L'OURARTOU

Les   Royaumes   Hellénistiques :

 Royaume  de  Cappadoce    

de  301  à  14  ap.J.C  

L'ARMENIE

 

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Sommaire

 

Localisation, ressources

Histoire

Bibliographie

Pour plus de détails voir aussi le royaume :

de Bithynie, des Lagides (les Ptolémée), du Pont,  de Pergame, des Séleucides

 

  Répartition de l'Asie Mineure au Traité d'Apamée - 188

 

Sinope Le Royaume du Pont Nicomédie Pergame la cité Pergame La Carie Halicarnasse Macédoine Pella Athènes Chypre et Salamine La Cappadoce L'Arménie Artaxata (Artashat) La Crête Les Mèdes Ecbatane Les Parthes Suse Pasargadès Persépolis Babylone Ninive Les Séleucides Antioche Tyr Damas Gaza Jérusalem L'Egypte Les Ptolémées Alexandrie Rhodes Séleucie sur le Tigre Apamée de Phrygie Apamée sur l'Oronte La Bithynie Apollonia Amisos (ou Samsun) Kotyora Trapézonte Phasis (ou Poti)

 

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Localisation, ressources

 

   La Cappadoce (ou Kappadokien en Allemand, Cappadocia en Anglais, en Grec : Cappadokia ou Καππαδοκία Cappadokia, en Turc : Kapadokya, en Arménien : Կապադովկիա Kapadovkia, en Géorgien : კაპადოკია Kapadokia, en Perse : کاپادوکیه Kāpādōkiyeh) est la région centrale de l'Asie Mineure en grande partie située dans la province de Nevşehir. C’est, dès le IIIe millénaire, un centre caravanier important et une région de commerce, surtout grâce à ses mines d'argent, de cuivre et d'or qui vont lui permettre des échanges contre les produits de base manquants en Anatolie. Au XIXe siècle, des marchands Assyriens, y établissent des comptoirs. Ces centres de commerce étaient, Kaniş-Karum à Kültepe et Karum-Hattuşaş. Les produits importés par les commerçants étaient : L'étain, les parfums, les tissus etc... C'est grâce à ces marchands Assyriens, qu'apparaît pour la première fois en Anatolie l'écriture cunéiforme. Ces écrits étaient fait sur des tablettes que l'on nomme: Les tablettes Cappadociennes. Ces tablettes nous informent sur : Les systèmes de taxe et d'intérêt qu'utilisaient les Assyriens, les contrats de mariage etc... Les commerçants Assyriens ont aussi importé en Anatolie, les cachets cylindriques et la métallurgie. L'Anatolie a approfondit son art en étant influencé par l'art Mésopotamien, à cette époque, les Nésites (Anciens Hittites) peuplent le pays et vont s'en imprégner. La Cappadoce devient ensuite le centre de l'Empire Hittites, où ils y prennent pour capitale Hattousa, jusqu'à leur anéantissement, vers 1200.

 

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  "Cheminées de fée", à proximité de Gorëme, en Cappadoce

Photo avant retouche : Wikipédia  

 

 

 

L'histoire.......

   

  Ariarathês III,

Tétradrachme argent

 

   Les Phrygiens vont profiter de cette chute des Hittites et s'installer en Anatolie centrale. Avec eux et dans le reste de l'Anatolie, plusieurs royaumes dit néo-Hittites vont se former. L'un de ces "royaumes", le Tabal, qui est en fait une sorte de confédération de principautés, naît sur les ruines de l'ancien Empire Hittite en Cappadoce, vers 1000 et se peuple majoritairement de Louvites. Son histoire nous est surtout connue par ses luttes contre l'Empire Assyrien, notamment en 839, contre Salmanasar III (859-824) qui entreprit une campagne victorieuse contre les Rois du Tabal.

 

   En 720, le Roi du Tabal, Hulli s'allie au Roi de Phrygie, Midas III (738-695) et au Roi de Karkemish, Pisiris (ou Pisiri, v.730-718/717) et se révolte contre l'Assyrie. L'Empereur d'Assyrie Sargon II (722-705), défait cette coalition en 718/717, et remplace Hulli par son fils. En 713, il fait de cette partie de la Cappadoce une province Assyrienne. L'Ouest de la Cappadoce Phrygienne va connaître aussi la fin de sa souveraineté avec les invasions des Cimmériens (v.700). Les Lydiens nouveaux maîtres de cette région profiteront de cette faiblesse pour annexer le pays. Puis en 547/546 la Cappadoce tombe sous le joug des Perses Achéménides de Cyrus II le Grand (558-528). Avec l'Hellespont, la Paphlagonie et la Phrygie, elle forme alors une satrapie.

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 Monnaie d'Ariobarzane I Philoromaios

 

   Ce sont d'ailleurs les Perses qui lui donnent le nom Katpatuka "pays des chevaux de race", qui donnera ensuite "Cappadoce". Les Grecs, eux, appelaient les Cappadociens "les Syriens blancs". Malgré l'envahisseur et son statut de satrapie, la région continue à se gouverner avec ses propres dirigeants, hiérarchisés sur un type d'aristocratie féodale, comme beaucoup de royaumes de l'Asie Mineure à l'époque. Cette organisation durera jusqu'à l'arrivée du Roi de Macédoine, Alexandre le Grand (336-323).

               Alexandre le Grand a vaincu les Perses, mais s'est trouvé en face d'une grande résistance en Cappadoce, dont le peuple les soutenait. Il nomme le commandant Sabiktas pour contrôler cette région, mais le peuple qui est contre Alexandre, veut un noble Perse : Ariarathês, à sa tête. Le Satrape Ariarathês I (ou Ariarathes, 330-322) est le fils d'Ariamnès I (ou Ariamnès). Il prend le pouvoir et rend la Cappadoce indépendante, tout en reconnaissant la suzeraineté d'Alexandre le Grand. Ariarathês I y fonde une dynastie, sans enfant il adopte Ariarathês II, fils de son frère Holopherne. À sa prise de pouvoir, Ariarathês II (301-280) prend le tire de Roi de Cappadoce. C'est un Roi très actif qui a la volonté d'agrandir son territoire, mais il est tué au combat contre les Macédoniens. Les Rois de Cappadoce font remonter leurs origines au Roi Perse Cyrus II le Grand (558-528) et à l’un des sept Perses qui ont tué le mage usurpateur de l’empire. Son fils Ariamnès II (ou Ariamnès, 280-262) lui succède.

Tétradrachme Oropherne

British Museum

         Puis le fils de celui-ci, Ariarathês III (262-220) arrive au pouvoir. Au début de son règne, Ariarathês III est obligé de fuir les Macédoniens en Arménie, avec le peu de troupes qui lui restait. Cependant la Macédoine étant en proie aux luttes de successions et les anciens Diadoques d'Alexandre le Grand devenus Rois, se disputant d'autres terres, Ariarathês III va profiter de la situation et essayer de se libérer de la tutelle des Séleucides. Il reforme une armée avec l'aide du Roi d'Arménie Arsam (260-220).

 

         Il combat et tue Amyntas, le chef des troupes Séleucides et regagne toutes les provinces de ses ancêtres. Il consolide un peu plus ses positions en épousant Stratonice III, la fille du Roi Séleucide Antiochos II (261-246) et de la Reine Laodice I. Ariarathês III a trois fils, l'aîné Ariarathês IV Eusèbe (220-163), lui succède. Sous son règne ont lieu les premiers contacts avec Rome. Ces dernier grand maître de l'Asie Mineure seront les arbitres dans les luttes qui opposent les différents royaumes qui la compose. Voir carte sur la répartition de l'Asie Mineure au Traité d'Apamée en 188. Il épouse Antiochis III, la fille du Roi Séleucide Antiochos III Mégas (223-187) et de la Reine Laodice III, qui lui donne une fille, Stratonice IV, qui sera l'épouse des Rois de Pergame Eumenes II (197-159) et d’Attalos II Philadelphe (159-138) et deux fils.

 

        Ariarathês V Eusèbe Philopator (163-126), fils aîné d'Ariarathês IV arrive au pouvoir en 163, mais en 158, il est détrôné et chassé du royaume par son frère Oropherne II, soutenu par le Roi Séleucide Démétrios I Sôter (162-150) et par Rome. Le Roi de Pergame Attalos II (159-138), en désaccord avec les Romains, l'aide alors à récupérer le pouvoir en 156. Il part alors en conquêtes en Ionie et prend la ville de Priène, désireux de s'emparer du trésor de celle-ci. Il incendie la cité et la détruit en partie. Il lutte aussi contre le Roi Mithridate V Évergète (ou VI, 156-123 ou 120) du Pont qui envahit son royaume. Son fils Ariarathês VI Épiphane Philopator (126-111) lui succède. Il fait reconstruire l'agora de Priène et y fait rajouter des statues de marbre et de bronze. Il épouse Laodice VII, la fille du Roi du Pont, Mithridate V Évergète et de la Reine Laodice VI. Il est assassiné par Gordias sur l'ordre de son beau-frère le Roi du Pont Mithridate VI (120-63). Laodice VII prend alors le pouvoir comme Régente pour leur jeune fils Ariarathês VII (111-95 ou 111-100). Cependant, craignant pour sa vie et celle de ses enfants et elle se jette dans les bras du Roi de Bithynie Nicomède III Évergète (127-91), allié de son frère, qui venait d'envahir son royaume et elle l'épouse.

 

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Monnaie d' Ariarathês IX

   Cependant, en 100, Mithridate VI annule son alliance avec Nicomède III et il envahit la Cappadoce. Il tue Ariarathês VII et chasse sa sœur ainsi que Nicomède III du pays. Laodice VII rejoint alors Nicomède III dans une tentative d'établir son autre fils Ariarathês VIII (95), qui pour certains spécialistes est un imposteur, sur le trône de Cappadoce et elle va elle même à Rome pour plaider sa cause. Cependant sa demande est rejetée par le Sénat Romain. Il ne régnera que quelques mois, il sera détrôné par Ariarathês (IX) (95-87), le fils du Roi du Pont, Mithridate VI (120-63), installé sur le trône de Cappadoce à l'âge de huit ans par son père, qui est en fait le véritable souverain. Toutefois Rome ne peut accepter les conquêtes du Roi du Pont. Le sénat ordonne à Mithridate VI d'évacuer la Cappadoce et à Nicomède III la Paphlagonie, ce qu'il font rapidement.

 

   La Cappadoce reçoit alors pour Roi un Seigneur Perse, Ariobarzane I Philoromaios (ou Ariobarzanês, 96-63), qui est élu aussi par les nobles Cappadociens et est soutenu par les Romains. Mithridate VI ne peut tenir tête à Rome que s'il dispose d'alliés puissants. Il passe alors alliance avec le Roi d'Arménie Tigrane II le Grand (95-54), à qui il donne en mariage sa fille Cléopâtre. Tigrane II envahit la Cappadoce et en chasse Ariobarzane I Philoromaios. Le fils de Mithridate VI est replacé sur le trône, mais les Romains, menés par le général Sylla, vont reconquérir ce trône. En 91, Mithridate VI se tourne vers la Bithynie et Nicomède III, qu'il attaque et détrône, pendant que Tigrane II, à peine un an plus tard en 90, chasse une nouvelle fois Ariobarzane I Philoromaios de Cappadoce. Rome envoie en Asie Mineure Aquilius pour obtenir la restauration du fils de Nicomède III, Nicomède IV Philopator (91-75) qui venait d'accéder au trône et d'Ariobarzane I Philoromaios. Mithridate VI s'incline, mais Aquilius lui demande d'indemniser le Roi de Bithynie. Devant le refus de Mithridate VI, Aquilius pousse Nicomède IV à envahir le royaume du Pont. Mithridate VI en profite et en 89, installe une nouvelle fois son fils en Cappadoce.

 

   Puis entreprend la construction de 75 forteresses en Petite Arménie et mobilise une armée de 250 000 fantassins, des escadrons de chars et 50 000 cavaliers. Il se procure des navires en Égypte et en Syrie et enrôle les Sarmates ses anciens ennemis. Tous ces préparatifs afin de déclarer, en 89, une nouvelle fois la guerre à Rome. Mithridate VI remporte deux victoires décisives, qui lui livrent toute la Bithynie, la Phrygie du Nord et la Mysie. Il pénètre ensuite dans la province d'Asie où il est accueilli comme un libérateur. Il se débarrasse des Romains qui se trouvent en Asie et plus de 80 000 vont périr en un seul jour, principalement à Éphèse. Puis Mithridate VI s'attaque à la Macédoine, mais l'armée Romaine franchie le Bosphore et Mithridate VI va perdre petit à petit toutes ses conquêtes. Sylla le contraint à signer la paix de Dardanos (en Troade).

 

Monnaie d'Ariarathês X

    Mithridate VI restitue la Bithynie et la Cappadoce et cède aux Romains 70 navires et 2000 talents d'or. Les Romains auront réussi à lui imposer le retour dans son royaume, mais seulement au bout de cinq années de guerre acharnées. Ariarathês (IX) est finalement, en 87, assassiné en Thessalie et les Romains replacent Ariobarzane I Philoromaios au pouvoir. En 63, la Cappadoce est complètement libérée par Pompée et le royaume devient un protectorat Romain. Le fils d'Ariobarzane I, Ariobarzane II Philopator (ou Ariobarzanês, 62-51) lui succède. Il épouse Athénaïs, fille du Roi du Pont, Mithridate VI et ses deux fils, Ariobarzane III et Ariarathês X vont lui succéder. D'abord Ariobarzane III Eusèbe Philoromaios (ou Ariobarzanês, 51-42), puis Ariarathês X (42-36), qui était le fils cadet et qui succède à son frère après la bataille de Philippes.

 

   Il est intronisé par Marc Antoine, mais est destitué et mis à mort six ans plus tard et remplacé par Archélaos (ou Archælaus, 36 av.J.C-14 ap.J.C), petit-fils d'Archélaos le Cappadocien, qui lui aussi, sur l’ordre de Tibère (14-37), est destitué et emprisonné à Rome, où il meurt en 14 ap.J.C. En 17, Tibère annexe définitivement la Cappadoce à Rome et il fait construire une route menant à la mer Égée. Cette route se révèlera importante pour le commerce, mais aussi pour des mouvements plus rapide de troupes.

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la Cappadoce voir les ouvrages de :

 

Neslihan Asutay-Fleissig :

- Templonanlagen in den Höhlenkirchen Kappadokiens, P. Lang, Frankfurt am Main, New York, 1996.

Roberto Bixio et Claudio Succhiarelli :

- Cappadocia : Le città sotterranee, Istituto poligrafico e Zecca dello Stato, Libreria dello Stato, Rome, 2002.

Georges Contenau et François Thureau Dangin :

- Trente tablettes cappadociennes, Éditeur inconnu, 1919.

- Tablettes cappadociennes. Publiées avec inventaire et tables, Textes cunéiformes. tome IV, XIV, Éditeur inconnu, 1920.

Patrick de Panthou

- Cappadoce, Hermé, Paris, 2001.

Marc Desti :

- Les civilisations Anatoliennes, PUF, Paris, 1998.

Brigitte Le Guen-Pollet :

- La Cappadoce méridionale jusqu'à la fin de l'époque Romaine état des recherches ; actes du colloque d'Istanbul, 13 - 14 avril 1987, Institut Français d'Études Anatoliennes, Istanbul, 1992.

Henry Lenormant :

- La monnaie dans l'antiquité, PUF, Paris, 1878.

Christoph Michels :

- Kulturtransfer und Monarchischer Philhellenismus : Bithynien, Pontos und Kappadokien in Hellenistischer Zeit, V & R Unipress, Göttingen, 2009.

Jacques Lacarrière et Nicolas Thibaut :

- La Cappadoce, Hatier, Paris, 1988.

Maurice Sartre :

- L'Asie Mineure et l'Anatolie, d'Alexandre à Dioclétien, Armand Colin, Paris, 1997.

Nicole Thierry :

- La Cappadoce de l'antiquité au Moyen Age, Brepols, Turnhout, 2002.

- Mystérieuse Cappadoce : Les dernières découvertes, les établissements monastiques, la Cappadoce dans l'Empire Byzantin, Éditions Faton, Dijon, 2003.

 

   

 

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