L'Ionie

Les cités Ioniennes :

 Halicarnasse  et  la  Carie

Principaux Rois

 

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Pour plus de détails voir aussi les autres cités Ioniennes :   Chios, Clazomènes, Colophon, Éphèse, Érythrée,

Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos, Smyrne, Téos

 

Sommaire

  

Localisation

L'histoire

Artémise I

Lygdamis II

Hécatomnus

Mausole

Hécatomnus

Idrieos

Ada

Pixodaros

Le Mausolée

Bibliographie

 

 

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Vue des ruines de la porte Myndus

 

 

Localisation

 

  Halicarnasse (En Grec : Ἁλικαρνᾱσσός Halikarnassós ou Halikarnassôs ou Ἀλικαρνασσός Alikarnassós, en Turc : Halikarnas, aujourd'hui Bodrum), est une ancienne ville Grecque sur la côte Sud-ouest de Carie (ou Karkisa) en Asie Mineure. Elle est située dans le golfe de Cos (ou Kos, le golfe de Kerme ou Gökova). D'après Hérodote (Historien Grec, v.484-425), dont ce fut la patrie, la ville est fondée à la fin du XIe ou au début du Xe siècle par des colons Doriens, dont le chef était Anthès et qui vont se mêler aux Lélèges et aux Cariens déjà en place. Bien que Dorienne la ville garde la langue et les mœurs des Ioniens.

 

   Les inscriptions trouvées dans la ville nous montrent qu'au temps d' Hérodote, les actes officiels étaient rédigés en Ionien. La cité n'occupait, primitivement, que la petite île de Zephyria près de la côte, maintenant occupée par le grand Bodrum Castle (Château de Saint-Pierre), construit par les chevaliers de Rhodes en 1404, mais au fil du temps, cette île a été unie au continent et s'est étendue de façon à incorporer Salmakis (ou Salmacis), une ancienne bourgade peuplée de Lélèges et Cariens.

 

 

Samos Colophon Ephèse Priène Milet Carie Halicarnasse Rhodes Lébédos Téos Myonte

 

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L'histoire.......

 

   La création d'Halicarnasse est toujours débattue par les historiens entre les différentes traditions. Ceci dit ils sont d'accord sur un point principal, le fait qu'elle fut une colonie Dorienne. Les motifs sur ses pièces de monnaie, comme la tête de Méduse, Athéna et Poséidon ou le trident, soutiennent le fait que la ville mère de ces Doriens était probablement Trézène (ou Troezen) ou Argos. Les habitants semblent avoir accepté que leur fondateur légendaire soit Anthès, mentionnée par Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C), car ils étaient fiers de leur titre d'Anthéide (ou Antheadae). Le nom Carien d'Halicarnasse a été identifié avec Alosδkarnosδ dans les inscriptions.

 

   Halicarnasse fait partie au début de la Confédération Dorienne, qui réunit avec elle les villes de : Camiros, Cnide, Cos, Lalysos et Lindos (l'île de Rhodes). Cependant elle en est exclue pour impiété pour une raison qui semble n'avoir été qu'un prétexte. Un de ses citoyens, Agasiclès (ou Agasiklès), avait omis d'offrir au Dieu Apollon le trépied d'airain qui récompensait sa victoire dans des jeux et l'avait emporté chez lui. Halicarnasse se rattache alors à la confédération Ionienne qui comprenait elle douze cités : Chios(ou Chio ou Kios), Clazomènes, Colophon, Éphèse, Érythrée, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Smyrne (Izmir) sera ensuite rattachée à la confédération.

 

   Vers 700, les cités d'Ionie et de Carie, dont Halicarnasse, passent sous protectorat des Lydiens, la nouvelle puissance de la région. Cette domination va durer près d'un siècle et demi puisque après la défaite du dernier Roi Lydien Crésus (ou Kroisos, 562-546 ou 561-547) devant le Roi Perse Cyrus II (559-529), les riches cités vont passer sous la domination des Achéménides. Halicarnasse, contrairement aux autres cités Grecques d'Anatolie, va se ranger très vite du côté des Perses, ce qui va lui permettre de jouir d'une certaine autonomie. Elle va ainsi pouvoir former un gouvernement distinct qui est dirigé par des Tyrans installés à Mylasa, sur le golfe de Cos. Le premier d'entre eux est Lygdamis I (ou Lydamis ou Lygdamos, v.520-v.480). On ne sait pas grand chose de son règne. Il semble qu'il fut le fondateur d'une dynastie dite Lygdamide qui statuait sur toute la Carie. Il épouse une Crétoise et c'est sa fille qui lui succède.

 

   Vers 480, Artémise I (ou Artemisia de Carie, en Grec : Artemisia, v.480-v.475), devient "Reine" de Carie vassale des Perses. Elle est Crétoise par sa mère. Son nom provient de la Déesse Artémise, mais selon l'historien Jablonski, le nom est également Phrygien. Toutefois, selon Charles Anthon la racine primitive du nom est probablement d'origine Persane. D'après Hérodote (Historien Grec, v.484-425) il semble que ce ne soit pas elle qui succéda directement à Lygdamis I, mais que son époux décédant rapidement et ayant son fils, Pisindalis, trop jeune pour régner, c'est elle qui prit les rennes du pouvoir. Toujours selon ses écrits : "Elle régnait sur Halicarnasse, Cos, Nisyros et Calymnos...". Il ne faut pas confondre cette dernière ville avec Calymnos, une cité voisine qui fut dirigée par le Roi Damasithéos.

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Jarre fabriquée en Égypte, donnée par le Roi Xerxès I à Artémise I -

   British Museum

 

   Sur un monument de la ville, "le portique des Perses", ainsi nommé parce qu'il a été bâti des dépouilles remportées sur les Perses, se trouve des statues de marbre blanc des chefs de guerre, dont celle d'Artémise I, on dit que cette "Fille de Lygdamis et Reine d'Halicarnasse" a de son propre mouvement, joint ses forces à celles du Roi Perse Achéménide Xerxès I (486-465), dans son expédition contre la Grèce (Deuxième Guerre Médique) et que le 29 septembre 480, lors du combat naval de la Bataille de Salamine, elle participa avec cinq vaisseaux et "Elle fit des prodiges de valeur et de bravoure".

 

   Elle aurait repêché le corps d'Ariabignès, l'un des demi-frères de Xerxès I et l'aurait rapporté au Roi, Xerxès se serait alors écrié : "Mes hommes sont devenus des femmes, et mes femmes des hommes". Une autre "légende" est rattachée à cette "Reine", elle serait tombée amoureuse d'un certain Dardanos d'Abydos qui refusait de lui rendre son amour. Furieuse, elle lui fit crever les yeux dans son sommeil et se jeta dans la mer du haut d'un cap rocheux de l'île de Leucade. Ce geste est connu sous le nom de "saut de Leucade". La même légende, de sa mort, est attribuée aussi à la poétesse Sapho de Lesbos.

 

   L'historien Hérodote, dans ces récits, ne cache pas son admiration pour la Reine : "Des autres Taxiarques  (Chef de régiment) je ne fais pas mention...., mais je fais une exception pour Artémise, que j'admire fort d'avoir fait la guerre contre la Grèce, bien qu'étant une femme...." "De toute la flotte, ses navires étaient, après ceux des Sidoniens, les plus réputés; et, de tous ceux qui prirent part à l'expédition, c'est elle qui donna au Roi (Perse) les meilleurs avis...". Artémise I est la seule femme, mais aussi la seule personne non Perse, que le Grand Roi consulte. Après la défaite Xerxès I, ayant entièrement confiance en elle, ira même jusqu'a lui confier la mission de conduire ses enfants à Éphèse. Hérodote dit : "Ce n'est pas en sa qualité de femme que le Roi lui fait cet honneur, mais pour avoir apprécié ses qualités militaires qu'il peut se permettre de lui confier ses descendants".

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  Mosaïque du IVe siècle av.J.C

montrant une personnification de la ville d'Halicarnasse - British Museum

                   On sait peu de chose sur le fils et successeur d'Artémise I, Pisindalis (v.475-v.470), mais le successeur de celui-ci, Lygdamis II (ou Lydamis ou Lygdamos, en Grec : Lygdamos, v.470-v.450) est en revanche connu pour sa mauvaise réputation. On ne connaît pas son lien de parenté avec Pisindalis, peut-être son oncle ?, certains spécialistes le donnent comme le petit-fils d'Artémise I. Il est tristement célèbre pour avoir pendant son règne, vers 457, exilé l'historien Hérodote pour conspiration contre lui et en 454 fait exécuter, égorgé, le poète Panyassis (ou Paniasis) pour ses activités politiques. Ceci dit, il semble qu'il fît de sa cité une ville puissante qui fut crainte même par Athènes, comme en témoigne un décret passé par "l'assemblée d'Halicarnasse et de Salmakis (ou Salmacis), ainsi que par Lygdamis". Après les victoires des cités de la Grèce continentale contre les Perses qui mettent fin à la Deuxième Guerre Médique, Athènes, qui avait joué un rôle prépondérant dans la victoire, tente de tirer profit de la région avec en 478 la fondation de la Ligue de Délos, qui entreprend de constituer un Empire maritime assurant l'hégémonie de la cité sur la mer Égée et sa domination sur le monde Grec.

 

                   En 469, Lygdamis II, se joint à cette ligue en tant que souverain indépendant. Pour des raisons qui nous sont inconnues, plusieurs Halicarnassiens organisent une révolte contre leur souverain, mais ce dernier réussi à maintenir sa position. Parmi ceux qui sont envoyés en exil se trouve le jeune Hérodote et sa famille. Une inscription intéressante de cette époque enregistre une loi sur la propriété et mentionne que Salmakis (ou Salmacis) serait devenu plus ou moins indépendante. Cela donne à penser que les Grecs et les Cariens étaient encore reconnaissables comme des groupes ethniques. On ne connait pas le nom du successeur de Lygdamis II. À la fin de la Guerre du Péloponnèse (431-404), en tout cas, après 412, Halicarnasse perd son indépendance et fait désormais partie de nouveau de l'Empire Perse, elle appartenait à la satrapie de Carie. En 407, le Sparte Lysandre bat la flotte Athénienne à Aigos (ou Aegos) Potamoi. Après sa victoire, toutes les cités restées fidèles à Athènes lui font défection et se soumettent à Lysandre. En 404 l’hégémonie Athénienne sur la mer Égée n’est plus, la Ligue de Délos est dissoute et les cités d'Ionie passent de nouveau sous la tutelle des Perses.

 

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Pièce de monnaie d'Hécatomnus

   Halicarnasse est gouvernée à partir de 391, par un dynaste local appelé Hécatomnus (ou Hekatomnos ou Hécatomanos ou Hékatomnus de Mylasa, en Grec : Hecatomanos, 391-377) qui avaient obtenu la satrapie de Carie du Roi Achéménide Artaxerxès II Mnémon (404-359). Il sera le fondateur de la dynastie dite "Hecatomnide". Hécatomnus était le fils de Hyssaldomus, le "Roi" de Mylasa, une ville de Carie. Nous ne savons pas grand chose du règne d'Hécatomnus. Il reçoit l'ordre du Grand Roi de constituer une armée, afin d'unir ses forces avec celles d' Autophradatès de Lydie. Ils étaient censés soumettre le Roi de Chypre Évagoras I (410-374), qui visait à l'indépendance de son île. La guerre en mer, cependant, échoue. Il y eut des rumeurs qu'Hécatomnus aurait effectivement reçut une contribution financière de son ennemi afin de ne pas trop aider dans la bataille. Hécatomnus était fasciné par la culture Grecque et il envoya son jeune fils Pixodaros à Athènes, cependant, d'un point de vue religieux, il resta toujours un Carien. Ses pièces de monnaie présentent un style Grec et représentent souvent Zeus. Selon l'orateur Athénien Isocrate (436-338), Hécatomnus voulait démarrer une rébellion contre le Roi Achéménide, mais il n'exécuta jamais ses plans. Il a trois fils : Idrieos, Mausole et Pixodaros et deux filles : Artémise II et Ada. Idrieos et Mausole épouseront respectivement leurs sœurs Ada et Artémise II.

 

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Statue identifiée au Roi Mausole

Mausolée - v.350 av.J.C

- British Museum

   Mausole (ou Maussollos ou Maussolus, en Grec : Mausole ou Μαύσωλος ou Μαύσσωλλος, 377-353) succède à son père comme Satrape de Carie. Nous savons presque rien sur Mausole jeune, mais il est connu pour avoir eu un Xenia (Concept Grec d'hospitalité et par extension, les présents offerts à un hôte) avec le Roi de Sparte Agésilas II (ou Agésilaos, 398-360), ce qui signifie qu'ils étaient liés par une hospitalité mutuelle. Probablement, qu' Agésilas II à rencontré le jeune noble Carien lorsqu'il était en guerre, en Asie Mineure (396-394), mais il est également possible que Mausole est visité Sparte.

 

   Lorsque Mausole arrive au pouvoir, en 377, l'Empire Achéménide est impliqué dans deux conflits majeurs. Au Sud-ouest, l'Égypte est devenue indépendante et le Roi Artaxerxès II Mnémon (404-359) veut la reconquérir, et dans le Nord, la tribu des Cadusiens (Tribu nomade de Perse vivant à l'Ouest de la montagne Elburz, entre le centre de la Médie et de la mer Caspienne, dans la province de Zanjān) était dangereuse. Ce qui fait que Mausole jouissait d'une liberté considérable et plusieurs villes Grecques avaient peur que le nouveau Satrape de Carie étende son pouvoir à l'Ouest. Au cours de cette même année, Mausole passe une alliance avec Athènes, qui était dirigée contre Sparte, mais aussi contre toutes personnes faisant la guerre contre un État signataire, une remarque qui valait d'avertissement pour une attaque éventuelle d'un autre Satrape de l'Empire Perse.

 

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Tétradrachme de Mausole

   Entre 370 et 365, Mausole transfère la capitale de Carie à Halicarnasse, son père ayant toujours résidé à Mylasa, sur le golfe de Cos. La ville est fortifiée avec des nouveaux murs plus imposants, capable de résister aux attaques lancées par les catapultes récemment inventés et elle reçoit de nouveaux habitants en grand nombre. La plus célèbre construction de la cité est le célèbre tombeau (le Mausolée) qui selon Vitruve (Architecte Romain, Ier siècle av.J.C) est commencé par Mausole lui-même. Il est aussi aujourd'hui attesté que très probablement le Satrape fait fortifier, embellir et agrandir d'autres villes Grecques comme : Cnide, Érythrée et Priène.

 

   En 367, le Satrape de Phrygie et du Pont, Ariobarzane I (ou II - Satrape, 363-362, puis Roi ? 362-337) se révolte et une armée Perse est envoyée contre lui. Elle est commandée par Mausole et Autophradatès de Lydie. En 365, ils réussissent à isoler et à assiéger les rebelles dans deux villes : Assos (Cité Grecque de Troade, au Nord de l'Asie mineure) et Edremit (ou Adramyttion ou Atramyttion ou Adramyttum, dans la province de Balıkesir dans la région de la mer de Marmara) lorsque le Roi de Sparte Agésilas II arrive en Asie Mineure avec une force composée de mercenaires pour aider Ariobarzane I. Il se produit alors quelque chose d'étrange, qui n'est pas expliqué encore aujourd'hui par les spécialistes : Agésilas II reçoit une somme d'argent importante et des cadeaux de son ami Mausole pour qu'il ne vienne pas déranger le siège. L'armée du Spartiate était certes dangereuse pour les deux Satrapes mais pas suffisamment pour leur faire rompre les sièges, Mausole n'avait donc pas besoin de payer l'ennemi ?.

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Haut de la statue de Mausole du British Museum

 

   Il est possible qu'en homme politique habile qu'il était, Mausole est voulu corrompre Agésilas II afin de le faire rester à l'écart de Carie où il aurait eut la possibilité d'embaucher plus tard des mercenaires Spartiates. Quelle que soit la raison, en 362, Mausole rejoint brièvement ce que l'historien et chroniqueur Diodore de Sicile (v.90-v.30) appelle la "Révolte des Satrapes" contre le Roi Perse Artaxerxés II Mnémon (404-359). C'est en fait une bien grande appellation pour une série de rébellions qui ont continué pendant un certain temps, sans vraiment menacer la stabilité de l'Empire Perse.

 

   À divers moments, Ariobarzane I de Phrygie et du Pont, Datame (ou Datames, 361-330) de Cappadoce, Mausole pour la Carie, Orontes (401-344) d'Arménie et Autophradatès de Lydie y ont participé et ils ont reçu dans leurs révoltes le soutien des Pharaons d'Égypte, Nectanébo I (380-362), Tachos (ou Téos, 362-360) et Nectanébo II (360-342). Toutefois elles vont permettre à Mausole d'agrandir son territoire qui comprend alors toute l'Ionie, la Lydie, une grande partie de la Lycie et plusieurs îles Grecques.

 

   Vers 360, l'ordre est rétabli et quand le Roi Perse Artaxerxès III Okhos (358-338) succède à son père, au printemps de 358, il n'a rien à craindre de la satrapie. Il choisit d'ignorer le comportement de Mausole, qui avait été parmi les derniers à rejoindre la rébellion et parmi les premiers à changer à nouveau de camp. Bien que Mausole doit accepter une garnison Persane à Halicarnasse, il se comporte de manière de plus en plus indépendante et va même jusqu'à s'attribuer le titre de Roi. Sous son règne la Carie devient l'une des principales puissances maritimes de la mer Égée. Mausole agit comme si la Carie était un État souverain et va passer des traités avec des puissances étrangères comme la ville de Cnossos. De plus il nomme des Cariens à des postes importants du gouvernement, occupés avant par des Perses.

 

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Statue identifiée à la Reine Artémise II -  v.350 av.J.C-

British Museum

    En 358/357, il se sent même suffisamment puissant pour aider Rhodes et ses alliés, Byzance, Cos et Chios dans la "guerre Sociale" contre Athènes. On ne sait pas pourquoi Mausole décide d'appuyer cette rébellion, il est possible que ce soit le Roi Artaxerxès III Okhos qui lui ait demandé pour inciter à la révolte chez les Grecs. Ces cités vont ensuite devoir allégeance à la Carie. La rébellion des ex alliés d' Athènes va créer une grande agitation dans le monde et la mer Égée, le Roi de Perse va profiter de l'occasion pour lancer une attaque sur l'Égypte. Mausole n'ayant pas de descendance, à sa mort c'est sa sœur et épouse Artémise II qui arrive au pouvoir.

 

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Artémise se préparant à boire les

cendres de son mari -

 Francesco Furini - XIIe siècle

    Artémise II (ou Artemisia, en Grec : Artemise, 353 à 351), à la mort de son frère et époux, fait continuer les travaux et embellir le magnifique tombeau dit "le Mausolée", l'une des sept merveilles du monde, en l'honneur de son mari. Elle organise également un grand concours, décernant un magnifique prix à l'orateur qui ferait l'éloge le plus éloquent de son époux. Selon Aulu-Gelle (Grammairien et compilateur Romain, v.115– ?), y auraient participé, Isocrate (Orateur Athénien, 436-338) et Théopompe (Historien Grec de Chios, 376-323), lequel remporte le concours. Une légende dit qu'Artémise II aimait tellement son mari, qu'elle alla jusqu'à mêler journellement dans sa boisson les cendres du défunt. Certains spécialistes pensent au contraire qu'elle fait toutes ces dépenses en l'honneur de Mausole uniquement dans le but d'affermir sa légitimité.

 

   Elle décide de suivre une politique prudente vis à vis du Roi Perse Artaxerxès III Okhos (358-338), mais continue la politique de Mausole envers les Grecs. Elle soutient notamment le parti oligarchique, sur l'île de Rhodes. Ce qui provoque une révolte des Rhodiens qui décident de conquérir Halicarnasse, qu'ils assiègent. Toutefois, à partir de son palais sur l'île Royale, Artémise II remarque qu'ils font une grosse erreur tactique et qu'ils n'ont occupé que le port Est de la ville, duquel ils ne peuvent pas voir ce qui ce passe dans le port Ouest. La Reine décide alors de monter un raid éclair où elle surprend et bat les Rhodiens. Son état de Reine est désormais incontestable. Elle poursuit son action et envahit Rhodes à son tour afin de mater cette révolte soutenu par l'Athénien Démosthène (384-322) et elle s'empare de certaines cités Grecques d'Ionie. Elle fait ériger un monument à Rhodes pour commémorer sa conquête de l'île, appelé plus tard "la fois" Aβατoν (Abaton). Cependant elle décède à peine deux ans après.

  

   C'est son frère Idrieos (ou Idrieus ou Hidrieus, en Grec : Idrieos, 351-343) qui lui succède. Il était le deuxième fils d'Hécatomnus. À peu près au même moment qu'Idrieos arrive au pouvoir, le Roi Perse Artaxerxès III Okhos (358-338) envoie une armée pour attaquer l'Égypte, mais il est vaincu par les mercenaires Grecs du Pharaon, Nectanébo II (360-342). Immédiatement, Artaxerxès III ordonne qu'une nouvelle armée soit assemblées à Sidon, mais la population de cette ville Phénicienne n'est pas en mesure de faire face au grand nombre d'étrangers et son Roi Tennès (Tabrit en Phénicien, ?-346/345) se révolte. Nectanébo II envoie 4 000 mercenaires, commandés par Mentor de Rhodes, aider les Sidoniens contre leur suzerain Perse et la révolte s'étend en gagnant Chypre où elle est dirigée par Pnytagoras (351-332), le neveu du Roi Chypriote Évagoras II (353-351).

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Tombeau d'Idrieos

 

   En 351, Artaxerxès III ordonne alors à Idrieos de lever une armée et la flotte à la reconquête de Chypre. Les Satrapes de Cilicie et de Syrie, Mazæos (ou Mazaeus) et Belesys (ou Belysis), sont eux chargés de contenir la rébellion de Sidon. Toutefois, ils sont repoussés par Mentor et il est possible que la révolte se soit propagée en Judée à Samarie et dans le Sud. En 346/345, Artaxerxès III excédé prend personnellement les choses en main et reprend Sidon, dans laquelle il fait de nombreux prisonniers, dont Mentor. Conscient de la disproportion des forces ce dernier change de camp. En 343, Idrieos, avec une armée de 8 000 mercenaires et 40 navires, que dirigeait le commandant Athénien Phocion et Évagoras II, débarquent à Chypre et mettent le siège devant Salamine. Mais ils échouent et Évagoras II doit abandonner définitivement Chypre. Pour le dédommager, Artaxerxès III lui attribuera le gouvernement de Sidon.

 

   Toutefois, il est possible qu'Idrieos soit un peu responsable de la défaite et qu'il ne soit pas tout à fait resté fidèle à Artaxerxès III. En effet, en 346, l'orateur Athénien Isocrate a adressé un discours au Roi de Macédoine Philippe II (359-336) dans lequel il fait valoir qu'il serait facile de renverser l'Empire Perse, parce que l'Égypte, la Phénicie et Chypre étaient toujours en révolte et qu'Idrieos de Carie, qui est présenté comme le dirigeant le plus riche en Asie Mineure, serait un allié utile. Peut-être Isocrate savait quelque chose que l'histoire moderne n'a pas retenu pour l'instant. Idrieos décède d'une maladie en 343 (on trouve aussi en 344). Dans son testament, il fait de sa sœur et épouse Ada son successeur. Le pouvoir d'Halicarnasse, qui avait été créé par Mausole et élargi par Artémise II et Idrieos, va rapidement décliner.  

 

   Ada (En Grec : Ada, 343-340 et 334-326) serait née en 377. Elle succède à son époux et comme l'avait fait ses prédécesseurs, elle se range au début du côté des Perses. Toutefois son époux à fait une grave erreur tactique en confiant le trône à son épouse plutôt qu'à leur jeune frère Pixodaros. Celui-ci s'estime offensé et les deux membres de la famille royale vont très vite se quereller.

 

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Vestiges du "mausolée d'Halicarnasse"

  En 340, Pixodaros (En Grec : Pixodaros, 340-334) renverse Ada avec l'aide du mercenaire Grec Mentor de Rhodes (v.385-v.340). Ada est expulsée de sa capitale Halicarnasse. Pixodaros est maintenant en charge de la ville, mais la dynastie est cependant discréditée.  Il n'est pas un nouveau venu dans le jeu politique. Un fragment du poète comique Athénien Épigènes suggère que très jeune homme, son père Hécatomnus l'avait envoyé étudier à Athènes où il agissait en tant qu'Ambassadeur. Cela a vraiment du se passer ainsi parce que jusqu'à sa prise de pouvoir on n'entend plus parler de lui. Bien que Pixodaros ait le trône, Ada restait puissante dans les campagnes et conservait la possession de la forteresse d'Alinda. Cela crée des problèmes lorsque le général Macédonien Parménion envahi l'Asie Mineure au printemps de 336, les Perses devront mettre plus de troupes que nécessaire pour repousser les intrus, Pixodaros ne pouvant pas contrôler toute la Carie. Il doit affermir sa légitimité et trouver des alliés. En 339, Pixodaros tente une approche diplomatique avec les Macédoniens en mariant sa fille à Philippe III Arrhidée (323-317) le deuxième fils du Roi de Macédoine Philippe II (359-336), mais son projet est contrecarré par Alexandre le Grand (336-323) et l'alliance est annulée.

 

   À l'automne de 336, Alexandre le Grand succède à son père et, au mois de mai 334, son armée écrase les Perses sur les rives du Granique, il poursuit alors vers le Sud et il rejoint Parménion, où les cités de Sardes en Lydie et Milet sont prises. Plus ou moins à la même époque Pixodaros meurt. Il avait proposé sa même fille à Orontobatès un proche du Roi Perse Darius III Codoman (336-330). On ne sait pas quand eut lieu le mariage, probablement avant 334, car si Pixodaros était mort sans successeur le Roi Darius III pouvait simplement reconnaître Ada et recréé une Carie forte, le fait qu'il ne le fit pas, suggère qu'Orontobatès était déjà devenu un membre de la dynastie et avait une légitimité au trône. Pour Alexandre il faut prendre la Carie, il s'allie alors avec Ada et reçoit la reddition de la forteresse d'Alinda. Elle le reconnait comme son suzerain et Alexandre la confirme dans son rôle de Reine/ Satrape.

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Tête d'Apollon  - Mausolée -

v.350 av.J.C - British Museum

 

   Malheureusement, il reste encore à saisir sa capitale et Halicarnasse n'est pas une ville facile à prendre. Ses murs ont été construits par Mausole et ont été conçus pour repousser des attaques importantes même celles avec des catapultes. En outre, Orontobatès emploie des mercenaires Grecs, commandés par le général Memnon de Rhodes, l'un des meilleurs généraux de l'armée du Roi Darius III. La garnison de la ville est également préparée pour faire face à des attaques surprises. Au cours d'un des assauts d'Alexandre sur le mur Nord, les soldats ennemis se sont précipités à partir de la porte et Myndus pour attaquer le flanc droit Macédonien. La discipline des anciens combattants de l'armée d'Alexandre a empêché de justesse une catastrophe. À l'automne 334, Alexandre n'est pas en mesure de prendre la ville.

 

    Une autre raison importante pour le Macédonien de l'absence de succès est le fait qu'il ne possède pas de marine, tandis que les Perses pouvaient renforcer Halicarnasse quand ils le voulaient. Affamer, la ville était donc impossible et Alexandre regretta vite sa décision d'attaquer la cité. Toutefois, les Macédoniens furent en mesure de prendre l'Acropole (sur la colline) et la ville basse, ce qui se présentait comme une victoire suffisante pour aller de l'avant. Alexandre laisse alors une garnison chargée de poursuivre le blocus de la citadelle. Celle-ci se rendra après une année et le décès, de mort naturelle, de Memnon de Rhodes.

 

   Quand à Orontobatès ce qu'il devint n'est enregistré nulle part. Ada semble être restée Reine/Satrape de Carie jusqu'en 326. Selon les archéologues Turcs, son tombeau a été découvert et ses vestiges et ses os sont exposés au musée archéologique de Bodrum. Halicarnasse ne va jamais totalement récupérer de la catastrophe de l'état de siège et Cicéron (Homme d’État Romain et un auteur Latin, 106-43) la décrit comme presque déserte. L'artiste baroque Johann Elias Ridinger dépeint les diverses étapes du siège et la prise de la place dans une immense gravure sur cuivre. Après Ada et la mort d'Alexandre le Grand, la Carie est contestée par ses successeurs. Halicarnasse est d'abord dirigée par le Roi de Macédoine Antigonos I Monophtalmos (306–301), puis en 301, par le Roi de Thrace Lysimaque (322-281), puis passe sous la domination des Rois Séleucides. Toutefois, lorsque la guerre éclate entre le Roi Antiochos III le Grand (223-187) et de la République Romaine, Halicarnasse est en mesure de poursuivre une politique pro-Romaine. Elle est un court temps la possession du Roi de Macédoine Philippe V (221-179).

 

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 Amazone à cheval frappant un Grec et à droite, Grec attaquant une amazone tombée à terre -

Frise des amazones du Mausolée

   Après cela, bien que relativement indépendante, la ville appartient désormais au monde Romain et au début des premier siècle avant notre ère, elle est devenue une cible naturelle pour l'ennemi de Rome, le Roi du Pont Mithridate VI (123 ou 120-63) et pour les pirates Ciliciens. En 58, la ville est annexée et fait partie de l'Empire Romain. Au cours de la guerre civile Romaine, elle soutient Jules César et son type de politique suivie à l'égard des Juifs. Enfin, en 129 ap.J.C, elle est rattachée à la province Romaine d'Asie avant d'être annexée par l'Empire Byzantin. Les historiens Grecs : Hérodote (v.484-v.425) et Denys (Denys d'Halicarnasse, 54 av.J.C-8 ap.J.C) sont originaires de la cité.

 

 

Le Mausolée d'Halicarnasse

 

   Le mausolée (En Grec : ὁ Τάφος τοῦ Μαυσσώλου ou τὸ Μαυσσώλειον Ἁλικαρνασσεύς ou τὸ Μαυσ (σ) ωλ (λ) εῖον τοῦ Ἁλικαρνασσοῦ , ho tou Taphos Maussôllou, à Maussôleíon Halikarnasseús, à Mausoleion tou Halikarnassoû "La tombe de Maussollos", en Latin : Sepulcrum Mausoli Halicarnasense Mausolée Halicarnasense) est selon Vitruve (Architecte Romain, Ier siècle av.J.C), commencé par Mausole lui-même qui fait entreprendre la construction de son tombeau. Par contre Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C), Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180) ou Pline l'Ancien (Naturaliste, écrivain latin, Ier siècle ap.J.C. qui a laissé une description très complète sur le Mausolée), prétendent que c'est sa sœur et veuve, Artémise II qui décide de construire un monument exceptionnel en l'honneur de son époux. Cependant, comme elle ne règne que pendant deux ans après lui, il est très probable que le monument est été commencé du vivant du Roi pour être terminé en 350, mais on ne sait pas par qui il fut achevé, la Reine étant morte en 351. Certains spécialistes optent pour le frère de Mausole, d'autres pour Alexandre le Grand<> (336-323), la question reste sans réponse.

                     Ce qui est presque sur, selon les historiens de l'époque, c'est que le Mausolée a longtemps fasciné ses visiteurs par sa beauté. Les plus grands artistes contemporains ont collaborés à sa construction et à son embellissement même bien après sa finition : Les architectes Grecs Scopas (v.420-330), Pythis (ou Pytheos ou Pythius) qui était l'un des plus réputé de cette époque et Satyros (ou Satyrus), les sculpteurs Grecs Bryaxis (v.350-v.290), Léocharès (v.380-v.320), Timothée (Timothéos) etc. Le Mausolée est resté en bon état, jusqu'à ce qu'un tremblement de terre l'endommage au XIIe siècle et il tomba en ruine, laissé à l'abandon. Au début du XVe siècle, les Hospitaliers, des chevaliers de Saint Jean de Malte, qui avaient envahi la région, construisent un château (Le château Saint Pierre) avec les pierres restantes du Mausolée.

 

                        Aujourd'hui, reste le château, le Mausolée a disparu, sauf ses fondations et on peut distinguer les pierres en marbres qui ont appartenu au monument funéraire. Au XIXe siècle, l'emplacement du mausolée a été fouillé et a permis de sauver des bas-reliefs et des statues qui ont été envoyés au British Museum où l'on peut les admirer aujourd'hui et se faire une idée objective de la forme et de l'apparence que pouvait avoir le Mausolée. Il était de forme rectangulaire, faisait 45 mètres de haut et était entourée d'une enceinte sacrée ouverte à l'Est par un propylée (Porte d'entrée d'un sanctuaire). La construction était érigée sur plusieurs niveaux.

 

                       Au premier niveau, un podium en escaliers, sur lequel se trouvaient la chambre funéraire et le sarcophage, était entouré de 36 colonnes. Au dessus la colonnade supportait un toit en forme de pyramide de 24 degrés. Au sommet de cette pyramide se trouvait une statue d'un quadrige (Chariot tiré par quatre chevaux) en marbre. La beauté du Mausolée résidait dans ses décorations et ses statues qui ornaient son extérieur.

 

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Ci-dessus, différentes représentations au cours des temps du Mausolée

 

Bibliographie

 

  Pour d'autres détails sur la cité et ses monuments voir les ouvrages de :

 

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