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Pour plus de détails voir aussi les autres cités Ioniennes : Chios, Clazomènes, Colophon, Érythrée, Halicarnasse, |
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Localisation
Éphèse (En Grec : Ephesos Ephesos, en Latin : Ephesus, en Turc : Efes, en Hittite : Apasa) est une ancienne cité Grecque d'Ionie, sur la côte Ouest de l'Anatolie, dans la province d'Izmir en Turquie. Ce fut l'une des plus importantes et plus riches cités Grecques d'Asie Mineure et un des premiers ports d'Ionie. Dans les poèmes Homériques, il est dit que le premier nom de la ville était Samorna. On cite aussi ceux d'Alope, de Morges, d'Ortygia et de Ptelea. Le nom d'Éphèse serait emprunté à l'une des Amazones ou viendrait du héros Ephesus (ou Ephesos), fils de Caystre. La cité est située sur la route royale de Lydie à l'embouchure du Caystre (ou Caïstre), bien protégée, au fond d'une baie fertile. Le fleuve est très encaissé dans une vallée encadrée par les massifs montagneux du Tmolos au Nord où il prend sa source et du Mésogée au Sud.
Aujourd'hui ses vestiges se trouvent près
de 7 km à l'intérieur des terres, jouxtant les villes Turques contemporaines de
Selçuk (3 km) et Kuşadası. C'est du fait de l'accumulation au fil du temps des
sédiments charriés par le Caystre et peut-être d'accidents sismiques, que le
déplacement progressif de la côte se fait vers l'Ouest, ce qui a provoqué
l'ensablement des ports successifs de la ville, jusqu'à leur abandon pur et simple.
La côte d'Éphèse est en face de l'île
de Samos
qui en possède une partie. Sa baie est fermée au Sud par le cap Mycale (ou cap Trogylion) et se termine au Nord par la
presqu’île d’Erythrée. On entre dans la ville par le détroit qui sépare
Samos du promontoire de
Mycale. Très près de la côte se trouve le bois d'Ortygie traversé par le
ruisseau de Cenchrius, c'est là qu'on situe le lieu de naissance d'Apollon et
d'Artémis. La ville est célèbre pour son
Temple d'Artémis
(L'Artémision, terminé
vers 550 av.J.C), l'une des sept merveilles du monde antique. Artémis était la
Déesse tutélaire de la cité. Éphèse fut aussi l'une des sept Eglises d'Asie qui sont cités dans le
livre de l'Apocalypse. Elle est également le site d'un grand cimetière de gladiateurs.
L'histoire.......
Les temps anciens
On
constate l'occupation de la zone entourant la cité dès le Néolithique (environ vers 6000 av.J.C) comme l'ont révélé les
fouilles au Sud de la Porte de Magnésie et à proximité de Çukuriçi (ou Cukurici) Höyük et d'Arvalya Höyük. Les fouilles, au
cours des dernières années, ont mis au jour le peuplement de colonies datant de l'Âge du Bronze sur les pentes Nord-est
de la colline Ayasuluk (ou Ayasoluk). En 1954, un cimetière de l'époque
Mycénienne (datant de v.1500-1400 av.J.C) avec des pots de céramique a été découvert à proximité des ruines de la
basilique de Saint Jean. Ce qui prouve, là encore, un peuplement surement important. Ce fut la période de l'expansion
Mycénienne lorsqu'ils se sont installés en
Ahhiyawa au cours des XIVe et
XIIIe siècles av.J.C.
Certains chercheurs pensent qu'Éphèse fut
fondée sur le site d'Apasa (ou Abasa ou Amasa), à l'Âge du Bronze, qui est la dernière capitale du royaume
d'Arzawa (ou Arzawiya)
mentionnée dans les sources
Hittites du règne de Moursil II (ou Mursil ou Mursili, 1341-1310). Toutefois cette hypothèse reste très controversée,
dans la mesure où elle se base sur une possible étymologie qui constitue le principal argument de ses détracteurs.
Selon Hérodote
(Historien Grec,
v.484-425), la création d'Éphèse est due à Androclos (ou Androklos), un des nombreux fils du
17e et dernier Roi d'Athènes,
Codros (ou Kodros), qui aurait amené les colons Ioniens
au XIe siècle. La légende raconte qu'il a fondé la ville, sur le lieu où l'oracle de
Delphes, est devenu réalité.
Androclos et son chien sont représentés sur la frise du temple d'Hadrien, datant du IIe
siècle ap.J.C. Plus tard, des écrivains, tels que
Pausanias (Géographe
Grec, v.115-v.180),
Strabon (Géographe
Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C)
ou encore Hérodote ont toutefois réaffecté
la fondation de la ville mythique d'Éphèse à la Reine des Amazones.
Au début la ville
occupe les hauteurs (Paroreia) ou s'établissent ces Ioniens après
avoir chassé les Lélèges et les Cariens (Premiers
occupants). Les Lydiens
habitent eux la ville basse ou se trouve le grand Temple d'Artémis.
Les colons se heurtent aussi aux différences de religion, Les autochtones étant dévoués au culte de la Déesse
Cybèle (ou Kybele). Afin de se concilier ces populations, les
Grecs vont fusionner le culte d’Artémis
et de Cybèle, cette nouvelle Déesse est identifiée comme Artémis d'Éphèse. Ce serait aussi à cette époque que
seraient édifiées les premières fortifications, à environ 1 200 m à l’Ouest du
sanctuaire d'Artémis
(L'Artémision), au port de Koressos.
La cité est alors
gouvernée par des Rois, puis entre le IXe siècle et le début du
VIIe siècle av.J.C la monarchie est remplacée par une oligarchie
aristocratique, qui sera à son tour remplacée, comme dans beaucoup de cités
Grecques, par des Tyrans.
Ce serait aussi vers cette période qu'Éphèse rejoint la confédération
Ionienne regroupant douze cités :
Chios (ou Chio ou Kios),
Clazomènes,
Colophon,
Érythrée,
Lébédos,
Milet,
Myonte,
Phocée,
Priène,
Samos et
Téos.
Smyrne (Izmir) est ensuite rattachée à la confédération et
Halicarnasse
les rejoindra après avoir été chassé pour impiété de la sienne.
La période archaïque
Vers
675/650 av.J.C. Éphèse est attaquée par les
Cimmériens qui rasent la ville, dont le tout premier autel
du Temple d'Artémis. Quelques petits artefacts
Cimmériens peuvent être vus au Musée Archéologique d'Éphèse.
Lorsqu'ils sont chassés, la cité est gouvernée par une série de Tyrans. Puis les Éphésiens subissent les attaquent du Roi de
Phrygie. Elle sera lune des rares villes à
s’opposer à cette conquête. Après une révolte de la population, Éphèse est dirigée par un conseil appelé Curète (ou Kuretes).
À cette époque apparaissent les premiers spécimens de monnaies du fait de l'essor commercial. Des taxes portuaires sont
mises en places dès le début du VIe siècle. Elles vont enrichir de plus en plus la ville.
La cité devient un véritable foyer culturel. De nombreuses écoles
voient le jour : Médecine, philosophie, poésie, rhétorique, etc... Elles produisent un nombre important de personnages
historiques, tels que les plus grands représentants de la poésie iambique : Callinus (Fin du VIIe siècle av.J.C),
considéré comme le père de la poésie élégiaque et le satiriste Hipponax (Deuxième moitié du VIe siècle av.J.C),
le philosophe Héraclite (v.544-v.480), le grand peintre Parrhasios (ou Parrhasius, IVe siècle av.J.C) et plus tard,
le grammairien Zénodote (ou Zenodotos, 320-240), les médecins Soranus (Ier/IIe siècle) et de Rufus vont participer a
son renom dans le monde méditerranéen. En 561/560, Éphèse est conquise par le Roi de
Lydie
Crésus 561-547)
lors de sa conquête de l'Ionie.
Crésus traite les habitants avec respect,
en dépit de la décision de réunir les différentes ethnies qui peuplent la ville haute et la ville basse de manière à
former qu'une seule et grande cité, centrée dans les environs de
l’Artémision. Cité
qu'il va de plus agrandir vers l'Est. Cette expansion comprendra la construction de nombreux bâtiments publics
comme le gymnase ou le stade, ceux-ci se retrouvent alors en périphérie de la ville, qui concentre pour sa part
essentiellement des habitations.
Crésus sera même le principal contributeur à la
reconstruction du Temple d'Artémis. Sa signature a été trouvée
sur la base d'une des colonnes du temple (Aujourd'hui au British Museum). Après la chute de
Crésus, en 547/546 à la bataille du Halys,
le royaume de Lydie, qui s'étendait alors sur toute
l'Asie Mineure, dont Éphèse, passe sous le joug
Perse. Éphèse, occupe un rôle central en Asie Mineure et jouit d'une relative indépendance dans le royaume
Lydien. Cette indépendance politique la met à l’abri des
destructions lors de la conquête du Roi
Perse
Cyrus II le Grand
(559-529).
Contrairement aux autres cités d'
Ionie elle ne chercha pas à défendre le royaume dont elle dépendait, pour lequel elle n’avait pas d’affection particulière.
Les cités Grecques gardent leurs
institutions mais sont maintenant gérées par des
Satrapes.
La période classique
La colonisation Perse, n'affecte pas Éphèse qui continue de prospérer. Cependant sous les Roi Perses Cambyse II (529-522) et Darius I (522-486) les impôts deviennent de plus en plus lourds pour les cités d'Ionie. En 504, un sursaut de "nationalisme" les pousse à se révolter contre les Perses, mais elles sont battues. Pas découragées en 499 une nouvelle révolte des cités Ioniennes éclate, favorisée par les soutiens militaires d'Athènes et d'Érétrie (Cité-État dans l’île d'Eubée). C'est la Première Guerre Médiques (499-490), Éphèse accueille l'armée Athénienne venue les aider à combattre. Cependant après quelques courtes victoires, la révolte tourne au désastre et la population paye lourdement ce soulèvement. La coalition sera écrasée à la bataille de Ladé, près de Milet, en 494, lorsque les cités Ioniennes se retrouvent opposées à la flotte Perse de Darius I (522-486).
En 498, les hauteurs de la ville vont être le théâtre d'un
affrontement entre le corps expéditionnaire
Grec mené par
Histiée (499-494) le frère
d'Aristagoras<(494- ?) de
Milet et celles du
Satrape Artapherne (ou Artaphernês), le neveu de
Darius I, qui remporte
finalement la victoire. Milet et Éphèse
sont détruites et incendiées et en 494 une grandes partie des populations
d'Ionie est déportée comme
esclave en Mésopotamie.
De nombreux habitants (Marchands, artisans, poètes, penseurs), émigrèrent, emportant avec eux les raffinements de leur culture.
Ce n'est qu'après les victoires des cités de la
Grèce continentale : En 490 à
Marathon, qui met fin à la
Première Guerre Médique,
puis celles des Batailles de
Salamine, le 29/4/480, et de Platées et du cap Mycale en479, qui mettent fin à la
Deuxième Guerre Médique (480-479),
que les Ioniens retrouvent leur liberté.
L'expansion de l'Empire Perse vers l'Ouest était définitivement arrêtée. Éphèse est débarrassée de la tutelle des Perses. Cette liberté est de courte durée car c'est au tour d'Athènes, qui avait joué un rôle prépondérant dans la victoire, de tirer profit de la région avec en 478 la fondation de la Ligue de Délos, qui entreprend de constituer un Empire maritime assurant l'hégémonie de la cité sur la mer Égée et sa domination sur le monde Grec. Éphèse comme beaucoup de villes Ioniennes entre dans la Ligue. Toutefois elle ne contribue pas avec des donations de navires, mais elle participe seulement financièrement. L'Ionie et ses cités subissent ensuite les Guerres du Péloponnèse (431-404) où Éphèse est alliée à Athènes. Le déroulement de la longue période qui va de la fin des Guerres Médiques au début de la Guerre du Péloponnèse est mal connu, en ce qui concerne Éphèse, trop peu d’inscriptions de cette époque ont survécu. La cité disparaît de la scène politique
internationale et poursuit son existence à travers ses activités commerciales et religieuses.
En 412, sur l'instigation d'Alcibiade
le Jeune (450-404), Éphèse se révolte avec le reste
de l'Ionie,
contre
Athènes. L'aventure est de courte durée, l'Ionie
est ramenée à l’obéissance vers 411/410 par la cité Attique. En
407, le
Sparte
Lysandre
entre à Éphèse et bat la flotte
Athénienne
à Aigos
(Aegos) Potamoi. Après sa victoire,
toutes les cités restées fidèles à
Athènes
lui font défection et se soumettent à
Lysandre,
les Éphésiens lui érigèrent même des statues. Quand les
Athéniens
reprennent la cité, ces statues sont remplacées par celles de Conon et de Timothée.
Cependant en 404
l’hégémonie
Athénienne n’est plus et la
Ligue de Délos est dissoute. Les cités d'Ionie
passent alors de nouveau sous la tutelle des
Perses.
L’impopularité d’Athènes
est si grande qu'un parti pro-
Sparte voit le jour et prend le pouvoir à Éphèse. Il ne fait pourtant pas l'unanimité et
Athènes conserve des partisans
dans la cité qui, en 395, essaient de reprendre le pouvoir. La même année le Roi de
Sparte
Agésilas II (398-360)
lance une campagne en Asie Mineure contre le
Satrape
Perse de
Lydie et de
Carie
Tissapherne (v.413-395).
De passage à Éphèse il propose ses services pour la restauration de
l’Artémision, victime d’un incendie au cours des combats.
La campagne d’Agésilas II se solde
par la libération des cités d’Ionie de la tutelle
Perse.
Elles vont maintenant subir la domination de
Sparte, mais pour peu de temps. Le climat politique est très tendu et en 387/386, Sparte menacée de tous côtés, conclut la paix d'Antalcidas ou paix du Roi avec les Perses et tous les Grecs Elle accepte la domination Perse et leur cède des cités Grecques d'Asie Mineure. Après un sursaut de Sparte, en 371, à la bataille de Leuctres la suprématie Spartiate sur le monde Égéen est définitivement terminée. L’hégémonie du vainqueur, Thèbes qui s’ensuit n’a que peu d'impact sur le monde Anatolien. Malgré tout, Éphèse, qui sera membre de l'amphictyonie de Delphes, se retrouvera impliquée dans la Troisième Guerre sacrée (357 à 346). À Éphèse ces guerres ne touchent pas beaucoup la vie quotidienne. À cette époque la cité était étonnamment moderne dans ses relations sociales. Elle permettait facilement à des étrangers de s'intégrer. L'éducation était vivement appréciée.
À travers le culte d'Artémis, la ville est aussi devenue un bastion des droits des femmes. Ephèse a même eut des femmes artistes. Les Perses, profitant du cahot du monde Grec, reprennent possession de l'Ionie. Leurs nouvelles dominations, physique et politique, sur les cités sont similaires à celles qui précédaient les Guerres Médiques, en particulier sur les très lourds impôts. Les Généraux Macédoniens :Parménion (v.400-330) et Attalos I (ou Attale, Roi de Pergame 238-197), vont pénétrer en Ionie, au printemps 336, pour préparer l’attaque des troupes du Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) sur l’Orient. Ils sont accueillis par les Éphésiens en libérateurs. L'année suivante Alexandre entre à son tour en Ionie. Alexandre va proposer à Éphèse de participer à la reconstruction de l’Artémision détruit en 356, selon la légende, par un fou appelé Herostratus (ou Érostrate). Mais les habitants d'Ephèse refusent, affirmant "qu'il n'était pas opportun pour un Dieu de construire un temple pour un autre Dieu". Il préfèrent lancer une vaste campagne de collecte de fonds sur l’ensemble de l’Ionie.
La période Hellénistique
Lorsqu'Alexandre le Grand défait les forces Perses lors de la bataille du Granique en 334, les villes Grecques d'Asie Mineure sont libérées. Le Tyran Perse Syrpax et sa famille sont lapidés à mort et Alexandre est reçu chaleureusement à Éphèse où il entre en triomphe. Maintenant sous la tutelle Macédonienne, Éphèse continue, à l'instar du reste de l’Ionie, à vivre en toute autonomie, jusqu’à ce que l’Empire d’Alexandre n’éclate après sa mort et que les conflits pour sa succession entre les différents Diadoques ne débutent. L'Asie Mineure restera, au début, en grande partie Macédonienne. Sous les Macédoniens la cité va devenir un centre administratif important. Cependant, en 301, après la bataille d'Ipsos, en Phrygie, contre Antigonos I Monophtalmos (306-301), Ephèse tombe sous la domination du Roi de Thrace Lysimaque (322-281) qui fortifie la ville en l'entourant de remparts.
Il met à profit une grande
inondation du Caystre (ou Caïstre) qui ravage la ville basse pour ramener toute la population dans la ville haute.
À cette période, du fait de l'enlisement du port, des marais se forment qui seront la cause d'une très importante
épidémie de malaria où beaucoup d'habitants trouveront la mort. Les habitants seront forcés de
créer une nouvelle colonie 2 km plus loin, lorsque le Roi fera inonder la vieille ville par le blocage des égouts.
En 292, après que
Lysimaque lors de sa campagne
est détruit les villes de
Colophon et
Lébédos, il déplaça les habitants des cités
conquises dans sa nouvelle ville d'Éphèse. Elle comptait alors environ 100 000 habitants.
Son théâtre pouvait accueillir 24 000 spectateurs.
L'architecture de la ville restera inchangée pendant près de 500 ans. Lorsque
Lysimaque met la main sur les cités d’Ionie,
il se trouve en face d’une coalition "la Confédération Ionienne" (formée un peu avant 315).
Cette confédération, dont les structures sont à peu de choses près semblables à celle de
la Ligue de Délos,
regroupe l’ensemble des cités d’Ionie dans le but d’associer
leurs forces économiques et militaires. Une réunion de cette confédération se tient à Éphèse. En 284,
Lysimaque va devoir se
heurter à cette confédération lorsqu’une partie de l’Asie Mineure se
rebelle, suite à l’exécution par le Roi de son propre fils. Lors de cette
révolte Éphèse sera perdue puis reconquise brutalement. Le principal rival de
Lysimaque
est le Roi
Séleucide
Séleucos I Nikâtor (305-280). Celui-ci entre en guerre contre le Roi
Thrace et en février 281, à la bataille de Couropédion (ou Couroupédion, en
Lydie),
Lysimaque est vaincu et tué.
Les territoires d'Asie Mineure de
Lysimaque, dont Éphèse, deviennent alors possession
Séleucide, ils le
resteront jusqu'à la bataille de Magnésie. Cependant les
Séleucides n'ont
pas entièrement la main mise sur Éphèse car ils n’occupent pas l’intégralité de l’Asie Mineure et la ville se
retrouve au centre des conflits d’influences et d’intérêts entre les
Séleucides à
l’Est, les Rois de
Pergame au Nord et les
Ptolémée
d'Égypte au Sud.
Au cours de la période
Séleucide, le Roi
Antiochos II Théos (261-246) répudie son épouse Laodice I (ou Laodiké) et l'exil à Éphèse.
Dans le même temps, dominées par les Attalides de
Pergame les autres cités Anatoliennes prennent
progressivement leur indépendance et des Tyrans s'emparent du pouvoir. Ces derniers sont ensuite chassés par
Antiochos II qui redonne leurs libertés à toutes les cités. La fin du règne de ce Roi est assombrie par
de sanglantes luttes dynastiques qui opposent la Reine Laodice I et son fils
Séleucos II Kallinikos à
Bérénice II. Au cours de son séjour à Éphèse, Laodice I fomente de nombreuses intrigues pour redevenir Reine.
À la suite de l'assassinat de sa sœur
Bérénice II,
Ptolémée III Évergète I (246- 222)
envahit la Syrie
et la "Troisième Guerre de Syrie" éclate (246-241), qui verra la victoire de
l'Égypte
et où la flotte Égyptienne
balaie les côtes de l'Asie Mineure. Éphèse devient alors possession de
l'Égypte qui la gardera de 263 à 197.
Date où elle est reconquise ainsi que toute l'Asie Mineure par le Roi
Séleucide
Antiochos III Mégas (223-187).
C'est à cette période que les
Séleucides entre en conflit avec Rome. Le Roi de
Pergame Eumènes II (197-159)
s’étant allié aux Romains pour contrer l’expansion
Séleucide vers
la mer Égée, obtient, par la
paix d’Apamée en 188, le contrôle d’une partie de l’Asie Mineure. Éphèse se trouve dans la région nouvellement attribuée
et restera sous la domination des
Attalides jusque sous le règne d’Attalos III
Philométor (ou Attale, 138-133).
Les sources témoignent des relations
qu’entretenaient les souverains de
Pergame avec Éphèse. Elles étaient faites d'échanges économiques et culturels et de rapports cordiaux et de confiance,
puisque le précepteur d’Attalos III était
natif d'Éphèse. Lorsqu'Attalos III meurt
sans enfants mâles, il lègue son royaume à la République Romaine et l’Anatolie, dont Éphèse, passe dans le monde Romain.
Aristonikos,
son demi-frère, revendique alors l'héritage des Rois de
Pergame, mais sa flotte est anéantie à Kymé (ou Cyme) par celle d'Éphèse qui avait pris le parti des Romains.
La période Romaine
La ville sous la domination Romaine
est le centre d'un district de la province d'Asie, le conventus Ephesinus et
n'a plus de rôle politique. La province est placée sous la direction d’un
Proconsul, dont l’une des résidences se trouvait à Éphèse. En 129, un décret de
la cité, adressé au Sénat de Rome, retrouvé dans les fouilles du Capitole,
indique que les Éphésiens remercient ce dernier pour lui avoir offert la
libertas. Ce remerciement est l’expression de leur gratitude de les avoir délivré de la tutelle
Attalide.
Malheureusement pour les Éphésiens les taxes sont augmentées considérablement et les trésors de la ville sont
systématiquement pillés.
En 88 av.J.C, le Roi du
Pont
Mithridate VI (123 ou 120-63) conquiert l'Anatolie occidentale. À lieu alors ce que l'on a appelé
"Les Vêpres d'Éphèse", épisode où 80 000 citoyens Romains d'Asie Mineure sont massacrés
(Était tué aussi toute personne qui parlait avec un accent Latin). Parmi eux beaucoup vivaient à Éphèse. Sous
Mithridate VI, les cités
Grecques
jouissent d'une certaine autonomie et de plusieurs droits substantiels.
Éphèse bénéficiera même pour une courte période d'une auto-administration.
Cependant lorsque
Mithridate VI est défait
lors de la Première Guerre Mithridatique, en 86, par le Consul Romain Sylla (ou Lucius Cornelius Sulla),
la cité repasse sous la domination Romaine. Sylla contraint le Roi à signer la paix de Dardanos (En Troade). Les
villes d'Asie qui ont accueilli
Mithridate VI, sont condamnées à une indemnisation de 20 000 talents avec 500 ans d'arriérés d'impôts ce qui va
les endetter pour une très longue période. Plus tard, en 27 av.J.C, lorsqu'Auguste devient Empereur, il fait
d'Éphèse la capitale de la région qui couvre la partie occidentale de l'Asie Mineure. La
cité va alors entrer dans une ère de prospérité. Elle devient le siège du Gouverneur et un grand centre commercial.
En l'an 100 ap.J.C, la cité est estimée entre 400 000 et 500 000 habitants, ce qui en fait la plus grande ville Romaine.
Éphèse est à son apogée au
cours du premier et du deuxième siècle de notre ère. La ville ne sera pas épargnée par les troubles qui affectent
la plus grande partie de l'Empire Romain au milieu du IIIe siècle ap.J.C. Alors
que son enceinte est en ruine, faute d'avoir été entretenue, en 262 sous l'Empereur Gallien (253-268), elle
est durement affectée par un raid maritime des Ostrogoths alliés à des pirates Hérules. Ils pillent la ville et
incendient le Temple d'Artémis et ravagent probablement
d'autres quartiers. Éphèse se redressera lentement de cette agression.
Il faut attendre le règne de
l'Empereur Dioclétien (284-305), qui rétablit durablement la sécurité de l'Empire et en
réforme profondément les institutions, pour voir la ville entrer dans une nouvelle période de
prospérité, qui va durer trois siècles, jusqu'aux invasions
Perses Sassanides et arabes.
Elle le doit à sa situation stratégique sur les routes commerciales où elle demeure un port important.
Dans la réorganisation administrative mise en place par l'Empereur Éphèse reste une capitale
provinciale, le siège du Proconsul d'Asie. Elle reste la ville la plus importante de l'Empire
Byzantin en Asie après Constantinople. L'Empereur Constantin I (305-337) en reconstruit
une grande partie et érige un nouveau bain public.
En 406, Jean Chrysostome (344-407),
Archevêque de Constantinople, ordonne la destruction du
Temple d'Artémis.
La basilique de Saint-Jean est construite durant le règne de l'Empereur Justinien I (527-565). En
614, la cité est de nouveau partiellement détruite par un tremblement de terre.
L'importance de la ville comme centre commercial va diminuer lentement, au fur et à mesure que le
port se remplira de limon de la rivière en dépit de dragues répétées au cours de l'histoire de la ville. Aujourd'hui,
le port est à 7 km l'intérieur des terres. La perte de son port lui cause la privation de son accès à la
mer Égée, qui était important pour le commerce. Les gens vont alors commencer à quitter la
plaine de la ville pour les collines environnantes. Les ruines des temples sont utilisées comme éléments de base
pour les nouvelles habitations. La conquête des arabes en 654-655 accélèrera le déclin.
Éphèse et le Christianisme
Éphèse fut un centre important pour les débuts du Christianisme vers 50 ap.J.C. Dans l'histoire de Saint Paul, il est souvent parlé d'Éphèse. Le Christianisme se développe à Éphèse grâce à son association étroite avec l’histoire apostolique. Son église est une fondation de Timothée, disciple de Paul de Tarse (10-65) la vie du saint décrit son martyre sur l’Embolos, puis son inhumation sur le mont Pion et la construction d’un martyrium en son honneur. À partir de 52 à 54, Saint Paul vécu à Éphèse en collaboration avec la congrégation. Il sera impliqué dans un différend avec les artisans, dont la subsistance dépendait de la vente des statuettes d'Artémis dans le Temple d'Artémis (Actes 19:23-41).
Vers 57, l'apôtre est
hué et menacé lors d'un prêche, par les fidèles d'Artémis soulevés par l'orfèvre Démétrios qui vivait du culte. La
tradition prête à plusieurs proches du Christ leur ultime résidence dans la ville ou ses environs. Le premier est Jean qui
serait revenu à Éphèse après la mort de l’Empereur Domitien (81-96) et y serait mort, vers 100/101, sous le règne de Trajan
(98-117). L'Évangile de Jean aurait pu être écrite à Ephèse entre 90 et 100. Éphèse était l'une des sept villes d'Asie dans
le Livre de l'Apocalypse (2:1-7), indiquant que l'église à Éphèse était importante dès cette époque. Jean aurait été
enterré sur la colline d’Ayasuluk, mais l’identité du mort qui s'y trouve fait débat dès le IIe siècle.
La tombe de l’apôtre
est en tout cas objet de vénération très tôt et une église vient en monumentaliser l’emplacement dès le
IV siècle. Deux décennies plus tard, l'église à Éphèse était encore assez importante pour que l'Évêque Ignace
d'Antioche
adresse une lettre écrite aux Éphésiens. Ce serait à Éphèse que la Vierge Marie aurait
résidé et elle serait enterrée à la Meryemana.
Sur une colline à 7 km au Sud d’Éphèse, une
petite église Byzantine du XIIIe siècle, connue sous le nom de "Maison de la Vierge Marie"
(Meryemana Evi), y conserverait le souvenir de ce séjour. C'est un lieu de pèlerinage, qui a
été visité par les trois derniers Papes. L'église de Marie a été le cadre pour le
troisième concile œcuménique en 431, qui a abouti à la condamnation de Nestorius. Des
récits détaillent un séjour à Éphèse de Marie-Madeleine. Ils remontent à l’Antiquité
tardive : Grégoire de Tours et le Patriarche de Jérusalem Modestus (630-634) relaient cette
légende.
Les principaux monuments
Éphèse,
contient la plus grande collection de ruines Romaines en Méditerranée orientale. Seuls
environ 15% ont été fouillés. C'est à partir de 1863, que T.Wood a fouillé les ruines d'Éphèse
et découvert le stade, un grand théâtre, un odéon, plusieurs gymnases etc... Les vestiges
qui sont encore visibles de nos jours donnent une idée de la splendeur que la ville a dû avoir
et les noms associés à ces ruines sont évocateurs de sa vie passée. Les ruines de la
cité se trouvent aujourd'hui près de la ville turque de Selçuk, à cinquante kilomètres au Sud
d'Izmir. Il y avait, entre autres, deux agoras, l'une commerciale et l'autre pour les réunions d'État.
Le Temple d'Artémis, l'Artemísion
Le
Temple d'Artémis (En Grec :
Artemísion Artemísion, en Latin : Artemisium) fut un imposant Temple
Ionique diptère en marbre de 133 m de long pour 69 de large et l'une des sept merveilles du monde antique. Ce fut l'un des
plus importants sanctuaires de la Déesse
Grecque Artémis, Déesse de la
chasse et de la nature sauvage, qui était la divinité protectrice de la cité. Il n'est représenté
aujourd'hui que par une seule colonne. Il a été révélé lors d'une fouille archéologique menée
par le British Museum en 1870. Quelques fragments du décor sculpté, qui ne sont pas
suffisants pour suggérer la forme de l'original sont aujourd'hui au British Museum de Londres.
Il fut bâti vers 560 av.J.C, sur l'emplacement
d'un sanctuaire plus ancien. Des tessons de céramiques, mis au jour par des fouilles
Autrichiennes, ont permis de confirmer des témoignages sur l'ancienneté du culte d'Artémis Ephesia.
Il est construit par Métagenèse et Théodore de
Samos grâce à un financement du Roi de
Lydie
Crésus (561-547)
lors de sa conquête de l'Ionie.
Ses dimensions colossales et la richesse de sa décoration expliquent sa mention dans 16 des 24
listes des Sept merveilles du monde qui nous sont parvenues.
En 356 av.J.C, selon la légende,
il fut détruit suite à un incendie volontaire d'un fou appelé Herostratus (ou Érostrate).
Alexandre le Grand (336-323),
lors de sa conquête de la ville, proposa à Éphèse de participer à la reconstruction de l’Artémision.
Les Éphésiens refusèrent, affirmant "qu'il n'était pas opportun pour un Dieu
de construire un temple pour un autre Dieu", et préférèrent lancer une vaste campagne de collecte
de fonds sur l’ensemble de l’Ionie.
Il est reconstruit à l'époque hellénistique, sur le même plan, par l'architecte Dinocrate qui le fait
surhausser par un podium.
Il est élargi et enrichi par une
nouvelle décoration sculptée qui fut, selon Pline l'Ancien (Écrivain et naturaliste romain, 23-79), exécutée en partie par
le sculpteur Scopas (v.420-v.330). Il comportait 128 colonnes de 19 m de haut, dont 36 ciselées. Les architraves avaient
chacune 9 m de long. Plus tard, en 262 ap.J.C, le Temple sera pillé et détruit par les Goth seuls quelques
vestiges subsisteront sur place. En 401, il sera brûlé par les Chrétiens. L'Empereur Justinien I (527-565) achèvera de le
démanteler en prélevant une partie de ses colonnes pour le palais impérial de Constantinople. Ce Temple est également
considéré comme étant la première banque au monde car il était possible d'y déposer de l'argent et de le récupérer plus tard
crédité d'un intérêt.
Pour d'autres détails voir :
Le
Temple d'Artémis à Éphèse - (Wikipédia)
Le théâtre
Cette
construction monumentale en marbre mesure 145 m. de large pour un auditorium
de 30 m. de haut. Il est encore très bien conservé. Sa construction date de
l'époque Hellénistique et se terminera à l’époque Romaine. Toutefois, tout comme
l’Artémision,
l’édifice hellénistique a été bâti sur la base d'un théâtre plus ancien, qui
servit à l’époque classique. La scène de 25 mètres sur 40 et l’auditorium
pouvait accueillir jusqu’à 24 000 personnes. D'autres spécialistes ont estimé sa capacité estimée
à 44 000 places assises. Il est considéré comme le plus grand théâtre de plein air dans le monde antique.
C'est dans ce théâtre que Saint Paul prêcha le Christianisme, mais il fut hué et menacé par les fidèles
d'Artémis, soulevés par l'orfèvre Démétrios. Celui-ci vivait du culte et on lui
attribue cette phrase qu'il aurait crié à Saint Paul : "Grande est l'Artémis
d'Éphèse". Ce théâtre a été utilisé plus tard lors de l'époque Romaine
pour des combats de gladiateurs qui avaient lieu sur la scène. On a retrouvé les
premières preuves archéologiques d'un cimetière de gladiateurs. Du haut de ses gradins, les habitants avaient
une vue magnifique sur la partie basse de la ville et l'ancien port.
La bibliothèque de Celsus
La bibliothèque de Celsus a été construite en l'honneur du Gouverneur de la ville, Tiberius Julius Celsus Polemaneus (ou Polemaeanus) par son fils qui lui succéda, Gaius Julius Aquila (Consul en 110 ap.J.C) et de riches citoyens populaires. Les travaux débutent en 117 ap.J.C et ne se termineront qu'en 135. Elle contenait 12 000 rouleaux protégés de l'humidité par un système d'aération. Elle devait aussi servir comme tombe monumentale pour Celsus. Sa façade était ornée des statues symbolisant : La fortune (Ennoia), la sagesse (Sophia), la science (Épistème) et la vertu (Arete) de Celsus. Elle occupait le troisième rang des plus grandes bibliothèques du monde, derrière celles d’Alexandrie et de Pergame. Icône emblématique et fierté de la cité au IIe siècle ap.J.C, ce bâtiment l’est encore de nos jours puisqu’il figure sur certains billets de banque Turcs. Le bâtiment est important comme l'un des rares exemples de bibliothèque ancienne à l'influence romaine. Il montre également que les bibliothèques publiques ont été construites, non seulement à Rome elle-même, mais dans l'ensemble de l'Empire Romain.
Elle fut incendiée par les Goths en 263 ap.J.C
et tout ce qu’elle renfermait fut détruit. Devant la façade en ruines, les Éphésiens installèrent des
plaques de marbre pour construire un bassin de fontaine. La façade que l'on peut admirer
aujourd'hui est le fruit d'une reconstitution. Celle-ci demanda huit années de travaux. Entre 1970 et 1978,
les chercheurs Friedmund Hueber, un architecte et V.M.Strocka et un archéologue, travaillèrent presque exclusivement
au relèvement de celle-ci, haute de plus de 16 m. et large de 10. Elle est un excellent exemple
de l'architecture Romaine publique. Elle servit à l'époque de modèle pour d'autres
constructions, dans d'autres villes, qui sont aujourd'hui moins bien conservées. L'édifice est
une salle qui fait face à l'Est, le soleil du matin, comme l'a informé de Vitruve afin de
faire bénéficier aux lève-tôt d'une lumière maximum pour la lecture.
La bibliothèque est construite sur une plate-forme.
L'entrée centrale est plus grande que les deux latérales et toutes sont ornées de fenêtres.
L'entrée comporte aussi quatre paires de colonnes Ioniques élevées sur des socles. Une
série de colonnes Corinthiennes se trouve directement au-dessus de la première série,
ajoutant de la hauteur à l'immeuble. L'intérieur de la bibliothèque n'est pas entièrement
restauré, seule l'a été une pièce rectangulaire avec une abside centrale entourée par une grande
arche au mur. Une statue d'Athéna, Déesse de la sagesse, était dans l'abside et le tombeau de
Celsus se trouvait directement au-dessous dans une chambre voûtée. Les deuxième et troisième
niveaux peuvent être atteints par une série d'escaliers intégrés dans les murs.
La basilique de Saint-Jean
La tradition Chrétienne attribue,
dès le IIe siècle ap.J.C, à l'évangéliste Jean, l'un des principaux des douze apôtres de Jésus, une
sépulture sur la colline voisine du
Temple d'Artémis, alors semble-t-il déserte. L'archéologie a confirmé que la tombe date au
moins de cette époque, mais l’identité du mort fait débat. On y a trouvé des fragments de
sarcophages datés de vers 160 et des monnaies des Empereurs Antonin le Pieux (138-161) et de
Géta (211-212). Ce tombeau fut très tôt l'objet d'un culte. Un petit martyrium y fut construit
au-dessus lors du règne de l'Empereur Constantin (305-337). Il devint rapidement insuffisant aux
besoins du culte apostolique. Il fut alors décidé de construire à sa place une grande église. Cette décision semble avoir été prise avant 431 puisque l'église est citée dans les actes du concile d'Éphèse. De plan basilical, elle se distingue par un plan cruciforme probablement hérité du modèle constantinopolitain de l'Apostoleion. Les quatre bras de la croix partent du centre matérialisé par la tombe de l'apôtre et sont chacun divisés en trois nefs. Selon Procope de Césarée (Historien Byzantin, v.500-v.560), ce fut parce que l'église originelle était en mauvais état qu'elle fut au VIe siècle ap.J.C en grande partie rasée et remplacée par une grandiose église financée par l'Empereur Justinien I (527-565). Le nouvel édifice était également une basilique cruciforme, mais pourvue de six grandes coupoles sur un plan qui est similaire à celui de l'église des Saints-Apôtres de Constantinople, également reconstruite par Justinien I à la même époque. La tombe de l'apôtre occupe toujours le centre de l'édifice, dans une crypte accessible par un escalier.
L'Odéon
Cet amphithéâtre fut
construit par Vedius Antonius pour son épouse Flavia Papiana, vers 150 ap.J.C. C'était un
petit théâtre pour les pièces et quelques concerts, d'une capacité de près de 1 500 à 2000 personnes.
Il fut aussi le lieu où les membres de l'assemblée de la ville et les nobles
se réunissaient pour discuter des questions et des décisions concernant la vie de la cité et
son développement. Certains spécialistes pensent qu'il servait aussi de lieu de culte. Il y avait
22 marches dans le théâtre. La partie supérieure de la salle est décorée de colonnes de granit
rouge dans le style Corinthien. Les entrées se trouvaient des deux côtés de la scène. La partie
basse de l'odéon, normalement appelée "orchestre", ne portant pas de traces de
canalisations et d'écoulement des eaux de pluie, on peu supposer que l'édifice était à l'origine
couvert d'un toit, peut être en bois ?.
Le temple d'Hadrien
Le
temple dédié à l'Empereur Hadrien (117-138) est construit en 138 ap.J.C par un
certain P.Quintilius. Il subira d'importantes réparations au IVe siècle ap.J.C et sera agrémenté de nouveaux fragments
d'architecture. Un certain nombre de figures sont représentées dans les reliefs, dont l'Empereur Théodose I (379-395)
avec sa femme et ses fils aîné. C'est l'un des plus beaux monuments qui bordent
la rue des Curètes (ou Courètes, Prêtres d'Artémis). Les quatre socles qui précèdent la façade du temple
supportaient les statues des quatre Empereurs qui régnèrent en même temps: Dioclétien (284-305), Maximien (286-308),
Constance I Chlore (305-306) et Galère (305-311). Il est composé d'un pronaos(Vestibule ou l'entrée d'un temple)
monumental suivi d'un petit naos (Salle renfermant la statue du Dieu). La dédicace est inscrite sur
une architrave. La façade du pronaos est formée d'un fronton triangulaire reposant sur quatre
colonnes à chapiteaux Corinthiens. Le buste d'une femme couronnée identifiée à la Déesse
Tyché, Déesse de la fortune, orne le centre de cet arc. La frise sculptée au-dessus des murs du
pronaos, dans le prolongement du linteau de la porte du naos, sont des moulages, les originaux
sont désormais exposés dans le Musée archéologique de Selçuk. Le temple a été représenté sur le
revers des billets de banque Turcs. Le temple de Domitien
Le temple de Domitien fut l'un des plus grands temples de la ville. Au cours de son histoire Éphèse va obtenir quatre fois le privilège de pouvoir consacrer un temple à un Empereur et d'en assurer la garde et l'entretien. Domitien (81-96) fut le premier Empereur qui accordera le droit aux habitants d'Éphèse de construire un temple. Pour le remercier, ces derniers élèveront une statue de l'Empereur de 7 m. de hauteur. La tête est exposée au Musée Archéologique d'Izmir et quelques fragments se trouvent au Musée d'Éphèse. L'autel placé devant le temple, mesurait 10 m. de longueur.
Il fut construit sur une terrasse de 50 m. x 100 m. sur le côté Sud de la place de Domitien. Aujourd'hui il ne reste plus grand chose de ce bâtiment. Il fut surement l'un des plus beaux de la ville, mais ses fondations nous donnent des informations sur sa structure. C'était un temple prostyle (N'ayant qu'une seule rangée de colonne en façade) dont la base mesurait 24 m. x 34 m. Ses côtés avaient huit et treize colonnes. La cella (Partie close du temple qui abrite la statue du Divin) de 9 m. x 17 m. était précédée de quatre colonnes.
On accédait à son autel par des escaliers. À l'Est de la terrasse où se trouvait le temple s'était installée une rangée de boutiques. La terrasse était bordée par un parapet formé de deux étages de colonnes superposées dont la rangée supérieur était sculptée. Deux de ces colonnes ont été réinstallées à leur place d'origine. Le temple et sa statue sont quelques-uns des rares vestiges liés à Domitien.
La maison de la Vierge
À quelques kilomètres au
Sud-est d'Éphèse, sur un versant du mont Kolmissos, les pèlerins Chrétiens se recueillent sur les vestiges
d'une maison de pierre dans une chapelle aujourd'hui restaurée. Selon la tradition, Marie aurait passé là
les dernières années de sa vie, auprès de l'apôtre Jean à qui, d'après le Quatrième évangile, Jésus mourant l'aurait
confiée. Ce lieu de pèlerinage a été reconnu par le Vatican et une cérémonie y est célébrée le 15 août, ainsi que
des offices religieux réguliers.
Les autres monuments de la ville
On trouve encore beaucoup d'autres monuments importants dans Éphèse, dont la
plupart sont de l'époque Romaine, comme :
• La porte de Magnésie, que fit élever l'Empereur Vespasien (69-79) et qui menait alors au gymnase
oriental ou des statues, aujourd'hui au musée d'Éphèse, furent découvertes. Elle
donne accès à l'agora d'État.
• L'agora d'État ou Agora civique était une vaste place publique qui fut remodelée au milieu du
Ier siècle ap.J.C. Elle faisait aussi fonction de basilique.
En son centre, se dressait le temple
d'Isis
qui fut érigé en l'honneur de la visite d'Antoine (83-30 av.J.C).
• La Porte de Mazeus et de Mithridate, qui tient son nom de celui des deux affranchis d'Auguste qui la firent
construire en son honneur. Elle donne accès à l'agora commerciale.
• L'agora commerciale, qui fut construite durant la
période hellénistique. Elle fut ensuite transformée au Ier et au IIIe siècle
ap.J.C. Cette grande place de 100 m sur 110 m, dont trois côtés seulement étaient fermés
par des stoas (Partie d'un bâtiment couvert, fermé à l'arrière par un mur plein et ouvert en
façade par une colonnade) derrière lesquels se trouvaient des magasins et des entrepôts.
Une horloge à eau et un cadran solaire se dressaient au milieu de l'agora. On peut voir aujourd'hui les
vestiges des socles de centaines de statues qui ornaient l'agora.
• Le temple de
Sérapis, jouxtant l'agora,
date lui du IIe siècle av.J.C. Son entrée située du côté Nord permet d'accéder à
la cour du temple. On y remarque surtout les socles des colonnes monumentales et
la décoration de ses chapiteaux.
• Le tombeau / Fontaine de Pollio, érigé en 97 ap.J.C en l'honneur de C.Sextilius
Pollio qui a construit l'aqueduc, par Offilius Proculus. Il a une façade concave.
Il fut restauré au IIIe siècle. Les fontaines étaient alimentées par des aqueducs.
• Le temple de Dea Roma et Divus Julius, qui
date du Ier siècle ap.J.C. C'était un temple destiné au culte impérial.
• Le Prytanée (ou Prytaneion) ou brillait le feu
sacré de la ville et ou Artémis était vénérée. C'est ici que les archives de
l'État étaient conservées, ce fut l'hôtel de ville où se déroulaient les cérémonies,
les banquets, les réceptions et la vie politique de la cité.
• Le Nymphée de Trajan, qui fut une fontaine
construite au IIe siècle ap.J.C. Il reste la base et deux pieds de la statue
colossale de l'Empereur d'où l'eau s'écoulait en cascade. Elle
comportait deux étages atteignant 12 mètres de hauteur.
• La rue de marbre, qui mène au grand théâtre, longeant sur la gauche l'agora inférieure.
• Les thermes de Scholastique (ou Scholastikia), construits au IIe siècle ap.J.C. faisaient partie
d'un grand complexe de trois étages. Ces thermes furent restaurés au Ve siècle,
avec des pierres provenant du Prytanée, par une noble Chrétienne du nom de
Christine Scholastique. On y trouve encore une statue assise la représentant.
Des Latrines public faisaient partie des Thermes de Scholastikia.
• Les Bains de Varius, qui sont des thermes qui datent du IIe siècle ap.J.C.
• Les Maisons de la Pente, qui datent du Ier siècle ap.J.C, furent des maisons
luxueuses privées. La plupart possédaient trois étages et une cour intérieure
découverte. Les maisons étaient richement décorées de mosaïques et de fresques
dont il reste de superbes exemples exposés aujourd'hui au musée d'Éphèse. Une de
ces maisons, "La Maison Privée" était une maison close
(bien qu'on ne soit pas tout à fait sur qu'elle fut réellement une maison close).
On y a découvert une statue du Dieu Priape, dans la mythologie
Grecque,
Dieu de la fertilité et de l'abondance, qui est aujourd'hui exposée au Musée
d'Ephèse et une jolie mosaïque représentant les quatre saisons qui a bien résisté au temps.
• La Voie Arcadiane, qui est de l'époque hellénistique. C'était une avenue à
colonnades de 60 m. de long sur 11 m. de large, rénovée en l'honneur de
l'Empereur Arcadius (383-408) au Ve siècle ap.J.C.
• Le stade, qui faisait une longueur de 230
mètres. On peut encore deviner ses voutes. Ce stade remplace, selon toute
vraisemblance, un stade plus ancien de construction
Grecque ou
peut-être par le Roi de
Lydie Crésus (561-547).
• D'autres bâtiments furent construits à l'époque Romaine : Le Gymnase de Vedius qui date du Ile siècle av.J.C, Le Mémorial de Memnius. On compte aussi deux autres églises importantes : La Tombe de Luc et la Basilique du stade. |
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Quelques personnages célèbres d'Éphèse
• Héraclite d'Éphèse (ou Heraclitus ou Hêrákleitos, en
Grec :
Heraclitos ou Hêrákleitos,
v.535-v.475 [dates débattues]) qui fut un philosophe pré-socratique. Des lettres apocryphes le désignent comme un
contemporain du Roi
Perse
Darius I (522-486). Ce dernier aurait invité Héraclite à sa cour, mais le
philosophe refusa l'invitation. Il lutta contre les démocrates de sa ville, et n'était guère apprécié de ses concitoyens.
• Zeuxis (ou Zeûxis, en Grec :
Zeûxis ou Ζεuξις, 464-398 av.J.C) qui fut un peintre contemporain
d'Apollodore, le "peintre des ombres", qui disait de lui, qu'"il gardait pour lui l'art qu'il
avait ravi aux autres". Il était originaire d'Héraclée. Son œuvre, totalement disparue, est cependant
abondamment citée par les Anciens qui le considéraient comme l'un des plus grands peintres de l'Antiquité. Son art,
caractérisé par le jeu des couleurs et par les contrastes d'ombre et de lumière, donnait l'illusion de l'espace.
Parrhasios (ou Parrhasius, en
Grec :
Parrhasios ou Παρράσιος,
Ve siècle av.J.C) qui fut un des peintres les plus célèbre de
Grèce. Pline fixe son apogée à la 85e olympiade (400-396 av.J.C) et le présente comme le contemporain et le rival de
Zeuxis. Toujours selon Pline, qui s'appuie sur le témoignage des peintres Xénocrate et Antigone, Parrhasios "a le
premier observé la proportion, mis de la finesse dans les airs de tête, de l'élégance dans les cheveux, de la grâce
dans la bouche, et, de l'aveu des artistes, il a remporté la palme pour les contours".
• Agasias (En Grec :
Agasias ou Aγασίας, IIe siècle av.J.C) qui fut un des grands
sculpteurs Grecs.
L'une de ses œuvres les plus connues est la statue appelée "Le Gladiateur Borghèse". C'est une statue de
l'époque hellénistique. Longtemps interprétée comme un gladiateur, d'où son nom traditionnel, elle représente en
fait un guerrier. Elle est exposée dans la galerie Daru du musée du Louvre.
• Xénophon d'Éphèse (ou Xénophon le Jeune, en
Grec :
Xenophon, IIe-IIIe siècle ap.J.C) qui fut l'un des premiers romanciers
Grecs,
et l'auteur du roman intitulé Les Éphésiaques. Il n'est connu que par ce roman, en cinq livres qui a été imprimé en
Grec et en Latin, à Londres en 1726,
puis M. Jourdan de Marseille en a donné une traduction Française en 1748. Il aurait inspiré le Roméo et Juliette
de William Shakespeare.
• Manuel Philes (1275-1345) qui fut un grand poète Byzantin. Il fut élevé à Constantinople où il fut l'élève de
Georgios Pachymerès. Philes semble avoir beaucoup voyagé et ses écrits contiennent beaucoup d'information concernant la cour
impériale et les distingués Byzantins. Après avoir offensé l'un des Empereurs par des indiscrétions qu'il publia, il
fut jeté en prison et libéré seulement après des excuses.
Pour d'autres détails sur la cité et ses monuments voir les ouvrages de :
Ilhan Akşit :
- Ancient Ephesus, Güney Books, Istambul, 1995.
Anton Bammer :
- Das Heiligtum der Artemis von Ephesos, Akademische Druck - U. Verlagsanstalt, Graz, 1984.
Hüseyin Çimrin :
- Ephesus : The metropolis of the antique age, Güney Books, Istambul, 1996.
Barbara Czurda-Ruth :
- Hanghaus 1 in Ephesos : Die Gläser,
Verlag der Österreichischen Akad. der Wiss., Vienne, 2007.
Rüstem Duyuran :
- Éphèse, Direction générale de la presse, de la radio-diffusion et du tourisme, Ankara, 1951.
Selahattin Erdemgil :
- Ephese, NET, Turistik Yayınları, Cağaloğlu, İstanbul, 1986,
1987, 1992.
Joseph Euzet :
- Historique de la Maison de la Sainte Vierge près d'Éphèse, 1891-1961,
Notre-Dame d'Éphèse, Istanbul, 1961.
Helmut Halfmann :
- Städtebau und bauherren im römischen kleinasien : Ein vergleich zwischen Pergamon und Ephesos,
Wasmuth, Tübingen, 2001 -
En Français, Éphèse et Pergame : Urbanisme et commanditaires en Asie mineure romaine, Ausonius,
Pessac; Diffusion De Boccard, Paris, 2004.
Friedmund Hueber :
- Ephesos : Geschichte einer antiken Weltstadt, W. Kohlhammer, Stuttgart, 1985.
- Ephesos : Geschichte einer antiken Stadt, W.Kohlhammer, Stuttgart, 1985.
Stefan Karwiese :
- Gross ist die Artemis von Ephesos : Geschichte einer der grossen Städte der antike,
Phoibos Verlag, Vienne, 1995.
Michael Kerschner, Ireen Kowalleck et Martin Steskal :
- Archäologische forschungen zur siedlungsgeschichte von Ephesos in geometrischer,
archaischer und klassischer zeit : Grabungsbefunde und keramikfunde aus dem bereich von Koressos,
Österreichisches Archäologisches Institut, Vienne, 2008.
Naci Keskin :
- Ephesus, Keskin Color, Istanbul, 1997.
Dieter Knibbe :
- Ephesus = Ephesos : Geschichte einer bedeutenden antiken stadt und Portrait einer modernen grossgrabung
im 102. jahr der wiederkehr des beginnes österreichischer forschungen (1895-1997),
Peter Lang, Frankfurt am Main, New York, 1998.
Helmut Koester :
- Ephesos metropolis of Asia : An interdisciplinary approach to its archaeology, religion and culture,
Harvard University, Deptement of the Classics and Deptement of Fine Arts,
Trinity Press International, Valley Forge, 1995-1996 - Harvard, Cambridge, 2004.
Fritz Krinzinger, Ahmet Ertuğ, Sabine Ladstätter et Sarah Cormack :
- Ephesos : Architecture, monuments & sculpture, Ertuğ & Kocabıyık, Istanbul, 2008.
Sabine Ladstatter et Andreas Pulz :
- Ephesus in the late Roman and early Byzantine period : Changes in its urban character from the third to
the seventh century AD, pp. 391-434, Proceedings of the British Academy 141,
Published for the British Academy by the Oxford University Press, London, 2007.
Wolfram Letzner :
- Ephesos : Eine antike Metropole in Kleinasien, Philipp Von Zabern, Mainz, 2010.
Jerome Murphy-O'Connor et Noël Lucas :
- Éphèse au temps de Saint Paul, les Éditions du Cerf, Paris, 2008.
Ulgür Onen, Nualla Yilmaz et Manette Thurm Nelson :
- Ephesus : The way it was, Akademia Tanıtma Merkezi, Izmir, 1985.
Richard E.Oster :
- A bibliography of ancient Ephesus, American Theological Library Association, Philadelphia, 1987 -
Scarecrow Press, Metuchen, 1987.
Öcal Özeren :
- Ephesus, Keski̇n Color Kartpostalcılık San. ve Paz. A.Ş, Istanbul, 1993.
Félix Sartiaux :
- Villes mortes d'Asie Mineure : Pergame, Éphèse, Priène, Milet, le Didymeion,
Hiérapolis,
Hachette & Cie, Paris, 1911.
Peter Scherrer :
- Ephesos : Der neue Führer : 100 Jahre österreichische Ausgrabungen, 1895 - 1995,
Österreichisches Archäologisches Institut, Vienne, 1995.
- The historical topography of Ephesos, pp. 57-95, Journal of Roman Archeology, Suppementary series 45,
British Library Serials, Portsmouth, Janvier 2001.
Mehlika Seval :
- Éphèse, Editions Minyatür, Istanbul, 1987.
Athanasios Siderēs :
- Ephesos : Historia kai architektonikē, Hidryma Meizonos Hellēnismou, Athènes, 2009.
Andreas Thiel :
- Die Johanneskirche in Ephesos, Reichert, Wiesbaden, 2005.
Werner Thiessen :
- Christen in Ephesus : Die historische und theologische situation in vorpaulinischer und paulinischer
zeit und zur zeit der apostelgeschichte und der pastoralbriefe, Francke, Tübingen, 1995.
Traute Wohlers-Scharf :
- Die Forschungsgeschichte von Ephesos : Entdeckungen, grabungen und persönlichkeiten,
P. Lang, Frankfurt am Main, New York, 1995.
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