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Pour plus de détails voir aussi : La carte |
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L'histoire.......
Il est de tradition de prétendre que la ville fut fondée en 280 av.J.C par le Roi Séleucide Antiochos I Sôter (280-261), fils de Séleucos I Nikatôr (305-280), l'un des généraux d'Alexandre le Grand (336-323) qui lui donna son nom tout comme à la ville d'Antioche sur l'Orontes. Toutefois l'histoire de la cité ne peut pas être séparée de celle de la région des Grands Lacs et de la Pisidie. Des Recherches ont montré des traces d'habitation sur le site depuis le Paléolithique. Au cours des fouilles et des travaux faits autour de Yalvaç (ou Yalobatch) par David M.Robinson et l'Université du Michigan, en 1924, il a été démontré une présence d'établissements sur les buttes environnantes remontant au IIIe millénaire av.J.C. À Antioche même il n'a jamais été retrouvé de trace d'installation datant des périodes proto-Hittite ou Hittite, contrairement au reste de la région dont nous savons par des sources Hittites qu'elle faisait partie de celle qu'ils appelaient, Arzawa. Ni même Phrygienne ou Lydienne comme les autres cités plus anciennes environnantes. Après la mort d'Alexandre le Grand, le Roi Séleucide Antiochos I Sôter prend le contrôle de la Pisidie et afin de protéger la population des villes fortifiées sont fondées sur les lieux d'importance stratégique. Il créera ainsi près de 60 cités dont 16 d'entre-elles porteront le nom d'Antioche.
Selon Strabon (Géographe, historien et philosophe Grec, 64 av.J.C-23 ap.J.C), Antioche de Pisidie est peuplée avec des colons de Magnésie du Méandre, en Ionie. Dans le même temps Antiochos I doit se battre pour le partage de l'Anatolie. Il doit faire face aux sécessions de la Bithynie, du Pont, de Pergame et de la Cappadoce qui s'érigent en royaumes indépendants. Cette lutte est de plus compliquée, en 278, par l'invasion de cette région par les Galates venant d'Europe. En 275/274 il parvient à les repousser. Il les aurait battu à l'aide des éléphants, que les Galates n'avait jamais vu auparavant.
Il semble aujourd'hui évident qu'Antioche de Pisidie est construite par le Roi Séleucide dans l'idée d'en faire une base militaire pour contrôler les attaques Galates, la ville se trouvant à la frontière des régions de Pisidie et de Phrygie. La fondation d'Antioche indique une date du dernier quart du IIIe siècle av.J.C, que l'on a fixé à 280, mais des trouvailles archéologiques au Nord-est du sanctuaire du Dieu Men donnent des dates autour du IVe siècle. Cela indique qu'il y avait eu sûrement avant Antiochos I des cultures dans la région. Tandis que les royaumes Hellénistiques se battent entre eux, Rome devient l'État le plus puissant en Europe et commence à pratiquer une politique d'expansion vers l'Est. Ils envahissent la Macédoine, la Thrace et les Dardanelles et ils atteignent la Phrygie via Magnésie et la Pisidie. Ils sont toutefois surpris par la résistance des Galates et lors du traité d'Apamée, en 188 av.J.C., ils donnent les terres de Pisidie, qu'ils avaient obtenue d'Antiochos III Mégas (223-187), à leur allié le royaume de Pergame qui domine alors la région.
Quelques temps plus tard, en 133, à la mort du Roi de Pergame, Attalos III Philométor (138-133) la région redevient Romaine par héritage et Antiochos change une nouvelle fois de mains. Bien que l'Anatolie soit dominée par les Romains, la Pisidie et ses grandes cités sont données au contrôle du royaume de Cappadoce qui était un allié de Rome. Pendant les années qui suivent les Rois de Cappadoce vont perdre toute autorité sur la région ce qui va conduire à l'émergence de puissants royaumes pirates autour des grandes villes, en particulier en Cilicie et Pisidie. Les Pisidiens d'Antioche liguent leur force aux pirates Ciliciens et Pamphyliens jusqu'à ce que la domination Romaine soit restaurée en 102 av.J.C. La position géographique et stratégique de la région est difficile à contrôler. En 39 av.J.C, le Consul Romain Marc Antoine (83-30 av.J.C) confie les villes de Pisidie au Roi de Galatie Amyntas (39-25 av.J.C) et lui demande de réprimer les bandits d'Homonada (ou Hoinona), une cité des montagnes du Taurus, qui a menaçaient les routes reliant la Pisidie à la Pamphylie. Amyntas prend la ville et tue son Prince. Cependant la veuve de ce dernier décide de le venger et Amyntas est victime en 25 av.J.C d'une embuscade où il trouve la mort. Après la mort du Galate Antioche redevient possession de Rome qui l'incorpore à sa nouvelle province de Galatie. Au cours de la période Romaine la Pisidie est colonisée par des anciens combattants de ses légions qui la maintiennent sous contrôle. Pour les colons venus des régions pauvres d'Italie, l'agriculture devient l'activité principale. Sous la Pax Romana de l'Empereur Auguste (27 av.J.C -14 ap.J.C) huit colonies sont établies en Pisidie et Antioche et Sagalassos deviennent les centres urbains les plus importants. Toutefois seulement Antioche sera honoré avec le titre de "Colonia Caesareia" peut-être en raison de sa position stratégique.
La ville devient une importante colonie Romaine, prend la position de capitale et sera même divinisée. La province est progressivement latinisée et le latin restera la langue officielle de la région jusqu'à la fin du IIIe siècle ap.J.C. La fertilité de la terre et la paix apportée par Auguste et sa "Pax Romana" rendent plus facile pour les colons vétérans leur intégration et la possibilité d'avoir de bonnes relations avec les indigènes. À la même période, la construction d'un bon réseau routier par Auguste, dont la via Sébaste reliant Antioche de Pisidie avec les ports Pamphyliens comme Pergé (aujourd'hui Aksu), qui traverse le territoire Sagalassien, ouvre des possibilités inattendues pour la ville. Antioche profite de ce réseau routier au maximum et devient une ville capitale pour de nombreuses cultures différentes en raison des activités économiques, militaires et religieuses de la région. C'est la raison pour laquelle Paul de Tarse y donne son premier sermon.
La cité va jouer un rôle important dans la propagation rapide du Christianisme. Entre 45/46 et 49 ap.J.C, Paul visite Antioche à chacun de ses voyages missionnaires, ce qui va aider considérablement à faire de la ville le centre de cette nouvelle croyance en Anatolie. La période de prospérité et d'activité de construction pour les riches cités de Pisidie atteint son apogée avec le règne de l'Empereur Hadrien (117-138) et se poursuivra jusqu'au début du IIIe siècle. Pendant cette période, l'élite locale utilise la construction de monuments comme moyen de représentation et de promotion sociale. Cependant lorsque l'Empire Romain entre en crise, en 235 ap.J.C après la mort de l'Empereur Alexandre Sévère, avec la succession rapide des Empereurs et une instabilité sociale au bord de la guerre civile, seul le Sud-ouest de l'Anatolie et en particulier la Pamphylie et une partie de la Pisidie continue de prospérer en raison son importance stratégique comme avant-poste pour des interventions militaires en Méditerranée orientale.
Au cours du IIIe siècle, un grand nombre de troupes et la flotte Romaine prennent cantonnement en Pamphylie à Sidé sur le golfe d'Antalya (Actuellement Side ou Selimiye). Malheureusement pour Antioche, cette nouvelle possibilité économique profitera plus aux villes du Sud de la Pisidie, qui s'enrichissent de la vente de céréales et de l'approvisionnement des troupes. Lors de la légalisation du Christianisme sous l'Empereur Constantin (305-337) Antioche va jouer un rôle important et devient la capitale de la province de Pisidie Chrétienne, fondée au IVe siècle.
Un nombre croissant d'adeptes de la nouvelle religion réclame une plus grande place dans la société. Les tensions qui en découlent entre les Chrétiens et les païens, apparemment vers l'an 400, amènent à la destruction des édifices considérés païens par les Chrétiens. Des signes de tensions externes apparaissent également autour de 400, lorsque des mercenaires se révoltent lors de raids d'Ostrogoths et d'Isauriens. Il devient alors urgent dans toute la région de fortifier lourdement par des murailles la plupart des villes.
Au VIe siècle, deux raisons vont contribuer à ce qu'Antioche perdent en importance : La lutte pour le partage de l'Anatolie et les guerres civiles. Elle restera toutefois encore un centre important du Christianisme. D'autres facteurs vont entrer en ligne de compte pour le déclin des grandes cités de Pisidie : La région va être dévastée par un tremblement de terre en 518, puis une peste autour de 541-543, puis un autre tremblement de terre en 590, auxquels s'ajouteront les raids arabes dans le milieu du VIIe siècle, ce qui finira de les ruiner.
De plus après la conquête musulmane de la Syrie, les routes commerciales seront perturbées et la région n'aura plus les moyens de se relever. Lors d'une campagne de conquête dirigée par le calife omeyyade Al-Walid ben Abd al-Malik, en 713, la ville sera rasée. Des tentatives furent faites pour la reconstruire, mais elle ne retrouva pas sa splendeur passée. Elle sera finalement abandonnée lorsque Yalvaç fut implantée au XIIIe siècle. De nos jours, il reste un certain nombre de ruines antiques dont beaucoup font encore l'objet de fouilles importantes. (voir ci-dessous).
L'archéologie
Francis Vyvyan Jago Arundell, aumônier à İzmir entre 1822-1834, sera la première personne à définir et étudier la ville. En 1828, il publie le récit de son premier voyage en Anatolie réalisés en 1826 "Une visite aux sept Eglises d'Asie". Ses notes après son second voyage en 1833 ont été publiées à Londres, en 1834, sous le titre :"Découvertes en Asie Mineure, comprenant une description des ruines de plusieurs villes antiques et surtout Antioche de Pisidie". Puis ce sera au tour de William John Hamilton de s'installer dans la région et étudier les aqueducs, les Bains et la grande Basilique. Ses notes seront publiées en 1842 dans, "Les recherches en Asie Mineure, Pont, Arménie" (Researches in Asia Minor, Pontus, Armenia). Il sera suivi à des époques différentes par des explorateurs célèbres du XIXe siècle tels que : Pierre Alexandrowitsch de Tchihatcheff (ou Pyotr Alexandrovich Chikhachyov), Laborde, Ritter et Richter. William Mitchell Ramsay, qui a consacré 50 ans de sa vie à la géographie historique de l'Asie Mineure, y fait son premier voyage en 1880.
En collaboration avec John Robert Sitlington Sterrett, ils effectuent deux voyages d'études et découvrent des inscriptions qui ont fourni des informations historiques détaillées. Sur les deux voyages les deux hommes visitent et étudient Antioche. À la même période, Weber concentre ses études sur les aqueducs. Le réseau d'eau est examiné et la fontaine monumentale est identifiée. Les résultats des études de Ramsay jusqu'à 1905 sont publiés en 1907.
En 1911, Ramsay établit son campement à Antioche et les études sur la ville démarrent de façon systématique. William Moir Calder explore le sanctuaire de Men qui se trouve à Karakuyu Hill, 5 km au Sud-est d'Antioche. L'année suivante, des fouilles sont faites sous la direction de Ramsay et sont soutenues par la Princeton University. Au cours de ces fouilles, jusqu'en 1914, certains édifices importants sont excavés dans et autour de la ville. En 1914, une grande découverte archéologie est faite, les "Res Gestae Divi Augusti" (les actes du divin Auguste) qui sont le testament politique de ce premier Empereur Romain, sont trouvés sous la forme de fragments en face du sanctuaire impérial. Malheureusement les fouilles sont interrompues du fait de la Première Guerre Mondiale. William Mitchell Ramsay reprend les recherches en 1923. En 1924, une grande expédition est montée par Francis Willey Kelsey, de l'Université du Michigan qui comprenait Ramsay. Les fouilles se déroulent sous la direction de David M.Robinson et portent sur la grande Basilique, la place "Tiberia Platea", les propylées de l'acropole et la porte monumentale Ouest. Puis, après seulement un an d'excavation, les travaux du groupe de l'Université du Michigan cessent à cause d'une querelle entre Ramsay et Robinson. William Mitchell Ramsay retourne de nouveau sur le site entre 1925 et 1927, mais sans résultats majeurs.
Puis, plus aucune étude n'est effectuée jusqu'en 1960. Au cours de ce long intervalle, de nombreux blocs architecturaux des bâtiments principaux sont utilisés par les indigènes pour la construction de Yalvaç. En 1962, une étude détaillée de la ville est faite par Michael H.Ballance, A.Frazer et Klaus Franz Tuchelt. En 1976 quelques nouveaux artefacts sont mis au jour sur le sanctuaire impérial. Stephen Mitchell et Marc Waelkens mènent une recherche de documentation d'Antioche entre 1982-1983. L'utilisation de leurs découvertes, des dessins à partir d'études antérieures, en particulier celles de l'Université du Michigan en 1924, et toutes les informations disponibles sur la ville, sont regroupées dans un livre intitulé "Antioche de Pisidie" (1998). Aujourd'hui la cité est étudiée par le Mehmet Taşlıalan, directeur du Musée Yalvaç (1979-2002) et Bayram Tekin, Maire de Yalvaç. Mehmet Taşlıalan est reconnu comme le plus grand spécialiste du sanctuaire impérial, de la grande Basilique ainsi que de l'église Saint-Paul. |



























