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DATES de RÈGNE 1479-1425
C.Aldred,
D.Arnold,
N.Grimal,
J.Kinnaer,
K.A.Kitchen,
J.Malek,
S.Quirke,
W.J.Murnane,
1504-1452
D.B.Redford
1504-1450
E.F.Wente, C.C.Van Siclen
III
1490-1439 A.Eggebrecht
1490-1436
E.Hornung,
A.H.Gardiner,
R.A.Parker,
1479-1426
R.Krauss
1479-1424
A.M.Dodson
1467-1413
H.W.Helck
1466-1412 D.Sitek |
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Nom d'Horus |
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Horus Kanekhet Khâemouaset
puis
Mérirê kaiedjet (Horus taureau victorieux,
Qui apparaît radieux à Thèbes) Hr
kA-nxt xai-m-wAst , mri-ra qAi-HDt |
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Nom de Nebty |
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Nebty Ouahnesytmirêmpet (Nebty
Dont la royauté est durable
à l'égal de celle de Rê dans le ciel) nbti wAH-nsyt-mi-ra-m-pt |
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Nom d'Horus d'or |
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Bik Nebou Djéserkhâ Sékhempehti (Aux apparitions sacrées et à la force imposante) bik nbw Dsr-xaw sxm-pHti |
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Nom de Roi Abydos 70 |
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Menkhéperrê (La manifestation de Rê demeure) mn-xpr-ra |
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Nom de naissance |
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Djéhoutymosé Néferkhéperou ou Heqaouaset (Celui qui est né de Thot, Au devenir parfait) ou (Régent de Thèbes) DHwti-msi(w) nfr-xprw , HqA-wAst |
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Thoutmôsis III
(ou Thoutmès ou Thutmose ou Thutmosis en
Grec ou Djéhoutymosé en Égyptien) est le 6e Roi (5e si on le compte régnant
avant la Reine
Hatchepsout) de la XVIIIe dynastie.
Il est appelé par
Manéthon, Mêphrês ou Misaphris ou Memphrês. Il est le fils de
Thoutmôsis II et d’une épouse secondaire,
Iset (ou Isis).
Les frères de son père,
Amenmès (ou Amenmosé) et
Ouadjmès (ou Ouadjmosé ou Wadjmose ou Wadjmès ou Wadj-Messu), qui était les aînés, moururent
avant celui-ci. C'était alors posé la question de la place de la future
Reine
Hatchepsout,
sa belle-mère, demi-sœur de son père. Selon une interprétation des textes de la
Théogamie (Récit de la naissance divine) de
Deir el-Bahari,
Thoutmôsis I
aurait décidé à ce moment de faire couronner sa fille
Hatchepsout et lui aurait abandonné la plus grande partie du pouvoir.
Hatchepsout
va se servir de ces textes comme élément pour assoir sa légitimité sur le trône.
À la mort de
Thoutmôsis I,
Hatchepsout
âgée d'une quinzaine d'années épouse son demi-frère
Thoutmôsis II qui monte sur le
trône. Les travaux de l'égyptologue
Luc Gabolde sur les inscriptions des monuments nous permettent de mieux connaître l'équilibre des pouvoirs à cette époque.
Cependant à la mort de son époux, n’ayant pas eu de fils avec lui, la succession revient à Thoutmôsis III.
Comme il est très jeune, il a à peine 5 ans, Hatchepsout,
Grande Épouse Royale,
va prendre le pouvoir en qualité de Régente. Ce qui est à noter c'est que dans les documents, les années de règne de
Thoutmôsis III sont l'unique décompte utilisé,
Hatchepsout n'est jamais mentionnée.
Selon une étude récente de l'ADN de Thoutmôsis II,
celui-ci ne serait peut-être pas lié paternellement à la lignée principale de la
XVIIIe dynastie
au pouvoir depuis 1549, ce qui fait supposer à certains spécialistes que Thoutmôsis III ne serait pas son fils ?,
idée qui est loin de faire l'unanimité.
Dates
et durée de règne
Manéthon lui
compte 12 ans et 9 mois de règne (Josèphe Flavius), mais il fait erreur sur cette durée, Thoutmôsis III est en fait
au pouvoir presque 54 ans, du 24/4/1479 au 11/03/1425.
Selon
Nicolas Grimal, ces dates, de même que toutes les dates de la
XVIIIe dynastie,
peuvent cependant être contestables en raison des incertitudes sur les
circonstances entourant l'enregistrement d'un lever héliaque de l’étoile Sothis
sous le règne d'Amenhotep
I (1525/24-1504). Incertitudes concernant l'endroit où il convient d'observer ce phénomène qui
sert de point de repère pour la datation. En effet on l'enregistre à une date
différente si on se trouve à Memphis où à
Thèbes (entres autres).
Un papyrus des annales du règne d'Amenhotep
I note cette observation astronomique, ce qui fait que théoriquement, il pourrait être utilisé pour corréler la
chronologie Égyptienne avec le calendrier moderne, mais pour ce faire, il nous
faudrait connaître la latitude où l'observation a été prise en compte, hors nous
n'avons pas à ce jour cette information.
Les spécialistes pensent que cette
observation fut faite, ou à Memphis, ou à
Héliopolis,
ou encore à Thèbes.
Ces différentes latitudes vont donner les dates, avec plus de dix ans de différence,
que l'on trouve entre les auteurs. Par contre comme le précise
Donald Bruce Redford la longueur du règne de Thoutmôsis III, est
connue avec certitude grâce à une information trouvée dans le tombeau d'Amenemheb, fonctionnaire de la cour.
Selon James
Henry Breasted, Amenemheb à enregistré le décès du Roi dans la 54e année de son règne et
William Joseph Murnane précise que c'est le 30e jour du 3e mois de la
saison
Peret. Son très long règne n’est pas sans partage (trente-trois ans seul). Il sera évincé du pouvoir très jeune à
la mort de son père par sa belle-mère Hatchepsout,
Grande Épouse Royale.
Il ne commencera son règne personnel qu’a la mort de cette dernière (An 22). À la fin de sa vie, durant les deux
dernières années de son règne, il partage une nouvelle régence avec son fils
Amenhotep II, tout à fait voulue cette fois.
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Son règne |
Carte des possessions Égyptiennes, Mitanniennes et Hittites |
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La prise de pouvoir
À la mort de
Thoutmôsis II, sa belle-mère, la
Grande Épouse Royale
Hatchepsout, n’ayant pas eu de fils avec lui, la
succession revient à Thoutmôsis III. Cependant, étant trop jeune pour régner,
il n'a pas 5 ans. Hatchepsout va
prendre le pouvoir en qualité de Régente.
Cette succession ne semble pas à l'époque poser de problème comme l'écrit Inéni, un haut fonctionnaire. Mais la
Reine va chercher à faire valoir les droits que lui avait concédés son père.
Certains égyptologues avancent qu'en l’an 2 de Thoutmôsis III et pour d'autres vers la fin de l’an 7,
Hatchepsout obtient tous les pouvoirs en se faisant
couronner "Pharaon" avec l’appui du haut clergé
d'Amon,
qui est dirigé par le Grand Prêtre Hapouseneb. Le débat sur la date de sa
prise de pouvoir est du à l'interprétation de deux faits : Son
changement de titulature, qui est daté de l'an 7, qui suppose donc une corégence assez longue et l'inscription
dans la chapelle rouge à Karnak, datée elle de l'an 2, qui suggère une période plus courte.
Quoi qu'il en soit, avec cette prise de pouvoir l'héritier Thoutmôsis III devient Corégent.
La Reine justifie sa légitimité en usant de plusieurs artifices : Les dernières volontés de son
père qui souhaitait la voir régner.
Elle s'invente une naissance divine qui est racontée dans des textes et des représentations qui décorent son
temple funéraire de Deir
el-Bahari. C'est cette justification qui est appelée Théogamie (Naissance divine). Il y est dit que le
Dieu
Amon se serait uni avec sa mère
Ahmès pour l'engendrer.
L'oracle d'Amon plaide en sa faveur.
Elle est
Grande Épouse Royale, Fille de Roi et Épouse du Dieu
Thoutmôsis
II etc... Cela dit elle n’usurpe pas à proprement parlé le trône, car Thoutmôsis III
reste associé aux manifestations et décisions royales, mais pendant une vingtaine d'année (1479-1457) le Roi va être tenu
à l'écart de l'État.
Après
la disparition d'Hatchepsout, en l'an 22 de son règne,
dans des circonstances inconnues, Thoutmôsis III obtient enfin la pleine souveraineté et va diriger l'Égypte jusqu’à sa mort.
La date exacte du décès d'Hatchepsout n'étant pas connue,
on considère qu'elle survient le jour où Thoutmôsis III devient "Pharaon" d'Égypte, qui serait le 10e jour, du 2e mois (Mekhir),
de la saison Peret, de l'an 22,
tel qu'il est inscrit sur une stèle érigée à Armant (Hermonthis), comme le précise
Joyce Anne Tyldesley.
Soit, pour
James Peter Allen, le 16 Janvier, 1458. Le Roi fait alors marteler les
cartouches et images de sa belle-mère, leur
substituant ceux de
Thoutmôsis I et
II, ou encore les siens. Il faut toutefois préciser que contrairement à ce qui est
souvent pensé, ce ne sont pas tous les cartouches ou toutes les images que les
ouvriers effacent, mais seulement ceux relatifs à
Hatchepsout "Roi", pas ceux appartenant à la Régente ou à la Reine. Si l'on suit la
tradition Égyptienne, Thoutmôsis III laisse de ce fait à
Hatchepsout la possibilité de revivre dans l'au-delà.
Aujourd'hui encore se pose la question du pourquoi un tel acte de la part du Roi ?.
Était-ce une question politique ? Était-ce pour se venger d'avoir été tenu à l'écart du pouvoir aussi longtemps ?. Mais,
dans ce cas, pourquoi avoir attendu vingt ans ?. La question divise les égyptologues car en l'absence de document sur
l'état d'esprit du Roi il est difficile d'imaginer ses motivations.
Florence Maruéjol
pense qu'il faut voir une volonté politique de Thoutmôsis III de rétablir une succession à son profit. Dans ce cas
Hatchepsout
doit être perçue comme une usurpatrice.
Un grand conquérant
Thoutmôsis III est un grand conquérant, il est largement considéré comme un génie par les historiens militaires et, de ce fait, il est surtout remarqué pour ses activités guerrières, dont nous connaissons la chronologie grâce au mur dit "Des annales" qui entourait le sanctuaire d'Amon à Karnak, mais aussi grâce à son scribe royal et commandant de l'armée, Tjanouny (ou Tjenen ou Thanuny), qui décrit toutes ses conquêtes au cours de son règne. Dès sa prise de pouvoir, après la mort de la Reine Hatchepsout, Thoutmôsis III reprend la politique d‘expansion de son père. Il va porter le Nouvel Empire à son apogée. Il mène 16 (on trouve aussi 17) campagnes en vingt ans pour établir un contrôle total sur la Syrie/Palestine et une en Nubie pour consolider la domination Égyptienne.
La première est en l'an 22/23, à la
tête de dix mille soldats. Elle est faite pour écarter la menace que faisait peser une coalition de Princes
Syriens,
autour du Prince de
Kadesh (ou Qadesh), soutenue par le
Mitanni.
Selon
Georg Steindorff, le Roi aurait craint une invasion dirigée par les
descendants des Rois d'Avaris,
les textes de l'époque parlent eux plus d'une action dans le but d'agrandir les frontières du pays.
L’armée Égyptienne part de
Memphis le 25e jour, du 4e mois, de la
saison
Peret, de l'an 22, et atteint
Gaza en à peine dix jours
(Près de 300 km), où elle cantonne afin de se réapprovisionner.
Puis, dès le lendemain, elle reprend sa progression
et onze jours plus tard, après une marche de 117 km, elle arrive à Yehem (ou Yemma au pied du Mont Carmel),
nous sommes le 16e jour, du 1er mois de la
saison Shemou, de l'an 23.
L'histoire ne dit pas si la ville résiste ou pas, quoi qu'il en soit elle ouvre ses portes au souverain Égyptien.
Le Roi apprend alors que la coalition ennemie est stationnée dans la ville de
Megiddo,
à 30 km au Nord de sa position. À ce moment deux solutions s'offrent à lui, passer au plus court par le dangereux défilé
d'Arouna ou faire un détour par le Sud. Malgré une armée éreintée et contre l'avis de son état-major le Roi choisit
l'option la plus dure, mais aussi celle que ces ennemis sont loin de se douter qu'il prenne.
Trois jours après, Thoutmôsis III arrive à Arouna,
la passe n'est pas gardée, ou du moins pas suffisamment, et les Égyptiens s'en rendent maître rapidement.
Dès le lendemain (14/15-04-1457) à l'aube, ils arrivent sous les murs de
Megiddo où l’ennemi
est cantonné. Sans attendre, ils lancent une attaque contre la coalition. C'est la débâcle parmi les troupes adverses,
celles-ci abandonnent leur équipement, char, or, argent, tentes etc.. et s'enfuient se réfugier dans la cité.
Cette première victoire de Thoutmôsis III est due en partie à sa position stratégique sur le terrain. Les Égyptiens,
déployés de chaque côté de la rivière Kyna, étaient en surnombre et sur une hauteur. Sur ce terrain les chars de la
coalition n'étaient d'aucune utilité, de plus du fait de la disparité des peuples qui la composait, qui ne parlaient
sûrement pas tous la même langue et n'étaient pas habitués à manœuvrer ensemble, il lui fut difficile de réagir rapidement.
Les Égyptiens
étaient en très net avantage, cependant leur manque d'expérience dans les assauts
de cités fortement murées fait qu'ils ne parviennent pas à prendre la ville. Thoutmôsis III décide alors d'y mettre le
siège en faisant encercler la cité par de larges fossés. La dernière récolte ayant été confisquée par les Égyptiens,
après un siège de sept mois la ville finit par se rendre pour ne pas mourir de faim. Sa reddition livrera la
Palestine à
Thoutmôsis III. Le compte rendu des batailles, rédigé par Tjanouny (ou Tjenen ou Thanuny),
le scribe de l'armée, fut consigné dans une longue inscription que le Roi fit graver sur les parois du temple
d’Amon-Rê à Karnak : Un texte de 225 lignes,
chacune mesurant 25 mètres de long, que les historiens appellent les Annales de Thoutmôsis III.
Tous les souverains et
Princes de
Syrie envoyèrent des présents à Thoutmôsis III en guise d'allégeance, même le Roi
d'Assyrie
Nur Ili (1464-1454) lui envoya des cadeaux somptueux. Ce dernier en effet était menacé par les
Mitanniens et espérait la protection Égyptienne.
Thoutmôsis III poursuit ensuite vers
Tyr,
puis il brisera au cours des trois campagnes suivantes, de l'an 24 à l'an 29, la branche occidentale de la
coalition avec la prise de
Kadesh. L'Égypte possède alors le contrôle des ports de la Méditerranée jusqu'à Arvad (ou Arwad ou Arouad) en
Syrie.
Lors de la deuxième campagne, le tribut comporte une Princesse accompagnée de 95 personnes, ainsi qu'entre autres,
10 chars et 103 chevaux.
En l'an 29,
le Roi lance sa cinquième campagne. Thoutmôsis III s'empare d'Oullaza à l'embouchure du Nahr el-Barid, qui était
la propriété du
Prince de Tunip (ou Tounip), allié de
Kadesh. L'armée Égyptienne y rencontre pour la première fois le peuple qu'ils nommèrent les
Apirou (ou Habiru ou Hapiru apr.w).
Après avoir pillé la région d'Ardata, en détruisant les récoltes et les
vignobles, les troupes Égyptiennes occupent le pays de Djahy, décrit par les
textes comme un paradis terrestre, qui est probablement une référence au Sud de
la Syrie.
La
Syrie sera
totalement conquise par la mer au cours de la sixième campagne et les ports
Phéniciens se soumettent au cours de la septième, un an plus tard. Ces deux campagnes, de l'an 29 à l'an 32,
servirent en effet à préparer la suivante, leur but étant de sécuriser les ports de la Méditerranée.
Elles permettaient aussi de montrer
aux Princes de
Kadesh, d'Alep,
du Nuhashshe (ou Nukhashshe ou Nuhasse ou Nuhašša, région au Sud
d'
Il y a une polémique entre les spécialistes sur la sixième campagne où il est dit que les Égyptiens arrivent en Syrie par la mer, car il n'y a aucune preuve directe que ce fut par ce moyen qu'ils lancèrent l'attaque. Quoi qu'il en soit ils avancent jusqu’à Kadesh, qu'ils prennent et pillent, puis se tournant vers l'Ouest ils marchent sur Simyra, au Nord de l’embouchure du Nahr el-Kebîr et répriment une rébellion en Ardata. Pour éviter des nouvelles révoltes, Thoutmôsis III va mettre en place une politique particulière, il prend en otage les fils des principaux dirigeants des villes conquises qu'il envoie en Égypte. C'est ainsi 36 fils de chefs Syriens qui vont être éduqués à la manière Égyptienne, avant d'être renvoyés dans leur pays natal succéder à leur pères. Cette action augmenta radicalement la loyauté des peuples soumis. La région n'est toutefois pas entièrement pacifiée et l’année suivante de nouvelles révoltes éclatent. |
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Le Roi est obligé
de mener une septième campagne de nouveau contre Oullaza qui était passée aux mains des
Mitanniens.
La chute de cette ville détermine la soumission de tous les petits ports
Phéniciens dont
les souverains assuraient l’approvisionnement des troupes rebelles avec leur production céréalière.
Comme le précise
Donald Bruce Redford Thoutmôsis III
va prendre alors des mesures radicales afin de prévenir les futures rébellions. Tout le grain excédentaire qui est
produit en
Syrie est entreposé dans les ports récemment conquis et est utilisé uniquement pour
le ravitaillement des militaires et des civils Égyptiens présents sur toute la région.
Cette action eut pour effet immédiat de ruiner les villes de
Syrie qui de ce fait
n'avaient plus aucun moyen de financer une nouvelle révolte. Ces guerres d'Asie, qui lui donnèrent le contrôle total de
la
Syrie-Palestine, débouchent sur nouvelle une cible évidente le,
Mitanni.
En l'an 33, lors de sa huitième campagne, une confrontation directe avec ce royaume devient inévitable.
Cette campagne, qui durera environ cinq mois, est documentée par au moins onze sources, cependant aucune ne
contient un récit complet. Les documents les plus important sont les stèles du Gebel Barkal et d'Armant.
En se servant de tous les textes existants
Donald Bruce Redford à
reconstituer l'ordre et la nature des évènements. Pour arriver à prendre l'ascendant
sur le
Mitanni, Thoutmôsis III se devait nécessairement de franchir la barrière
naturelle qui protégeait l’adversaire, l’Euphrate. Le Roi décide alors de faire construire
des bateaux fluviaux que l’armée Égyptienne va transporter depuis
Byblos à travers
le désert de Syrie.
Les Égyptiens
atteignent et occupent
Qatna à l'Est de l'Oronte, fait mentionné sur le septième Pylône du temple
d'Amon
à Karnak, puis franchissent le fleuve en prenant, lors d'une bataille navale, les troupes de l'Empereur
Mitannien
Parsashatar
(v.1450-v.1440) entièrement par surprise. Il semble que les
Mitanniens
ne s'attendaient pas à une invasion à cet endroit, de sorte qu'ils n'avaient pas d'armée prête à se défendre contre une force
comme celle de Thoutmôsis III. Bien que leurs navires sur l'Euphrate essayent d'interdire le passage aux Égyptiens,
Thoutmôsis III remonte vers le Nord. Il peut alors librement essaimer de ville en ville qu'il pille.
Il ravage la région d'Alep et de
Karkemish,
tandis que les nobles indigènes se cachent dans des cavernes (C'est ainsi que les documents Égyptiens ont choisi d'enregistrer ces faits).
Pendant cette période, où aucune opposition ne vient
déranger le souverain Égyptien, il fait mettre en place une stèle commémorant sa seconde traversée de l'Euphrate, à côté de
celle que son aïeul Thoutmôsis I (1504-1492),
avait mise en place plusieurs décennies plus tôt. Puis Thoutmôsis III repasse à l'Ouest et retourne sur l’Oronte à la hauteur
de Niya (ou Niye ou Niy, cité-État au Nord de la Syrie), alors
qu'Alep restait
la place forte la plus avancée du
Mitanni. À Niya il reçoit l'hommage des puissances étrangères, même
Babylone et les Hittites viendront
lui apporter des cadeaux. Il semble que ce soit à cette période que les Égyptiens signent un traité à Kurustama pour la déportation de
montagnards Gasgas en territoire Égyptien. Le Roi se permet aussi d'organiser une chasse à l’éléphant, comme devait l'avoir fait avant
lui Thoutmôsis I, puis il rentre par voie de terre en Égypte
après avoir garanti le ravitaillement des ports
Phéniciens.
La
question peut se poser pourquoi Thoutmôsis III a organisé si vite cette huitième
campagne ?. Il semble qu'il est voulu profité du flou dans lequel était le
royaume
Mitannien lors de l'accession au pouvoir de
Parsashatar
et qu'il y ait vu là une opportunité. Il savait aussi que les
Mitanniens étaient menacés sur leurs arrières par les
Hittites de l'Empereur
Tudhaliya I (ou Touthalija ou Duhalijas, v.1450-v.1420).
Parsashatar est
cependant loin d'être vaincu, il contrôle l'intérieur de la
Syrie du Nord
jusqu'au Nuhashshe (ou Nukhashshe ou Nuhasse ou Nuhašša, région au Sud
d'Alep),
ainsi que les régions côtières du
Kizzuwatna,
jusqu'au royaume d'Alalah à l'embouchure de l'Oronte et Thoutmôsis III, pour avoir une réelle domination, doit encore l'affronter. (voir
la carte des territoires du Mitanni).
En l'an 34 de son règne le souverain
Égyptien décide de retourner en
Syrie. Il lance une neuvième campagne dans le but de repousser les
Mitanniens en Naharina. Le Roi étouffe une révolte à Djahy et s’empare de Nouges.
Pour Donald Bruce Redford,
cette campagne est plus à considérer comme une succession de raids sur la région du Nuhashshe. Les comptes rendus de
la dixième campagne indiquent par contre des combats beaucoup plus violents. En l'an 35 de Thoutmôsis III,
Parsashatar qui a
toujours le soutien de ses vassaux, soulève une grande armée et engage les Égyptiens aux environs
d'Alep.
Comme d'habitude pour un souverain Égyptien, Thoutmôsis III se prévaut d'une victoire totale, mais selon
Redford cette affirmation est suspecte en raison, d'après lui, de la très petite quantité de prises lors des
pillages. Plus précisément, les annales de Thoutmôsis III à Karnak indiquent qu'il n'y eut qu'un total de dix prisonniers
de guerre. Il aurait simplement combattu les
Mitanniens
dans une passe et ces derniers auraient immobilisé son armée. Cependant, si l'on
admet que
Parsashatar
fut le vainqueur, celui-ci
ne reçu pas le tribut des
Hittites après cette campagne, ce qui pour
Redford semble indiquer que
l'issue de la bataille était en faveur de Thoutmôsis III.
Le compte rendu des deux campagnes
suivantes est malheureusement perdu. La onzième est présumée avoir eu lieu dans la 36e année de règne et la douzième
dans la 37e/38e année. Elles consistaient sûrement plus en une succession d'opérations de police et de razzia dans les
régions sous contrôle Égyptien. Dans sa treizième campagne Thoutmôsis III retourne en
Nuhashshe, mais semble t-il, d'après
Redford, pour une campagne très mineure. L'année suivante, en l'an 39, il monte la
quatorzième campagne qui a pour but d'aller combattre les
Shasou (Shsw) qui occupent le Sud de la
Palestine à cette époque.
L'emplacement exact de cette campagne est impossible à déterminer, puisque les
Shasou étaient des nomades
qui auraient pu vivre n'importe où, du Liban jusqu'au royaume
d'Édom.
D'après la grande liste du Roi, ils se trouvaient plus précisément dans le Negev. Les chiffres donnés par les scribes
de Thoutmôsis III pour ces campagnes sont tous en lacune. Lors de la 40e année de son règne un hommage lui est rendu
par des puissances étrangères qui lui apportent des cadeaux, mais on ignore si c'est à considérer comme suite à une campagne.
Pour la quinzième campagne nous avons juste dans ses annales la liste des hommages qui lui sont rendus, mais nous ne
connaissons rien à son sujet, sauf que c'était probablement un autre raid à la frontière autour de Niya.
Sa campagne Asiatique finale, la seizième, est
mieux documentée et stratégiquement plus importante que les six précédentes. Le
Mitanni n'ayant toujours pas renoncé à laissé les Égyptiens prendre le contrôle de la
Syrie,
pousse les Princes des villes
Phéniciennes au soulèvement. Thoutmôsis III fait prendre la voie le long de la
côte à son armée pour aller écraser une révolte de deux cités dans la plaine de l'Arka à cette occasion le souverain s’empare
du port d’Arqata près de
Tripoli du Liban.
Puis il prend et ravage Tunip (ou Tounip) et une autre ville dont le nom ne nous est pas parvenu.
Sans attendre il tourne ensuite son attention vers trois garnisons
Mitanniennes qui se
situaient autour de la ville de
Kadesh. Cependant la forte résistance de celles-ci va pousser Thoutmôsis III
à renoncer à prendre la cité qui était pourtant un point stratégique.
Cette
campagne de l'an 42, en demi-teinte, montre les limites de la puissance Égyptienne. Elle sera la dernière sur cette région.
Par la suite, selon les textes des monuments de l'officier Minmose (ou Minmès), il semble que des actions
militaires soient menées dans la région du Takhsy (Ou Tikhsy, entre l'Oronte et l'Euphrate) pour étendre l'influence
Égyptienne à l'Est de
Byblos et ne pouvant se développer au Nord l'Égypte tente d'agrandir son territoire vers l'Est.
Les cités de Syro-palestine, bien que conservant une certaine autonomie, seront assujetties à payer
l’impôt à une administration Égyptienne renforcée par des garnisons placées aux endroits stratégiques. Les conséquences
de cette domination de l'Égypte pendant 50 ans sont un énorme afflux de richesses dans le pays, butin de guerre ou impôts.
Les royaumes conquis envoient : Du vin, de l'huile, des bovins, des chevaux, de l'argent, du cuivre, des pierres précieuses,
des armes, des chars, des serviteurs et des femmes pour le harem. La
Phénicie donnait le blé, le cuivre, l'étain et prêtait aussi sa flotte pour les opérations militaires.
D'Afrique arrivait l'or, l'ivoire et l'ébène. L'Assyrie
fournissait du lapis-lazuli et le
Hatti
des pierres précieuses. Le pays de Pount envoyait l'encens et la myrrhe. La majeure partie de ces richesses servait à
enrichir le temple d'Amon à Karnak et la
construction d’un grand nombre de salles et d’obélisques.
Tout au long de son règne Thoutmôsis III aura placé l'Égypte au sein d'un vaste Empire, englobant, du Soudan actuel,
au couloir Syro-palestinien.
Le Roi, d’après quelques documents,
fut un artiste et donc un homme de culture. Il aimait la botanique, il savait façonner les vases et aimait l’écriture.
Ce Roi "savant" avait aussi le goût pour les choses anciennes. La liste de ses ancêtres Rois
qu'il fît
écrire dans le temple de Karnak et le soin qu'il apporta aux monuments des souverains disparus sont certainement un témoignage
d’une profonde dévotion et font l’histoire caractéristique de ce grand Roi. Puissance, prospérité, richesses sans cesse accrues,
vont profiter aux souverains suivants.
Selon James Edward Harris et
Edward Frank Wente, le souverain
mourut probablement entre 63 et 66 ans. |
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Ses constructions
Thoutmôsis III ne fut pas seulement un grand combattant,
son activité de bâtisseur comme tous les Rois de cette dynastie va être à grande échelle. Il réalise de vastes
programmes de construction. Il aurait construit plus de cinquante temples, bien que certains
d'entre eux sont maintenant perdus et ne sont mentionnés que dans les archives écrites. Il remplace les sanctuaires
construits en brique au Moyen Empire par
des temples de pierres. Son œuvre architecturale est immense et couvre même la Basse et Haute-Nubie: Bouhen, Kouban, Qasr
Ibrim, Ouronarti, Pnoubs, Saï, Semna etc..., jusqu'au Gebel Barkal. À Karnak, grâce à son architecte Inéni,
il édifie l'Akhmenou, les VIe et VIIe pylônes, un édifice près du lac sacré et plusieurs obélisques.
On trouve
aussi des constructions : À Der el-Bahari ; à
Médinet Habou ; à
Abydos où il bâtir un nouveau temple encore plus grand,
de 60 m × 40 m. Il fait également placer un chemin processionnel le long du temple jusqu'au cimetière, surplombé d'un portail de granit.
À Avaris où il construit un palais sur les ruines
de la citadelle qui sera également rebâtie ; à
Assiout ; à
Dendérah ; à
Edfou ; à
Éléphantine ; à Ermant ; à Esna; à
Hermopolis Magma ; à
Héliopolis ; à
Kôm Ombo ; à Médamoud et à Tôd.
L’échanson royal et chef des travaux, Mînmes et le Grand Prêtre
d'Amon Menkhéperrêséneb, superviseront dix-neuf
de ces travaux. Il fait aussi construire un port maritime, que
Ramsès II terminera, au Sud de l'île de Pharos.
Au retour de sa première campagne en Asie,
Thoutmôsis III fait mettre en chantier plusieurs monuments à Karnak, dont l'Akhmenou
(Qui signifie "Temple de la régénération du souverain") et le temple de
Ptah.
Dans ces monuments il fait mettre à l'honneur plusieurs personnalités féminines
de son entourage. Il dédie notamment à sa mère une superbe statue en granit
noir, rehaussée d'or, conservée aujourd'hui au
musée du
Caire. Il a également commandé la construction de nombreuses tombes
pour les nobles, qui ont été faites avec une finesse et une qualité jamais atteinte. Son règne fut également une période de
grands changements stylistiques dans la sculpture, la peinture et les reliefs associés à la construction.
Sa sépulture
Thoutmôsis III meurt le dernier jour du 7e mois de sa
53e année de règne, selon certains égyptologues le 30e jour du 3e mois de la
saison Peret. Son tombeau, KV34,
se trouve dans la
vallée des Rois, mais sa momie
a été retrouvée en 1881 dans la cachette de la tombe
DB320 de
Deir el Bahari, elle mesurait 1.68 m. La momie
a été endommagée par les pilleurs de tombe. Cassée en plusieurs morceaux, elle a été sauvée de la destruction complète par
les Prêtres qui l'ont consolidé avec des bandelettes. La mémoire de Thoutmôsis III va longtemps être rappelée, sous
la XXIe dynastie, le Roi
Pinedjem I (1070-1054) donnera à son fils le nom
de couronnement de Thoutmôsis (Menkhéperrê) et à sa fille celui de la Reine
Hatchepsout (Maâtkarê).
Son tombeau est découvert le 12 février 1898 par
Victor Loret qui commence immédiatement
les premières excavations. Il sera suivi par
Georges Daressy en 1898-1899.
Il est photographié par Paul Bucher en 1932. Ce tombeau représente une transition dans la conception des tombeaux royaux.
Il se compose d'une entrée assez raide qui donne accès à un corridor, puis à l'antichambre avec sa descenderie centrale
et un deuxième corridor menant à une autre chambre.
La
tombe s'étend sur une longueur totale d'un peu plus de 76 m (76,11 m). La chambre funéraire est
rectangulaire avec les coins arrondis, lui donnant l'aspect d'un cartouche et est flanquée de quatre chambres latérales.
Elle est décorée de trois registres de l'Amdouat et des scènes
litanies de Rê.
Ce tombeau possède sur ses murs la première version complète de l'Amdouat. Le superbe sarcophage de quartzite du Roi
occupe toujours la chambre funéraire. On a retrouvé dans le tombeau des
momies de la
Période Ptolémaïque. |
|
Sa famille
Thoutmôsis III a sept ou
huit épouses qui lui sont attribuées par différents spécialistes :
•
Satiâh (ou
Sitiah ou Sit-aoh ou Sit-Iah ou Sat-Iah -
sAt JaH - "Fille de la Lune"),
Grande Épouse Royale (Hmt-nswt wrt),
qui fut la fille d'Ipou (ou Ipu) qui occupait le poste de nourrice royale et il est possible que son père fut
l'important fonctionnaire
Ahmès-Pennekhbet, dont la carrière couvrira les règnes des Rois
Ahmès I (ou Ahmôsis, 1549-1525/24) à Thoutmôsis III.
Satiâh mourut pendant le règne
de Thoutmôsis III, vers l'an 23 ou 24 (environ vers 1456). Pour ses titres voir à
Satiâh.
Selon Aidan Marc Dodson et Dyan
Hilton, elle aurait donné un fils à Thoutmôsis III :
▪
Amenemhat (ou Aménémès) qui serait décédé vers l'an 24 du règne de son père.
Néferourê est aussi donnée comme la mère de ce Prince.
Toujours selon Dodson et
Hilton, le nom d'Amenemhat est mentionné sur une inscription dans le temple de Karnak, datant de la 22e année du règne
de son père. Elle nous informe que peu de temps après la mort
d'Hatchepsout,
il fut nommé Prince héritier et "Surveillant du bétail". Ce dernier titre très inhabituel
pour un Prince. Il est également représenté dans la tombe
Thébaine
de sont précepteur, Min, qui était Maire de Thinis.
•
Méritrê-Hatchepsout
(ou parfois Hatchepsout-Meryet-Ra ou Hatshepsut-Meryetre -
Mr.t Ra HA.t Sps.(w)t- "L'aimée de Rê, la première des nobles Dames"),
qui fut la deuxième
Grande Épouse Royale ( Deux fils :
▪
Amenhotep II qui,
son demi-frère aîné Amenemhat (ou Aménémès) étant décédé, va succéder à son père.
▪
Menkhéperrê, il est représenté, avec ses sœurs, sur une statue de leur grand-mère
maternelle, Dame Houy, qui est aujourd'hui au British Museum. Il est probable que certains fragments de vase canope
trouvés dans la vallée des Reines lui appartiennent.
Quatre ou cinq filles :
▪
Iset (ou Isis - Ast - "Le trône"),
elle est représentée, avec ses sœurs et Menkheperrê, sur la statue de
leur grand-mère maternelle, Dame Houy, qui est aujourd'hui au British Museum. Selon
Aidan Marc Dodson et Dyan
Hilton elle est décrite comme plus petit que ses frères et sœurs, elle est donc susceptible d'avoir été
la plus jeune d'entre eux.
▪
Nebetiounet (ou Nebetiunet -
nbt Jwnt - "Dame de Dendérah"), un titre de la Déesse
Hathor.
Elle est également représentée, avec ses sœurs et Menkheperrê, sur la statue de
leur grand-mère maternelle, Dame Houy, qui est aujourd'hui au British Museum. On ne sait pratiquement rien d'elle.
▪
Méritamon (ou Mérytamon ou Meritamen
- Mrjt Jmn - "Aimée d'Amon").
Pour
Christian Leblanc elle serait la cadette. Elle est représentée, avec ses sœurs et Menkheperrê, sur
la statue de leur grand-mère maternelle, Dame Houy,
qui est aujourd'hui au British Museum. Elle serait aussi en compagnie de son Tuteur, le Surintendant du Trésor,
Bénermerout, sur sa statue cube trouvée à Karnak et aujourd'hui au
musée du
Caire. La Princesse y est montrée assise sur ses genoux. Selon
Aidan Marc Dodson et Dyan
Hilton, elle est également représentée dans la chapelle
d'Hathor, construite par son père, à
Deir el-Bahari.
Elle fut enterrée dans une tombe, sous la colonnade Nord de la première terrasse du
temple funéraire d'Hatchepsout à
Deir el-Bahari. Elle hérita du titre
d'Épouse du Dieu Amon (hmt-ntr jmn)
de sa mère. Ses autres titres furent : Fille du Roi (sAt-nswt)
et Sœur du Roi (snt-nswt).
Pour certains spécialistes Thoutmosis III et
Méritrê-Hatchepsout
eurent une deuxième fille appelée Méritamon, elle serait également représentée
sur la statue de Houy. Il y a sûrement confusion avec Baketamon, ci-dessous. On
ne sait pas laquelle de ces Princesses est représentée sur les genoux de Bénermerout.
▪
Baketamon (ou Beket - "Servante d'Amon"). Son nom est inscrit avec
le
cartouche de son père, sur un objet votif en faïence, découvert par
Henri Edouard Naville à
Deir el-Bahari,
qui est aujourd'hui au
musée de Brooklyn. Elle est également mentionnée sur un bâton de jet, qui
est aujourd'hui au Brooklyn Museum, ayant appartenu à
un de ses serviteurs, un certain, Amenmosé (ou Amenmès),
et probablement sur un scarabée qui est aujourd'hui au British Museum. Selon
Dodson et
Hilton, il est possible qu'elle soit la Princesse debout derrière sa sœur Méritamon dans la chapelle
d'Hathor à
Deir el-Bahari.
Pour d'autres elle est de mère inconnue et ne serait pas une fille de
Méritrê-Hatchepsout.
▪
On lui attribue aussi quelques fois la maternité de la Reine
Tiâa I, l'épouse
d'Amenhotep II.
•
Nébétou (ou Nebtu ou Nebetta ou Nibtou ou Nebetiunet -
nbtw). Elle est représentée dans une scène,
sur un pilier de la tombe de Thoutmôsis III
(KV34),
où le Roi dirige une procession des membres de sa famille avec ses deux
Grandes Épouses Royales,
Méritrê-Hatchepsout
et Satiâh, Nébétou et sa fille Néfertari.
Les noms de Satiâh et Néfertari
sont suivis par maa kherou, qui indique qu'elles étaient déjà décédées lorsque le tombeau fut construit.
À la différence du nom des deux autres épouses, celui de Nébétou n'est pas enfermé dans un cartouche.
On ne lui connait qu'un titre :
Épouse du Roi (hmt-nswt). Nébétou est aussi citée dans la tombe
TT24, à Sheikh Abd el Gourna
de Nebamon, qui était Majordome du Domaine de l'Épouse Royale Nébétou.
Nous ne savons rien d'autre de cette souveraine qui,
selon Christian Leblanc, dut
mourir après Satiâh. Elle aurait donné
une fille au Roi :
▪
Néfertari (ou Nefertiry) qui est nommée par quelques spécialistes, dont
Christian Leblanc,
Nofretirou. À part cette représentation dans la tombe
KV34,
où la légende inscrite près de sa silhouette suggère qu'elle mourut
prématurément, elle n'est citée nulle part. Il est fort possible qu'elle ne fut
pas une fille de Nébétou.
•
Néferourê qui naît en
l'an 10/11 du règne de Thoutmôsis II.
Elle a peut-être été l’épouse de son demi-frère Thoutmôsis III. Cette théorie est fondée sur deux
inscriptions où le nom de la
Grande Épouse Royale,
Satiâh (ou Sitiah)
a été remplacé par celui de
Néferourê.
Une des inscriptions est associée au titre Grande Épouse Royale (
•
Menhet,
Ménoui (ou Menouay) et
Merti
qui furent des épouses mineures. Elles furent semble t-il d'origine étrangère car leurs noms sont à consonance de
l'Ouest Sémitique, peut-être Syriennes, mais aucune ne serait
Hourrite.
On ne sait pas si ces femmes furent liées familièrement et si elles viennent du
même royaume. Elles furent enterrées dans une élégante tombe au Sud-ouest de
l'Ouâdi Gabbanat el-Gouroud
à Thèbes. Leur tombeau fut découvert en août 1916 dans les falaises de la montagne, mais il fut rapidement pillé par
des villageois. On ne connait pas d'enfant de ces unions. Chacune reçu le titre
d'Épouse du Roi (hmt-nswt).
•
Nebsemi, cette "Reine" n'est mentionnée que sur un fragment d'une statue dans le
temple funéraire de Thoutmosis III. Elle peut avoir été une de ses épouses
mineures. Ses titres étaient :
Épouse du Roi (hmt-nswt),
Épouse du Roi sa bien-aimée (htm-nswt-meryt.f).
Deux autres enfants sont attribués à Thoutmosis III dont on ne connait pas le
nom de la (ou les) mères (s) : ▪
Thoutmôsis, qui est donné par quelques spécialistes dont
Christian Leblanc. Il fut d'après l'égyptologue Grand-Prêtre de
Ptah à
Memphis, comme
le confirmerait une statuette aujourd'hui au
musée du Louvre.
Il ajoute que c'est probablement au même personnage que se réfèrent deux stèles
aujourd'hui dans les
musées
de Leyde et Florence. Aidan Marc Dodson
avance lui qu'il s'agit sur ces stèles d'un fils
d'Amenhotep III (1390-1353/52) ?. ▪
Siamon (S3 Jmn - "Fils d'Amon"), qui est donné notamment par William Kelly Simpson,
Aidan Marc Dodson
et Dyan Hilton. Selon ces égyptologues il serait nommé sur une statue du Chancelier Sennéfer qui est aujourd'hui au
musée
Égyptien du Caire et qui a été datée du règne de Thoutmosis III. |
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Pour d'autres détails sur le Roi voir les ouvrages de :
- Ancient records of Egypt : Historical documents from the earliest times to the Persian conquest, Vol.1, The
first to the seventeenth dynasties, C. Scribner's Sons 1905 - The University of Chicago press, Chicago, 1906,
1907 et (posthume) 1962 - Simon Publications, Décembre 1937 - University of Illinois Press, Mai 2001.
Betsy M.Bryan :
- Administration in the reign of Thutmose III, chapter 3 in Cline, pp. 69-122,
Thutmose III : A New Biography, Ann Arbor, University of Michigan Press, 2006.
Eric Cline et
David O'Connor :
- Thutmose III : A new biography, The University of Michigan Press, Mars 2006.
- Thoutmosis III : le plus grand des pharaons : son époque, sa vie, sa tombe, le Léopard d'or, Paris, 1991.
- Le vice-roi Nehy et l'an 52 de Thoutmosis III, pp. 151-153,
RdE 28, 1976.
Aidan Marc Dodson : et Dyan Hilton :
- The complete royal families of ancient Egypt, Thames and Hudson, London, Septembre 2004 et Février 2010.
- Frammento di una epigrafe Nubiana di Thutmose III,
IFAO, Le Caire, 1985.
Peter F.Dorman :
- The early reign of Thutmose III : An unorthodox mantle of coregency,, chapter 2 in Cline, pp. 39-68, Thutmose
III : A New Biography, Ann Arbor : University of Michigan Press, 2006.
- The Battle of Megiddo, pp.2-15,
JEA 29, London, 1942.
- Thoutmôsis III ou l'apogée de l'Égypte, Collection : L'Égypte des grands Pharaons, Pierre Belfond, Décembre 1994 -
Firmin Didot, 1995.
- Imperial lives : Illustrated biographies of significant new kingdom Egyptians. v. 1. The late 17th dynasty
through Thutmose IV, KMT Communications, Sebastopol, 2005.
Jacques Freu :
- Hittites et Achéens : Données nouvelles concernant le pays d'Ahhiyawa, Nice, 1990.
- Histoire du Mitanni, L'Harmattan, Paris, 2003.
- The battle of Megiddo, Halgo, Baltimore, 2000 et Août 2001.
James Edward Harris et
Edward Frank Wente :
- An X-ray atlas of the royal mummies, The university of Chicago press, Chicago, Juillet 1980.
- Egypt : Internal affairs from Tuthmosis I to the death of Amenophis III
Cambridge Ancient History, Revised edition, vol. 2, Cambridge University Press, 1962 et 1973.
- Pharaons, Thèbes ou la naissance d'un empire, Fayard, Paris, 1986.
- Mémoires de Thoutmôsis III, Calmann-Lévy, Paris, 1997.
Piotr Laskowski :
- Monumental architecture and the royal building program of Thutmose III, chapter 5 in Cline, pp. 183-237 Thutmose
III: A New Biography, Ann Arbor : University of Michigan Press, 2006.
Christine Lilyquist, James E.Hoch et A.J.Peden :
- The tomb of three foreign wives of Tuthmosis III, Metropolitan Museum of Art / Yale University Press, New York, 2003.
- Thoutmôsis III et la corégence avec Hatchepsout, Éditions : Pygmalion, Collection : Les grands Pharaons, Paris, Septembre 2007.
- The Coregency of Tuthmosis III and Amenophis II, pp. 107-122,
JEA 51, London, 1965.
- The wars in Syria and Palestine of Thutmoses III,
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- The northern wars of Thutmose III, chapter 9 in Cline, pp. 325-343, Thutmose III : A New Biography, Ann Arbor :
University of Michigan Press, 2006.
Gay Robins :
- Meritamun,
daughter of Ahmose, and Meritamun, daughter of Thutmose III, pp. 78-87,
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- Women in ancient
Egypt, Harvard University Press, Cambridge, Mass., 1993.
- The Building Activities of Thutmose III in the Valley of the Kings, chapter 6 in Cline, pp. 238-259, Thutmose III : A
New Biography, Ann Arbor: University of Michigan Press, 2006.
- A critical analysis of the "Annals" of Thutmose III (Stücke V-VI), pp. 41-54,
JARCE 14, New York, 1977.
- A new reference to an Egyptian campaign of Thutmose III in Asia, pp. 35-41,
JNES 37, Chicago, Janvier 1978.
- Aspects of the military documents of the ancient Egyptians, Yale University Press, New Haven, 1982 et 1983.
- The festival structure of Thutmose III's Buto stele, pp. 69-76,
JARCE New York, 1996.
- War in ancient Egypt, Collection : Ancient World at War, Blackwell Publishing Ltd, Décembre 2004.
- Covetous eyes south : The background to Egypt's domination of Nubia by the reign of Thutmose III,
chapter 10 in Cline, pp. 344-369, Thutmose III : A New Biography, Ann Arbor : University of Michigan Press, 2006.
- Religion and Cult during the Time of Thutmose III, chapter 4 in Cline, pp. 123-182, Thutmose III :
A New Biography, Ann Arbor : University of Michigan Press, 2006.
Angelika Tulhoff :
- Thutmosis III. 1490-1436 v. Chr.: Das ägyptische Weltreich auf dem Höhepunkt der Macht, Callwey,
München, 1984.
Charles Cornell Van Siclen III :
- The Date of the Bark Shrine of Thutmosis III,
GM 79,
Göttingen, 1984.
- Thutmose III's Accession and the Beginning of the New Kingdom, pp. 265-272,
JNES 34,
Chicago, 1975. |
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- Rois et Reines d'Egypte : Sur les pas des grands pharaons
Réalisation : History channel,
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