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 Quelques  Grandes  Villes :

Héracléopolis

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Sommaire

 

     ▪  Noms, localisation

 La ville, l'histoire

 L'archéologie sur le site

 Le temple d'Hérychef  (ou Harsaphès)

 Les Nécropoles

▪  Bibliographie

Reconstitution d'Héracléopolis

(d'après

raseneb.tripod.com) 

 

 

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   ou   Nen-nesout   ou    Hout-nen-nesou

 

Nen-nesout    Nn-niswt

 

 

Noms  et  localisation

 

  Héracléopolis Magma (ou Hérakléopolis en Grec : Herakleopolis, ou Hout-nen-nesou "Le château de l’enfant royal" ou Henensou ou Henen-nesout ou Nen-nesout : Nn-nsw en Égyptien, ou Ahnas ou Hennes ou Hnas en Copte) est la capitale du 20e nome de Haute-Égypte. Le nome "supérieur du Laurier rose" (nart-xnt). Dans l'antiquité, la ville Égyptienne d'Henensou était le centre du culte du Dieu Hérychef (ou Héry-chef ou Harsaphès ou Arsaphès en Grec "Celui qui est sur son lac"),

   C'était un Dieu à tête de bélier, qui était étroitement lié aux Dieux et Osiris. C'était une divinité solaire attachée à la justice que les Grecs identifièrent à leur Dieu Héraclès, d'où le nom qu'ils donnèrent à la cité : Héracléopolis Magna "Cité d'Héraclès". Elle fut aussi nommée Ahnas en arabe médiéval et aujourd'hui elle est identifiée avec les sites d'Ehnassiya Umm al-Kimam (ou Ihnasiya) et d'Ehnasiyyah el-Médineh (ou Ihnasiyyah al-Madinah). La cité est située dans le Sud du Fayoum, à proximité du Bahr Youssef, le bras du fleuve issu du Fayoum qui le rejoint à la hauteur d'Assiout.

 

   Elle servait de débouché pour les caravanes venant des oasis de Bahariya et de Siouah. Il a perduré une légende comme quoi existerait à Héracléopolis un vaste labyrinthe. Une équipe archéologique Britannique, dans les années 1940, a affirmé avoir découvert ce labyrinthe mais ils ont été incapables d'achever les travaux d'excavation pour cause de maladie parmi les membres de l'équipe et la disparition de l'un des chefs d'équipe. L'emplacement exact du labyrinthe, s'il existe, reste donc toujours un mystère.

 

Vue du site

 

 

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   Colonne provenant d'Héracléopolis - British Museum

L'histoire .......

 

   Les fouilles ont permis de trouver des traces d'occupation du site depuis la préhistoire. Cependant la cité ne va réellement entrer dans l'histoire que lors de la Première Période Intermédiaire (2140-2022). Ce sont les Gouverneurs provinciaux, les Nomarques, qui sont le facteur principal du déclin de l'Ancien Empire (2647-2150). Beaucoup de ces Nomarques se laissent tenter par l’ambition, ils s’associent à d’autres nomes pour constituer une force susceptible d’attaquer les territoires voisins, les alliances se faisant et se défaisant tour à tour. La conséquence de ces batailles incessantes est la multiplication des famines. De plus en plus le peuple se révolte contre les féodaux. Les tombes sont pillées sans que le pouvoir ne puisse s'y opposer, on entre dans la Première Période Intermédiaire.

 

   Peu à peu, une de ces alliances de nome, à Héracléopolis, se transforme en une monarchie (IXe dynastie), inspirée sur le model Memphite. La IXe dynastie (2130-2090 ?) est fondée par Khéty I (ou Achtoi). Ce dernier, Prince du nome d'Héracléopolis Magna profite de la déchéance où sombrait la monarchie Memphite de la VIIIe dynastie (2140-v.2130), il usurpe la couronne et fait d'Héracléopolis Magna une capitale royale et sa résidence. Elle restera pendant près de deux cents ans, la capitale royale de Basse-Égypte. Cette monarchie n'exercera pas son pouvoir sur toute l’Égypte, elle contrôle le Delta et une partie de la Moyenne-Égypte en s’appuyant sur la puissante famille des Nomarques d'Assiout. En plus de Khéty I la dynastie comprend six autres Rois, relativement connus, dont un Néferkarê VII, évoqué par le Nomarque d'Héracléopolis Ânkhtyfy.

 

   On sait peu de choses sur les Rois Héracléopolitains, hormis qu'ils revendiquaient l'héritage des Rois Memphites de l'Ancien Empire (2647-2150). À peu près à la même époque ou fut créé la IXe dynastie, une autre dynastie, la XIe dynastie (2134-1991), voit le jour à Thèbes en Haute-Égypte, avec Montouhotep I (2134-2130) comme premier Roi. Cette dynastie va sans cesse être en guerre contre les Rois Héracléopolitains. Son fils Antef I (2130-2118) affronte victorieusement Ânkhtyfy, devenu Gouverneur des trois Nomes de l'extrême Sud de l'Égypte, qui était fidèle aux Rois d'Héracléopolis, réunifiant ainsi la Haute-Égypte (Thèbes, Abydos et This) jusqu'à Dendérah.

 

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Représentation du Dieu Hérychef

 

   Les raisons du changement de dynastie entre la IXe et la Xe dynastie (2090 ? -2022) nous sont mal connus. Ce que l'on peut constater, c'est qu'il semble y avoir un certain enchaînement du nom des Rois, mais qui est peut-être faussé par le fait que les Égyptiens employaient le même vocable "la maison de Khéty" pour les définir. Certains spécialistes (Dont Pascal Vernus et Jean Yoyotte) pensent que la division des Rois d'Héracléopolis en deux dynasties peut provenir d’une ré interprétation du canal royal. La Xe dynastie détient Memphis, qui fut le centre des traditions de l'Ancien Empire et peut-être pour se légitimité, elle va énormément s'en inspirer et perpétuer cette tradition. Elle ne contrôle pas non plus l'ensemble de l'Égypte et doit accepter l’existence de la XIe dynastie, sa rivale à Thèbes, qui elle contrôle maintenant tout le Sud du pays. La région d'Abydos et This va être la zone frontière entre les deux royaumes et un champ de bataille permanent.  

 

   Après une rivalité pendant de longues années avec la dynastie Héracléopolitaine du Nord, le Roi Montouhotep II (2061-2010/09) de la XIe dynastie finit par la vaincre et réunifie le pays. Son règne marque le commencement de la glorieuse période dite du Moyen Empire (2022-1650). La XIe dynastie fait partie de la Première Période Intermédiaire jusqu'à la prise d'Héracléopolis en 2022. La ville va alors perdre son statut de capitale politique et de ce fait, de son importance, mais sa position stratégique lui permet de ne pas mourir complètement. Lors du Moyen Empire, les Rois de la XIIe dynastie (1991-1783) vont se soucier de faire rebâtir la cité, cette reconstruction s'inscrivant dans leur programme architectural pour la mise en valeur du Fayoum.  

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    Montouhotep II -  

Musée Égyptien du Caire

 

   Héracléopolis va garder son statut de capitale religieuse de Haute-Égypte, mais il va falloir attendre la Troisième Période Intermédiaire (1080-656) pour que l'histoire la remette sur le devant de la scène. Pendant cette période, sous la XXIe dynastie (1070/69-945), les militaires Libyens étaient devenus un facteur politique important. Ils avaient été intégrés dans l'armée Égyptienne et la police pendant le Nouvel Empire (1549-1080). Particulièrement les militaires descendants d'anciens prisonniers de guerre Libyens, les Méchouech (ou Meshwesh ou Mâ). Ils s'étaient installés dans le Delta et avaient petit à petit étendu leur territoire jusqu’au Fayoum et ils détenaient la force armée du royaume. Héracléopolis leur servait alors de point de ralliement pour leurs tributs.

  

   Leurs chefs deviennent très puissants et un de ceux-ci, Sheshonq I (ou Chechanq I, 945-924)profite de l'anarchie dans lequel le pays est tombé à la fin de laXXIe dynastie et il prend le pouvoir à la mort de Psousennès II (959-945) de Tanis. Il s’impose comme le Pharaon et fonde la XXIIe dynastie (945-715). Il est très difficile d'interpréter les faits sur le déroulement de l'histoire de cette dynastie. Les Rois Libyens ne contrôlent que la Basse-Égypte et se placent sous la protection du Dieu Amon. Ils doivent composer avec les Grands Prêtres d'Amon à Thèbes qui jouent un rôle important. Afin de garder leur légitimité, ils nommeront souvent ces derniers parmi les membres de la famille royale, voire dans certains cas le propre fils du Roi.

 

   De ce fait ils renforçaient l'unité du pays, ils nommaient aussi les Princes Gouverneurs d'Héracléopolis et d'Hermopolis Magma. Vers 940, Nimlot I le fils de Sheshonq I est nommé Roi d'Héracléopolis par son père afin qu’il dirige pour lui l'Égypte centrale. Nimlot I réintroduit la coutume des offrandes en l'honneur du Dieu Hérychef (ou Harsaphès). Le clergé d’Héracléopolis met à profit cette confusion et contrôle la région entre les deux zones d’influences.

 

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Nimlot I - Kunshistorisches Museum - Vienne

 

   La ville devient alors une grande métropole et retrouve son poids d'antan. Par le jeux des prises de pouvoirs Nimlot II (855-845), fils du Roi Osorkon II (874-850, XXIIe dynastie) et de la Reine Djedmoutesânkh, qui était Grand Prêtre d'Amon et Roi de Thèbes, devient aussi Roi d'Héracléopolis. Il donne ainsi pour une courte période une certaine unification au pays, car à sa mort son fils Djedptahiefânkh (845-?) lui succède sur le trône d'Héracléopolis et son autre fils Takélot (800-775) devient Grand Prêtre d'Amon à Thèbes. Djedptahiefânkh épouse Tanetsepeh qui lui donne un enfant Hemptah I (?) qui lui succède, ce dernier est un Roi obscure d'Héracléopolis dont on ne sais rien.

 

   En 818, la XXIIe dynastie perd le contrôle du Delta central au profit d'une autre chefferie. Le leader de celle-ci, un Prince Bubaste, Pétoubastis I (ou Padibastet I, 818-793), profite de ce cahot et des conflits de succession en l'an 8 de Sheshonq III (825-773) pour se faire couronner Roi de Léontopolis (ou Taremou). Il fonde la XXIIIe dynastie (818-715) et se fait reconnaître par Memphis, Héracléopolis, Hermopolis Magma et Thèbes. La XXIIe dynastie ne garde plus alors le contrôle que sur le royaume de Tanis. En 747 sous le règne d'un de ses derniers Rois Sheshonq V (767-730) et de Ioupout II (754-715) à Léontopolis, on assiste à une nouvelle division de l'Égypte avec la création de trois nouveaux royaumes : Hermopolis Magma, Lycopolis (Assiout) et Héracléopolis où en 747, Payeftjaouembastet (ou Peftjaouaouibastet) se proclame Roi.

 

   En 727, la XXIIe dynastie sera encore impuissante devant la création d'un autre royaume à Saïs, celui de la                                           XXIVe Dynastie (727-715). Payeftjaouembastet (747-720) est le gendre de Roudamon (ou  Amonroud, 757-754) Roi de Léontopolis et il adopte la titulature royale. Cette époque marque aussi le début de la conquête Éthiopienne (Nubie) des Kouchites de la XXVe dynastie (747-656). Tefnakht I (727-716) de la XXIVe dynastie de Saïs réussit à unifier presque tous les nomes du Delta et devient Grand chef des Libous et des Mâ et Grand Prince des provinces Occidentales du Delta.

 

   Vers 730, Tefnakht I déjà maître de Memphis, veut conquérir le Sud sur les Éthiopiens et il tente de ranger sous sa domination Héracléopolis et la Moyenne-Égypte. Il prend la tête d'une coalition comprenant Ioupout II (XXIIIe dynastie) et Osorkon IV (XXIIe dynastie) pour essayer de contrecarrer la monté en puissance du Roi Nubien de Napata Piânkhy (ou Piye, 747-716, XXVe dynastie). Il commence par faire le siège d'Hermopolis Magma, puis finalement fait aussi alliance avec son Roi Nimlot III. Cette nouvelle force en marche met le siège devant Héracléopolis. La ville fait appel aux Nubiens, qui détenaient toujours Thèbes et avaient établi leur suzeraineté sur les Divines Adoratrices d’Amon. Tefnakht I, dans cette conquête, est refoulé dans le Delta par Piânkhy, mais il réussit quand même à en garder le contrôle depuis Saïs et en 727, il se proclame Roi.

 

   En 726, Piânkhy, qui ne peut accepter cette semi victoire, repart à la conquête du Nord. Il soumet Nimlot III à Hermopolis Magma et bât Payeftjaouembastet Roi d'Héracléopolis qui devient son vassal. Il fait ensuite le siège et prend Memphis. Le fils de Tefnakht I, Bakenranef (716-715) qui lui succède comme Roi de Saïs, se fait reconnaître aussi par Memphis, Tanis et Héracléopolis, mais il reste sous la suzeraineté des Rois de Napata de la XXVe dynastie. Il tente comme son père de mener la lutte contre les Kouchites, mais il va finalement être vaincu par le Roi de Napata Chabaka (716-702) qui refait à son profit l’unité du pays. Manéthon rapporte que Bakenranef a été capturé et brûlé vif par Chabaka, ce qu’aucun document ne vient confirmer. 

 

   Certains égyptologues avancent qu'a sa mort, il était en négociation avec les Assyriens pour qu'ils lui viennent en aide contre les Nubiens. Héracléopolis perd une nouvelle fois son pouvoir sur la région, c'est Thèbes qui aura plus ou moins le rôle de capitale du pays Piânkhy rentrant à Napata pour y vivre ses dix dernières années de règne. En 672 le royaume de Saïs renaît, mais il reste vassal des Kouchites, peu de temps car la XXVe dynastie des "Pharaons Noirs" est balayée par le fait d'un nouvel envahisseur, les Assyriens. Sous Tanoutamon (664-656) l'Empereur d'Assyrie Assurbanipal (669-626) prend possession du pays. Psammétique I (664-610, XXVIe dynasties) un Prince / Gouverneur de Saïs profite de cette déroute de Tanoutamon pour prendre, en 656, le contrôle de la régionil avait obtenu la soumission des différents Princes locaux du Delta et d'Héracléopolis.  

 

   Il réussit à expulser les Assyriens grâce à des mercenaires Lydiens et Grecs et refait l'unité du pays. Il fait de Memphis sa capitale et réorganise l’administration, mais il fait gérer la Moyenne-Égypte à Héracléopolis et la Haute-Égypte à Edfou par des notables venus du Delta où les Grands Chefs autonomes ont disparu. Après cette période Héracléopolis ne fera plus parler d'elle, on attribue les dernières constructions dans la cité à Nectanébo II (360-342, XXXe dynastie). Avec les périodes de dominations Perse, puis Grecque et enfin Romaine Héracléopolis disparaîtra petit à petit. 

 

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Lion en Granit de la IVe dynastie trouvée à Héracléopolis

 L'archéologie

 

   Peu de vestiges archéologiques importants ont été mis au jour sur le site. En partie du au fait que la région très fertile a toujours été très peuplée et a donc servi de carrière. Le premier qui identifia Héracléopolis à Henen-nesout (ou Nen-nesou Nn-nsw) fut le Comte Emmanuel De Rougé, en 1863, lorsqu'il étudia l'inscription du Roi Ethiopien Piânkhy (ou Piye ou Peye, 747-716) dans le Djebel Barkal. Puis le site fut fouillé une première fois en 1891-1892 par Henri Édouard Naville, qui découvre le temple d'Hérychef (ou Héry-chef ou Harsaphès ou Arsaphès) ainsi que plusieurs monuments de l'époque Byzantine avec de nombreux témoignages d'objets artistiques Coptes. Il explore aussi la nécropole de Sedment. En 1899, c'est Ulrich Wilcken qui entreprend des fouilles sur le site où il met au jour des papyri de l'époque Gréco-romaine et plusieurs églises Coptes et Byzantines.

                                                                               En 1904, Sir William Matthew Flinders Petrie complète les fouilles du temple d'Harsaphès et dégage plusieurs maisons Romaines. Il poursuit les travaux de son prédécesseur dans la nécropole de Sedment. Il suivra une période très faste de découvertes dont il faut citer des inscriptions très importantes sur le Moyen Empire (2022-1650) et deux colosses de Ramsès II (1279-1213) qui seront étudiés par Georges Daressy. De 1920 à 1921, Petrie fouille la nécropole de Sedment, peu après, en 1923, Monneret de Villard réalise une étude monographique sur la sculpture Copte d'Ahnas (ou Hennes ou Hnas) et sur l'origine païenne de l'art Copte. Puis, malheureusement, après cette date les fouilles sur le site d'Héracléopolis vont stopper pendant plusieurs années.

   Ce n'est qu'en 1966 qu'une campagne importante est reprise par une équipe Espagnole rattachée au Musée de Madrid, dirigée par L.Lopez. Elle débuta au Sud-ouest du site et était axée plus particulièrement autour du temple d'Hérychef dont il semble que les vestiges ne remontent pas au-delà de la XIIe dynastie. Beaucoup de choses ont été découvertes dans une enceinte à colonnes dont la fouille n'est pas encore terminée.

 

   Entre autres des fragments de frise de la tombe du fils du Grand Chef de Mâ, trois fausses-portes, en 2008-2009, trois tables d'offrandes dont une table d'offrandes avec le nom du premier prophète d'Amon Smendès, un fragment de couvercle de sarcophage appartenant à une fille de ce même personnage et des frises avec des divinités Héracléopolitaines. En 1984 ont été mis au jour une partie de table d'offrandes au nom d'un Osorkon, fils du fils royal Namart, une inscription sur une colonne, des céramiques et terres cuites. La fouille d'habitations contiguës a donné de nombreuses céramiques de la Troisième Période Intermédiaire (1080-656).

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Les trois fausses-portes

 

    Les fouilles se poursuivent aujourd'hui encore. Un peu plus au Nord de la nécropole de la Première Période Intermédiaire, on été mise au jour, enserrées dans les murs de la cité, des tombes de pierre et de briques crues datant des XXIe (1070/69-945) et XXVIe dynasties (664-525). Les dernières découvertes offrent de nouveaux éléments pour la compréhension de la Première Période Intermédiaire, encore mal connue. D'après Carmen Pérez Díe, responsable des fouilles pour le musée national d'archéologie de Madrid, la nécropole est un très grand site dont beaucoup de faits nous restent encore inconnus.

  

 

 Le temple d’Hérychef

 

   Le temple d'Hérychef (ou Héry-chef ou Harsaphès ou Arsaphès en Grec "Celui qui est sur son lac") est connu surtout depuis la XIIe dynastie où il fut une première fois restauré. Il ne reste que quelques rares statues et éléments architecturaux qui ont été réemployés dans des bâtiments ultérieurs. Le sanctuaire sera entièrement reconstruit sous la XVIIIe dynastie (1549-1295) ainsi que par Ramsès II (1279-1213) sous la XIXe dynastie (1295-1186). Ce temple se composait d'une première cour à pièces annexes, entourée de statues colossales de Ramsès II devant les colonnes. La cour s'ouvrait sur une salle hypostyle à deux rangées de huit colonnes à chapiteaux palmiformes. On pense qu'elle date probablement du début du Moyen Empire (2022-1650).

 

 

Vue du temple d'Hérychef

   Suivait une seconde salle à six piliers menant aux salles intérieures du temple, un pronaos et trois naos. Le temple d'Hérychef sera utilisé jusqu'à la Basse Époque (656-332) où il est petit à petit remplacé par un sanctuaire de dimension plus modeste. À l'époque Gréco-romaine, il est une nouvelle fois restauré. Les vestiges actuels rendent difficile l'appréciation du plan du temple, mais une partie des bases des colonnes et des reliefs Ramessides donnent une idée du type de temple.

 

   Le lieu le plus sacré d'Héracléopolis était le lac sacré du temple, qui, comme nous l'indique la Pierre de Palerme, aurait été consacré durant la Ière dynastie (v.3040-2828). Le chapitre 175 du "Livre des Morts" associe le lac avec le sang du Dieu Osiris. Ce qui explique pourquoi le sang joua un rôle important dans les rituels d'Hérychef, qui avait une offrande et un culte de purification à proximité du lac. Au Sud-est, on trouve un autre temple plus petit dédié aussi à Hérychef, toujours daté du règne de Ramsès II.

 

   Les premières fouilles du temple ont été réalisées par Henri Édouard Naville en 1891. Il est suivi, en 1904, par Sir William Matthew Flinders Petrie, qui découvre une magnifique statue en or du Dieu.

    Elle avait sur sa base une inscription hiéroglyphique avec une partie de la titulature du Roi d'Héracléopolis Payeftjaouembastet (ou  Peftjaouaouibastet, 747-720, XXIII dynastie). Parmi les vestiges des périodes Romaines, Byzantines et islamiques qui entouraient le site, Flinders Petrie a mis au jour plusieurs maisons. On y a découvert des pièces de monnaie ce qui a permis leur datation approximative.

   

  

 Les nécropoles

  

Le cimetière de Déchacheh

  

   Cette petite nécropole, datée du Moyen Empire, regroupe les tombes des hauts fonctionnaires du 20e nome de Haute-Égypte. Elles se présentent sous la forme d'Hypogées creusés dans la falaise, dont celui d'Inti, décoré d'une scène représentant une forteresse Asiatique assiégée.

 

 

Le cimetière Sud  

  

   Certains des Rois des IXe et Xe dynastie se feront inhumer sur le site de Saqqarah, mais ce ne fut pas le cas des notables de leurs cours. En 1966, les archéologues de l'expédition Espagnole, ont dégagé une série de tombes de fonctionnaires datant de la Première Période Intermédiaire (2140-2022) ou du début du Moyen Empire (2022-1650), comme l'attesteraient des Textes des Sarcophages de certaines sépultures. Le site de cette nécropole est situé à 300 m au Sud du temple et a livré aussi d'autres découvertes dont, trois fausses portes et diverses stèles conservées aujourd'hui au musée Égyptien du Caire.

Autre vue des vestiges du site

 

 

 

                                                                     Le cimetière de Sedmen

  

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Fragment de Relief de Ramsès II provenant d'Héracléopolis - Metropolitan Museum of Art

   Cet autre cimetière, nommé "cimetière de Sedment", se situait à 7 km à l'Ouest de la cité. La majorité des tombes datent du Nouvel Empire, mais les tombes les plus anciennes sont des IIe dynastie (2828-2647) et IIIe dynastie (2647-2575). On en a retrouvé aussi certaines datant des VIe (2321-2150), IXe (2130-2190?) et Xe dynasties (2090 ?-2022). Le cimetière est semble t-il abandonné par la suite, les hauts dignitaires du Moyen Empire (2022-1650) se faisant enterrer au Sud du temple d'Hérychef. Cette ancienne nécropole est de nouveau utilisée au Nouvel Empire (1549-1080) et ce jusqu'à la Troisième Période Intermédiaire (1080-656). Il y est mis au jour deux statues de Mériêhachetef, qui était un haut fonctionnaire de la VIe dynastie (2321-2150). Elles sont caractéristiques car il y en a une où il est représenté jeune et l'autre vieux.   

 

   On y a aussi mis au jour des sarcophages et des stèles appartenant à des Grands Prêtres du clergé d'Hérychef, à des hauts dignitaires et à des militaires. Ont été exhumées également les tombes de Parahotep et Rahotep, deux Vizirs sous le règne de Ramsès II (1279-1213). Henri Édouard Naville y a aussi découvert plusieurs sarcophages en bois datant de la Basse Époque (656-332). Il est supposé que c'est de ce site qu'est sans doute originaire le papyrus de Sedment, aujourd'hui conservé au musée de Berlin. Il est daté du début du Moyen Empire (2022-1650) et le texte, écrit en hiératique, comporte une liste d'offrandes et certaines des formules du Textes des Sarcophages gravées habituellement à l'intérieur de ceux-ci. Il contient aussi la dédicace d'un fils à son père défunt Sedekh.

 

   

  Les tombes en Pierres

 

  Enfin un peu plus au Nord de la nécropole de la Première Période Intermédiaire, on été mise au jour, enserrées dans les murs de la cité, des tombes de pierre et de briques crues datant des XXIe (1070/69-945) et XXVIe dynasties (664-525). Ces tombes, parfois réutilisées, présentent pour certaines un couloir les reliant à d'autres. Beaucoup des possesseurs de ces tombes portent des noms typiques de la Troisième Période Intermédiaire, comme Tentamon, fils d'un Smendès ou Osorkon, chef des armées et Prêtre d'Hérychef ou encore Tasherit, fils d'un Nimlot. Les artefacts trouvés dans la nécropole nous ont aussi confirmé que des échanges commerciaux se pratiquaient couramment à l'époque avec les Phéniciens.

              

    Bibliographie

    Pour d'autres détails sur la cité et ses monuments voir les ouvrages de :

 

María del Carmen Pérez-Die :

- Discoveries at Heracleopolis Magna (Ehmasya el-Medina), pp.23-25, Egyptian archaeology : bulletin of the Egypt Exploration Society 6, 1995.

- Ehnasya el Medina : Heracleopolis Magna, Egipto : excavaciones, 1984-2004, Ministerio de Cultura, Espagne, 2005.

Maria Rosaria Falivene :

- The Herakleopolite Nome : a catalogue of the toponyms, American studies in papyrology 37,  Scholars press, cop., Atlanta, 1998.

Henri Édouard Naville :

- Ahnas el medineh (Heracleopolis magna) : With chapters on Mendes, the nome of Thoth, and Leontopolis, Memoir of the Egypt Exploration Fund 11, Egypt Exploration Fund, London, 1894 et 1981.

Josep Padró i Parcerisa :

- Notes sur la tombe de Séhou à Héracléopolis Magna, Vol. 2, pp. 377-381, Atti del VI Congresso Internazionale di Egittologia, Turin, 1993. 

- Etudes historico-archéologiques sur Héracléopolis Magna : La nécropole de la muraille méridionale, Nova studia aegyptiaca, Societat Catalana d'Egiptologia, 1999.

William Matthew Flinders Petrie :

- Roman Ehnasya Herakleopolis Magna, 1904, Plates and text supplementary to Ehnasya, Éditeur inconnu, 1905.

Wolfgang Schenkel :

- Memphis, Herakleopolis, Theben : Die epigraphischen zeugnisse der 7.-11. Dynastie Ägyptens, ÄA 12, Otto Harrassowitz, Wiesbaden, 1965.

Thelma Katrina Thomas :

- Niche decorations from the tombs of Byzantine Egypt (Heracleopolis Magna and Oxyrhynchus, A.D. 300-500) : Visions of the afterlife, University Microfilms International, Ann Arbor, 1991.

 

  

 

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