L'histoire.....
Lesbos (En Grec : Λέσβος, Aujourd'hui Lesvos) est une île de la mer Égée au large des côtes d'Asie Mineure (Turquie) et plus particulièrement de l'Éolide ou Æolide, ou Aeolie). Au début l'île est partagée en plusieurs cités rivales (Elle compta jusqu'à neuf villes importantes), dont Mytilène, Méthymne et Pyrrha, c’est Mytilène qui finit par l’emporter et ranger les autres villes sous son autorité. L’histoire de l’île se confond alors avec celle de sa capitale, qui était l’un des centres de la population Éolienne. Lesbos absorba par la suite le petit royaume de Lemnos.
L'île aurait eu plusieurs noms, qui nous sont rapportés par Pline l'Ancien (Auteur et naturaliste Romain, 23-79) et Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C) qui sont: Pelasgia, parce que ses premiers occupants seraient les Pélasges. Macaria qui viendrait de Macarée fils d'Éole, Issa qui viendrait d'Issus fils de Macarée et enfin Lesbos qui viendrait de Lesbus, petit-fils d'Æole, gendre de Macarée ou devrait son nom à la poétesse Sapho. Lesbos était la septième plus grande île de la mer Égée et elle aurait été colonisée par le fils d'Agamemnon dont la colonie devient la plus puissante de l'Æolide.
Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180) prétend que Penthilus fils d'Oreste, fut celui qui s'empara de l'île. L'île, plus particulièrement Méthymne et Mytilène, est membre de la Ligue de Délos (477-404) et selon Thucydide (Homme politique et historien Athénien, v.460-v.395) pendant la Guerre du Péloponnèse (431-404), Lesbos (Sauf Méthymne) abandonne le camp des Athéniens ce qui lui vaut, en 428, d'être châtiés fermement.
Les poètes : Alcée (v.640-v.600) et son frère Antiménidas, Anacréon (v.550-464), Arion (VIIe siècle av.J.C), Asclépiade (IIIe Siècle ap.J.C), Sapho (ou Sappho, v.640-v.600) Théophraste (ou Tyrtamos ou Tyrtame, 372-287) et Terpandre (v.700-v.650), le rhétoricien Diophanes et l'historien Théophane contemporain du Romain Pompée (106-48) sont nés à Lesbos. Strabon ajoute à cette liste, l'historien Hellanicus (495-411). Anacréon fait allusion à Lesbos d'une façon qui suggère qu'elle était déjà réputée pour ses pratiques homosexuelles féminines. Lesbos est aussi connue dans le monde antique pour l'excellente qualité ses vins et de son bois de construction pour les navires. Pour son marbre bleu clair très estimé, qui ornait de nombreux édifices et servait aussi à la fabrication des vases.
Comme beaucoup de cités-état Grecques, Lesbos est dirigée depuis Mytilène par des Tyrans : Mélandros (ou Mélanchros, 612-608) qui est assassiné, puis Myrsilos (ou Myrsilé, 608-595). Ils se succèdent de coup d'État en coup d'État. Alcée prend part à un de ceux-ci, qui a pour but de renverser la tyrannie de Myrsilos, mais les conspirateurs échouent et Alcée est obligé de se retirer à Pyrrha. Puis il quitte Lesbos et se rend en Thrace. À la mort de Myrsilos, Alcée compose ses vers les plus connus, par lesquels il célèbre la mort du Tyran. Suis la tyrannie de Pittacos (ou Pittagos ou Pittacus, 595-585), fils d'Hyrradios, qui avait pris part lui aussi au coup d'État contre Myrsilos.
Son "règne" ne dure qu'une dizaine d'années, mais pendant cette période, il rétablit la paix et réorganise l'État. Il met fin aux privilèges de l'aristocratie et permet à Sapho, Alcée et ses frères de revenir à Lesbos. Nous avons peu d'informations avérées sur cet homme politique, qui fut l'un des Sept Sages, car beaucoup de légendes entourent son nom. Il abdique volontairement et vit encore dix ans. Les Mytiléniens lui donnèrent une terre, qu’il consacra aux Dieux et qui porte maintenant son nom. Plus tard un éphémère Tyran, Aristonicos (334-333) de Méthymne, est installé à la tête de la cité par Memnon de Rhodes (v.380-333) favorable aux Perses Achéménides et hostile à Alexandre le Grand (336-323) il est fait prisonnier à Chios.
Sapho
Psapphô, puis Sappho, puis Sapho est une poétesse lyrique (612-608 av.J.C), selon Athénée (Grammairien Grec, v.170-v.225) elle aurait été contemporaine du Roi de Lydie, Alyatte II (610-561). Née à Mytilène, elle est la fille de Scamandre ou selon d'autres sources, d'Euménos, de Scamandronymos ou de Sémos et sa mère s'appelait Cléis. Elle a trois frères : Larichos l'aîné, Charaxos et Eurygios.
Elle épouse un riche noble, Cercylas d'Andros et a une fille, Cléïs. Elle a trois "compagnes", Atthis, Mégara et Télésippa et tombera en diffamation pour ses relations avec ces femmes, qu'on qualifia d'impures. Elle écrira neuf livres de chants lyriques. Elle se jettera dans la mer du haut du rocher de Leucade, par amour pour Phaon de Mytilène. La même légende, de sa mort, est attribuée aussi à la Reine Artémise I d'Halicarnasse.
Théophraste
Théophraste
(ou Tyrtamos ou Tyrtame, en
Grec : Theophrastos Theophrastos, 372-287), est surnommé par
les Grecs
qu'il charmait, Theophrastos "Le divin parleur". Né à Eresos (ou Eressos), il est philosophe et
naturaliste. C'est un disciple de Platon
(Philosophe
Grec, 427-346), puis d'Aristote
(Philosophe Grec, 384-322).
En 322, il est choisi par ce dernier pour le remplacer lorsqu'il cesse d'enseigner au Lycée.
Théophraste gardera le poste pendant 35 ans, prenant ainsi la tête de l'école des péripatéticiens (Partisans de
la doctrine d'Aristote).
Il intervient dans de nombreux domaines comme la poésie, la métaphysique et les
sciences ou il poursuit les travaux d'Hippocrate sur les plantes médicinales et
il invente une classification botanique selon des principes encore en vigueur
aujourd'hui. Il écrira près de 240 ouvrages,
dont trois seulement nous sont parvenus. Le premier (9 volumes) concerne ses
recherches sur la botanique, le deuxième (Causis Plantarum, 6 volumes) est
consacré à l'explication des différences entre les espèces et le troisième,
philosophique, explique les types humains en 31 caractères ou études
morales.
Théophraste
Alcée
Alcée (En
Grec : Alkaïos Alkaïos, en Latin : Alcaeus) est un poète lyrique
(v. 640 ou 630-v.580) né à
Mytilène. Il appartient à une famille noble: les Archéanactides. Il est contemporain de
la poétesse Sapho,
pour laquelle il éprouve un grand amour. Pendant sa
jeunesse, sa famille est activement engagée dans la politique de
Mytilène
contre les Tyrans régnants. Il s'attire la colère de Myrsilos par
ses vers satyriques et il se range alors parmi les ennemis de sa Cité.
Il prend part à un coup d'État pour renverser le Tyran, mais les conspirateurs
échouent et Alcée est obligé de se retirer à Pyrrha. Puis il quitte Lesbos et se rend en
Thrace.
À la mort de Myrsilos, après un long exil, pendant lequel il visite aussi
l'Égypte,
il est amnistié par Pittacos et revient à Mytilène.
Alcée compose, outre ses vers les plus connus par lesquels il célèbre la mort de
Myrsilos, des hymnes, des odes, des chansons et des épigrammes. Horace (Quintus
Horatius Flaccus, poète latin, 65-8) et Quintilien (Marcus Fabius Quintilianus,
rhéteur et pédagogue latin, v.35-96) font l'éloge de ses poésies qui se
distinguaient par leur verves et leur originalité.
Méthymne
La citée est fondée par les Éoliens vers
le Xe siècle av.J.C. Elle tombe ensuite sous la domination des
Perses
Achéménides et participe à la révolte de
l'Ionie.
Elle est obligée, comme toutes les cités
Ioniennes,
de fournir des navires de guerre au Roi
Perse
Darius I (522-486), puis à
Xerxès I (485-465)
au cours des
Guerres Médiques (499-479). Elle fera partie avec
Mytilène de la
Ligue de Délos (477-404),
mais en 429, elle refuse l'alliance avec
Sparte et ne se révolte pas contre
Athènes.
La cité est ainsi épargnée, en 428,
lors des terribles représailles
Athéniennes. Vers 334,
Memnon de Rhodes(v.380-333), favorable aux
Perses, en lutte contre
Alexandre le Grand (336-323), installe à la tête de la cité le Tyran Aristonicos (334-333).
Ce dernier sera fait prisonnier à
Chios et Méthymne se ralliera à
Alexandre. La cité est la patrie des poètes et musiciens : Arion (VIIe siècle av.J.C) et Asclépiade
(IIIe Siècle ap.J.C).
Mytilène
Mytilène
(En Grec :
Μυτιλήνη
Mytilíni, en Turc : Midilli, aujourd'hui Metelin) est fondée par les Éoliens
venus de
Thessalie et de Béotie. Elle est la
principale ville de Lesbos. Elle va participer de manière importante à la
colonisation Grecque, en particulier vers la Troade, l'Hellespont et la
Thrace. Elle verra également une partie de sa population s'installer à
Naucratis,
ville du Delta du Nil en Égypte. Elle est dominée par deux clans aristocratiques : Les Penthilides,
descendants du légendaire Roi Penthilos et les Cléanactides.
Au VIIe siècle av.J.C de 612 à 608 elle passe sous la domination
d'un Tyran Mélandros (ou Mélanchros), qui sera
assassiné, puis Myrsilos (ou Myrsilé, 608-595). Ils se succèdent de
coup d'État en coup d'État.
Alcée
prend part à un de ceux-ci, qui a pour but de renverser la tyrannie de
Myrsilos, mais les conspirateurs échouent et
Alcée
est obligé de se retirer à Pyrrha. Suit
la tyrannie de Pittacos (ou Pittagos ou Pittacus, 595-585),
un des Sept Sages, fils d'Hyrradios, qui avait pris part lui aussi au coup
d'État contre Myrsilos. (Voir histoire de Lesbos ci-dessus). Mytilène est la
ville natale de Sapho et d'Alcée,
elle est alors l'un des centres majeurs de la poésie lyrique.
Au VIe siècle, elle passe sous
domination des
Perses Achéménides. Elle sera libérée à la fin des
Guerres Médiques, époque où elle rejoindra la
Ligue de Délos. Contrairement aux autres alliés d'Athènes,
elle ne verse pas de tribut mais équipe ses propres trières et envoie ses
propres troupes combattre aux côtés des
Athéniens.
De ce fait, les Mytiléniens se considèrent comme indépendants. Malgré ce
traitement
de faveur, elle tombe sous la domination d'Athènes
avec toute l'île et pendant la
Guerre
du Péloponnèse (431-404), en 428, elle se révolte contre
l'impérialisme
Athénien. Mais
en 427, le soulèvement est écrasé par ce dernier.
En 86, elle est dévastée par les Romains pour
avoir soutenu le Roi du
Pont
Mithridate
VI
(120-63). Elle est ensuite rebâtie par le Romain Pompée (106-48) qui lui rend sa
liberté. L'Empereur Romain Trajan (98-117) qui adorait la ville, l'embellit et lui donna son
nom.
Strabon (Géographe
Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C) dit que Mytilène était "La plus grande de son
temps" et Cicéron (Homme d'État et auteur Romain, 106-43) et Vitruve
(Architecte Romain, v.90-v.20) ne parlent que de son faste et sa beauté.
Pour d'autres
détails sur la cité et ses monuments voir les ouvrages de :
Lillian Acheilara :
- The Kastro of Mytilene, Archaeological Receipts Fund, Directorate of Publications, Athènes, 1999.
Aglaia Archontidou et Lillian Acheilar :
- Archaeological Museum of Mytilene, K' Ephorate of Prehistoric & Classical Antiquities, Mytilene, 1999.
Charles Picard :
- Où fut à Lesbos, au VII siècle, l'asile temporaire du poète Alcée ?,
P.U.F, Paris, 1962.
Aimé Puech et Théodore Reinach :
- Sapho, Alcée : Fragments, [texte et traduction], Belles Lettres, Paris, 2003.
Giannēs Touratsoglou et Eugenia Chalkia :
- The Kratigos, Mytilene treasure : coins and valuables of the 7th centure AD,
Hellenic Ministry of Culture, Byzantine & Christian Museum, Athènes, 2008.
Vladimír Vavřínek :
- La révolte d'Aristonicos, Ceskoslovenska Akad. ved., Prague, 1957.
Renée Vivien :
- Sapho, Erosonyx, Paris, 2009.
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