L'administration de l'Égypte par les Hyksôs
Les souverains Hyksôs au contact de la civilisation Égyptienne, beaucoup plus
avancée que la leur, adoptent les coutumes, le
protocole et les titres de la cour royale Égyptienne. Dans
leurs
titulatures
ils se disent "fils
de Rê". Ils donnent des noms Égyptiens à leurs enfants.
Ils écrivent en hiéroglyphes et en art ils copient le style du
Moyen
Empire (2022-1650).
|
Char royal Hyksôs - Musée du Caire |
Comme nous le confirme Ian Shaw, par l'archéologie, nous savons que les tombes sous leur domination montrent peu de changement dans les pratiques funéraires. Anthony John Spalinger nous dit qu'ils inhumaient leurs chevaux dans des tombes. À la fin de la XVe dynastie, les relations avec Thèbes étaient interrompues, le Roi d'Avaris ne pouvait que se rapprocher de l'Asie en attirant des hommes de talent et en accroissant les relations commerciales dans cette direction. Toujours selon Ian Shaw, l'interruption de la relation s'observe à Thèbes où le bois de sycomore remplace le cèdre du Liban dans la fabrication des cercueils. Les tombes décorées y sont rares et les anciennes sont usurpées.
Le culte des Dieux traditionnels est maintenu. Dieux que les Hyksôs acceptent et tout particulièrement Seth, le Dieu du Delta, souverain des déserts et des pays étrangers. Ils l'assimileront d'ailleurs à l'un des leurs. Même si nous savons que les Hyksôs ont créé des centres le long de la bordure orientale du Delta, comme à Bubastis, et dans d'autres grandes villes comme Memphis, on a retrouvé très peu de leur culture particulière dans le pays, ils furent pourtant de grands bâtisseurs et artisans.
Les Hyksôs sont de très bons guerriers, habiles au maniement des armes, dont la harpé, un arc Asiatique en forme de faucille. Herbert Eustis Winlock décrit certains des nouveaux équipements militaires que les Hyksôs utilisent, tels que l'arc composite. Ils apportent aussi l'amélioration de l'arc classique et, le plus important, ils introduisent en Égypte les chars de combat tirés par des chevaux, ainsi que les pointes de flèches améliorées, différents types de sabres et de poignards, un nouveau type de protections de combat et le casque de métal. Les Égyptiens vont mettre à profit ce savoir-faire guerrier. Ils vont assimiler ces nouvelles techniques et fabriquer à leur compte des armes. Ils se perfectionnent ainsi dans le travail du bronze et la maîtrise des chars de combat.
Outre les nouvelles technologies guerrières pour lesquelles ils sont connus, les Hyksôs ont apporté d'autres innovations dans le pays. Par exemple nous trouvons de nouveaux légumes et fruits qui seront cultivés, ainsi que des améliorations dans la poterie et dans le tissage découlant de l'introduction du métier à tisser vertical. Peut-être l'une des plus grandes contributions des Hyksôs fut la préservation des documents Égyptiens, à la fois littéraires et scientifiques. Pendant le règne d'Apopi (1581-1541), les scribes ont été chargés de recopier les textes Égyptiens afin qu'ils ne soient pas perdus.
Un de ces textes était le Edwin Smith Papyrus chirurgical. Ce texte unique, datant environ de l'an 3000 donne une perspective claire du corps humain qui a été étudié par les Égyptiens, les détails des cas cliniques spécifiques, les examens et les diagnostiques. Un autre est le Papyrus Westcar, dont l'original datait d'avant la XIIe dynastie (1991-1783). Les Contes du Papyrus Westcar ou Contes des Magiciens à la cour de Khéops, légitiment la montée au trône des trois premiers Rois de la Ve dynastie (2465-2323). D'autres documents furent restaurés ou recopiés comme le Papyrus Rhind. Il contient 87 problèmes résolus d'arithmétique, d'algèbre, de géométrie et d'arpentage, sur plus de 5 m de longueur et 32 cm de large. Il est rédigé en écriture hiératique.
















Bibliographie