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Les circonstances dans lesquelles la XIIe dynastie arrive au pouvoir ne
sont pas connues avec certitude. Ce que
l'on sait, c'est qu'Amenemhat I n'était
pas liée par le sang ou le mariage à ses prédécesseurs de la
XIe dynastie. Son père était
un Prêtre de Thèbes
nommé, Senousret et sa mère s'appelait Néfret (ou Nofret) et selon
la prophétie de Néferty elle venait d'Éléphantine.
Cette dynastie marque le retour à une période de prospérité et d'équilibre.
Ses Rois vont gouverner le pays avec fermeté et vont réussir à maintenir à leur propre
avantage l'équilibre des pouvoirs entre les autorités centrales et les
administrations locales. C'est ce qui va contribuer en faire une grande dynastie,
dont la puissance va être comparable à celles de
l'Ancien Empire.
Elle va connaître son apogée avec les règnes de
Sésostris III
et d'Amenemhat III.
Les campagnes militaires et les expéditions minières à l'extérieur des
frontières renforcent l'emprise de l'Égypte. Cette période de presque deux
siècles est marquée par :
▪ Des travaux partout dans le pays et une très grande exploitation du Fayoum.
▪ Des constructions de bâtiment surtout pour des aspects
utilitaires, ce qui va apporter un immense développement industriel.
▪ Une prospérité économique retrouvée.
▪ Les Rois vont imposer leur domination sur le Nord de la Nubie et pacifier les Bédouins dans le
désert à l'Est et l'Ouest de la vallée du Nil.
▪ D'énormes forteresses sont construites en Nubie et à la frontière de l'Est pour protéger
les routes commerciales.
▪ Le retour au complexe pyramidal qui est le témoignage d'une volonté de renouer avec les modèles de
l'Ancien Empire.
Cette dynastie est originaire de
Thèbes. Les passations de trône vont se faire sans problème, car les Rois vont user de la
corégence pour faciliter les successions au trône. Sauf à la fin de la
dynastie où
Amenemhat IV n'ayant pas d'héritier, c'est une Reine
Sobeknéferourê
qui prendra le pouvoir ce qui divisera le pays. Avant leur prise de pouvoir, les
Rois seront tous des administrateurs, des bâtisseurs et de brillants guerriers,
ce qui leur donnera une expérience certaine lors de leur prise de fonction.
Au niveau de la
religion, avec la XIIe dynastie, un Dieu local,
Amon,
d'origine obscure, devient le Dieu le plus important du panthéon Égyptien.
Il convient de signaler que sa popularité rapide est étroitement liée à l'origine
à Amenemhat I,
dont le nom veut dire "Amont est en avant",
qui lui montre une allégeance particulière. Même lorsqu'il va déplacer le centre
politique du pays de Thèbes à sa
nouvelle capitale
Licht, dans l'oasis du Fayoum,
Thèbes restera
un centre religieux important.
Au cours de cette dynastie, les richesses et la stabilité apportées à l'Égypte se
manifeste dans la qualité des statues, des reliefs et des peintures dans tout le pays.
La XIIe dynastie voit aussi l'émergence d'un courant artistique qui donnera
naissance à une période dite classique. Beaucoup de textes importants de la
littérature pharaonique ont été écrits au cours de cette période dont :
L'enseignement d'Amenemhat ; Les préceptes des Loyalistes, montrant le rapport entre la
loyauté au Roi et le bonheur privé ; Les expéditions de Semna ; La
Biographie de Sinouhé etc... La base de cette collection sont vingt-trois papyrus trouvés par
Edward Quibell, en 1896 au Ramesseum.
Selon
Manéthon,
la XIIe dynastie comprend 7 Rois de
Thèbes, qui ont
régné pendant un total de 160 ans, dans la version de Sextus Julius
Africanus, et 245 ans dans la version d'Eusèbe de
Césarée.
Curieusement, cela ne comprend pas le fondateur de la dynastie,
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Liste des Rois de la XIIe dynastie : |
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- Amenemhat I
- Sobeknéferourê ou Néferousobek |
1991-1962
1962-1928
1928-1895
1895-1878
1878-1843
1843-1797
1797-1787
1787-1783
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Voir l'article sur | |
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Bibliographie
Pour d'autres détails sur la dynastie voir les ouvrages de :
Dorothée Arnold :
- Amenemhat I and the Early Twelfth Dynasty at Thebes, pp. 5–48, The
Metropolitan Museum of Art, Metropolitan Museum Journal 26, 1991.
Lawrence Michael Berman :
- Amenemhet I, Diss. Yale University, New Haven, 1985.
Gae Callender :
- The Middle Kingdom Renaissance (c.2055–1650 BC), pp. 137–171,
The Oxford History of Ancient Egypt, Oxford University Press, 2000.
- Chronicle of the Pharaohs : The reign-by-reign
record of the rulers and dynasties of ancient Egypt, Thames and Hudson, New York, 1994, 1996, Novembre 2006
et janvier 2007 - American University in Cairo Press, Le Caire, 2006 - En Français, Avec
Florence Maruéjol,
Chronique des pharaons : L'histoire règne par règne des souverains et des dynasties de l'Égypte ancienne,
Casterman, Paris, 1994 et 1995.
Aidan Marc Dodson et Dyan Hilton :
- The complete royal families of ancient Egypt, Thames and Hudson, London, Septembre 2004 et Février 2010.
- Zur Koregenz Amenemhets I und Sesostris I, pp. 35-51, Mitteilungen der Deutschen Orient-Gesellschaft 112, Berlin, 1980.
Nagib Farag et Zay Ikskander :
- The discovery of Neferwptah General Organization for Govt. Print. Offices, Le Caire, 1971.
- Nouvelles Inscriptions Rupestres du Ouâdi Hammamât, Éditeur inconnu, Paris 1957.
Wolfram Grajetzki :
- The Middle Kingdom of Ancient Egypt : History,Archaeology and Society, Duckworth, London, 2006.
- Court Officials of the Egyptian Middle Kingdom, Duckworth, London, 2009.
- Histoire de l'Égypte ancienne, Fayard, Paris, Novembre 1988 et 1997 - LGF, Livre de Poche, Janvier 1994.
- Geschichte des Alten Ägypten, Brill, Leiden 1968 et 1981.
-Ancient Egyptian Literature : Old and the Middle Kingdoms v. 1, University of California press, California, 1973, et Mars 2006.
Ingo Matzker :
- Die letzten Könige der 12. Dynastie : (Ägyptologie), Europäische
Hochschulschriften III, Geschichte und ihre Hilfswissenschaften 297, Lang, Frankfurt am Main, New York, 1986.
Elio Moschetti et
Mario Tosi :
- Amenemhat I e Senusert I : grandezza del Medio Regno nell'Egitto antico, Torino, Ananke, Italie, 2007.
- Ancient Egyptian Coregencies, Studies in Ancient Oriental Civilization
40, The Oriental Institute of the University of Chicago, 1977.
- Co-regencies of Ammenemes III, IV and Sebknofru,
JEA 29, London, 1943.
- Sésostris Ier : Étude chronologique et historique du règne, Connaissance de l'Égypte ancienne, Bruxelles, 1995.
Stefania Pignattari :
- Due donne per il trono d'Egitto : Neferuptah e Sobekneferu, Piccola
biblioteca di egittologia 10, La mandragora, Imola, 2008.
Silke Roth :
- Die Königsmütter des Alten Ägypten von der Frühzeit bis zum Ende der 12. Dynastie,
Otto Harrassowitz, Wiesbaden, 2001.
Mark Stone :
- Reading the Highest Attested Date for Senwosret II : Stela Cairo JE 59485,
pp.91-100,
GM 159, Göttingen, 1997.
- Les vizirs des XIe et XIIe dynasties, pp. 123-134,
BIFAO 74, Le Caire, Janvier 1974.
- Amenemhat IV et sa corégence avec Amenemhat III,
IFAO, Le Caire, 1987.
- Zur Begründung der 12. Dynastie durch Ammenemes I., pp. 4–10, Zeitschrift für
ägyptische Sprache und Altertumskunde 92, 1965.
- Chronologic des pharaonischen Ägypten : Die zeitbestimmung der ägyptischen geschichte von der Vorzeit
bis 332 v. Chr., Münchener Universitäts schriften,
MÄS 46,
Philipp von Zabern, Mainz, Janvier 1997.
- Handbuch der ägyptischen königsnamen,
MÄS 20,
Deutscher Kunstverlag, München, Janvier 1984 -
MÄS 49,
Philipp von Zabern Mainz, Janvier 1999.
- XIIe dynastie, royauté́ de Haute-Egypte et domination
hyksôs dans le Nord,
IFAO, Le Caire, 1953.
- L'âge d'or de l'Égypte : Le Moyen Empire, New York University Press, 1977
et PUF, Paris, Novembre 1984.
- Sesostris und Amenemhet : Ägypten in Mittleren Reich, Hirmer, München, Décembre 1984.
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Amenemhat I ou Aménémès I |
DATES de RÈGNE 1991-1962
D.Arnold,
N.Grimal,
J.Kinnaer,
D.B.Redford, O.Vendel,
P.Vernus,
D.Wildung,
J.Yoyotte
1994-1964
A.M.Dodson
1991-1962 A.Eggebrecht
1985-1965
I.Shaw, R.Gautschy
1983-1953 D.Sitek
1980-1951
J.Malek
1976-1947
J.von Beckerath,
S.Quirke
1939-1909
D.Franke
1938-1908
R.Krauss
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Première Titulature |
Deuxième Titulature |
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Manéthon l’appelle Ammenemês (Africanus, Eusebius). Il le compte à part de la dynastie et lui donne seize ans de règne. Le Papyrus de Turin lui compte vingt-neuf ans de règne. Aujourd'hui les spécialistes sont pratiquement unanimes pour affirmer qu'il mourut lors de sa 30e année de pouvoir. Son père était un Prêtre de Thèbes nommé, Senousret et sa mère s'appelait Néfret (ou Nofret). Beaucoup de spécialistes pensent qu'il est le "Amenemhat", Vizir de Montouhotep IV (1898-1891). Amenemhat I va lutter contre les derniers prétendants de la XIe dynastie. Il met fin aux troubles politiques et prend Itchaouy "Celui qui saisit les Deux Terres" comme capitale, délaissant Thèbes. La légitimité de la dynastie est très contestée et Amenemhat I va lutter toute sa vie contre la noblesse. Il doit composer avec les féodalités locales, toujours puissantes. Il va avoir une politique intérieure très intense qui visera à briser le pouvoir de ces dirigeants locaux. Le Roi va alors s’attacher à donner à l'Égypte une solide administration en mettant en place d'importantes reformes politiques.
En politique extérieure, il rétablit les
contacts diplomatiques brisés avec
Byblos en
Phénicie.
La plupart des actions militaires d'Amenemhat I sont concentrées sur la frontière Nord de l'Égypte.
Il consolide les frontières en Libye et en
Palestine, surtout avec la
fortification appelée le "Mur du Prince". Il associe son fils
Sésostris I comme Corégent en
l'an 20 de son règne. De son activité de bâtisseur on retient
son complexe funéraire à
Licht (ou
El-Lisht).
(Voir l'article sur son
complexe funéraire).
On trouve aussi des traces de nombreuses constructions du Roi à :
Abydos,
Bubastis,
Coptos,
Dendérah,
Héliopolis,
Memphis, et
Tanis.
Au moment où il pouvait croire son pouvoir affirmé, il est victime d’un
complot fomenté dans le harem et il est assassiné, mais les circonstances de ce drame demeurent encore inconnues.
Amenemhat I a deux épouses
: Dedyet (ou Didit). On ne connait pas d'enfant de cette union
; Néferoutatenen (ou Néferitatenen ou Nefrytatenen ou Neferitatjenen ou Nefru-Tatenen),
qui lui donne deux enfants :
Sésostris I
qui épouse sa sœur Néferou III.
Pour plus
de détails sur le Roi voir l'article sur :
La vie d'Amenemhat I |
|
Sésostris I ou Senoueseret I ou Senusret I ou Senwosret I |
DATES de RÈGNE 1962-1928
N.Grimal,
J.Kinnaer
1974-1929
A.M.Dodson
1971-1928
D.B.Redford
1965-1920
I.Shaw
1963-1916 D.Sitek
1962-1926 A.Eggebrecht
1960-1916
J.Malek
1956-1911
J.von Beckerath,
S.Quirke
1919-1875/4
D.Franke
1918-1875
R.Krauss
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TITULATURE |
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Nom d'Horus |
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Horus Ânkhmesout (Horus vit des naissances) Hr anx-ms-wt |
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Nom de Nebty |
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Nebty Ânkhmesout (Nebty vit des naissances) nbti anx-mswt |
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Nom d'Horus d'or |
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Bik Nebou Ânkhmesout (Le faucon d'or vit des naissances) bik nbw anx ms.wt |
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Nom de Roi Abydos 60 Saqqarah 43 Turin 5.21 |
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Khéperkarê (Rê fait se manifester le ka) xpr-kA-ra |
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Nom de naissance |
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Sénouesert ou Sénouesert (L'homme de la Déesse Ouseret) s(i)-n-wsrt |
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Sésostris est le fils d'Amenemhat I et de la Reine Néferoutatenen (ou nefrytatenen ou Nefru-Tatenen). Manéthon l’appelle Sesonchosis et lui compte 46 ans de règne (Africanus, Eusebius). Le Papyrus de Turin (5.21) lui compte 45 ans et quelques mois. La date d'enregistrée la plus élevée est sa 44e année de règne. Elle est inscrite sur une stèle aujourd'hui au Musée de Leyde. Cela confirmerait les données de Manéthon et du Papyrus de Turin. Les égyptologues aujourd'hui sont assez unanimes pour lui attribuer un règne d'environ 45 ans (de 43 à 47 en fonction des spécialistes), dont en corégence, 10/11 avec son père et 1 ou 2 avec son fils Amenemhat II (3 ans selon certains spécialistes, comme Jacques Kinnaer). Il faut noter cependant, que depuis peu, il y a quelques doutes de la part de quelques chercheurs, quant à la durée de la corégence entre Sésostris I et son père.
Bien qu'Amenemhat I
ait été le véritable fondateur de la XIIe dynastie, de tous temps Sésostris I
fut considéré comme son père politique. C'est peut-être pour cette raison que
Manéthon a ajouté Amenemhat à la fin de la XIe dynastie.
Prince Corégent, il est chargé par son père d'établir sur la Nubie l'autorité Égyptienne.
Mais c'est au retour d'une campagne militaire en Libye qu’il apprend le complot dont celui-ci est victime.
Le fait que le Corégent (ou Prince héritier) fut en campagne lors de
l'assassinat peut indiquer que les meurtriers d'Amenemhat I
avaient essayé de faire un coup d'État afin de s'emparer du pouvoir en son absence.
Sésostris I va devoir s'imposer et déploie donc une intense activité en
politique extérieure. Il parviendra à établir fermement la légitimité de la XIIe
dynastie. Il se lance à la conquête de Nubie et va soumettre les rebelles du
pays de Kouch. Une première campagne est organisée au cours de l'an 10 du Roi.
Une seconde vers l'an 18 pousse la frontière Sud de l'Égypte jusqu'à Bouhen.
Sésostris I continu sa progression et étend ainsi l'Empire Égyptien jusqu'à la
troisième cataracte. Il installe un formidable système défensif. Il fait ériger,
des villes fortifiées, des bastions et des citadelles, chargés d'affirmer
l'autorité Égyptienne en Nubie. On compte aussi pas moins de douze forteresses
en briques, comprenant des fossés et des douves longeant le fleuve, qui
protègent le pays contre les envahisseurs Soudanais. Il annexe ainsi toute la
Basse-Nubie. Bouhen, ville frontière au niveau de la deuxième cataracte, devient
le centre administratif Égyptien, assurant le contrôle fluvial et terrestre des
marchandises. Malheureusement les vestiges de cette cité sont maintenant perdus
à jamais sous l'eau du lac Nasser. L'importance économique de cette région
résidait dans ses mines de minéraux et de l'extraction de l'or, de l'améthyste
et du gneiss (Roche métamorphique contenant du quartz, du mica).
La relation avec l'Asie semble avoir été d'une nature plus passive et
défensive. Apparemment, la fortification appelée le "Mur du Prince",
construite par Amenemhat I,
fut efficace pour repousser les Bédouins et protéger les routes commerciales avec l'Asie.
Sésostris I entreprend une expédition dans le Sinaï, à la recherche de nouveaux filons de turquoise et en
Canaan.
Il reprend les relations commerciales avec les villes de
Byblos et
Ougarit.
Les mines d'or à l'Est de Coptos,
ainsi que les carrières de pierre de l'Ouâdi Hammamât,
situé au Nord-est de Thèbes, entre
Coptos et la
mer Rouge sont de nouveau exploitées. En l'an 24 de son règne l'armée Égyptienne, commandée par
un nommé Nesmonth,
fait une campagne contre des bédouins. En politique intérieure, Sésostris I divise la charge de vizir en plusieurs fonctions.
Son règne est aussi marqué par une production artistique et littéraire de qualité.
Deux œuvres majeures de la littérature Égyptienne, "l'enseignement d'Amenemhat" et
la "Biographie de Sinouhé", datent de cette époque.
Ces textes nous donnent un aperçu de la vie des Égyptiens à
cette période. Ils relatent aussi des événements survenus au palais, à la fin du
règne de son père. Le second volume raconte notamment les conditions de la mort
de ce dernier. De ces textes nous savons aussi qu'une famine eut lieu au
cours de l'an 25 de son règne.
Sésostris I est non seulement un habile militaire, mais également un grand bâtisseur
et son activité se traduit par la construction de nombreux monuments.
Il remet les temples en état et fait ériger et rénover de nombreux sanctuaires.
On lui doit de nombreuses constructions, notamment :
En Basse-Nubie ; une chapelle dédiée à Satis à
Éléphantine ;
en l'an 3 un temple consacré au Dieu
Rê à
Héliopolis ;
dans cette même ville, il érige deux obélisques de granit rouge de
20,70 m de hauteur (120 tonnes), dont un pour le jubilé de ses 30 ans de règne
(Fête Sed). On trouve aussi des traces de ses constructions à :
Abydos où il fait remodeler le
Grand Temple d'Osiris,
ce qui souligne l'importance de la ville comme un site religieux ;
Edfou ;
El Kab ;
Héracléopolis et Tanis.
L'ancienne capitale,
Thèbes conserve son rôle d'important centre religieux, Sésostris I y fait construire à
Karnak. Il y est crédité d'avoir commencé la construction de la
première structure monumentale du Temple
d'Amon.
Elle abritera la célèbre Chapelle Blanche, considérée comme la plus belle
et la plus ancienne structure survivante du
Moyen Empire.
Il y est noté la liste complète des nomes d'Égypte.
Sésostris I construit son
complexe
funéraire, au nom de "Senoueseret veille sur les Deux Terres",
à Licht,
sur une colline à environ 2 kilomètres au Sud de
celui de son père,
où son culte funéraire sera longtemps perpétué et un immense complexe comprenant
neuf petites pyramides pour
les Reines et les Princesses. Celles-ci furent construite au fil des années, la
dernière étant sûrement érigée plusieurs années après la mort du Roi. Avec sa base de 105 m et sa hauteur de 61,25 m,
la pyramide de Sésostris I
est la plus grande depuis la fin de la IVe dynastie.
Aujourd'hui, cependant, les seuls restes de cette grande pyramide sont un monticule de débris dont la partie
la plus inférieure est encore revêtue de calcaire. (Voir l'article sur
son complexe funéraire).
Sésostris I a une ou deux épouses :
● Néferou III
(ou Nefrou ou Neferu - nfrw -
"la Perfection, le beauté"), sa sœur. Sa pyramide dans le
complexe funéraire de son
époux à Licht est la
plus grande des neuf qu'il contient. Toutefois la Reine n'y fut pas enterrée, mais fut ensevelie près de
la pyramide
de son fils à Dahshour au Sud de
Saqqarah.
Cette souveraine est citée à la fin d'un texte datant du règne de Sésostris I,
"l'histoire de Sinouhé". Le conte nous dit qu'accompagnée des Princesses royales, Néferou III accueille ce voyageur
à son retour en Égypte en chantant et en jouant du sistre en hommage à la Déesse
Hathor qui lui a
permis de revenir sain et sauf. Le Roi ayant eu six enfants il est
probable que Néferou III fut la mère d'un ou plusieurs d'entre eux. Elle est sûrement
celle d'Amenemhat II, comme semble l'attester une
inscription trouvée dans le Sinaï. Elle portait les titres :
Princesse héréditaire (iryt-pat) ;
Grande de louanges (wrt-hzwt) ;
Mère du Roi de haute et Basse-Égypte (mwt-nswt-biti) ;
Sœur du Roi (snt-nswt) ;
Épouse du Roi (Hmt-nswt) ;
Épouse du Roi unie avec les lieux [sanctuaires] de Khéperkarê (Hmt-nswt-m-khnmt-swt-khpr-kA-ra) ;
Épouse du Roi unie avec les lieux [sanctuaires] de Senousret (Hmt-nswt-m-khnmt-swt-[-]n-wsrta) ;
Maîtresse [Souveraine] de toutes les femmes (Hnwt hmwt nbwt) ;
Fille du Roi de son corps (sAt-nswt-nt-kht.f) ;
Fille du Roi Haute dans la beauté d'Amenemhat (sAt-nswt-m-kAi-nfrw-imm-mhat).
● Itakaiet I (ou Itakayt), qui est peut-être sa fille, cette filiation est très discutée.
Il a 5 ou 6 enfants : Ameny le futur
Amenemhat II ; Amenemhat-Ânkh
qui selon Aidan Marc Dodson et
Hilton Dyan serait le deuxième fils d'Amenemhat
II ; Sébat ; Sobeknéferou (ou Néferousobek) et Néferou-Ptah, mais on ne sait pas qui en sont
les mères. Itakaiet I (ou Itakayt) est donnée par quelques spécialistes aussi comme son épouse.
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Amenemhat II ou Aménémès II |
DATES
de RÈGNE
1928-1895
1932-1896
A.M.Dodson
1929-1895
D.B.Redford,
1926-1891 A.Eggebrecht
1922-1878
I.Shaw
1919-1885 D.Sitek
1918-1884
J.Malek
1914-1879/76
S.Quirke
1914-1876
J.von Beckerath
1877/76-1843/42
D.Franke
1876-1842
R.Krauss |
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Manéthon
l’appelle Ammenemês ou Ammanemês et lui compte 38 ans de règne (Africanus, Eusebius).
Le
Papyrus de Turin (5.22) a une lacune pour son nom et
lui en compte 30 ans (Quelques égyptologues lisent 10 ans). Les spécialistes, sont assez divisés sur sa durée de règne qui
va de 33 ans pour certains comme
Nicolas Grimal
et Detlef Franke,
jusqu'à 40 ans pour Stephen Quirke,
voire 44 pour
Ian Shaw.
Amenemhat II
est le fils de
Sésostris I, mais on ne connait pas avec certitude le nom de sa mère, peut-être la
Reine Néferou III.
Il partage une corégence de 1 ou 2 ans (3 ans selon certains spécialistes, comme
Jacques Kinnaer)
avec son père et à la fin de son règne il fera de même avec son fils
Sésostris II, pendant
2 ou 3 ans.
La politique étrangère d'Amenemhat II semble avoir été une continuité de celle de
son père. Il multiplie les relations commerciales avec les comptoirs
exotiques. Il existe des preuves d'échanges avec : La côte Syro-palestinienne, la
Crête et
Chypre, le pays de Pount, la
Mésopotamie.
Plusieurs objets Égyptiens, parmi lesquels des petites statues et des scarabées,
ont été retrouvés sur plusieurs sites de l'Est.
Tous les contacts avec l'Asie ne furent cependant pas tous paisibles. On a la connaissance de
raids de Bédouins, probablement dans le Sinaï, qui déclenchèrent
contre eux une riposte militaire Égyptienne. Il ne reste aujourd'hui que
très peu de bâtiments pouvant témoigner de son activité de bâtisseur. Contrairement à ses prédécesseur,
Amenemhat II choisit d'édifier
sa pyramide à
Dahshour au Sud de
Saqqarah non loin de la
Pyramide Rouge de Snéfrou
(2575-2551, IVe dynastie).
(Voir l'article sur son complexe funéraire).
Le nom de l'épouse (ou des épouses) d'Amenemhat n'est pas connu avec certitude. Selon les égyptologues sont proposées :
Keminebou (ou Khnemet ou Keminub), mais elle aurait récemment été identifiée comme une Reine de la
XIIIe dynastie ;
Senet qui n'est connue que par deux statues trouvées dans le Delta et Kanéferou (ou Kaneferu).
Il n'y a pas consensus non plus au niveau de ses enfants, on compte entre neuf
et dix noms qui lui sont attribués, dont on ignore qui sont les mères : 7 filles :
Ita-Oueret (ou Itaouret ou Itaweret) ou Ita et Oueret, certains spécialistes comptent là deux
enfants différents ; Khnoumit (ou Khenemet ou Khnumet ou Khnemet) ; Itakaiet II
(ou Itakayt) ; Mennebi (ou Men-nebi) ; Sithathor (ou Sithathor ou Sat-Hathor ou Sithathormerit) ; Néferou (ou Neferet)
;
Khenemetnéferhedjet Oueret (l'Ancienne ou l'aînée). 2 fils :
Sésostris II qui lui
succède ; Amenemhatânkh.
Pour plus
de détails sur le Roi voir l'article sur :
La vie d'Amenemhat II |