L'Ionie

Les cités Ioniennes :

 Phocée,  Smyrne  et  Téos

Principaux Rois

 

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 Pour plus de détails voir aussi les autres cités Ioniennes :  Chios, Clazomènes, Colophon, Éphèse, Érythrée,

                                                               Halicarnasse, Lébédos, Milet, Myonte, Priène, Samos

 

 

 

 

 

 

 

Phocée 

SMYRNE

 

   Phocée (ou Phocaea ou Phokaia, en Grec : Phokaia ou Φώκαια) est une ancienne ville Grecque Ionienne, sur la côte Ouest de l'Asie Mineure dont le site est identifié près de la ville moderne de Foça (Turquie). C'est la plus septentrionale des villes de la mer Ionienne, sur la frontière avec l'Éolide (ou Æolis). Elle est située près de l'embouchure de la rivière Hermion (Le Gediz aujourd'hui), sur la côte de la péninsule séparant le Golfe de Kymé (ou Cyme) vers le Nord et le golfe de Smyrne (Izmir aujourd'hui) au Sud. Elle possédait deux bons ports. Hérodote (Historien Grec, v.484-v.425) nous rapporte que la ville était implantée dans la région qui jouissait du meilleur climat du monde, adossée à des collines au bord d'une vaste baie bien protégée. Probablement tout de suite après l'occupation Lydienne, les Phocéens ont été parmi les premiers au monde à fabriquer et utiliser des pièces de monnaie. Ses premières pièces étaient faites d'électrum, un alliage naturel d'or et d'argent. Le British Museum possède une pièce Phocéenne datant d'entre 600 et 550.

 

   Les Phocéens sont réputés pour avoir créé de nombreuses colonies très prospères. En 600, ils fondent en France les colonies de : Massalia (De nos jours de Marseille), puis Agathe Tychée (Aujourd'hui Agde), Antipolis (Aujourd'hui Antibes) et Nikaïa (Aujourd'hui Nice). En 575, Emporion (ou Empúries ou Ampurias) en Catalogne (Espagne), en 545, Alalia (Aujourd'hui Aléria), un comptoir sur la côte orientale de la Corse et vers 540, Eléa (ou Élée ou Velia) en Campanie (Italie), alors qu'ils fuyaient l'invasion Perse. Au sud, ils ont probablement mené des échanges avec la colonie Grecque de Naucratis en Égypte, qui était la colonie de leurs concitoyens Ioniens de Milet. Au Nord, il est de plus en plus probable que ce soit eux qui aient aidé les Milésiens à la construction d'Amisos (ou Simsum ou Samsun) sur la mer Noire et Lampsacus à l'extrémité Nord de l'Hellespont (aujourd'hui le détroit des Dardanelles).

 

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Statère de Phocée  -  625-575

 Pour plus de détails voir aussi : La carte d'Ionie

   

 

L'histoire.......

 

   Les textes anciens donnent peu d'indications sur l'origine de la cité. Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180) nous dit qu'elle fut fondée par des Phocidiens (Habitants de Phocide, région de Grèce) sous la direction d'un l'Athénien du nom de Philogène, après que des habitants de Kymé lui aient donnés des terres à la frontière de l'Éolide et de l'Ionie. Elle fait partie ensuite d'une confédération Ionienne regroupant douze cités : Chios (ou Chio ou Kios), Clazomènes, Colophon, Éphèse, Érythrée, Lébédos, Milet, Myonte, Priène, Samos et Téos. Smyrne (Izmir) est ensuite rattachée à la confédération et Halicarnasse les rejoindra après avoir été chassée pour impiété de la sienne. Des poteries retrouvées sur le site nous indiquent une présence Éolienne aussi tard que le IXe siècle av.J.C et une présence Ionienne à la fin de ce même siècle. À partir de cette date approximative une construction de Phocée peut être déduite.

 

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Ruines d'Alalia, aujourd'hui Aléria, Corse

 

   Selon Hérodote, les Phocéens ont été les premiers Grecs à faire de longs voyages en mer le long des côtes de l'Adriatique et de l'Espagne. Il rapporte que le Roi de Tartessos (en Andalousie, Sud de l'Espagne), Arganthonios (ou Argantonio) fut très impressionné par leur savoir faire maritime et les invita à s'installer dans sa cité, mais lorsque ceux-ci refusèrent il leur donna une grosse somme d'argent pour construire un mur autour de leur ville. Phocée reste indépendante même devant la monté en puissance du royaume de Lydie, à partir de 700, jusqu'au règne de leur Roi Crésus (ou Kroisos, 562-546 ou 561-547) lorsque ce dernier entame sa conquête de toutes les cités d'Ionie.

  

   Lorsque Crésus va être défait par le Roi Perse Cyrus II (558-528), les riches cités d'Ionie vont passer sous la domination des Achéménides. Plutôt que de se soumettre aux Perses les Phocéens abandonnent leur ville. Certains fuient dans l'île de Chios, d'autres dans leurs colonies de Corse et de France, très peu reviendront à Phocée. En 499 Phocée se joint aux autres cités Grecques lors de la grande révolte à l'origine des Guerres Médiques (499-479) et elle envoie trois trières à la bataille de Ladé, en 494, près de Milet. Du fait de ses prouesses navales, c'est un Phocéen, Dionysias (ou Dionysius) qui est choisi pour commander la flotte Ionienne. La coalition est cependant battue et Phocée est de nouveau soumise par les Perses ainsi que les autres cités d'Ionie.  

 

   Ce n'est qu'après les victoires sur les Perses des cités de la Grèce continentale : En 490 à Marathon, qui met fin à la Première Guerre Médique, puis celles des Batailles de Salamine, le 29/4/480, et de Platées et du cap Mycale en 479, qui mettent fin à la Deuxième Guerre Médique (480-479), que les cités Ioniennes retrouvent leur liberté. Phocée est débarrassée de la tutelle des Perses. Cette liberté est de courte durée car c'est au tour d'Athènes, qui avait joué un rôle prépondérant dans la victoire, de tirer profit de la région avec en 478 la fondation de la Ligue de Délos, qui entreprend de constituer un Empire maritime assurant l'hégémonie de la cité sur la mer Égée et sa domination sur le monde Grec. Phocée comme beaucoup de villes Ioniennes entre dans la Ligue.

 

   En 412, sur l'instigation d'Alcibiade le Jeune (450-404), Phocée se révolte avec d'autres cités Ioniennes. L'aventure est de courte durée, l'Ionie est ramenée à l’obéissance vers 411/410 par la cité Attique. En 407, le Sparte Lysandre bat la flotte Athénienne à Aigos (Aegos) Potamoi. Après sa victoire, toutes les cités restées fidèles à Athènes lui font défection et se soumettent à Lysandre. En 404 l’hégémonie Athénienne n’est plus et la Ligue de Délos est dissoute. Les cités d'Ionie passent alors de nouveau sous la tutelle des Perses.

 

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Vestiges du théâtre de Phocée

 

   En 395, le Roi de Sparte Agésilas II (398-360) lance une campagne en Asie Mineure contre le Satrape Perse de Lydie et de Carie Tissapherne (v.413-395). La campagne d’Agésilas II se solde par la libération des cités d’Ionie de la tutelle Perse, dont Phocée. Elles vont ensuite subir la domination de Sparte, pour peu de temps. Le climat politique est très tendu et en 387/386, Sparte menacée de tous côtés, conclut la paix d'Antalcidas ou paix du Roi avec les Perses et tous les Grecs. Elle accepte la domination Perse et leur cède des cités Grecques d'Asie Mineure.

 

Monnaie de Phocée en électrum - 340-335

 

   Après un sursaut de Sparte, en 371, à la bataille de Leuctres la suprématie Spartiate sur le monde Égéen est définitivement terminée. L’hégémonie du vainqueur, Thèbes qui s’ensuit n’a que peu d'impact sur le monde Anatolien. Les Perses, profitant du cahot du monde Grec, reprennent possession de l'Ionie. Leurs nouvelles dominations, physique et politique, sur les cités sont similaires à celles qui précédaient les Guerres Médiques, en particulier sur les très lourds impôts. En 343, les Phocéens, vont sans succès faire le siège de Kydonia sur l'île de Crète. Il faudra que Phocée attende encore une quinzaine d'années pour être libérée des Perses par le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323). Après la mort de ce dernier la ville suit l'histoire de l'Ionie, passant sous la domination des Rois Séleucides, puis de ceux de Pergame, puis de l'Empire Romain.

 

 

 

 

 

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Smyrne 

THEOS

 

   Smyrne (ou Smyrni, en Grec : Smyrne ou Σμύρνη, en Arménien Իզմիր, Izmir, en Italien Smirne en Espagnol Esmirna) est identifiée à la ville actuelle d'Izmir. Elle est située le long de la périphérie des eaux du golfe du même nom, sur les côtes de la mer Egée. En anglais, la ville s'appela Smyrne jusqu'au début du XXe siècle et Izmir depuis. Elle porte également les noms "d'Izmir Occidentale" ou "la Perle de la mer Egée". Selon certaines sources, son nom proviendrait de celui d’une Reine Amazone. Elle était située à un point central et stratégique sur la côte Égéenne de l'Anatolie et son port offrait des conditions avantageuses de défense avec de très bonnes liaisons intérieures. Grâce à cela, Smyrne est passée sur le devant de la scène politique et commerciale avant l'ère classique. Ses vestiges sont situés à l'intérieur de la zone urbaine de l'actuelle Izmir. Le développement de la ville connu très peu d'interruption jusqu'à aujourd'hui, les périodes d'abandon venant en alternance avec celles de reconstruction intense.

 

   Dans la pratique, une distinction est souvent faite entre le vieux Smyrne, la première colonie fondée vers le XIe siècle av.J.C, d'abord Éolienne et, plus tard, au cours de la période archaïque, cité Ionienne et la nouvelle ville aménagée dans de l'ancienne au IVe siècle av.J.C et dont la création a été inspirée par le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323). La vieille Smyrne était située sur une petite péninsule reliée au continent par un isthme étroit, au Nord-est de l'angle intérieur du golfe d'Izmir, au bord d'une plaine fertile, au pied du Mont Yamanlar.
 
   La nouvelle Smyrne se développa en même temps, sur les pentes du mont Pagos (Kadifekale aujourd'hui) et parallèlement à la côte du détroit, immédiatement au-dessous d'une petite baie qui existait avant le XVIIIe siècle. Des fouilles sont menées sur les sites de l'ancienne et de la nouvelle ville de manière continue, depuis 1997, pour l'ancienne Smyrne et depuis 2002 pour la ville de la période classique, en collaboration entre le Musée d'Archéologie d'Izmir et la municipalité d'Izmir.

 

  Tout au long de l'antiquité Smyrne sera l'une des principales cités d'Ionie, qui développera son influence sur les rives de la mer Egée et les îles. Smyrne sera également parmi les villes ou résidera Homer (Poète Grec, VIIIe siècle av.J.C) et la patrie du célèbre rhéteur Ælius Aristide, qui vécut au IIe siècle et a laissé une œuvre littéraire importante.

 

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L'agora de Smyrne

 Pour plus de détails voir aussi : La carte d'Ionie

 

 

L'histoire.......

 

   Des traces archéologique montre une occupation su site de Smyrne dès la fin du IVe millénaire, vers 3100 ou peut-être même encore plus tôt, comme le suggèrent les récentes découvertes à Yeşilova Höyük. Il y a eut, semble t-il, une cité d'autochtones bien avant l'installation des Lélèges et des colons Grecs le long de la côte de l'Asie Mineure dès le début du premier millénaire av.J.C. Les spécialistes retiennent pour le moment une fondation par les Lélèges autour de 3000 av.J.C sur le site de Tepekule près de l'actuelle Bayraklı. L'histoire de Smyrne commence véritablement à la fin de l'Âge du Bronze avec des traces de la cité dans des documents de l'Empire Hittites. L'archéologie préhistorique du début de l'Âge du Bronze et du Moyen Bronze dresse le portrait d'une ville fortement influencée par la société Hittite entre 2000 et 1200. Après la période de l'effondrement de l'Anatolie et des Hittites due à l'invasion des Peuples de la Mer, on assiste à un bouleversement total de l'Asie Mineure et du Proche-Orient.

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Colonnes de l'Agora de Smyrne

 

   Smyrne se retrouve alors sous le protectorat des Rois Phrygiens, la nouvelle puissance forte de la région. À cette période les premiers colons Grecs à occuper la vallée de Smyrne sont des Éoliens de Lesbos et de Kymé (ou Cyme). La cité fait alors partie d'une confédération de cités-État Éoliennes qui marque la frontière avec les colonies Ioniennes. Puis, des étrangers et des réfugiés de la ville Ionienne de Colophon s'installent dans la cité et deviennent petit à petit la population majoritaire. Enfin, à une époque que l'on situe traditionnellement en 688, par un soulèvement, Smyrne passe entre leurs mains et devient la treizième cité-état de la confédération Ionienne regroupant déjà : Chios (ou Chio ou Kios), Clazomènes, Colophon, Éphèse, Érythrée, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Halicarnasse les rejoindra après avoir été chassée pour impiété de la sienne.

 

   Cette première Smyrne va vivre son apogée durant la période Ionienne grâce à sa position stratégique à l'embouchure de la rivière Hermion à la tête d'un profond bras de mer (Smyrnaeus Sinus) qui permet aux navires marchands Grecs d'atteindre l'intérieur des terres et le cœur de la Lydie. Bien située sur cette route commerciale entre l'Anatolie et la mer Egée, Smyrne va développer au cours du VIIe siècle : Richesses, splendeurs et pouvoir. La plus célèbre construction de cette époque est sans aucun doute le temple d'Athéna. Cependant elle va très vite attirer la convoitise de son puissant voisin la Lydie. D'après Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C), un de ses Rois, Gygès (687-652 ou 685-644), qui est le premier des Mermnades, débute sa première campagne en s'emparant de la côte Carienne, puis du Nord et du Sud de la Troade et de la Mysie. Il est, semble t-il, aidé au début par les Milésiens qui établissent la colonie d'Abydos sur l'Hellespont. Grâce à la supériorité de sa cavalerie, Gygès assiège ensuite son ancien allié Milet, mais sans succès, puis Smyrne, mais il est défait sur les bords de l'Hermion, par contre il prend Magnésie et Colophon (Selon Hérode, historien Grec, 484-v.425).

 

   La guerre avec l'Ionie va durer jusqu'en 604. Les Rois Lydiens suivant vont avec plus ou moins de succès prendre petit à petit possession de l'Ionie. En 600, un de ceux-ci Alyatte II (618-562 ou 610-561), va réussir à prendre Smyrne et ravager la cité. Bien que Smyrne ne cesse pas d'exister, la vie sur le style Grec et l'unité politique sont détruits et la cité est réorganisée sur le système du village. Smyrne est mentionnée dans un fragment de Pindare (Poète lyrique Grec,518-438) mais sa grandeur est passée. Cette domination Lydienne va durer jusqu'à la défaite de son dernier Roi, Crésus (ou Kroisos, 562-546 ou 561-547) devant le Roi Perse Cyrus II (558-528), les riches cités d'Ionie vont passer sous la domination des Achéménides et en 546 Smyrne est ravagée pour la seconde fois.

 

   La cité n’occupa alors plus de rôle important durant la période classique (Ve et IVe siècles). Elle va suivre sans trop y participer l'histoire de l'Ionie et passera après la défaite des Perses lors des Guerres Médiques (499-479) sous la domination d'Athènes qui avait joué un rôle prépondérant dans la victoire. En 412, sur l'instigation d'Alcibiade le Jeune (450-404), Smyrne se révolte avec le reste de l'Ionie, contre Athènes. L'aventure est de courte durée, l'Ionie est ramenée à l’obéissance vers 411/410 par la cité Attique. En 407, le Sparte Lysandre bat la flotte Athénienne à Aigos (Aegos) Potamoi. Après sa victoire, toutes les cités restées fidèles à Athènes lui font défection et se soumettent à Lysandre.

 

   En 404 l’hégémonie Athénienne n’est plus et la Ligue de Délos est dissoute. Les cités d'Ionie passent alors de nouveau sous la tutelle des Perses. En 395 le Roi de Sparte Agésilas II (398-360) lance une campagne en Asie Mineure contre le Satrape Perse de Lydie et de Carie Tissapherne (v.413-395). La campagne d’Agésilas II se solde par la libération des cités d’Ionie de la tutelle Perse. Il faudra que Smyrne attende plus de cinquante ans pour être libérée des Perses par le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323). Selon la légende c’est Alexandre qui décide de restaurer la cité à moitié détruite et de lui redonner la puissance d'antan.

 

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Arches du premier niveau de l'agora

 

   Toutefois, selon Strabon ce sont plus probablement plutôt ses successeurs, Antigonos I Monophtalmos (Roi 306-301), puis le Roi de Thrace Lysimaque (306-281) qui agrandissent et fortifient la cité au IVe siècle. Les ruines de l'ancienne acropole de la ville, la "couronne de Smyrne", se trouvent sur une hauteur qui surplombe l'extrémité Nord du golfe. C'est en 301, après la bataille d'Ipsos, en Phrygie, contre Antigonos I Monophtalmos que Smyrne tombe sous la domination du Roi Lysimaque. Puis lorsque Lysimaque est battue et tué par le Roi Séleucide Séleucos I Nikâtor (305-280) elle passe sous contrôle des Séleucides, pour une courte période. La ville se retrouve au centre des conflits d'influences et d'intérêts entre les Séleucides à l’Est, les Rois de Pergame au Nord et les Ptolémée d'Égypte au Sud. C'est le royaume de Pergame qui en aura la possession de la fin du IIIe au début du IIe siècle av.J.C.

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La Basilique de Smyrne

 

   À la fin de la période hellénistique, en 197 av.J.C, les Séleucides tentent de reprendre le contrôle de l’Ionie où se situait Smyrne. La ville soudainement coupée de ses liens avec le Roi de Pergame Eumenes II (197-159), fait appel à Rome. Parce que Rome et Smyrne n'avait jusque-là aucun lien, Smyrne créé un culte à Rome où la cité est divinisée, afin qu'existe entre les deux villes une relation durable. Ce culte sera ensuite très répandu à travers l'ensemble de l'Empire Romain. En 189/188, les Séleucides sont chassés définitivement d’Ionie et de l’Asie Mineure. Smyrne reçoit des territoires pour avoir combattu aux côtés de Rome. Le Roi de Pergame Eumènes II ayant été allié aux Romains dans la lutte pour contrer l’expansion Séleucide vers la mer Égée, obtient, par la paix d’Apamée en 188, le contrôle d’une partie de l’Asie Mineure.

 

   Bien que Smyrne se trouve dans la région nouvellement attribuée et le restera sous la domination des Attalides jusque sous le règne d’Attalos III Philométor (ou Attale, 138-133), son engagement lui permet de bénéficier d’une indépendance protégée de Rome. La ville recevra plusieurs hommes politiques Romains en exil. Lorsqu'Attalos III meurt sans enfants mâles, il lègue son royaume à la République Romaine et l’Anatolie, dont Smyrne, passe dans le monde Romain. Ils organisent la province Romaine d'Asie, avec Pergame comme capitale.

 

   Smyrne en sera l'un des principaux ports maritimes et devient une des principales villes de la province nouvellement constituée. Elle rivalisera même avec Éphèse et Pergame pour le titre de "Première ville de l'Asie". De 88 à 85, Smyrne, comme l’ensemble des cités d'Asie Mineure, soutient le Roi du Pont Mithridate VI (123 ou 120-63) dans sa guerre contre Rome. Sous Mithridate VI, les cités Grecques jouissent d'une certaine autonomie et de plusieurs droits substantiels. Cependant lorsque Mithridate VI est défait lors de la Première Guerre Mithridatique, en 86, par le consul Romain Sylla (ou Lucius Cornélius Sulla, 138-78), Smyrne est prise et Sylla oblige chacun des habitants de la cité à défiler nu en plein hiver.

 

   La cité repasse sous la domination Romaine. Sylla contraint le Roi Mithridate VI à signer la paix de Dardanos (En Troade). Les villes d'Asie qui ont accueilli Mithridate VI, sont, elles aussi condamnées à une indemnisation. Smyrne entre alors dans la province Romaine d'Asie. Lorsque Constantinople est devenu le siège du gouvernement, le commerce entre l'Anatolie et de l'Ouest a perdu en importance et Smyrne à régressé lentement.

 

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Un des Portiques de l'agora

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Galeries voûtées

 

  Smyrne a fait partie des sept Églises d'Asie citées dans l'Apocalypse. Une importante basilique y fut construite, qui mesurait 165 m sur 28 m. C'était une structure à trois étages avec un grand hall central. Du fait de l'importance de la déclinaison du terrain, le niveau inférieur des bâtiments au Nord et à l'Ouest est en partie souterrain et possède de longues galeries voûtées encore en bon état aujourd’hui qui ont pu être utilisées en tant que marché couvert. 

   Artistiquement, Smyrne est connue pour ses grotesques qui sont des figurines en terre cuite dont la particularité est d’exagérer un défaut physique lié souvent à la maladie. Il semble que ces représentations n’eurent pas seulement un but artistique ou de divertissement. Smyrne possédait une célèbre école de médecine où séjourna le célèbre médecin Galien. Il est probable que certaines de ces sculptures servaient à illustrer des maladies. Une collection de ces objets se trouve aujourd'hui au musée du Louvre. Plusieurs constructions de la ville Romaine ont survécu jusqu'à nos jours. On peu admirer l'agora relativement bien conservée, qui est en cours de fouille, ainsi que l'emplacement du théâtre, aujourd'hui recouvert par des maisons.

 

 

 

 

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Téos 

 

 

  Téos (ou Théos ou Teo, en Grec : Teos ou Τέως) est une ville maritime d'Ionie, sur une péninsule entre Chytrium et Myonnesus, au Nord d'Éphèse, à environ 40 kilomètres au Sud-ouest de Smyrne (Aujourd'hui Izmir), près du port de Sigacik (ou Sığacık) en Turquie. La cité antique possédait deux ports. Le principal au Sud est aujourd'hui ensablé. Le second, plus au Nord, est toujours utilisé de nos jours par les pêcheurs de Sigacik. Au cours de la période Romaine, la ville était connue pour son vin.

 

   Elle fut le berceau de plusieurs personnalités parmi lesquelles :

Anacréon (En Grec : Anacreon, v.550-v.564) qui fut l'un des plus grands poètes lyriques Grecs avec Alcée et Sappho de Mytilène. Il fut surnommé Le chantre ou le vieillard de Téos.

Hécatée (ou Hecataeus d'Abdère, en Grec : Hacataeus, IVe siècle av.J.C), qui fut historien. Il fut un contemporain du Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323). Selon les sources il est soit né à Téos ou à Abdère. Il fut le disciple du philosophe sceptique Pyrrhon, vers 300 av.J.C.

Protagoras (En Grec : Protagoras ou Πρωταγόρας, v.490-v.420) qui fut un sophiste. Il est considéré comme un penseur présocratique et comme un sophiste par Platon (Philosophe Grec, 427-346). Il est célèbre pour sa formule selon laquelle "l'homme est la mesure de toute chose", souvent interprétée, à tort ou à raison, comme une défense du relativisme.

Scythinos (ou Scythinus, en Grec : Scythinos) qui fut un poète. 

Andron (ou Andronitis, en Grec : Andron) qui fut un géographe.

 

 Pour plus de détails voir aussi : La carte d'Ionie

 

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Vue du site - Temple de Dionysos

 

 

       L'histoire.......

 

   D'après la tradition, rapportée par Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180) la ville serait fondée, fin du IIe / début du Ier millénaire av.J.C. Elle est colonisée par des habitants d'Orchomène en Béotie, puis par des colons venus de Thessalie et d'Athènes. Elle a une histoire liée à celle de l'Ionie et plus particulièrement à celle de sa voisine Lébédos. Puis Téos fait partie d'une confédération Ionienne regroupant douze cités : Chios (ou Chio ou Kios), Clazomènes, Colophon, Éphèse, Érythrée, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Smyrne. Halicarnasse les rejoindra après avoir été chassée pour impiété de la sienne. La cité n'a jamais eu une grande importance au sein de cette confédération.

   Téos, comme petit à petit une grande partie de l'Asie Mineure, va passer à partir de vers 700, sous protectorat des Lydiens. Cette domination va durer près d'un siècle et demi puisque après la défaite du dernier Roi Lydien Crésus (ou Kroisos, 562-546 ou 561-547) devant le Roi Perse Cyrus II (558-528) les riches cités d'Ionie vont passer sous la domination des Achéménides. Cyrus II envoie en effet Harpage soumettre les villes Grecques qui étaient auparavant sous le contrôle de la Lydie et qui refusaient de se soumettre. Cette action entraîne l'exode d'une partie de la population entre 545 et 540, vers la Thrace en particulier où elle participe à la refondation de la cité d'Abdère.

 

   Téos se joint ensuite aux autres cités Grecques lors de la grande révolte de 499 à l'origine des Guerres Médiques (499-479). Mais la coalition sera battue à la bataille de Ladé, près de Milet, en 494, lorsque les cités Ioniennes se retrouvent opposées à la flotte Perse de Darius I (522/1-486). Ce n'est qu'après les victoires des cités de la Grèce continentale, que les Ioniens retrouvent leur liberté.

 

   Téos est débarrassée de la tutelle des Perses. Cette liberté est de courte durée car c'est au tour d'Athènes, qui avait joué un rôle prépondérant dans la victoire, de tirer profit de la région avec en 478 la fondation de la Ligue de Délos, qui entreprend de constituer un Empire maritime assurant l'hégémonie de la cité sur la mer Égée et sa domination sur le monde Grec.

 

   En 476, Téos, comme beaucoup de villes Ioniennes, entre dans la Ligue. L'Ionie et ses cités subissent ensuite les Guerres du Péloponnèse (431-404). Cependant en 412, sur l'instigation d'Alcibiade le Jeune (450-404), elle se révolte avec le reste de l'Ionie, contre Athènes, mais elles seront battues vers 411/410 par la cité Attique. En 407, le Sparte Lysandre bat la flotte Athénienne à Aigos (Aegos) Potamoi.

 

   Après sa victoire, toutes les cités restées fidèles à Athènes lui font défection et se soumettent à Lysandre. En 404 l’hégémonie Athénienne n’est plus et la Ligue de Délos est dissoute. Les cités d'Ionie passent alors de nouveau sous la tutelle des Perses. En 395 le Roi de Sparte Agésilas II (398-360) lance une campagne en Asie Mineure contre le Satrape Perse de Lydie et de Carie Tissapherne (v.413-395). La campagne d’Agésilas II se solde par la libération des cités d’Ionie de la tutelle Perse.

 

   Elles vont ensuite subir la domination de Sparte, pour peu de temps. Le climat politique est très tendu et en 387/386, Sparte menacée de tous côtés, conclut la paix d'Antalcidas ou paix du Roi avec les Perses et tous les Grecs. Elle accepte la domination Perse et leur cède des cités Grecques d'Asie Mineure. Après un sursaut de Sparte, en 371, à la bataille de Leuctres la suprématie Spartiate sur le monde Égéen est définitivement terminée. L’hégémonie du vainqueur, Thèbes qui s’ensuit n’a que peu d'impact sur le monde Anatolien.

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Autre vue des ruines du temple

 

 

   Les Perses, profitant du cahot du monde Grec, reprennent possession de l'Ionie. Leurs nouvelles dominations, physique et politique, sur les cités sont similaires à celles qui précédaient les Guerres Médiques, en particulier sur les très lourds impôts. En 334, Théos va être libérée du joug Perse par le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) lors de sa conquête de l'Asie Mineure. Après la mort de ce dernier et les disputes pour sa succession entre les différents Diadoques, la région va passer sous différentes tutelles. Elle sera un temps sous la domination du Roi de Macédoine Antigonos I Monophtalmos qui va relancer l'activité du port. Ce dernier souhaitera fusionner la cité avec celle de Lébédos, toutefois cette opération sera réalisée de façon incomplète.

 

   En 301, après la bataille d'Ipsos, en Phrygie, contre Antigonos I Monophtalmos (306-301), Téos tombe sous la domination du Roi de Thrace Lysimaque (322-281). En 292, il ravage la cité et déporte ses habitants à Éphèse. Puis, comme toute l'Ionie, Téos sera le centre des conflits d’influences et d’intérêts entre les Séleucides à l’Est, les Rois de Pergame au Nord et les Ptolémée d'Égypte au Sud. Le Roi de Pergame Eumènes II (197-159) s’étant allié aux Romains pour contrer l’expansion Séleucide vers la mer Égée, obtient, par la paix d’Apamée en 188, le contrôle d’une partie de l’Asie Mineure.

 

   Téos se trouve dans la région nouvellement attribuée et restera sous la domination des Attalides jusque sous le règne d’Attalos III Philométor (ou Attale, 138-133). Lorsqu'Attalos III meurt sans enfants mâles, il lègue son royaume à la République Romaine et l’Anatolie, dont Téos, passe dans le monde Romain.

 

   Au IIe siècle av.J.C, la cité, qui était restée prospère malgré les troubles du monde hellénistique, va construire sous la direction de l'architecte Hermogène le plus grand temple du monde antique consacré au Dieu Dionysos, puis plus tard au culte de l'Empereur Tibère (14-37) et enfin à celui de l'Empereur Hadrien (117-138). Ce temple, est aujourd'hui en cours de reconstitution. Nous ne savons rien de la cité au cours de l'ère Chrétienne. Elle figure dans tous les "Notitiae Episcopatuum" comme suffragants d'Éphèse. On suppose que Téos fut détruite par un tremblement de terre.

  

 

 

 

 

L'Ionie
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