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Saqqarah

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Sommaire

 

Localisation

Plan du site

Saqqarah Nord

Liste des tombeaux

Saqqarah Sud

Liste des tombeaux

La grande clôture

Le tombeau d'Horemheb

Le temple funéraire

Bas-relief de la 1ère cour

Bas-relief de la 2e cour

La sous-structure

bibliographie

Filmographie

 

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Vue de la nécropole de Saqqarah

 

 

   Localisation

 

    Saqqarah est situé près de l'entrée du Delta du Nil, sur la rive Ouest du fleuve. Le site se situe à environ 40 km du Caire. Ses premiers tombeaux (Les tombeaux archaïques), datent du début de la Ière dynastie (v.3040-2828). Ils ont été construits sur l'arête du plateau (P), à l'Ouest de la capitale, Memphis. Par temps clair, le monument le plus important qui est la pyramide à degrés de Djoser (2628-2609), peut être vu de Guizèh, qui se trouve à environ à 17 km au Nord et de Dahshour, environ à 10 km au Sud. Les monuments les plus au Nord de Saqqarah sont ces tombeaux archaïques du début de l'ère dynastique. Ils sont placés légèrement au Sud de la nécropole d'Abousir. Les spécialistes pensent que des restes d'une nécropole plus anciens se trouvent aujourd'hui sous le village moderne d'Abousir à l'Est de ces tombeaux.

 

   La frontière entre le Sud de Saqqarah et Dahshour est resté longtemps un emplacement désertique quand les premières pyramides ont été construites à Dahshour par les Rois de la IVe dynastie. Le monument royal le plus au Sud de Saqqarah a été construit par Shepseskaf (2472-2467), dernier Roi de la IVe dynastie. Dans toute son histoire, de presque 3 000 ans, Saqqarah s'est agrandi pour couvrir une surface de 6 km de long du Nord au Sud, sur 1,5 km de largeur d'Est en Ouest. En tant que tels, c'est la plus grande et la plus importante nécropole Memphite. Ce secteur de 9 km carrés est habituellement divisé en deux parties : Saqqarah Nord et Saqqarah Sud.

  

   Le site de Saqqarah est fouillé depuis plus de 150 ans ce qui a donné lieux à la découverte de nombreuses nécropoles et  pyramides et/ou tombeaux dont le plus grand nombre date de l'Ancien Empire (2647-2150). En novembre 2008, Monsieur Zahi Hawass, Directeur des antiquités Égyptiennes a annoncé la découverte d'une nouvelle pyramide sur le site, la 118ème d'Égypte et la 12ème à Saqqarah. En Décembre, deux autres tombes ont été mise au jour près de celle-ci. Les deux tombes avaient été construites pour des hauts fonctionnaires, un responsable des carrières et une femme chargée du recrutement des baladins du Roi. Enfin récemment, le lundi 9 février 2009, Monsieur Zahi Hawass, a annoncé la découverte de 30 momies dans une tombe ancienne, à Gisr al-Moudir, à l’Ouest de Saqqarah. La zone où la tombe a été trouvée, au Sud-ouest du complexe funéraire de Djoser, n'avait été que très peu étudiée par les archéologues. Monsieur Hawass a déclaré : "La salle de sépulture date de l'époque de la VIème dynastie de l'Ancien Empire, elle remonte donc à environ 4.300 ans ... elle était enfouie à 11 mètres de profondeur".

 

 

Plan du site

 

   Cliquez sur un monument pour en savoir plus

Complexe funéraire de Pépi II La Grande Clôture Mastaba de Shepseskaf Complexe funéraire de Ibi (ou Qakarê) Pyramide de Mérenrê I (ou Mentiemsaf I) Complexe funéraire de Pépi I Complexe funéraire de Djedkarê Isési Complexe funéraire de Djoser-Téti (ou Sekhemket) Complexe funéraire d'Ounas Temple de la Vallée et Chaussée d'Ounas Complexe funéraire de Djoser Complexe funéraire d'Ouserkaf Complexe funéraire de Téti I Tombe d'Horemeb et Maya Guizèh Abousir Dahshour

 

A - Complexe funéraire de Pépi II
B - Mastaba de Shepseskaf
C - Complexe funéraire de Ibi (ou Qakarê)
D - Pyramide de Mérenrê I (ou Nemtiemsaf I)
E  - Complexe funéraire de Pépi I
F  -  Complexe funéraire de Djedkarê Isési
G - Complexe funéraire de Djoser-Téti (ou Sekhemkhet)
H - Complexe funéraire d'Ounas
I  - Complexe funéraire de Djoser
J  - Complexe funéraire d'Ouserkaf
K - Complexe funéraire de Téti I
L  - Tombes d'Horemheb et Maya

M - Cimetière du Nouvel Empire

N - Monastère Saint Jérémie
OTemple de la vallée et chaussée d'Ounas
P  Tombeaux archaïques - Ière dynastie
Q - Tombes du Nouvel Empire
R  - Mastabas de l'Ancien Empire - Cimetière Nord
S -  Mastaba de Ptahhotep
T -  Cimetière Sud des Ibis
U - Temple des animaux sacrés
V -  Cimetière Nord des Ibis
W - Mastabas de Kagemni et Mererouka

X -  Mastaba de la Ve dynastie

 

 Saqqarah Nord

 

  Le secteur appelé Saqqarah Nord s'étend du Sud des tombeaux archaïques jusqu'au complexe funéraire, non terminé, de Djoser-Téti (ou Sekhemkhet, 2609-2603). Il peut être divisé en plusieurs cimetières :

 

• Cimetière Nord (R) : Ce cimetière est un prolongement à l'Ouest des tombeaux archaïques (P) qui ont été construits sur le bord du plateau de Saqqarah pendant la Ière dynastie (v.3040-2828). Il a été employé et étendu pendant l'Ancien Empire, avec la plupart des mastabas que l'on trouve proche des tombeaux archaïques. Ces mastabas sont datés de la Ve et VIe dynastie, sauf un de la IVe. Ceci peut être expliqué par le fait que pendant la grande majorité de la IVe dynastie, Guizèh était le site principal pour les sépultures. À l'Ouest de cette vieille nécropole sont situés deux cimetières où l'on à trouvé les restes embaumés d'animaux sacrés, les cimetières  Nord et Sud des Ibis (T-V).

 

Cimetière de Téti I : Avant que Téti I (2321-2291, VIe dynastie) ait construit sa pyramide dans le prolongement au Sud des tombeaux archaïques (P), cette partie de Saqqarah semble avoir été pratiquement inexploitée. Plusieurs des hauts fonctionnaires de Téti I ont choisi d'ériger leurs mastabas directement au Nord du monument de leur Roi (W). Parmi eux, le mastaba du Vizir Mererouka (ou Méreuka). Le cimetière a continué à être utilisé pendant la Première Période Intermédiaire. Pendant le Moyen Empire et la Deuxième Période Intermédiaire peu d'enterrements y ont été faits, mais quand, au Nouvel Empire, Memphis voisin a regagné de l'importance l'endroit est redevenu populaire (Q).

 

Complexe funéraire de Djoser

 

 

• Cimetière de Djoser : Au Nord et à l'Ouest du complexe de Djoser, plusieurs tombeaux ont été construits pendant la IIIe dynastie. Parmi ces tombeaux, le mastaba de Ptahhotep (S) de la Ve dynastie est le plus célèbre. À l'Ouest de ce cimetière, une galerie de tombeaux pour les taureaux sacrés Apis, connue aujourd'hui sous le nom Grec de Serapeum, a été construite lors de la XIXe dynastie.

 

  Elle continuera à être employée et agrandie jusque bien après le début de la période Romaine. Le fils de Ramsès II (1279-1213), le Grand Prêtre de Ptah, Khâemouaset, fut enterré dans le Serapeum. Il laissa des stèles avec des inscriptions relatant la restauration des tombes des Apis. À la Basse époque un sanctuaire y fut édifié. Le Serapeum devint, sous les Ptolémée ainsi que sous les empereurs Romains, l'un des centres de pèlerinage les plus importants. Une allée bordée de sphinx (Un dromos) menait au temple consacré à Apis (Aujourd'hui disparu). Un hémicycle à l'architecture hellénistique y contenait des statues des principaux philosophes et penseurs de l'époque. D'autres sanctuaires dédiés à Anubis et à Bastet furent édifiés à côté d'une galerie renfermant de grandes quantités de momies d'animaux.

 

Cimetières d'Ounas : Au Nord et au Sud de la chaussée d'Ounas (2356-2323) le complexe funéraire a évolué en plusieurs cimetières (M-X). Le cimetière Nord (X) est principalement composé des tombes de la fin de la Ve dynastie, avec les tombeaux des deux Reines d'Ounas, Nebet et Khenout. Ces tombeaux ont été construits entre et sur ceux d'Hotepsekhemoui (2828-2800, IIe dynastie) et de Ninetjer (2787-2743, IIe dynastie) qui sont, peut-être, les tombeaux royaux les plus anciens de Saqqarah. Le Sud (M) du secteur de la chaussée a été développé principalement à partir de la fin de la XVIIIe dynastie et pendant la XIXe dynastie avec les tombes des nobles et des courtisans. Il contient notamment les tombeaux d'Horemheb (1323-1295), qu'il s'était fait construire avant même qu'il soit couronné Pharaon (L) et de Maya le "Chef du Trésor" de Toutânkhamon (1336/5-1327). Ce sont les deux tombeaux les plus beaux de Saqqarah. Les reliefs de la chapelle d'Horemheb le représentent en général doté de l'uræus royal. Les secteurs autour de la pyramide non terminée de Djoser-Téti (ou Sekhemkhet, 2609-2603) et de la grande clôture n'ont pas encore été entièrement explorés.

 

Liste des tombeaux et des complexes funéraires de Saqqarah Nord

  

Mastaba de la Ière dynastie, IIe dynastie dont

- Horus Aha (v.2995-2974)

- Horus Djer (2974-2927)

- Horus Djet (ou Ouadji, 2927-2914)

- Merneith (v.2914-v.2900, épouse de Djet) tombe S3503

- Herneith (épouse d'Horus Djer) tombe S3507

- Horus Den (ou Oudimou, 2914-2867)

- Horus Adjib( ou Anedjib, 2867-2861)

- Horus Sémerkhet (2861-2853)

- Horus Qa'a (2853-2828)

Complexes funéraires de la IIIe dynastie

- Djoser

- Djoser-Téti (ou Sekhemkhet)

 

Complexes funéraires de la Ve dynastie

- Menkaouhor - Lepsius N° 29

- Ounas

- Ouserkaf

 

Complexe funéraire et tombeaux de la VIe dynastie

      - Ipout I  (Reine)

      - Khouit  (Reine)

      - Téti I

 

 Saqqarah Sud

 

  À une petite distance au Sud du complexe funéraire non terminé de Djoser-Téti (ou Sekhemkhet), cinq Rois ont construit leurs complexe funéraire et leur pyramide. Le premier complexe fut celui de Djedkarê Isési (2389-2357) de la Ve dynastie, qui fut sûrement attiré par le plateau élevé qui domine cette partie du site. Il était également le premier Roi à revenir à Saqqarah après que plusieurs de ses prédécesseurs aient préféré Abousir pour leur complexe funéraire. Les autres monuments royaux construits ici appartiennent à Pépi I (2289-2255), à Mérenrê I (ou Nemtiemsaf I, 2255-2246) et à Pépi II (2246-2152), tous les trois de la VIe dynastie. Enfin beaucoup plus tard ils seront suivis par le Roi Ibi I Qakarê (VIIIe dynastie). L'importance et la renommée du complexe funéraire de Pépi I sera telle que le nom de son complexe, mn-nfr-ppi, "Mennefer-Pepi" "Le beau monument de Pépi" plus tard sera employé pour la ville qui s'y étend à l'Est, construite autour du temple de Ptah et connue sous le nom Grec de Memphis.

 

   La recherche archéologique dans et autour de la pyramide de Pépi I, conduite par une équipe française d'archéologues, dans les années 80/90 a permis de découvrir plusieurs plus petites pyramides qui ont été utilisées pour l'enterrement des Reines de Pépi I. Le tombeau royal le plus ancien qui a été construit à Saqqarah Sud et qui également marque toujours le point le plus méridional de l'emplacement est le tombeau de Shepseskaf. Il sera construit en parallèle avec le tombeau de son épouse la Reine Khentkaous I à Guizèh. Les derniers monuments funéraires royaux construits à Saqqarah sont le complexe de Pépi II (2246-2152, VIe dynastie), à une petite distance au Nord-ouest de celui de Shepseskaf et plus tard la petite pyramide d'Ibi I Qakarê, au Nord-est.

 

Liste des tombeaux et des complexes funéraires de Saqqarah Sud  

 

Complexe funéraire de la IVe dynastie

Shepseskaf

 

Complexe funéraire de la Ve dynastie

Djedkarê Isési

 

Complexe funéraire de la VIIIe dynastie

Ibi (Qakarê)

 

Tombeaux de la XIIIe dynastie

Khendjer

Complexe funéraire et tombeaux de la VIe dynastie

Ânkhesenpépi I et II  (Reine)

Inenek  (Reine)

Ipout II (Reine)

Mérenrê I  (Nemtiemsaf I)

Nebouenet  (Reine)

Neith  (Reine)

Ouedjebten  (Reine)

Pépi I

Pépi II 

 

La Grande clôture

 

  À l'Ouest de la pyramide de Djoser-Téti (ou Sekhemkhet, 2609-2603), une grande structure rectangulaire a été découverte. Elle est composée principalement de murs de clôture colossaux. Dans ses dimensions de 600 m x 300 m, cette clôture entoure un secteur qui est considérablement plus grand que le complexe voisin de Djoser-Téti. De cette structure, connu sous le nom de "Grande clôture" ou par son nom arabe "Gisr el-Mudir" (Mur du directeur), on entend souvent dire qu'elle faisait partie d'un complexe funéraire non fini d'un Roi de la IIIe dynastie. Il n'y a, cependant, aucune trace d'une pyramide à degrés à l'intérieur de ces murs. En outre, où ils ont été bâtis, rend la construction d'une pyramide assez impossible. De récentes recherches ont démontré que le site de Gisr el-Mudir daterait de la IIe dynastie (2828-2647).

 

  Des telles traces d'autres clôtures ont été également trouvées, à l'Ouest du complexe Djoser (2628-2609) et aussi apparemment entre la pyramide de Djoser-Téti et la Grande clôture. Les spécialistes ont suggéré que ces clôtures auraient une ressemblance avec des structures semblables trouvées à Abydos. La plus grande des clôtures d'Abydos, appelé "Shunet ez-Zebib", a été identifiée comme ayant appartenu à Khâsekhemoui (2674-2647), dernier Roi de la IIe dynastie (2828-2647). Les égyptologues pensent que cette structure a été prévue comme une copie du palais royal, copie que le Roi prendrait avec lui dans l'au-delà. Si en effet ces palais-copies d'Abydos sont semblables aux clôtures de Saqqarah, alors il est probable que les clôtures de Saqqarah aient été liées aux tombeaux de la IIe dynastie qui sont situés à proximité. Si c'est le cas la grande clôture doit être considérée comme le plus ancien bâtiment connu construit en pierre.

 

 Le tombeau d'Horemheb

 

   Lorsque Horemheb (1323-1295), dernier Roi de la XVIIIe dynastie, n'était que général des l'armées du Pharaon Toutânkhamon (1336/35-1327), il s'est fait construire un tombeau privé au Sud de la vieille chaussée du complexe funéraire d'Ounas (2356-2323). Horemheb n'était pas le premier personnage de haut rang du Nouvel Empire à construire son tombeau dans ce secteur. Quelques blocs ont été trouvés au XIXe siècle ayant appartenu à quelques hauts fonctionnaires plus anciens qu'Horemheb. Le même secteur avait déjà été aussi fortement utilisé pendant l'Ancien Empire. Plusieurs blocs de mastabas de cette époque ont été trouvés qui avaient été réutilisés dans le temple funéraire d'Horemheb. Les architectes de ce dernier ont même employé des blocs provenant du complexe voisin de Djoser (2628-2609). Ce qui prouve qu'à la fin de la XVIIIe dynastie, le monument de Djoser était déjà tombé en ruine. Ces architectes pouvaient également réutiliser certains des puits déjà existants pour la sous-structure du tombeau, qui de ce fait n'avait plus qu'à être seulement prolongée par endroits.

 

   Ce tombeau et son temple funéraire, avaient été étudiés par l'expédition Allemande de Karl Richard Lepsius au XIXe siècle. Comme c'était usuel à cette époque, plusieurs de leurs bas-reliefs ont été enlevés et vendus aux musées européens, parmi eux celui de Rijks Museum van Oudheden à Leyde. Puis, depuis l'expédition de Karl Richard Lepsius, l'endroit exact du tombeau avait été perdu. Afin de pouvoir replacer ses bas-reliefs dans leur contexte archéologique, Rijks Museum van Oudheden a entrepris, en association avec l'EES (Egypt Exploration Society), plusieurs campagnes à Saqqarah depuis le milieu des années 70. C'est pendant ces campagnes que le temple et le tombeau funéraire d'Horemheb et ceux de plusieurs autres hauts fonctionnaires du Nouvel Empire, ont été étudiée scientifiquement. Le monument funéraire d'Horemheb se compose réellement de deux parties principales : La superstructure, formée comme un temple typique du Nouvel Empire et la sous-structure, avec les couloirs et les chambres menant au tombeau réel.

 

Son temple funéraire

 

   La superstructure du complexe est en fait le temple funéraire, par lequel l'accès était donné au tombeau souterrain. Le matériau de construction principal qui a été employé pour de ce temple était la brique crue. Ce noyau de briques qui a été ainsi construit, a été recouvert avec des blocs de calcaire de Tourah. Le passage d'entrée était composé de deux pylônes (B) massifs qui servaient aussi de tour. À l'origine ils faisaient au moins 7 m de hauteur. Au contraire d'un temple normal, les pylônes d'Horemheb ont été laissés sans décoration. Ceci a pu avoir été intentionnel ou le fait qu'Horemheb prit le pouvoir et se fit construire un nouveau tombeau dans la vallée des Rois. L'entrée est suivie d'une cour publique (A) ouverte à 24 colonnes.

 

   Les murs de cette cour sont recouverts de bas-reliefs admirablement découpés et peints. Les colonnes élégantes font presque 3 m de hauteur et flanquent chacun des quatre murs de la cour. Le mur Ouest a deux rangées de colonnes. Un premier puits (5) dans le coin Ouest du Nord de cette cour donne accès à deux chambres funéraires. Une se trouve à 9 m de profondeur et l'autre à 17 m. La plus profonde a appartenu à un juge appelé Khuyouer, qui a vécu vers la fin de la V dynastie ou début de la VIe. Il est presque sur que ce tombeau était déjà complètement pillé avant qu'Horemheb ait construit son temple funéraire.

 

A - Première cour ouverte 
B - Pylônes
C - Puits I
D - Chambre aux statues
E -  Magasins
F -  Deuxième cour ouverte
G - Chapelles

H - Puits IV

 

Vue de la première cour

 

    À l'Ouest de la cour est localisé la salle aux statues (D), qui est flanquée de deux salles plus étroites (E). Ces deux salles étaient à l'origine prévues comme chapelles, mais lorsque que le temple a été prolongé, elles ont été converties en magasins d'entreposage pour les offrandes. Certains des bas-reliefs trouvés dans les salles latérales sont parmi les plus fins découverts en Égypte. La salle des statues avait un toit. Ses murs n'ont pas été recouverts de calcaire, mais ont été plâtrés avec de la boue et de la chaux. Des traces de peinture ont été trouvées par l'équipe de recherche de l'EES (Egypt Exploration Society) en 1975. Elles suggèrent que cette pièce était énormément colorée. La salle aux statues donne sur la deuxième cour (F) qui est une version plus petite de la première. Seulement les colonnes sont plus hautes de 2 m et le mur Ouest a seulement une rangée de colonnes au lieu de deux.

 

    Deux tombeaux pour des statues ont été trouvés dans cette cour. Ils ont dû logé les statues d'Horemheb et de son épouse. Une de ces statues a été trouvée à proximité d'un des tombeaux. Un puits (H) au Nord de la deuxième cour, juste avant les colonnes à l'Ouest, était prévu pour être l'endroit original de l'enterrement d'Horemheb. La chapelle centrale au fond du temple était la salle d'offrandes où le culte funéraire pour Horemheb était célébré. Deux colonnes ont par le passé soutenu son toit. Il n'est pas impossible que cette chapelle ait été couverte d'une petite pyramide de brique crue. Rien n'en subsiste et même la salle d'offrandes est presque totalement détruite. Les chapelles latérales ne semblent pas avoir été décorées, à moins que leurs murs aient été à l'origine plâtrés et peints, mais rien ne subsiste de cette décoration.

 

Stèle Sud - British Museum

 

 

Bas-relief de la première cour

 

  À première vue il ne reste presque plus rien des bas-reliefs qui ont par le passé couvert les murs de la première cour. Mais les spécialistes ont pu en rendre certains plus évidents et reconstituer quelques scènes. Sur le mur Sud, qui semble avoir subi la plupart des dommages, on a un bas-relief qui montre des étrangers captifs venant pour verser le tribut au général. Parmi eux des Nubiens, des Libyens, des Asiatiques et même quelques habitants des îles Égéennes. Seulement les parties inférieures des bas-reliefs sont préservées, avec la représentation du symbole des deux terres unies et des rangées d'étrangers captifs menés devant Horemheb. Contre le mur Ouest, deux stèles ont été érigées, une au Sud et une au Nord du passage à la salle des statues.

 

   Une des deux a été acquise par le British Museum en 1835. De la deuxième stèle, celle du Nord, seulement quelques fragments ont été retrouvés en 1975. Des schémas faits par un visiteur du XVIIIe siècle précisent que la stèle était encore intacte à ce moment-là. Le mur Nord semble avoir été couvert de bas-reliefs représentant des festivités et des campements militaires. Un des blocs de ce mur montre Horemheb dans une scène typique royale. Agissant en tant que Régent du Roi, il donne "Les colliers de l'honneur" à un haut fonctionnaire. Le nom de ce fonctionnaire est perdu mais, basé sur l'âge et le visage de l'homme, des égyptologues ont suggérés qu'il pourrait être le Général Pa-Ramassou (Le futur Ramsès I , 1295-1294).

 

Bas-relief de la deuxième cour

 

   Les bas-reliefs dans la deuxième cour sont dans un état de bien meilleur conservation que ceux dans la première et semblent avoir été fait de la main d'un seul sculpteur. Le mur Est est rempli de scènes militaires qui dépeignent très probablement des événements de la vie du grand général qu'était Horemheb. Une scène du côté Sud montre un prisonnier Nubien qui est inciter par Horemheb à embrasser la terre devant ses pieds. Le style pour représenter les scènes est unique, non seulement en raison de la qualité même des bas-reliefs, mais parce que tous les personnages sont montrés avec différents visages et coupes de cheveux et avec un grand réalisme. De plus c'est aussi la première fois que l'artiste à donné une impression tridimensionnelle à son dessin.

Horemheb recevant les

"Colliers de l'honneur"

 

 

 

   Les personnages au premier plan sont représentés plus grands que ceux du second plan. Une autre scène montre des Nubiens gisant par terre aux pieds du général.  Derrière cette scène, le char d'Horemheb est préparé pour lui par ses soldats. Certaines des couleurs originelles peuvent encore être vues. D'autres scènes sont représentées sur le mur Sud. Parmi elles, une où Horemheb est assis sur une chaise raffinée, suivie de son préposé, un homme appelé Sementaouy (ou Ramose). Il tient dans sa main gauche un sceptre et dans la droite un long bâton. Les couleurs de la scène sont bien préservées. Au-dessous de celle-ci, on peut observer des bouchers entrain de démembrer un bœuf pour le repas funéraire. Le reste du mur Sud est couvert de bas-reliefs remarquables et probablement historique, dépeignant Horemheb recevant les "Colliers de l'honneur" par Toutânkhamon.  Cette scène est suivie, du côté gauche, d'un cortège d'étrangers capturés qui sont menés au Roi comme trophées. Sur le mur Ouest les séries de scènes sur la vie d'Horemheb sont continuée. Le mur du Nord montre lui des scènes de deuil, celles-ci sont tout à fait typiques pour un temple funéraire.

 

Sa sous-structure

 

   Quatre puits menant aux sous-structures ont été trouvés dans le temple funéraire. Un premier puits a été trouvé dans l'angle du Nord-ouest de la première cour. Les puits II et III sont situés de chaque côté de la salle d'offrandes. Le puits IV a été trouvé dans la deuxième cour. Les puits I et IV faisaient partie des mastabas de l'Ancien Empire qui étaient à l'origine situés à l'emplacement où Horemheb a fait construire son tombeau. Ces deux tombeaux plus anciens avaient depuis longtemps été abandonnés et pillés par des voleurs.

 

   Dans le puits I de la première cour on a retrouvé des objets datés du début de la XIXe dynastie du règne de Ramsès II (1279-1213). Dont deux oushebtis appartenant à la Reine Bentanat I (Bint-Anath I), une des filles et épouse de Ramsès II, ainsi qu'un scarabée et une boucle d'oreille en or montrant un Roi en sphinx. Des fragments de poterie peinte de Mycènes ont été également trouvés. La présence aussi de poterie Copte met en évidence une activité Chrétienne dans la tombe plusieurs siècles après qu'elle fut abandonnée.

 

   Le puits IV avait été à l'origine préparé pour l'enterrement d'Horemheb et de sa première épouse, la Reine Amenia (ou Amenye), dont le nom a été découvert dans la superstructure du tombeau. Lorsque Horemheb devint Pharaon, il se fit construire un tombeau royal dans la vallée des Rois. Le puits IV fut alors aménagé pour l'enterrement d'une autre épouse du souverain, la Reine Moutnedjémet (ou Mutnedjmet). Le tombeau se trouve à une profondeur de 28 m. Le puits principal descend à une profondeur de 10 mètres, d'où un couloir s'ouvre au Sud. Des herses de blocage originelles, étaient toujours en place quand on l'a découvert en 1977, mais elles n'avaient pas empêché des pilleurs de tombes de trouver les trésors contenus dans le tombeau. Après les herses, une petite antichambre donne accès à un deuxième puits qui descend encore de 6 m. Au fond de ce puits on trouve un couloir. La porte de ce couloir avait été par le passé bloquée et scellée. Elle donne sur une chambre funéraire qui avait été employée pour la Reine Amenia, qui semble être décédée bien avant que son mari ne devienne Pharaon.

 

   La chambre funéraire a deux fausses portes, une à chaque extrémité de la salle, par laquelle le défunt pouvait passer dans le monde des vivants pour recevoir les offrandes. Un deuxième couloir a été trouvé dans le Nord du deuxième puits qui mène à un troisième. Celui-ci, qui avait été rempli de blocs de pierre, s'ouvre sur un petit passage qui débouche sur une grande salle avec deux ensembles de fausses portes. Les murs de cette chambre ont été décorés d'un motif de lambrissage également trouvé dans les monuments royaux de l'Ancien Empire. Une porte et des escaliers ont été trouvés dans le coin Nord-est de cette pièce majestueuse, qui mène plus bas vers une autre chambre, suivi d'encore d'un autre passage. Ce passage débouche sur un hall, dont le plafond est soutenu par quatre piliers. Malgré le fait que le tombeau d'Horemheb ait été abandonné à son accession au trône, le travail à repris pendant son règne, mais cette fois pour la Reine Moutnedjémet. Un nouveau puits a été creusé dans le sol du hall à colonnes, donnant l'accès à une pièce, qui aurait servi de chambre funéraire à la Reine.

 

   Des fragments d'un squelette, y compris un crâne et un bassin, ont été trouvés dans le hall à colonnes. Ils ont appartenu à une femme d'environ quarante ans. La présence à côté des os d'un fœtus (Ou d'un nouveau-né) a amené à la supposition que cette femme était peut-être morte pendant l'accouchement. Il est également possible que ces restes aient appartenu à la Reine elle-même. Un texte hiératique trouvé sur une amphore dans la chambre funéraire mentionne l'an 13 du règne d' Horemheb. C'est peut-être l'année où le tombeau a servi pour la dernière fois et il laisse supposer que c'était l'année où la Reine serait décédée.

 

Bibliographie

 

    Pour d'autres détails sur le site voir les ouvrages de :

 

Jean Capart :

- Une rue de tombeaux à Saqqarah. Vols. 1-2., Vromant, Bruxelles, 1907 - BiblioLife, LLC, Dernière édition, (posthume) Juillet 2009.

Kamal El- Mallakh :

- Le Caire : Gizeh, Saqqarah, Memphis, Bonechi, Florence, Paris, 1986.

Gustave Jéquier :

- Fouilles à Saqqarah : Les pyramides des Reines Neit et Apouit, Service des antiquités de l'Égypte, Le Caire, 1933 - Organisation égyptienne générale du livre, Le Caire, 1984.

Jean Leclant :

- Recherches aux pyramides des Reines de Pépi Ier à Saqqarah en Égypte, Bulletin de la Class des Lettres et des Sciences Morales et Politiques 6th série, v.4, N°1-6, Académie royale de Belgique, Bruxelles, 1993.

Jean-Philippe Lauer : (Voir sa bibliographie, cet auteur a énormément publié sur Saqqarah)

- L'œuvre d'Imhotep à Saqqarah, L'Académie des Inscriptions et belles-lettres, Paris, 1956.

- Histoire monumentale des pyramides d'Égypte, I, Les pyramides à degrés (IIIe dynastie), BiEtud 39, IFAO, Le Caire, 1962.

- Les pyramides de Saqqarah, BiGen, IFAO, Le Caire, Janvier 1972 et 5e édition 1977.

- Saqqara : The royal cemetery of Memphis : Excavations and discoveries since 1850, Scribner, Décembre 1976.

- Cinquante années à Saqqarah, Organisme Général des Imprimeries gouvernementales, Le Caire, 1983.

Jean-Philippe Lauer, Jean Leclant et Audran Labrousse :

- Mission archéologique de Saqqarah, I, le temple haut du complexe funéraire du Roi Téti, BiEtud 51, IFAO, Le Caire, Janvier 1972.

Jean-Philippe Lauer et Philippe Flandrin :

- Saqqarah, Editions Payot & Rivages, Paris, 2009.

Jean-Philippe Lauer et Albert Shoucair :

- Saqqarah, la nécropole royale de Memphis, 40 siècles d’histoire, 125 ans de recherches, Tallandier, Paris, 1977.

Richard Lebeau :

- À Saqqarah, l'aventure archéologique continue !, Histoire antique, Dijon, 2006.

Enrica Leospo :

- Saqqarah et Guizèh, Atlas, Paris, 1983.

Laurel Lamb Robbins :

- The queens' pyramids of Khufu and the tomb of Hetepheres 1, Parnassus, University of Louisville Graduate Art History Journal 1, University Louisville KY, 2006.

Rizkallah Macramallah :

- Fouilles à Saqqarah. Un cimetière archaïque de la classe moyenne du peuple à Saqqarah, Imprimerie Nationale, Le Caire, 1940.

Alain-Pierre Zivie et Patrick Chapuis :

- Les tombeaux retrouvés de Saqqarah, Collection : Champollion, Éditions du Rocher, Monaco, 2003.

Alain-Pierre Zivie :

- Découverte à Saqqarah : le vizir oublié, Éditions du Seuil, Paris, 1990.

 

Filmographie

 

- Saqqarah, la légende des Pyramides, Réalisation : Philippe Flandrin,    Vidéo VHS, Éditeur : Keystone production, Diffusion : FR3, Paris, janvier 1997.

- Les secrets du trésor de Saqqara, Réalisation : Frédéric Wilner, Bruno Coulais, Christiane Ziegler, Jean-Pierre Adam et Catherine Bridonneau,  DVD vidéo, Éditeur : France télévisions distribution, Distributeur : Warner home vidéo,  2005 .

- Memphis & Sakkara, Réalisation : Travel Video Store.com (Firm),  DVD vidéo, Éditeur :  Éditeur : Tampa, Fla., Distribution : Travel Video Store.com, 2007.

- Les secrets des pyramides, Réalisation : Zahi Hawass, Janice Kamrin et Ana Maria Tavares Cavalcanti,  DVD vidéo, Éditeur : Publication Ancienne Égypte, Square diffusion, Paris, 2009.

 

 

 

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