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Pour plus de détails voir aussi les autres cités Ioniennes :
Chios,
Clazomènes,
Colophon,
Éphèse,
Érythrée,
Halicarnasse,
Lébédos,
Myonte,
Phocée,
Priène,
Samos,
Smyrne,
Téos
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Vue du site, l'agora et l'ancien port Photo avant retouche : |
Noms, localisation et origine
Milet (En
Grec :
Milêtos Milêtos, en Latin : Miletus,
en Ionien : Μίλητος
Milet, en Dorien : Μίλατος Milatos,
en Eolien : Μίλλατος Millatos), est une des plus anciennes cités
d'Ionie sur la côte Ouest de l'Anatolie.
Elle est située près d'Akköy, à l'embouchure du Méandre, sur la rive Sud du golfe
Latmique, qui est aujourd'hui comblé par des alluvions. La ville était composée de deux parties, une sur le continent,
l'autre dans une presqu'île, les deux reliées par un isthme que fermaient de hauts murs d'enceinte. Depuis sa création elle
aurait eu plusieurs noms, elle se serait appelée successivement : Lelegis, Pityusa, Anachoria, mais selon un mythe
Grec,
Milet (fils d'Apollon) était venu s'y installer avec une colonie de Crétois et la ville aurait gardé son nom.
Cette cité peut-être aussi celle appelée Millawanda dans les textes
Hittites.
Milet était renommée pour ses confections et son industrie de la laine. La laine de
Milet était considérée comme la meilleure du monde antique et les Milésiens en exportaient jusqu'en
Égypte,
Rome etc... La cité exportait tous ses produits grâce à quatre ports, protégés par un groupe d'îles, dont la
principale était Ladé.
Pour plus
de détails voir aussi :
La carte d'Ionie
L'histoire.......
Les
premières données archéologiques dont nous disposons indiquent que Milet et les îles en face, étaient habitées dès le
néolithique, vers 3500-3000 av.J.C. Du pollen trouvé dans des échantillons du lac Bafa, dans la région intérieure de Milet
suggère qu'une petite forêt culminait la vallée du Méandre. Les îles au large de la cité avaient peut-être une importance
stratégique à l'embouchure du fleuve et contrôlaient une route intérieure protégée par des escarpements. L'histoire de Milet
commence véritablement à la fin de l'Âge du Bronze avec des traces de la cité dans des documents de l'Empire
Hittites.
L'archéologie
préhistorique du début de l'Âge du Bronze et du Moyen Bronze dresse le portrait d'une ville fortement influencée
par la société et les événements de la mer Égée, plutôt que par ceux de l'intérieur. À partir de vers
1900 av.J.C, nous savons, par des artefacts retrouvés appartenant à la civilisation
Minoenne, que Milet exerçait avec
cette dernière une activité commerciale. Il semble même que cette civilisation eut une forte influence sur la cité.
Cette réalité archéologique tend à confirmer un afflux de population provenant de
Crète, mais pas nécessairement comme
le prétend Strabon (Géographe
Grec,
v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C) une création de la cité par cette dernière. Éphore de Kymé (ou Éphore de Cyme, IVe siècle av.J.C)
dit que Milet a été fondée et fortifiée au-dessus de la mer par les
Crétois menés par Sarpédon, le lieu étant
autrefois possession des Lélèges.
Les fouilles archéologiques ont révélé la présence
sur le site d'une ville
Mycénienne datant du
XIVe siècle. Milet est mentionnée pour la première fois dans les annales du souverain
Hittites Moursil II
(ou Mursil ou Mursili, 1341-1310) sous le nom de Millawanda. En 1320 av.J.C, Millawanda soutient la rébellion
contre ce dernier, du Roi d'Arzawa
Uhha-Ziti (ou Uhhazidi ou Utta-Ziti) avec l'aide du royaume
d'Ahhiyawa.
Moursil II ordonne à ses généraux Mala-Ziti et Gulla un raid sur Millawanda. Ils vont prendre la ville et en brûler une partie.
La cité est alors fortifiée une nouvelle fois sur un plan propre aux constructions
Hittites.
Millawanda est mentionnée de nouveau dans la lettre Tawagalawa, lettre qui a été écrite par l'Empereur
Hittite
Hattousili III (1264-1234)
à un Roi d'Ahhiyawa autour de
1250 av.J.C. Cette lettre, dont seule la troisième tablette a été conservée, porte sur les activités d'un aventurier,
Piyama-Radu, contre les Hittites et
demande son extradition. La lettre est ainsi nommée parce qu'elle mentionne un frère du Roi
d'Ahhiyawa nommé Tawagalawa,
un nom qui a été mis en corrélation plus tard avec le nom
Grec : Etewoklewes, Etéocle,
d'où sa réputation.
La lettre Tawagalawa
note que le Gouverneur d'Atpa, Milawata, ville qui était sous la juridiction
d'Ahhiyawa,
et que la ville d'Atriya sont sous le contrôle des Milésiens. Une autre lettre mentionne que l'aventurier Piyama-Radu a
humilié Manapa-Tarhunta d'Atpa et qu'un Empereur
Hittite l'a chassé à Millawanda.
Une autre lettre encore, appelée "Milawata", mentionne une expédition par l'Empereur
Hittite et un vassal, probablement
Kupanta-Kurunta de Mira contre Millawanda et note que la cité et Atriya sont désormais sous contrôle
Hittite. Lors de
la période de l'effondrement de l'Anatolie et des
Hittites due à l'invasion des
Peuples de la mer,
Milet sera de nouveau incendiée.
D'après la tradition, rapportée par
Pausanias (Géographe
Grec,
v.115-v.180), l'origine et la création de la cité sont attribuées à des colons
Grecs emmenés par Néléus,
un des nombreux fils du 17e et dernier Roi
d'Athènes, Codros (ou Kodros). Les
Ioniens auraient tués les hommes de Milet et auraient épousés leurs
femmes. Par la suite on retrouve la ville faisant partie d'une confédération
Ionienne regroupant douze cités :
Chios(ou Chio ou Kios),
Clazomènes,
Colophon,
Éphèse,
Érythrée,
Lébédos,
Myonte,
Phocée,
Priène,
Samos et
Téos.
Smyrne (Izmir) est ensuite rattachée à la confédération et
Halicarnasse
les rejoindra après avoir été chassée pour impiété de la sienne.
Au cours de son histoire, la cité va être dirigée par tous les types de
gouvernements et régimes politiques : La monarchie, l'oligarchie, l'aristocratie
et la tyrannie. Au VIIIe siècle, comme beaucoup de cité
Grecques d'Asie Mineure,
la ville est attaquée par les
Cimmériens, qu'elle réussira à repousser. Elle se retrouve ensuite impliquée dans la guerre entre les deux
anciennes cités-États Grecques
Chalcis et Erétrie, vers 710 à 650 av.J.C pour la possession des plaines fertile de l'île d'Eubée.
Au cours des VIIe et VIe siècles, Milet va connaître son apogée et fonde de nombreuses
colonies (Environ 80) sur la Mer Noire
(Pont-Euxin) et jusqu'en mer d'Azov, dont Abydos, Cyzique, Cius, Byzance,
Sinope,
Trapézonte,
Olbia,
Odessos
(ou Varna) (Voir carte de la Mer Noire).
Elle devient au sein de la confédération Ionienne une
importante puissance maritime et la première puissance commerciale du monde antique après Carthage et
Tyr.
Stoa Ionique sur la voie sacrée
Photo avant retouche :
Wikipédia
La cité connait un grand essor
à la fin du VIIe / début du VIe siècle av.J.C sous la tyrannie de Thrasybule
(En Grec :
Thrasýboulos o Milêtos Thrasýboulos de Milêtos, en Latin : Trasibulus).
C'est l'époque des premiers ateliers monétaires et où la ville voit naître des philosophes et mathématiciens comme : Thalès
(v.625-547), Anaximandre (Philosophe, 610-546) qui est le premier à mesurer le temps avec un gnomon (Ancêtre du cadran
solaire) et à soutenir que la terre est un cylindre et aussi Anaximène (v.585-v.525) etc...
Thrasybule est un allié de
Périandre (627-587),
le Tyran de Corinthe.
La richesse et le faste de la cité vont attirer les convoitises de son plus en plus puissant voisin, la
Lydie.
Toutefois, au début il semble que Milet soit alliée aux
Lydiens. En effet d'après Strabon
(Géographe Grec,
v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C), lors de la campagne de son Roi
Gygès (687-652 ou 685-644), qui
s'empare de la côte Carienne,
du Nord et du Sud de la Troade et de la Mysie, il aurait été aidé par les Milésiens qui établissent la colonie
d'Abydos sur l'Hellespont.
Cependant,
le Lydien
aurait changé ensuite de politique, puisque grâce à la supériorité de sa cavalerie,
Gygès assiège Milet
et Smyrne, mais sans succès. Par contre,
selon Hérodote (historien
Grec, 484-v.425), il prendra Magnésie et
Colophon.
Le Roi de Lydie suivant, Sadyatte
(ou Sadyattès, 615-610 ou 637-618), va écraser par deux fois l'infanterie
Milésienne dans les basses plaines du Méandre
mais il ne prendra pas la cité. Un de ses successeurs
Alyatte II (618-562 ou 610-561)
va lui aussi tenter de soumettre Milet, mais sans jamais vraiment y parvenir. La fin de la longue guerre se soldera sous
le Roi de Lydie suivant,
Crésus (561-547) qui préfèrera signer un traité
de paix avec la cité. Lorsque
Crésus va être défait par le Roi
Perse
Cyrus II (559-529),
les riches cités d'Ionie vont passer sous la domination des
Achéménides. Mais là encore Milet
ne sera pas soumise totalement et, en 546, le Roi
Perse Achéménide signera lui aussi
un traité plutôt que de tenter de soumettre la cité par la force. Après la mort de Thrasybule, la ville va
souffrir de violents conflits internes, finalement arrêtés par des arbitres de Paros (Île
Grecque de la mer
Égée, à l'Ouest de Naxos dans l'archipel des Cyclades) qui remettent le pouvoir aux mains des propriétaires terriens.
Puis deux Tyrans suivront après Thrasybule, Thoas
(En Grec :
Thoas ou Θόας) et
Damasanor (En Grec :
Damasanor), dont on ignore s'ils avaient un
lien de parenté. On ne connait pas non plus avec précision leurs dates de règne. Lors de leurs règnes Milet
conserve sa prospérité même sous la domination Perse.
Le
Tyran suivant, Histiée
(En Grec :
Hitiaios o Milêtos Hitiaios de Milêtos, en Latin : Histiaeus, 499-494)
est le fils de Lysagoras, il doit son statut de Tyran au Roi
Perse
Darius I
(522-486). Selon Hérodote
(Historien Grec,
v.484-v.425) Histiée avec d'autres Tyrans participe à l’expédition de
Darius I
contre les Scythes et ils ont en charge la défense d'un pont sur le Danube. Les Scythes tentent de persuader
Histiée et les autres d'abandonner le pont. Une faction, dirigée par Miltiade Tyran
Athénien de
Chersonèse Taurique (523-489), voulait
suivre les conseils des Scythes, mais Histiée fait valoir qu'ils doivent rester, car ils tiennent leur pouvoir de
Darius I
et celui-ci ne manquerait pas de les tuer s'ils trahissaient.
Histiée suggère de faire semblant de
suivre le plan des Scythes et il envoie un ambassadeur les informer qu'ils sont d'accord pour trahir.
Darius I,
pendant que le reste des Tyrans commence la démolition du pont. Il dit aux Scythes que l'autre rive est
désormais abandonnée des
Perses. Cependant lorsque ceux-ci veulent traverser le fleuve ils se retrouvent bloqués. Histiée arrive
alors avec des navires et écrase les Scythes. Au cours de l'expédition Histiée commence la construction d'une
colonie à Myrcinus. Site de la dernière Amphipolis au dessus de la Chalcidique sur la rivière Strymon.
Après cette victoire Histiée rentre à Sardes avec
Darius I et
ce dernier lui demande ce qu'il voulait en échange de ses services. Histiée répond qu'il aimerait Myrcinus
et des riches domaines situés en
Thrace. Le commandant
Perse Megabaze soupçonne alors
Histiée de vouloir ces territoires pour des raisons stratégiques, car ils contrôlaient
les routes commerciales en Europe et ils possédaient de nombreuses ressources comme des mines d'argent ou du bois.
Darius I ne pense pas
qu'Histiée soit déloyal, mais il lui demande de revenir à
Suse comme ami et conseiller. Histiée
est obligé d'accepter et laisse à sa place à Milet son neveu et gendre
Aristagoras.
Toutefois le Tyran n'aime pas la vie à
Suse et il commence à imaginer un plan
pour reprendre son pouvoir à Milet et inciter les villes d'Ionie
à la révolte contre le Grand Roi Perse.
En 499, il imagine une ruse diabolique pour faire passer un message à son neveu. Il fait raser la tête d'un
esclave puis lui inscrit un message dessus. Il attend que les cheveux repoussent et cachent le message et il envoie
l'esclave à Aristagoras. Le texte est clair, il appartient à
Aristagoras de lever la révolte des cités
d'Ionie le plus vite possible. Ce dernier, bien qu'il soit
détesté par ses propres sujets, après une expédition à
Naxos qui
s'est soldée par un échec, arrive quand même à suivre les instructions d'Histiée. Avec l'aide des
Athéniens et des Erétrieens ils attaquent et brûle
Sardes.
Lorsque
Darius I apprend la révolte,
il envoie, la même année Histiée pour la mater, ce dernier faisant semblant de ne pas avoir connaissance de ses
origines.
Darius I est
berné et permet à Histiée de quitter les lieux. Sur le chemin du retour, Histiée s'arrête à
Sardes où le
Satrape de
Lydie Artapherne (ou Artaphernês), le neveu de
Darius I, lui demande
également quelle était la cause de la révolte. Histiée de nouveau fait semblant de ne pas avoir d'idée,
mais Artapherne à vent de toute l'histoire. Histiée est contraint de fuir à
Chios. Il tente alors d'impliquer d'autres
Perses de
Sardes dans l'histoire.
Ceux-ci seront par la suite tués par Artapherne.
Cette grande révolte de 499 est à l'origine
des Guerres Médiques (499-479).
Cependant il faut noter que selon
Hérodote (Historien
Grec, v.484-v.425)
la rébellion n'est due qu'au Tyran Aristagoras. Des nobles
de Naxos,
lorsque qu'Histiée était retenu à Suse,
avaient été chassés de leur île par une révolte. Ils auraient alors sollicité
l'aide d'Aristagoras
pour reprendre le pouvoir. Aristagoras aurait persuadé
Darius I d'intervenir pour reprendre
Naxos, mais l'expédition,
en 500, se serait soldée par une défaite et celui-ci se serait brouillé avec le général
Perse.
En 498, les hauteurs de la
ville d'Éphèse vont être le théâtre d'un
affrontement entre le corps expéditionnaire
Grec mené par
Histiée et celles du
Satrape Artapherne,
qui remporte finalement la victoire. Milet et
Éphèse sont détruites et
incendiées et en 494 une grandes partie des populations
d'Ionie
est déportée comme esclave en
Mésopotamie. De nombreux habitants (Marchands,
artisans, poètes, penseurs), émigrèrent, emportant avec eux les raffinements de leur culture.
Histiée essaie de construire une flotte à Chios,
pour essayer de se rétablir comme Tyran de Milet. Mais les Milésiens ne veulent pas d'un retour à la Tyrannie et
l'exil à Lesbos. Là, il réunie
des navires et, selon Hérodote,
commence à commettre des actes de piraterie en mer Noire et en mer Égée à partir d'une base à Byzance.
Certains spécialistes pensent qu'il est également possible que
Darius I lui est simplement
donné le contrôle du Bosphore au cours de la révolte. Pendant ce temps les
Perses
vont mettre un terme à la Rébellion à la bataille de Ladé, en 494 av.J.C, lorsque les cités
Ioniennes se retrouvent opposées à la flotte
Perse de
Darius I et vont perdre la bataille.
Lorsque Histiée apprend ce qui s'est passé, il quitte Byzance, attaque
Chios et
bloque Thasos, puis il essaie de prendre pied sur le continent pour attaquer les
Perses, mais il est capturé par le général
Perse Harpagus. Le
Satrape Artapherne
ne veut pas le renvoyer à Suse
où il sait que
Darius I
lui pardonnerait tout. Alors il exécute lui-même Histiée en le faisant crucifier et envoie sa tête momifiée à
Darius I.
Celui-ci ne croira jamais qu'Histiée était un traite et donnera une honorable sépulture à la tête d'Histiée.
Aristagoras (en
Grec :
Αρισταγόρας ο Μιλήσιος
Aristagoras de Milêtos, 494- ?) était le fils de Molpagoras et le beau-fils et
neveu d'Histiée. Il prend le contrôle de Milet lorsque son beau-père est nommé à
Suse comme conseillé de
Darius I. Selon
Hérodote, lorsque
Naxos
se révolte, en 502, les Seigneurs
Perses de l'île demande de l'aide à Aristagoras, celui-ci
accepte dans l'hypothèse où il serait reconnu après comme dirigeant de l'île. Il s'allie à Artapherne (ou Artaphernês), le
Satrape de
Lydie et reçoit une flotte de navires. Malheureusement
pour l'invasion, Aristagoras se brouille avec l'amiral Megabates, qui informe
Naxos
que la flotte arrive. L'invasion échoue et l'alliance avec Artapherne s'écroule.
Dans une tentative de se sauver de la colère des
Perses,
il commence à planifier une révolte des Milésiens et des autres cités
d'Ionie.
Pendant ce temps, Histiée voulant se défaire de son étreinte à
Suse,
fomente le même espoir et envoie l'ordre de révolte à Aristagoras, de sorte que
les Perses
le renvoient à Milet avec la mission d'écraser la rébellion et de reprendre son poste de Tyran.
En 499, aurait commencé de ces faits la révolte
Ionienne. Aristagoras se rend en
Grèce
afin de trouver des soutiens supplémentaires pour le soulèvement. À
Sparte, il rencontre le Roi
Cléomènes I (520-490) et fait valoir : Qu'une invasion préventive de
Perse serait facile si tous étaient
alliés, qu'il y avait beaucoup de richesses en cours de route à amasser et que la capitale de
Suse se trouvait seulement à trois mois
de marche. Toutefois,
Cléomènes I rejette son offre. Aristagoras se tourne alors vers
Athènes
où il trouve plus de succès, parce que, selon
Hérodote, il était plus facile de
convaincre une assemblée de milliers d'Athéniens
que de convaincre un Roi Spartiate.
Avec l'aide d'Athènes Aristagoras dirige
l'attaque sur Sardes, la capitale de la
satrapie
Perse de
Lydie qu'il prend et brûle.
Cependant les
Perses
contre attaque et le
Satrape Artapherne reprend l'avantage. La révolte tourne au
désastre et les populations des cités d'Ionie
vont payer lourdement ce soulèvement. Les Milésiens et les cités impliquées dans cette guerre,
sont écrasés à la bataille navale de Ladé (Du nom de l'île située face de
Milet). La ville est assiégée, puis en 494, prise d'assaut et rasée par les
Perses qui déportent ses habitants à
Suse. Aristagoras fuit vers la
Thrace où il essaie de prendre le contrôle à Myrcinus de la colonie
qu'Histiée
avait installé sur le fleuve Strymon, sur le même site que la dernière colonie d'Amphipolis. Il est tué par les
Thraces voisins lors d'une attaque de leur village.
En 479, à la suite de la bataille du Mont Mycale qui met fin à la
Deuxième Guerre Médique (480-479), Milet, libérée du joug
Perse, est
reconstruite par ses habitants avec l'aide
d'Athènes,
selon un plan hippodamien (Inventé par Hippodamos). La ville semble être la première cité antique à l'avoir adopté.
Cette liberté est de courte durée
car c'est au tour d'Athènes, qui avait joué un rôle
prépondérant dans la victoire, de tirer profit de la région avec en 478 la fondation de la
Ligue de Délos,
qui entreprend de constituer un Empire maritime assurant l'hégémonie de la cité sur la mer Égée et sa domination
sur le monde Grec.
Milet comme beaucoup de villes
Ioniennes entre dans la
Ligue. En 412, sur l'instigation
d'Alcibiade le Jeune (450-404),
Milet se révolte avec le reste de l'Ionie, contre
Athènes. L'aventure est de courte durée,
la région est ramenée à l’obéissance vers 411/410 par la cité Attique. En 407, le
Sparte
Lysandre entre à
Éphèse et bat la flotte
Athénienne à
Aigos (ou Aegos) Potamoi. Après sa victoire, toutes les cités restées fidèles à
Athènes
lui font défection et se soumettent à
Lysandre. Milet en profite pour quitter la
Ligue. En 404 l’hégémonie
Athénienne n’est plus et la
Ligue de Délos est dissoute. Les cités d'Ionie
passent alors de nouveau sous la tutelle des
Perses.
L’impopularité d’Athènes
est si grande qu'un parti pro-Sparte voit
le jour et prend le pouvoir à Éphèse. Peu de temps après, en 395,
le Roi de Sparte
Agésilas II (398-360) lance une
campagne en Asie Mineure contre le
Satrape
Perse de
Lydie et de
Carie
Tissapherne (v.413-395).
La campagne
d’Agésilas II se solde par la
libération des cités d’Ionie de la tutelle
Achéménide.
Elles vont dès lors subir la domination de Sparte,
mais pour peu de temps. Le climat politique est très tendu et en 387/386,
Sparte menacée de tous côtés,
conclut la paix d'Antalcidas
ou paix du Roi avec les Perses et tous
les Grecs.
Elle accepte la domination Perse et leur
cède des cités Grecques
d'Asie Mineure. Après un sursaut de Sparte,
en 371, à la bataille de Leuctres la suprématie
Spartiate sur le monde Égéen est définitivement terminée.
L’hégémonie du vainqueur,
Thèbes, qui s’ensuit, n’a que peu d'impact
sur le monde Anatolien. Le Roi
d'Halicarnasse
Mausole (377-353),
allié des Perses,
profite de l'occasion et Milet tombe sous son contrôle. Les
Achéménides,
eux, profitant du cahot du monde
Grec, reprennent possession de
l'Ionie. Leurs nouvelles dominations, physique et politique,
sur les cités sont similaires à celles qui précédaient les
Guerres Médiques,
en particulier en imposant de très lourds impôts. En 334, le Roi de
Macédoine
Alexandre le Grand (336-323) fait campagne
sur l’Orient. Il entre à son tour en Anatolie et libère les cités
d'Ionie. Après un siège très dur, il prend et dévaste Milet
qu'il incorpore à son Empire. La cité est maintenant sous la tutelle
Macédonienne.
Après la mort
d'Alexandre en 323, l'Asie Mineure va être
disputée entre les différents Diadoques, mais restera au début en grande partie
Macédonienne. Cependant, en 301,
après la bataille d'Ipsos, en Phrygie, contre
Antigonos I Monophtalmos (306-301),
Milet tombe sous la domination du
Roi de Thrace
Lysimaque (322-281).
En 284, Lysimaque va devoir se
heurter à une confédération de cités d'Ionie lorsqu’une partie
de l’Asie Mineure se rebelle, suite à l’exécution par le Roi de son propre fils. Son principal rival
qui soutien les cités sera le Roi
Séleucide
Séleucos I Nikâtor(305-280).
Portique de l'agora
Celui-ci entre en guerre contre
Lysimaque et en février 281, à la bataille de Couropédion (ou Couroupédion, en
Lydie),
Lysimaque
est vaincu et tué. Les territoires d'Asie Mineure de
Lysimaque
deviennent alors possession
Séleucide, ils le
resteront jusqu'à la bataille de Magnésie. Cependant les
Séleucides n'ont
pas entièrement la main mise sur Milet car ils n’occupent pas l’intégralité de l’Asie Mineure et la ville se retrouve au
centre des conflits d’influences et d’intérêts entre les
Séleucides à
l’Est, les Rois de
Pergame au Nord et les
Ptolémée
d'Égypte au Sud.
Pendant cette période La cité connaitra quand même une certaine prospérité.
À la suite de
l'assassinat de sa sœur
Bérénice II, le Roi d'Égypte
Ptolémée III Évergète I (246-222)
envahit la Syrie
et la "Troisième Guerre de Syrie" éclate (246-241), qui verra la victoire de
l'Égypte et où
la flotte Égyptienne balaie les côtes
de l'Asie Mineure. Milet devient alors un temps possession de
l'Égypte.
En 197, l'Ionie est reconquise ainsi que toute l'Asie Mineure par
le Roi Séleucide
Antiochos III Mégas (223-187).
C'est à cette période que les
Séleucides entre en conflit avec les Romains. Le Roi de
Pergame Eumènes II (197-159)
s’étant allié à eux pour contrer l’expansion
Séleucide vers la mer Égée,
obtient de ceux-ci, à la paix d’Apamée en 188,
le contrôle d’une partie de l’Asie Mineure. Milet se trouve dans la région nouvellement attribuée et restera sous la
domination des Attalides jusque sous le règne
d’Attalos III Philométor (ou Attale, 138-133).
Lorsqu'Attalos III meurt sans enfants mâles,
il lègue son royaume à la République Romaine et l’Anatolie, dont Milet, passe dans le monde Romain.
Aristonikos, son demi-frère, revendique alors l'héritage des Rois de
Pergame, mais sa
flotte est anéantie à Kymé (ou Cyme) par celle d'Éphèse qui avait
pris le parti des Romains. Jules César (101-44) et Marc Antoine (83-30) séjourneront à
Milet qui deviendra, au début de l'ère Chrétienne, le siège d'un évêché.
Le Nouveau Testament mentionne Milet comme l'endroit où l'apôtre Paul, en 57, a rencontré les anciens de l'église
d'Éphèse, lors de son troisième voyage missionnaire enregistré
dans les Actes des Apôtres (Actes 20:15-38). Au cours de l'ère Byzantine Milet va devenir une résidence pour
les Archevêques. Le petit château Byzantin Castro appelé Palation, situé sur la colline à côté de la ville, a été
construit à cette époque. Sous cette période la cité prendra le nom d'Ania.
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Les fouilles archéologiques
Les premières fouilles
dans Milet ont été menées par l'archéologue Français Olivier Rayet, en 1873,
suivie par l'archéologue Allemand Theodor Wiegand de 1899 jusqu'à 1914. Ce
dernier a révélé une grande partie de la cité portuaire et des monuments
hellénistiques. Elles ont cependant été interrompues à plusieurs reprises par
les guerres et divers autres événements. Elles ont été reprises en 1938,
puis dans les années 50. Aujourd'hui, les fouilles sont organisées par
l'Université de la Ruhr, de Bochum, en Allemagne. Un remarquable artefact
récupéré dans la ville pendant les premières fouilles du 19e siècle, la porte du
marché de Milet, a été transporté pièce par pièce en Allemagne et remonté.
Elle est actuellement exposée au musée Pergamon de Berlin. La principale
collection d'objets se trouve au Musée de Milet à Didymes. De cette magnifique
ville, il ne reste aujourd'hui qu'un simple village, Paladja.
La
ville possédait de somptueux monuments et édifices.
▪ Le Bouleutérion, salle de réunion de la Boulé (Conseil).
▪ Le Delphinion (ou Didymoeon ou temple
d'Apollon Didyméen) qui fut le sanctuaire d'Apollon Delphinios. Il était le
principal sanctuaire de la cité et fut le protecteur des bateaux et des ports.
C'était le sanctuaire le plus vénéré, le plus riche et le plus luxueux de toute
l'Asie Mineure avec cent vingt colonnes, aux bases sculptées toutes différemment.
▪ Le Marché du Nord.
▪ Le Marché du Sud, dont l'entrée monumentale a
été transférée et reconstituée à Berlin, au Pergamon Museum, par Theodor Wiegand.
▪ Le Marché Ouest, près du temple d'Athéna.
▪ Le Nymphée qui était une fontaine publique avec sculptures.
▪ Les Thermes de Faustine ou bains de Faustina, d'époque Romaine.
▪ Le Sanctuaire oraculaire d'Apollon à Didymes.
▪ Le stade.
▪ Le théâtre qui est le plus grand d'Asie Mineure.
Il était tout en pierre et marbre. Il fut construit au IVe siècle mais il fut
agrandit par les Romains (140 mètres de diamètre) et pouvait accueillir 15 000
personnes. Il comportait un autel impérial.
▪ Trois temples : Le temple de Cérès, le temple d'Athéna et le temple de Vénus.
Quelques personnages célèbres de Milet
▪ Anaximandre (En Grec : Anaximandros Anaximandros, 610-546) qui succéda à Thalès comme maître de l’école Milésienne. Il compta Anaximène et Pythagore parmi ses élèves. Il fut le premier à mesurer le temps avec un gnomon (Ancêtre du cadran solaire) et à soutenir que la terre est un cylindre. Il fut à la tête de la colonie qui fonda la ville d'Apollonia (En Bulgare : Созопол Sozopol, transcription du Grec : Σωσόπολις Sosopolis)
▪ Anaximène (En Grec : Anaximênês Anaximênês, v.585-v.525) qui fut un philosophe. Il fut le dernier disciple de l'école Milésienne fondée par Thalès. En physique et en astronomie, il n'apporta aucun progrès décisif par rapport à ses devanciers.
▪ Aristide (En
Grec :
Aristeides Aristeides, IIe siècle av.J.C) qui fut conteur
et dont il ne reste que des fragments de son œuvre, adaptés en latin, par exemple l'histoire de la Matrone
d'Éphèse racontée dans le Satiricon.
▪
Aspasie
(En Grec :
Aspasía Aspasía, 495-429) qui fut la maîtresse de
l'Athénien
Périclès
(Stratège et homme d'État Athénien, v.495-429) auquel elle donna un fils, Périclès le Jeune, né en 447
av.J.C et qui fut exécuté en 406. Ce fut une femme brillante qui s'attira le respect de la plupart
des grands hommes de son temps, dont
Socrate (Philosophe
Grec, 469-399),
mais qui selon d'autres auteurs fut considérée comme une courtisane de luxe.
▪ Hécatée (En
Grec :
Hekataios Hekataios, en Latin : Hecataeus de Miletus, v.550-v.476) qui fut
historien et géographe. Il fut un des tout premiers écrivains d'histoire et de géographie
Grecque en prose.
Il écrivit des "histoires plaisantes et intéressantes" à propos de ses nombreux voyages.
▪ Hésychios (En
Grec :
Hesychius Hesychius, VIe siècle ap.J.C) qui fut historien, biographe et
chroniqueur, surnommée "Illustrius", fils d'un avocat, il a prospéré à Constantinople sous le règne
de l'Empereur Justinien (527-565).
▪ Hippodamos (En
Grec :
Hippodamos Hippodamus, 498-408 av.J.C) qui fut urbaniste et architecte. La
première réalisation qui lui est attribuée est l'aménagement réalisé, à la demande de
Périclès, du Pirée,
port d'Athènes, au milieu du Ve siècle av.J.C.
▪ Isidore (En
Grec :
Ισίδωρος ο Μιλήσιος Isidoros de Milêtos Ve et VIe siècles ap.J.C) qui fut un
architecte. Il se rendit célèbre par la construction de la basilique Sainte-Sophie à Constantinople, avec
Anthemius, entre 532 et 537. Il contribua également à l'édification d'autres églises de Constantinople,
dont celle de Saints-Serge-et-Bacchus (527-536).
▪ Phocylide (En
Grec :
Phocylides Phocylides, né aux environs de 560 av.J.C) qui fut un poète
contemporain de Théognis de Megara.
▪ Timothée (ou Timotheus, en
Grec :
Timotheos, Timothéos, 446-357) qui fut un sculpteur,
un musicien et un poète dithyrambique. Il ajouta quatre cordes à la lyre ce qui eut pour effet de produire des
effets d'harmonie inconnus jusqu'à lui.
▪ Thalès (En
Grec :
Thalês Thalês, 625-547) qui fut un philosophe présocratique, un
scientifique et un mathématicien célèbre pour ces théories. Il fut l'un des
Sept sages de la
Grèce et le fondateur présumé
de l'école Milésienne.
Les colonies fondées par Milet
Pline
l'Ancien (Écrivain et naturaliste Romain, 23-79) cite plus de quatre-vingts
colonies fondées par Milet autour de la mer
Noire dans son Histoire naturelle (Livre V, chapitres xxxi-xl) parmi lesquelles les plus connues sont :
Amisos (ou Simsum ou Samsun),
Borysthènes,
Apollonia
(ou Sozopol ou Sosopolis),
Dioscurias (ou Dioscuries ou Soukhoumi ou
Soukhoum),
Histria (ou Istrie ou Ister ou Istros),
Kerkinitis (ou Eupatoria ou Evpatoria ou Gözleve),
Kytoros (ou Cytorus
ou Cytorum ou Amasra),
Kotyora (ou Cotyora, en Turc :
Ordou "Armée"),
Odessos
(ou Varna),
Olbia (ou Olvia),
Panticapée
(ou Panticapaeum ou Kertch),
Phanagoria,
Phasis (ou Poti),
Pityos
(ou Pityus ou Pitiunt ou Pitsunda ou Bichvinta),
Sinope
(ou Sinop), Tanaïs (ou Tánaïs ou
Tanáïdos ou Azov),
Théodosie (ou Théodosia ou Feodossia),
Tomis
(ou Constanţa ou Constanza, aujourd'hui ou Konstantia ou Köstence),
Trapézonte
(ou Trabzon ou Trébizonde ou Trapezous ou Trapezounta),
Tyras
(ou
Bilhorod-Dnistrowskyj).
Pour d'autres détails sur la
ville et ses monuments voir les ouvrages de :
Suzan Bayhan :
- Priene, Miletus, Didyma, Keski'n Color Kartpostalcilik, Matbaasi, 1994.
Catherine Bouras et Jean-Yves Marc :
- L'Espace maritime Egéen à l'époque impériale, Lila I Marangou, Université Marc Bloch,
UFR des sciences historiques, Strasbourg, 2008.
Paul Cartledge :
- Ancient Greece : A history in eleven cities, Oxford University Press, Oxford, New York, 2009.
Ortwin Dally et Martin Maischberger :
- Milet in Kaiserzeit und Spätantike ..., Schnell + Steiner, Regensburg, 2009.
Adelaide Glynn Dunham :
- The history of Miletus, down to the Anabasis of Alexander,
University of London Press, published by Hodder & Stoughton, London, 1915.
Norbert Ehrhardt :
- Milet und seine kolonien : Vergleichende untersuchung der kultischen und politischen einrichtungen,
Peter Lang, Frankfurt am Main, New York, 1983.
Stephen English :
- The sieges of Alexander the Great, Pen & Sword Military, Barnsley, 2009.
James Allan Stewart Evans :
- Histiaeus and Aristagoras : Notes on the Ionian Revolt, pp. 113-128,
American Journal of Philology 84, N°2, Avril 1963.
- Herodotus and the Ionian revolt, pp. 31-37, Historia : Zeitschrift fur Alte Geschichte 25, N°1,
Janvier 1976.
Pericles B.Georges :
- Persian Ionia under Darius : The revolt reconsidered, pp. 1-39,
Historia : Zeitschrift fur Alte Geschichte 49, N°1, Janvier 2000.
Vanessa B.Gorman :
- Miletos, the ornament of Ionia : A history of the city to 400 B.C.E,
University of Michigan Press, Ann Arbor, 2001.
Alan M.Greaves :
- Miletos : A history, Routledge, Londres, New York, 2002.
Bernard Haussoullier :
- Études sur l'histoire de Milet et du Didymeion, É.Bouillon, Paris, 1902.
Georg Kawerau et Albert Rehm :
- Das Delphinion in Milet, G.Reimer, repr., Berlin, 1914 - W. de Gruyter, Berlin, 1967.
Gerhard Kleiner :
- Die Ruinen von Milet, Deutsches Archäologisches Institut. Abteilung Istanbul,
Walter de De Gruyter, Berlin, 1968.
Anne-Ulrike Kossatz :
- Funde aus Milet, Deutsches Archäologisches Institut, De Gruyter, Berlin, New York, 1990.
Mabel Lang :
- Herodotus and the Ionian revolt, pp. 24-36,
Historia : Zeitschrift fur Alte Geschichte 17, N°1, Janvier 1968.
Lionel Ignacius Cusack Pearson :
- Early Ionian historians, Clarendon Press, Oxford, 1939.
Cemil Toksöz :
- Ancient cities of western Anatolia : Priene, Miletus, Didyma, Aphrodisias,
Hankur Matbaacilik, Istanbul, 1986.
Theodor Wiegand :
- Milet; ergebnisse der ausgrabungen und untersuchungen seit dem jahre 1899,
Staatliche Museen zu Berlin, W. de Gruyter & Co., Berlin und Leipzig, 1906-1936.
Filmographie
- Miletus : A city in four dimensions, Réalisation : Andreas Kombouras, Constantinos Constantopoulos,
Maria Panourgia, Hidryma Meizonos Hellénismou,
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