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Le site
El-Assassif (ou El-Asasif ou El-Assasif ou Assassif) est une petite vallée de Thèbes Ouest qui s'étend entre Deir el-Bahari et Dra Abou el-Naga. La nécropole inclut des douzaines de tombes privées de nobles et de hauts fonctionnaires, du Moyen (2022-1650) et du Nouvel Empire (1549-1080), de la Troisième Période Intermédiaire (1080-656) et du début de la Basse Époque (656-332), mais principalement des XIXe (1295-1186) et XXe dynastie (1186-1069). Toutefois les plus majestueuses datent de l'époque tardive.
Durant les XXVe (747-656) et XXVIe dynastie (664-525) les hauts dignitaires Thébains y construisirent de magnifiques tombeaux, plus vaste que ceux de leur souverains. Les tombes furent toutes creusées dans le sol et non dans le flanc d'une montagne ou d'une colline. Plusieurs dizaines de tombes nous sont connues mais malheureusement la majorité attend une fouille et/ou une restauration. Actuellement seules trois tombes se visitent : TT192 de Khérouef, TT279 de Pabasa et TT414 d'Ânkhhor (ou Ankhor), et quelques unes sont en cours d'excavation : TT33 de Padiamenopet (ou Padiamenopé), TT37 d'Harouah (ou Harwa) et TT34 de Montouhemhat (ou Mentouemhat).
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Les principales tombes privées :
▪ La tombe (TT33) de Padiamenopet (ou Padiamenopé), qui était Prophète et chef des Prêtres-lecteurs durant le règne de Psammétique I (664-610, XXVIe dynastie). Cette tombe constitue un véritable mystère et intrigue les égyptologues depuis sa découverte au XIXe siècle. Bien qu'elle ait été ouverte lorsque Richard Pocoke visita la région en 1737, il pensait d'ailleurs que c'était un palais souterrain, elle est plus amplement examinée et fouillée en 1881 par Johannes Dümichen de l'Université de Strasbourg. Elle est située non loin du site de Deir el-Bahari, elle dépasse en dimension celles des plus illustres Rois de la nécropole. Elle se compose de 22 chambres reliées par de longs corridors et réparties sur trois niveaux s'enfonçant jusqu'à 20 m, au-dessous du niveau du sol.
Elle n'a jamais été en totalité fouillée et explorée, mission qu'a depuis peu (depuis 2003) une équipe dirigée par l'égyptologue Français Claude Traunecker. Elle comportait énormément de hiéroglyphes et des milliers d'objets. Padiamenopet fit notamment graver une compilation des textes sacrés sur les parois de son tombeau. Traunecker pense qu'une partie de cette tombe était à l'époque accessible aux visiteurs et servit, en quelque sorte, de bibliothèque de pierre, leur permettant de consulter les anciens textes sacrés.
▪ La tombe (TT34) de Montouhemhat (ou Mentouemhat), qui fut le quatrième prophète d'Amon sous le Roi Taharqa (690-664, XXVe dynastie). Il appartient à une importante famille Thébaine qui occupa de nombreuses hautes fonctions de la XXIIe (945-715) à la XXVe dynastie (747-656), notamment son père fut Maire de Thèbes. Sa tombe est immense avec plus de 40 salles. Elle montre la puissance et la richesse du dignitaire. Elle possédait en surface deux grands pylônes et deux grandes cours. Plusieurs campagnes de fouilles y furent organisées, dont les dernières en 1984 et 1988 avec la découverte de plusieurs momies et d'un sarcophage appartenant à un des fils de Montouhemhat. Depuis 2006 c'est une équipe Germano-espagnole qui à en charge l'excavation et la restauration du monument. De nombreux puits appartenant à des membres de la famille du dignitaire ont été explorés ou sont en passe de l'être.
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La tombe (TT36) d'Ibi, qui était Chef régisseur de la
Divine
Épouse d'Amon
Nitocris I (ou Chépénoupet III
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▪ La tombe (TT37) d'Harouah (ou Harwa) qui fut le chef régisseur de la Divine Adoratrice d'Amon durant la XXVIe dynastie (664-525). Il gérait les richesses du temple d'Amon de Karnak. Nous lui connaissons huit statues. La fouille de sa tombe, débutée en 1995 par l'égyptologue Italien Francesco Tiradritti, nous a révélé des éléments surprenants et inattendus. Elle comprend plus de trente salles. Son excavation est très difficile du fait de l'ensablement et de nombreux déblais, ainsi que du risque très important d'éboulements qui ont nécessité de très lourds travaux de consolidation, notamment dans la grande salle à piliers dont ces derniers ont dû être reconstruits. Les Italiens ont découvert dans le tombeau des oushebti Harouah qui comportaient la crosse et le fléau, symboles attribués normalement à la royauté. Ce qui signifie qu'il fût sans aucun doute un très important et très puissant dignitaire de Thèbes, et selon Tiradritti, un quasi-Roi ayant pouvoirs sur toute la Haute-Égypte.
▪ La tombe (TT188) de Parennéfer, qui fut Échanson du Roi, Surintendant des mains pures d'Amenhotep IV (1353/52-1338, XVIIIe dynastie). Des Sarcophages, des momies et divers objets qui ont été trouvés dans la tombe nous indiquent qu'elle fut réutilisée au cours des XXIe et XXIIe dynastie. C'est l'une des rares tombes dans la nécropole Thébaine qui a été sculptée et décorée uniquement pendant les premières années du règne d'Amenhotep IV. Le décor qui est malheureusement gravement endommagé, nous apporte une lumière nouvelle sur la première étape de la Période Amarnienne.
Des pilleurs de tombe ont ouvert des voies sur d'autres sépultures qui ne pouvaient pas être accédées par l'extérieur. En retraçant les multiples tunnels par où ces voleurs entraient, d'autres tombeaux, précédemment inconnus, ont été localisés à proximité. Notamment un petit tombeau peint de la période Ramesside, un de la XVIIIe dynastie (1549-1295) et un tombeau de la XXVe dynastie (747-656). Cette dernière tombe a une entrée construite en brique crue qui donne sur une grande cour et un long couloir avec une série de chambres et de profonds puits creusés dans la roche.
▪ La tombe (TT192) de Khérouef (ou Kheruef ou Senaâ), qui fut Majordome, Scribe royal et Intendant de la Reine Tiyi I. Elle date de la XVIIIe dynastie (1549-1295). Sa tombe est une des plus belles de la rive gauche. On pénètre dans la tombe par quelques marches s'enfonçant dans le sol qui aboutissent à une sorte de couloir qui donne sur la grande cour. En face on accède à une salle à colonnes, puis une seconde et enfin à la chapelle. L'accès à la partie sous-terraine se fait par la première salle. La tombe est décorée uniquement dans le corridor d'entrée et dans le fond de la cour par des scènes représentants la Reine Tiyi I, Amenhotep III (1390-1353/52) sous la forme d'un homme faible et âgé et Amenhotep IV (1353/52-1338).
Par conséquent, sa décoration a dû commencer dans les dernières années du règne d'Amenhotep III. Toutefois nous n'avons découvert à ce jour aucune preuve que Khérouef y fut vraiment enterré. Des spécialistes pensent que la tombe fut peut-être abandonnée avant la mort du dignitaire du fait du risque d'effondrement. Cette tombe pose aussi beaucoup de questions aux égyptologues au niveau de la chronologie, par exemple, à l'entrée un relief montre Amenhotep IV faisant une libation (Rituel religieux consistant en la présentation d'une boisson en offrande) à Amenhotep III et Tiyi I, ses parents. Les spécialistes y voient là une possible preuve de corégence entre les deux Rois. Marc Gabolde pense que non et nous dit qu'il faut y voir Amenhotep III divinisé après sa mort à qui Amenhotep IV rend hommage.
▪ La tombe (TT240) de Mérou ou Meru, qui était un haut fonctionnaire sous le règne de Montouhotep II (2010-1998), avec les titres de Scellant Royal et Gardien des Porteurs de sceau. Il est également connu par une grande stèle aujourd'hui au Musée de Turin. La stèle est datée de l'an 46 du Roi. L'origine de la stèle n'est pas connue, mais elle provient peut-être de ce tombeau. Le tombeau, situé sur les collines de l'El-Assassif, est taillé dans la roche. Il se compose d'une grande cour, d'un premier, puis d'un deuxième couloir qui descend à la chambre funéraire. Le premier couloir a été trouvé sans décor, tandis que la chambre funéraire est entièrement décorée avec des textes religieux, plusieurs fausses portes, la représentation d'une table d'offrandes et une liste d'offrandes. Le sarcophage de Mérou a étécreusé dans le sol de la chambre funéraire et est décoré sur son intérieur.
▪ La tombe (TT279) de Pabasa, qui fut Grand Chamberlain de la Divine Épouse d'Amon Nitocris I (640-586). C'est l'une des plus belles, elle date de la XXVIe dynastie (664-525). Son pylône d'entrée se situe juste avant l'entrée du site de Deir el-Bahari. La tombe s'enfonce dans le sol sur plusieurs mètres par un escalier qui mène à un vestibule dont les portes sont magnifiquement décorées. La salle qui suit montre les funérailles de Pabasa. Le vestibule débouche ensuite sur une vaste cour flanquée de chaque côté de quatre piliers.
Elle a été superbement restaurée et possède une décoration riche et variée. Par exemple les piliers sont décorés de scènes d'apiculture. Puis on pénètre dans la partie sous-terraine de la tombe. La première chambre est une grande pièce avec des piliers. La tombe possède d'autres salles mais qui sont malheureusement soit fermées soit fortement en ruines.
▪ La tombe (TT366) de Djar qui était Garde du Roi de l'intérieur du palais. La tombe est datée de la XIe dynastie (2134-1991). C'est l'une des rares sépultures Thébaines datant de cette époque. Sa décoration est en grande partie encore intacte. La chapelle funéraire a une disposition en forme de T avec un certain nombre de piliers qui ornent l'entrée. Elle est suivie par un grand hall, puis un couloir et une chapelle de culte intérieur, qui à son tour conduit à un autre couloir qui mène dans la chambre funéraire. La chapelle funéraire est pour la plupart entièrement peinte et les peintures sont bien conservées. On trouve principalement des scènes agricoles ou d'artisans au travail. Djar est montré à plusieurs reprises dans la tombe. Bien qu'il ait probablement servit pendant le règne de Montouhotep II (2061-2010), bon nombre de peintures plutôt grossières appartiennent à l'art de la Première Période Intermédiaire (2140-2022). La tombe découverte en 1930-1931 a fait l'objet de fouilles de la part d'une équipe Américaine dirigée par Herbert Eustis Winlock.
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La
tombe (TT390)
d'Irteraou (ou Irtyraou), qui fut une femme Scribe, Chef Intendant de
la
Divine
Adoratrice d'Amon,
Nitocris I (ou Chépénoupet III
▪ La tombe (TT409) de Samout également appelé Kiki, qui fut Gardien du bétail sacré du domaine d'Amon durant la XIXe dynastie (1295-1186). La tombe fut découverte en 1950, lors de l'exploration de la tombe de Khérouef (TT192).
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La
tombe (TT410)
de Moutirdais (ou Mutirdis) qui fut
un haut dignitaire Majordome
de
▪
La tombe
(TT414) d'Ânkhhor (ou Ankhor), qui fut un haut dignitaire de la
XXVIe
dynastie (664-525) sous les Rois
Psammétique
II (595-589)
et Apriès (589-570).
Il fut notamment intendant de |
Liste des propriétaires des autres tombeaux du site
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Pour d'autres détails sur le site voir les ouvrages de :
- Grabung im Asasif : 1963-1970, Archäologische Veröffentlichungen 4, Philipp von Zabern, Mainz, 1971, 1973 et 1977. - Das Grab der Mutirdis, Verlag Philipp von Zabern, Mainz, 1977. Comité des Fouilles Belges en Égypte : - Fouilles de l'Assassif, 1970-1975, FERE, Bruxelles,1976. - Der grabpalast des patuamenap in der thebanischen Nekropolis, in vollständiger copie seiner Inschriften und bildlichen Darstellungen, 3 Bände, J.C.Hinrichs, Leipzig, 1884–1894.Diethelm Eigner et Josef Dorner : - Die monumentalen Grabbauten der Spätzeit in der thebanischen Nekropole, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, Wien, 1984. - Clearance of the tomb of Kheruef at Thebes (1957-1958), IFAO, Le Caire, 1963. Maged Mohamed Fahmy Negm : - The tomb of Simut called Kyky : Theban tomb 409 at Qurnah, Aris & Philips Ltd., Warminster, 1997. Asunta F.Redford : - Theban tomb No.188 (The tomb of Parennefer) : A case study of tomb reuse in the Theban necropolis : A thesis in Egyptology, Pennsylvania State University, 2006. Francesco Tiradritti et Silvia Einaudi : - L'enigma di Harwa : alla scoperta di un capolavoro del rinascimento egizio,Anthelios, Milano, 2004. - Three years of research in the tomb of Harwa, Egyptian Archaeology 13, 1998. - Il cammino di Harwa : l'uomo di fronte al mistero : l'Egitto, Electa, Milano, 1999. - Ricerche nelle tombe di Harwa (TT 37) e Akhimenru (TT 404), Missione Archeologica Italiana a Luxor, Montepulciano, 2006. Claude Traunecker et David Lorton : - Les Dieux de l'Égypte, Que sais-je ? n° 1194, PUF, 1970, 1991, 1992, 1993, 1996, 2001 et Mai 2005 - En Anglais, Avec David Lorton, The gods of Egypt, Cornell University Press, Avril 2001. James M.Weinstein : - Review of The Tomb of Kheruef, Theban Tomb 192, AJA 86, n°1, New York, Janvier 1982. |