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L'Osroène est une région d'Asie Mineure, bornée au Nord par les Monts Taurus, au Sud et à l'Est par le fleuve Chaboras, à l'Ouest par l'Euphrate. Elle avait pour capitale Édesse. C'est un État important dès le IIe millénaire qui est appelé Hourri (grottes) par les Babyloniens, en raison de nombreuses grottes situées dans la chaîne du Nemrut Dag. La région sera conquise par l'Empereur Romain Trajan (98-117). Plus tard au IVe siècle, elle sera comprise dans le diocèse d'Orient. Une des principale autres villes du royaume fut la ville de Harran (ou Carrhae) qui fut une des capitale du royaume de Commagène.
L'histoire.........
Édesse est une cité du
Sud-est de l'Asie Mineure, au Nord-ouest de la
Mésopotamie à 44 kilomètres au Sud-est de la ville de Harran.
Édesse était une importante étape sur la route reliant la
Mésopotamie à la Méditerranée. Elle est d'abord nommée Urhai (ou Orhai, en
Araméen), puis Édesse (ou Édessa), puis Urfa
et enfin aujourd'hui Şanlıurfa (ou Þanlýurfa). Le nom Asiatique d'Édesse
est Osroé, qui provient peut-être du nom du
Satrape Osroès qui gouverna la région. Selon la légende, Adam et Ève séjournèrent dans la cité,
qui serait la ville natale
d'Abraham et
qui abriterait la tombe de sa mère Sarah. D'autres textes désignent la ville comme celle de Rûh, l'une des villes
construites après le Déluge. Elle est la capitale d'un important État dès le
IIe millénaire, le Hourri.
Vers 1200, après la chute de l'Empire
Hittite,
la ville est rattachée à la principauté
néo-Hittite de
Karkemish.
Au VIIe siècle la ville subit l'invasion
Assyrienne
d'Assurbanipal
(669-626), mais aujourd'hui rien ne permet de l'identifier avec une des nombreuses cités
conquises par l'Empereur d'Assyrie.
Plus tard lors de la victoire d'Alexandre
le Grand (336-323) sur les Perses
Achéménides et de sa libéralisation, Urhai est occupée par une population
Araméenne. En 303, les
Macédoniens
reconstruisent la ville et la rebaptisent, Édesse, en souvenir d'une cité de
leur pays (Selon l'historien
Grec Appien et le géographe Etienne de Byzance). La ville devient alors la capitale de la province d'Osroène
et se peuple, ainsi que plusieurs autres villes, de vétérans de l'armée.
Vers 132 (ou 136), un chef
de tribu, Aryu (ou Ariou, 132-127 ou 136-127), s'affranchit des
Séleucides qui gouvernaient la ville et fonde un royaume (ou principauté) indépendant avec
Édesse pour capitale. A part quelques souverains d'origine
Arménienne ou
Parthe, la plupart étaient
Nabatéens.
Ce "royaume", qui sera quelque fois appelé principauté des Abgar
(Onze souverains porteront ce nom), parviendra à conserver son autonomie pendant
près de quatre siècles, malgré les diverses conquérants qui traverseront son histoire.
Selon Pline
l'Ancien (Gaius Plinius Secundus, naturaliste Romain, 23-79), à l’époque Romaine, les habitants étaient des Arabes
et leur souverains auraient portés le titre de Phylarque
(Chef d’une Phylé) ou Toparque (Magistrat). Le "royaume" s'étend
au Nord jusqu'aux Monts Taurus, à l'Ouest jusqu'à l'Euphrate, qui le sépare de
la Commagène et à l'Est jusqu'au Tigre.
Il comprend, à par Édesse, des villes importantes comme : Carrhes
(Harran), Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin,
en
Mésopotamie, Sud-est de la Turquie), Rhesaena, Saroug (D'où viendra Jacques de Saroug,
évêque pré-Chalcédonien du début du VIe siècle), Singara
(Sinjar, aujourd'hui Irak), Zeugma sur l'Euphrate (Fondée vers 300 av.J.C
par Séleucos I
Nikâtor, 305-280) qui était la réunion des villes d'Apamée (Sur la rive gauche) et de
Séleucie
(Sur la rive droite) et un passage obligé pour les caravanes. À l'époque du premier triumvirat (Crassus, César, Pompée) Édesse est l'alliée des Romains. Mais le Proconsul Crassus à la tête d'une armée de 42 000 hommes, sur les conseils du Prince / Roi Abgar II Bar Abgar (68-53), franchit l'Euphrate et attaque la Mésopotamie dans le but de prendre Séleucie du Tigre. Mais il est trahit par Abgar II qui se range du coté des Parthes. Crassus est battu à la bataille de Carrhes et doit fuir en Arménie (Selon Plutarque (Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125). Ce serait sous le Prince / Roi Abgar V Ukomo ou Ukkama Bar Ma'Nu (4-7 et 13-50), que le Christianisme aurait été prêché pour la première fois à Édesse par Thaddée (ou Jude, cousin de Jésus-Christ). Dans la réalité, il semble que ce soit sous le Prince / Roi Abgar IX (179-212). Quoi qu'il en soit, Abgar V contribua beaucoup à la propagation du Christianisme parmi ses sujets. Mais un de ses successeur, son arrière petit-fils reviendra au paganisme.
Plus tard,
Abgar VII Bar Ezad (109-116) est détrôné par l'Empereur Romain
Trajan (98-117) qui garde la ville sous sa tutelle deux ans avant de la laisser
à deux Princes étrangers, Yalur (118-122) et Pathamaspates (118-123).
En 123, Ma'Nu VII Bar Ezad (123-139),
frère d'Abgar VII, réussit à reprendre le trône et à réinstaure sa légitimité.
À partir de cette époque, comme beaucoup de région sous tutelle Romaine, les
monnaies sont frappées avec l'effigie du Prince / Roi régnant d'un coté et celle
de l'Empereur Romain de son époque au dos. En 163,
le Prince / Roi Wa'Il Bar Sahru (163-165) prend les
Parthes
comme allié dans sa lutte contre les Romains. Vers 204, le Prince / Roi Abgar IX (179-212),
se convertit au Christianisme. Suite à cet acte, autour d'Édesse le Christianisme Syriaque se développe et
de nombreux monastères sont construits en particulier celui de la colline, le Torâ-dOurhoï.
En 216, sous le règne d'Abgar X Severus Bar Abgar (IX) (214-216), l'Empereur Romain
Caracalla (211-217) s'empare définitivement du petit royaume, qui devient une province
Romaine. Cependant on a trouvé des monnaies au nom d'un
Ma'Nu IX Bar Abgar (X) Severus (216-242) et d'un Abgar XI Farhat Bar Ma'Nu(242-244)
avec sur l'autre face la tête de l'Empereur Romain Gordien III le Pieux (238-244) ce qui laisse
supposer aux spécialistes que les Romains laissèrent encore quelques temps des
souverains en place. En 262, le Roi des
Perses Sassanides
Chahpuhr I (241-272)
occupe brièvement Édesse puis l'abandonne du fait de l'arrivé du Roi de
Palmyre
Odénath II (260-266) venu défendre la ville. Celui-ci allié de
l'Empereur Romain Gallien (253-268) avait en charge la défense de ses territoires en Orient.
À partir de 250, Édesse où le
christianisme avait bien progressé, accueille les chrétiens
Chaldéens, chassés de Perse par les
Sassanides.
Dans la ville même existaient des sources (Auxquelles les
Grecs donnèrent le nom de kallirroé) qui sont encore
connues aujourd'hui. Les carpes sacrées, toujours élevées dans le bassin (Ayn-i
Züleyha), sont la manifestation de la légende du miracle
d'Abraham. Selon
celle-ci, ce serait à cet emplacement que le Roi
d'Assyrie
Nimrod
(ou Nemrod) aurait jeté
Abraham dans une fournaise qui se changea aussitôt en eau poissonneuse.
En 605, Édesse devient à nouveau Perse puis est reprise par l'Empereur
Byzantin Héraclius (610-613). Le Syriaque Édessénien resta la langue pour la littérature et l'église,
ce fut celle des grands écrivains comme Jacques de Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin) (v.350), Saint Ephrem
(306-373) et plus tard Jacques d'Édesse (633-709) etc...
La légende d'Abgar V
Abgar V était lépreux, il
entendit parler des miracles du Christ et lui envoya un émissaire Hannan
(Ananias) avec une lettre, dans laquelle il demandait au Christ de venir à
Édesse pour le guérir. Hannan était un peintre et au cas où le Christ refuserait
de venir, Abgar lui demanda de faire le portrait du Seigneur et de le lui
apporter. Hannan trouva le Jésus mais il était entouré d'une grande foule et il
ne put l'approcher. Il voulut faire son portrait, mais n'y parvenait pas "à
cause de la gloire indicible de Son visage qui changeait dans la Grâce".
Voyant qu'Hannan désirait le peindre, le Christ demanda de l'eau, se lava et
essuya son visage avec un linge et sur ce linge ses traits restèrent fixés.
C'est pourquoi cette image est aussi connue sous le nom de "Mandilion"
(Mouchoir). Le Christ le remit à Hannan et lui dit de le porter avec une lettre
à Abgar. Dans sa lettre le Christ refusait d'aller à Édesse, car il avait une
mission à accomplir. Quand Abgar reçut le portrait, il guérit de sa maladie. Sur
le portrait miraculeux du Christ, Abgar fit écrire ces paroles : "O Christ
Dieu, celui qui espère en Toi ne périra pas". Il fit enlever une idole qui
se trouvait dans une niche au-dessus d'une des portes de la ville et y plaça la
Sainte Image.
Pour d'autres
détails sur la Cappadoce voir les ouvrages de :
Robert Beylot, Alain Desreumaux et Andrew Palmer :
- Histoire du Roi Abgar et de Jésus, Brepols, Paris, 1993.
Philipp Buttmann
- Über die alten Namen von Osroene und Edessa, éditeur inconnu, Berlin,
1825.
Marc Desti :
- Les civilisations anatoliennes,
PUF, Paris, 1998.
A.Von Gutschmid :
- Untersuchungen über die Geschichte des Könligliches Osroëne, Académie
impériale des Sciences, St. Petersburg, 1887.
Henry Lenormant :
- La monnaie dans l'antiquité,
PUF, Paris, 1878.
Jacob Lorber et Jean Stahl :
- Correspondance de Jésus avec Abgar Ukkama, Roi d'Edesse, Editions
Hélios, J.-L. de Rougemont, Genève-Rive, 1988.
Maurice Sartre :
- L'Asie Mineure et l'Anatolie, d'Alexandre à Dioclétien, Armand Colin,
Paris, 1997. |
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