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DATES de RÈGNE 1338-1336/1335
N.Grimal,
I.Shaw
1351-1348
E.Hornung,
R.A.Parker
1346-1343
A.M.Dodson
1342-1340
C.Aldred,
K.A.Kitchen
1337-1334
S.Quirke
1336-1335
R.Krauss
1336-1334
E.F.Wente
1336-1332
W.J.Murnane
1324-1319
H.W.Helck
1324-1321 D.Sitek
1338-1336
J.Malek
1337-1333
J.von Beckerath
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Ses titres |
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Fille du Roi de son corps sa bien aimée (sAT-nswt kht.f-mryt.f) ;
Grande Épouse Royale (Hmt-nswt wrT).
Titres complets sur certains monuments d'Amarna
Fille du Roi de son corps,
sa bien-aimée Méritaton, née de la Grande Épouse Royale, son aimée,
Maîtresse [Souveraine] des Deux Terres (Néfernéferouaton), est vivante.
(sAT-nswt-nt-kht.f-meryt.f - mrit-itn -
ms-n-hmt-nswt-wrt-meryt.f-nbT-tAwy - itn-nfr-u-nfr-tyit - anx-s)
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Sa titulature |
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Nom de Roi |
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Ânkh(t)Khéperourê (Les manifestations de Rê sont vivantes) anx(t)xprw-ra
Néfernéferouaton (Belle est la perfection d'Aton) ou (Parfaite est la beauté d'Aton) nfr-nfrw-itn |
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Nom de naissance |
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Méritaton (Aimée d'Aton) |
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Son origine, la succession d'Amenhotep IV
Ânkh-Khéperourê Néfernéferouaton est le 11e Roi de la XVIIIe dynastie. Manéthon, appelle le successeur d' Amenhotep IV, Acenchêrês (ou Acherrês ou Achencherês ou Akenkheres), qui serait une mauvaise transcription d'Ankh-Khéperourê. Il lui compte 2 ans et un mois de règne (Josèphe Flavius). Il ne figure pas sur les Tables d'Abydos. Il y a une très grande polémique entre les spécialistes sur l'identité de ce souverain. Ce qui est à peu près certain aujourd'hui, c'est que c'est une Reine qui succède à Amenhotep IV (ou Akhénaton, sous le nom d'Ânkh(t)Khéperourê Néfernéferouaton, dans une confusion politique et militaire catastrophique pour le pays, due à l’offensive des Hittites. Les égyptologues appuient cette théorie sur le fait que le nom de Roi Ânkh(t)Khéperourê Néfernéferouaton, possède presque toujours des déterminatifs féminins. Outre les différences de transcription des noms en hiéroglyphes, d'autres indices montrent que nous avons à faire à une femme. La tombe de Toutânkhamon possédait un trésor incalculable, cependant une étude attentive du contenu de celle-ci démontre, sans le moindre doute, que de nombreux objets furent réalisés non pas pour le jeune Roi, mais pour ses prédécesseurs. Si quelques uns portent le nom de Semenkhkarê, la plupart indique une femme sur les textes. Cette "presque" agrégation est relativement récente, car depuis le début de l'égyptologie et la découverte des cartouches au nom d'Ânkh-Khéperourê Néfernéferouaton dans la tombe de Mérirê II à Amarna par Karl Richard Lepsius et d'un graffito dans la tombe TT139 de Pairi (ou Pairy), les égyptologues, avec en tête Percy Edouard Newberry, pensaient que ce Ânkh-Khéperourê était le seul Roi succédant à Amenhotep IV, qu'ils rangeaient sous le nom de Semenkhkarê. Depuis peu, plusieurs autres propositions on été faites par les spécialistes.
Son histoire et hypothèses sur son identité
C'est donc une Reine qui succède à Amenhotep IV, mais il y a un très grand débat des spécialistes sur : Qui est cette Reine ?. Certains spécialistes avancent qu'il s'agit de Néfertiti ? Un autre vocable attribué à cette souveraine est Néfernéferouaton, qui est le nom de naissance de Néfertiti. Son nom complet devient en l'an 3 du règne d'Akhénaton lorsqu'elle l'épouse, Néfernéferouaton-Néfertiti. Selon quelques égyptologues Néfertiti aurait bien régné après le décès d'Akhénaton. Dans son palais, on a retrouvé des jarres qui porteraient comme indication : l’an 1 de Néfertiti ? (Cette idée est loin de faire l'unanimité). Erik Hornung pense lui que ce rajout à son nom est plus une sorte de prénom donné à la Reine.
Autre hypothèse, qui est la plus fréquemment retenue, cette Reine est Méritaton (ou Mérytaton ou Meritaten, la version masculine serait Mériaton), la fille aînée d'Amenhotep IV (ou Akhénaton), qui naît en l’an 3 (ou 4) de son règne, qu’il épousa et qui après la disparition de Néfertiti serait devenu, de ce fait, Grande Épouse Royale, puis Corégente, puis Reine, à peine âgée de quinze ans ?. À Amarna, une stèle commémorative la désigne, à cette époque, comme l’unique fille du Roi, ce qui est étrange car il semble que deux autres de ses jeunes sœurs étaient encore en vie. Elle ne figure pas sur les Tables d'Abydos. Le rôle important de Méritaton au sein de la famille royale est cependant largement attesté par l'iconographie Amarnienne. De plus les lettres d'Amarna nous informent qu'une Mayati (que Marc Gabolde identifie à Méritaton) connait une ascension rapide à la cour Égyptienne. Cette montée rapide en puissance semble indiquer la disparition de Néfertiti.
On a constaté sur les représentations datant de la fin du règne de son père, l'absence de sa mère lors des cérémonies religieuses, à cause peut-être d'une mauvaise santé ?. Son nom est très souvent écrit avec le déterminatif "femme" alors qu'elle est encore très jeune, ce qui peu faire penser qu'elle officiait symboliquement dans les cérémonies religieuses avec le statut de Reine lorsque sa mère était absente. C'est au cours des dernières années du règne d'Amenhotep IV que le déterminatif "femme" est devenu "Reine". La seule interprétation fiable de la fin du règne du Pharaon ne peut aujourd'hui se faire que sur la correspondance du Roi avec les autres dirigeants des royaumes de l'époque. Celle-ci se constitue d'un corpus de 380 tablettes appelées "lettres d'Amarna" écrites pour la plupart en Akkadien, mais aussi en Hourrite, en Assyrien ou bien encore en Hittite. Ces textes nous informent sur les relations diplomatiques, politiques et commerciales entre les états.
Les relations avec les Hittites se sont énormément dégradées au point qu'Akhénaton enverra une armée pour secourir ses vassaux du moyen Orient attaqués par ces derniers, mais elle arrivera trop tard. La situation à Amarna semble elle aussi très tendue du fait de la politique religieuse du Roi. En l'an 13/14 de son règne, n'ayant surement plus confiance en son entourage, de plus Néfertiti étant semble t-il disparue à cette date, Akhénaton aurait alors placé tous ses espoirs en sa fille Méritaton, identifiée à Ânkh-Khéperourê Néfernéferouaton, que le Roi nomme comme Corégente. Il l'épouse, à l'âge de 13-14 ans et en fait sa Grande Épouse Royale. Cette "promotion" peut, là encore, signifier que Néfertiti n'est plus présente à la cour.
Le Roi de Babylone Kurigalzu II (1345-1324) nomme Méritaton dans sa correspondance (EA10) au départ "Votre fille Mayati", puis dans une autre lettre il utilise une autre forme pour désigner Méritaton où les spécialistes ne savent pas si le Babylonien s'adresse à une Reine ou à un haut dignitaire. Dans la lettre EA155, un des vassaux d'Akhénaton se dit le serviteur de "Mayati dont Tyr est la ville". C'est sur ces quelques affirmations que les égyptologues ont déduit que Méritaton était devenue l'épouse de son père et malgré son jeune âge, sa représentante diplomatique.
Après la mort du Roi (an XVI/XVII) le nom d'Ânkh-Khéperourê Néfernéferouaton est attesté aussi sur des blocs Amarniens qui ont été retrouvés à Hermopolis Magma. Cependant ce qui est étrange c'est que le nom d'Ânkhesenpaaton (Future Ânkhesenamon) lui est associé sans toutefois que leur relation soit précisée. Si Méritaton est le souverain Ânkh-Khéperourê Néfernéferouaton de cette époque, sa sœur Ânkhesenpaaton remplissait alors peut-être le rôle de l'épouse ?. Toutefois le changement de nom et de prénom de Méritaton reste un mystère. Beaucoup d'énigmes donc sur cette succession, qui apportent un grand nombre d’hypothèses, le débat reste ouvert.
Qui que fut cette Reine, on voit apparaître au début de son règne (an II), un Roi au nom de Semenkhkarê. Avec lui aussi on assiste à des divergences d'opinions entre les spécialistes. Selon certains (et ils sont une large majorité), c'est un Prince, au nom de Zananza (ou Zannanza) qui épouse la Reine et "règne" avec elle sous le nom de Semenkhkarê. Zananza est un des fils de l'Empereur des Hittites Souppilouliouma I (1382-1342). Des archives découvertes dans la capitale des Hittites, Hattousa, évoquent une Reine d'Égypte, qui après la mort de son époux, s’adressa à l'Empereur Souppilouliouma I, le suppliant de lui envoyer un de ses fils pour qu’elle l'épouse.
Après des hésitations et au moins deux voyages
d'émissaires en Égypte pour
vérifier les faits et s'assurer qu'il n'existait pas de descendant pouvant
prétendre au trône, l'Empereur
Hittite décida
d'envoyer son fils. Cette union, (si elle a eu lieu) est évidemment faite dans l’esprit d’apaiser le
conflit avec les
Hittites, où les
Égyptiens étaient à coup sur perdants. Si l'histoire s'est bien déroulée ainsi,
on peut alors penser que ce Prince Zananza serait arrivé lors de la deuxième
année de règne de Méritaton. Mais une minorité de spécialistes arguent
le fait qu'il n'y a pas de certitude que ce soit Méritaton qui est présentée
cette demande à l'Empereur
Hittites. De quelle
Reine alors s’agit-il ?. Selon
Carl Nicholas Reeves
c'est
Néfertiti, d’autres avancent
Ânkhesenpaaton
(Ânkhesenamon),
la jeune épouse de
Toutânkhamon, qui à la mort de celui-ci ne veut pas d’un mari
Égyptien.
Une autre hypothèse rencontrée est que Semenkhkarê (De son nom de naissance) serait le fils d'Amenhotep IV, il aurait assuré avec lui une corégence de deux ans avant de lui succéder. Comme preuve, une stèle retrouvée à Amarna qui représenterait Semenkhkarê portant la couronne de Basse-Égypte et Amenhotep IV portant la double couronne ?. Ce qui est sur c'est que le Roi Semenkhkarê ne "règne" que quelques mois, à Amarna, l’unique scène le représentant, dans la tombe de Mérirê II, est inachevée, preuve de sa brièveté. On ne connaît pas les raisons de sa mort. Marc Gabolde, suite à ses dernières conclusions, prétend qu'il na sûrement jamais régné.
Ânkh-Khéperourê/Méritaton reprend alors seule le pouvoir, mais pour peu de temps
semble t-il. La plus haute date de son règne d'après un graffito
Thébain est l'an 3. Elle renonce à l'Atonisme instauré par
Amenhotep IV
au profit de l’ancien clergé d'Amon.
La Reine avait un Prêtre d'Amon
dans son temple funéraire à
Thèbes.
Fin de l’an 3, elle rétablit
Thèbes
comme capitale, que son successeur
Toutânkhamon
laissera pour
▪ À la mort d'Akhénaton le règne d'une femme Roi identifiée à Méritaton, puis au cour de l'an 2 de son règne, un règne conjoint avec Semenkhkarê son époux (?), puis reprise du pouvoir par Méritaton avec une installation à Thèbes, puis juste après mort de la Reine. Un sérieux indice plaide pour cette reconstitution, une rondelle en or (Carter 46gg) provenant du tombeau de Toutânkhamon où dessus figurent deux cartouches parfaitement lisibles : Ânkh-Khéperourê et Méritaton. Le sens de lecture étant identique pour les deux cartouches les spécialistes en déduisent qu'il s'agit d'un Roi unique.
Reste à savoir pourquoi ce n'est pas directement Toutânkhamon qui succède à son père. Peut-être son trop jeune âge, 5 ou 6 ans, dans une période de troubles et de risque de guerre avec les Hittites. Il est sur que Méritaton était plus âgée et qu'elle avait déjà à Amarna la notoriété requise auprès des vassaux, puisque Grande Épouse Royale. De plus on peut porter à son profit le fait qu'elle possédait une certaine expérience du pouvoir. Selon quelques spécialistes Méritaton aurait eu une fille de son union avec Semenkhkarê, Méritaton Tasherit, mais là encore rien n'est certain.
Sa sépulture
La tombe d'Ânkh-Khéperourê Néfernéferouaton/Méritaton reste à découvrir, quelques spécialistes s'avancent sur le fait qu'il y aurait une relation avec les récentes découvertes de momies retrouvées dans la tombe KV35 et des cercueils vide de la tombe KV63. La mémoire d'Ânkh-Khéperourê Néfernéferouaton/Méritaton a subit beaucoup d'usurpation car sur de nombreux objets son nom a été effacé pour être réattribué notamment à Toutânkhamon.
Bibliographie
Pour d'autres détails sur la Reine voir les ouvrages de :
- Amarna sunset : Nefertiti, Tutankhamun, Ay, Horemheb and the Egyptian counter-reformation,
The American University in Cairo Press, 15 Novembre 2009.
- Amarna Letters : Essays on Ancient ca. 1390-1310 B.C., KMT Communications, San Francisco, 1994.
- Baketaton fille de Kiya ?, pp. 27-40,
BSEG 16, Genève, 1993.
- D'Akhénaton à Toutânkhamon, CIAHA 3,
Lyon, Paris, 1998 et Inst. Arch. Hist. Antiquité, 2000.
- Akhénaton : Du mystère à la lumière, Collection : Découvertes, Editions Gallimard, Paris, Novembre 2005.
- Reines du Nil au Nouvel Empire, Bibliothèque des introuvables, Juillet 2010.
Christiane Ziegler,
Hartwig Altenmüller et Marine Yoyotte :
- Reines d'Égypte : D'Hetephérès a Cléopâtre, et en Anglais, Queens of Egypt : From Hetepheres to Cleopatra,
Somogy, Paris, Juillet 2008 et Grimaldi forum, Monaco, Octobre 2008.
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