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Localisation
La Bithynie est la région située au Nord-ouest de l'Asie Mineure qui est limitée par la mer Noire au Nord, la Paphlagonie à l'Est, la Galatie et la Phrygie au Sud, la Propontide et la Mysie à l'Ouest. La Bithynie forme d'abord un État indépendant, puis elle est annexée par le Roi de Lydie Crésus (562-546) qui ajoute ce territoire à la son royaume. Elle suit ensuite l'histoire de l'Asie Mineure et après la chute de Crésus, passe sous la domination des Perses Achéménides qui l'incluent dans la satrapie de Phrygie. Vers 279, Nicomède I (279-243) unifie le pays et instaure un royaume indépendant. Il prend pour capitale Nicomédie (Izmit aujourd'hui). Cette ville aurait été créée, en 712, par une colonie de Mégariens qui lui donnent le nom d' "Olbia" d'après le nom de la mère de leur chef Astacos (?). La ville qui avait été détruite par le Roi de Thrace Lysimaque (322-281) fut reconstruite en 264 à proximité du site de l'ancienne cité par Nicomède I, qui lui donne son nom de Nicomédie.
L'histoire.......
Selon
Hérodote (Historien
Grec, v.484-v.425)
et Xénophon
(Philosophe, historien et maître de guerre
Grec, v.430-v.355), les Bithyniens
étaient d'origine
Thrace, ce que semble confirmer la majorité des spécialistes. La Bithynie était habitée par plusieurs
peuplades : Les Bebryces sur le
Bosphore(Beykoz aujourd'hui), les Mariandyniens
qui peuplaient les environs d'Héraclée entre la Bithynie et la Paphlagonie,
les Mygdones qui s'établissent en
Phrygie, les Thyni etc.. Après avoir
été soumise par le Roi de Lydie,
Crésus (562-546),
puis par Le Roi Perse
Cyrus II (559-529), un de ses
Dynastes, Zipoetès (ou Zipetas ou Zypétès, 315 à 297) forme un petit État indépendant, tout en reconnaissant la
suzeraineté de la
Macédoine et se proclame Roi (297 à 279). À sa mort son fils Nicomède I lui succède.
Nicomède Nicomède I
Zélas se réfugie d'abord en
Arménie, puis à la cour du
Satrape de
Commagène, Samès (v.290-v.260) à Samosate
(Samsat aujourd'hui). Il lève une armée avec l'aide de quelques Galates et tente immédiatement de retrouver ses droits
par la force. Bien que la Reine Etazèta est appuyée par des villes voisines et le futur Roi de
Macédoine
Antigonos III Dôson,
Zélas conquiert rapidement une première partie, puis l'ensemble de la Bithynie, ce qui oblige Etazèta et son
fils à s'échapper en Macédoine.
À l'instar de son père et son grand-père il fonde aussi une nouvelle ville nommée d'après son nom,
Ziela, mais l'emplacement de la ville est encore inconnu. Il est tué par des Galates. Il aura deux enfants dont :
Prusias I Cholus "le Boiteux"
Prusias II Cynegus
Prusias III (168-149) comme ses prédécesseurs, combat avec force le
royaume de Pergame.
Son Roi, Attalos II Philadelphe (159-138) se plaint à Rome,
qui reconnaît ses droits et un accord est conclu entre les deux belligérants. Prusias III prétexte de nouvelles escarmouches
et attaque Pergame avec toute son armée, puis Élée, un des ports
du royaume de Pergame.
Il remporte quelques victoires, mais une grande partie de sa flotte coule au cours d'une tempête.
Pergame réunit alors une puissante armée pour contre attaquer,
mais Rome s'interpose et en 154, oblige le Roi de Bithynie à redonner les territoires occupés.
Prusias III projette alors de faire tuer son fils, le futur
Nicomède II, mais
celui-ci ayant eu vent du complot le devance et fait assassiner son père. Selon
Diodore de Sicile, historien et chroniqueur
Grec, v.90-v.30) dans le temple de Zeus.
Polybe
(Général, homme d'État et historien
Grec,
v.205-126 av.J.C) a tracé de Prusias III un portrait sans indulgence.
Prusias
II
Nicomède II Épiphane
Son fils Nicomède
III Évergète (127-91) lui succède. Son règne a longtemps été controversé entre les historiens
et confondu avec celui de son père, il est aujourd'hui reconnu par tous les spécialistes.
Nicomède III, sans le savoir, va amorcer par sa politique le déclin de son royaume. Il abandonne l'alliance avec
les Romains et en 104, il passe un accord avec le Roi du
Pont,
Mithridate VI (120-63)
Il annexe la Paphlagonie et la
Cappadoce
où il épouse Laodice VII, veuve du Roi Ariarathês VI Épiphane (126-111) qui agissait en tant que
Régente pour son jeune fils Ariarathês VII Philométôr (112-100). Cependant, en 100,
Mithridate VI
annule son alliance avec Nicomède III et il envahit la
Cappadoce.
Il tue le fils de sa sœur Ariarathês VII et la chasse ainsi que Nicomède III du pays où il installe sur le trône son fils,
au nom aussi d'Ariarathês (IX) (95-87). Laodice VII rejoint alors Nicomède III dans une
tentative d'établir son autre fils Ariarathês VIII (95) qui pour certains spécialistes est un imposteur,
sur le trône de Cappadoce
et elle va elle même à Rome pour plaider
sa cause.
Cependant sa demande est rejetée par le Sénat Romain. Toutefois Rome ne peut accepter les conquêtes du Roi
du Pont.
Le sénat ordonne à Mithridate VI
d'évacuer la Cappadoce et à Nicomède III la Paphlagonie, ce qu'il font
rapidement. La Cappadoce reçoit alors pour Roi un Seigneur
Perse,
Ariobarzane I Philoromaios
(ou Ariobarzanês, 96-63), qui est élu aussi par les nobles Cappadociens et est soutenu par les Romains.
Mithridate VI ne peut tenir tête
à Rome que s'il dispose d'alliés puissants. Il passe alors alliance avec le
Roi d'Arménie
Tigrane II le Grand (95-54),
à qui il donne en mariage sa fille Cléopâtre.
Tigrane II envahit la
Cappadoce et en chasse
Ariobarzane I Philoromaios.
Le fils de Mithridate VI
est replacé sur le trône, mais les Romains, menés par le général Sylla, vont reconquérir ce trône. En 91,
Mithridate VI se tourne vers la
Bithynie et Nicomède III, qu'il attaque et détrône, pendant que
Tigrane II, à peine un an plus tard en 90,
chasse une nouvelle fois Ariobarzane
I Philoromaios de Cappadoce.
Nicomède IV Philopator
Tous ces préparatifs afin de déclarer, en 89, une nouvelle
fois la guerre à Rome. Face à lui, l'armée de Nicomède IV compte : 50 000 fantassins et 6 000
cavaliers et celle des Romains 190 000 hommes, que commande Aquilius.
Mithridate VI remporte deux victoires décisives, qui lui
livrent toute la Bithynie, la Phrygie du Nord et
la Mysie. Il pénètre ensuite dans la province d'Asie où il est accueilli comme un libérateur. Il se débarrasse des Romains qui
se trouvent en Asie et plus de 80 000 vont périr en un seul jour, principalement à
Éphèse.
Puis Mithridate VI s'attaque à la
Macédoine, mais l'armée Romaine franchie le
Bosphore et Mithridate VI va perdre peu à peu toutes
ses conquêtes. Sylla le contraint à signer la paix de Dardanos (En Troade). En 85
Mithridate VI restitue la Bithynie
et la Cappadoce et cède aux Romains soixante-dix navires et deux mille
talents d'or. Nicomède IV récupère à nouveau son trône. Redevable envers Rome, il se montrera très fidèle au Sénat.
Sa fidélité
envers l'Empire ira jusqu'à sa mort où il lèguera par testament aux Romains son royaume en 74 av.J.C. Cet acte sera
un nouveau prétexte utilisé par Mithridate VI pour
reprendre les hostilités. Cependant, en 66, ce dernier sera finalement vaincu par Pompée et la Bithynie, en 64/63,
sera intégrée à l'Empire Romain en tant que province. La capitale, Nicomédie comptait de
nombreux monuments, magnifiquement ornés de statues, dont celle de Nicomède
lui-même, en ivoire, que l'Empereur Trajan (98-117) fera transporter à Rome. La
Bithynie va connaître la prospérité et devenir une des plus importantes
provinces parmi celles d'Asie Mineure. Sous l'Empereur Trajan elle fut réunie à la province du
Pont
et va suivre l'histoire de la région. Nicomédie sera ravagée par les Goths en 259 ap.J.C.
Pour
d'autres détails sur la Bithynie voir les ouvrages de :
Marc Desti :
- Les civilisations Anatoliennes,
PUF, Paris, 1998.
Henri-Louis Fernoux :
- Notables et élites des cités de Bithynie aux époques Hellénistique et Romaine :
IIIe siècle av.J.C.-IIIe siècle ap.J.C. : Essai d'histoire sociale,
Maison de l'Orient et de la Méditerranée, Lyon, 2004.
Anna Heller
- "Les bêtises des Grecs" : Conflits et rivalités entre cités d'Asie et de Bithynie à l'époque Romaine
(129 av.J.C.-235 ap.J.C.), Ausonius, Pessac, 2006 - Diffusion De Boccard, Paris, 2006.
Henry Lenormant :
- La monnaie dans l'antiquité,
PUF, Paris, 1878.
Christoph Michels :
- Kulturtransfer und Monarchischer Philhellenismus : Bithynien, Pontos und Kappadokien in Hellenistischer Zeit,
V & R Unipress, Göttingen, 2009.
Georges Perrot, Jules Delbet et Edmond Guillaume :
- Exploration archéologique de la Galatie et de la Bithynie, d'une partie de la Mysie, de la Phrygie,
de la Cappadoce et du Pont, Hildesheim, Olms, 1983.
Théodore Reinach :
- Essai sur la numismatique des rois de Bithynie, C. Rollin et Feuardent, Paris, 1888.
Maurice Sartre :
- L'Asie Mineure et l'Anatolie, d'Alexandre à Dioclétien, Armand Colin, Paris, 1997.
Mikhaïl Ivanovitch Rostovtzeff :
- Pontus, Bithynia and the Bosporus, Annual of the British School at Athens, 22, 1916-1918.
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