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 Autres  Royaumes  et  Villes :

La Lycie   et   l'Arzawa 

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La Lycie

 

Myra

 

Patara

 

Telmessos

 

Xanthos

 

L'Arzawa

 

 

La Lycie  et  les  Lukka

MYRA

   La Lycie est située au Sud de la Lydie, bordée à l'Est par la Pamphylie, au Nord par la Phrygie et la Carie et au Sud et à l'Ouest par la mer Méditerranée. La région est essentiellement montagneuse, les plaines côtières sont rares et la culture se fait surtout dans l'arrière pays. La Lycie ne possède qu'un seul fleuve, le Xanthos (ou Xantos). La région est peuplée dès le IIIe millénaire, mais nous n'avons à ce jour que très peu de connaissance sur le début de son histoire. Elle est mentionnée ensuite dans les textes Hittites du XVe siècle (Sous le nom de Lukka), puis après, beaucoup plus tard, lors de la domination Perse.

Halicarnasse La Carie Cos Rhodes La Lycie Xanthos Patara Letoon Myra Telmessos

  

   Les Hittites, dans leurs textes, citent donc les Lukkas (ou Luka, ou Loukou), un peuple inconnu qui est situé à l'extrême Ouest de leur empire, près de la mer, où un de leur Roi a mené une campagne militaire au cours de laquelle il aurait conquis les villes de :Myra, Patara, Arnna (De son nom Grec : Xanthos ou Xantos) etc.. Les Lukkas auraient fait partie des "Peuples de la mer", on les retrouve plus tard lors de la bataille de Kadesh (ou Qadesh, 1274) alliés des Hittites qui s'opposaient au Pharaon Ramsès II (1279-1213). Ils sont cités par les Égyptiens sous le nom de Ruku ou Luk. En fait nous ne connaissons que leur nom, car les fouilles n'ont révélées, à ce jour, aucune trace matérielle de leur existence.

 

   C'est cinq siècles plus tard, qu'apparaît le peuple des Lyciens. Selon Hérodote (Historien Grec, v.484-v.425), les premiers habitants se nommaient les Solymes. Ils sont remplacés lors de l'invasion Minoenne (Crète) menés par Sarpédon, par une population originaire de la Crète, les Termyles. Il auraient ensuite été soumis par Lycos, fils du Roi d'Athènes Pandion I. Homère (Poète Grec, VIIIe siècle), lui, avance que les Lyciens étaient les alliés des Troyens et de leur Roi Priam, pendant la guerre de Troie. Ce qui est sur, c'est que l'étude de leur langue, typiquement anatolienne, montre une certaine apparentée avec celle des Hittites.

 

               

Monnaie du Satrape Mithrapata  -  380 av.J.C

   Plus tard, vers le VIe siècle. les Lyciens forment une confédération avec pour principales cités Xanthos (ou Xantos ou Xanthe) Telmessos, Myra et Patara. La Lycie comme toutes les régions d'Asie Mineure, va connaître l'invasion des Perses Achéménides. Les Lyciens ont une réputation de pirates et ils ne sont assujettis que très nominalement à l'empire Perse. En 480, lors de la Deuxième Guerre Médique, ils participent à la campagne du Roi Perse Xerxès I (485-465) contre la Grèce continentale. La Lycie passe ensuite sous la domination du Roi d'Halicarnasse, Mausole (377-353), jusqu'a la libération par Alexandre le Grand (336-323). Puis sous celle des Ptolémée, des Séleucides et enfin de Rhodes de 188 à 168. Lors de toutes ses occupations, les Lyciens vont conserver une certaine liberté et les villes vont même être assez prospères. En 43 ap.J.C, la Lycie est incorporée à l'empire Romain par l'Empereur Claude (41-54) et réunie à la province romaine de Pamphylie. En 304/305 elle est coupée en deux provinces distinctes, par l'Empereur Dioclétien (284-305) pour former une province Romaine du diocèse d'Asie.

     

   On retrouve l'influence de la civilisation Grecque chez les Lyciens dans tous les domaines, le premier étant l'alphabet qu'ils s'approprient et auquel ils rajoutèrent quelques signes. La religion, ils adoptent et adaptent aux leurs, des divinités Grecques. Le Dieu Anatolien de l'orage Tarchunt (Présent aussi chez les Hittites) est assimilé à Zeus, etc. La sculpture ou les Lyciens font venir des artistes de Grèce pour décorer les tombes royales. Cette culture Grecque, ce perdra un peu à l'époque Romaine, où l'on construira des forums, des thermes etc. Le seul "savoir faire indigène" qui les rendra célèbre, est la construction en pierre de leur tombeaux dans une forme inhabituelle. Ceux de Myra et de Telmessos, sont des exemples splendides de tombes rupestres creusées à flanc de parois et décorées comme les temples Grecs.

 

 Confédération  Lycienne

    

   La Lycie va un moment se libérer de l'emprise de Rhodes et des Séleucides et en 167 av.J.C retrouver momentanément son indépendance. Elle fonde alors une confédération de cités. Selon Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C), cette confédération regroupait vingt-trois villes qui se réunissaient sur le site du Létôon (A proximité de Xanthos) afin d'y élire une assemblée et des juges. Elle devra faire face à quelques conflits, entre autres elle aura à lutter contre la cité de Termessos en Pisidie.

 

   Sur ce site se trouvait également un sanctuaire où l'on y vénérait le culte de Léto mère d'Apollon et d'Artémis. Des ambassadeurs d'Égypte et de Grèce venaient sur le site sacré où le culte se perpétua jusqu'au VIIe siècle ap.J.C. 

Reconstitution du temple de Léto

 

 

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                               Myra  

PATARA

  Aujourd'hui Demre (Sud de la Turquie), située sur le fleuve Éponyme, Myra existe depuis le Ve siècle, mais on en trouve une trace dans les textes qu'à partir du Ier siècle. La cité était l'un des principaux membres de la Confédération Lycienne.

 

  Myra est surtout connue pour sa nécropole, qui est constituée comme Telmessos, de tombeaux rupestres percés dans la falaise, que l'on date du Ve siècle. 

 

  Les tombeaux sont décorées d'une représentation soit du mort, soit de ses parents ou encore de ses amis. Saint-Nicolas fut évêque de Myra au IVe Siècle ap.J.C, à l'époque Byzantine.  

 

 

Tombeaux Rupestres

 

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Patara

TELMESSOS

   Patara est un port, qui à été comblé depuis par la vase et réduit aujourd'hui à l'état de marais. C'est une des plus importantes et des plus anciennes cités de Lycie, elle bénéficiait d’un triple droit de vote dans la Confédération Lycienne. Elle est déjà connue par les Hittites sous le nom de Patar. Selon la légende, la cité aurait été fondée par le fils d'Apollon, Pataros et une Nymphe. Elle serait aussi le lieu de naissance d’Apollon. La ville était célèbre pour son Oracle d'Apollon qui s'y tenait durant les six mois d'hiver (Les six autres mois à Délos).

 

   Durant la période hellénistique, le port de Patara a été utilisé comme base navale, en 315 par le Roi de Macédoine Antigonos I Monophtalmos (384–301). Puis par les Ptolémée, qui sous leur occupation rebaptisèrent la ville Arsinoé, puis en 190 par le Roi Séleucide Antiochos III Mégas (223-187). Par la suite, elle devient le siège des gouverneurs Romains qui y fixent la flotte qui établissait les transactions avec les provinces de l’Est. Durant cette période la cité devient la capitale des provinces Romaines de Lycie et de Pamphylie. Le port sert aussi de réserve pour les produits agricoles en attente d'expédition vers Rome. Ce serait de Patara que Saint Paul se serait embarqué pour la Phénicie et Saint Nicolas y serait né.

 

   Il demeure aujourd'hui de l'antique cité quelques monuments qui ont été sauvés des sables, notamment: La Nécropole contenant des sarcophages Lyciens et des tombeaux Romains, l'Arc de Triomphe, une porte monumentale qui était l’entrée de la cité et qui fut construit en 100 ap.J.C par le gouverneur Romain Mettius Modestus, le Théâtre qui est construit en 147 ap.J.C, l'Ecclesterium qui était le plus grand bâtiment administratif d'Asie Mineure, un temple Corinthien entouré par les Remparts de la Forteresse Byzantine etc. Un grand buste d'Apollon a été découvert sur la colline voisine de la Ville, ce qui indique l’existence d’un Temple d'Apollon à cet endroit, mais qui n’a pas encore pu être localisé précisément.

 

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Ecclesterium Amphithéâtre L'Arc de Triomphe, Porte d'entrée de la cité

 

 

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Telmessos

XANTHOS

   Telmessos du nom du fils d'Apollon, est aujourd'hui la ville de Fethiye, elle est située à la frontière de la Carie. La cité est mentionnée pour la première fois au Ve siècle comme membre de la Ligue de Délos qui naît au lendemain des victoires Athéniennes de Salamine et de Mycale. Au IVe siècle, après un long siège, elle est incluse dans le royaume de Lycie sous la souveraineté du de Périclès de Limyra.

 

   En 334, la ville se soumet pacifiquement et conclut un traité de paix avec Alexandre le Grand (336-323), cependant le Roi Lycien Antipatrides se révolte contre le Satrape Néarque qui parvient à reprendre la cité. Après la mort d’Alexandre elle passe sous la domination du Roi de Macédoine Antigonos I Monophtalmos (384–301), puis, après 301 aux mains des Ptolémée qui contrôlaient tout le littoral Lycien et Carien. En 260, elle est donnée par Ptolémée I Sôter (305-282) à son petit-fils Ptolémée de Telmessos, fils de Lysimaque (322-281) et d'Arsinoé II Philadelphe (280-272). Il en sera le "Roi" jusqu'à sa mort dont les circonstances et la date sont inconnues. La cité soutient par la suite le Roi Séleucide Antiochos III Mégas (223-187) dans sa guerre contre Rome et le royaume de Pergame.

 

   En 188, à l'issue de la Paix d'Apamée, Telmessos est offerte par les Romains au Roi de Pergame Eumenes II (197- 159). La ville considérée comme l'une des plus florissantes de la nouvelle Confédération Lycienne reste la propriété de Pergame jusqu’en 133, date de la mort de son Roi Attalos III Philométor (138-133). À cette époque, elle est léguée, comme le reste du royaume de Pergame, aux Romains qui l'incluent dans la province d'Asie. Elle est alors l'une des six plus importantes cités de la Confédération.

 

     

Tombeau d'Amyntas

Le principal monument de la cité, est le tombeau d'Amyntas, creusé dans une falaise, près de l'ancien centre ville. Il date du IVe siècle av.J.C. Sa façade reconstitue celle d'un temple Grec.

 
     

   La cité, sous domination Romaine, reste dynamique pendant plusieurs siècles même durant la période Byzantine. Cependant à partir du VIe siècle, elle commence à perdre de son importance, ruinée par les premières incursions arabes. Au VIIIe siècle ap.J.C, le nom de la ville est changé en Anastasiopolis (ou Anastasiupolis) en l'honneur à l’Empereur Byzantin Anastase II (713-716).

   

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Différentes vue de tombes rupestres de la cité

 

 

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 Xanthos  (Xantos, Xanthe)  et   le  Létôon (ou Letôon)

ARZAWA

   Xanthos, aujourd'hui Koca Cayi, est la cité antique qui fut située sur le fleuve Xanthos à 8 kilomètres de la mer, c'était la plus grande ville de Lycie. Les traditions diffèrent quant à son origine : Selon les uns elle aurait créée par Sarpédon, héros qui combattit aux côtés d'Hector, selon d'autres elle serait l'œuvre d'un dénommé Xanthos (ou Xantos), un Crétois ou un Égyptien. Les premières fondations de la ville remontent au VIIIe siècle.

 

   La cité va rester longtemps indépendante, puis sera prise par les Perses Achéménides lors de la grande invasion, vers 540 av.J.C. Hérodote (Historien Grec, v.484-v.425) raconte que la population de la ville fit preuve d'un grand héroïsme face à l'envahisseur. Ils brûlèrent tout leur bien, tuant leurs femmes, enfants et esclaves et se lancèrent à l'assaut des Perses, dans une ultime attaque où ils furent tous massacrés. Seules quelques familles absentes survécurent et la cité fut entièrement incendiée.

 

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Vue du site

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Tombes rupestres

  Ce fut Athènes qui aida à sa reconstruction, en même temps que Myra, Patara et d’autres. Lors de la libération de la côte Ionienne par Alexandre le Grand (336-323), la cité se rendit aux Macédoniens. Elle passa ensuite sous la domination de l'Égypte de Ptolémée I (305-282), qui avait pris la ville en 309, et le resta pendant un siècle. En 197, Le Roi Séleucide Antiochos III Mégas (223-187) voulut s’en emparer par la force mais fini par passer un accord avec les habitants. En 190, après la défaite d'Antiochos III, à Magnésie du Sypile, face au Romain de Scipion l'Asiatique, la cité passa sous la domination de Rhodes.

 

   En 168/167, elle retrouve son indépendance avec l'aide de Rome et intègre alors la Confédération Lycienne. Après la mort de César (101-44) assassiné par Brutus (85-42) et Cassius (87-42), ces derniers font toutes les cités d'Asie Mineure pour recruter des soldats et récupérer de l'argent pour lutter contre Marc Antoine (83-30) et Octave (Empereur Auguste, 27 av.J.C-14 ap.J.C). Xanthos va résister malgré un long siège, mais en 42, Brutus massacre les habitants et rase l’acropole. Après sa victoire sur Brutus et Cassius dans les plaines de Philippes (Octobre 42), Marc Antoine fait reconstruire la ville. A l'époque Byzantine, la cité va prendre une certaine importance et ses remparts sont restaurés, mais elle sera désertée au VIIIe siècle ap.J.C et ruinée par les invasions arabes.

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Le théâtre

Il fut réaménagé à l'époque Romaine. Il était destiné à recevoir les rassemblements politiques, les concours et bien sur les spectacles. Il était différent du Théâtre de Létôon qui lui avait plus pour fonction les rassemblement de la Confédération Lycienne.

   

 

 

 

 

 

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Le Létôon

Il était le principal sanctuaire religieux de la Déesse Léto de la Lycie et il était administré par l'ensemble des cités de la Confédération Lycienne. Pendant l'Empire Romain, le Létôon reçut la visite d'Hadrien, pour qui on reconstruisit une salle de culte en face de l'autel de Léto. Il n'y a pratiquement plus de traces d'occupation du site après les incursions arabes (VIIe siècle ap.J.C). 

        

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la Lycie voir les ouvrages de :

 

Trevor Bryce :

- The Lycians vol. 1. Copenhagen, Museum Tusculanum Press, Copenhagen, 1986.

Albert Carnoy

- Lycien - Etrusque - Indo-Européen, L.Durbecq, Louvain, 1956.

Marc Desti :

- Les civilisations anatoliennes, PUF, Paris, 1998.

Maurice Sartre :

- L'Asie Mineure et l'Anatolie, d'Alexandre à Dioclétien, Armand Colin, Paris, 1997.

Hyla A.Troxell

- The coinage of the Lycian League, American Numismatic Society, New York, 1982.

 

 

 

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L'Arzawa

 

 

 

   L'Arzawa (ou Arzawiya) est une région et un royaume au Sud-ouest de l'Asie Mineure, mais sa localisation exacte n'est pas bien définie, probablement au pieds des monts Taurus (Sud de la Turquie aujourd'hui). La capitale du royaume était Apasa (ou Abasa ou Amasa). Certains chercheurs pensent qu'Éphèse a été fondée sur le site d'Apasa à l'Âge du Bronze. L'histoire du royaume nous est connue uniquement par des sources Hittites et il semble que le royaume a été de culture Louvite (ou Luwite), comme l'atteste le nom des Rois et le panthéon qui comprenait des Dieux Louvites. La langue du royaume était le Luwiyan, qui était de la même famille que les langues indo-européennes comme le Louvite. L’Arzawa va être un État puissant qui va exercer une influence importante sur la politique des Hittites. Il fut un allié de l'Égypte, comme en témoignent des correspondances, retrouvées à Amarna, faites entre le Pharaon Amenhotep IV (ou Aménophis ou Akhénaton, 1353/52-1338) et le Roi Tarhunta-Radu. Les Empereurs Hittites Souppilouliouma I (1382-1342) et Moursil II (ou Mursili, 1341-1310) vont cependant parvenir à défaire l'Arzawa, qui va être découpé en petits royaumes vassaux appelés : Hanballa, Mira (ou Mira-Kuwaliya) et royaume de la rivière Seha et dont l'histoire finira par se perdre avec celle des Hittites.

 

 

 

   

     Souverains d'Arzawa

  • Kupanta-Kurunta

  • Madduwattas

  • Tarhunta-Radu

  • Anzapahhadu 

  • Uhha-Ziti  

 

 L'histoire.....

   La première attestation historique de la région, qui regroupe plusieurs petits royaumes, date de vers 1650, au début du règne du Roi Hittite Hattousili I (ou Labarna II, 1650-1619), lorsqu'il part en campagne pour fonder l'Ancien Empire Hittite. Ses premiers hauts faits de guerre seront la prise de l'Arzawa qui était déjà une grande puissance. Mais son empire ne va pas lui survivre et il va péricliter doucement avec ses successeurs. Les Rois de l'Arzawa vont profiter de cet affaiblissement pour étendre leur royaume. Sous le règne des Rois Hittites Zidanta I (v.1560- ?), puis celui d'Ammuna (?-v.1535), l'Arzawa se libère du Joux Hittite. Pendant cette période de trouble chez les Hittites, le Mitanni, nouvelle puissance montante de la région investie les anciens territoires Hittites.

 

   En 1450, au Hatta (Royaume dans la boucle du Halys), Tudhaliya I (1450-1430-1420) s'empare du pouvoir. De campagnes en campagnes, il agrandit son territoire et v.1430, fonde le Nouvel Empire Hittite. Il profite des expéditions menées par le Roi Thoutmôsis III (1479-1425) contre le Mitanni, pour reprendre aux Égyptiens le Kizzuwatna et au Mitanni l'Arzawa dirigé par Kupanta-Kurunta, qui est le premier Roi dont nous ayons une trace. À partir de cette période, l'Arzawa va être un soucis permanent pour les souverains Hittites.

 

   Un nommé Madduwattas (ou Madduwatta) de Zippasla, suite à des problèmes avec les Lukka (La Lycie), se réfugie chez Tudhaliya I qui lui donne l'asile et l'installe souverain du royaume de Zippasla dans les Monts Taurus, mais à la condition que son royaume serve de base pour envahir l'Arzawa. Kupanta-Kurunta, vaincu mais pas encore perdu, est avisé de l'imminence d'une invasion et prend les devants. Il attaque alors le Roi de Zippasla, détruit son armée et occupe le royaume. Après quelques batailles, Madduwattas signe une alliance avec le Roi d'Arzawa et se libère de l'emprise Hittite. L'accord est consolidé par le mariage de la fille de Kupanta-Kurunta avec Madduwattas qui par la suite succède à son beau-père sur le trône d'Arzawa, mêlant ainsi les deux royaumes.

   L'Arzawa apparaît alors comme un État dont les Hittites doivent se méfier. Vers 1395, le nouvel Empereur Hittite Tudhaliya II (1400- ?) qui vient de conquérir les tribus Gasgas, la ville d'Alep et défait le Mitanni, entreprend une campagne contre l'Arzawa et selon Gary M.Beckman, signe avec ce dernier un traité.  Vers 1350, Tarhunta-Radu (ou Tarhundaradu) succède à Madduwattas et attaque le Bas Pays Hittite au Sud d'Hattousa. Il entre ensuite en contact avec le Pharaon Amenhotep IV (1353/52-1338), à qui il écrit deux lettres dans lesquelles il explique qu'il va éliminer l'Empire Hittite et étant le nouveau maître de la région, il veut une de ses filles en mariage. Selon Trevor Bryce, Tarhunta-Radu n'aura jamais de réponse du Pharaon, qui aura sûrement jugé offensante la demande.

 

  Tarhunta-Radu se trompe sur l'avenir des Hittites, leur nouvel Empereur Souppilouliouma I (ou Suppiluliuma, 1382-1342) par ses conquêtes territoriales va créer un empire durable où les États vassaux, jusqu'a la Syrie, demeureront fidèles. Il rétablit la situation  et remporte une victoire sur l'Arzawa qu'il assujettit. Un autre Kupanta-Kurunta (v.1330 ou 1320) est connu dans le petit royaume de Mira (Mira-Kuwaliya) en Anatolie occidental. Son père et son oncle voulaient y renverser le Roi Mashuiluwa. Celui-ci s'enfuie chez les Hittites, à Hattousa. Souppilouliouma I comprend que cette révolte est dangereuse pour sa frontière. Selon Gary M.Beckman, il marie alors sa fille Mouwatti (ou Muwatti) à Mashuiluwa et le réinstalle sur le trône de Mira et le père de Kupanta-Kurunta est tué. Plus tard Mashuiluwa demandera à Moursil II (ou Mursili, 1341-1310) le successeur de Souppilouliouma I l'autorisation d'adopter Kupanta-Kurunta en tant que fils et successeur.

 

   À cette période une épidémie de peste ravage le Hatti, Souppilouliouma I décède ainsi que son fils et successeur Arnouwanda II (1342-1341). Un autre de ses fils Moursil II (ou Mursil ou Mursili, 1341-1310) arrive sur le trône et se voit la lourde tache de combattre le nouvel envahisseur que sont les Assyriens. Il doit aussi faire face à la rébellion de certains vassaux dont l'Arzawa. Son nouveau Roi, Uhha-Ziti (ou Uhhazidi ou Utta-Ziti), monte une coalition contre les Hittites avec l'aide du royaume d'Ahhiyawa et de la ville de Milet. En 1322, Moursil II lance une grande expédition et met deux ans à battre l'Arzawa. La capitale, Apasa (ou Amasa) est prise.

   La coalition est défaite, mais le royaume d'Ahhiyawa n'est pas mentionné dans les territoires soumis. Au contraire, c'est Uhha-Ziti et ses deux fils, Piyama-Kurunta et Tapalazunauli qui avaient combattu auprès de lui, qui se réfugient au Ahhiyawa. Moursil II exige alors leur extradition, le Roi d'Ahhiyawa se plie à la demande et renvoie les fugitifs à Moursil II. Le royaume d'Arzawa est alors divisé entre ses anciens vassaux, les royaumes : De la rivière Seha, d'Hanballa et Mira-Kuwaliya et son histoire suivra désormais celle des Hittites. Moursil II signe un traité avec Kupanta-Kurunta de Mira-Kuwaliya, qui lui était resté fidèle.

 

   En 1308, deux ans après la mort de Moursil II, Mira-Kuwaliya se révolte. Le successeur de Moursil II, son fils Mouwatalli (1310-1269) matte rapidement cette rébellion. En 1274, il enrôle des soldats de l'Arzawa pour lutter contre l'Égypte de Ramsès II (1279-1213) à la bataille de Kadesh (ou Qadesh) sur l'Oronte, qu'il va perdre. Après le partage de la Syrie avec les Hittites, une paix relative de plus de quarante ans régnera entre les deux puissances. Quelques révoltes se produisent encore, notamment sous le règne de l'Empereur Hittite Tudhaliya IV (1234-1220), qui réprime le soulèvement du royaume de la rivière Seha et lutte contre ceux d'Arzawa et d'Ahhiyawa. Après son règne, la région voit s'établir certains des Peuples de la mer, comme les Lukka (Lyciens), qui dans les cinquante ans qui suivent ravagent l'Asie Mineure. La dernière mention de l'Arzawa est faite par le Pharaon Ramsès III (1184-1153), qui rapporte la destruction du pays par les Peuples de la mer, ces faits sont relatés sur les murs de son temple de Médinet Habou.

 

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la région voir les ouvrages de :

 

Jacques Freu :

- Luwia : Géographie historique des provinces méridionales de L'Empire Hittite : Kizzuwatna, Arzawa, Lukka, Milawatta, Université de Nice-Faculté des Lettres, Centre de Recherches comparatives sur les Langues de la Méditerranée Ancienne, Nice, 1980.

Albrecht Götze :

- Die Annalen des Mursilis, J.C. Hinrichs'sche Buchhandlung, Leipzig 1933 - Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt, 1967.

Oliver Robert Gurney, John Garstang et John David Hawkins :

- Tarkasnawa King of Mira 'Tarkondemos', Boǧazköy sealings and Karabel, to Oliver Gurney and the memory of John Garstang, London British Institut of Archeology at Ankara, Londres, 1999.

 Suzanne Heinhold-Krahmer :

- Arzawa : Untersuchungen zu seiner geschichte nach den hethitischen quellen, Carl Winter Universitätsverlag, Heidelberg, 1977.

Harold Craig Melchert :

- The Luwians, Brill, Boston, Leiden, 2003.

Archibald H.Sayce :

- The geographical position of Arzawa, JEA 8, Egypt Exploration Society, London, 1922.

 

 

 

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