160) était Satrape (Gouverneur, stratēgós) de la région depuis 200. Il va être le premier Roi de ce que l'on nomme la dynastie Artaxiade (qui durera jusqu’en 35 ap.J.C) Il fonde sa capitale Artaxata (ou Artashat, "La joie d'Artaxias") située au Sud de la ville actuelle d'Erevan sur les rives de l'Araxe. C'est est un monarque ambitieux de stature internationale. Il obtient des territoires des Mèdes pour son aide apportée face aux Séleucides, il prend possession des terres des Albans et agrandi son territoire en Ibérie et en Syrie.
Ensuite, il entre en conflit avec le Roi du Pont, Pharnace I (ou Pharnacès ou Pharnakes, 184-156), puis avec le Roi Séleucide de Syrie Antiochos IV Épiphane (175-164) et enfin avec celui de Cappadoce Ariarathês IV Eusèbe (220-163). En 181, il participe au traité consécutif à la victoire d'une coalition de Rois Anatoliens sur le Roi du Pont Pharnace I. Par ce traité celui-ci devait céder l'ensemble de ses conquêtes à l'Ouest. Il donne asile à Hannibal (Général Carthaginois, 247-183), c'est sur les conseils de ce dernier qu'il va bâtir sa capitale. À la mort de Zariadris (ou Zareh), Artaxias I unifie les deux Arménie (Alors appelée Artaxa) et en agrandit de ce fait encore les frontières de son royaume. Artaxias I épouse Satenik, la fille du Roi des Alains. Elle lui donne six fils : Artavazde I (ou Artavasdes), Vruyr, Mazhan, Zariadres (ou Zareh), Tiran et Tigrane (ou Tigran). |
Représentation d'Artaxias I
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Situé dans une région montagneuse et difficile d'accès, le royaume d'Arménie occupait en Orient une position stratégique. À partir de son territoire, on pouvait lancer des attaques contre la Syrie du Nord, la Cilicie ou dans la région de la Médie, autour d'Ecbatane. À l'inverse, les grandes puissances qui contrôlaient ces régions avaient de grandes difficultés à pénétrer en Arménie, encore plus à s'y maintenir de façon durable lorsqu'ils gagnaient un peu de terrain. C'est pourquoi, en général, elles vont chercher à le neutraliser. |
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Tête en laiton de la Déesse Anahita à la ressemblance d'Aphrodite - Ier siècle - British Museum |
Artavazde I (ou Artavasdes, en Arménien : Արտավազդ Առաջին, 160-149 ou 160-115) le fils ainé d'Artaxias I et de la Reine Satenik lui succède. Il récupère un royaume important qu'il va chercher à consolider plutôt qu'à agrandir. Son règne n'est ni aussi bref ni aussi tragique que le décrit Moïse de Khorène (Historien et savant Arménien, Ve siècle ap.J.C) dans son histoire de l'Arménie. Il va repousser plusieurs tentatives des Parthes d'envahir l'Arménie, mais finalement, il est vaincu par le Roi Mithridate I (171-138), qui annexe une partie de l'Est de l'Arménie et prend son fils, le futur Tigrane II le Grand en otage. Il aura comme successeur son frère Tigrane I. Selon Cyrille Toumanoff son règne s'est achevé seulement en 123 et il serait le père de Tigrane I.
Tigrane I (En Arménien : Տիգրան Ա ռ ա ջ ին, 149-128 ou 115-95) prend le pouvoir à la mort d'Artavazde I, celui-ci n'ayant pas laissé d'héritier, son fils étant en otage chez les Parthes. Son règne est assez mal connu et sa succession est sujette à discussion. Certains spécialistes pensent qu'il est suivi par un certain Artavazde II (128-95) qui serait son fils et ce serait lui le père du futur Tigrane II. La version serait la suivante, vers la fin du règne d'Artavazde II, les Parthes attaquent l'Arménie et sont vraisemblablement victorieux car ils prennent comme otage le prince héritier, le futur Tigrane II le Grand.
D'autres historiens, comme Cyrille Toumanoff, contestent l'existence même de ce Roi et font de Tigrane I le père et prédécesseur de Tigrane II. Selon les interprétations modernes de la "Chronique Géorgienne", Artavazde I serait par ailleurs le père du Roi d'Ibérie Aeshak I (ou Artaxias ou Arsace ou Arschak ou Arshak, 93-81). |
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Tigrane II (En Arménien : Տիգրան Մեծ, en Grec : Τιγράνης ο Μέγας, 95-54), né autour de 140, est selon les spécialistes fils d'Artavazde I ou II et selon d'autres celui de Tigrane I. Il monte sur le trône en 95. Tigrane I est un otage, jusqu'à l'âge de 40 ans, de la cour du Roi Parthe Mithridate II (124-88) qui avait vaincu les Arméniens en 105. D'autres sources indiquent une date beaucoup plus tôt, vers les années 112-111. Après la mort du Roi Tigrane I ou Artavazde II, en 95, Tigrane achète sa liberté aux Parthes en échange de "soixante dix vallées" en Atropatène (Azerbaïdjan Iranien). Quand il arrive au pouvoir, le fondement de son Empire était déjà en place grâce au fondateur de la dynastie Artaxiade, mais au début, il est vassal du Roi Parthe Mithridate II qui impose son protectorat sur la région. Les montagnes de l'Arménie, cependant, forment des frontières naturelles entre les différentes régions du pays et de ce fait, cela ne répond pas à la volonté de Tigrane II qui veut créer un empire centralisé.
Il va donc commencer par la consolidation de son pouvoir en Arménie avant de se lancer dans ses campagnes. Sa première action est d'éliminer Artanes, le dernier prétendant au trône de Sophène, descendant de Zariadris (ou Zareh ou Zariadres). Puis il prend son indépendance et devient Tigrane II le Grand, le véritable fondateur de l’Empire d’Arménie. Son royaume va s'étendre de la mer Caspienne jusqu'à la Palestine et du Pont jusqu'à la Mésopotamie. Il passe alliance avec le Roi du Pont, Mithridate VI et épouse Cléopâtre, une de ses filles. Les deux Rois fixent leurs zones d'influences. Tigrane II prétend s'étendre à l'Est, tandis que Mithridate VI partait à la conquête des terres Romaine en Anatolie et en Europe. En 93, Tigrane II envahit avec lui la Cappadoce, mais il en est chassé un an plus tard par le Romain Sylla, qui impose la restauration du Roi Ariobarzane I Philoromaios (ou Ariobarzanês, 96-63). |
Statue de Tigrane II - Erevan |
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Tétradrachme de Tigrane II British Museum |
En 88, les Romains venaient d'accuser une lourde défaite face à Mithridate VI qui avait massacré environ 80 000 Romains dans les provinces d'Anatolie. À ce moment-là, Tigrane II profite du déclin de l'Empire Parthe affaiblie par les invasions des Scythes et les querelles internes à la mort de son Roi Mithridate II, pour les attaquer, alors que sa fille, Ariazate-Automa, venait d'épouser Mithridate II. Tigrane II apparemment envahit Ecbatane et prend le titre de Roi des Rois qui, à l'époque, en fonction de leurs territoires, n'était même pas porté par certains Rois Parthes. Il va ensuite imposer sa suzeraineté aux Princes de la Syrie du Nord et de la Cilicie. De 87 à 83, il va conquérir toute la Syrie, la Mésopotamie et une partie de l'Asie Mineure. Son royaume va s'étendre alors du Caucase (Nord de l'Irak) jusqu'à la Syrie actuelle.
Strabon (Géographe
Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C)
écrit :
"Quand il (Tigrane) a acquis le pouvoir, il a récupéré ces soixante-dix vallées
et dévasté le pays des Parthes, sur le territoire Ninus (Ninive), près d'Arbela.
Il a soumis à son autorité les Atropateniens (en Azerbaïdjan) et les Goryaeens
(sur le Haut Tigre), par la force des armes, il a obtenu aussi la possession du
reste de la Mésopotamie et après avoir traversé l'Euphrate, la soumission de la
Syrie et Phoenicea. (Strabon
- Livre XI.xiv.16)".
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Cliquez sur un nom de ville ou de région |
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En 83, après une guerre sanglante pour le trône de Syrie, régie par les Séleucides, les Syriens décident de choisir Tigrane II comme leur protecteur et lui offrent la couronne de Syrie. Tigrane II conquiert ensuite la Phénicie et la Cilicie, de manière à mettre un terme aux derniers vestiges de l'Empire Séleucide. La frontière Sud-ouest de son Empire atteint Ptolémaïs (ou Akko ou Acre aujourd'hui), sur la côte méditerranéenne. Beaucoup des habitants des villes conquises et des prisonniers, environs 300 000, sont envoyés dans sa nouvelle capitale de Tigranakert (Tigranocerta en latin) qu'il fonde vers 78. Son beau-père Mithridate VI, battu par les Romains, se réfugie chez lui. Le "Roi des Rois" entre en contact avec Rome et Lucius Lucullus exige l'expulsion d'Arménie de Mithridate VI. Une telle trahison était impossible pour Tigrane II et il refuse de livrer le Roi du Pont aux Romains. |
Monnaie de Tigrane II |
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Monnaie de Tigrane II |
Ces derniers, en représailles, envahissent son empire et en 69 s'empare de la capitale Tigranocerta qu'il saccage. Les gardes non Arméniens de Tigranocerta avaient trahi Tigrane II au cours de la bataille en ouvrant les portes de la ville aux Romains. Tigrane II détache alors 6000 cavaliers à la ville afin de sauver la population. Avec Mithridate VI, il lève une armée de 70000 hommes pour contrer l'avance de Lucullus. Après la bataille, du 6 octobre 68, en raison de lourdes pertes du coté Romain, les légions Romaines se mutinent et refusent de poursuivre les combats, ce qui va empêcher Lucullus de s'emparer de l'ancienne capitale, Artaxata. Tigrane II récupère ainsi son royaume, moins la Syrie où Lucullus rétablit sur le trône le Roi Séleucide Antiochos XIII Dionysos Asiaticos ("l'Asiatique", 83-64). |
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En raison de ses échecs, Lucullus est rappelé à Rome et remplacé par Gnaeus Pompée. À ce moment Tigrane est menacé par un de ses fils (ou beau-fils), Tigrane le Jeune, qui s'est allié avec le Roi Parthes Phraatès III (70-57) pour prendre le trône d'Arménie. Après une mésentente avec son allié Mithridate VI, qui venait le secourir avec 8 000 hommes, Tigrane II est obligé de se soumettre, en 66/65, au Romain Pompée qui l'aide à reprendre son trône. Il garde une bonne partie de son Empire mais lui cède la Cappadoce et la Petite Arménie (Cilicie). Son fils infidèle est envoyé à Rome comme prisonnier. La situation reste ainsi jusqu'à sa mort en 54, où l'Arménie devient vassale des Romains. Tigrane II est le premier souverain Arménien à émettre une monnaie. Ses pièces ont été frappées à Antioche et à Damas, au cours de son occupation de la Syrie de 83 à 69.
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Artavazde II ou III |
Son fils, le Roi Artavazde II ou III (ou Artavasdes II, en Arménien : Ար տ ա վ ազդ Երկրորդ, 54-34), lui succède sur la Grande Arménie. Artavazde était un allié de Rome, mais quand le Roi des Parthes Orodès II (54-38) envahit l'Arménie à la suite de sa victoire sur le général Romain Marcus Licinius Crassus à la Bataille de Carrhes en 53, il est contraint de rejoindre les Parthes et il donne sa sœur en mariage au fils d'Orodès II, Pacorus.
En 36, le général Romain Marc Antoine (83-30) envahit à nouveau l'Arménie et Artavazde se retrouva encore une fois prit entre deux feux. En 34, il fut la cause du désastre de l’expédition Romaine de Marc Antoine contre les Parthes. Le Romain, en châtiment, l'envoya prisonnier en Égypte et déclara à cette date le fils qu'il eut avec Cléopâtre VII Théa Philopator (51-30), Alexandre I Hélios, Roi d'Arménie, mais ce dernier ne régna que nominalement sur le pays de 34 à 30. |
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Artavazde refuse d'accepter la Reine d'Égypte Cléopâtre VII comme souveraine, en 31, il est alors mis à mort, décapité, par cette dernière, mais sans révéler le lieu où se trouvait le trésor royal. Selon Plutarque (Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125), Artavazde était un érudit qui a composé des tragédies Grecques et des histoires. Il eut trois enfants, dont Alexandre et une fille Jotapé ou Iotape qui épouse Alexandre Hélios. |
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Artaxias II (ou Ardachès ou Artaxes ou Artashes, en Arménien: Ար տ աշե ս Երկրորդ, 34-20 ou 30-20) le fils aîné d'Artavazde II (ou III) lui succède. Il monte sur le trône lorsque son père est fait prisonnier et exécuté par Marc Antoine (83-30) et Cléopâtre VII et est obligé de fuir en Parthie. Toutefois, avec le soutien des Parthes, il retourne en l'Arménie et fait la guerre avec succès contre les ennemis de son père. Il fait également exécuter tous les Romains qui se trouvaient au sein de ses frontières. Il envoie des émissaires à Rome pour tenter d'obtenir la libération de sa famille prise en captivité, mais l'Empereur Auguste (27 av.J.C-14 ap.J.C) refuse de céder. |
En 20 av.J.C, les Arméniens envoient des messagers à Auguste pour lui dire qu'ils ne voulaient plus d'Artaxias comme leur souverain et demandaient que son frère Tigrane III (20-08 ou 20-06), à l'époque sous la garde des Romains à Alexandrie, soit installé à sa place. Auguste accepte sans problème et envoie une grande armée sous le commandement de Tibère déposer Artaxias II. Cependant, avant leur arrivée, Artaxias est assassiné par d'autres membres de la famille et les Romains mettent Tigrane III sur le trône sans opposition. Vont suivre neuf "Roitelets" sans grand pouvoir en une cinquantaine d'années, dont une Reine à trois reprises, Érato I. |
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Érato I sera le dernier membre sur le trône de la dynastie Artaxiade. Elle est la fille de Tigrane III et demi-sœur et épouse de Tigrane IV (6-1 av.J.C). Au cours des siècles avant le Christianisme, les mariages incestueux étaient communs à l'époque hellénistique afin de préserver la pureté du sang royal. Érato I sera le seul souverain Arménien à monter sur le trône à trois reprises. Elle va régner avec son frère Tigrane IV, qu'elle épouse, de 6 à 1 av.J.C, puis seule en 2 ap.J.C et enfin de 6 à 11/12 ap.J.C. À la mort de son père Tigrane III, l'Empereur Auguste (27 av.J.C-14 ap.J.C) avait envoyé Tibère en Arménie pour mettre sur le trône Artavazde III (ou IV, 5-4 ou 5-2 av.J.C) qui était un cousin de Tigrane IV et Érato. Ces derniers à l'instigation d'une guerre civile et avec l'aide du Roi Parthe Phraatès IV (38-2 av.J.C) avaient pris le pouvoir.
Cependant le Roi Parthe afin d'éviter une grande guerre avec Rome abandonne son soutien qu'il portait aux frère et sœur. Les Romains envoient alors Caius César pour mettre fin à la guerre civile, mais avant son arrivée Tigrane IV est assassiné au cours d'une émeute et le trône Arménien est donné à Ariobarzane d'Atropatène (2-4 ou 1-2) un Mède d'origine. Ariobarzane est tué dans un accident, Auguste nomme alors Roi le fils de ce dernier Artavazde IV Ariobarzane (ou V, 4-6 ou 2-11). Mécontente de cette nomination d'un Roi étranger, la population Arménienne intensifie sa révolte dans tout le pays et l'Empereur Auguste est obligé de réviser sa politique. |
Représentation de la Reine Érato I |
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Il nomme cependant un autre Roi étranger à la dynastie en donnant le trône à Tigrane V Hérode (6-12), sans affiliation avec les Artaxiades, puisqu'il est l'arrière-petit-fils du Roi de Judée et d'Israël Hérode le Grand (41-4 av.J.C), fils d'Alexandre de Judée et de Glaphyra de Cappadoce. En 6 ap.J.C, les nobles Arméniens, insatisfaits de Tigrane V, se rebellent et restaurent Érato I sur le trône. Elle ne le gardera que 5 ans puisqu'elle est renversée en 11/12 dans des circonstances inconnues, après quoi la dynastie Artaxiade disparait. Auguste décide de maintenir l'Arménie comme un royaume vassal au lieu de l'annexer à l'Empire. En 12, il nomme Roi d'Arménie Vononès I (12-18), un ex Roi Parthe, détrôné et en fuite. Le nouveau Roi Parthe Artaban III (10-38 ou 12-38/40) exige sa déposition, comme Auguste ne souhaite pas commencer une guerre avec les Parthes, il retire Vononès I et l'envoie en Syrie où il est maintenu en otage, mais dans un luxe du a son rang. Plus tard, Vononès I est transféré en Cilicie et quand il essaie de s'échapper vers 19 ap.J.C, il est tué par ses gardes. |
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Le temple de Garni est situé dans la province de Kotayk. Il a été construit sous le Roi Tiridate I en 77. |
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Artaxias III (ou Artaxias Zénon ou Ardachès ou Artaxes ou Artashes, en Grec : ο Άρταξίας, en Arménien : Ար տ աշե ս Երրորդ, 18-34/35), lui succède sur le trône d'Arménie. Artaxias est né avec le nom de Zénon (En Grec : ο Ζηνων) en hommage à son grand-père paternel, Zénon, un éminent orateur et aristocrate, qui était allié du Romain Marc Antoine (83-30). Ses grands-parents maternels sont de riches Grecs et ami de Pompée. Il est le fils ainé du Roi du Pont (Royaume du Pont Polémoniaque) Polémon I et de la Reine Pythodoris de Trallès (29 av.J.C-33 ap.J.C), fille de l'Ethnarque Pythodoros de Trallès et d'Antonia de Smyrne, une fille illégitime de Marc Antoine.
Tacite (Historien et philosophe Romain, v.56-v.120) nous précise à son sujet que "Depuis sa plus tendre enfance il imitait les traditions et le genre de vie des Arméniens, la chasse, les banquets et les pratiques aimées des Barbares, aussi s'était-il attaché pareillement les grands et le peuple". En 18, Artaxias III devenu populaire obtient la faveur des Arméniens lorsqu'il est nommé Roi par Germanicus (Consul Romain, 15 av.J.C-19 ap.J.C).
Il est couronné à Artaxata (Moderne Artashat). Son règne marque une nouvelle période de protectorat Romain sur l'Arménie. Ses frères et sœurs plus jeunes élevés par les Romains ont été : Polémon II Roi du Pont, qui prenait la relève de sa mère et est devenu le dernier Roi du Pont et Antonia Tryphène qui a été Reine titulaire du Pont et de la Thrace. Artaxias va régner jusqu'à sa mort en 34/35. Il est remplacé par Arsace I, fils du Roi des Parthes Artaban III. Artaxias III n'a jamais été marié et na jamais eu d'enfant. |
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Après la mort d'Artaxias III, vassal des Romains, le Roi des Parthes Artaban III (10-38 ou 12-38/40) impose aux Arméniens comme Roi son fils aîné, Arsace I (34/35). L'Empereur Romain Tibère (14-37) refuse d'accepter cette remise en cause du protectorat Romain sur le pays et présente un autre candidat au trône au nom de Mithridate d'Arménie (35-37 et 42-51), le frère du co-Roi d'Ibérie Pharzman I (ou Pharasman ou Farasmanes, 1-58). À la cour d'Arménie, en 35, le parti pro-Romain fait empoisonner Arsace I après moins d'un an de règne et proclame Mithridate Roi. Le pays tout entier devient alors une zone tampon où Romains et Parthes s'affrontent. |
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En 35, Mithridate est détrôné par Orodès I (35 et 37-42) un autres fils du Roi des Parthes Artaban III. Mithridate appelle à l'aide son frère qui lui envoie des mercenaires Sarmates. La même année Orodès I et les Parthes sont mis en fuite. Mithridate reste maître du royaume, jusqu'à ce que l'Empereur Romain Caligula (37-41) le déclare déchu en 37 et l'emprisonne. Orodès I reprend alors le pouvoir jusqu'en 42 où le nouvel Empereur Romain Claude (41-54) renvoie Mithridate en Arménie. Ce dernier reconquiert le pays avec l'aide des Ibères. Orodès I s'enfuit alors définitivement auprès de son frère Vardanès I (40-47) le nouveau Roi des Parthes. |
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En 51, Rhadameste (ou Rhadamiste ou Radamisto ou Rhadamistus, 51-53 et 54), qui est le fils du Roi d'Ibérie Pharzman I et l'époux de Zénobie, la fille de Mithridate d'Arménie (Donc sa cousine), détrône son beau-père et le fait assassiner pour trahison et s'empare du trône. La même année, le procurateur Romain de Cappadoce, Julius Paelignus, envahit l'Arménie et ravage le pays. Rhadameste avait fait assassiner le Roi Mithridate après avoir attiré la garnison Romaine qui le protégeait hors de la Forteresse de Gorneae. Agissant sans instructions, Paelignus reconnaît toutefois Rhadameste en tant que nouveau Roi d'Arménie. Le gouverneur Syrien Ummidius Quadratus envoie Helvidius Priscus à la tête d'une légion avec pour mission de réparer ces atrocités, mais il est en fin de compte rappelé afin de ne pas provoquer une guerre avec les Parthes.
Rhadameste ne va pas régner longtemps, il est attaqué à son tour par le Roi Parthe Vologèse I (51-77/78) qui saisit l'opportunité et envahit à son tour l'Arménie. Il prend Artaxata, en 53 et il fait proclamer Roi son frère Tiridate I. Cette action viole une nouvelle fois le traité conclu entre l'Empereur Romain Auguste (27 av.J.C-14 ap.J.C) et le Roi Parthe Phraatès IV (38-2 av.J.C), qui attribuait aux Romains le droit de désigner et de couronner les Rois d'Arménie. Vologèse I Considère pour sa part que le trône d'Arménie était jadis la propriété de ses ancêtres et qu'il est maintenant occupé par un usurpateur à la suite d'un crime. |
Rhadameste tuant Zénobie - Luigi Sabatelli - 1803 |
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Zénobie secourue par les bergers sur l'Araxe par Paul Baudry - 1848 |
Toutefois une épidémie hivernale et une insurrection menée par son fils Vardanès II (55-58) l'obligent à retirer ses troupes d'Arménie, permettant à Rhadameste de revenir et de punir les nobles locaux en tant que traîtres, ces derniers se révoltent et le remplacent par Tiridate I au début de l'année 54. Rhadameste fuit alors l'Arménie avec son épouse Zénobie qui est enceinte. Pendant le chemin, celle-ci incapable de continuer et se voyant sur le point de tomber aux mains de l'ennemi, lui demande de mettre fin à ses jours. Rhadameste s'exécute, il la poignarde et jette son corps dans l'Araxe.
Cependant, Zénobie, n'est pas morte. Elle est recueillie par des bergers et elle est remise à Tiridate I (Le successeur de Rhadameste) qui la traite comme un membre de la famille royale. Cet événement est longuement retracé par Tacite (Historien et philosophe Romain, v.56-v.120) dans "les Annales" et a fourni à Crébillon le sujet d'une tragédie : Rhadameste et Zénobie. Rhadameste se réfugie alors dans les États de son père, mais celui-ci, sous prétexte d'un complot que Rhadameste aurait formé contre lui, fin 54, le fait assassiner. Il aurait eu une fille, Perside qui épousa Helvidius Priscus.
Dans un accord pour résoudre le conflit Romano-parthe pour la main mise sur l'Arménie, Tiridate I, qui était le frère du Roi Parthe Vologèse I est couronné Roi d'Arménie par l'Empereur Romain Néron (54-68). Même si cela faisait de l'Arménie un vassal de Rome, diverses sources Romaines contemporaines pensent que Néron a de facto cédé l'Arménie aux Parthes. L'accord entre l'Empereur Romain et les Parthes stipulait que le Roi d'Arménie serait lié aux deux Empires. Il serait choisi dans la famille Arsacide du Roi des Parthes, mais serait couronné par les Romains. Le premier à inaugurer la longue liste des Rois Arsacide est donc Tiridate I que l'on retient comme le fondateur de la dynastie. |
Bibliographie
Pour
d'autres détails sur l'Arménie voir les ouvrages de :
Paul Bedoukian :
- Coinage of the Armenia kingdoms of Sophene and Commagene, Los Angeles : Armenian
Numismatic Society, 1985.
Mark Chahin :
- The kingdom of Armenia, Routlege, 2001.
Gérard Dédéyan :
- Histoire du peuple Arménien, Privat, Toulouse, 1986 et 2007.
René Grousset :
- Histoire de l'Arménie des origines à 1071, Payot, Paris, 1947, 1973 et 1984.
Vahan M.Kurkjian :
- A History of Armenia, Armenian General Benevolent Union,
New York, 1958.
Henry Lenormant :
- La monnaie dans l'antiquité,
PUF, Paris, 1878.
Annie et Jean-Pierre Mahé :
- L'Arménie à l'épreuve des siècles, Gallimard, 2005.
Hagop Manandian et Hiranth Thorossian :
- Tigrane II et Rome : Nouveaux éclaircissements à la lumière des sources originales,
Imprensa nacional, Lisbonne, 1963.
Claire Mouradian :
- L'Arménie, Presses universitaires de France, Paris, 1995.
Artak Erjaniki Movsisyan :
- The sacred highlands : Armenia in the Spiritual Geography of the Ancient Near East,
Yerevan University Publishers, Yerevan, 2004.
Anne Elisabeth Redgate :
- The Armenians, Malden, Blackwell Publishers, Oxford, 1999.
Martiros Sarian :
- L'art Arménien de L'Ourartou à nos jours, Musee Des Art Decoratifs, Paris, 1970-1971.
Cyrille Toumanoff :
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Pour plus de détails voir aussi : L'histoire de l'Arménie Arsacide - |
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