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Alexandre le Grand - British Museum
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Son origine, sa jeunesse
Alexandre le Grand (ou Alexandros ou Alessandro, en
Grec :
Άλέξανδρος ό Μέγας
Aléxandros ho Mégas ou Άλέξανδρος Γ' ό
Μακεδών Aléxandros trίtos ho Makedόn) est Roi de
Macédoine de 336 à 323,
Roi de Babylone de 331 à 323
et Pharaon d'Égypte de
332 à 323. Il naquit à Pella le 20
ou 21 Juillet 356. Il fut le fils de Philippe II et
d’Olympias. Il
fut associé très jeune aux responsabilités du pouvoir et il reçut, de 343 à 341, comme précepteur
Aristote (Philosophe
Grec, 384-322).
Ce choix fut dicté par la politique de l'époque. Le philosophe lui enseigna les sciences, la médecine, l'art et la langue
Grecque, avec spécialement préparé pour lui
une édition annotée de l'Iliade. Aristote restera
attaché au Roi tout au long de sa vie, comme un ami et un confident. On ne sait pas dans quelle mesure les enseignements
philosophiques d'Aristote
influencèrent la pensée d'Alexandre. Il semble très probable qu'il y avait de
nombreux points d'accord entre eux. Les théories politiques de philosophe étaient fondées sur la cité
Grecque, théories démodées à l'époque.
Toutefois ce concept d'un gouvernement comme une petite cité-État ne pouvait pas être d'intérêt pour un Prince ambitieux
qui voulait construire un grand empire centralisé.
En 340, à l'âge de seize ans, son père lors d'une expédition contre Byzance, le nomma Régent de
Macédoine, possesseur du sceau royal et
certainement responsable d'affaires courantes du gouvernement. En 338 Alexandre conduisit la cavalerie victorieuse à la
bataille de Chéronée contre la coalition
d'Athènes et de
Thèbes.
Grâce à ses compétences en tant que chef d'armée il terrassa le bataillon sacré (300 soldats qui formaient le corps de l'armée).
Selon Andrea Frediani, au cours de cette bataille, en apprenant les victoires de son fils, son père aurait
essayé de minimiser le mérite d'Alexandre, en affirmant qu'il n'avait pas du s'exposer au
danger. Alexandre devint l'ambassadeur chargé de
rapporter à Athènes les cendres des
Athéniens tués. En 337,
Philippe II prit une quatrième femme pour épouse,
Cléopâtre, fille d'Hippostratos et la nièce
du Général et Chancelier Attalos de Macédoine,
mais Olympias garda le titre de Reine.
Il y avait de fortes divergences entre le père et le fils, alimentées par la conduite de
Philippe II envers sa mère.
Alexandre, à plusieurs reprises, utilisa des mots de mépris contre son père.
En Octobre 336, à
Aïgaï, alors qu'il préparait la conquête de la
Perse,
Philippe II fut
assassiné. La cour était rassemblée dans la cité pour la célébration du mariage entre
Alexandre I (342-331)
d'Épire et
Cléopâtre, la fille de
Philippe II et
Olympias.
Tandis que le Roi était entré non protégé dans le théâtre de la ville, il fut poignardé par Pausanias,
un de ses sept officiers gardes du corps. Pausanias essaya immédiatement de s'échapper et d'atteindre des
acolytes qui l'attendaient avec des chevaux à l'entrée
d'Aïgaï, mais
il fut poursuivi par trois des gardes du corps du Roi, attrapé et tué. Il est difficile d'exposer les raisons de
l'assassinat du souverain, il y avait déjà polémiques parmi les historiens antiques. D'après
Plutarque (Philosophe, biographe et moraliste
Grec, 46-v.125) il est possible
qu'Alexandre fut au courant de l'attentat.
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Alexandre - Musée archéologique de Pergame
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Son Règne
Sa prise
de pouvoir
Alexandre fut acclamé Roi par l'armée en 336, à l’âge de vingt ans et
son accession au trône s'accompagna de troubles provoqués par la noblesse
Macédonienne. La répression
fut sanglante pour consolider son pouvoir en supprimant les rivaux possibles au trône. Avec l'aide du
Général Antipatros,
un conseiller de son père il fit condamner à mort Amyntas (Petit-fils de
Philippe II qui était son tuteur),
plusieurs de ses demi-frères, Cléopâtre,
la jeune épouse de son père et son oncle Attalos. Après avoir consolidé son pouvoir en
Macédoine il voulut étendre son autorité
dans les Balkans, en commençant par les
Grecs. Arrivé à Larissa,
capitale de la
Confédération Thessalienne, il souligna ses bonnes intentions à leur égard, en se proposant comme un protecteur contre les
Perses.
Comme le précise Claude Mossé, pour se faire, la
Ligue le proclama
chef, avec en charge également l'administration des recettes. Le conseil amphictyonique, qui fut réuni pour l'occasion aux
Thermopyles, le proclama Hégémon de la Grèce,
un poste occupé précédemment par son père. Ensuite, les États
Grecs dans la
Confédération Hellénique
de Corinthe, sauf
Sparte, proclamèrent
Alexandre commandant de leurs forces contre la
Perse. Le Macédonien, était maintenant en
mesure de poursuivre le projet de conquête de son père.
Sa première campagne
À partir du printemps 335, Alexandre,
soutenu par tous les Grecs, commença
sa campagne dans les Balkans contre les Triballes (ou Tribals ou Triballi ou Triballians, en
Grec : Τριβαλλοί) une tribu située au Nord de la
Thrace, dans les plaines du Sud de la Serbie
moderne et l'Ouest de la Bulgarie. Après un voyage qui dura dix jours, il fit face, à la ville de Šipka,
mais l'ennemi avec des chars lui barraient la route. Dans cette première rencontre Alexandre montra ses capacités de
stratège. Une partie des soldats Macédoniens
fut divisés en deux ailes, laissant libre passage à l'ennemi, tandis que le
reste se coucha sur le sol, recouverts de leur bouclier de telle sorte qu'ils
pouvaient laisser passer les chars sur eux sans subir de dégâts. Puis, grâce à
l'appui des archers, les hypaspistes et des troupes légères, les Triballes furent défaits.
Selon Andrea Frediani, cette tactique gagnante aurait permis de tuer plus de 3.000 ennemis, tandis que les alliés
n'eurent que 50 blessés dans leurs rangs.
Toutefois, les
Macédoniens
eurent des difficultés à conquérir l'île de Peuce où s'étaient réfugié leurs
ennemis, en raison des forts courants. Alexandre décida de traverser la rivière en une seule nuit,
en lançant un assaut sur les Gètes qui, alliés aux Triballes, alignaient 10,000 hommes d'infanterie et 4.000 cavaliers. Il passa
près de quatre mois dans les Balkans occidentaux avant de se diriger vers l'Ouest et d'entrer sur le territoire des Agriani,
une tribu Dace,
avec environ 25.000 fantassins et 5.000 cavaliers. Puis Alexandre réussit à contrer les attaques de la tribu
Illyrienne des
Dardaniens (Région de ce qui est aujourd'hui le Kosovo), commandée par Cleitus
(ou Cleitos),
mais, des nouvelles arrivèrent de l'imminence de renforts
Illyriens.
Alexandre arriva tout de même au mont Pélion (Montagne
Grecque du Sud-est de la
Thessalie) dont il fit le siège.
Le Macédonien attaqua
en utilisant sa phalange et libéra la région sans aucune perte.
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Pièce d'or d'Alexandre - Metropolitan Museum of Art |
La révolte des cités Grecques
Fin 335, début 334, après les victoires dans les Balkans, une rumeur se répandit
selon laquelle Alexandre avait été tué dans une bataille. Cette nouvelle provoqua une rébellion des villes
Grecques, qui,
selon Claude Mossé, fut peut-être alimentée par les
Perses et les
Thébains.
Avec une marche forcée de plus de 200 km, en quatorze jours, l'armée d'Alexandre atteignit
Thèbes et l'assiégea. A ce stade, il existe
deux versions de la bataille. Dans la première Alexandre fut en difficulté jusqu'à ce qu'il remarque une entrée dans la ville
laissée sans protection. Il ordonna alors à
Perdiccas d'y pénétrer pour s'emparer
de la cité. Dans l'autre version, il y aurait eu une attaque désordonnée de
Perdiccas,
au cours de laquelle ce dernier fut grièvement blessé. Dans tous les cas, l'armée
Macédonienne balaya les
Thébains et
rasa la ville, n'épargnant que les temples et la maison du poète Pindare et la population
fut réduite à l'esclavage.
Après cette bataille, Alexandre gagna la soumission complète des villes
Grecques, à l'exception de
Sparte
et Athènes, cette dernière se sauvant de
plusieurs sièges. Devant une telle force elles finirent quand même par se livrer au
Macédoniens,
mais après des négociations seul le Général Caridemo (ou Charidemus), un mercenaire
Athénien, anti-Macédonien, fut exilé.
À la fin des événements, fin d'Octobre, Alexandre retourna en
Macédoine.
Lors de ce voyage, est aujourd'hui encore discutée par les historiens la visite ou non d'Alexandre à l'oracle de
Delphes. Selon la légende, le
Roi alla au temple pour lui poser des questions, mais c'était la période pendant laquelle celle-ci ne pouvait pas
être consultée. Alexandre aurait alors forcé la Prêtresse à venir quand même au temple le rencontrer et, devant tant
d'insistance, elle aurait déclaré que le nouveau Roi était "invincible".
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Statue d'Alexandre - Musée archéologique - Antalya |
La conquête de l'Asie Mineure, la bataille du Granique
Au printemps 334, grand maître de toute la
Grèce, Alexandre se
prépara alors à la conquête de l'Asie Mineure, en s’entourant d’excellents Généraux comme :
Antigonos,
Antipatros,
Lysimaque,
Perdiccas,
Ptolémée I,
Séleucos I). Ayant laissé
la régence à Antipatros,
il partit de sa capitale
Pella et, en vingt jours, il atteignit
Sestos en Chersonèse de Thrace.
Tandis que Parménion fut chargé par le Roi de transporter l’armée à Abydos sur l’Hellespont,
Alexandre se dirigea vers Éléonte où il rendit sacrifice au premier héros Protésilas,
tombé lors de la guerre de Troie. Les
Macédoniens
traversèrent l'Hellespont avec une immense armée de près de 40.000 hommes,
dont près de 32.000 fantassins et 5.000 cavaliers, le tout sous le commandement de Parménion et débarquèrent en Troade.
Le Roi Perse,
Darius III (336-330), n'intervint pas
durant la traversée dans le but d'entraîner Alexandre vers l’intérieur du pays. Son armée, menée par
Memnon de Rhodes, renforcée par les
Satrapes, Spithridatès de
Lydie, Atizie et Arsitès de
Phrygie et Mitrobarzanès de
Cappadoce était elle, forte de 10.000
cavaliers et 30.000 fantassins. Memnon espérait
également une révolte des cités Grecques,
appuyée par l’or de Darius III et sur la
haine contre Alexandre à la suite du saccage de
Thèbes. Ils tentèrent d'arrêter les
Macédoniens sur les rives du Granique
au mois de Mai 334.
Cette bataille se solda par la victoire écrasante des
Macédoniens sur les
Satrapes
d'Asie Mineure et les
Perses
prirent la fuite. L'erreur stratégique de ces derniers fut d'avoir adopté un ordre de bataille contraignant leur cavalerie
à l'immobilité entre leur infanterie et le Granique. De plus il y eut une totale absence d'actions coordonnées entre l'infanterie
et la cavalerie. Quant à Alexandre, il démontra son art de la manœuvre et le rôle considérable que jouait dans ses actions la
mobilité, en particulier celle de sa cavalerie lourde. Il est difficile d'avoir une estimation fiable des pertes réelles tant
dans le nombre de tués que de blessés. Le chiffre de 12.000 morts pour les
Perses, dont 2.000 cavaliers et 10.000
fantassins, semble assez fiable, l'infanterie de mercenaires
Grecs de
Darius III ayant été volontairement
anéantie par Alexandre.
Seulement 2.000 des 20.000 mercenaires
Grecs sous le commandement de
Memnon
furent épargnés et envoyés aux travaux forcés dans les mines de Pangée. Les cavaliers
Perses
s'enfuirent massivement, mais beaucoup d'officiers, dont les
Satrapes Spithridatès
et Mitrobarzanès, furent au nombre des victimes. Arsitès réussit à s'échapper, mais se sentant coupable de ce qui s'était passé,
il se suicida peu après. Par contre le chiffre de
seulement 145 tués pour les Macédoniens
est complètement irréaliste, si l'on en juge par la violence de l'engagement et sûrement largement sous-estimé.
Après cette victoire l'Asie Mineure était
désormais ouverte à la conquête Macédonienne.
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Pilier hermaïque d'Alexandre - Musée du Louvre |
La bataille de Milet
Alexandre décida ensuite d'étendre son avantage à l'ensemble de la région
côtière afin de priver les Perses
de base navales d'où ils pourraient envahir la
Grèce. Au début il ne trouva face à lui que de simples garnisons laissées dans les villes
en opposition. Dans la foulée du Granique, il prit
Sardes, puis
Gordion la capitale de
Phrygie se rendit sans résistance,
tandis que Parménion s’emparait de Dascylion. La ville
d’Éphèse, en proie à des luttes de factions,
où Memnon de Rhodes s’était réfugié après la
bataille, vit le parti démocratique favorable à Alexandre l’emporter. Celui-ci s’attira habilement la sympathie des habitants
de la ville en confiant au temple d’Artémis le tribut que la ville payait jusqu’alors à
Darius III et en rappelant les bannis.
Les adversaires d’Alexandre se réfugièrent à
Milet, où Memnon, avait décidé de
reprendre les choses en main.
Le port de
Milet était d'une importance capitale pour la flotte
Perse si elle désirait ne pas perdre le contrôle de la mer. De plus, Hégésistratès, le commandant de la garnison
Perse de la ville, avait déjà pris contact
avec Alexandre pour lui offrir de lui remettre la cité, mais au dernier moment changea d'avis. Alexandre fit le siège de
Milet et ordonna à son escadre de bloquer toute intrusion venant de la mer vers la ville. Trois jours plus tard,
400 trières Perses
apparurent. Mais voyant la baie occupée par les vaisseaux
Grecs, les Perses mouillèrent
devant le promontoire de Mycale au Nord. Malgré la proximité des deux flottes ennemies, Alexandre refusa le combat
naval, considérant ses troupes plus invincibles sur terre. Sous les assauts répétés de l'armée
Macédonienne, très vite, en Juillet 334,
la cité tomba.
La
bataille d'Halicarnasse
Memnon s’enfuit
une nouvelle fois et se réfugia à
Halicarnasse dont le Roi
Pixodaros (340-334), s’était rangé du côté des
Perses. Memnon fut assisté du
Satrape Orontabès et du
Thébain
Ephialtès, qui avait juré la mort d'Alexandre depuis la destruction de sa ville.
Alexandre joua sur les rivalités internes à la cité et nomma
Ada (343-340 et 334-326),
la sœur de
Pixodaros, que celui-ci avait renversée, comme
Satrape de
Carie. Celle-ci adopta
alors Alexandre comme son fils et en fit son héritier. Restait cependant pour le
Macédonien
à s’emparer de la ville qui était entourée de tous côtés, excepté au Sud face
la mer, de murailles puissantes. Halicarnasse possédait également trois
forteresses, dont l’une sur une île. Alexandre après la prise de
Milet venait de congédier sa flotte et
ne pouvait s’emparer que de la ville basse, tandis que les deux acropoles restaient aux mains des mercenaires
Grecs de
Darius III.
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Monnaie argent d'Alexandre - British Museum
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Aussi poursuivit-il sa route en
laissant sous le commandement de
Ptolémée I une troupe de 3.000 fantassins et 200 cavaliers
pour poursuivre le siège. Quelques jours plus tard,
Memnon tenta une sortie. Seuls quelques engins de siège purent être détruits avant qu'une vigoureuse contre-attaque menée par
les Macédoniens ne parvint à les repousser
faisant de très nombreuses victimes chez les
Perses qui s'enfuirent paniqués. Les Macédoniens
commencèrent à achever les survivants. Les soldats restés dans la ville, épouvantés, fermèrent précipitamment les portes de la
cité laissant les derniers survivants se faire massacrer par les troupes de
Ptolémée I.
Ces dernières enhardies par le succès
voulurent forcer les portes de la cité, mais, leur chef fit sonner la retraite, voulant encore épargner la ville.
En effet, les assiégés avaient perdu plus de 1.000 hommes et les
Macédoniens pouvaient espérer que les
Halicarnassiens
renonceraient. Le surlendemain, à minuit, les assiégeants virent des flammes s'élever près des murailles. Alexandre apprit que
Memnon
avait décidé de sacrifier la ville et s'était temporairement réfugié sur l'île de
Cos. Les
Macédoniens,
entrèrent dans la ville et tuèrent tous ceux qui avaient mis le feu. Alexandre laissa sur place 3.000 mercenaires
sous le commandement de
Ptolémée I avec ordre de prendre
toutes les places fortes encore tenues par les
Perses sur la côte. Puis il remit la région sous le commandement de la Princesse
Ada.
La conquête de la Lycie, la Pisidie et la Phrygie
Galvanisé pas le succès, à l'hiver 334, Alexandre se dirigea vers la
Lycie dont il s'empara sans grande résistance. Puis, au printemps 333, il pénétra en Pamphylie, puis en
Pisidie.
Ces régions n’appartenaient que très nominalement à l’Empire
Achéménide. Le plus souvent les
villes étaient autonomes et rivales entre elles. Alexandre profita de ces rivalités et reçut
la soumission d’Aspendos et de
Sidé, à environ 60 kilomètres
à l’Est d’Attalia,
puis il remonta
vers la Phrygie.
En Pisidie, il rencontra
une résistance et dut combattre contre les habitants de
Termessos sans réussir à prendre
la ville. La cité était d'importance car elle fut un centre régional tout aussi influent que
Selge ou
Sagalassos. Dans son compte rendu
de la campagne d'Alexandre, l'historien Arrien de Nicomédie (v.87-v.145) décrit
Termessos comme une grande ville.
Arrien raconte, que Selge conclut un
pacte avec Alexandre contre Termessos et
Sagalassos et qu'en 333, le Roi
Macédonien, qui assimilait la ville à un nid
d'aigle, avait commencé un siège de Termessos,
conscient de l'importance stratégique de la cité.
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La bataille d'Issos par Jan Brueghel
l'Ancien (1568-1625) - Musée du Louvre |
Arrien note que même une petite force
pouvait facilement la défendre en raison des barrières insurmontables naturelles
qui entouraient la ville, mais Alexandre s'il voulait gagner la
Phrygie
devait forcément passer par Termessos.
En fait, il existait d'autres passes beaucoup plus faciles
d'accès et sans aucune résistance armée, alors pourquoi le Roi a choisi de
remonter le col raide de Yenice (ou Yenidje ou Yenidze) reste encore aujourd'hui un sujet de litige.
Alexandre perdit beaucoup de temps et d'efforts à essayer de forcer le passage fermé par les
Termessiens et
lorsqu'il s'aperçut que cette ville s'avérait être imprenable, il abandonna toute agression envers la cité. Toutefois, au
lieu de marcher vers le Nord il se tourna vers
Sagalassos sur laquelle il déchargea toute sa colère.
Dans la bataille qui s'en suivit, les
Sagalassiens
assistés par des archers de Termessos
avaient pris position sur un plateau de la montagne en face de la ville. Bien qu'ils aient réussi à repousser l'attaque
Macédonienne une première fois, ils furent
finalement vaincus et Sagalassos fut
saccagée. Alexandre poursuivit sa route et parvient enfin dans la capitale
Phrygienne de
Gordion. Il y trouva des renforts venus
à la fois de Macédoine et de
Grèce, ainsi que son Général Parménion
qui venait en partie d’hiverner à
Sardes en
Lydie. Le gouvernement de la Pamphylie
et de la Pisidie fut confié à Néarque.
Au début de l’été 333 Alexandre apprit que
Darius III marchait sur la
Cilicie,
il quitta alors Gordion.
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Sisygambis, Héphaestion et Alexandre le Grand, après la défaite Perse à Issos - Francesco de Mura (1696-1782)
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La bataille d'Issos
En quittant
Gordion, Alexandre se rendit dans un
premier temps à Ancyre (L'actuelle Ankara) et il reçut la soumission de la Paphlagonie, puis celle de la
Cappadoce jusqu’au Halys.
Il poussa ensuite son armée vers le Sud et pénétra en
Cilicie par le passage
des Portes Ciliciennes gardé par le
Satrape Arsamès.
En Juin 333, il fit étape dans la capitale
Tarse où il tomba malade plusieurs semaines après s’être baigné dans le Cydnus (Sans doute des suites d’une hydrocution).
Dans le même temps, Parménion occupa les passes qui permettaient le passage de la
Cilicie à la plaine
d’Issos (Col de Kazanluk-Kapu), puis celles qui contrôlaient le passage vers la Syrie.
En Septembre 333, Alexandre une fois
guéri, soumit, en sept jours selon Arrien, les populations montagnardes de
Cilicie et s’empara de
Soles (ou Soli ou Pompéiopolis, aujourd'hui Mezitli) à 11 km à l'Ouest de Mersin.
Il apprit à ce moment la pacification de
ses arrières avec les victoires de
Ptolémée I en
Carie et la
soumission de Cos. Mais, peu de temps après
(333), le Satrape
Pharnabaze, à la tête de la flotte
Perse soumit Ténédos, une îles de la mer Égée et Sigée (ou Sigeion ou Sigeum) une cité
Grecque en Troade, à l'embouchure du
Scamandre et s’entendit avec le Roi de Sparte,
Agis III (338-331), qui tentait de soulever
la Grèce en lui donnant de l’argent et
quelques navires. La situation pour Alexandre restait donc délicate d’autant qu'il allait faire face à l’arrivée imminente de
Darius III. Le souverain
Achéménide s’installa dans la plaine d’Issos
(Entre les monts Taurus et la mer), dans la volonté de contraindre Alexandre à la bataille. Ce dernier était en Syrie
mais il fit faire demi-tour à l'armée
Macédonienne et le 01 Novembre 333, il affronta de nouveau les
Perses concentrés dans la plaine.
Cette fois Darius III
dirigea lui-même son armée. Il eut l'avantage de mettre celle-ci la première en ordre de bataille composée de
10.000 hoplites mercenaires et les 10.000 Immortels plus sa cavalerie royale. Il plaça 20.000 fantassins légers
sur les flancs de la montagne et disposa près de la côte, sur son aile droite, la plus grande partie de ses cavaliers légers.
Alexandre dirigea la cavalerie des Compagnons sur le flanc droit tandis qu'il plaça sur le flanc
gauche une autre cavalerie sous le commandement de Parménion et la phalange en retrait.
La bataille commença par un choc entre les deux infanteries. Les mercenaires
Grecs de Darius III combattirent avec
vigueur et parvinrent un temps à rompre les phalangistes de Cratère, mais au même moment la cavalerie
Perse se heurta à la résistance de
Parménion. Alexandre défit l'aile gauche adverse en se rabattant vers le centre de
Darius III.
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La tente, le trône et les magnifiques meubles
de Darius III récupérés par Alexandre après sa victoire |
La garde royale
Perse opposa une vive résistance face
à l'assaut de la cavalerie lourde Macédonienne
et plusieurs officiers de haut rang y laissent la vie. Mais la supériorité d'Alexandre était trop forte,
s'en fut terminé pour Darius III qui fut
écrasé de nouveau. Le Roi s'enfuit au-delà de l'Euphrate, laissant son char et ses attributs royaux (Son
arc, son bouclier et son manteau) et aussi laissant sa famille avec sa mère
Sisygambis
(ou Sisygambes), son épouse
Stateira I, son fils de
cinq ans Ochus et ses filles
Stateira II et Drypteis,
qui furent capturés par
Alexandre, ainsi qu'un immense butin. Cette scène est illustrée sur une mosaïque retrouvée à Pompéi, dans la maison du
Faune où l'on voit le Roi
Perse prendre la fuite.
Alexandre le Grand bien que vainqueur traita avec déférence la Reine et sa famille.
Stateira I conserva son statut
royale et le Macédonien épousera
Stateira II lors des
Noces de Suse en 324 et Drypteis
épousera Héphaestion, un Général d'Alexandre. Selon Wilhelm Bernhard Kaiser,
Darius III envoya alors à son adversaire une lettre dans laquelle il lui offrit un traité d'amitié et lui demanda
la libération de sa famille. Alexandre, qui avait pourtant renoncé à la poursuite immédiate de
Darius III
refusa cette demande.
La conquête de la Phénicie
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La famille de Darius III aux pieds d'Alexandre -
Francesco Trevisani v.1737 - Musée du Louvre |
Après la victoire d'Issos, à l'hiver 333, Alexandre se tourna vers le littoral Syrien.
Il envoya dans le même temps Parménion à
Damas, où il réussit à amasser
2.600 talents d'argent, avec lesquels il fut en mesure de payer toutes dettes contractées par l'armée. Alexandre se concentra
ensuite sur les villes côtières de
Phénicie afin d'éliminer
les dernières bases de la flotte Perse.
Il soumit sans résistance Arados (Au Nord de la
Phénicie),
Tripoli du Liban,
Byblos,
Sidon, avec leurs flottes navales,
tandis que Tyr, essayait de gagner du temps
afin de s'allier avec le vainqueurs entre
Macédoniens et Perse.
À la fin de l’année 333, alors qu’Alexandre était à
Sidon, des négociations
s’engagèrent avec le Roi de Tyr,
Azemilcos, lequel souhait toujours rester neutre dans le conflit. Alexandre essaya d'abord de convaincre le Roi de le laisser
entrer dans la ville, sous le prétexte de vouloir rendre hommage à leur Dieu, Melqart.
Mais, refus du Tyrien qui avait
senti le piège. Faire entrer Alexandre en vainqueur dans le temple c’était lui donner les clefs de la cité.
Pour Alexandre, il lui fallait à tous prix, s'il voulait être maître de la côte
Phénicienne, posséder la ville de
Tyr avec ses deux ports. En Janvier 332 commença le long siège de la cité.
La ville nouvelle de
Tyr se situait sur une île près de la côte (environs 700 mètres). Alexandre utilisa les débris de la ville continentale
ancienne (Détruite par
Nabuchodonosor II (605-562) après un siège de treize ans), pour construire une digue.
Mais les difficultés devinrent importantes lorsque la digue atteignit des eaux plus profondes, d’autant que les
Tyriens effectuaient
des raids meurtriers avec leurs navires. Pendant ce temps, Alexandre glana auprès des Rois de
Sidon, d’Aratos et de
Chypre
une petite flotte de 224 navires suffisante pour le siège de la ville. À côté d'eux s'ajouta en Février de l'année 332,
4.000 mercenaires commandés par Cléandre, pour la plupart issus du Péloponnèse. Attaquée par terre et isolée par mer,
la cité résista jusqu’en Août 332. Selon
Diodore de Sicile (Historien et chroniqueur
Grec,
v.90-v.30), 8.000 habitants de la ville périrent et 20.000 au moins furent vendus comme esclave. Une partie de la population
dont beaucoup de femmes et d’enfants s’enfuit vers Carthage. La digue érigée par Alexandre existe encore en partie de nos jours,
elle servit notamment aux Croisés lorsqu’ils assiégèrent
Tyr. Ce succès permit
à Alexandre de terminer sa mainmise sur l’ensemble de la
Phénicie.
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Le siège de Tyr vu par
André Castaigne (1898-1899) Photo avant retouches :
Wikipedia.org
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La conquête de l'Égypte
Maître de la
Syrie/Palestine, Alexandre prit alors
le chemin de l'Égypte, non sans avoir
repoussé à deux reprises, malgré l’avis favorable de Parménion, des propositions de paix plus qu’avantageuses de
Darius III.
Le Perse proposait qu'Alexandre
épouse sa fille
Stateira
II et il lui donnait en dot toute la région entre l'Europe et le fleuve Halys en
Asie mineure.
C'est à ce moment qu'eut lieu le fameux échange rapporté par Quinte-Curce (Histoire d'Alexandre, IV, 11, 13.) entre
Parménion qui parlant des offres de paix de
Darius III affirma : "Je les accepterais si j'étais Alexandre" ce qui entraina immédiatement la réplique du Roi :
"Et moi aussi si j'étais Parménion". Alexandre épousera quand même
Stateira II en Février 324, lors des
Noces de Suse.
Ce que semblait désirer Alexandre ce n’est pas un empire Gréco-macédonien débordant
largement sur l’Asie, idée déjà défendue par Isocrate, le rhéteur
Athénien, mais l’Asie tout entière, du moins la
connaissance qu’en possèdent les
Grecs.
Le refus d'Alexandre s'explique
aussi par le caractère fictif des concessions territoriales de
Darius III. Celles-ci ne constituaient que la
dot de
Stateira
II, ce qui signifie qu'en aucun cas le
Perse ne renonçait à sa souveraineté
sur les régions considérées. Ce fut ce piège que voulut éviter Alexandre qui exigea d'être regardé comme un souverain plein
et entier des territoires déjà conquis. Il ne fit d'ailleurs qu'appliquer le droit
Grec de la guerre, ainsi défini par
Xénophon
(Philosophe, historien et maître de guerre
Grec, v.430-v.355) :
"C'est une loi universelle et éternelle que, dans une ville prise sur des ennemis en état de guerre, toutes
les personnes et les biens, appartiennent au vainqueur".
En
Canaan, après avoir pris
Dor et Ashdod, à l'automne 332, sur la route de
l’Égypte, Alexandre rencontra une forte
résistance à Gaza,
conduite de l’eunuque Batis (Bati) qui s'opposait à la conquête. Il prit toutefois la ville fin 332, dont la garnison fut
massacrée et la population vendue en esclavage. Alexandre fut blessé à deux reprises lors de ce siège. Une fois frappé par une
fronde dont le projectile perça son armure le blessant à l'épaule. Continuant son avancée, en sept jours depuis
Gaza, il atteignit
Péluse aux portes du Delta Égyptien.
En Décembre 332, lorsque le Macédonien
pénétra dans la vallée du Nil, il fut accueilli comme un libérateur par le peuple, heureux de s’être débarrassé de l’oppression
des Perses.
Il ne rencontra que peu de résistance et il étendit rapidement son royaume
jusqu’à la première cataracte du Nil. Il montra un grand respect pour les Dieux
Égyptiens et une profonde dévotion pour Ramsès II, en l'honneur
duquel il fit ériger une stèle, à
Memphis et fit un sacrifice
au taureau Apis, gagnant par ce geste la confiance de la
population.
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Relief représentant Alexandre priant le dieu Amon-Rê
- Temple de Louxor Photo avant retouches :
Wikipedia.org
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Au début de 331, sur les rives du Nil, Alexandre décida de construire une grande ville qui témoignerait de sa
grandeur. Il se dirigea le long de la côte Méditerranéenne où il choisit l’emplacement de la future
Alexandrie, qui ne sera achevée que sous
Ptolémée I (305-282),
qui deviendra l'un des centres culturels les plus importants sur la Méditerranée. Il dessina lui-même le tracé des rues
et des murs à construire. Le projet d'arpentage fut conçu par le célèbre architecte Dinocrate
Rhodes avec la collaboration
de Cléomène de Naucratis. Il se rendit ensuite jusqu’à l’oasis
de Siwa (ou Sioua) dans le désert Libyen, où il rencontra l’oracle d’Ammon-Zeus qui le reconnut comme fils
d’Amon. De retour à
Memphis, en 331, il se fit officiellement couronner Pharaon
dans le temple de Ptah et réorganisa le pays
planifiant déjà son départ pour la conquête de l'Asie. Durant son séjour en
Égypte, un de ses Généraux, Hégélochos,
lui apporta de nombreux prisonniers fait en mer Egée qui furent exilés dans la ville
d’Éléphantine.
Alexandre ne demeura en
Égypte que très peu de temps de 332 à 331. Avant de quitter le pays, il
nomma pour l'administration du territoire deux Nomarques, Doloaspe et Petisi, tandis que la
gestion des finances fut confiée à Cléomène de Naucratis.
La bataille de Gaugamèles
Devenu maître de l'Asie hellénique et
Méditerranéenne,
au printemps 331 Alexandre se remit en marche
vers l'Est et il prit la route de la
Mésopotamie.
Darius III pendant ce temps reforma
une nouvelle armée en intégrant cette fois-ci un grand nombre de contingents des
satrapies orientales (Dont quelques éléphants de guerre). Il prit soin aussi de choisir un terrain favorable
à son innombrable cavalerie et à ses chars à faux. Alexandre franchit fin Juillet de la même année l'Euphrate à Thapsaque
(Ville de Syrie du Nord, sa localisation reste encore incertaine et est discutée par les historiens
contemporains), sur un pont de bateaux sans rencontrer de résistance.
Le
Satrape Perse Mazaios
(ou Mazeo ou Mazée ou Mazday), en charge de la région avec quelques milliers d'hommes, se replia
rapidement à l’arrivée de son adversaire.
Mazaios s'était également vu confier la tâche de bloquer les approvisionnements alimentaires aux
Macédoniens et brûlé les champs.
Les éclaireurs d’Alexandre repérèrent l’armée de
Darius III plus au Nord, aussi le Roi de
Macédoine au lieu de marcher sur
Babylone
comme initialement prévu, remonta vers le Nord, vers Nisibe et franchit le Tigre, sans subir aucune attaque de l'ennemi,
le 20 Septembre 331 dans le haut-Djézireh (Irak actuel), contournant son adversaire par le Nord.
Il reprit alors la direction du Sud avec le Tigre sur sa droite. Au bout de quatre jours de marche il apprit, grâce aux
aveux quelques prisonniers fait par les soldats
Macédoniens, que l'armée Perse,
de presque un million d’hommes selon certaines sources et 277.000 fantassins, 23.000 cavaliers, 200 chars et 15 éléphants de
guerre, selon d'autres, venant de toutes les
satrapies de l'Empire, l'attendait à Gaugamèles (près d'Arbèles).
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Darius III à la bataille de Gaugamèles - Relief en ivoire
inspiré d'une peinture de Charles Le Brun - Museo Arqueológico Nacional - Madrid
Photo avant retouche :
wikipedia.org
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Conscient de son infériorité numérique, son armée se composait de 45.000
hommes de troupe à pied, dont 31.000 phalanges et 7.000 cavaliers, Alexandre proposa un plan de bataille ambitieux à ses
Généraux. Sa stratégie est encore enseignée aujourd'hui dans les écoles militaires. Il savait que l'issu de cet affrontement
déciderait du sort des deux adversaires. Si Alexandre gagnait il deviendrait le maître incontesté de l'Asie, si
Darius III l'emportait, les
Grecs se retrouveraient de nouveau envahis
et asservis. Alexandre choisit d'affronter les
Perses de jour, contrairement à ce que lui préconisaient ses Généraux.
Darius III s'attendait
d'ailleurs à ce même assaut et avait fait veiller, debout, en ordre de bataille, son armée toute la nuit. L'affrontement
intervient au petit matin du 01 Octobre 331. Les troupes
Perses avaient un front qui s'étirait
sur près de 4 km et les Grecs, qui étaient
au minimum quatre fois moins nombreux, leur firent face au centre.
Alexandre mit en place une stratégie encore jamais utilisée sur un champ de bataille. Il fit mine de laisser
son flanc gauche à la merci des
Perses et, pendant qu'une partie de ceux-ci tombèrent dans le piège et l'attaquèrent à cet endroit,
il emmena ses cavaliers à l'autre extrémité du champ de bataille.
Darius III pensa alors qu'il devait contrer
ce mouvement, craignant d'être attaqué sur son côté gauche et donna l'ordre à l'autre partie de son armée de se déplacer en
même temps que le
Macédonien. Alexandre attira ainsi les
Perses pratiquement en dehors du champs
de bataille qu'avait minutieusement préparé
Darius III, ce qui eut pour effet d'ouvrir
le centre Achéménide. Ce fut le moment
qu'attendaient les Grecs. Alexandre donna
l'ordre à ses cavaliers de faire demi-tour et de s'engouffrer dans la brèche, coupant le front
Perse en deux. Beaucoup de
soldats Perses prirent peur et s'enfuirent,
Darius III se rendit à l'évidence,
il allait connaître encore une fois la défaite et il prit lui aussi la fuite, laissant ses soldats à la merci des
Grecs. Selon les sources de l'époque, les
Grecs ne perdirent que 1.000 hommes dans la
bataille alors que près de 50.000 soldats de l'armée
Perse
furent tués.
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Morceau d'une fresque représentant la
bataille de Gaugamèles |
La prise de Babylone et Suse
Le succès à Gaugamèles ouvrit à Alexandre la route de
Babylone, qui se rendit suite à des
négociations, après trois semaines de bataille, fin Octobre 331. Nous avons aujourd'hui une connaissance précise de cette
période grâce à la mise au jour d'une tablette
Babylonienne qui retrace les faits
depuis la fin de la bataille de Gaugamèles. On y apprend comment les autorités de la ville essayèrent de négocier avec
Alexandre. Ce dernier en cas de rémission leur assurait le maintien des traditions religieuses et la non violation des
sanctuaires. Il donnait également l’ordre de restaurer le sanctuaire de Mardouk qui tombait en ruine. Il leur garantissait
le maintient de la plupart des dignitaires à leur poste, comme le
Perse Mazaios (ou
Mazeo ou Mazée ou
Mazday), qui avait eu l'ordre de
Darius III de défendre
Babylone dont il
fut nommé
Satrape, poste auquel il fut confirmé par Alexandre. Avec ces concessions, sans grande importance pour Alexandre, il
s'évita un long siège et rangeait de son côté une partie de l’aristocratie
Achéménide.
Le Roi y séjourna près de cinq semaine, tandis que
Darius III en fuite,
tentait de réunir une armée, mais les forces
Perses étaient de plus en plus démoralisées
avec la menace constante d'une attaque surprise du
Macédonien, ce qui conduisit à de nombreuses désertions. Alexandre de son côté prit la direction de
Suse,
qu'il atteignit en vingt jours. La ville, sans mur défensif, se rendit à son tour en Janvier 330. Le Roi avait dépêché
devant lui dans la cité le Général Philoxène afin que celui-ci s'empare du trésor important qui s’y trouvait
environ 40.000 talents. Une partie importante de cet argent fut envoyé à
Antipatros afin qu’il l’utilise dans sa lutte contre
Sparte. Alexandre récupérera également diverses œuvres d'art volées par
Xerxès I (486-465) en
Grèce en 480, y compris le groupe
statuaire célèbre de Tyrannicides, Harmodius et Aristogiton, qu'il fit retourner à
Athènes.
le Roi distribua de nombreuses richesses de la ville à ses soldats en récompenses : Parménion par exemple récupéra la maison
du Ministre Bagoas, qui avait porté
Darius III
sur le trône, dans laquelle il trouva beaucoup de riches vêtements.
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L'entrée d'Alexandre dans Babylone,
- Charles Le Brun (1664) - Musée du Louvre
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La campagne en Perse et la prise de Persépolis
À la mi-Décembre Alexandre quitta
Suse et poursuivit en direction
de la
Perse proprement dite. Il emprunta la route qui passait à travers le territoire des Ouxi (ou Uxii), au Sud-ouest de l’Iran
actuel. Il rencontra une résistance de la part de cette tribu montagnarde mais qu'il soumit rapidement. Cette dernière s’engagea
à payer un tribut en chevaux et bêtes de somme dont son armée avait grand besoin.
Puis il fut arrêté par la résistance du
Satrape Ariobarzane aux
Portes Persiques. Alexandre divisa ses hommes en deux parties, dont la moitié avançait plus vite et il a atteignit
en cinq jours le passage dans les montagnes actuelles de Zagros.
La lutte s'engagea contre un grand nombre d'ennemis,
40.000 hommes, auxquels s'ajoutait 700 cavaliers
Ariens. Pour éviter de courir à une
défaite, Ariobarzane construisit un mur qui barrait la route en partie aux
Macédoniens.
Comme le précise Andrea Frediani, Alexandre tenta un premier assaut qui ne donna pas de résultats. Il se retira
alors à quelques kilomètres à l'Ouest, pour atteindre une clairière appelée Mollah Susan dont le terrain lui était plus favorable.
Les troupes d'Alexandre attaquèrent et Ariobarzane fut écrasé, toutefois il réussit quand même avec quelques hommes à fuir vers
Persépolis, mais les portes de la ville ne
s'ouvrirent pas pour lui, le forçant à retourner au combat et trouver la mort.
Continuant son avancée, Alexandre franchit l'Araxe sur un pont de bateaux et parvint au mois de Janvier 330
dans la ville la plus symbolique du pouvoir
Perse, Persépolis, où, selon
Robin Lane Fox il trouva environ 120.000 talents en métaux précieux.
La ville fut livrée au pillage, puis en Mai 330, les palais de la terrasse
furent incendiés. En fonction des auteurs, cet incendie est interprété comme volontaire, bien qu’il aille à l’encontre
de la politique d’intégration aux coutumes locales qu'Alexandre pratiquait. D'après certains le Roi aurait ainsi
voulu venger les destructions
Perses à Athènes, en 480. Une autre interprétation
affirme qu’Alexandre aurait provoqué l’incendie dans un état d’ivresse, poussé par une jeune courtisane
Athénienne du nom de
Thaïs, qui fut en 323 l'épouse de
Ptolémée I. Il est possible
qu’Alexandre ait simplement souhaité affirmer son pouvoir face à une population peu encline à se rallier à lui.
Selon Plutarque (Philosophe, biographe et
moraliste
Grec, 46-v.125) Alexandre regrettera par la suite son geste qui fut très mal perçu par les
Perses, mais accompli avec joie par les
troupes Macédoniennes.
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Alexandre - Copie Romaine antique
Glyptothek - Munich
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La mort de Darius III
En Mai 330, Alexandre marcha vers
Ecbatane. Selon
Robin Lane Fox, sur le chemin, il reçut quelques renforts, pour
atteindre un total de 50.000 hommes. Pendant ce temps,
Darius III toujours en fuite,
tentait de réunir une nouvelle armée royale dans les hautes
satrapies de
Parthie, mais il ne réussit pas à lever
une force comparable à celle qui avait combattu à Gaugamèles, en partie parce que la défaite avait porté atteinte à son
autorité, et aussi parce que la politique libérale d'Alexandre, par exemple en
Babylonie et en Perside
(Région du Far), offrait une alternative acceptable à la domination
Perse. Lorsqu'à
Ecbatane,
où il avait été rejoint par Satibarzane (ou Nabarzanes ou Nabarzane) et Bessus (ou Bessos † 329), le
Satrape de
Bactriane, avec des cavaliers originaires de
Bactriane et un corps d'environ 2.000 mercenaires
Grecs,
Darius III apprit
l'approche de l'armée d'Alexandre, il décida de se retirer en
Bactriane
où il pourrait mieux utiliser sa cavalerie et ses forces de mercenaires sur ces plaines d'Asie.
Il mena son armée à travers les Portes de la mer Caspienne, la route
principale à travers les montagnes, mais cela épuisa et ralentit considérablement ses troupes.
Alexandre pénétra en Paratécène (L'actuelle région d'Ispahan) et soumit la population. À peine arrivé à
Ecbatane il apprit que
Darius III venait
juste de s’enfuir trois jours plus tôt avec environ 9.000 hommes dont 3.000 cavaliers. À
Ecbatane Alexandre renvoya
ses cavaliers Thessaliens, il
envoya Parménion vers l'Hyrcanie,
Cleithos vers la Parthie, pendant que lui à
la tête de troupes rapides poursuivait le Roi
Perse dans les montagnes. En onze jours il parcourut la route
d’Ecbatane à Rhagae où il
fut obligé de faire une pause pendant cinq jours.
Deux des officiers de Darius III,
Satibarzane et Bessus, lui proposèrent de regrouper l'armée sous le commandement de Bessus et que le pouvoir lui serait rendu lorsqu'Alexandre
serait défait. Darius III
évidemment n'accepta pas ce plan et ses complices, devenus soucieux après ses
échecs successifs contre Alexandre, commencèrent à penser à le destituer.
Darius III,
entouré d'une poignée de fidèles, s'était enfoncé à l'Est du pays. Alexandre apprit par des déserteurs que le Roi avait été
fait prisonnier par Bessus, Barsaentes et Satibarzane et qu'il se dirigeait vers Hecatompyles, près de l'actuelle ville de Shahrouz.
En apprenant cette nouvelle, le Macédonien
confia ses troupes à Cratère et avec une petite division rapide il marcha pendant une journée et demie à train forcé. Lorsqu'il
atteignit le camp de Darius III, celui-ci
venait de le quitter. Dans le même temps, un chef des mercenaires
Grecs,
encouragea le Roi
Perse à accepter un garde du corps
Grecs plutôt que de sa garde
habituelle pour le protéger des trois
Satrapes,
mais le souverain n'accepta pas pour des raisons politiques. Ce fut une mauvaise décision, en Juillet 330 (on trouve aussi
selon les sources Juin 330),
Darius III,
toujours en fuite et de plus en plus seul, fut poignardé par les trois rebelles
et Bessus se proclama Roi sous le nom d'Artaxerxès V le même mois. Le soir même Alexandre imposa à ses hommes une nouvelle marche de nuit pour aboutir à un campement de nouveau abandonné.
Finalement avec quelques cavaliers il rejoignit le convoi de Darius III
où il trouva ce dernier mort.
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Camée représentant
Alexandre - Cabinet des Médailles
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Une autre version raconte que Bessus et Satibarzane jetèrent
Darius
dans une charrette à bœufs, après avoir blessé le Roi avec leurs javelots alors
qu'il ordonnait aux forces Perses
de continuer et le laissèrent mourir. L'histoire nous dit que lorsqu'Alexandre trouva le corps de
Darius III, il le couvrit avec son manteau
et prit la chevalière au doigt du Roi défunt. Ensuite, il envoya le corps du souverain à
Persépolis où il le fit enterrer dans la
nécropole royale et lui donna des funérailles grandioses avec les honneurs du à son rang.
Avec la mort de Darius III, l’Empire
Achéménide
s’effondra et devint possession
Macédonienne.
La conquête de
l'Hyrcanie, l'Arie et la Bactriane
Après la mort de
Darius III, Alexandre n'eut qu'une obsession
retrouver les trois
Satrapes félons. Il reprit sa marche vers l'Est et soumit
l’Hyrcanie et les populations
montagnardes de la région entre l’Iran et le Turkménistan, les Tapouriens et les Mardes.
Il remplaça une partie de ses troupes fatiguées, qu'il renvoya dans leur foyer, par l'incorporation à son armée des anciens
mercenaires Grecs qui étaient au service de
Darius III et il rassembla tous
ses soldats à Zadracarta, la capitale de Gurgan. Dans la ville il apprit que deux des
Satrapes s'étaient
séparés de Bessus, maintenant réfugié en Bactriane
sous le nom d'Artaxerxès IV, tandis que Satibarzane était retourné en
Arie et Barsaentes en Drangiane.
Alexandre s’empara assez rapidement de l’Arie,
en remontant la vallée de l’Atrek où il fonda une ville, Alexandrie d’Arie,
l'actuelle Hérat. Satibarzane fut capturé près de Machhad et demanda à être épargné. Le
Macédonien ne le tua pas,
au contraire il le confirma à son poste en lui adjoignant un stratège
Macédonien,
Anaxippos (ou Anaxippo ou Anaxippus). À l'automne 330, alors qu'Alexandre se préparait à remonter vers la
Bactriane,
Satibarzane se révolta.
Il assassina Anaxippos et massacra les troupes
Macédoniennes
laissées en Arie
avant de s’enfuir. Alexandre se dirigea vers la Drangiane qu'il prit et où le rebelle
Barsaentes fut capturé après avoir été trahit par une population Indienne du
Pendjab et mis à mort.
En Octobre/Novembre 330 Satibarzane monta de nouveau
une rébellion en Arie. Il
fut tué dans un affrontement avec le corps expéditionnaire lancé contre lui par Alexandre.
C’est à l’automne de l’année 330 que se déroula l'assassinat de proches d’Alexandre sur ordre du Roi.
Alors que l’armée séjournait dans la capitale de la Drangiane, Phrada-Prophtasia, au
Sud de Hérat, Philotas le fils de Parménion et commandant de la cavalerie fut emprisonné et jugé
par l’assemblée des
Macédoniens pour complot. Quant à Parménion, Alexandre ignorant s’il se trouvait impliqué ou non dans la conjuration
préféra dans le doute le mettre à mort.
La conquête de l'Asie centrale
L’armée
Macédonienne passa vers la fin de 330 en
Arachosie. Alexandre fonda une nouvelle Alexandrie, qui correspond à la ville actuelle de Kandahar et nomma Memnon comme
Satrape de la région, puis il remonta vers la
Bactriane à la poursuite de Bessus.
Après avoir langui pendant quelques mois, au printemps 329 (au plus tard en Mai) son armée traversa les monts Paraponisadès
(L'Hindū-Kūsh) dont Aristote (Philosophe
Grec,
384-322) était convaincu qu'ils étaient l'extrémité orientale du monde. En
Bactriane, Bessus en fuite,
pratiquait la politique de la terre brulée. Il ravageait les vallées entre les Paraponisadès et l’Oxus
afin de limiter les possibilités de ravitaillement de ses poursuivants. Les soldats
Macédoniens souffrirent de la faim, la nourriture leur étant vendue à des prix exorbitants et
ils ne trouvèrent plus de fourrage pour les animaux, beaucoup d'entre eux furent tués pour se nourrir.
Si Bessus avait continué avec sa technique de brûler les champs, ou si, à ce moment de faiblesse
il avait attaqué, il aurait eut une bonne chance de victoire, mais il changea de stratégie
en brûlant seulement les bateaux. Alexandre s’empara d’Aornos qui devint à son tour une Alexandrie, puis de
Bactres.
L’armée Macédonienne voulut
ensuite passer l’Oxus. Restait de savoir comment traverser cette rivière profonde, où il n'était pas facile de construire un pont.
Il fut décidé de remplir des peaux de tentes de paille sèche et de les coudre ensemble, construisant ainsi des radeaux flottant.
Toute l'armée fut capable de traverser la rivière en cinq jours et passa en
Sogdiane. Les nobles Spitaménès et Oxyartès
décidèrent alors de livrer Bessus et le firent savoir à Alexandre. Début 329,
Ptolémée I fut chargé de cette capture. Bessus fut emmené nu à
Bactres où on lui coupa le nez et les oreilles,
puis il fut envoyé à
Ecbatane et exécuté.
Pendant près de deux ans Alexandre lutta en Sogdiane
et en Bactriane contre des
Satrapes
révoltés et contre les peuples Saces et
Massagètes contre lesquels Cratère va s’illustrer en prenant plusieurs forteresses. Spitaménès, le
Satrape ayant livré
Bessus, se révolta et pratiqua une guérilla difficile pour Alexandre à endiguer. Il massacra plusieurs garnisons
Macédonienne et infligea un cuisant échec
militaire à des officiers d’Alexandre sur le fleuve Polytimetos (ou Zeravchan dans l’actuel Ouzbékistan)
où tous les soldats du Roi furent tués.
Alexandre, prit connaissance de l'incident, en trois jours avec 7.000 hommes il essaya d'atteindre
l'ennemi sans succès en subissant de lourdes pertes, maintenant le nombre de soldats tombés étaient d'environ 25.000.
Selon Quinte-Curce, la réaction d'Alexandre après cette défaite fut extrêmement significative du profond désarroi de
l'armée puisque le Roi interdit, sous peine de mort, aux rescapés de ce désastre de divulguer la réalité.
Après avoir hiverné de fin 329 à début 328 à
Bactres, Alexandre repartit pour
la Sogdiane
qui s’agita lorsque Spitaménès réapparut en
Bactriane et surprit dans une embuscade la
garnison de la ville de Zariaspa. Alexandre laissa quelques soldats à Cratère et les raids de Spitaménès continuèrent jusqu'à ce
que celui-ci subissent une première défaite sur la rivière Céno. Puis il succomba finalement, trahi par ses alliés
Massagètes qui au cours de l’hiver 328/327, alors qu’Alexandre était à Nautaca
au Sud-est de l’actuelle Boukhara, envoyèrent sa tête au Roi de
Macédoine. Le printemps 327 fut occupé à détruire les derniers îlots de résistance,
mission qui fut confiée à Cratère, et à réorganiser l’Empire dans cette région. À la place d’Artabaze,
rallié
depuis longtemps à Alexandre, mais qui très âgé demandait à être relevé de son commandement, Alexandre nomma un
Macédonien. En 327, le Roi épousa Roxane,
la fille du Roi de Sogdiane,
Oxyarte (ou Oxyartès) afin de renforcer son pouvoir dans la région.
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Alexandre et Porus à de la bataille de l'Hydaspes -
Charles Le Brun - 1673 - Musée du Louvre
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La conquête de l'Inde
Alexandre, après avoir soumis la région de la
Sogdiane, arriva aux frontières de l'actuel
Turkestan Chinois, où il fonda une autre Alexandrie sur le fleuve Iaxarte (ou
Syr-Daria) qu'il appela Eskhaté (L'actuelle Khodjent), cette ville qui marque le
point le plus au Nord de son périple. Puis, il se dirigea vers l'Inde. Une grande partie du Nord-ouest de l'Inde
avait été conquise par les
Perses au temps de
Darius I (522-486), qui avait exploré
l'ensemble de la vallée de l'Indus, mais depuis cette période, la région était divisée en plusieurs royaumes qui s'affrontaient.
On ne connait pas exactement la raison qui poussa Alexandre dans ces régions inconnues des
Grecs.
Certains auteurs avancent qu'il fut influencé, par le Roi Omphis (ou Taxila nom donné par les
Grecs ou Taksxila ou en Indien : Ambhi ou
Ambhik) de la ville du même nom de la vallée septentrionale de l’Indus près de la moderne Attock, d’intervenir contre son ennemi
Pôros (Porus ou Purushotthama ou Paurava) qui régnait sur le royaume de Paurava à l’Est de l’Hydaspes (rivière de Jhelum) et qui
menaçait le Penjâb. Alexandre fut aussi conseillé par un Prince Indien, Sisicottos, qui après avoir suivi Bessus s’était rallié au
Macédonien.
Mi 327, après avoir préparé une nouvelle armée de 60.000 soldats, troupes en
grande partie d'Asie, seuls les officiers et les commandants étaient
Grecs ou
Macédoniens,
Alexandre passa les monts Paraponisadès et marcha sur Alexandrie du Caucase
(Actuelle Bagram près de Kaboul), où il fut accueilli par le Roi Omphis de
Taxila, qui lui offrit quelques éléphants de guerre.
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Buste d'Alexandre - Musée de Berlin
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À l'été 327, il chargea Héphaestion et Perdiccas de soumettre les peuples vivant sur
la rive Sud du Cophen, la rivière qui descend de la vallée de l’actuelle Kaboul vers l’Indus, tandis que lui s’occupait de la rive
septentrionale. Pour ces deux Généraux il n'y eut guère de problème et ils atteignirent l'Indus bien avant lui.
Aurel Stein nous dit que pour Alexandre par contre la tâche fut plus rude. Il fut confronté aux Assacènes (ou Açvakas) qui
opposèrent une forte résistance et il eut de grandes difficultés à prendre leur capitale, Aornos (Identifiée à Pir Sar,
au Pakistan). Alexander fut blessé lors de la bataille, frappé d'une flèche qui perça son armure et avec elle la plèvre et le
poumon, mais il échappa à la mort. Finalement il atteignit l’Indus, où Héphaestion et Perdiccas avaient construit un pont, qu'ils franchirent
au printemps 326. L’armée fit une halte à Taxila mais repris rapidement la route pour aller combattre Pôros qui voulait interdire,
avec une importante armée forte de 200 éléphants de guerre, l'accès à l’Hydaspes (Actuel Jhelum l’un des affluents de
l’Indus) aux Macédoniens.
Dans cette bataille Alexandre allait encore faire preuve d'une grande habilité à la tactique. Il laissa Cratère
avec le gros des troupes et il traversa avec sa cavalerie et ses hypaspistes le fleuve dans une région boisée en amont
afin de prendre Pôros à revers. Cette manœuvre fut payante, le
Macédonien emporta la victoire mais aux prix de
rudes et sanglants combats. Le cheval du Roi, Bucéphale trouva la mort lors de la confrontation. En son honneur, Alexandre fonda sur
son tombeau la ville de Bucéphalie (ou Boukêphalia). Comme à son habitude, Alexandre laissa la vie sauve et son trône à Pôros,
conquis par la noblesse de celui-ci, avec un territoire plus vaste que celui qu’il avait à l’origine.
Une révolte sur ses arrières
des Assacènes l’obligea à envoyer des troupes dirigées par Philippe et Tyriaspès tandis que lui parcourut le Penjâb et y
soumit divers peuples. Alexandre projetait de s’avancer plus à l'Est et pensait franchir l’Hyphase (Actuelle rivière Bias au
Penjâb) pour atteindre la vallée du Gange et l’Océan extérieur. Mais à l’automne 326, sur les rives du fleuve, l'armée épuisée
parvenue là en pleine mousson, se mutina. Le Roi ne parvint pas à convaincre ses soldats d’aller plus loin.
Après s’être enfermé trois jours sous sa tente, il fut obligé de se plier à leur volonté et donna l’ordre de revenir sur leur pas
et reprendre le chemin de Babylone.
Il fit ériger 12 autels monumentaux, pour chacun des 12 principaux Dieux de l’Olympe, marquants le point extrême de sa
progression à l’Est, avec l'inscription : "Ici s’est arrêté Alexandre".
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Alexandre - buste du XVIIe siècle -
Musée National du château de Versailles
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Le retour vers Babylone
Alexandre fit donc demi-tour mais avant de rentrer il décida de soumettre toute
la vallée de l’Indus. Il fit construire une flotte, à l’automne 326 et il embarqua avec une partie de son armée, pour descendre
l’Hydaspes, puis l’Acésine afin de rejoindre l’Indus. La flotte fut dirigée par Néarque avec des équipages essentiellement
Phéniciens et
Grecs suite à des renforts que le Roi venaient
de recevoir. Alexandre embarqua avec les archers, les hypaspistes et les cavaliers de sa garde, pendant que Cratère longea la rive
droite et Héphaestion, avec l’essentiel de l’armée, descendit le long de la rive gauche. Certains peuples rencontrés se soumirent
rapidement, mais d’autres comme les Oxydraques et les Malliens refusèrent. Ces derniers furent soumis en Novembre 326.
Alexandre finit par rejoindre l’embouchure de l’Indus après une violente campagne. Au sud de la ville de Pattala,
il fit construire un port, des arsenaux et des citernes, preuve qu’il s’agissait pour lui d’un territoire destiné à être
incorporé à son Empire. En Juillet 325, le Roi, pour son retour vers
Babylone, divisa son armée en trois corps.
Néarque avec une flotte d’une centaine de navires, 2.000 marins et 12.000 soldats, fut chargé de rouvrir la route maritime
entre l’Indus et l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate. Cratère quant à lui quitta la vallée de l’Indus avec la moitié de la
phalange, les éléphants et les vétérans désirant retourner en
Macédoine. Il remonta par
l’Arachosie et la
Drangiane et devait retrouver Alexandre en Carmanie (Région qui correspond au Sud de l’Iran vers le détroit d'Ormuz).
Alexandre choisit l’itinéraire le plus difficile en longeant la côte de la Gédrosie (Actuel
Baloutchistan pakistanais). Depuis Pattala sur l’Indus, il gagna avec 25.000 hommes l’actuelle région de
Karachi où le peuple des Arabites capitula sans combattre. Puis Alexandre atteignit la vallée du Purali où il soumit les Orites.
À ce moment une partie de son armée commandée par Léonnatos suivit l’itinéraire des caravanes, plus au Nord. Alexandre avec
12.000 hommes, dont ses troupes d’élite et un convoi de femmes et d’enfants, traversa la Gédrosie par le désert du Makran qui
longe le littoral. Or au moment où il entrait dans le désert, les Gédrosiens et les Orites se révoltèrent ce qui le priva des
vivres promises. Le désert de Makran est une région particulièrement aride et difficile. Le convoi mit deux mois pour accomplir
700 km entre la vallée du Purali et Pura. Alexandre rallia la ville en Décembre 325 mais plus de 50.000 personnes moururent
pendant le trajet. Dans le même temps son Général Néarque, à la tête de la flotte, suivit la côte, remonta le golf Persique et
retrouva Alexandre à Harmozia (ou Ormuz).
La fin de son règne
Au début de l'an 324, Alexandre se rendit à
Pasargades avec une partie de ses
troupes tandis qu’Héphaestion poursuivit le voyage avec le gros de l’armée le long des côtes Perse. Alexandre y fit
restaurer le tombeau de Cyrus II (559-529),
qui avait été pillé en son absence et il fit punir les coupables. Puis il prit le chemin de
Suse où il apprit les mauvaises gestions et la
corruption mises en œuvre par des
Satrapes comme Baryaxès qui s’était proclamé grand Roi, ou Orxinès en Perse dont la fidélité était loin d'être évidente.
Le Roi réagit immédiatement contre les coupables en les remplaçant par un grand nombre de Gouverneurs
Macédoniens.
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Les mariages de Stateira II avec
Alexandre et de Drypteis avec Héphaestion à Suse en 324 - Gravure du XIXe siècle |
En Février 324, afin de poursuivre son projet d'union entre les
Grecs et les
Perses, le Roi organisa les
"Noces de Suse" aux cours desquelles 10.000 soldats, 80 Généraux et lui-même, prirent une épouse d'origine
Perse.
Il se maria à Stateira II, une fille de
Darius III, tandis que l'autre fille du Roi de
Perse, Drypteis (ou Drypetis), fut mariée à
Héphaestion. Les mariages se firent à la mode
Perse, ce qui provoqua la grogne des
Macédoniens qui commençaient à penser qu’Alexandre s’éloignait des coutumes
Grecques. Le mécontentement fut attisé
lorsque le Roi décida d’intégrer 30.000 jeunes
Perses, soigneusement choisis et formés à l'armée
Macédonienne.
Pour calmer la grogne Alexandre paya les dettes de ses soldats dont 10.000 furent démobilisés et renvoyés en
Macédoine avec Cratère et Polyperchon
et il offrit en un geste symbolique des couronnes d’or à ses Généraux. Ces gestes furent insuffisants et une révolte des
vétérans éclata à Opis, au Nord de
Babylone. Le Roi réagit brutalement et fit
exécuter 13 des émeutiers. Puis par un discours habile il réussit à reprendre le contrôle de la situation.
Cette résistance de l'armée à la politique de fusion avec les troupes Asiatiques constitue le plus sévère échec
du Roi. À l'été 324 d’Opis par la vallée du Zagros, Alexandre se rendit à
Ecbatane. C’est là, au cours de
l’hiver 324, que mourut Héphaestion, probablement de maladie. La douleur du Roi fut assimilée par les historiens antiques
à celle d’Achille sur le corps de Patrocle. Alexandre rendit à son compagnon des honneurs quasi royaux, pour son ami il resta
en deuil de six mois et conçu également un magnifique monument funéraire qui ne fut jamais fini.
Au printemps 323 Alexandre reprit le dessus et mena une expédition dans le
Lorestan actuel, au Sud-ouest de l’Iran et contre les Ouxiens, des montagnards
Kassites de la chaîne du Zagros que les
Perses
n’avaient jamais totalement soumis, et il envoya une expédition pour explorer la
côte de la mer Caspienne et les côtes de l’Arabie commandée par Héraclide.
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Tête d'Alexandre - Musée du Louvre
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Peu après, le Roi rentra à
Babylone. En chemin il reçut des ambassadeurs venus de
Grèce. Les
Athéniens en particulier
protestaient contre des décrets d’Alexandre. Il reçut également ceux de Libye, de Cyrénaïque et des Celtes.
En Avril 323 le Roi entreprit un vaste programme de travaux dans les canaux de l’Euphrate destinés à réguler les inondations,
et les préparatifs de l'invasion de l'Arabie avec la construction d'une flotte avec laquelle il avait l'intention d'attaquer
les domaines de Carthage, mais le 30 Mai il contracta la malaria. Il partit en quelques jours, pour mourir le soir du 13 Juin 323
(on trouve aussi le 10 ou le 11), à l’âge de 33 ans. Sa mort est toujours un mystère, pour certains il fut empoisonné par ses
Généraux, pour d'autres il décéda d'une rechute de la malaria ou selon des dernières spéculations, d'une cirrhose du foie causée
par l'abus du vin.
Très probablement la cause réelle de la mort, comme on peut le déduire des symptômes décrits, serait une
pancréatite aiguë, une conséquence des libations excessives faites ce jour-là. Le corps d'Alexandre
fut plus tard transféré de Babylone
pour rejoindre Vergina, la nécropole
Macédonienne, mais il sera finalement inhumé à Alexandrie,
car sur la route le corps fut dérobé, sur l'ordre de
Ptolémée I Sôter et envoyé dans la ville.
Ptolémée
prétendit qu'Alexandre
avait exprimé le désir d'être enterré dans le temple
d'Amon
à Siwa. Toutefois, le lieu où repose la dépouille du Roi est toujours un mystère. En dix ans Alexandre fonda un Empire qui s’étendit de l'Indus à la
Grèce. Celui-ci fut alors partagé entre ses Généraux, les Diadoques, qui ne tardèrent pas à entrer en guerre les uns
contre les autres. Sa mère
Olympias en 316, son fils
Alexandre IV et sa femme
Roxane en 310, moururent assassinés sur l’ordre de
Cassandre (301-296) qui avait pris
le pouvoir en Macédoine.
L'Empire d'Alexandre le Grand
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