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Localisation, ressources
La Cappadoce
(ou Kappadokien en Allemand, Cappadocia en Anglais, en
Grec :
Cappadokia ou
Καππαδοκία Cappadokia,
en Turc : Kapadokya, en
Arménien :
Կապադովկիա Kapadovkia, en
Géorgien :
კაპადოკია Kapadokia,
en Perse :
کاپادوکیه Kāpādōkiyeh)
est la région centrale de l'Asie Mineure en grande partie située
dans la province de Nevşehir. C’est, dès le IIIe millénaire, un centre caravanier
important et une région de commerce, surtout grâce à ses mines d'argent, de
cuivre et d'or qui vont lui permettre des échanges contre les produits de base
manquants en Anatolie. Au XIXe siècle, des marchands
Assyriens,
y établissent des comptoirs. Ces centres de commerce étaient, Kaniş-Karum
à Kültepe et Karum-Hattuşaş. Les produits importés par les
commerçants étaient : L'étain, les parfums, les tissus etc... C'est grâce à
ces marchands
Assyriens,
qu'apparaît pour la première fois en Anatolie l'écriture cunéiforme. Ces
écrits étaient fait sur des tablettes que l'on nomme: Les tablettes
Cappadociennes. Ces
tablettes nous informent sur : Les systèmes de taxe et d'intérêt
qu'utilisaient les
Assyriens,
les contrats de mariage etc... Les commerçants
Assyriens ont aussi importé en Anatolie,
les cachets cylindriques et la métallurgie. L'Anatolie a approfondit son art en étant influencé par l'art
Mésopotamien,
à cette époque, les Nésites (Anciens
Hittites)
peuplent le pays et vont s'en imprégner. La Cappadoce devient ensuite le centre de l'Empire
Hittites,
où ils y prennent pour capitale Hattousa,
jusqu'à leur anéantissement, vers 1200.
L'histoire.......
Les Phrygiens vont profiter de cette chute des Hittites et s'installer en Anatolie centrale. Avec eux et dans le reste de l'Anatolie, plusieurs royaumes dit néo-Hittites vont se former. L'un de ces "royaumes", le Tabal, qui est en fait une sorte de confédération de principautés, naît sur les ruines de l'ancien Empire Hittite en Cappadoce, vers 1000 et se peuple majoritairement de Louvites. Son histoire nous est surtout connue par ses luttes contre l'Empire Assyrien, notamment en 839, contre Salmanasar III (859-824) qui entreprit une campagne victorieuse contre les Rois du Tabal.
En 720, le Roi du Tabal, Hulli s'allie au Roi de Phrygie, Midas III (738-695) et au Roi de Karkemish, Pisiris (ou Pisiri, v.730-718/717) et se révolte contre l'Assyrie. L'Empereur d'Assyrie Sargon II (722-705), défait cette coalition en 718/717, et remplace Hulli par son fils. En 713, il fait de cette partie de la Cappadoce une province Assyrienne. L'Ouest de la Cappadoce Phrygienne va connaître aussi la fin de sa souveraineté avec les invasions des Cimmériens (v.700). Les Lydiens nouveaux maîtres de cette région profiteront de cette faiblesse pour annexer le pays. Puis en 547/546 la Cappadoce tombe sous le joug des Perses Achéménides de Cyrus II le Grand (558-528) . Avec l'Hellespont, la Paphlagonie et la Phrygie, elle forme alors une satrapie.
Ce sont d'ailleurs les
Perses
qui lui donnent le nom Katpatuka "pays des chevaux de
race", qui donnera ensuite "Cappadoce". Les
Grecs,
eux, appelaient les Cappadociens "les Syriens blancs". Malgré
l'envahisseur et son statut de
satrapie, la région continue à se gouverner
avec ses propres dirigeants, hiérarchisés sur un type d'aristocratie féodale,
comme beaucoup de royaumes de l'Asie Mineure à l'époque.
Cette organisation durera jusqu'à l'arrivée du Roi de
Macédoine,
Alexandre le Grand (336-323).
Alexandre le Grand a vaincu les
Perses,
mais s'est trouvé en face d'une grande résistance en Cappadoce, dont le peuple
les soutenait. Il nomme le commandant Sabiktas pour contrôler cette région,
mais le peuple qui est contre Alexandre, veut un noble Perse : Ariarathês, à sa
tête. Le
Satrape Ariarathês I (ou Ariarathes, 330-322) est le fils
d'Ariamnès I (ou Ariamnès). Il prend le pouvoir et rend la Cappadoce indépendante, tout en reconnaissant la
suzeraineté d'Alexandre le Grand.
Ariarathês I y fonde une dynastie, sans enfant il adopte Ariarathês II,
fils de son frère Holopherne. À sa prise de pouvoir, Ariarathês II (301-280)
prend le tire de Roi de Cappadoce. C'est un Roi très actif qui a la volonté
d'agrandir son territoire, mais il est tué au combat contre les
Macédoniens.
Les Rois de Cappadoce font remonter leurs origines au Roi
Perse
Cyrus II le Grand (558-528)
et à l’un des sept Perses
qui ont tué le mage usurpateur de l’empire. Son fils Ariamnès II
(ou Ariamnès, 280-262) lui succède.
Puis le fils de celui-ci,
Ariarathês III
(262-220)
arrive au pouvoir. Au début de son règne, Ariarathês III est obligé de fuir les
Macédoniens en
Arménie,
avec le peu de troupes qui lui restait. Cependant la
Macédoine
étant en proie aux luttes de successions et les anciens Diadoques d'Alexandre le Grand devenus Rois, se disputant d'autres terres,
Ariarathês III va profiter de la situation et essayer de se libérer de la
tutelle des
Séleucides.
Il combat et tue Amyntas, le chef des troupes
Séleucides
et regagne toutes les provinces de ses ancêtres. Il consolide un peu plus ses
positions en épousant Stratonice III, la fille du Roi
Séleucide
Antiochos
II (261-246) et de la Reine Laodice I. Ariarathês III a trois fils, l'aîné Ariarathês IV Eusèbe (220-163),
lui succède. Sous son règne ont lieu les premiers contacts avec Rome.
Ces dernier grand maître de l'Asie Mineure seront les arbitres dans
les luttes qui opposent les différents royaumes qui la compose.
Voir carte sur la répartition de
l'Asie Mineure au
Traité d'Apamée en 188. Il épouse Antiochis III, la fille du Roi
Séleucide
Antiochos III Mégas (223-187)
et de la Reine Laodice III, qui lui donne une fille, Stratonice IV, qui sera l'épouse des Rois de
Pergame
Eumenes II (197-159)
et d’Attalos II Philadelphe (159-138) et deux fils.
Ariarathês V Eusèbe Philopator (163-126), fils aîné d'Ariarathês IV arrive au pouvoir en 163, mais
en 158, il est détrôné et chassé du royaume par son frère Oropherne II, soutenu par le Roi
Séleucide
Démétrios I Sôter (162-150) et par Rome. Le Roi de
Pergame
Attalos II
(159-138), en désaccord avec les Romains, l'aide alors à
récupérer le pouvoir en 156. Il part alors en conquêtes en
Ionie et prend la ville de
Priène, désireux de s'emparer du trésor de
celle-ci. Il incendie la cité et la détruit en partie. Il lutte aussi contre le
Roi Mithridate
V Évergète (ou VI, 156-123 ou 120) du
Pont qui envahit son
royaume. Son fils Ariarathês VI Épiphane Philopator (126-111)
lui succède. Il fait reconstruire l'agora de
Priène et
y fait rajouter des statues de marbre et de bronze. Il épouse Laodice VII, la fille du Roi du
Pont, Mithridate
V Évergète et de la Reine Laodice VI. Il est
assassiné par Gordias sur l'ordre de son beau-frère le Roi du
Pont Mithridate VI (120-63).
Laodice VII prend alors le pouvoir comme Régente pour leur jeune fils Ariarathês VII (111-95 ou 111-100).
Cependant, craignant pour sa vie et celle de ses enfants et elle
se jette dans les bras du Roi de Bithynie
Nicomède III Évergète (127-91),
allié de son frère, qui venait d'envahir son royaume et elle l'épouse.
Cependant, en 100,
Mithridate VI annule son alliance avec
La Cappadoce reçoit alors pour Roi un Seigneur Perse, Ariobarzane I Philoromaios (ou Ariobarzanês, 96-63), qui est élu aussi par les nobles Cappadociens et est soutenu par les Romains. Mithridate VI ne peut tenir tête à Rome que s'il dispose d'alliés puissants. Il passe alors alliance avec le Roi d'Arménie Tigrane II le Grand (95-54), à qui il donne en mariage sa fille Cléopâtre. Tigrane II envahit la Cappadoce et en chasse Ariobarzane I Philoromaios. Le fils de Mithridate VI est replacé sur le trône, mais les Romains, menés par le général Sylla, vont reconquérir ce trône. En 91, Mithridate VI se tourne vers la Bithynie et Nicomède III, qu'il attaque et détrône, pendant que Tigrane II, à peine un an plus tard en 90, chasse une nouvelle fois Ariobarzane I Philoromaios de Cappadoce. Rome envoie en Asie Mineure Aquilius pour obtenir la restauration du fils de Nicomède III, Nicomède IV Philopator (91-75) qui venait d'accéder au trône et d'Ariobarzane I Philoromaios. Mithridate VI s'incline, mais Aquilius lui demande d'indemniser le Roi de Bithynie. Devant le refus de Mithridate VI, Aquilius pousse Nicomède IV à envahir le royaume du Pont. Mithridate VI en profite et en 89, installe une nouvelle fois son fils en Cappadoce. |
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Puis entreprend la construction de
75 forteresses en
Petite Arménie et mobilise une armée de 250 000
fantassins, des escadrons de chars et 50 000 cavaliers. Il se procure des navires en
Égypte
et en Syrie
et enrôle les Sarmates ses anciens ennemis. Tous ces préparatifs afin de déclarer, en 89, une nouvelle fois la guerre à
Rome. Mithridate VI remporte deux victoires décisives,
qui lui livrent toute la Bithynie,
la Phrygie
du Nord et la Mysie. Il pénètre ensuite dans la province d'Asie où il est
accueilli comme un libérateur. Il se débarrasse des Romains qui se trouvent en
Asie et plus de 80 000 vont périr en un seul jour, principalement à
Éphèse.
Puis Mithridate VI
s'attaque à la Macédoine,
mais l'armée Romaine franchie le
Bosphore et Mithridate VI va perdre petit à
petit toutes ses conquêtes. Sylla le contraint à signer la paix de Dardanos
(en Troade).
Monnaie d'Ariarathês X
Mithridate VI restitue la
Bithynie et la Cappadoce et cède aux Romains 70 navires et
2000 talents d'or. Les Romains auront réussi à lui imposer le retour dans son royaume, mais
seulement au bout de cinq années de guerre acharnées. Ariarathês (IX) est finalement, en 87, assassiné en
Thessalie et
les Romains replacent Ariobarzane I Philoromaios au pouvoir. En
63, la Cappadoce est complètement libérée par Pompée et le royaume devient un protectorat Romain. Le
fils d'Ariobarzane I, Ariobarzane II Philopator (ou Ariobarzanês, 62-51) lui succède. Il
épouse Athénaïs, fille du Roi du
Pont, Mithridate VI et ses deux fils,
Ariobarzane III et Ariarathês X vont lui succéder. D'abord Ariobarzane III Eusèbe Philoromaios
(ou Ariobarzanês, 51-42), puis Ariarathês X (42-36), qui était le fils cadet
et qui succède à son frère après la bataille de Philippes.
 
Il
est intronisé par Marc Antoine, mais est destitué et mis à mort six ans plus
tard et remplacé par Archélaos (ou Archælaus, 36 av.J.C-14 ap.J.C), petit-fils d'Archélaos
le Cappadocien, qui lui aussi, sur l’ordre de Tibère (14-37), est
destitué et emprisonné à Rome, où il meurt en 14 ap.J.C.
En 17, Tibère annexe définitivement la Cappadoce à Rome
et il fait construire une route menant à la mer Égée. Cette route se
révèlera importante pour le commerce, mais aussi pour des mouvements plus rapide de troupes.
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Pour
d'autres détails sur la Cappadoce voir les ouvrages de :
Neslihan Asutay-Fleissig :
- Templonanlagen in den Höhlenkirchen Kappadokiens,
P. Lang, Frankfurt am Main, New York, 1996.
Roberto Bixio et Claudio Succhiarelli :
- Cappadocia : Le città sotterranee, Istituto poligrafico e Zecca dello Stato, Libreria dello Stato, Rome, 2002.
Georges Contenau et François Thureau Dangin :
- Trente tablettes cappadociennes, Éditeur inconnu, 1919.
- Tablettes cappadociennes. Publiées avec inventaire et tables, Textes cunéiformes. tome IV, XIV,
Éditeur inconnu, 1920.
Patrick de Panthou
- Cappadoce, Hermé, Paris, 2001.
Marc Desti :
- Les civilisations Anatoliennes,
PUF, Paris, 1998.
Brigitte Le Guen-Pollet :
- La Cappadoce méridionale jusqu'à la fin de l'époque Romaine état des recherches ; actes du colloque d'Istanbul,
13 - 14 avril 1987, Institut Français d'Études Anatoliennes, Istanbul, 1992.
Henry Lenormant :
- La monnaie dans l'antiquité,
PUF, Paris, 1878.
Christoph Michels :
- Kulturtransfer und Monarchischer Philhellenismus : Bithynien, Pontos und Kappadokien in Hellenistischer Zeit,
V & R Unipress, Göttingen, 2009.
Jacques Lacarrière et Nicolas Thibaut :
- La Cappadoce, Hatier, Paris, 1988.
Maurice Sartre :
- L'Asie Mineure et l'Anatolie, d'Alexandre à Dioclétien, Armand Colin, Paris, 1997.
Nicole Thierry :
- La Cappadoce de l'antiquité au Moyen Age, Brepols, Turnhout, 2002.
- Mystérieuse Cappadoce : Les dernières découvertes, les établissements monastiques,
la Cappadoce dans l'Empire Byzantin, Éditions Faton, Dijon, 2003.
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