L'Ionie

Les cités Ioniennes :

Éphèse,  la cité d'Artémis

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 Pour plus de détails voir aussi les autres cités Ioniennes :  Chios, Clazomènes, Colophon, Érythrée, Halicarnasse,

                                                          Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos, Smyrne, Téos

 

 

 

 

 

Localisation

 

  Éphèse (ou Ephesos, en Grec : Ephesos, en Latin : Ephesus, en Turc : Efes, en Hittite : Apasa) est une ancienne cité Grecque d'Ionie, sur la côte Ouest de l'Anatolie, dans la province d'Izmir en Turquie. Ce fut l'une des plus importantes et plus riches cités Grecques d'Asie Mineure et un des premiers ports d'Ionie. Dans les poèmes Homériques, il est dit que le premier nom de la ville était Samorna. On cite aussi ceux d'Alope, de Morges, d'Ortygia et de Ptelea. Le nom d'Éphèse serait emprunté à l'une des Amazones ou viendrait du héros Ephesus (ou Ephesos), fils de Caystre. La cité est située sur la route royale de Lydie à l'embouchure du Caystre (ou Caïstre), bien protégée, au fond d'une baie fertile. Le fleuve est très encaissé dans une vallée encadrée par les massifs montagneux du Tmolos au Nord où il prend sa source et du Mésogée au Sud.   

 Pour plus de détails voir aussi : La carte d'Ionie

 

  Aujourd'hui ses vestiges se trouvent près de 7 km à l'intérieur des terres, jouxtant les villes Turques contemporaines de Selçuk (3 km) et Kuşadası. C'est du fait de l'accumulation au fil du temps des sédiments charriés par le Caystre et peut-être d'accidents sismiques, que le déplacement progressif de la côte se fait vers l'Ouest, ce qui a provoqué l'ensablement des ports successifs de la ville, jusqu'à leur abandon pur et simple.

 

   La côte d'Éphèse est en face de l'île de Samos qui en possède une partie. Sa baie est fermée au Sud par le cap Mycale (ou cap Trogylion) et se termine au Nord par la presqu’île d’Erythrée. On entre dans la ville par le détroit qui sépare Samos du promontoire de Mycale. Très près de la côte se trouve le bois d'Ortygie traversé par le ruisseau de Cenchrius, c'est là qu'on situe le lieu de naissance d'Apollon et d'Artémis. La ville est célèbre pour son Temple d'Artémis (L'Artémision, terminé vers 550 av.J.C), l'une des sept merveilles du monde antique. Artémis était la Déesse tutélaire de la cité. Éphèse fut aussi l'une des sept Eglises d'Asie qui sont cités dans le livre de l'Apocalypse. Elle est également le site d'un grand cimetière de gladiateurs.  

 

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Artémis Ephesia,

Ephesus-Museum de Selçuk

 

 

       L'histoire.......

 

 

L'arrivée sur le site

 

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Les temps anciens

 

   On constate l'occupation de la zone entourant la cité dès le Néolithique (environ vers 6000 av.J.C) comme l'ont révélé les fouilles au Sud de la Porte de Magnésie et à proximité de Çukuriçi (ou Cukurici) Höyük et d'Arvalya Höyük. Les fouilles, au cours des dernières années, ont mis au jour le peuplement de colonies datant de l'Âge du Bronze sur les pentes Nord-est de la colline Ayasuluk (ou Ayasoluk). En 1954, un cimetière de l'époque Mycénienne (datant de v.1500-1400 av.J.C) avec des pots de céramique a été découvert à proximité des ruines de la basilique de Saint Jean. Ce qui prouve, là encore, un peuplement surement important.

 

  Ce fut la période de l'expansion Mycénienne lorsqu'ils se sont installés en Ahhiyawa, au cours des XIVe et XIIIe siècles av.J.C. Certains chercheurs pensent qu'Éphèse a été fondée sur le site d'Apasa (ou Abasa ou Amasa), à l'Âge du Bronze, qui est la dernière capitale du royaume d'Arzawa (ou Arzawiya) mentionnée dans les sources Hittites du règne de Moursil II (ou Mursil ou Mursili, 1341-1310). Toutefois cette hypothèse reste très controversée, dans la mesure où elle se base sur une possible étymologie qui constitue le principal argument de ses détracteurs.

 

   Selon Hérodote (Historien Grec, v.484-425), la création d'Éphèse est due à Androclos (ou Androklos), un des nombreux fils du 17e et dernier Roi d'Athènes, Codros (ou Kodros), qui aurait amené les colons Ioniens au XIe siècle. La légende raconte qu'il a fondé la ville, sur le lieu où l'oracle de Delphes, est devenu réalité. Androclos et son chien sont représentés sur la frise du temple d'Hadrien, datant du IIe siècle ap.J.C. Plus tard, des écrivains, tels que Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180), Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C) ou encore Hérodote (Historien Grec, v.484-425) ont toutefois réaffecté la fondation de la ville mythique d'Éphèse à la Reine des Amazones.

 

   Au début la ville occupe les hauteurs (Paroreia) ou s'établissent ces Ioniens après avoir chassé les Lélèges et les Cariens (Premiers occupants). Les Lydiens habitent eux la ville basse ou se trouve le grand Temple d'Artémis. Les colons se heurtent aussi aux différences de religion, Les autochtones étant dévoués au culte de la Déesse Cybèle (ou Kybele). Afin de se concilier ces populations, les Grecs vont fusionner le culte d’Artémis et de Cybèle, cette nouvelle Déesse est identifiée comme Artémis d'Éphèse. Ce serait aussi à cette époque que seraient édifiées les premières fortifications, à environ 1 200 m à l’Ouest du sanctuaire d'Artémis (L'Artémision), au port de Koressos.

 

   La cité est alors gouvernée par des Rois, puis entre le IXe siècle et le début du VIIe siècle av.J.C la monarchie est remplacée par une oligarchie aristocratique, qui sera à son tour remplacée, comme dans beaucoup de cités Grecques, par des Tyrans. Ce serait aussi vers cette période qu'Éphèse rejoint la confédération Ionienne regroupant douze cités : Chios (ou Chio ou Kios), Clazomènes, Colophon, Érythrée, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Smyrne (Izmir) est ensuite rattachée à la confédération et Halicarnasse les rejoindra après avoir été chassé pour impiété de la sienne.

 

Autre vue du site

 

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La période archaïque

 

   Vers 675/650 av.J.C. Éphèse est attaquée par les Cimmériens qui rasent la ville, dont le tout premier autel du Temple d'Artémis. Quelques petits artefacts Cimmériens peuvent être vus au Musée Archéologique d'Éphèse. Lorsqu'ils sont chassés, la cité est gouvernée par une série de Tyrans. Puis les Éphésiens subissent les attaquent du Roi de Phrygie. Elle sera lune des rares villes à s’opposer à cette conquête. Après une révolte de la population, Éphèse est dirigée par un conseil appelé Curète (ou Kuretes). À cette époque apparaissent les premiers spécimens de monnaies du fait de l'essor commercial. Des taxes portuaires sont mises en places dès le début du VIe siècle. Elles vont enrichir de plus en plus la ville.

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Statère d'électrum trouvé à Éphèse - v.600

 

  La cité devient un véritable foyer culturel. De nombreuses écoles voient le jour : Médecine, philosophie, poésie, rhétorique, etc... Elles produisent un nombre important de personnages historiques, tels que les plus grands représentants de la poésie iambique : Callinus (Fin du VIIe siècle av.J.C), considéré comme le père de la poésie élégiaque et le satiriste Hipponax (Deuxième moitié du VIe siècle av.J.C), le philosophe Héraclite (v.544-v.480), le grand peintre Parrhasios (ou Parrhasius, IVe siècle av.J.C) et plus tard, le grammairien Zénodote (ou Zenodotos, 320-240), les médecins Soranus (Ier/IIe siècle) et de Rufus vont participer a son renom dans le monde méditerranéen.

 

  En 561/560, Éphèse est conquise par le Roi de Lydie Crésus (561-547) lors de sa conquête de l'Ionie. Crésus traite les habitants avec respect, en dépit de la décision de réunir les différentes ethnies qui peuplent la ville haute et la ville basse de manière à former qu'une seule et grande cité, centrée dans les environs de l’Artémision. Cité qu'il va de plus agrandir vers l'Est. Cette expansion comprendra la construction de nombreux bâtiments publics comme le gymnase ou le stade, ceux-ci se retrouvent alors en périphérie de la ville, qui concentre pour sa part essentiellement des habitations. Crésus sera même le principal contributeur à la reconstruction du Temple d'Artémis. Sa signature a été trouvée sur la base d'une des colonnes du temple (Aujourd'hui au British Museum). 

 

   Après la chute de Crésus, en 547/546 à la bataille du Halys, le royaume de Lydie, qui s'étendait alors sur toute l'Asie Mineure, dont Éphèse, passe sous le joug Perse. Éphèse, occupe un rôle central en Asie Mineure et jouit d'une relative indépendance dans le royaume Lydien. Cette indépendance politique la met à l’abri des destructions lors de la conquête du Roi Perse Cyrus II le Grand (558-528). Contrairement aux autres cités d'Ionie elle ne chercha pas à défendre le royaume dont elle dépendait, pour lequel elle n’avait pas d’affection particulière. Les cités Grecques gardent leurs institutions mais sont maintenant gérées par des Satrapes.

  

 

La période classique

 

   La colonisation Perse, n'affecte pas Éphèse qui continue de prospérer. Cependant sous les Roi Perses Cambyse II (528-522) et Darius I (522/521-486) les impôts deviennent de plus en plus lourd pour les cités d'Ionie. En 504, un sursaut de "nationalisme" les pousse à se révolter contre les Perses, mais elles sont battues. Pas découragées en 499 une nouvelle révolte des cités Ioniennes éclate, favorisée par les soutiens militaires d'Athènes et d'Érétrie (Cité-État dans l’île d'Eubée). C'est la Première Guerre Médiques (499-490), Éphèse accueille l'armée Athénienne venue les aider à combattre. Cependant après quelques courtes victoires, la révolte tourne au désastre et la population paye lourdement ce soulèvement. La coalition sera écrasée à la bataille de Ladé, près de Milet, en 494, lorsque les cités Ioniennes se retrouvent opposées à la flotte Perse de Darius I (522/1-486).  

 

                         En 498, les hauteurs de la ville vont être le théâtre d'un affrontement entre le corps expéditionnaire Grec mené par Histiée (499-494) le frère d'Aristagoras (494- ?) de Milet et celles du Satrape Artapherne (ou Artaphernês), le neveu de Darius I, qui remporte finalement la victoire. Milet et Éphèse sont détruites et incendiées et en 494 une grandes partie des populations d'Ionie est déportée comme esclave en Mésopotamie. De nombreux habitants (Marchands, artisans, poètes, penseurs), émigrèrent, emportant avec eux les raffinements de leur culture.  

 

Temple de Domitien  (81-96)

 

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Tétradrachme frappé par Éphèse - v.350 av.J.C

 

   Ce n'est qu'après les victoires des cités de la Grèce continentale : En 490 à Marathon, qui met fin à la Première Guerre Médique, puis celles des Batailles de Salamine, le 29/4/480, et de Platées et du cap Mycale en 479, qui mettent fin à la Deuxième Guerre Médique (480-479), que les Ioniens retrouvent leur liberté. L'expansion de l'Empire Perse vers l'Ouest était définitivement arrêtée. Éphèse est débarrassée de la tutelle des Perses. Cette liberté est de courte durée car c'est au tour d'Athènes, qui avait joué un rôle prépondérant dans la victoire, de tirer profit de la région avec en 478 la fondation de la Ligue de Délos, qui entreprend de constituer un Empire maritime assurant l'hégémonie de la cité sur la mer Égée et sa domination sur le monde Grec. Éphèse comme beaucoup de villes Ioniennes entre dans la Ligue.

 

  Toutefois elle ne contribue pas avec des donations de navires, mais elle participe seulement financièrement. L'Ionie et ses cités subissent ensuite les Guerres du Péloponnèse (431-404) où Éphèse est alliée à Athènes. Le déroulement de la longue période qui va de la fin des Guerres Médiques au début de la Guerre du Péloponnèse est mal connu, en ce qui concerne Éphèse, trop peu d’inscriptions de cette époque ont survécu. La cité disparaît de la scène politique internationale et poursuit son existence à travers ses activités commerciales et religieuses.

                                                     En 412, sur l'instigation d'Alcibiade le Jeune (450-404), Éphèse se révolte avec le reste de l'Ionie, contre Athènes. L'aventure est de courte durée, l'Ionie est ramenée à l’obéissance vers 411/410 par la cité Attique. En 407, le Sparte Lysandre entre à Éphèse et bat la flotte Athénienne à Aigos (Aegos) Potamoi. Après sa victoire, toutes les cités restées fidèles à Athènes lui font défection et se soumettent à Lysandre, les Éphésiens lui érigèrent même des statues. Quand les Athéniens reprennent la cité, ces statues sont remplacées par celles de Conon et de Timothée. 

 

   Cependant en 404 l’hégémonie Athénienne n’est plus et la Ligue de Délos est dissoute. Les cités d'Ionie passent alors de nouveau sous la tutelle des Perses. L’impopularité d’Athènes est si grande qu'un parti pro-Sparte voit le jour et prend le pouvoir à Éphèse. Il ne fait pourtant pas l'unanimité et Athènes conserve des partisans dans la cité qui en 395 essaient de reprendre le pouvoir. La même année le Roi de Sparte Agésilas II (398-360) lance une campagne en Asie Mineure contre le Satrape Perse de Lydie et de Carie Tissapherne (v.413-395). De passage à Éphèse il propose ses services pour la restauration de l’Artémision, victime d’un incendie au cours des combats. La campagne d’Agésilas II se solde par la libération des cités d’Ionie de la tutelle Perse. Elles vont maintenant subir la domination de Sparte, mais pour peu de temps.

 

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Détail du temple d'Hadrien

   Ruines du Prytanée

(ou Prytaneion) d'Éphèse

 

                                     Le climat politique est très tendu et en 387/386, Sparte menacée de tous côtés, conclut la paix d'Antalcidas ou paix du Roi avec les Perses et tous les Grecs. Elle accepte la domination Perse et leur cède des cités Grecques d'Asie Mineure. Après un sursaut de Sparte, en 371, à la bataille de Leuctres la suprématie Spartiate sur le monde Égéen est définitivement terminée. L’hégémonie du vainqueur, Thèbes qui s’ensuit n’a que peu d'impact sur le monde Anatolien. Malgré tout, Éphèse, qui sera membre de l'amphictyonie de Delphes, se retrouvera impliquée dans la Troisième Guerre sacrée (357 à 346). À Éphèse ces guerres ne touchent pas beaucoup la vie quotidienne. À cette époque la cité était étonnamment moderne dans ses relations sociales. Elle permettait facilement à des étrangers de s'intégrer. L'éducation était vivement appréciée. À travers le culte d'Artémis, la ville est aussi devenue un bastion des droits des femmes. Ephèse a même eut des femmes artistes.

   Les Perses, profitant du cahot du monde Grec, reprennent possession de l'Ionie. Leurs nouvelles dominations, physique et politique, sur les cités sont similaires à celles qui précédaient les Guerres Médiques, en particulier sur les très lourds impôts. Les Généraux Macédoniens : Parménion (v.400-330) et Attalos I (ou Attale, Roi de Pergame 238-197), vont pénétrer en Ionie, au printemps 336, pour préparer l’attaque des troupes du Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) sur l’Orient.

  

   Ils sont accueillis par les Éphésiens en libérateurs. L'année suivante Alexandre entre à son tour en Ionie. Alexandre va proposer à Éphèse de participer à la reconstruction de l’Artémision détruit en 356, selon la légende, par un fou appelé Herostratus (ou Érostrate). Mais les habitants d'Ephèse refusent, affirmant "qu'il n'était pas opportun pour un Dieu de construire un temple pour un autre Dieu". Il préfèrent lancer une vaste campagne de collecte de fonds sur l’ensemble de l’Ionie

    

 

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Le théâtre d'Éphèse

 

 

                                                                          La période Hellénistique

 

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Ruines du Nymphée de Trajan

 

   Lorsqu'Alexandre le Grand défait les forces Perses lors de la bataille du Granique en 334, les villes Grecques d'Asie Mineure sont libérées. Le Tyran Perse Syrpax et sa famille sont lapidés à mort et Alexandre est reçu chaleureusement à Éphèse où il entre en triomphe. Maintenant sous la tutelle Macédonienne, Éphèse continue, à l'instar du reste de l’Ionie, à vivre en toute autonomie, jusqu’à ce que l’Empire d’Alexandre n’éclate après sa mort et que les conflits pour sa succession entre les différents Diadoques ne débutent. L'Asie Mineure restera, au début, en grande partie Macédonienne. Sous les Macédoniens la cité va devenir un centre administratif important.

 

  Cependant, en 301, après la bataille d'Ipsos, en Phrygie, contre Antigonos I Monophtalmos (306-301), Ephèse tombe sous la domination du Roi de Thrace Lysimaque (322-281) qui fortifie la ville en l'entourant de remparts. Il met à profit une grande inondation du Caystre (ou Caïstre) qui ravage la ville basse pour ramener toute la population dans la ville haute. À cette période, du fait de l'enlisement du port, des marais se forment qui seront la cause d'une très importante épidémie de malaria où beaucoup d'habitants trouveront la mort. Les habitants seront forcés de créer une nouvelle colonie 2 km plus loin, lorsque le Roi fera inonder la vieille ville par le blocage des égouts.

 

   En 292, après que Lysimaque lors de sa campagne est détruit les villes de Colophon et Lébédos, il déplaça les habitants des cités conquises dans sa nouvelle ville d'Éphèse. Elle comptait alors environ 100 000 habitants. Son théâtre pouvait accueillir 24 000 spectateurs. L'architecture de la ville restera inchangée pendant près de 500 ans. Lorsque Lysimaque met la main sur les cités d’Ionie, il se trouve en face d’une coalition "la Confédération Ionienne" (formée un peu avant 315). Cette confédération, dont les structures sont à peu de choses près semblables à celle de la Ligue de Délos, regroupe l’ensemble des cités d’Ionie dans le but d’associer leurs forces économiques et militaires. Une réunion de cette confédération se tient à Éphèse. En 284, Lysimaque va devoir se heurter à cette confédération lorsqu’une partie de l’Asie Mineure se rebelle, suite à l’exécution par le Roi de son propre fils. 

  

  Lors de cette révolte Éphèse sera perdue puis reconquise brutalement. Le principal rival de Lysimaque est le Roi Séleucide Séleucos I Nikâtor (305-280). Celui-ci entre en guerre contre le Roi Thrace et en février 281, à la bataille de Couropédion (ou Couroupédion, en Lydie), Lysimaque est vaincu et tué. Les territoires d'Asie Mineure de Lysimaque, dont Éphèse, deviennent alors possession Séleucide, ils le resteront jusqu'à la bataille de Magnésie. Cependant les Séleucides n'ont pas entièrement la main mise sur Éphèse car ils n’occupent pas l’intégralité de l’Asie Mineure et la ville se retrouve au centre des conflits d’influences et d’intérêts entre les Séleucides à l’Est, les Rois de Pergame au Nord et les Ptolémée d'Égypte au Sud.

 

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La voie Arcadiane

 

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Autre vue du Théâtre

 

   Au cours de la période Séleucide, le Roi Antiochos II Théos (261-246) répudie son épouse Laodice I (ou Laodiké) et l'exil à Éphèse. Dans le même temps, dominées par les Attalides de Pergame les autres cités Anatoliennes prennent progressivement leur indépendance et des Tyrans s'emparent du pouvoir. Ces derniers sont ensuite chassés par Antiochos II qui redonne leurs libertés à toutes les cités. La fin du règne de ce Roi est assombrie par de sanglantes luttes dynastiques qui opposent la Reine Laodice I et son fils Séleucos II Kallinikos à Bérénice II. Au cours de son séjour à Éphèse, Laodice I fomente de nombreuses intrigues pour redevenir Reine.

 

   À la suite de l'assassinat de sa sœur Bérénice II, Ptolémée III Évergète I (246- 222) envahit la Syrie et la "Troisième Guerre de Syrie" éclate (246-241), qui verra la victoire de l'Égypte et où la flotte Égyptienne balaie les côtes de l'Asie Mineure. Éphèse devient alors possession de l'Égypte qui la gardera de 263 à 197. Date où elle est reconquise ainsi que toute l'Asie Mineure par le Roi Séleucide Antiochos III Mégas (223-187). C'est à cette période que les Séleucides entre en conflit avec Rome. Le Roi de Pergame Eumènes II (197-159) s’étant allié aux Romains pour contrer l’expansion Séleucide vers la mer Égée, obtient, par la paix d’Apamée en 188, le contrôle d’une partie de l’Asie Mineure. Éphèse se trouve dans la région nouvellement attribuée et restera sous la domination des Attalides jusque sous le règne d’Attalos III Philométor (ou Attale, 138-133).

  

   Les sources témoignent des relations qu’entretenaient les souverains de Pergame avec Éphèse. Elles étaient faites d'échanges économiques et culturels et de rapports cordiaux et de confiance, puisque le précepteur d’Attalos III était natif d'Éphèse. Lorsqu'Attalos III meurt sans enfants mâles, il lègue son royaume à la République Romaine et l’Anatolie, dont Éphèse, passe dans le monde Romain. Aristonikos, son demi-frère, revendique alors l'héritage des Rois de Pergame, mais sa flotte est anéantie à Kymé (ou Cyme) par celle d'Éphèse qui avait pris le parti des Romains.

 

 

                                         Période Romaine

  La ville sous la domination Romaine est le centre d'un district de la province d'Asie, le conventus Ephesinus et n'a plus de rôle politique. La province est placée sous la direction d’un Proconsul, dont l’une des résidences se trouvait à Éphèse. En 129, un décret de la cité, adressé au Sénat de Rome, retrouvé dans les fouilles du Capitole, indique que les Éphésiens remercient ce dernier pour lui avoir offert la libertas. Ce remerciement est l’expression de leur gratitude de les avoir délivré de la tutelle Attalide. Malheureusement pour les Éphésiens les taxes sont augmentées considérablement et les trésors de la ville sont systématiquement pillés.

 

   En 88 av.J.C, le Roi du Pont Mithridate VI (123 ou 120-63) conquiert l'Anatolie occidentale. À lieu alors ce que l'on a appelé "Les Vêpres d'Éphèse", épisode où 80 000 citoyens Romains d'Asie Mineure sont massacrés (Était tué aussi toute personne qui parlait avec un accent Latin). Parmi eux beaucoup vivaient à Éphèse. Sous Mithridate VI, les cités Grecques jouissent d'une certaine autonomie et de plusieurs droits substantiels. Éphèse bénéficiera même pour une courte période d'une auto-administration.

 

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Porte d'Auguste

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L'arrivée au théâtre

 

   Cependant lorsque Mithridate VI est défait lors de la Première Guerre Mithridatique, en 86, par le consul Romain Sylla (ou Lucius Cornelius Sulla), la cité repasse sous la domination Romaine. Sylla contraint le Roi à signer la paix de Dardanos (En Troade). Les villes d'Asie qui ont accueilli Mithridate VI, sont condamnées à une indemnisation de vingt mille talents avec cinq ans d'arriérés d'impôts ce qui va les endetter pour une très longue période. Plus tard, en 27 av.J.C, lorsqu'Auguste devient Empereur, il fait d'Éphèse la capitale de la région qui couvre la partie occidentale de l'Asie Mineure. La cité va alors entrer dans une ère de prospérité. Elle devient le siège du Gouverneur et un grand centre commercial.

 

   En l'an 100 ap.J.C, la cité est estimée entre 400 000 et 500 000 habitants, ce qui en fait la plus grande ville Romaine. Éphèse est à son apogée au cours du premier et du deuxième siècle de notre ère. La ville ne sera pas épargnée par les troubles qui affectent la plus grande partie de l'Empire Romain au milieu du IIIe siècle ap.J.C. Alors que son enceinte est en ruine, faute d'avoir été entretenue, en 262 sous l'Empereur Gallien (253-268), elle est durement affectée par un raid maritime des Ostrogoths alliés à des pirates Hérules.

                                                                              Ils pillent la ville et incendient le Temple d'Artémis et ravagent probablement d'autres quartiers. Éphèse se redressera lentement de cette agression. Il faut attendre le règne de l'Empereur Dioclétien (284-305), qui rétablit durablement la sécurité de l'Empire et en réforme profondément les institutions, pour voir la ville entrer dans une nouvelle période de prospérité, qui va durer trois siècles, jusqu'aux invasions Perses Sassanides et arabes. Elle le doit à sa situation stratégique sur les routes commerciales où elle demeure un port important. Dans la réorganisation administrative mise en place par l'Empereur Éphèse reste une capitale provinciale, le siège du Proconsul d'Asie. Elle reste la ville la plus importante de l'Empire Byzantin en Asie après Constantinople. L'Empereur Constantin I (305-337) en reconstruit une grande partie et érige un nouveau bain public.

 

   En 406, Jean Chrysostome (344-407), Archevêque de Constantinople, ordonne la destruction du Temple d'Artémis. La basilique de Saint-Jean est construite durant le règne de l'Empereur Justinien I (527-565). En 614, la cité est de nouveau partiellement détruite par un tremblement de terre. L'importance de la ville comme centre commercial va diminuer lentement, au fur et à mesure que le port se remplira de limon de la rivière en dépit de dragues répétées au cours de l'histoire de la ville. Aujourd'hui, le port est à 7 km l'intérieur des terres. La perte de son port lui cause la privation de son accès à la mer Égée, qui était important pour le commerce. Les gens vont alors commencer à quitter la plaine de la ville pour les collines environnantes. Les ruines des temples sont utilisées comme éléments de base pour les nouvelles habitations. La conquête des arabes en 654-655 accélèrera le déclin. 

 

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Médaillon en bronze frappé à Éphèse

sous le règne de l'Empereur Antonin  

 

 

                                                                             Éphèse  et  le  Christianisme

 

Sanctuaire de l’église Saint-Jean

 

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  Éphèse a été un centre important pour les débuts du Christianisme vers 50 ap.J.C. Dans l'histoire de Saint Paul, il est souvent parlé d'Éphèse. Le Christianisme se développe à Éphèse grâce à son association étroite avec l’histoire apostolique. Son église est une fondation de Timothée, disciple de Paul de Tarse (10-65) la vie du saint décrit son martyre sur l’Embolos, puis son inhumation sur le mont Pion et la construction d’un martyrium en son honneur. À partir de 52 à 54, Saint Paul vécu à Éphèse en collaboration avec la congrégation. Il sera impliqué dans un différend avec les artisans, dont la subsistance dépendait de la vente des statuettes d'Artémis dans le Temple d'Artémis (Actes 19:23-41).

 

   Vers 57, l'apôtre est hué et menacé lors d'un prêche, par les fidèles d'Artémis soulevés par l'orfèvre Démétrios qui vivait du culte. La tradition prête à plusieurs proches du Christ leur ultime résidence dans la ville ou ses environs. Le premier est Jean qui serait revenu à Éphèse après la mort de l’Empereur Domitien (81-96) et y serait mort, vers 100/101, sous le règne de Trajan (98-117). L'Évangile de Jean aurait pu être écrite à Ephèse entre 90 et 100. Éphèse était l'une des sept villes d'Asie dans le Livre de l'Apocalypse (2:1 -- 7), indiquant que l'église à Éphèse était importante dès cette époque. Jean aurait été enterré sur la colline d’Ayasuluk, mais l’identité du mort qui s'y trouve fait débat dès le IIe siècle.

 

   La tombe de l’apôtre est en tout cas objet de vénération très tôt et une église vient en monumentaliser l’emplacement dès le IVe siècle. Deux décennies plus tard, l'église à Éphèse était encore assez importante pour que l'Évêque Ignace d'Antioche adresse une lettre écrite aux Éphésiens. Ce serait à Éphèse que la Vierge Marie aurait résidé et elle serait enterrée à la Meryemana. Sur une colline à 7 km au Sud d’Éphèse, une petite église Byzantine du XIIIe siècle, connue sous le nom de "Maison de la Vierge Marie" (Meryemana Evi), y conserverait le souvenir de ce séjour. C'est un lieu de pèlerinage, qui a été visité par les trois derniers Papes. L'église de Marie a été le cadre pour le troisième concile œcuménique en 431, qui a abouti à la condamnation de Nestorius. Des récits détaillent un séjour à Éphèse de Marie-Madeleine. Ils remontent à l’Antiquité tardive : Grégoire de Tours et le Patriarche de Jérusalem Modestus (630-634) relaient cette légende. 

  

 

 Principaux  monuments

 

   Éphèse, contient la plus grande collection de ruines Romaines en Méditerranée orientale. Seuls environ 15% ont été fouillés. C'est à partir de 1863, que T.Wood a fouillé les ruines d'Éphèse et découvert le stade, un grand théâtre, un odéon, plusieurs gymnases etc... Les vestiges qui sont encore visibles de nos jours donnent une idée de la splendeur que la ville a du avoir et les noms associés à ces ruines sont évocateurs de sa vie passée. Les ruines de la cité se trouvent aujourd'hui près de la ville turque de Selçuk, à cinquante kilomètres au Sud d'Izmir. Il y avait, entre autres, deux agoras, l'une commerciale et l'autre pour les réunions d'État.

 

 

Le Temple d'Artémis, l'Artemísion

 

   Le Temple d'Artémis (En Grec : Artemísion Artemísion, en Latin : Artemisium) fut un imposant Temple Ionique diptère en marbre de 133 m de long pour 69 de large et l'une des sept merveilles du monde antique. Ce fut l'un des plus importants sanctuaires de la Déesse Grecque Artémis, Déesse de la chasse et de la nature sauvage, qui était la divinité protectrice de la cité. Il n'est représenté aujourd'hui que par une seule colonne. Il a été révélé lors d'une fouille archéologique menée par le British Museum en 1870. Quelques fragments du décor sculpté, qui ne sont pas suffisants pour suggérer la forme de l'original sont aujourd'hui au British museum de Londres. Il fut bâti vers 560 av.J.C, sur l'emplacement d'un sanctuaire plus ancien. Des tessons de céramiques, mis au jour par des fouilles Autrichiennes, ont permis de confirmer des témoignages sur l'ancienneté du culte d'Artémis Ephesia. Il est construit par Métagenèse et Théodore de Samos grâce à un financement du Roi de Lydie Crésus (561-547) lors de sa conquête de l'Ionie. Ses dimensions colossales et la richesse de sa décoration expliquent sa mention dans 16 des 24 listes des Sept merveilles du monde qui nous sont parvenues.

 

Au premier plan vestiges du Temple

 

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Maquette du Temple d'Artémis, Miniature Park, Istanbul

  

   En 356 av.J.C, selon la légende, il fut détruit suite à un incendie volontaire d'un fou appelé Herostratus (ou Érostrate). Alexandre le Grand (336-323), lors de sa conquête de la ville, proposa à Éphèse de participer à la reconstruction de l’Artémision, Les Éphésiens refusèrent, affirmant "qu'il n'était pas opportun pour un Dieu de construire un temple pour un autre Dieu", et préférèrent lancer une vaste campagne de collecte de fonds sur l’ensemble de l’Ionie. Il est reconstruit à l'époque hellénistique, sur le même plan, par l'architecte Dinocrate qui le fait surhausser par un podium. Il est élargi et enrichi par une nouvelle décoration sculptée qui fut, selon Pline l'Ancien (Écrivain et naturaliste romain, 23-79), exécutée en partie par le sculpteur Scopas (v.420-v.330). Il comportait 128 colonnes de 19 m de haut, dont 36 ciselées. Les architraves avaient chacune 9 m de long. Plus tard, en 262 ap.J.C, le Temple sera pillé et détruit par les Goth seuls quelques vestiges subsisteront sur place. En 401, il sera brûlé par les Chrétiens. L'Empereur Justinien I (527-565) achèvera de le démanteler en prélevant une partie de ses colonnes pour le palais impérial de Constantinople. Ce Temple est également considéré comme étant la première banque au monde car il était possible d'y déposer de l'argent et de le récupérer plus tard crédité d'un intérêt.

 Pour d'autres détails voir :  Le Temple d'Artémis à Éphèse - (Wikipédia)

 

Le théâtre

 

  Cette construction monumentale en marbre mesure 145 m. de large pour un auditorium de 30 m. de haut. Il est encore très bien conservé. Sa construction date de l'époque Hellénistique et se terminera à l’époque Romaine. Toutefois, tout comme l’Artémision, l’édifice hellénistique a été bâti sur la base d'un théâtre plus ancien, qui servit à l’époque classique. La scène de 25 mètres sur 40 et l’auditorium pouvait accueillir jusqu’à 24 000 personnes. D'autres spécialistes ont estimé sa capacité estimée à 44 000 places assises. Il est considéré comme le plus grand théâtre de plein air dans le monde antique. C'est dans ce théâtre que Saint Paul prêcha le Christianisme, mais il fut hué et menacé par les fidèles d'Artémis, soulevés par l'orfèvre Démétrios. Celui-ci vivait du culte et on lui attribue cette phrase qu'il aurait crié à Saint Paul : "Grande est l'Artémis d'Éphèse". Ce théâtre a été utilisé plus tard au cours de l'époque Romaine pour des combats de gladiateurs qui avaient lieu sur la scène. On a retrouvé les premières preuves archéologiques d'un cimetière de gladiateurs. Du haut de ses gradins, les habitants avaient une vue magnifique sur la partie basse de la ville et l'ancien port.

   

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La bibliothèque de Celsus

 

   La bibliothèque de Celsus a été construite en l'honneur du Gouverneur de la ville, Tiberius Julius Celsus Polemaneus (ou Polemaeanus) par son fils qui lui succéda, Gaius Julius Aquila (Consul en 110 ap.J.C) et de riches citoyens populaires. Les travaux débutent en 117 ap.J.C et ne se termineront qu'en 135. Elle contenait 12 000 rouleaux protégés de l'humidité par un système d'aération. Elle devait aussi servir comme tombe monumentale pour Celsus. Sa façade était ornée des statues symbolisant : La fortune (Ennoia), la sagesse (Sophia), la science (Épistème) et la vertu (Arete) de Celsus. Elle occupait le troisième rang des plus grandes bibliothèques du monde, derrière celles d’Alexandrie et de Pergame. Icône emblématique et fierté de la cité au IIe siècle ap.J.C, ce bâtiment l’est encore de nos jours puisqu’il figure sur certains billets de banque Turcs. Le bâtiment est important comme l'un des rares exemples de bibliothèque ancienne à l'influence romaine. Il montre également que les bibliothèques publiques ont été construites, non seulement à Rome elle-même, mais dans l'ensemble de l'Empire Romain. Elle fut incendiée par les Goths en 263 ap.J.C et tout ce qu’elle renfermait fut détruit. Devant la façade en ruines, les Éphésiens installèrent des plaques de marbre pour construire un bassin de fontaine.

 

   La façade que l'on peut admirer aujourd'hui est le fruit d'une reconstitution et reconstruction qui demanda huit années de travaux. Entre 1970 et 1978, les chercheurs F.Hueber, un architecte et V.M.Strocka et un archéologue, travaillèrent presque exclusivement au relèvement de celle-ci, haute de plus de 16 m. et large de 10. Elle est un excellent exemple de l'architecture Romaine publique. Elle servit à l'époque de modèle pour d'autres constructions, dans d'autres villes, qui sont aujourd'hui moins bien conservées. L'édifice est une salle qui fait face à l'Est, le soleil du matin, comme l'a informé de Vitruve afin de faire bénéficier aux lève-tôt d'une lumière maximum pour la lecture.

 

   La bibliothèque est construite sur une plate-forme. L'entrée centrale est plus grande que les deux latérales et toutes sont ornées de fenêtres. L'entrée comporte aussi quatre paires de colonnes Ioniques élevées sur des socles. Une série de colonnes Corinthiennes se trouve directement au-dessus de la première série, ajoutant de la hauteur à l'immeuble. L'intérieur de la bibliothèque n'est pas entièrement restauré, seule l'a été une pièce rectangulaire avec une abside centrale entourée par une grande arche au mur. Une statue d'Athéna, Déesse de la sagesse, était dans l'abside et le tombeau de Celsus se trouvait directement au-dessous dans une chambre voûtée. Les deuxième et troisième niveaux peuvent être atteints par une série d'escaliers intégrés dans les murs.

 

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Détails de la façade

 

 

La basilique de Saint-Jean

 

   La tradition Chrétienne attribue, dès le IIe siècle ap.J.C, à l'évangéliste Jean, l'un des principaux des douze apôtres de Jésus, une sépulture sur la colline voisine du Temple d'Artémis, alors semble-t-il déserte. L'archéologie a confirmé que la tombe date au moins de cette époque, mais l’identité du mort fait débat. On y a trouvé des fragments de sarcophages datés de vers 160 et des monnaies des Empereurs Antonin le Pieux (138-161) et de Géta (211-212). Ce tombeau fut très tôt l'objet d'un culte. Un petit martyrium y fut construit au-dessus lors du règne de l'Empereur Constantin (305-337). Il devint rapidement insuffisant aux besoins du culte apostolique.

 

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Entrée de la Basilique

 

   Il fut alors décidé de construire à sa place une grande église. Cette décision semble avoir été prise avant 431 puisque l'église est citée dans les actes du concile d'Éphèse. De plan basilical, elle se distingue par un plan cruciforme probablement hérité du modèle constantinopolitain de l'Apostoleion. Les quatre bras de la croix partent du centre matérialisé par la tombe de l'apôtre et sont chacun divisés en trois nefs. Selon Procope de Césarée (Historien Byzantin, v.500-v.560), ce fut parce que l'église originelle était en mauvais état qu'elle fut au VIe siècle ap.J.C en grande partie rasée et remplacée par une grandiose église financée par l'Empereur Justinien I (527-565). Le nouvel édifice était également une basilique cruciforme, mais pourvue de six grandes coupoles sur un plan qui est similaire à celui de l'église des Saints-Apôtres de Constantinople, également reconstruite par Justinien I à la même époque. La tombe de l'apôtre occupe toujours le centre de l'édifice, dans une crypte accessible par un escalier.

 

                           Pour d'autres détails voir :  

  La basilique Saint Jean d'Éphèse - (Sacred Destinations)

   Saint-Jean d'Éphèse - (Wikipédia)

 

 

 L'Odéon

 

  Amphithéâtre construit par Vedius Antonius pour son épouse Flavia Papiana, vers 150 ap.J.C. C'était un petit théâtre pour les pièces et quelques concerts, d'une capacité de près de 1 500 à 2 000 personnes. Il fut aussi le lieu où les membres de l'assemblée de la ville et les nobles se réunissaient pour discuter des questions et des décisions concernant la vie de la cité et son développement. Certains spécialistes pensent qu'il servait aussi de lieu de culte. Il y avait 22 marches dans le théâtre. La partie supérieure de la salle est décorée de colonnes de granit rouge dans le style Corinthien. Les entrées se trouvaient des deux côtés de la scène. La partie basse de l'odéon, normalement appelée "orchestre", ne portant pas de traces de canalisations et d'écoulement des eaux de pluie, on peu supposer que l'édifice était à l'origine couvert d'un toit, peut être en bois ?.

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 Le temple d'Hadrien

 

  Le temple dédié à l'Empereur Hadrien (117-138) est construit en 138 ap.J.C par un certain P.Quintilius. Il subira d'importantes réparations au IVe siècle ap.J.C et sera agrémenté de nouveaux fragments d'architecture. Un certain nombre de figures sont représentées dans les reliefs, dont l'Empereur Théodose I (379-395) avec sa femme et ses fils aîné. C'est l'un des plus beaux monuments qui bordent la rue des Curètes (ou Courètes, Prêtres d'Artémis). Les quatre socles qui précèdent la façade du temple supportaient les statues des quatre Empereurs qui régnèrent en même temps: Dioclétien (284-305), Maximien (286-308), Constance I Chlore (305-306) et Galère (305-311). Il est composé d'un pronaos (Vestibule ou l'entrée d'un temple) monumental suivi d'un petit naos (Salle renfermant la statue du Dieu). La dédicace est inscrite sur une architrave. La façade du pronaos est formée d'un fronton triangulaire reposant sur quatre colonnes à chapiteaux Corinthiens. Le buste d'une femme couronnée identifiée à la Déesse Tyché, Déesse de la fortune, orne le centre de cet arc. La frise sculptée au-dessus des murs du pronaos, dans le prolongement du linteau de la porte du naos, sont des moulages, les originaux sont désormais exposés dans le Musée archéologique de Selçuk. Le temple a été représenté sur le revers des billets de banque Turcs.

 

 

 Le temple de Domitien

 

   Le temple de Domitien fut l'un des plus grands temples de la ville. Au cours de son histoire Éphèse va obtenir quatre fois le privilège de pouvoir consacrer un temple à un Empereur et d'en assurer la garde et l'entretien. Domitien (81-96) fut le premier Empereur qui accordera le droit aux habitants d'Éphèse de construire un temple. Pour le remercier, ces derniers élèveront une statue de l'Empereur de 7 m. de hauteur. La tête est exposée au Musée Archéologique d'Izmir et quelques fragments se trouvent au Musée d'Éphèse. L'autel placé devant le temple, mesurait 10 m. de longueur. Il fut construit sur une terrasse de 50 m. x 100 m. sur le côté Sud de la place de Domitien. Aujourd'hui il ne reste plus grand chose de ce bâtiment qui fut surement l'un des plus beaux de la ville, mais ses fondations nous donnent des informations sur sa structure. C'était un temple prostyle (N'ayant qu'une seule rangée de colonne en façade) dont la base mesurait 24 m. x 34 m. Ses côtés avaient huit et treize colonnes.

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   La cella (Partie close du temple qui abrite la statue du Divin) de 9  m. x 17 m. était précédée de quatre colonnes. On accédait à son autel par des escaliers. À l'Est de la terrasse où se trouvait le temple s'était installée une rangée de boutiques. La terrasse était bordée par un parapet formé de deux étages de colonnes superposées dont la rangée supérieur était sculptée. Deux de ces colonnes ont été réinstallées à leur place d'origine. Le temple et sa statue sont quelques-uns des rares vestiges liés à Domitien.

 

 

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La maison de la Vierge

 

   À quelques kilomètres au Sud-est d'Éphèse, sur un versant du mont Kolmissos, les pèlerins Chrétiens se recueillent sur les vestiges d'une maison de pierre dans une chapelle aujourd'hui restaurée. Selon la tradition, Marie aurait passé là les dernières années de sa vie, auprès de l'apôtre Jean à qui, d'après le Quatrième évangile, Jésus mourant l'aurait confiée. Ce lieu de pèlerinage a été reconnu par le Vatican et une cérémonie y est célébrée le 15 août, ainsi que des offices religieux réguliers.

 

 Les autres monuments de la ville

   On trouve encore beaucoup d'autres monuments importants dans Éphèse, dont la plus part sont de l'époque Romaine, comme :

                                                               La porte de Magnésie, que fit élever l'Empereur Vespasien (69-79) et qui menait alors au gymnase oriental ou des statues, aujourd'hui au musée d'Éphèse, furent découvertes. Elle donne accès à l'agora d'État.

 

L'agora d'État ou Agora civique était une vaste place publique qui fut remodelée au milieu du Ier siècle ap.J.C. Elle faisait aussi fonction de basilique. En son centre, se dressait le temple d'Isis qui fut érigé en l'honneur de la visite d'Antoine (83-30 av.J.C).

 

La Porte de Mazeus et de Mithridate, qui tient son nom de celui des deux affranchis d'Auguste qui la firent construire en son honneur. Elle donne accès à l'agora commerciale.

 

L'agora Commerciale, qui fut construite durant la période hellénistique. Elle fut ensuite transformée au Ier et au IIIe siècle ap.J.C. Cette grande place de 100 m sur 110 m, dont trois côtés seulement étaient fermés par des stoas (Partie d'un bâtiment couvert, fermé à l'arrière par un mur plein et ouvert en façade par une colonnade) derrière lesquels se trouvaient des magasins et des entrepôts. Une horloge à eau et un cadran solaire se dressaient au milieu de l'agora. On peut voir aujourd'hui les vestiges des socles de centaines de statues qui ornaient l'agora.

 

Le temple de Sérapis, jouxtant l'agora, date lui du IIe siècle av.J.C. Son entrée située du côté Nord permet d'accéder à la cour du temple. On y remarque surtout les socles des colonnes monumentales et la décoration de ses chapiteaux.

 

Le tombeau / Fontaine de Pollio, érigé en 97 ap.J.C en l'honneur de C.Sextilius Pollio qui a construit l'aqueduc, par Offilius Proculus. Il a une façade concave. Il fut restauré au IIIe siècle. Les fontaines étaient alimentées par des aqueducs.

 

Le temple de Dea Roma et Divus Julius, qui date du Ier siècle ap.J.C. C'était un temple destiné au culte impérial.

 

Le Prytanée (ou Prytaneion) ou brillait le feu sacré de la ville et ou Artémis était vénérée. C'est ici que les archives de l'État étaient conservées, ce fut l'hôtel de ville où se déroulaient les cérémonies, les banquets, les réceptions et la vie politique de la cité.

 

Le Nymphée de Trajan, qui fut une fontaine construite au IIe siècle ap.J.C. Il reste la base et deux pieds de la statue colossale de l'Empereur d'où l'eau s'écoulait en cascade. Elle comportait deux étages atteignant 12 mètres de hauteur.

 

La rue de marbre, qui mène au grand théâtre, longeant sur la gauche l'agora inférieure.

 

Les thermes de Scholastique (ou Scholastikia), construits au IIe siècle ap.J.C. faisaient partie d'un grand complexe de trois étages. Ces thermes furent restaurés au Ve siècle, avec des pierres provenant du Prytanée, par une noble Chrétienne du nom de Christine Scholastique. On y trouve encore une statue assise la représentant. Des Latrines public faisaient partie des Thermes de Scholastikia.

 

Les Bains de Varius, qui sont des thermes qui datent du IIe siècle ap.J.C.

 

Les Maisons de la Pente, qui datent du Ier siècle ap.J.C, furent des maisons luxueuses privées. La plupart possédaient trois étages et une cour intérieure découverte. Les maisons étaient richement décorées de mosaïques et de fresques dont il reste de superbes exemples exposés aujourd'hui au musée d'Éphèse. Une de ces maisons, "La Maison Privée" était une maison close (bien qu'on ne soit pas tout à fait sur qu'elle fut réellement une maison close). On y a découvert une statue du Dieu Priape, dans la mythologie Grecque, Dieu de la fertilité et de l'abondance, qui est aujourd'hui exposée au Musée d'Ephèse et une jolie mosaïque représentant les quatre saisons qui a bien résisté au temps.

 

La Voie Arcadiane, qui est de l'époque hellénistique. C'était une avenue à colonnades de 60 m. de long sur 11 m. de large, rénovée en l'honneur de l'Empereur Arcadius (383-408) au Ve siècle ap.J.C.

 

Le stade, qui faisait une longueur de 230 mètres. On peut encore deviner ses voutes. Ce stade remplace, selon toute vraisemblance, un stade plus ancien de construction Grecque ou peut-être par le Roi de Lydie Crésus (561-547).

 

• D'autres bâtiments furent construits à l'époque Romaine : Le Gymnase de Vedius qui date du Ile siècle av.J.C, Le Mémorial de Memnius. On compte aussi deux autres églises importantes : La Tombe de Luc et la Basilique du stade.

 

 

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 Autre vue du temple de Domitien  (81-96)

 

La voie Arcadiane

  L'Agora   Autre vue du temple d'Hadrien

 

Rue des Curètes (Prêtres d'Artémis)

 

 

 

Quelques personnages célèbres d'Éphèse

 

Héraclite d'Éphèse (ou Heraclitus ou Hêrákleitos, en Grec : Heraclitos ou Hêrákleitos, v.535-v.475 [dates débattues]) qui fut un philosophe pré-socratique. Des lettres apocryphes le désignent comme un contemporain du Roi Perse Darius I (522/521-486). Ce dernier aurait invité Héraclite à sa cour, mais le philosophe refusa l'invitation. Il lutta contre les démocrates de sa ville, et n'était guère apprécié de ses concitoyens.

 

Zeuxis (ou Zeûxis, en Grec : Zeûxis ou Ζεuξις, 464-398 av.J.C) qui fut un peintre contemporain d'Apollodore, le "peintre des ombres", qui disait de lui, qu'"il gardait pour lui l'art qu'il avait ravi aux autres". Il était originaire d'Héraclée. Son œuvre, totalement disparue, est cependant abondamment citée par les Anciens qui le considéraient comme l'un des plus grands peintres de l'Antiquité. Son art, caractérisé par le jeu des couleurs et par les contrastes d'ombre et de lumière, donnait l'illusion de l'espace.

 

Parrhasios (ou Parrhasius, en Grec : Parrhasios ou Παρράσιος, Ve siècle av.J.C) qui fut un des peintres les plus célèbre de Grèce. Pline fixe son apogée à la 85e olympiade (400-396 av.J.C) et le présente comme le contemporain et le rival de Zeuxis. Toujours selon Pline, qui s'appuie sur le témoignage des peintres Xénocrate et Antigone, Parrhasios "a le premier observé la proportion, mis de la finesse dans les airs de tête, de l'élégance dans les cheveux, de la grâce dans la bouche, et, de l'aveu des artistes, il a remporté la palme pour les contours".

 

Agasias (En Grec : Agasias ou Aγασίας, IIe siècle av.J.C) qui fut un des grands sculpteurs Grecs. L'une de ses œuvres les plus connues est la statue appelée "Le Gladiateur Borghèse". C'est une statue de l'époque hellénistique. Longtemps interprétée comme un gladiateur, d'où son nom traditionnel, elle représente en fait un guerrier. Elle est exposée dans la galerie Daru du musée du Louvre.

 

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Héraclite, toile d'Hendrick ter Brugghen - 1628 -

Rijksmuseum  - Amsterdam

 

Xénophon d'Éphèse (ou Xénophon le Jeune, en Grec : Xenophon,  IIe-IIIe siècle ap.J.C) qui fut l'un des premiers romanciers Grecs, et l'auteur du roman intitulé Les Éphésiaques. Il n'est connu que par ce roman, en cinq livres qui a été imprimé en Grec et en Latin, à Londres en 1726, puis M. Jourdan de Marseille en a donné une traduction Française en 1748. Il aurait inspiré le Roméo et Juliette de William Shakespeare.

 

Manuel Philes (1275-1345) qui fut un grand poète Byzantin. Il fut élevé à Constantinople où il fut l'élève de Georgios Pachymerès. Philes semble avoir beaucoup voyagé et ses écrits contiennent beaucoup d'information concernant la cour impériale et les distingués Byzantins. Après avoir offensé l'un des Empereurs par des indiscrétions qu'il publia, il fut jeté en prison et libéré seulement après des excuses.

 

 

 

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