Les  LYDIENS

 L'Ourartou 

 Du  IXe  siècle  à  v.585

Les Royaumes Hellenistiques

 

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Voir aussi l'Arménie.........

 

  Au début du Ier millénaire av.J.C, les tribus Hourrites de la région du Lac de Van se regroupent en une nouvelle entité politique pour lutter contre les Assyriens, créant ainsi le royaume d'Ourartou, qui comprend la totalité du plateau arménien, depuis le Kurdistan jusqu'au versant méridional des Alpes Pontiques. Cet État était appelé Biai ou Biainili par ses habitants, Uruatri et Urartu dans les sources Assyriennes. Le processus d'unification des tribus montagnardes dure  longtemps et n'aboutit qu'au IXe siècle. C'est en 855, qu'apparaît pour la première fois l'Ourartou dans les tablettes Assyriennes, avec la mention d'un Roi un certain "Aramu d'Urartu". Les conflits armés et la rivalité entre la puissance Assyrienne et Ourartéenne vont s'alterner avec des périodes d'ententes. Le monde connaît le nom de l'Ourartou, car c'est lui qui se cache, dans la Bible, sous celui d'Ararat. La civilisation de l'Ourartou, brillante mais éphémère, reste souvent mal connue.

   Certains Rois ont fait composer des annales, à l'image de leurs homologues Assyriens où ils commémoraient leurs exploits militaires et leurs grands travaux. Les textes les plus anciens sont rédigés en langue Assyrienne, les plus récents en Ourartéen, cette langue n'est ni sémitique, ni indo-européenne.

 

Dieu Khaldi – Peinture murale

 

 

  Le panthéon Ourartéen était constitué de nombreux Dieux qui étaient en fait la réunion de ceux adorés par chaque tribu. Dans une grotte dans la montagne de Van (Mheri-Dour) on a retrouvé conservé un texte du IXe siècle qui donne la liste de soixante-dix neuf Dieux. Une triade était à la tête de ce panthéon, les Dieux Khaldi, Teisheba et Shivini.

 

     

   Elle appartient à la même famille que le Hourrite. Dès le départ la dette des Ourartéens à l'égard de leurs voisins Assyriens est importante, mais leur dépendance culturelle va diminuer sous les règnes d'Ishpuhini (ou Ishpuinis) et de Menoua (ou Menuas) qui  mettent en place les fondations du royaume.

 

           Déesse Arubani

  

Dieu Teisheba

                   Statuette d'un lion Assis en ivoire

Pièce d'un trône

 

Statuette de lion en Ivoire

                Altintepe

 

 

Sphinx, détail d'un trône

                    - Toprakkale

 

 

  L'Ourartou nous a laissé beaucoup d'objets, nous renseignant sur son activité artistique. Le royaume exportait ses productions, entre autres ses chaudrons, jusqu'en Grèce. Le chaudron d'Altintepe, portant quatre têtes de taureau à la place des poignées date du VIIe siècle. Les Ourartéens contrôlaient de nombreuses mines de cuivre et de fer. Dans les villes une importante activité métallurgique pouvait se développer. Le travail de l'ivoire a été aussi très développé par les Ourartéens. Dans les pièces que l'on a découvert, qui décoraient le mobilier, on retrouve des motifs de griffon, de visage humain, des statuettes de lions etc..

 

 

                                      

                                        Griffon ailé en ivoire

                                                 - Altintepe

 

 

 

 

 

 

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Argishti  I  sur son char - Musée d' Erevan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           L'histoire.....  

 

Rois de L'Ourartou

 

Rois de l'Ourartou

  Au début du Ier millénaire, les Arméniens / Hayasa-Azzi, en provenance d'Anatolie occidentale, atteignent les vallées du Haut Euphrate. À cette époque, le territoire de l'Arménie historique est occupé par des tribus Hourrites. Entre 1200 et 800, une grande partie de l'Arménie est unie dans le cadre d'une confédération de royaumes, que les sources Assyriennes appellent, Nairi "Terre des cours d'eau". Dans la région du lac de Van, l'Empereur d'Assyrie Téglath-Phalasar I (1116-1077) fait ériger une stèle qui commémore sa victoire sur des "Rois" de Nairi. Selon quelques spécialistes ce sont sans doute ces gens de Nairi qui s'unissent et fondent le royaume de l'Ourartou pour faire face à la pression Assyrienne.  À partir du IXe siècle le royaume de l'Ourartou prospère dans le Caucase et l'Est de l'Asie Mineure et il s'installe sur le plateau dans le territoire Arménien.

                                                                                   On retient Aramu (ou Arame vers 855-833 ou 850-840) comme le fondateur du royaume d'Ourartou, qui unie toutes les principautés Arméniennes qu'il ajoute à son territoire et se donne le titre de "Roi des Rois", le titre traditionnel des Rois de l'Ourartou. Mais c'est vraiment à partir de son successeur Sarduri I (ou Sapur, 833-825 ou 840-830) que le territoire va commencer à s'étendre, il transfère sa capitale à Tushpa. (l'actuelle ville de Van). Ishpuhini (ou Ishpuinis ou shpouhini, 830-810 ou 825-806) son successeur, s'empare de la ville et du pays de Musasir, probablement situés entre les lacs de Van et d'Ourmia, puis du pays de Parsua, habité alors par les Mèdes et les Mannéens. Il met en place les fondations du royaume dont son fils profitera. Les frontières se déplacent en direction de l'Araxe et du cours supérieur de l'Euphrate jusqu'aux rives du lac d'Ourmia. 

    Menoua (ou Menuas ou Meinua ou Menona, 810-785 ou 806-788), son fils, lui succède et sous son règne, l'Ourartou va devenir encore plus puissant. Il part en conquête et prend la région du Alzi (Appelé Alshe) entre le haut Tigre et l'Euphrate, puis traverse le fleuve et soumet le Roi de Milid, au Gurgum. Cette extension territoriale s'accompagne d'un renforcement de l'autorité centrale qui s'appuie sur une classe dirigeante naissante. Menoua est aussi un grand bâtisseur, il construit des temples et des villes avec de grandes citadelles. Les frontières de l'Ourartou atteignent maintenant : Des abords de l'Araxe, au cours supérieur de l'Euphrate jusqu'aux rives du lac d'Ourmia. Son fils lui succède. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Argishti   I

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Détail du bouclier de Sarduri  II

 

   Argishti I (785-766 ou 785-756) va continuer l'expansion du royaume commencée par son père Menoua. Dès les premières années il mène une campagne vers  l'Ouest, cherchant à  s'emparer des principales routes commerciales contrôlées  par les Assyriens et se procurer un accès à la Méditerranée.

 

   Il conquiert la cité Néo-Hittite de Lattaquié (ou Latakiyah ou Ladhiqiyah ou Laodicée ou Laodikeia ou Laodiceia) qui était la principale ville portuaire de la Syrie et parvient jusqu'à Byblos en Phénicie. Il construit en 782 la ville d'Erebouni (ou Irbuni ou Arin-Berd ou Erebuni actuelle Erevan) à l'aide de 6 600 prisonniers de guerre (La plaque de la fondation est d'ailleurs conservée). Dans le même temps il lance une expédition vers le Nord. Il occupe la haute vallée de l'Araxe, en Transcaucasie et y fonde des villes telles qu'Argishtikhinili (Armarvir). Il déporte en Transcaucasie, les populations Hittite et Sophène qui auraient pu se révolter et lui reprendre le territoire qui lui assurait l'accès à la Méditerranée. L'Ourartou atteint alors son maximum d'expansion territoriale, alors que l'Assyrie connaît une période de régression politique. (Voir Mésopotamie, Assyrie).

  

   Son fils et successeur, Sarduri II (ou Sapur II, 766-733 ou 756-730) profite de l'affaiblissement des Assyriens pour étendre ses territoires vers le Sud, il y ajoute le Gurgum et sa capitale Milid et le Kummuhu (Commagène) et sa capitale Harran, sur la rive droite de l'Euphrate.

 

   Vers le Nord, ses annales, gravées dans la falaise de l'acropole de Van, nous racontent qu'il mène deux campagnes (750-748 et 744-741) contre le pays de Kulha (ou Qulha, la Colchide). Lors de la première, il bat et fait prisonnier le Roi de Khouchalkhi, Khakhani et lors de la seconde, il prend, pille et incendie la ville d'Idalmoucha, dont il déporte la population. Pour commémorer ses victoires et affirmer sa supériorité, Sarduri II fait ériger des stèles dans les principales cités de Colchide et fait graver sur une plaque en fer ses hauts faits.

 

   Il poursuit la politique de construction et d'embellissement commencée par son père. En 743, l'Assyrie sort de sa période sombre et il doit faire face à l'expansionnisme de son Empereur Téglath-Phalasar III (745-727). Ce dernier remporte une victoire sur Sarduri II et ses alliés Syriens et marche sur la capitale Tushpa qui est prise en 735 et le royaume est dévasté.

 

 

 

Détail d'un casque de Sarduri  II 

 

  

 

  Limite  du  royaume  d'Ourartou  sous  Sarduri II

 

Hattousa La Phrygie Karkemish Alep Alalah Ougarit Le Mitanni Ninive Tarse Le Kummuhu (Commagène)  Assur Kalkhû  (Nimrud) L'Assyrie Ebla Terqa Mari Sinope Edesse (Urfa) Emar Harran  (Carrhae) Samosate  (Samsat) Milid Qatna Emèse  (Homs) Cappadoce Cilicie Arrapha Urkesh Nuzi Yamkhad Amourrou Emèse Alzi Amisos (ou Samsun) Trapézonte Phasis (ou Poti)

Cliquez sur un nom de ville ou de région

         

 

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  Son fils Rousa I (ou Rusa I, 733-714 ou 730-714) hérite d'un royaume complètement ruiné et à reconstruire, ce qu'il va s'empresser de faire pendant une période de relative paix avec les Assyriens, le nouvel Empereur Salmanasar V (727-722) devant affronter des querelles de succession. Les combats vont reprendre et encore plus rudes avec le nouvel Empereur Assyrien Sargon II (722-705). La première campagne contre l'Ourartou de Sargon II, en 719, ruine tous les efforts de Rousa I à néant. La guerre va culminer avec la célèbre "huitième campagne" de 714, dont on possède le récit détaillé dans une lettre adressée par l'Empereur au Dieu Assur.

 

  Sargon II y expose comment, après avoir envahit une partie du territoire, il récupéra un important butin: Une tonne d'or, cinq tonnes d'argent et des milliers d'objets. Malgré tout ce n'est pas une victoire totale pour Sargon II qui ne parvient pas à s'emparer des citadelles Ourartéennes. C'est pourquoi quand Rousa I meurt, pendant la guerre contre l'Assyrie et que son royaume est dévasté, ni la dynastie, ni l'Ourartou ne cessent vraiment d'exister.   

 

    Le Roi suivant, son fils Argishti II (714-685) va reprendre la lutte contre les Assyriens, mais c'est sous son règne que commence les multiples attaques des Cimmériens sur l'Ourartou. Rousa II (ou Rusa II, 685-645) qui lui succède va bâtir une nouvelle capitale, Rushahinli. Il développe l'élevage et l'agriculture.

 

   Pendant son règne, l'Ourartou devient une des grandes puissances de l'époque. Il bâtit d'impressionnantes forteresses à Toprakkale près de Van, Karmir Blur et Bastam, sites qui sont aujourd'hui nos principales sources de connaissance sur la culture des Ourartéens. Il doit lutter contre l'Empereur d'Assyrie Assarhaddon (681-669) qui avait lancé une campagne contre le Royaume. Son successeur, Sarduri III (645-635) est le dernier Roi de l'Ourartou mentionné par les annales Assyriennes. À partir de son règne, l'Ourartou et l'Assyrie vont cesser de se combattre pour faire face à la nouvelle menace, l'association des Babyloniens et des Mèdes.

 

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Dieu Teisheba

    Les capitales Assyriennes, Assur (614) et Ninive (612) tombent sous les coups des armées du Roi Mède, Cyaxare (625-585). En 609, sous le Roi Érimena (ou Erimena, 625-605), c'est au tour de l'Ourartou de subir l'attaque des nouveaux envahisseurs Mèdes et Babyloniens. Une chronique Babylonienne cite une expédition dans la région montagneuse de Bit Hanounia durant le règne du Roi Nabopolassar (626-605).

 

    En 590, le Roi Rousa III (605-590) est battu et la capitale, Rushahinli est détruite par le Roi des Mèdes, Cyaxare allié aux Scythes. La fin de l'Ourartou reste méconnue. Pratiquement toutes les cités montrent des signes de destructions brutales où, semble-t-il, les Scythes prirent une part importante. En 585, Tushpa est prise et le dernier Roi de l'Ourartou, Rousa IV (ou Rusa IV, 590-585), voit son royaume envahit complètement par les Mèdes. Dans les montagnes de l'Ourartou, une tribu Thraco-Illyrienne : les Haïkans (Les Arméniens) se retrouve fixée par les Mèdes. Elle va suivre leur destin lors de l'invasion Perse Achéménide et en 331, va former le royaume d'Arménie. (Voir Arménie). 

 

 

Tushpa

 

   Tushpa est la capitale de l'Ourartou et elle correspond à l'actuel site de Van Kalesi, sur les bords du lac de Van (Turquie orientale). La cité est devenue la capitale du royaume sous le Roi Sarduri I (ou Sapur, 833-825 ou 840-830). La citadelle avait 1050 m de longueur et entre 125 et 50 m de largeur, ce qui lui donnait environ une surface de 4 hectares. Elle était bâtie au-dessus de la ville, qui s'étendait sur une surface d'environ 30 hectares, sur les escarpements bordant le lac de Van. Le site de Van Kalesi est le précurseur des forteresses Ourartéennes. Son monument principal est le "château de Sarduri". On y a aussi retrouvé des monuments taillés dans la roche, dont des mausolées.

 

   Les murs qui entouraient la cité, étaient ainsi de type cyclopéen, solidement ancrés dans la roche ce qui leur donnait de solides fondations. Du fait de la topographie du site, la hauteur des murs variait. Leur largeur était d'environ 3 m et tout leur long étaient parsemées des tourelles défensives. La pierre des murs était extraite de carrières locales, mais elle pouvait aussi provenir de blocs de basalte venant d'une région volcanique située de l'autre côté du lac. Certains blocs de pierre pouvaient peser plus de 20 tonnes. Les bâtiments renfermés dans la citadelle, la forteresse en elle-même, étaient construit avec des briques séchées et s'élevaient à 20m de hauteur environ. La forteresse étant implantée sur les escarpements rocheux, les bâtiments qui la composaient se trouvaient à des niveaux différents. Ils étaient reliés entre eux par un réseau de cours et d'escaliers.

 

 

 

Château  forteresse de Tushpa (l'actuelle Van Kalesi)

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                                                                                                   Voir aussi Arménie.........

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur l'Ourartou voir les ouvrages de :

 

Guitty Azarpay :

- Urartian art and artifacts. A chronological study, University of California Press, Berkeley, Los Angeles, 1968.

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- The Anzaf fortresses and the gods of Urartu, Arkeoloji ve sanat yayinlari, Istanbul, 1999.

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- Das Reich Urartu : Ein altorientalischer staat im 1. Jahrtausend v. Chr., Universitätsverlag, Konstanz, 1986.

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