La Pisidie

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Sagalassos

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 Pour plus de détails voir aussi les autres cités Pisidiennes :  TermessosAntioche de Pisidie, la Pisidie

 

 

 

 

 

Sommaire

 

Localisation

 

 L'histoire

 

 Les fouilles

 

    Bibliographie

 

    Filmographie

      

 

Vue du Site

 

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Localisation

 

    Le site de Sagalassos est situé dans le Sud-ouest de la Turquie, à 7 km de la ville actuelle d'Ağlasun dans la province de Burdur, à environ 110 km au Nord d'Attalia (aujourd'hui Antalya) et 30 km de Burdur et Isparta. La ville est implantée dans la partie occidentale de la chaîne de montagnes du Taurus qui est bordée au Nord par le haut plateau Anatolien, tandis qu'au Sud, elle touche la Méditerranée. Dans l'Antiquité, cette région était connue sous le nom Pisidie. Dans la Rome impériale Sagalassos va devenir la première cité de la région. Elle était aménagée sur une terrasse du mont Akdağ orientée plein Sud à une altitude entre 1450 et 1600 m. Des fouilles de grandes envergures ont débuté en 1990 sous la direction de Marc Waelkens de la Katholieke Universiteit Leuven. Un grand nombre de bâtiments, monuments et autres vestiges archéologiques ont été mis au jour montrant l'aspect monumental de cette ville de la période Hellénistique jusqu'à la période Byzantine.

 

 Pour plus de détails voir : La carte  

 

 

L'histoire.......

 

   Les premières traces de présence humaine sur le site de Sagalassos datent de l'Epipaléolithique (environ 12.000 av.J.C). La présence de parties boisées et de terre relativement riches et bien irriguées a donné des conditions idéales pour l'agriculture, l'élevage et la chasse, qui ont finalement abouti, vers 8.000 av.J.C à l'émergence d'habitats permanents le long des frontières du lac de Burdur. Au cours du chalcolithique (2300-1800) et Bronze ancien (I-II, 1800-1500) des colonies agricoles du type Höyük (située dans la plaine de Konya en Anatolie) apparurent dans la région avec des villes fortifiées, ce qui indique l'évolution de chefferies territoriales.

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Le Théâtre

 

   Vers la fin de la période, cependant, ces colonies vont disparaître et ne ressortiront pas de nouveau avant vers 1400/1300 av.J.C. À cette époque, autour du XIVe siècle, des Indo-européens de culture Louvite (ou Luwite), comme l'atteste le nom des Rois et le panthéon qui comprenait des Dieux Louvites, migrent dans la région et fondent le royaume que les sources Hittites nomment Arzawa. Le territoire de Sagalassos devient une partie de cette sphère d'influence Louvite étant situé le long de la frontière contestée avec l'Empire Hittite. Il ne peut donc être exclu que le nom classique de la ville se réfèrent au peuple des montagnes de Salawassa que l'on trouve dans les documents Hittites.

 

   Lors de cette période vont se créer des bastions fortifiés à des altitudes élevées, reflétant le caractère instable de l'époque. La position de Sagalassos, outre la facilité défensive qu'offre son site, lui permet de contrôler un col important du Taurus occidental. Après la chute des Hittites, vers 1200 (début de l'âge du Fer ancien), des agglomérations urbaines apparaissent progressivement dans la région. L'établissement urbain récemment découvert sur la colline voisine de Sagalassos, Tepe Duzen, par exemple, appartient à cette période.

   Selon certains spécialistes il pourrait être le prédécesseur de la ville. Toutefois l'histoire de la cité ne peut pas être séparée de celle de la région des Grands Lacs et de la Pisidie. La première Sagalassos résiste aux attaques des Phrygiens, la nouvelle puissance forte de la région. Connues pour leur faction guerrière, les cités de Pisidie vont rester largement indépendantes. Cependant du IXe siècle jusqu'au début du VIIe siècle Sagalassos devient une partie du royaume Phrygien. Puis à l'effondrement de ces derniers, elle est incorporée, contrairement à la grande majorité de la Pisidie, au royaume de Lydie qui se rend maître de l'Asie Mineure. Elle le restera de vers 700 jusqu'à 547/546.

 

   À cette époque elle passera sous le joug des Perses qui après avoir vaincu le Roi de Lydie Crésus (562-546 ou 561-547) vont diviser son Empire en satrapies pour plus de contrôle. Sous la domination Perse, lorsque les influences Grecques se propagent sur les villes côtières et intérieures Pamphyliennes, Sagalassos devient un site urbain du type polis. La ville contrôle et exploite un vaste territoire et elle reste protégée par une chaîne de forteresses de montagne visiblement interconnectées. Peu avant la chute des Perses, en 334, lorsque le Roi Macédonien Alexandre le Grand (336-323) arrive dans la région, Sagalassos semble être devenue un centre régional tout aussi influent que Selge ou Termessos.

 

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             Le nymphée reconstitué

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Détail de l'ornement du nymphée  

 

   Dans son compte rendu de la campagne d'Alexandre contre le Roi Perse Darius III (335-330), l'historien Arrien de Nicomédie (v.87-v.145) décrit Sagalassos comme une grande ville. Arrien raconte, que Selge conclut un pacte avec Alexandre contre Termessos et Sagalassos et qu'en 333, le Roi Macédonien, qui assimilait la ville à un nid d'aigle, avait commencé un siège de Termessos, conscient de l'importance stratégique de la cité. Alexandre voulait gagner la Phrygie à partir de la Pamphylie et sa route passait forcément par Termessos. En fait, il existait d'autres passes beaucoup plus faciles d'accès et sans aucune résistance armée, alors pourquoi le Roi a choisi de remonter le col raide de Yenice (ou Yenidje ou Yenidze) reste encore aujourd'hui un sujet de litige. 

 

   Alexandre va perdre beaucoup de temps et d'efforts à essayer de forcer le passage fermé par les Termessiens et lorsqu'il s'aperçoit que cette ville s'avère être imprenable, il abandonne toute agression envers la cité. Toutefois, au lieu de marcher vers le Nord il se tourne vers Sagalassos sur laquelle il décharge toute sa colère. Dans la bataille qui s'en suivit, les Sagalassiens assistés par des archers de Termessos avaient pris position sur un plateau de la montagne en face de la ville. Bien qu'ils aient réussi à repousser l'attaque Macédonienne une première fois, ils furent finalement vaincus et Sagalassos fut saccagée. 

 

   Plus tard Sagalassos, fière de son rôle dans la résistance contre la conquête de la région par Alexandre, représentera la bataille sur ses pièces de monnaies. Après la mort d'Alexandre, ses anciens Diadoques vont se disputer les parties de l'Empire et lors du premier partage des territoires, la Pisidie échoit à Antigonos I Monophtalmos ("Le borgne", Roi 306-301), qui l'occupe durant une quinzaine d'années avec quelques intrusions du Roi de Thrace Lysimaque (322-281). Après quoi Séleucos I Nikatôr (305-280), fondateur de la dynastie Séleucides, va prendre le contrôle de la région. Les habitants de Sagalassos, dont la tradition guerrière est réputée, fournissent de nombreux mercenaires aux souverains hellénistiques, surtout aux Lagides ennemis des Séleucides. Sous le règne de ces derniers des colonies Grecques sont fondées sur les lieux d'importance stratégique et la population locale est hellénisée. 

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Le Bouleutérion

 

   Comme les autres villes de Pisidie, Sagalassos s'hellénise rapidement durant cette période comme en témoignent : L'usage du Grec comme langue officielle ; le développement des institutions municipales et de la culture et la construction de nombreux monuments, tels qu'un sénat de 220 places et une agora. Cependant, les Rois Hellénistiques ne vont jamais avoir un pouvoir total sur la région, en partie parce que l'Asie Mineure va être contestée entre les Séleucides, les Attalides de Pergame et les Galates, envahissants Celtes venus d'Europe. La région va passer officiellement sous la dépendance du royaume de Pergame en 188 au Traité d'Apamée, après la chute du Roi Séleucide Antiochos III Mégas (223-187).

 

   En 133, le dernier Roi de Pergame Attalos III Philométor (138-133) lègue son royaume à Rome qui intègre la Pisidie à la province d'Asie y compris Sagalassos. Au moins pendant la première partie de la domination Romaine la Pisidie semble avoir connu une brève période de prospérité, au cours de laquelle de nombreuses villes de la région vont ériger des murailles défensives et des bâtiments politique.   

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Hérôon du Nord-ouest

   Parmi ceux-ci figurait à Sagalassos un bouleutérion (Bâtiment où se réunissait la Boulé, le conseil, une assemblée restreinte de citoyens chargés des affaires courantes de la cité). Au début du Ier siècle av.J.C, cependant, cette période de prospérité prend fin. Rome avait donné la gérance de la région au royaume de Cappadoce qui se révèle incapable de gouverner et faire face aux rebellions. Dans le même temps le Roi du Pont Mithridate VI (120-63) profite de la situation et déclare la guerre à la Cappadoce qui était soutenue par les Romains. Cela a pour effet l'interruption presque contemporaine du commerce maritime du aux nombreux pirates sur les mers. Les Pisidiens liguent leur force aux pirates Ciliciens et Pamphyliens jusqu'à ce que la domination Romaine soit restaurée en 102 av.J.C et Mithridate VI repoussé pour un temps.

 

   Le Roi du Pont va multiplier les attaques sur la Cappadoce, puis en 89 sur le royaume de Bithynie de Nicomède IV Philopator (91-75) qui contrôlait maintenant la région. Mithridate VI remporte deux victoires décisives, qui lui livrent toute la Bithynie, la Phrygie du Nord et la Mysie. Il pénètre ensuite dans la province d'Asie et la Pisidie où il est accueilli comme un libérateur. Il se débarrasse des Romains qui se trouvent en Asie et plus de 80 000 vont périr en un seul jour, principalement à Éphèse.

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L'agora supérieure

 

   Toutefois ses victoires et son Empire vont être de courte durée, les Romains reprennent possession de l'Asie Mineure après lui avoir infligé plusieurs lourdes défaites. La position géographique et stratégique de la région est difficile à contrôler. En 39 av.J.C, le Consul Romain Marc Antoine (83-30 av.J.C) confie la Pisidie au Roi de Galatie Amyntas (39-25 av.J.C). Durant son règne, Sagalassos, qui était devenue un centre de production de poterie depuis le milieu du IIe siècle av.J.C, commence à desservir un marché régional. Cela à pour conséquence une extension de la ville au-delà des murs de la cité hellénistique.

 

   Cette expansion urbaine, qui s'est poursuivie dans les premiers temps de la Rome Impériale, comprenait la construction de nouveaux bâtiments, tels qu'un temple dorique de Zeus et une fontaine dont les archéologues eurent la surprise de constater qu'elle fonctionnait encore et des nouveaux quartiers résidentiels sur le versant oriental de la ville. En 25 av.J.C Marc Antoine demande à Amyntas de réprimer les bandits d'Homonada (ou Hoinona), une cité des montagnes du Taurus, qui menaçaient les routes reliant la Pisidie à la Pamphylie. Amyntas prend la ville et tue son Prince. Cependant la veuve de ce dernier décide de le venger et Amyntas est victime d'une embuscade où il trouve la mort. Après la mort du Galate la Pisidie et Sagalassos redeviennent possession de Rome qui incorpore la région à sa nouvelle province de Galatie. Plus tard la ville sera successivement intégrée aux provinces de Lycie, puis de Pamphylie et sous l'Empereur Dioclétien (284-305) de nouveau de Pisidie.

 

   Sous la Pax Romana de l'Empereur Auguste (27 av.J.C -14 ap.J.C) huit colonies Romaines sont établies en Pisidie et Antioche de Pisidie et Sagalassos deviennent les centres urbains les plus importants. La province est progressivement latinisée et le latin restera la langue officielle de la région jusqu'à la fin du IIIe siècle ap.J.C. À la même période, la construction d'un bon réseau routier par Auguste, dont la via Sébaste reliant Antioche de Pisidie avec les ports Pamphyliens comme Pergé (aujourd'hui Aksu), qui traverse le territoire Sagalassien ouvre des possibilités inattendues pour la ville.

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L'agora inférieure, les bains

    

   Le territoire de Sagalassos est extrêmement fertile, avec une production excédentaire de céréales et d'olives. Elle possède aussi un sol dont la présence de très bons lits d'argile permet une production industrielle de la céramique de haute qualité. La cité va alors exporter tous ces produits via ce nouveau réseau routier. Rapidement, l'élite des propriétaires terriens locaux réalisent le potentiel économique de la nouvelle situation politique et immédiatement embrassent la cause Romaine. La ville continue de s'étendre et au cours des trois premiers siècles de l'époque impériale, la zone urbaine va doubler en taille, tandis que le centre-ville est rénové avec des monuments publics somptueux.

  

   Sous Tibère (14-37 ap.J.C) une porte monumentale est érigée à l'entrée Sud de la ville. L'agora supérieure est rouverte, réorientée et entourée par des monuments dédiés à l'aristocratie locale et la famille impériale. Sous le règne de l'Empereur Claude (41-54) les membres de certaines de ces familles aristocratiques deviennent citoyens Romains. La période de prospérité et d'activité de construction atteint son apogée pour la ville avec le règne de l'Empereur Hadrien (117-138) et se poursuivra jusqu'au début du IIIe siècle. Pendant cette période, l'élite locale utilise la construction de monuments comme moyen de représentation et de promotion sociale.

  

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Habitation à l'extérieure de la cité

   Au  IIe  siècle un riche citoyen de la ville, Titus Flavius Neon, finance la construction d'une grande bibliothèque à laquelle s'ajoutera une superbe mosaïque au IVe siècle. Cette bibliothèque est aujourd'hui partiellement reconstituée par le travail des archéologues. De cette façon, l'élite embellissait la cité avec des monuments où toute la population pouvait en profiter. On ne compte pas moins de quatre nymphées monumentaux, la bibliothèque, un marché alimentaire etc... Avant la fin du IIe siècle, Sagalassos a ses premiers Sénateurs et voit l'achèvement de ses plus importants monuments comme les thermes Romains, qui sont construits sur une surface de plus de 10 ha, un théâtre et un sanctuaire dédié à Hadrien.

 

   Même lorsque l'Empire Romain entre en crise, en 235 ap.J.C après la mort de l'Empereur Alexandre Sévère, avec la succession rapide des Empereurs et une instabilité sociale au bord de la guerre civile, le Sud-ouest de l'Anatolie et en particulier la Pamphylie et la Pisidie continue de prospérer, en raison en grande partie de son importance stratégique, comme avant-poste pour des interventions militaires en Méditerranée orientale. Au cours du IIIe siècle, un grand nombre de troupes et la flotte Romaine prennent cantonnement en Pamphylie à Sidé sur le golfe d'Antalya (Actuellement Side ou Selimiye).

 

   Cette nouvelle possibilité économique pour les villes du Sud de la Pisidie, qui s'enrichissent de la vente de céréales et de l'approvisionnement des troupes, entraîne une nouvelle explosion de la construction dans les cités qui va durer tout au long du siècle. Sagalassos, cependant, profite à un degré moindre de cette situation et l'activité de construction semble avoir été remplacée par l'organisation de jeux (Agones) portant les noms de leurs fondateurs. 

 

    Lors de la légalisation du Christianisme sous l'Empereur Constantin (305-337) Sagalassos va jouer un rôle important. Elle devient un évêché au cours de ce IVe siècle et est représentée au premier concile de Constantinople en 381. Un nombre croissant d'adeptes de la nouvelle religion réclame une plus grande place dans la société. Les tensions qui en découlent entre les Chrétiens et les païens, apparemment vers l'an 400, débouchent sur la destruction des édifices considérés païens par les Chrétiens comme : La bibliothèque récemment restaurée et le gymnase, à l'Est du théâtre, qui est complètement démantelé par les autorités municipales.

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Autre vue du nymphée

 

   La montée en puissance de l'Église est également démontrée par la construction au début du Ve siècle d'une basilique dans la cour de la salle du conseil, ancien bouleutérion. En dehors de la montée en puissance de l'Église, l'Antiquité tardive dans la région a vu l'émergence d'une élite provinciale formant une petite mais très puissante aristocratie. Leur attachement à la cité a diminué à mesure qu'ils devenaient de plus en plus préoccupés par leur fortune personnelle au travers de leurs terres disséminées sur toute la province et de leur palais. Ce que l'on appelle aujourd'hui dans partie orientale de la cité, la zone intérieure et qui est en cours de fouille, a été un de ces palais. Des signes de tensions externes apparaissent également autour de 400, lorsque des mercenaires se révoltent lors de raids d'Ostrogoths et d'Isauriens.

 

   Il devient alors urgent dans toute la région de fortifier lourdement par des murailles la plupart des villes. À Sagalassos la construction de ce mur, a largement suivi le plan de celui érigé à l'époque hellénistique. Toutefois, la campagne de la ville est restée très densément peuplée à en compter le nombre de villages plus grands et mieux protégé situés à proximité de sources d'eau en haute altitude.

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Autre vue du Hérôon

  

  À partir de 500 va commencer une période difficile pour la cité où elle va être touchée par une série de calamités. En 518, elle est partiellement détruite par un tremblement de terre, mais les habitants étaient apparemment encore nombreux et assez riches pour reconstruire la plupart des dommages. Après le milieu du VIe siècle le système économique va commencer à se désintégrer à la suite d'une combinaison de facteurs, mais en partie du fait de la peste qui de 541 à 543 anéantit près de la moitié de la population de l'Asie Mineure. La réduction de la main-d'œuvre amène la pénurie alimentaire, aggravée par des mauvaises récoltes. De vastes zones de la ville doivent être abandonnées. Enfin, un nouveau tremblement de terre vers l'an 590 rase presque complètement la ville qui était alors déjà en grande partie abandonné.

 

   Le peu d'habitants survivants vont se réfugier dans la vallée (aujourd'hui Ağlasun) à 7 km. Après cet événement, il semble y avoir un statuquo dans l'occupation de la ville, bien que l'enterrement des morts y ait continué d'avoir lieu, dans les décombres du tremblement de terre, près de l'ancien temple d'Apollon Klarios, qui avait alors été transformé en basilique. Suite à des études récentes, certains spécialistes suggèrent que la région n'a pas été dépeuplée, mais qu'elle est passée à un mode de vie pastorale. Toutefois Sagalassos a progressivement été attaquée par l'érosion et enfouie sous plusieurs mètres de terre. Elle est le dernier bastion de la culture de l'Empire Romain d'Orient.

 

 

                  Les fouilles

   Les premières découvertes archéologiques de la cité remontent à l'automne 1706 lorsque l'explorateur Paul Lucas visite les ruines impressionnantes de la ville, qu'il prend pour les ruines de différents châteaux. Il faudra attendre un siècle plus tard, en 1824, que l'aumônier et antiquaire Britannique Francis Vyvyan Jago Arundell explore le site et déchiffre une inscription pour identifier la cité comme Sagalassos. Il fait également un croquis des ruines. Dans les décennies suivantes Sagalassos sera visitée par peu de voyageurs occidentaux connus. L'enquête approfondie et une première description des vestiges de la cité sont réalisées en 1884 et 1885, par une équipe Autrichienne dirigée par le Comte Polonais Karl Liandkorskyi (ou Lanckoronskiqui) qui explore les villes en ruines de la Pisidie et la Pamphylie.

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Tête de Faustine mise

au jour à Sagalassos

  

   Il produit la première carte de Sagalassos et enregistre quelques-unes de ses inscriptions qui étaient visibles en surface, mais il n'a jamais terminé son enquête. Au siècle suivant, grâce aux travaux de Liandkorskyi, les vestiges archéologiques de la Pisidie et par conséquent Sagalassos vont recevoir un peu plus d'attention, bien que les expéditions seront à petite échelle et effectuées de temps en temps dans la région.

 

   L'exploration systématique de la région va seulement commencer en 1982, avec un projet Anglo-belge dirigé par Stephen Mitchell, qui visait à l'étude des vestiges à la surface, de tous les sites antiques de la région. Une attention toute particulière est accordée à Antioche de Pisidie, où les résultats préliminaires indiquent immédiatement la négligence scientifique apportés à la région. En 1985, l'équipe Britannique est rejointe par Marc Waelkens, qui effectue une première visite à Sagalassos et qui confirme l'énorme potentiel de recherche archéologique de la ville.

  

   Quatre autres campagnes suivent sous la supervision de Waelkens et Mitchell. Après une fouille de sauvetage une première fois en 1989 dans le quartier des potiers, des fouilles à grande échelle sont lancés en 1990/91. Elles mettent au jour deux agoras, une supérieure et une inférieure. L'agora inférieure est fouillée par environ 80 assistants locaux et 120 membres du personnel académique. En 1992, Waelkens commence l'excavation de l'agora supérieure. Le long du mur Nord son équipe met au jour une fontaine monumentale avec de magnifiques sculptures. Les objets aujourd'hui restaurés sont exposés au musée de Burdur. Il excave également une grande bibliothèque construite par un riche citoyen de la ville, au IIe siècle, Titus Flavius Neon, en mémoire de son père. La bibliothèque avait été détruite par le feu.

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Tête de l'Empereur Hadrien mise

au jour à Sagalassos

   Sont aussi fouillées et mis au jour : Les ruines d'un temple en l'honneur de l'Empereur Hadrien, commencé et inauguré sous l'Empereur Antonin le Pieu, ce temple semble avoir été converti en église épiscopale au cours du Ve siècle, et un théâtre Grec avec une partie Romaine qui décrit un demi-cercle et pouvait contenir près de 9 000 personnes. En 1997 est mis au jour sur un plateau naturel, dans la partie occidentale de l'agora inférieure, un bâtiment qui servait de salle du conseil, le bouleutérion (Bâtiment où se réunissait la Boulé, le conseil, une assemblée restreinte de citoyens chargés des affaires courantes de la cité). Depuis lors, le site et son territoire est devenu la cible d'un projet de recherche à grande échelle interdisciplinaire sous la supervision de Marc Waelkens et de la Katholieke Universiteit Leuven. Le centre ville monumental a été mis au jour et quatre grands projets de restauration sont presque terminés.

  

   Les recherches portent aussi sur une étude géophysique du centre urbain, les fouilles dans les secteurs domestique et industriel et une prospection intensive du territoire. Les résultats de la première enquête avaient donné une occupation du site sur plus de mille ans, d'Alexandre le Grand (336-323) au VIIe siècle, alors que ces derniers travaux établissent les types de peuplement et leur évolution, l'histoire de la végétation et les pratiques agricoles, la formation du paysage et les changements climatiques au cours des 10.000 dernières années. Le 9 août 2007, la presse a rapporté la découverte d'une statue colossale de l'Empereur Hadrien (117-138) qui faisait dans les 4-5 m de hauteur.

 

    La statue date de la première partie du règne d'Hadrien et dépeint l'Empereur en costume militaire. Elle a été sculptée par sections et assemblée avec des tenons de marbre sur le site, qui était un bain public. Le séisme majeur de 590 avait fait écrouler la voûte du bâtiment et la statue d'Hadrien avait été écrasée. Le 14 août 2008, la tête de la statue de Faustine l'Ancienne, l'épouse de l'Empereur Romain Antonin le Pieux (138-161) son successeur, a été découverte dans le même bâtiment. Le 22 août 2008, une autre tête colossale a été trouvée, représentant Marc Aurèle (161-180).

 

 

 

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Autre vue du théâtre

 

Une échoppe

 

Autre vue du Bouleutérion

 

Autre vue du site

 

Autre vue du théâtre

 

Autre vue de l'agora supérieure

 

              

          Bibliographie

    Pour d'autres détails sur la cité et ses monuments voir les ouvrages de :

 

Roland Degeest :

- The common wares of Sagalassos : Typology and chronology, Studies in Eastern Mediterranean archaeology 3, Brepols, Turnhout, 2000.

Martens Femke :

- The urban development of Sagalassos building history and settlement pattern, Brepols Pub, Turnhout, 2007.

Veli Köse :

- Nekropolen und grabdenkmler von Sagalassos in Pisidien in hellenistischer und römischer zeit, Studies in eastern Mediterranean archaeology 7, Brepols, Turnhout, 2005.

Stephen Mitchell et Marc Waelkens :

- Cremna and Sagalassus 1987, pp. 53-65, Anatolian Studies 38,1988.

Georges Radet et G.-R. Cheslay :

- Les villes de la Pisidie, Ernest Leroux, Paris, 1893.

Ronald Sprafke :

- Die Kolosse von Sagalassos, pp. 82-87, Bild der Wissenschaft, Heft, Janvier 2010.

Lutgarde Vandeput :

- The architectural decoration in Roman Asia Minor : Sagalassos : A case study, Studies in Eastern Mediterranean archaeology 1,  Brepols, Leuven, 1997.

Bruno Vandermeulen et Danny Veys :

- In site Sagalassos, photographies, Peeters Publishers, Louvain, 2008.

Marc Waelkens, Patrick Degryse et Lieven Loots :

- Sagalassos I à VI, Acta Archaeologica Lovaniensia Monographiae, Leuven University Press, Louvain, 2000 à 2008.

 

   Pour d'autres détails voir le site officiel de Sagalassos :  Sagalassos.be 

 

 Filmographie

- Les derniers romains, Réalisation : Philippe Axell et Marco Visalberghi (Franc/Belgique, 2007), 50 mn. Éditeur et Diffusion :   Arte les 7, 8 et 15 juin 2008. 

- Sagalassos, la cité oubliée, Réalisation :  Philippe Axell (Belgique, 2003), 52 mn,   Vidéo VHS, Éditeur : SWR, Baden-Baden, 2004.

- The archaeological discoveries at Sagalassos : Revelations about life in an ancient Roman city, Réalisation : de Marc Waelkens, J.Paul Getty Museum et Villa Program Coordination,   DVD vidéo, Éditeur : Getty Villa event recordings, 2006.

 

 

 

 

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