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Pour plus de détails voir aussi les autres cités Ioniennes :
Chios,
Clazomènes,
Colophon,
Éphèse,
Érythrée,
Halicarnasse,
Lébédos,
Milet,
Myonte,
Phocée,
Priène,
Smyrne,
Téos
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Localisation
Samos (En Grec : Σάμος) est une île et une ville du même nom, d'Ionie du Nord la mer Égée, au Sud de Chios, appartenant aujourd'hui à la Grèce. Elle est située à 70 kilomètres au Sud-ouest de Smyrne (ou Izmir), près des villes modernes de Chora et Tigani. Elle est séparée du cap Mycale de l'Anatolie, située environ à 1,6 km, par un détroit. Bien que largement montagneuse, le centre de l'île culmine à 1 095 m, Samos a plusieurs grandes plaines relativement fertiles. Une grande partie de l'île est couverte de vignobles et son vin, en particulier celui de la Vathy (cépage malvoisie), jouit d'une excellente réputation. L'île est aussi célèbre dans l'antiquité pour ses poteries rouges, son artisanat d'art avec des fabriques de bronzes et de bijoux, le bois de construction, les fruits et l'huile d'olive. Il subsiste de la Samos antique, l'enceinte Nord et une partie de l'enceinte Est avec ses tours et ses portes.
L'histoire ...................
Les spécialistes s'accordent à dire que l'île est peuplée dès le Néolithique.
Toutefois s'agissant de la première histoire de Samos, la tradition littéraire est singulièrement défectueuse. À
l'époque des grandes migrations, elle reçoit, tour à tour, des
Cariens et des Lélèges, puis à partir du Xe siècle des
Ioniens venus d'Épidaure en Argolide. Elle fait alors partie
d'une confédération Ionienne
regroupant douze cités :
Chios (ou Chio ou Kios),
Clazomènes,
Colophon,
Éphèse,
Érythrée,
Lébédos,
Milet,
Myonte,
Phocée,
Priène et Téos.
Smyrne (Izmir) est ensuite rattachée à la confédération et
Halicarnasse
les rejoindra après avoir été chassée pour impiété de la sienne. Samos est le principal constructeur et fournisseur de
navires et de marins pour la confédération.
De ce fait elle devient au VIIe siècle l'un des
principaux centres commerciaux de la
Grèce. Ce début de la prospérité de
Samos semble largement dû à la position de l'île, près des routes de commerce, ce qui facilite l'importation de textiles
en provenance de l'Asie Mineure intérieure, mais les Samiens mettent également en place une vaste zone maritime commerciale.
Ils ouvrent des échanges avec les cités de la mer Noire,
l'Égypte pharaonique et sont crédités
d'avoir été les premiers des Grecs
à atteindre le détroit de Gibraltar.
Leur commerce les met en relations étroites avec Cyrène (en Libye) et probablement aussi Corinthe et Chalcis, mais une rivalité va monter avec leur voisine Milet. La querelle entre ces deux états va éclater dans La Guerre Lélantine (Semble t-il au VIIe siècle, la date exacte de ce conflit étant toujours débattue) qui fut une longue guerre entre les cités d'Érétrie et de Chalcis en Grèce que Samos soutenait. Au cours de cette guerre on assiste à une innovation dans les conflits maritimes avec la création par Samos de la Trirème. Toutefois le résultat de cet affrontement confirme, à ce moment, la suprématie des Milésiens sur mer.
Mais au VIe siècle, la position insulaire de Samos va la préserver des agressions des souverains d'Asie, notamment de celles de la Lydie du Roi Crésus (ou Kroisos, 562-546 ou 561-547), alors que Milet sera désormais exposée. Pendant que le monde Anatolien et en particulier l'Ionie connait, suite à la défaite de Crésus devant le Roi Perse Cyrus II (559-529), la domination Achéménide, Samos, elle, va connaître l'apogée de sa prospérité avec l'arrivée au pouvoir de Polycrate.
Polycrate (ou Polycratès, en Grec : Polycrates ou Πολυκράτης, 538-522), Tyran de Samos est le fils d'Æcès I (560-538), d'autres sources le donne fils d'Alakes, un riche habitant de Samos. Il va faire connaître à la cité une ère de prospérité économique et de grands travaux sont entrepris sous son règne fastueux. Il sait imposer son hégémonie à l’archipel et faire de la ville le plus puissant État maritime de la mer Égée. Il aura une réputation à la fois d'un guerrier féroce et d'un Tyran habile. Polycrate profite de la situation de crise dans laquelle se trouve l'Ionie depuis la conquête de l'Asie Mineure par Roi Perse Cyrus II et le fait que la flotte de ce dernier menace maintenant les îles Ioniennes, pour prendre le pouvoir à Samos avec ses deux frères lors d'une fête en l'honneur de la Déesse Héra. Puis il assassine le premier, Pantagnostos (ou Pantagnotus) et exile le second, Syloson II afin de régner seul. Il semble avoir été un homme populaire, car il n'a pas besoin de modifier la constitution afin de contrôler l'État.
D'autre part, ceux qui s'opposent à son règne, le plus souvent des membres de l'ancienne aristocratie, sont envoyés en exil volontaire, beaucoup dans le Sud de l'Italie, à Dicæarchia (La moderne Pouzzoles ou Puteoli près de Naples). Le plus célèbre d'entre eux est le mathématicien et philosophe Pythagore (v.580-v.490), qui lui va en Égypte. Polycrate est aussi un grand bâtisseur, il fait fortifier la ville de Samos, construire un aqueduc, plus connu sous le nom de tunnel d'Eupalinos, un grand temple dédié à la Déesse Héra, l'Héraion, auquel le Pharaon Amasis (570-526) fera de nombreuses offrandes et un palais qui sera reconstruit beaucoup plus tard par l'Empereur Romain Caligula (37-41).
Avec le mur, le palais et l'aqueduc, le sanctuaire d'Héra compte parmi les plus grands exploits de l'ingénierie de l'époque. Aristote (Philosophe Grec, 384-322) le comparera même à celui de la construction des pyramides. Polycrate passe plusieurs alliances, avec le Pharaon Amasis qui avec une force maritime de mercenaires Grecs venait de prendre Chypre, avec le Tyran de Naxos Lygdamis et avec la cité de Cyrène. Amasis donne d'importante somme d'argent à Polycrate ce qui lui permet de se constituer une force navale de 100 pentécontères (Navire de guerre à 50 rameurs d'où son nom) et une armée de 1 000 archers.
La défense de
l'Égypte
par la mer est maintenant en partie entre les mains du Tyran, qui offre à
Amasis un royaume bien protégé.
Polycrate profite aussi de sa puissance navale pour piller les cités et les îles
Ioniennes, notamment
Lesbos et
Milet dont les flottes sont écrasées et impose une
sorte de blocus. Il conquiert aussi la petite île de Rhénée qu'il relie à
Délos par une chaîne pour la dédier à Apollon.
En 522 av.J.C, Polycrate célèbre une rare double fête en l'honneur du Dieu Apollon de
Delphes et celui de
Délos, il est suggéré que l'Hymne homérique à
Apollon, parfois attribué à Cynæthus de Chios,
fut composé pour cette occasion. Puis il rompt l'alliance avec
l'Égypte.
Une
légende entoure la cessation de ces accords. Selon
Hérodote (Historien
Grec,
v.484-v.425) le Pharaon
Amasis voit
en Polycrate un homme qui a trop de chance et il lui aurait conseillé de jeter au loin l'objet qui lui tenait le plus
à cœur afin d'éviter un revers de fortune. Le Tyran aurait suivit sa recommandation et il
serait parti en mer jeter une bague qui était incrustée d'une pierre précieuse, qu'il aimait énormément.
Cependant, quelques jours plus tard, un pêcheur prend dans ses filets un si gros poisson
qu'il veut en faire cadeau à son souverain. Alors que les cuisiniers de Polycrate préparent le poisson, ils y découvrent
l'anneau et, tout heureux, l'apportent au Tyran.
Lorsqu'Amasis
apprend cette histoire, c'est lui qui aurait dénoncé les accords
avec Samos, craignant que l'incroyable chance dont bénéficiait Polycrate
ne se retourne un jour contre lui. Il est plus probable que l'alliance prit fin parce que Polycrate s'allia avec le Roi
Perse
Cambyse II (529-522).
Par cette alliance Polycrate voulait
probablement devenir le premier État
Grec. À cette époque
le Tyran possédait une marine de guerre de 40 trirèmes. Polycrate voulait faire embarquer à leur bord
des nobles de Samos qu'il pensait entrain de comploter contre lui et demander au Roi
Perse de les exécuter.
Cependant ceux-ci ont vent de ses projets. Avec à leur tête son frère
Syloson II, ils se
rebellent et attaquent Polycrate qui perd la bataille navale et se retranche derrière les remparts de Samos
d'où les émeutiers ne parviennent pas à le déloger. Ces derniers demandent
alors de l'aide à Sparte
et à Corinthe qui
envahissent l'île et font le siège pendant 40 jours de la cité mais sans jamais obtenir la victoire et finissent par renoncer.
Hérodote raconte la fin de Polycrate ainsi :
Le
Satrape
Perse de
Lydie Oroitès (ou Oroetus) voulait profiter du chaos
qui secouait l'Empire Perse,
suite aux querelles de succession à la mort de
Cambyse II et avait
décider de se constituer son propre Empire en Asie Mineure et ajouter Samos à ses territoires. Cependant il n'était
pas en mesure de prendre l'île par la force. Il décide alors de tuer Polycrate et pour ce faire il l'invite à
Sardes en
Lydie.
Polycrate se rend dans la cité, malgré les mises en garde de sa sœur et de sa
fille qui à vu sa mort en rêve. Il y est assassiné et Oroitès le fait crucifier. Les modalités de sa mort ne sont
pas enregistrées par Hérodote.
En Perse,
Darius I (522-486)
prend le pouvoir et rétablie l'ordre dans l'Empire, il donne alors l'ordre
d'éliminer Oroitès. Polycrate fut le protecteur des poètes Anacréon et Ibycus et du médecin de Crotone, Démocédès.
Lui succède Maendrios (ou Maiandrios, en
Grec :
Maendrios, 522).
Syloson II
(En Grec :
Syloson, 538 et 522-509) est un des frères de Polycrate. Lorsque Polycrate devint le
Tyran de l'île, il exila Syloson II et celui-ci parti se réfugier en
Égypte. Il
séjourna dans ce pays, devenu possession
Perse, jusqu'à une rencontre avec le
futur Roi Perse
Darius I (522-486). Le Samien
avait acheté un manteau de couleur flamme et il s'aperçut très vite que le manteau plaisait énormément à
Darius I et un jour il lui en
fit cadeau. Plus tard lorsque Syloson II eut l'agréable nouvelle que l'homme à qui il avait offert le manteau de
couleur flamme en Égypte,
était devenu Roi de Perse.
Il s'empressa de rejoindre Suse
et réclama à être inclus dans la liste officielle des bienfaiteurs du Roi. La sentinelle de garde indiqua sa requête à
Darius I, qui demanda surpris
qui pouvait bien être cet homme, car dit-il :
"Comme je viens d'arriver
sur le trône, il ne peut y avoir un
Grec
auquel je suis redevable d'un service...Je veux savoir ce qu'il entend par cette demande".
Lorsque les interprètes
Perses
demandèrent à Syloson II ce qu'il était venu faire et ce qu'il avait fait pour
justifier l'affirmation selon laquelle il était le bienfaiteur du Roi, il rappela à
Darius I l'histoire
du manteau et lui dit qu'il était l'homme qui lui avait donné. C'est alors que
Darius I se serait exprimé :
"Sir, vous êtes le plus généreux des hommes, tandis que je n'étais encore qu'une personne sans pouvoir vous
m'avez donné un cadeau, petit certes, mais qui mérite beaucoup de reconnaissance, alors moi, je vais vous donner en retour
plus d'argent et d'or que vous pouvez compter, de ce fait vous ne regretterez jamais d'avoir une fois fait une faveur à
Darius I, le fils du Prince d'Anshan
Hystaspe et de Rhodogune de
Babylonie".
Syloson II refusa mais demanda à la place une
assistance militaire pour, maintenant que son frère
Polycrate était mort, reprendre le trône de Samos :
"Pour moi, ô Roi, ni or, ni argent, mais je
voudrais récupérer ma patrie de Samos, qui, maintenant que mon frère Polycrate a
été tué par Oroitès est possédée par l'un de nos agents, Maendrios".
"Permettez que Samos soit le cadeau que vous voulez me faire et que cet homme
maître de l'île, soit tué ou réduit en esclavage".
Darius I consentit à la
demande et envoya une expédition à Samos avec Syloson II, dirigée par Otanès, un des sept nobles
qui l'avait aidé à prendre le pouvoir.
Au moment où Syloson II arrive dans la ville, Maendrios est toujours au
pouvoir, mais il décide de le donner aux Samiens et établi une démocratie. Maendrios tombe malade et ses frères Charilaos
et Lycaretos essaient d'obtenir la possession de Samos.
Les Samiens avaient accueilli sans problème Syloson II
lorsqu'il est arrivé pour récupérer l'héritage de son frère. Mais Charilaos persuade son frère d'envoyer des mercenaires
pour attaquer Syloson II et les
Perses. Maendrios, qui n'est pas très en forme, n'est pas en mesure de discuter et accepte, de plus il déteste Syloson II.
Charilaos et ses mercenaires sont vaincus par le
Perse Otanès et Syloson II reprend son
trône qu'il gardera jusqu'à sa mort en 509 sous la tutelle de
Darius I à qui il ne manquait à cette
époque que cette cité d'Ionie dans son Empire. Le fils de Syloson II
lui succède.
Æcès II (ou Aeaces, en
Grec :
Æcès, 509-479) est le fils de Syloson II. En 499, il va être
privé de sa Tyrannie sur Samos lorsque les cités
Ioniennes, à l'instigation des Tyrans de
Milet,
Histiée (499-494) et son frère
Aristagoras (494- ?), se révoltent contre les
Perses. Il
fuit à Suse auprès de
Darius I (522-486).
En 494, il essaie de convaincre les Samiens d'abandonner les autres
Ioniens dans la bataille navale de Ladé qui s'engage contre les
Perses.
Après cette bataille, dans laquelle les
Ioniens sont vaincus,
il est restauré à la Tyrannie de Samos par
Darius I et il gardera le pouvoir,
vassal des Achéménides jusqu'en 479.
Ce n'est qu'après les dernières victoires sur les
Perses
des cités de la Grèce continentale de Platées et
du cap Mycale en 479, qui mettent fin à la
Deuxième Guerre Médique
(480-479), que les cités Ioniennes retrouvent leur liberté.
Samos est débarrassée de la tutelle des
Perses et Æcès II est chassé pour être remplacé par une oligarchie.
Cette liberté est de courte durée car c'est au tour
d'Athènes, qui avait joué un rôle
prépondérant dans la victoire, de tirer profit de la région avec en 478 la fondation de la
Ligue de Délos,
qui entreprend de constituer un Empire maritime assurant l'hégémonie de la cité sur la mer Égée et sa domination sur
le monde Grec.
Samos comme beaucoup de villes Ioniennes
entre dans la Ligue.
Durant la
Guerre du Péloponnèse (431-404)
Samos prend le parti d'Athènes contre
Sparte et les Samiens prêtent leurs ports à
la flotte Athénienne. Dans la
Ligue de Délos ils
tiennent une position privilégiée et restent fidèles activement à
Athènes
jusqu'en 440 quand un différend les opposent à
Milet pour la possession de
Priène.
Milet demande de l'aide à
Athènes.
Périclès intervient alors avec 40
navires, il renverse l'oligarchique de Samos et laisse sur place une garnison. Mais les oligarques reprennent le pouvoir
avec l'aide du
Satrape
Perse
de Sardes
(Lydie) et livrent la garnison
Athénienne aux
Perses.
Athènes ne peut accepter cette situation,
Samos disposant par ailleurs d'une flotte importante de 60 navires, elle envoie 200 navires. Après huit mois de conflit et
un long siège Samos est obligée de capituler. La cité doit livrer sa flotte, payer une indemnité de guerre et la démocratie
est rétablie. Thucydide
(Homme politique et historien
Athénien, v.460-v.395) nous dit que Samos n'est pas aussi durement punie que les autres cité-États qui se révoltèrent
contre Athènes.
La plupart de ces cités avaient été contraintes de rendre hommage, mais Samos n'aurait été obligée que de
rembourser aux Athéniens les dommages pour
le coût de la rébellion, soit 1300 talents et encore par tranches de 50 talents par an.
Il faut dire que pendant la
Guerre du
Péloponnèse, Samos apparaît comme l'une des dépendances les plus fidèles
d'Athènes.
Elle sert de base pour leur guerre navale contre les Péloponnésiens et à titre temporaire de refuge à la démocratie
Athénienne au cours de la révolution des
Quatre-cents.
Puisqu'en 412 / 411, c'est de Samos que le chef du parti démocrate
Athénien
Alcibiade le Jeune, prendra la
tête d'une rébellion contre le gouvernement oligarchique des
Quatre-cents
installé à Athènes.
Cette attitude amicale envers Athènes
a été le résultat d'une série de révolutions politiques qui a mis fin à la mise en place d'une démocratie durable.
La même année,
sur l'instigation d'Alcibiade
le Jeune (450-404), certaines cités Ioniennes
se révolte contre l'impérialisme
Athénien. L'aventure est
de courte durée, l'Ionie est ramenée à l’obéissance vers
411/410 par la cité Attique. En 407, le Sparte
Lysandre bat la flotte
Athénienne à Aigos (Aegos) Potamoi.
Après sa victoire, toutes les cités restées fidèles à
Athènes lui font défection et se soumettent à
Lysandre qui réinstalle une oligarchie
à Samos. En 404 l’hégémonie
Athénienne n’est plus et la
Ligue de Délos est dissoute. Les cités d'Ionie passent alors de
nouveau sous la tutelle des Perses.
En 395 le Roi de
Sparte
Agésilas II (398-360) lance une
campagne en Asie Mineure contre le
Satrape
Perse de
Lydie et de
Carie
Tissapherne (v.413-395).
La campagne d’Agésilas II se solde
par la libération des cités d’Ionie de la tutelle
Perse.
En 394 le retrait de la marine Spartiate
induit l'île à déclarer son indépendance et à rétablir une démocratie. Cependant le climat politique est très
tendu et en 387/386, Sparte
menacée de tous côtés, conclut la paix
d'Antalcidas ou
paix du Roi avec les Perses
et tous les Grecs.
Elle accepte la domination Perse
et leur cède des cités Grecques
d'Asie Mineure. Après un sursaut de Sparte,
en 371, à la bataille de Leuctres la suprématie
Spartiate sur le monde Égéen est définitivement terminée. L’hégémonie du vainqueur,
Thèbes qui s’ensuit n’a que peu d'impact
sur le monde Anatolien. Les Perses,
profitant du cahot du monde Grec, reprennent
possession de l'Ionie et de Samos. En 366, elle est récupérée par les
Athéniens après un siège de onze mois et reçoit
un fort militaire de colons (Une clérouquie ou Clérouque ou klêrouchía, en
Grec :
κληρουχία) qui va s'avérer vital dans la guerre sociale (357-355) qui secoua
Athènes.
Le début de l'ère Hellénistique, avec la
conquête de l'Anatolie par le Roi de
Macédoine, Alexandre
le Grand (336-323) après la victoire du Granique et la chute de l'Empire
Perses,
ouvre une période de refondation des cités d'Ionie, dégagées
des influences Perses, mais
Samos reste Athénienne. Après la mort
d'Alexandre,
en juin 323, l'Asie Mineure va être disputée entre les différents Diadoques, mais ne sera pas au début uniquement
Macédonienne.
Au cours de l'hiver 323/322 débute la Guerre Lamiaque (ou Guerre Hellénistique).
Elle oppose les Athéniens
et leurs alliés les Étoliens (Région de la
Grèce au Nord du golfe de
Corinthe)
au Régent de Macédoine
Antipatros (ou Antipater,
334-319). Le conflit eut pour origine un édit prit à
Suse par
Alexandre peu
avant sa mort, ordonnant le retour des bannis dans toutes les cités
Grecques.
Cependant
Athènes et les Étoliens refusèrent car
pour la cité Attique cela impliqua qu'elle rendit sa clérouquie de Samos dont elle chassa les habitants, et les Étoliens
furent eux contraints de rendre la cité d'Œniades (ou Oiniades ou Oeniadae à l'embouche
de l'Achéloos) qu'ils avaient conquis en vers 330. Après quelques succès initiaux, la coalition assiège la ville de Lamia,
située sur le versant Sud des monts Othrys où
Antipatros et le
commandement des forces Macédoniennes
en Europe a pris refuge derrière les fortifications de la ville. Cependant les
rebelles échouent dans le siège et sont finalement battus à la bataille de
Crannon en août 322, qui, bien que non décisive, va voir la dislocation des coalisés
Grecs.
En effet,
Antipatros va négocier
séparément avec les villes de la coalition, celle-ci s'effiloche et
Athènes
doit se soumettre. Plus de 12 000 citoyens perdent leurs droits politiques et de nombreux
Athéniens,
parmi les plus pauvres, partent en exil pour beaucoup en
Thrace où
Antipatros leur accorde des
terres. En plus de Samos, Athènes
perd aussi Oropos, ville à la frontière de l'Attique et de la
Béotie, qui revient à cette dernière.
Samos va ensuite, semble t-il, rester
Macédonienne,
voire libre quelques temps, puisqu'en 301, après la bataille d'Ipsos, en
Phrygie, contre
Antigonos I Monophtalmos (306-301),
Samos ne tombe pas sous la domination du vainqueur le
Roi de
Thrace
Lysimaque (322-281),
allié au Roi Séleucide
Séleucos I.
Les années qui
suivent vont voir Samos et la région être le terrain de la guerre entre le fils (Et plus tard successeur)
d'Antigonos I,
Démétrios I Poliorcète (294-287)
et Séleucos I
allié au Roi d'Épire
Pyrrhos I (307-272).
Ceux-ci envahissent les territoires de
Démétrios I.
En 286, chassé de Macédoine,
il mène une contre-attaque, mais il est battu en
Phrygie
et il est emprisonné et exilé à
Apamée de Phrygie.
Séleucos I
lui reprend ses places fortes et Samos devient la possession des
Séleucides.
Là encore pour peu de temps puisqu'après l'assassinat de
Séleucos I,
en septembre 280, son fils et successeur
Antiochos I Sôter
(280-261) va avoir du mal à maintenir l'Empire que lui a légué son père. Il doit faire
front à une révolte en Syrie
et en 279 en Asie Mineure, à la rébellion et sécessions de la
Bithynie, du
Pont et de la
Cappadoce qui s'érigent en
royaumes indépendants, qu'il est incapable de mater.
À la fin de l'année 275, un conflit latent pour la
possession de la Cœlé-Syrie (Liban) éclate entre les maisons du Roi
d'Égypte
En 192, il débarque en Grèce,
mais ne reçoit que très peu de soutien. En 191, le Consul Romain Manius Acilius Glabrio le bat aux
Thermopyles.
Puis, les Romains sont encore vainqueurs en 190, à Magnésie du Sypile (aujourd'hui Manisa, Turquie).
En 188,
Antiochos III est contraint de signer la
paix d'Apamée, qui est un partage de
l'Asie Mineure (Voir
carte) où il doit renoncer à ses conquêtes dans cette région à l'Ouest du Taurus, au profit essentiellement du Roi de
Pergame allié des Romains.
Samos passe alors sous le contrôle d'Eumenes
II (197-159). Samos restera sous la domination des
Attalides jusque sous le règne
d’Attalos III Philométor (ou Attale, 138-133).
Lorsqu'Attalos III meurt sans enfants mâles,
il lègue son royaume à la République Romaine et l’Anatolie, dont Samos, passe dans le monde Romain.
Aristonikos,
son demi-frère, revendique alors l'héritage des Rois de
Pergame, mais sa flotte est anéantie à Kymé (ou Cyme) par celle
d'Éphèse qui avait pris le parti des Romains.
En 88 av.J.C, Samos, comme beaucoup de cités
d'Ionie, soutient le Roi
du Pont
Mithridate VI (123 ou 120-63),
qui était un ennemi juré des Romains, dans sa conquête de l'Asie Mineure. Avant la chute de celui-ci, en 84 av.J.C l'île
retombe sous domination Romaine et est incorporée à la province Romaine d'Asie et par conséquent perd
son autonomie. Après la bataille d'Actium où il défait
l'Égypte
et Marc Antoine en septembre 31 av.J.C, Auguste (27 av.J.C-14 ap.J.C) passe l'hiver avec sa flotte
à Samos. L'île redevient libre et reste relativement prospère, de cette époque jusqu'à l'Empereur Vespasien (69-79). Elle
est même en mesure de contester Smyrne et
Ephèse pour le titre de première ville
d'Ionie. Elle était surtout considérée
comme une station thermale et pour la fabrication de la poterie. Sous l'Empereur Dioclétien (284-305) elle forme avec
Chios,
Cos et
Rhodes la province des îles (Provincia insularum).
L'archéologie
Hérodote (Historien
Grec, v.484-v.425 - Enquête Livre 3, 60)
cite les trois grands ouvrages d'architecture et de génie civil de Samos en ces termes :
"Je
me suis d'autant plus étendu sur les Samiens, qu'ils ont
exécuté trois des plus grands ouvrages qu'il soit donné
de voir dans toute le Grèce. Il y a à Samos une montagne
de 150 orgyies (unité de mesure) de haut. Ils ont percé
cette montagne à sa base et y on pratiqué un chemin qui
a deux bouches en ouverture..... Le long de ce chemin on
a creusé un canal qui traverse toute la montagne..... Il
conduit à la ville, par des tuyaux, l'eau d'une grande
fontaine.... Le second ouvrage consiste en un môle ou une grande digue
faite dans la mer, près du port, d'environ vingt orgyies
de haut et de deux stades et plus de long. Leur
troisième ouvrage est un temple dédié à Héra, le plus
grand dont nous ayons connaissance. Le premier
architecte de cet édifice est un homme du pays, nommé
Rhoikos (ou Rhaekos ou Rhoecus). C'est à cause de ces ouvrages que je me suis étendu sur
les Samiens.."
L'aqueduc
ou Tunnel d'Eupalinos
Le tunnel d’Eupalinos ou l’aqueduc d’Eupalinos
(Efpalínion órygma, en Grec :
Efpalínion órygma ou Ευπαλίνιον
όρυγμα) est un tunnel de 1 036 m de longueur qui fut construit au VIe siècle av.J.C, sous
le règne du célèbre Tyran Polycrate, pour servir d’aqueduc afin de
fournir la ville de Samos en eau douce. C'est le deuxième tunnel connu de l'histoire et également le plus long de son temps,
il fut fouillé par les deux côtés. Deux groupes de travail, sous la direction de l'ingénieur Eupalinos de Mégare,
fils de Naustrophus, l'ont creusé pendant 10 ans sous le mont Kastro pour construire l'aqueduc qui est aujourd'hui appelée
Pythagorion. Sa construction est particulièrement remarquable et il est réputé pour être le premier tunnel de l'histoire à
être méthodiquement creusé par les deux extrémités.
L'aqueduc souterrain d'Eupalinos,
donc difficilement décelable par un ennemi susceptible de couper l'approvisionnement en eau, est aujourd'hui considéré
comme l'un des chefs-d'œuvre de l'ancienne technique. Le défi technique en creusant simultanément des deux côtés à la fois
était non seulement de respecter une certaine pente pour l’écoulement de l’eau, mais les deux équipes devaient se retrouver
au milieu de la montagne, ce qui sans les moyens actuels que nous connaissons est remarquable. Cet aqueduc fut utilisé
pendant plus de 1000 ans, comme le prouvent les découvertes archéologiques. Le Pythagorion fut remis au jour en 1882-1884,
il est aujourd'hui ouvert aux visiteurs et fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.
L'Héraion
L'Héraion
de Samos est un grand sanctuaire au Sud de Samos, au pied du mont Cronion, à 6
km au Sud-ouest de l'ancienne cité, dans un petit bassin marécageux près de la
mer. Le site des ruines du temple, a été désigné un site du patrimoine mondial
de l'UNESCO en 1992. De nombreuses phases de construction sont connues, la
première datant du VIIIe siècle av.J.C et peut-être à l'époque
Mycénienne, selon l'archéologue Helmut Kyrieleis qui a fouillé le site. Le
premier temple, appelé Hécatompédos, fut le premier de la série des grands
temples Ioniens. C'était
une construction étroite, longue d'environ trente mètres, comportant une
colonnade centrale qui soutenait la toiture.
Un peu plus tard, vers 570/560 av.J.C un temple beaucoup plus grand fut construit par les
architectes et Rhoikos (ou Rhaekos ou Rhoecus, en
Grec :
Rhaekos, v.575-v.525) et Théodoros (ou
Theodorus ou Théodore, en Grec :
Theodoros, VIe siècle
av.J.C). Le temple se situait en face de l'autel du culte d'Héra dans son
téménos (Espace sacré d'un temple antique). C'était un temple diptère (Entouré
d'une double rangée de colonnes) avec un pronaos (Vestibule ou entrée d'un
temple) couvert, donnant accès à la cella (Partie close d'un temple).
Au fond de la cella étaient dressées les statues de Zeus et d'Héra. Cella et
pronaos étaient divisés en trois nefs par deux rangées de colonnes intérieures
longitudinales. L'ensemble possédait 8 colonnes en façade et 21 en longueur, qui
se dressaient sur des bases de forme torique, cannelées horizontalement.
Malheureusement ce temple ne dura qu'une dizaine d'années avant d'être détruit
par un tremblement de terre. Un nouveau temple est alors érigé, 40 m plus à
l'Ouest, encore plus grand que celui de Rhoikos. Il nous est resté sous le nom
de "Temple de Polycrate". L'une des statues géantes de
l'Héraion (Kouros, voir photo ci-dessus) est aujourd'hui au musée archéologique
de Samos.
C'était un temple diptère dont les dimensions étaient de 108 m x 55 m,
avec trois rangées de colonnes sur les petits côtés, sur le model du
temple
d'Artémis à Éphèse qui lui est peu antérieur. Il comptait 155 colonnes, avec
un entablement probablement en bois. La construction du temple s'est poursuivie
durant la période Romaine, mais le sanctuaire ne fut semble t-il jamais achevé
car on n'a pas retrouvé de tuiles. Une église Chrétienne, construite avec les
pierres du sanctuaire, occupa ensuite le site de l'Heraeum Romain. En 1879,
Paul Girard mis au jour la statue dite "Héra de Chéramyes", à l'angle
Nord-est du sanctuaire, elle est exposée au musée du Louvre. |
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Quelques personnages célèbres de Samos
Parmi
les personnages Samiens les plus connus de l'Antiquité on trouve :
• Æschrion
(En Grec :
Æschrion ou Αισχρίων,
contemporain de Polycrate) qui fut un poète iambique. Il fut célèbre
pour ses versets dans lesquels il défend la Samienne Philænis (Courtisane auteur d'un manuel sur la cour et le sexe)
contre Polycrate.
• Aristarque (ou Aristarchus ou Aristarkos, en
Grec :
Aristarkos, v.310-v.230) qui fut un mathématicien et astronome
et que l'histoire crédite d'être le premier à avoir donné les dimensions et des distances du Soleil et de la Lune.
• Asclépiade (En
Grec :
Asclepiade fin IVe-début IIIe siècle av.J.C) qui fut un poète épigrammatique. L'histoire
lui a attribuée les plus anciennes épigrammes amoureuses conservées dans l'Anthologie
Grecque.
• Colaeus (En
Grec :
Colaeus) qui fut un explorateur et qui fut le premier
Grec à franchir les colonnes d'Hercule.
• Conon (En
Grec:
Conon, qui fut un astronome et mathématicien, astronome à la cour
du Roi d'Égypte
Ptolémée II Philadelphe (282-246),
il appela la constellation à l'Ouest du Lion "Chevelure de Bérénice" d'après le prénom de la femme de
Ptolémée III Évergète I (246-222),
Bérénice II de Cyrène.
• Épicure
(ou Epicurus, en Grec :
Epicure ou
Eπίκουρος, 342-270) qui fut aussi selon certaines
sources Samien de naissance. Il fut le fondateur, en 301, de l'épicurisme, une
des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité.
• Ésope (ou Aísôpos, en
Grec:
Aísôpos ou Αiσωπος, VIIe siècle) qui fut un fabuliste.
L'histoire lui attribue la paternité de la fable comme genre littéraire.
• Pythagore (ou Pythagóras, en
Grec :
Pythagóras ou Πυθαγόρας, v.580-v.490)
qui fut un mathématicien et philosophe.
Hérodote (Historien
Grec, v.484-v.425)
le mentionne comme "l'un des plus grands esprits de la Grèce, le sage Pythagore".
• Rhoikos (ou Rhaekos ou Rhoecus, en
Grec :
Rhaekos, v.575-v.525), fils de Philée, qui
fut un architecte qui construit le premier temple d'Héra,
l'Héraion.
• Théodoros (ou
Theodorus ou Théodore, en Grec :
Theodoros, VIe siècle av.J.C) qui fut un sculpteur et
inventeur, il aurait inventé l'art de la fonderie pour les statues en bronze.
Hérodote (Historien
Grec, v.484-v.425)
a résidé à Samos pendant un certain temps. Samos est également notable dans
l'histoire de l'art, comme ayant produit une école de sculpteurs et
d'architectes. Les vases de Samos ont été parmi les plus caractéristiques des produits de la poterie
Ionienne au VIe siècle av.J.C.
Pour d'autres détails sur la
ville et ses monuments voir les ouvrages de :
John Penrose Barron :
- The silver coins of Samos, Athlone P., London, 1966.
Alfred Burns :
- The tunnel of Eupalinus and the tunnel problem of hero of Alexandria, pp. 172-185, Isis 62, N°2, 1971.
Carl Curtius :
- Urkunden zur Geschichte von Samos, Pagel, Wesel, 1873.
Olivier Curty :
- La querelle territoriale entre Samos et Priène, Inschriften von Priene 37, Fribourg, 1987.
Percy Gardner :
- Samos and Samian coins, Macmillan, London, 1882.
June Goodfield et Stephen Toulmin :
- How was the tunnel of Eupalinus aligned, pp. 46-55, Isis 56, N°1, 1965 - John Hopkins Press, 2002.
Victor Guérin :
- Description de l'ile de Patmos et de l'ile de Samos, Auguste Durand libraire, Paris, 1856.
Ulf Jantzen :
- Ägyptische und orientalische Bronzen aus dem Heraion von Samos,
Deutsches Archäologisches Institut, in Kommission R. Habelt, Bonn, 1972.
Hermann J.Kienast et Bernd Meissner :
- Die wasserleitung des Eupalinos auf Samos, Deutsches Archäologisches Institut,
Samos XIX, Rudolph Habelt, Bonn, 1995.
Helmut Kyrieleis :
- Führer durch das Heraion von Samos, Krene-Verlag : Deutsches Archäologisches Institut, Athènes, 1981.
Helmut Kyrieleis, Hermann J.Kienast et Gunther Neumann :
- Der grosse Kuros von Samos, Rudolph Habelt, Bonn, 1996.
Louis Lautrey :
- Polycrate : Tyran de Samos, A.Lemerre, Paris, 1903.
Trevor J.Quinn :
- Athens and Samos, Lesbos and Chios : 478-404 B.C., Manchester University Press, Manchester, 1981.
Thekla Schulz :
- Die römischen tempel im Heraion von Samos/ 1, Die Prostyloi, Habelt, Bonn, 2002.
Graham Shipley :
- A history of Samos, 800-188 BC, Clarendon Press, Oxford, 1987 - Oxford University Press, New York, 1987.
Carlo De Stefani, Charles J.Forsyth Major et William Barbey :
- Samos. Étude géologique, paléontologique et botanique, G. Bridel, Lausanne, 1891.
Renate Tölle-Kastenbein :
- Herodot und Samos,Duris-Verl., Bochum, 1976.
Konstantinos Tsakos :
- Samos : Guide historique et archéologique - en Anglais, Samos : A guide to the history and archaeology,
Hesperos Editions, Athènes, 2003.
Dēmētrēs Tsimpourakēs :
- 530 p.Ch., to Orygma tou Eupalinou stēn archaia Samo : perigraphē tou hydragōgeiou, mathēmatika symperasmata,
kritikē tou ergou, hē sēranga tou Hērōna, Arithmos, Athènes, 1997.
Bartel Leendert Van der Waerden :
- Eupalinos and His Tunnel, pp. 82-83, Isis 59, N°.1, 1968 - University of California Press, 2002.
Hans Walter :
- Das Heraion von Samos : Ursprung und Wandel eines griechischen heiligtums, R.Piper cop. München, Zürich, 1976. |
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