L'OURARTOU

 Les  Royaumes  Hellénistiques :

La  Bithynie

de  279  à  74  av.J.C 

L'ARMENIE

 

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Sommaire

 

Localisation

Histoire

Bibliographie

Pour plus de détails voir aussi le royaume :

de Cappadoce, des Lagides (les Ptolémée), du Pont,  de Pergame, des Séleucides

 

  Répartition de l'Asie Mineure au Traité d'Apamée - 188

 

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Localisation

 

   La Bithynie est la région située au Nord-ouest de l'Asie Mineure qui est limitée par la mer Noire au Nord, la Paphlagonie à l'Est, la Galatie et la Phrygie au Sud, la Propontide et la Mysie à l'Ouest. La Bithynie forme d'abord un État indépendant, puis elle est annexée par le Roi de Lydie Crésus (562-546) qui ajoute ce territoire à la son royaume. Elle suit ensuite l'histoire de l'Asie Mineure et après la chute de Crésus, passe sous la domination des Perses Achéménides qui l'incluent dans la satrapie de Phrygie. Vers 279, Nicomède I (279-243) unifie le pays et instaure un royaume indépendant. Il prend pour capitale Nicomédie (Izmit aujourd'hui). Cette ville aurait été créée, en 712, par une colonie de Mégariens qui lui donnent le nom d' "Olbia" d'après le nom de la mère de leur chef Astacos (?). La ville qui avait été détruite par le Roi de Thrace Lysimaque (322-281) fut reconstruite en 264 à proximité du site de l'ancienne cité par Nicomède I, qui lui donne son nom de Nicomédie.

 

L'histoire.......

 

 Selon Hérodote (Historien Grec, v.484-v.425) et Xénophon (Philosophe, historien et maître de guerre Grec, v.430-v.355), les Bithyniens étaient d'origine Thrace, ce que semble confirmer la majorité des spécialistes. La Bithynie était habitée par plusieurs peuplades : Les Bebryces sur le Bosphore(Beykoz aujourd'hui), les Mariandyniens qui peuplaient les environs d'Héraclée entre la Bithynie et la Paphlagonie, les Mygdones qui s'établissent en Phrygie, les Thyni etc.. Après avoir été soumise par le Roi de Lydie, Crésus (562-546), puis par Le Roi Perse Cyrus II (559-529), un de ses Dynastes, Zipoetès (ou Zipetas ou Zypétès, 315 à 297) forme un petit État indépendant, tout en reconnaissant la suzeraineté de la Macédoine et se proclame Roi (297 à 279). À sa mort son fils Nicomède I lui succède.  

 

   Nicomède (279-243) devient Roi de Bithynie vers 279 mais la date de la fin de son règne est encore mal connue, les spécialistes penchent pour 243. Il débute son règne dans la terreur puisqu'il fait tuer ses trois frères. Puis il passe alliance avec les Celtes, qui ravagent à cette époque l'Asie Mineure, pour qu'ils lui viennent en aide face aux Rois Séleucides. Comme gage pour leur soutien, il leur cède en 278 la Galatie. Selon Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C), en 264, il prend pour capitale Nicomédie, qu'il fait reconstruire et à partir de laquelle il gérera l'expansion de son royaume. À sa mort, sa seconde épouse Etazèta devient Reine au nom de son fils nouveau-né. Elle chasse Zélas (ou Ziaelas ou Zielas, 243-229) du royaume, le fils et prétendant légitime de Nicomède I et de sa première épouse Ditizèle.

 

Nicomède I

   Zélas se réfugie d'abord en Arménie, puis à la cour du Satrape de Commagène, Samès (v.290-v.260) à Samosate (Samsat aujourd'hui). Il lève une armée avec l'aide de quelques Galates et tente immédiatement de retrouver ses droits par la force. Bien que la Reine Etazèta est appuyée par des villes voisines et le futur Roi de Macédoine Antigonos III Dôson, Zélas conquiert rapidement une première partie, puis l'ensemble de la Bithynie, ce qui oblige Etazèta et son fils à s'échapper en Macédoine. À l'instar de son père et son grand-père il fonde aussi une nouvelle ville nommée d'après son nom, Ziela, mais l'emplacement de la ville est encore inconnu. Il est tué par des Galates. Il aura deux enfants dont :

 

   Prusias I Cholus "le Boiteux" (ou Prousias, 229-180) qui lui succède. Afin d'étendre son influence, le nouveau Roi mène une guerre contre Byzance. Il accueille le général Carthaginois Hannibal (247-183) après sa défaite face aux Romains, mais est obligé de le livrer quelque temps après pour éviter les représailles de Rome. Pendant tout son règne, il redoute la Macédoine dont il épouse Apama III, fille de son Roi Démétrios II l'Étolique (239-229). À la suite du partage de l'Asie Mineure, au Traité d'Apamée en 188 (voir carte), qui était très favorable à Pergame, Prusias I estima avoir été lésé et ne cessa pas jusqu'à la fin de son règne de harceler le royaume de Pergame. Il s'allie au Roi du Pont Pharnace I (ou Pharnacès ou Pharnakes, 184-156) dans une guerre contre le Roi Eumenes II (197-159) de Pergame. Mais en 188 la Bithynie subit une série de revers. En 183 Pharnace I doit signer un traité de paix où il cède l'ensemble de ses conquêtes à l'Ouest. Son fils Prusias II Cynegus lui succède.

Prusias I

 

   Prusias II Cynegus (180-168) épouse Apama IV, la fille du Roi de Macédoine Philippe V (221-179) et de la Reine Polycrateia. Lorsque le fils de ce dernier, Persée (179-168), échoue dans sa lutte contre les Romains, Prusias II se rend à Rome pour solliciter une alliance, mais s'y déshonore par sa bassesse. Il rentre sans succès à Nicomédie et reprend la guerre contre le royaume de Pergame allié des Romains. Son fils Prusias III lui succède et une de ses filles épouse le Roi de Thrace Diegylis.

 

Prusias II

   Prusias III (168-149) comme ses prédécesseurs, combat avec force le royaume de Pergame. Son Roi, Attalos II Philadelphe (159-138) se plaint à Rome, qui reconnaît ses droits et un accord est conclu entre les deux belligérants. Prusias III prétexte de nouvelles escarmouches et attaque Pergame avec toute son armée, puis Élée, un des ports du royaume de Pergame. Il remporte quelques victoires, mais une grande partie de sa flotte coule au cours d'une tempête. Pergame réunit alors une puissante armée pour contre attaquer, mais Rome s'interpose et en 154, oblige le Roi de Bithynie à redonner les territoires occupés. Prusias III projette alors de faire tuer son fils, le futur Nicomède II, mais celui-ci ayant eu vent du complot le devance et fait assassiner son père. Selon Diodore de Sicile, historien et chroniqueur Grec, v.90-v.30) dans le temple de Zeus. Polybe (Général, homme d'État et historien Grec, v.205-126 av.J.C) a tracé de Prusias III un portrait sans indulgence.

Prusias II   

 

   Nicomède II Épiphane (149-127) s'empare du pouvoir en faisant assassiner son père qui menaçait de le mettre à mort. C'est à partir de ces faits que Corneille a tiré le sujet de sa tragédie "Nicomède". Nicomède II s'allie dans un premier temps aux Romains car il souhaite obtenir la Grande Phrygie, qu'il n'aura jamais. Il doit au contraire, sous leur pression, céder la Paphlagonie. Cet acte, selon les historiens de l'antiquité, lui causera un tel chagrin qu'il en décèdera.

 

   Son fils Nicomède III Évergète (127-91) lui succède. Son règne a longtemps été controversé entre les historiens et confondu avec celui de son père, il est aujourd'hui reconnu par tous les spécialistes. Nicomède III, sans le savoir, va amorcer par sa politique le déclin de son royaume. Il abandonne l'alliance avec les Romains et en 104, il passe un accord avec le Roi du Pont, Mithridate VI (120-63) Il annexe la Paphlagonie et la Cappadoce où il épouse Laodice VII, veuve du Roi Ariarathês VI Épiphane (126-111) qui agissait en tant que Régente pour son jeune fils Ariarathês VII Philométôr (112-100). Cependant, en 100, Mithridate VI annule son alliance avec Nicomède III et il envahit la Cappadoce. Il tue le fils de sa sœur Ariarathês VII et la chasse ainsi que Nicomède III du pays où il installe sur le trône son fils, au nom aussi d'Ariarathês (IX) (95-87). Laodice VII rejoint alors Nicomède III dans une tentative d'établir son autre fils Ariarathês VIII (95) qui pour certains spécialistes est un imposteur, sur le trône de Cappadoce et elle va elle même à Rome pour plaider sa cause.

 

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Nicomède II

   Cependant sa demande est rejetée par le Sénat Romain. Toutefois Rome ne peut accepter les conquêtes du Roi du Pont. Le sénat ordonne à Mithridate VI d'évacuer la Cappadoce et à Nicomède III la Paphlagonie, ce qu'il font rapidement. La Cappadoce reçoit alors pour Roi un Seigneur Perse, Ariobarzane I Philoromaios (ou Ariobarzanês, 96-63), qui est élu aussi par les nobles Cappadociens et est soutenu par les Romains. Mithridate VI ne peut tenir tête à Rome que s'il dispose d'alliés puissants. Il passe alors alliance avec le Roi d'Arménie Tigrane II le Grand (95-54), à qui il donne en mariage sa fille Cléopâtre.

 

   Tigrane II envahit la Cappadoce et en chasse Ariobarzane I Philoromaios. Le fils de Mithridate VI est replacé sur le trône, mais les Romains, menés par le général Sylla, vont reconquérir ce trône. En 91, Mithridate VI se tourne vers la Bithynie et Nicomède III, qu'il attaque et détrône, pendant que Tigrane II, à peine un an plus tard en 90, chasse une nouvelle fois Ariobarzane I Philoromaios de Cappadoce.

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Nicomède III

 

   Nicomède IV Philopator (91-75) en arrivant au pouvoir s'empresse de reformer l'alliance avec les Romains, abandonnée par son père qui vient d'être détrôné par Mithridate VI. Rome envoie alors en Asie Mineure, Aquilius, pour obtenir la restauration du fils de Nicomède IV et celle d'Ariobarzane I Philoromaios. Mithridate VI s'incline, mais Aquilius lui demande d'indemniser le Roi de Bithynie. Devant le refus de Mithridate VI, Aquilius pousse Nicomède IV à envahir le royaume du Pont. Mithridate VI en profite et en 89, installe une nouvelle fois son fils en Cappadoce. Puis entreprend la construction de soixante-quinze forteresses en Petite Arménie et mobilise une armée de 250 000 fantassins, des escadrons de chars et 50 000 cavaliers. Il se procure des navires en Égypte et en Syrie et enrôle les Sarmates ses anciens ennemis.

 

   Tous ces préparatifs afin de déclarer, en 89, une nouvelle fois la guerre à Rome. Face à lui, l'armée de Nicomède IV compte : 50 000 fantassins et 6 000 cavaliers et celle des Romains 190 000 hommes, que commande Aquilius. Mithridate VI remporte deux victoires décisives, qui lui livrent toute la Bithynie, la Phrygie du Nord et la Mysie. Il pénètre ensuite dans la province d'Asie où il est accueilli comme un libérateur. Il se débarrasse des Romains qui se trouvent en Asie et plus de 80 000 vont périr en un seul jour, principalement à Éphèse. Puis Mithridate VI s'attaque à la Macédoine, mais l'armée Romaine franchie le Bosphore et Mithridate VI va perdre peu à peu toutes ses conquêtes. Sylla le contraint à signer la paix de Dardanos (En Troade). En 85 Mithridate VI restitue la Bithynie et la Cappadoce et cède aux Romains soixante-dix navires et deux mille talents d'or. Nicomède IV récupère à nouveau son trône. Redevable envers Rome, il se montrera très fidèle au Sénat.

 

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Nicomède IV

   Sa fidélité envers l'Empire ira jusqu'à sa mort où il lèguera par testament aux Romains son royaume en 74 av.J.C. Cet acte sera un nouveau prétexte utilisé par Mithridate VI pour reprendre les hostilités. Cependant, en 66, ce dernier sera finalement vaincu par Pompée et la Bithynie, en 64/63, sera intégrée à l'Empire Romain en tant que province. La capitale, Nicomédie comptait de nombreux monuments, magnifiquement ornés de statues, dont celle de Nicomède lui-même, en ivoire, que l'Empereur Trajan (98-117) fera transporter à Rome. La Bithynie va connaître la prospérité et devenir une des plus importantes provinces parmi celles d'Asie Mineure. Sous l'Empereur Trajan elle fut réunie à la province du Pont et va suivre l'histoire de la région. Nicomédie sera ravagée par les Goths en 259 ap.J.C.

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la Bithynie voir les ouvrages de :

 

Marc Desti :

- Les civilisations Anatoliennes, PUF, Paris, 1998.

Henri-Louis Fernoux :

- Notables et élites des cités de Bithynie aux époques Hellénistique et Romaine : IIIe siècle av.J.C.-IIIe siècle ap.J.C. : Essai d'histoire sociale, Maison de l'Orient et de la Méditerranée, Lyon, 2004.

Anna Heller

- "Les bêtises des Grecs" : Conflits et rivalités entre cités d'Asie et de Bithynie à l'époque Romaine (129 av.J.C.-235 ap.J.C.), Ausonius, Pessac, 2006 - Diffusion De Boccard, Paris, 2006.

Henry Lenormant :

- La monnaie dans l'antiquité, PUF, Paris, 1878.

Christoph Michels :

- Kulturtransfer und Monarchischer Philhellenismus : Bithynien, Pontos und Kappadokien in Hellenistischer Zeit, V & R Unipress, Göttingen, 2009.

Georges Perrot, Jules Delbet et Edmond Guillaume :

- Exploration archéologique de la Galatie et de la Bithynie, d'une partie de la Mysie, de la Phrygie, de la Cappadoce et du Pont, Hildesheim, Olms, 1983.

Théodore Reinach :

- Essai sur la numismatique des rois de Bithynie, C. Rollin et Feuardent, Paris, 1888.

Maurice Sartre :

- L'Asie Mineure et l'Anatolie, d'Alexandre à Dioclétien, Armand Colin, Paris, 1997.

Mikhaïl Ivanovitch Rostovtzeff :

- Pontus, Bithynia and the Bosporus, Annual of the British School at Athens, 22, 1916-1918.

 

 

 

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