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Habituellement, la cosmologie d’Hermopolis est présentée comme postérieure à celle d’Héliopolis et antérieure à celle de Memphis. L'Ogdoade est un groupe composé de huit divinités primitives qui régnaient avant la création, réunies par couple et symbolisant les forces du monde : ● Noun et Nounet (ou Naunet), représentant le liquide primordial, l’océan initial. ● Héhou et Héhet, représentant l'espace, l’infinité spatiale associée à l’océan primordial. ● Kekou et Kekout (ou Keket), représentant l'obscurité, les ténèbres. ● Amon et Amonet, représentant les formes cachées, l'instabilité, ce qui ne peut se voir mais qui se ressent. Ce dernier couple est parfois remplacé par Niau et Niaut, représentant le vide. |
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Une vue des ruines du site |
L’origine des ces divinités pouvait varier selon les cités. À Hermopolis, on pensait qu'elles se seraient créés elles-mêmes à partir des forces primordiales qu’elles étaient censées incarner. D’après la légende, ces divinités étaient considérées comme les "parents" de l’astre solaire. Après leur union, à partir de leur semence, elles parviennent à féconder le lotus qui donne naissance à Rê. Le nome Hermopolite est censé être le lieu d'où est surgis la bute primordiale sur laquelle l'Ogdoade a donné naissance à cet œuf solaire.
C'est cet endroit qui donnera le nom de la cité en Égyptien, Khemenou "la ville des Huit". L'Ogdoade d’Hermopolis était symbolisée par des hommes à têtes de grenouille et des femmes à tête de serpent, tous chaussés de têtes de chien. Les hommes portaient un étui phallique attaché à leur ceinture et les femmes étaient vêtues d’une longue robe. Par contre rien ne permettait de distinguer une divinité par rapport à une autre, elles avaient toutes la même apparence.
L'histoire ....... |
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La cité joua, tout au long de l'histoire pharaonique, un rôle important. Située à la limite de la Haute et de la Basse-Égypte elle contrôle une région économiquement primordiale en raison de sa richesse agricole et de ses carrières d’albâtre. En tant que ville frontalière, Hermopolis était un lieu de grande ressource et d'opulence, se classant deuxième derrière la grande Thèbes, ce qui va inciter ceux qui la dirigeaient à s’ériger en indépendants. Un peu plus au Sud de la ville se situe la forteresse d'Hermopolis qui servait de poste de douane. Les grottes de Beni Hassan, ensemble de sépultures Princières datant du Moyen Empire (2022-1650) près de Antinoupolis, sur la rive opposée du Nil, furent le cimetière commun de cette cité et des Hermopolitains, car il était plus facile de transporter les morts sur l'eau que de les emmener par voie terrestre vers les collines. |
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Cependant la cité ne va réellement entrer dans l'histoire que lors de la Première Période Intermédiaire (2140-2022). Ce sont les Gouverneurs provinciaux, les Nomarques, qui sont le facteur principal du déclin de l'Ancien Empire (2647-2150). Beaucoup de ces Nomarques se laissent tenter par l’ambition, ils s’associent à d’autres nomes pour constituer une force susceptible d’attaquer les territoires voisins. De plus en plus le peuple se révolte contre les féodaux. Les tombes sont pillées sans que le pouvoir ne puisse s'y opposer, on entre dans la Première Période Intermédiaire.
Peu à peu, une de ces alliances de
nome, à
Héracléopolis,
se transforme en une monarchie (IXe
dynastie), inspirée sur le model
Memphite.
La
IXe dynastie (2130-2090) est fondée par
Khéty I (ou
Achtoi). Ce dernier, Prince du
nome d'Héracléopolis Magna
profite de
la déchéance où sombrait la monarchie
Memphite |
Vue des ruines d'une des portes de la cité |
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Cette dynastie va sans cesse être en guerre contre les Rois Héracléopolitains des IXe et la Xe dynastie (2090 ?-2022). Son fils Antef I (2130-2118) affronte victorieusement Ânkhtyfy, devenu Gouverneur des trois Nomes de l'extrême Sud de l'Égypte, qui était fidèle aux Rois d'Héracléopolis, réunifiant ainsi la Haute-Égypte (Thèbes, Abydos et This). La région d'Abydos et This devenant la zone frontière entre les deux royaumes et un champ de bataille permanent. Le Frère d'Antef I, Antef II (2118-2069) qui lui succède, voit son long règne réduit à une guerre ininterrompue avec les Rois Héracléopolitains. Antef II finit par élargir son royaume : Au Sud jusqu’à Éléphantine, qu'il fortifie et au Nord jusqu’à This soumettant le 13e nome (Assiout) et le 15e nome d'Hermopolis Magma. Après une rivalité pendant de longues années avec la dynastie Héracléopolitaine du Nord, son petit-fils le Roi Montouhotep II (2061-2010/09) de la XIe dynastie finit par la vaincre et réunifie le pays. Son règne marque le commencement de la glorieuse période dite du Moyen Empire (2022-1650). |
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Vue du temple de Thot |
Lors de ce Moyen Empire, les Rois de la XIIe dynastie (1991-1783) vont se soucier de faire rebâtir la cité qui avait souffert des luttes, cette reconstruction s'inscrivant dans immense programme architectural. Amenemhat II (1928-1895) entreprend d’importantes constructions dans le temple d'Hermopolis. Plus tard, à la fin de la XVIIe dynastie (1625-1549), la région tombe pour un temps sous la coupe de Tétiân, collaborateur des Hyksôs. Puis la ville va profiter du faste des Rois du Nouvel Empire (1549-1080) et se parer de monuments. Chaque Roi (ou presque) laissera sa trace dans la cité, plus particulièrement Thoutmôsis IV (1401/00-1390) et Amenhotep III (Aménophis, 1390-1353/52) qui laissera deux énormes statues colossales de babouin de 4 m 50 de haut représentant le Dieu Thot.
À la fin de la révolution religieuse du Pharaon Amenhotep IV (Aménophis ou Akhénaton, 1353/52-1338), sa capitale, Amarna, qui se trouvait en face d'Hermopolis, sera complètement détruite et beaucoup de blocs seront réutilisés pour la construction à Hermopolis. Sur un de ceux-ci on a découvert la mention du nom de Kiya, épouse d'Amenhotep IV, qui avait été remplacé par celui d'Ânkhesenamon (Sa file et épouse). Un certain nombre de scènes d'Hermopolis, malheureusement fortement endommagées, montrent Kiya en adoration devant le Dieu Aton, il est possible qu'elles datent d'après le règne d'Amenhotep IV. Sur un autre c'est le nom d'Ânkh-Khéperourê Néfernéférouaton, la fille Amenhotep IV qui lui succède, qui est attesté. |
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Cependant ce qui est étrange c'est que le nom d'Ânkhesenpaaton (Future Ânkhesenamon épouse de Toutânkhamon) lui est associé sans toutefois que leur relation soit précisé. Sur un colosse de Ramsès II (1279-1213), une de ses épouses (et fille), Henoutimrê (ou Hénoutimrê), est représentée avec la Princesse-Reine Bentanat I. Mérenptah (ou Mineptah, 1213-1203) le fils et successeur de Ramsès II sera lui aussi un grand bâtisseur à Hermopolis Magma.
C'est avec la Troisième
Période Intermédiaire
(1080-656) que l'histoire va mette sur le devant de la scène Hermopolis.
Un chef Libyen très puissants,
Sheshonq I (ou
Chechanq I |
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Ils doivent composer avec les Grands Prêtres d'Amon à Thèbes qui jouent un rôle important. Les Rois de la XXIIe dynastie avaient le pouvoir de nommer ces Grands Prêtres et ils ont souvent sélectionné leur propre fils ou quelqu'un de la famille royale, de ce fait ils renforçaient l'unité du pays, ils nommaient aussi des Princes gouverneurs d'Héracléopolis et d'Hermopolis Magma.
En 818, la
XXIIe
dynastie perd le contrôle du Delta central au profit d'une autre
chefferie.
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Stèle funéraire en calcaire - Nouvel Empire |
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Vestige du portique monumental avec des inscriptions en Grec |
Nimlot III prend la titulature royale sous le règne de Ioupout II (754-715, XXIIe dynastie) Le titre de "Roi" sera inscrit sur sa stèle et il sera représenté avec les insignes de la royauté. Il est peut-être le fils d'Osorkon III (787-759, XXIIe dynastie) et de la Reine Tentsai. |
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En 727, la
XXIIe dynastie sera encore impuissante devant la création
d'un autre royaume à
Saïs, celui de la
XXIVe Dynastie (727-715).
Cette époque marque aussi le
début de la conquête Éthiopienne (Nubie) des Kouchites de la
XXVe dynastie
(747-656) |
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Djeoutiemhat (ou Thotemhat 725-715), son successeur, sera le dernier Roi d'Hermopolis Magma. Certains spécialistes l'assimilent à Thotemhat. En 715, il est comme tous les Roitelets du moment obligé de plier devant les Rois Nubiens Piânkhy et Chabaka qui envahissent totalement l’Égypte. À la Basse Époque (656-332) et plus particulièrement lors de la période Ptolémaïque (305-30) puis Romaine, la ville prend un nouvel essor, car le culte de Thot était alors très populaire et fut assimilé par les Grecs à celui d'Hermès.
On attribue à Nectanébo II (360-342) les dernières constructions à Hermopolis Magma de la période pharaonique. La plus grande partie des ruines visibles aujourd'hui datent de son règne. Il reconstruisit entre autre une partie du temple et l'entoura d'un mur de briques crues de 15 m de profondeur. Sous les règnes des Rois de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) et de Philippe III Arrhidée (323-317), maître du pays, est construit à Hermopolis le temple hypostyle de Thot-hermès. Plus tard, à l'époque Chrétienne, la ville devient le siège d'un évêché.
Hermopolis a relativement bien échappé aux guerres fréquentes, lors du déclin des époques à la fois de pharaonique et Romaine, qui ont dévasté la région, cependant ses structures ont subi d'importantes modifications de la part des dirigeants musulmans qui ont suivi. Ils ont fait détruire une partie des monuments afin de servir comme matériaux de construction. Les papyri d'Oxyrhynque, qui datent du IIIe siècle, indiquent que des bâtiments de grande hauteur avaient été construits dans la cité. Hermopolis sera un diocèse titulaire dans l'Église Romaine Catholique et dans l'Église Copte Orthodoxe.
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Masque funéraire provenant de la nécropole d'Hermopolis à Tounah el-Gebel - Musée de Picardie à Amiens. |
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Hermopolis est une des plus anciennes villes de la vallée du Nil mais peu de choses subsistent de son passé. La plus part des vestiges trouvés à Hermopolis ne sont pas plus ancien que le Moyen Empire (2022-1650). La ville est dans un état désastreux, les pierres de ses édifices ayant servi à la fabrication de chaux, cependant quelques ruines subsistent et on trouve sur le site d'Hermopolis des vestiges de toutes les époques. En premier lieu, les ruines du temple principal dédié à Thot et à l’ogdoade primordiale qui datent du Nouvel Empire (1549-1080). Elles sont constituées d'un grand portique. |
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La Reine
Hatchepsout
(1479-1458/57)
fera reconstruire ce temple en calcaire blanc. Son nom dans les
inscriptions était "Le Seigneur des Eshmoun". Ce portique,
d'une hauteur de près de 20 mètres, se compose d'une double rangée de six
colonnes,
dont le diamètre était de plus de 2 m 60. Les architraves sont formées de
cinq pierres.
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Vue des colonnes de la basilique |
Statue de la période Copte | |||
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