Quelques Rois Importants :

Thoutmôsis  III

1479 - 1425  

 

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Sommaire

 

     ▪ Sa titulature

Son origine

Ses dates et durée de règne

Son règne

      La prise de pouvoir

      Un grand conquérant

Ses constructions

Sa sépulture

Sa famille

Bibliographie

Filmographie

 

                   DATES  de  RÈGNE

               1479-1425

C.Aldred, D.Arnold, N.Grimal, J.Kinnaer,

K.A.Kitchen, J.Malek, S.Quirke, W.J.Murnane,

I.Shaw, J.von Beckerath

1504-1452  D.B.Redford

1504-1450  E.F.Wente, C.C.Van Siclen III

1490-1439  A.Eggebrecht

1490-1436  E.Hornung, A.H.Gardiner, R.A.Parker,

1479-1426  R.Krauss

1479-1424  A.M.Dodson

1478-1426  P.Vernus, J.Yoyotte

1467-1413  H.W.Helck

1466-1412  D.Sitek

 

 

Sa titulature

  • Hr kA-nxt xai-m-wAst , mri-ra qAi-HDt , qAi-HDt mri-ra

  • nbti wAH-nsyt-mi-ra-m-pt , sxai-mAat mri-tAwi

  • bik nbw Dsr-xaw sxm-pHti , hrw-Hr-nxtw Hwi-HqAw-xAswt-pHw-sw

  • mn-xpr-ra , mn-xpr-kA-ra

  • DHwti-msi(w) nfr-xprw , HqA-wAst , HqA-mAat , HqA-iwnw
     

  • Mêphrês  ou   Misaphris  ou  Memphrês  (Manéthon)

Nom d'Horus

Horus Kanekhet Khâemouaset  puis 

Mérirê kaiedjet

(Horus taureau victorieux,

Qui apparaît radieux à Thèbes)

Hr kA-nxt xai-m-wAst , mri-ra qAi-HDt

Nom de Nebty

Nebty Ouahnesytmirêmpet

(Nebty Dont la royauté est durable

à l'égal de celle de Rê dans le ciel)

nbti wAH-nsyt-mi-ra-m-pt

Nom d'Horus d'or

Bik Nebou Djéserkhâ Sékhempehti

(Aux apparitions sacrées et à la force imposante)

bik nbw Dsr-xaw sxm-pHti

Nom de Roi

Abydos 70

Menkhéperrê

(La manifestation de Rê demeure)

mn-xpr-ra

Nom de naissance

Djéhoutymosé Néferkhéperou  ou  Heqaouaset

(Celui qui est né de Thot, Au devenir parfait) ou

(Régent de Thèbes)

DHwti-msi(w) nfr-xprw , HqA-wAst

 

 Son origine

 

   Thoutmôsis III (ou Thoutmès ou Thutmose ou Thutmosis en Grec ou Djéhoutymosé en Égyptien) est le 6e Roi (5e si on le compte régnant avant la Reine Hatchepsout) de la XVIIIe dynastie. Il est appelé par Manéthon, Mêphrês ou Misaphris ou Memphrês. Il est le fils de Thoutmôsis II et d’une épouse secondaire, Iset (ou Isis). Les frères de son père, Amenmès (ou Amenmosé) et Ouadjmès (ou Ouadjmosé ou Wadjmose ou Wadjmès ou Wadj-Messu), qui était les aînés, moururent avant celui-ci. C'était alors posé la question de la place de la future Reine Hatchepsout, sa belle-mère, demi-sœur de son père. Selon une interprétation des textes de la Théogamie (Récit de la naissance divine) de Deir el-Bahari, Thoutmôsis I aurait décidé à ce moment de faire couronner sa fille Hatchepsout et lui aurait abandonné la plus grande partie du pouvoir. Hatchepsout va se servir de ces textes comme élément pour assoir sa légitimité sur le trône.

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Cartouche de Thoutmôsis III sur l'obélisque de Karnak

 

   À la mort de Thoutmôsis I, Hatchepsout âgée d'une quinzaine d'années épouse son demi-frère Thoutmôsis II qui monte sur le trône. Les travaux de l'égyptologue Luc Gabolde sur les inscriptions des monuments nous permettent de mieux connaître l'équilibre des pouvoirs à cette époque. Cependant à la mort de son époux, n’ayant pas eu de fils avec lui, la succession revient à Thoutmôsis III. Comme il est très jeune, il a à peine 5 ans, Hatchepsout, Grande Épouse Royale, va prendre le pouvoir en qualité de Régente. Ce qui est à noter c'est que dans les documents, les années de règne de Thoutmôsis III sont l'unique décompte utilisé, Hatchepsout n'est jamais mentionnée. Selon une étude récente de l'ADN de Thoutmôsis II, celui-ci ne serait peut-être pas lié paternellement à la lignée principale de la XVIIIe dynastie au pouvoir depuis 1549, ce qui fait supposer à certains spécialistes que Thoutmôsis III ne serait pas son fils ?, idée qui est loin de faire l'unanimité.

 

 Dates et durée de règne

 

  Manéthon lui compte 12 ans et 9 mois de règne (Josèphe Flavius), mais il fait erreur sur cette durée, Thoutmôsis III est en fait au pouvoir presque 54 ans, du 24/4/1479 au 11/03/1425. Selon Nicolas Grimal, ces dates, de même que toutes les dates de la XVIIIe dynastie, peuvent cependant être contestables en raison des incertitudes sur les circonstances entourant l'enregistrement d'un lever héliaque de l’étoile Sothis sous le règne d'Amenhotep I (1525/24-1504). Incertitudes concernant l'endroit où il convient d'observer ce phénomène qui sert de point de repère pour la datation. En effet on l'enregistre à une date différente si on se trouve à Memphis où à Thèbes (entres autres). Un papyrus des annales du règne d'Amenhotep I note cette observation astronomique, ce qui fait que théoriquement, il pourrait être utilisé pour corréler la chronologie Égyptienne avec le calendrier moderne, mais pour ce faire, il nous faudrait connaître la latitude où l'observation a été prise en compte, hors nous n'avons pas à ce jour cette information.

 

   Les spécialistes pensent que cette observation fut faite, ou à Memphis, ou à Héliopolis, ou encore à Thèbes. Ces différentes latitudes vont donner les dates, avec plus de dix ans de différence, que l'on trouve entre les auteurs. Par contre comme le précise Donald Bruce Redford la longueur du règne de Thoutmôsis III, est connue avec certitude grâce à une information trouvée dans le tombeau d'Amenemheb, fonctionnaire de la cour. Selon James Henry Breasted, Amenemheb à enregistré le décès du Roi dans la 54e année de son règne et William Joseph Murnane précise que c'est le 30e jour du 3e mois de la saison Peret. Son très long règne n’est pas sans partage (trente-trois ans seul). Il sera évincé du pouvoir très jeune à la mort de son père par sa belle-mère Hatchepsout, Grande Épouse Royale. Il ne commencera son règne personnel qu’a la mort de cette dernière (An 22). À la fin de sa vie, durant les deux dernières années de son règne, il partage une nouvelle régence avec son fils Amenhotep II, tout à fait voulue cette fois.

 

Son règne

Voir la carte des possessions Egyptiennes sous Thoutmôsis III

Carte des possessions Égyptiennes,

Mitanniennes et Hittites

 

        La prise de pouvoir

 

   À la mort de Thoutmôsis II, sa belle-mère, la Grande Épouse Royale Hatchepsout, n’ayant pas eu de fils avec lui, la succession revient à Thoutmôsis III. Cependant, étant trop jeune pour régner, il n'a pas 5 ans. Hatchepsout va prendre le pouvoir en qualité de Régente. Cette succession ne semble pas à l'époque poser de problème comme l'écrit Inéni, un haut fonctionnaire. Mais la Reine va chercher à faire valoir les droits que lui avait concédés son père. Certains égyptologues avancent qu'en l’an 2 de Thoutmôsis III et pour d'autres vers la fin de l’an 7, Hatchepsout obtient tous les pouvoirs en se faisant couronner "Pharaon" avec l’appui du haut clergé d'Amon, qui est dirigé par le Grand Prêtre Hapouseneb. Le débat sur la date de sa prise de pouvoir est du à l'interprétation de deux faits : Son changement de titulature, qui est daté de l'an 7, qui suppose donc une corégence assez longue et l'inscription dans la chapelle rouge à Karnak, datée elle de l'an 2, qui suggère une période plus courte. Quoi qu'il en soit, avec cette prise de pouvoir l'héritier Thoutmôsis III devient Corégent.

 

   La Reine justifie sa légitimité en usant de plusieurs artifices : Les dernières volontés de son père qui souhaitait la voir régner. Elle s'invente une naissance divine qui est racontée dans des textes et des représentations qui décorent son temple funéraire de Deir el-Bahari. C'est cette justification qui est appelée Théogamie (Naissance divine). Il y est dit que le Dieu Amon se serait uni avec sa mère Ahmès pour l'engendrer. L'oracle d'Amon plaide en sa faveur. Elle est Grande Épouse Royale, Fille de Roi et Épouse du Dieu Thoutmôsis II etc... Cela dit elle n’usurpe pas à proprement parlé le trône, car Thoutmôsis III reste associé aux manifestations et décisions royales, mais pendant une vingtaine d'année (1479-1457) le Roi va être tenu à l'écart de l'État.

 

   Après la disparition d'Hatchepsout, en l'an 22 de son règne, dans des circonstances inconnues, Thoutmôsis III obtient enfin la pleine souveraineté et va diriger l'Égypte jusqu’à sa mort. La date exacte du décès d'Hatchepsout n'étant pas connue, on considère qu'elle survient le jour où Thoutmôsis III devient "Pharaon" d'Égypte, qui serait le 10e jour, du 2e mois (Mekhir), de la saison Peret, de l'an 22, tel qu'il est inscrit sur une stèle érigée à Armant (Hermonthis), comme le précise Joyce Anne Tyldesley. Soit, pour James Peter Allen, le 16 Janvier, 1458. Le Roi fait alors marteler les cartouches et images de sa belle-mère, leur substituant ceux de Thoutmôsis I et II, ou encore les siens. Il faut toutefois préciser que contrairement à ce qui est souvent pensé, ce ne sont pas tous les cartouches ou toutes les images que les ouvriers effacent, mais seulement ceux relatifs à Hatchepsout "Roi", pas ceux appartenant à la Régente ou à la Reine. Si l'on suit la tradition Égyptienne, Thoutmôsis III laisse de ce fait à Hatchepsout la possibilité de revivre dans l'au-delà. Aujourd'hui encore se pose la question du pourquoi un tel acte de la part du Roi ?. Était-ce une question politique ? Était-ce pour se venger d'avoir été tenu à l'écart du pouvoir aussi longtemps ?. Mais, dans ce cas, pourquoi avoir attendu vingt ans ?. La question divise les égyptologues car en l'absence de document sur l'état d'esprit du Roi il est difficile d'imaginer ses motivations. Florence Maruéjol pense qu'il faut voir une volonté politique de Thoutmôsis III de rétablir une succession à son profit. Dans ce cas Hatchepsout doit être perçue comme une usurpatrice.

 

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Thoutmôsis III  -  Deir el-Bahari

               Un grand conquérant

 

   Thoutmôsis III est un grand conquérant, il est largement considéré comme un génie par les historiens militaires et, de ce fait, il est surtout remarqué pour ses activités guerrières, dont nous connaissons la chronologie grâce au mur dit "Des annales" qui entourait le sanctuaire d'Amon à Karnak, mais aussi grâce à son scribe royal et commandant de l'armée, Tjanouny (ou Tjenen ou Thanuny), qui décrit toutes ses conquêtes au cours de son règne. Dès sa prise de pouvoir, après la mort de la Reine Hatchepsout, Thoutmôsis III reprend la politique d‘expansion de son père. Il va porter le Nouvel Empire à son apogée. Il mène 16 (on trouve aussi 17) campagnes en vingt ans pour établir un contrôle total sur la Syrie/Palestine et une en Nubie pour consolider la domination Égyptienne.

 

   La première est en l'an 22/23, à la tête de dix mille soldats. Elle est faite pour écarter la menace que faisait peser une coalition de Princes Syriens, autour du Prince de Kadesh (ou Qadesh), soutenue par le Mitanni. Selon Georg Steindorff, le Roi aurait craint une invasion dirigée par les descendants des Rois d'Avaris, les textes de l'époque parlent eux plus d'une action dans le but d'agrandir les frontières du pays. L’armée Égyptienne part de Memphis le 25e jour, du 4e mois, de la saison Peret, de l'an 22, et atteint Gaza en à peine dix jours (Près de 300 km), où elle cantonne afin de se réapprovisionner.

 

   Puis, dès le lendemain, elle reprend sa progression et onze jours plus tard, après une marche de 117 km, elle arrive à Yehem (ou Yemma au pied du Mont Carmel), nous sommes le 16e jour, du 1er mois de la saison Shemou, de l'an 23. L'histoire ne dit pas si la ville résiste ou pas, quoi qu'il en soit elle ouvre ses portes au souverain Égyptien. Le Roi apprend alors que la coalition ennemie est stationnée dans la ville de Megiddo, à 30 km au Nord de sa position. À ce moment deux solutions s'offrent à lui, passer au plus court par le dangereux défilé d'Arouna ou faire un détour par le Sud. Malgré une armée éreintée et contre l'avis de son état-major le Roi choisit l'option la plus dure, mais aussi celle que ces ennemis sont loin de se douter qu'il prenne.

 

   Trois jours après, Thoutmôsis III arrive à Arouna, la passe n'est pas gardée, ou du moins pas suffisamment, et les Égyptiens s'en rendent maître rapidement. Dès le lendemain (14/15-04-1457) à l'aube, ils arrivent sous les murs de Megiddo où l’ennemi est cantonné. Sans attendre, ils lancent une attaque contre la coalition. C'est la débâcle parmi les troupes adverses, celles-ci abandonnent leur équipement, char, or, argent, tentes etc.. et s'enfuient se réfugier dans la cité. Cette première victoire de Thoutmôsis III est due en partie à sa position stratégique sur le terrain. Les Égyptiens, déployés de chaque côté de la rivière Kyna, étaient en surnombre et sur une hauteur. Sur ce terrain les chars de la coalition n'étaient d'aucune utilité, de plus du fait de la disparité des peuples qui la composait, qui ne parlaient sûrement pas tous la même langue et n'étaient pas habitués à manœuvrer ensemble, il lui fut difficile de réagir rapidement.

  Thoutmôsis III - Statue en granit Musée du Caire Cliquez pour agrandir l'image

 

   Les Égyptiens étaient en très net avantage, cependant leur manque d'expérience dans les assauts de cités fortement murées fait qu'ils ne parviennent pas à prendre la ville. Thoutmôsis III décide alors d'y mettre le siège en faisant encercler la cité par de larges fossés. La dernière récolte ayant été confisquée par les Égyptiens, après un siège de sept mois la ville finit par se rendre pour ne pas mourir de faim. Sa reddition livrera la Palestine à Thoutmôsis III. Le compte rendu des batailles, rédigé par Tjanouny (ou Tjenen ou Thanuny), le scribe de l'armée, fut consigné dans une longue inscription que le Roi fit graver sur les parois du temple d’Amon-Rê à Karnak : Un texte de 225 lignes, chacune mesurant 25 mètres de long, que les historiens appellent les Annales de Thoutmôsis III.

 

   Tous les souverains et Princes de Syrie envoyèrent des présents à Thoutmôsis III en guise d'allégeance, même le Roi d'Assyrie Nur Ili (1464-1454) lui envoya des cadeaux somptueux. Ce dernier en effet était menacé par les Mitanniens et espérait la protection Égyptienne. Thoutmôsis III poursuit ensuite vers Tyr, puis il brisera au cours des trois campagnes suivantes, de l'an 24 à l'an 29, la branche occidentale de la coalition avec la prise de Kadesh. L'Égypte possède alors le contrôle des ports de la Méditerranée jusqu'à Arvad (ou Arwad ou Arouad) en Syrie. Lors de la deuxième campagne, le tribut comporte une Princesse accompagnée de 95 personnes, ainsi qu'entre autres, 10 chars et 103 chevaux.

 

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Petit sphinx au nom de Thoutmôsis III

Musée du Louvre

   En l'an 29, le Roi lance sa cinquième campagne. Thoutmôsis III s'empare d'Oullaza à l'embouchure du Nahr el-Barid, qui était la propriété du Prince de Tunip (ou Tounip), allié de Kadesh. L'armée Égyptienne y rencontre pour la première fois le peuple qu'ils nommèrent les Apirou (ou Habiru ou Hapiru apr.w). Après avoir pillé la région d'Ardata, en détruisant les récoltes et les vignobles, les troupes Égyptiennes occupent le pays de Djahy, décrit par les textes comme un paradis terrestre, qui est probablement une référence au Sud de la Syrie.

  

    La Syrie sera totalement conquise par la mer au cours de la sixième campagne et les ports Phéniciens se soumettent au cours de la septième, un an plus tard. Ces deux campagnes, de l'an 29 à l'an 32, servirent en effet à préparer la suivante, leur but étant de sécuriser les ports de la Méditerranée. Elles permettaient aussi de montrer aux Princes de Kadesh, d'Alep, du Nuhashshe (ou Nukhashshe ou Nuhasse ou Nuhašša, région au Sud d'Alep), ou encore de Tunip (ou Tounip) que l'Égypte était leur suzeraine et qu'elle pouvait à tous moments entreprendre des représailles terribles en cas de rébellions. Enfin elles garantissaient la perception des tributs des peuples assujettis. Ces faits sont largement commentés dans les autobiographies des scribes de l'armée, Tjanouny (ou Tjenen) et Amenemheb. Thoutmôsis III mentionna dans un texte qu'il prit le port de Jaffa par la ruse, 200 de ses guerriers armés se cachant dans des grands paniers que le Roi offrit ensuite comme cadeau au Gouverneur de la ville Cananéenne (Une autre version du cheval de Troie !).

 

    Il y a une polémique entre les spécialistes sur la sixième campagne où il est dit que les Égyptiens arrivent en Syrie par la mer, car il n'y a aucune preuve directe que ce fut par ce moyen qu'ils lancèrent l'attaque. Quoi qu'il en soit ils avancent jusqu’à Kadesh, qu'ils prennent et pillent, puis se tournant vers l'Ouest ils marchent sur Simyra, au Nord de l’embouchure du Nahr el-Kebîr et répriment une rébellion en Ardata. Pour éviter des nouvelles révoltes, Thoutmôsis III va mettre en place une politique particulière, il prend en otage les fils des principaux dirigeants des villes conquises qu'il envoie en Égypte. C'est ainsi 36 fils de chefs Syriens qui vont être éduqués à la manière Égyptienne, avant d'être renvoyés dans leur pays natal succéder à leur pères. Cette action augmenta radicalement la loyauté des peuples soumis. La région n'est toutefois pas entièrement pacifiée et l’année suivante de nouvelles révoltes éclatent.

 

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 Statue de Thoutmôsis III

Kunshistorisches Museum, Vienne

                                   Le Roi est obligé de mener une septième campagne de nouveau contre Oullaza qui était passée aux mains des Mitanniens. La chute de cette ville détermine la soumission de tous les petits ports Phéniciens dont les souverains assuraient l’approvisionnement des troupes rebelles avec leur production céréalière. Comme le précise Donald Bruce Redford Thoutmôsis III va prendre alors des mesures radicales afin de prévenir les futures rébellions. Tout le grain excédentaire qui est produit en Syrie est entreposé dans les ports récemment conquis et est utilisé uniquement pour le ravitaillement des militaires et des civils Égyptiens présents sur toute la région. Cette action eut pour effet immédiat de ruiner les villes de Syrie qui de ce fait n'avaient plus aucun moyen de financer une nouvelle révolte. Ces guerres d'Asie, qui lui donnèrent le contrôle total de la Syrie-Palestine, débouchent sur nouvelle une cible évidente le, Mitanni.

 

                  En l'an 33, lors de sa huitième campagne, une confrontation directe avec ce royaume devient inévitable. Cette campagne, qui durera environ cinq mois, est documentée par au moins onze sources, cependant aucune ne contient un récit complet. Les documents les plus important sont les stèles du Gebel Barkal et d'Armant. En se servant de tous les textes existants Donald Bruce Redford à reconstituer l'ordre et la nature des évènements. Pour arriver à prendre l'ascendant sur le Mitanni, Thoutmôsis III se devait nécessairement de franchir la barrière naturelle qui protégeait l’adversaire, l’Euphrate. Le Roi décide alors de faire construire des bateaux fluviaux que l’armée Égyptienne va transporter depuis Byblos à travers le désert de Syrie.

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        Thoutmôsis III tenant une massue

devant deux obélisques -  Relief de Karnak

   Les Égyptiens atteignent et occupent Qatna à l'Est de l'Oronte, fait mentionné sur le septième Pylône du temple d'Amon à Karnak, puis franchissent le fleuve en prenant, lors d'une bataille navale, les troupes de l'Empereur Mitannien Parsashatar (v.1450-v.1440) entièrement par surprise. Il semble que les Mitanniens ne s'attendaient pas à une invasion à cet endroit, de sorte qu'ils n'avaient pas d'armée prête à se défendre contre une force comme celle de Thoutmôsis III. Bien que leurs navires sur l'Euphrate essayent d'interdire le passage aux Égyptiens, Thoutmôsis III remonte vers le Nord. Il peut alors librement essaimer de ville en ville qu'il pille. Il ravage la région d'Alep et de Karkemish, tandis que les nobles indigènes se cachent dans des cavernes (C'est ainsi que les documents Égyptiens ont choisi d'enregistrer ces faits).

 

   Pendant cette période, où aucune opposition ne vient déranger le souverain Égyptien, il fait mettre en place une stèle commémorant sa seconde traversée de l'Euphrate, à côté de celle que son aïeul Thoutmôsis I (1504-1492), avait mise en place plusieurs décennies plus tôt. Puis Thoutmôsis III repasse à l'Ouest et retourne sur l’Oronte à la hauteur de Niya (ou Niye ou Niy, cité-État au Nord de la Syrie), alors qu'Alep restait la place forte la plus avancée du Mitanni. À Niya il reçoit l'hommage des puissances étrangères, même Babylone et les Hittites viendront lui apporter des cadeaux. Il semble que ce soit à cette période que les Égyptiens signent un traité à Kurustama pour la déportation de montagnards Gasgas en territoire Égyptien. Le Roi se permet aussi d'organiser une chasse à l’éléphant, comme devait l'avoir fait avant lui Thoutmôsis I, puis il rentre par voie de terre en Égypte après avoir garanti le ravitaillement des ports Phéniciens.

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      Thoutmôsis III - Musée de Louxor

 

   La question peut se poser pourquoi Thoutmôsis III a organisé si vite cette huitième campagne ?. Il semble qu'il est voulu profité du flou dans lequel était le royaume Mitannien lors de l'accession au pouvoir de Parsashatar et qu'il y ait vu là une opportunité. Il savait aussi que les Mitanniens étaient menacés sur leurs arrières par les Hittites de l'Empereur Tudhaliya I (ou Touthalija ou Duhalijas, v.1450-v.1420). Parsashatar est cependant loin d'être vaincu, il contrôle l'intérieur de la Syrie du Nord jusqu'au Nuhashshe (ou Nukhashshe ou Nuhasse ou Nuhašša, région au Sud d'Alep), ainsi que les régions côtières du Kizzuwatna, jusqu'au royaume d'Alalah à l'embouchure de l'Oronte et Thoutmôsis III, pour avoir une réelle domination, doit encore l'affronter. (voir la carte des territoires du Mitanni).

 

   En l'an 34 de son règne le souverain Égyptien décide de retourner en Syrie. Il lance une neuvième campagne dans le but de repousser les Mitanniens en Naharina. Le Roi étouffe une révolte à Djahy et s’empare de Nouges. Pour Donald Bruce Redford, cette campagne est plus à considérer comme une succession de raids sur la région du Nuhashshe. Les comptes rendus de la dixième campagne indiquent par contre des combats beaucoup plus violents. En l'an 35 de Thoutmôsis III, Parsashatar qui a toujours le soutien de ses vassaux, soulève une grande armée et engage les Égyptiens aux environs d'Alep. Comme d'habitude pour un souverain Égyptien, Thoutmôsis III se prévaut d'une victoire totale, mais selon Redford cette affirmation est suspecte en raison, d'après lui, de la très petite quantité de prises lors des pillages. Plus précisément, les annales de Thoutmôsis III à Karnak indiquent qu'il n'y eut qu'un total de dix prisonniers de guerre. Il aurait simplement combattu les Mitanniens dans une passe et ces derniers auraient immobilisé son armée. Cependant, si l'on admet que Parsashatar fut le vainqueur, celui-ci ne reçu pas le tribut des Hittites après cette campagne, ce qui pour Redford semble indiquer que l'issue de la bataille était en faveur de Thoutmôsis III.

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Statuette de 13,6 cm de Thoutmôsis III

Metropolitan Museum of Art

 

   Le compte rendu des deux campagnes suivantes est malheureusement perdu. La onzième est présumée avoir eu lieu dans la 36e année de règne et la douzième dans la 37e/38e année. Elles consistaient sûrement plus en une succession d'opérations de police et de razzia dans les régions sous contrôle Égyptien. Dans sa treizième campagne Thoutmôsis III retourne en Nuhashshe, mais semble t-il, d'après Redford, pour une campagne très mineure. L'année suivante, en l'an 39, il monte la quatorzième campagne qui a pour but d'aller combattre les Shasou (Shsw) qui occupent le Sud de la Palestine à cette époque. L'emplacement exact de cette campagne est impossible à déterminer, puisque les Shasou étaient des nomades qui auraient pu vivre n'importe où, du Liban jusqu'au royaume d'Édom.

 

   D'après la grande liste du Roi, ils se trouvaient plus précisément dans le Negev. Les chiffres donnés par les scribes de Thoutmôsis III pour ces campagnes sont tous en lacune. Lors de la 40e année de son règne un hommage lui est rendu par des puissances étrangères qui lui apportent des cadeaux, mais on ignore si c'est à considérer comme suite à une campagne. Pour la quinzième campagne nous avons juste dans ses annales la liste des hommages qui lui sont rendus, mais nous ne connaissons rien à son sujet, sauf que c'était probablement un autre raid à la frontière autour de Niya.

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Thoutmôsis III massacrant ses ennemis -

Relief sur le 7e pylône de Karnak

 

   Sa campagne Asiatique finale, la seizième, est mieux documentée et stratégiquement plus importante que les six précédentes. Le Mitanni n'ayant toujours pas renoncé à laissé les Égyptiens prendre le contrôle de la Syrie, pousse les Princes des villes Phéniciennes au soulèvement. Thoutmôsis III fait prendre la voie le long de la côte à son armée pour aller écraser une révolte de deux cités dans la plaine de l'Arka à cette occasion le souverain s’empare du port d’Arqata près de Tripoli du Liban. Puis il prend et ravage Tunip (ou Tounip) et une autre ville dont le nom ne nous est pas parvenu. Sans attendre il tourne ensuite son attention vers trois garnisons Mitanniennes qui se situaient autour de la ville de Kadesh. Cependant la forte résistance de celles-ci va pousser Thoutmôsis III à renoncer à prendre la cité qui était pourtant un point stratégique.

 

  Cette campagne de l'an 42, en demi-teinte, montre les limites de la puissance Égyptienne. Elle sera la dernière sur cette région. Par la suite, selon les textes des monuments de l'officier Minmose (ou Minmès), il semble que des actions militaires soient menées dans la région du Takhsy (Ou Tikhsy, entre l'Oronte et l'Euphrate) pour étendre l'influence Égyptienne à l'Est de Byblos et ne pouvant se développer au Nord l'Égypte tente d'agrandir son territoire vers l'Est.

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La chambre funéraire et

le sarcophage de Thoutmôsis III

   Enfin dans sa 50e année de règne, Thoutmôsis III mène une dernière campagne, en Nubie, qui le mènera jusqu'à la ville de Napata. Son œuvre est considérable en Nubie. Il suit les traces de son grand-père Thoutmôsis I et atteint la cinquième cataracte. Il fait graver à Kenissa, une stèle frontalière, à côté de celle de son aïeul qui retrace ses hauts faits. Il sera le premier à répandre la culture Égyptienne si loin dans la région. Le plus ancien document Égyptien trouvé au Gebel Barkal date de cette Campagne de Thoutmôsis III.

 

                  Les cités de Syro-palestine, bien que conservant une certaine autonomie, seront assujetties à payer l’impôt à une administration Égyptienne renforcée par des garnisons placées aux endroits stratégiques. Les conséquences de cette domination de l'Égypte pendant 50 ans sont un énorme afflux de richesses dans le pays, butin de guerre ou impôts. Les royaumes conquis envoient : Du vin, de l'huile, des bovins, des chevaux, de l'argent, du cuivre, des pierres précieuses, des armes, des chars, des serviteurs et des femmes pour le harem. La Phénicie donnait le blé, le cuivre, l'étain et prêtait aussi sa flotte pour les opérations militaires. D'Afrique arrivait l'or, l'ivoire et l'ébène. L'Assyrie fournissait du lapis-lazuli et le Hatti des pierres précieuses. Le pays de Pount envoyait l'encens et la myrrhe. La majeure partie de ces richesses servait à enrichir le temple d'Amon à Karnak et la construction d’un grand nombre de salles et d’obélisques. Tout au long de son règne Thoutmôsis III aura placé l'Égypte au sein d'un vaste Empire, englobant, du Soudan actuel, au couloir Syro-palestinien.

                                     Le Roi, d’après quelques documents, fut un artiste et donc un homme de culture. Il aimait la botanique, il savait façonner les vases et aimait l’écriture. Ce Roi "savant" avait aussi le goût pour les choses anciennes. La liste de ses ancêtres Rois qu'il fît écrire dans le temple de Karnak et le soin qu'il apporta aux monuments des souverains disparus sont certainement un témoignage d’une profonde dévotion et font l’histoire caractéristique de ce grand Roi. Puissance, prospérité, richesses sans cesse accrues, vont profiter aux souverains suivants. Selon James Edward Harris et Edward Frank Wente, le souverain mourut probablement entre 63 et 66 ans.

 

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Thoutmôsis III - Musée de Louxor

Ses constructions

 

  Thoutmôsis III ne fut pas seulement un grand combattant, son activité de bâtisseur comme tous les Rois de cette dynastie va être à grande échelle. Il réalise de vastes programmes de construction. Il aurait construit plus de cinquante temples, bien que certains d'entre eux sont maintenant perdus et ne sont mentionnés que dans les archives écrites. Il remplace les sanctuaires construits en brique au Moyen Empire par des temples de pierres. Son œuvre architecturale est immense et couvre même la Basse et Haute-Nubie: Bouhen, Kouban, Qasr Ibrim, Ouronarti, Pnoubs, Saï, Semna etc..., jusqu'au Gebel Barkal. À Karnak, grâce à son architecte Inéni, il édifie l'Akhmenou, les VIe et VIIe pylônes, un édifice près du lac sacré et plusieurs obélisques.

 

   On trouve aussi des constructions : À Der el-Bahari ; à Médinet Habou ; à Abydos où il bâtir un nouveau temple encore plus grand, de 60 m × 40 m. Il fait également placer un chemin processionnel le long du temple jusqu'au cimetière, surplombé d'un portail de granit. À Avaris où il construit un palais sur les ruines de la citadelle qui sera également rebâtie ; à Assiout ; à Dendérah ; à Edfou ; à Éléphantine ; à Ermant ; à Esna; à Hermopolis Magma ; à Héliopolis ; à Kôm Ombo ; à Médamoud et à Tôd. L’échanson royal et chef des travaux, Mînmes et le Grand Prêtre d'Amon Menkhéperrêséneb, superviseront dix-neuf de ces travaux. Il fait aussi construire un port maritime, que Ramsès II terminera, au Sud de l'île de Pharos.

 

   Au retour de sa première campagne en Asie, Thoutmôsis III fait mettre en chantier plusieurs monuments à Karnak, dont l'Akhmenou (Qui signifie "Temple de la régénération du souverain") et le temple de Ptah. Dans ces monuments il fait mettre à l'honneur plusieurs personnalités féminines de son entourage. Il dédie notamment à sa mère une superbe statue en granit noir, rehaussée d'or, conservée aujourd'hui au musée du Caire. Il a également commandé la construction de nombreuses tombes pour les nobles, qui ont été faites avec une finesse et une qualité jamais atteinte. Son règne fut également une période de grands changements stylistiques dans la sculpture, la peinture et les reliefs associés à la construction.

 

Sa sépulture

 

   Thoutmôsis III meurt le dernier jour du 7e mois de sa 53e année de règne, selon certains égyptologues le 30e jour du 3e mois de la saison Peret. Son tombeau, KV34, se trouve dans la vallée des Rois, mais sa momie a été retrouvée en 1881 dans la cachette de la tombe DB320 de Deir el Bahari, elle mesurait 1.68 m. La momie a été endommagée par les pilleurs de tombe. Cassée en plusieurs morceaux, elle a été sauvée de la destruction complète par les Prêtres qui l'ont consolidé avec des bandelettes. La mémoire de Thoutmôsis III va longtemps être rappelée, sous la XXIe dynastie, le Roi Pinedjem I (1070-1054) donnera à son fils le nom de couronnement de Thoutmôsis (Menkhéperrê) et à sa fille celui de la Reine Hatchepsout (Maâtkarê).

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Descenderie dans la tombe KV34

 

   Son tombeau est découvert le 12 février 1898 par Victor Loret qui commence immédiatement les premières excavations. Il sera suivi par Georges Daressy en 1898-1899. Il est photographié par Paul Bucher en 1932. Ce tombeau représente une transition dans la conception des tombeaux royaux. Il se compose d'une entrée assez raide qui donne accès à un corridor, puis à l'antichambre avec sa descenderie centrale et un deuxième corridor menant à une autre chambre.

 

   La tombe s'étend sur une longueur totale d'un peu plus de 76 m (76,11 m). La chambre funéraire est rectangulaire avec les coins arrondis, lui donnant l'aspect d'un cartouche et est flanquée de quatre chambres latérales. Elle est décorée de trois registres de l'Amdouat et des scènes litanies de . Ce tombeau possède sur ses murs la première version complète de l'Amdouat. Le superbe sarcophage de quartzite du Roi occupe toujours la chambre funéraire. On a retrouvé dans le tombeau des momies de la Période Ptolémaïque.

 

                                             Sa famille

 

Thoutmôsis III a sept ou huit épouses qui lui sont attribuées par différents spécialistes :

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Méritrê-Hatchepsout représentée

dans le temple de Thoutmosis III

à Médinet Habou

 

Satiâh (ou Sitiah ou Sit-aoh ou Sit-Iah ou Sat-Iah - sAt JaH - "Fille de la Lune"), Grande Épouse Royale (Hmt-nswt wrt), qui fut la fille d'Ipou (ou Ipu) qui occupait le poste de nourrice royale et il est possible que son père fut l'important fonctionnaire Ahmès-Pennekhbet, dont la carrière couvrira les règnes des Rois Ahmès I (ou Ahmôsis, 1549-1525/24) à Thoutmôsis III. Satiâh mourut pendant le règne de Thoutmôsis III, vers l'an 23 ou 24 (environ vers 1456). Pour ses titres voir à Satiâh. Selon Aidan Marc Dodson et Dyan Hilton, elle aurait donné un fils à Thoutmôsis III :

 

Amenemhat (ou Aménémès) qui serait décédé vers l'an 24 du règne de son père. Néferourê est aussi donnée comme la mère de ce Prince. Toujours selon Dodson et Hilton, le nom d'Amenemhat est mentionné sur une inscription dans le temple de Karnak, datant de la 22e année du règne de son père. Elle nous informe que peu de temps après la mort d'Hatchepsout, il fut nommé Prince héritier et "Surveillant du bétail". Ce dernier titre très inhabituel pour un Prince. Il est également représenté dans la tombe Thébaine de sont précepteur, Min, qui était Maire de Thinis.

 

Méritrê-Hatchepsout (ou parfois Hatchepsout-Meryet-Ra ou Hatshepsut-Meryetre - Mr.t Ra HA.t Sps.(w)t- "L'aimée de Rê, la première des nobles Dames"), qui fut la deuxième Grande Épouse Royale (Hmt-nswt wrt) du Roi, après la mort de Satiâh. De noble naissance, elle était la fille de Dame Houy (ou Hui) qui avait de nombreux titres : Supérieure des Recluses d’Amon, Supérieure des Recluses du temple de , Divine Adoratrice d’Amon, Divine Adoratrice dans le Temple d’Atoum. Pour ses titres voir à Méritrê-Hatchepsout. Elle donne six ou sept enfants à Thoutmôsis III :

Deux fils :

Amenhotep II qui, son demi-frère aîné Amenemhat (ou Aménémès) étant décédé, va succéder à son père.

 

Menkhéperrê, il est représenté, avec ses sœurs, sur une statue de leur grand-mère maternelle, Dame Houy, qui est aujourd'hui au British Museum. Il est probable que certains fragments de vase canope trouvés dans la vallée des Reines lui appartiennent.

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Scène de l'Amdouat sur les murs de la tombe

 de Thoutmôsis III

 

Quatre ou cinq filles :

Iset (ou Isis - Ast - "Le trône"), elle est représentée, avec ses sœurs et Menkheperrê, sur la statue de leur grand-mère maternelle, Dame Houy, qui est aujourd'hui au British Museum. Selon Aidan Marc Dodson et Dyan Hilton elle est décrite comme plus petit que ses frères et sœurs, elle est donc susceptible d'avoir été la plus jeune d'entre eux.

 

Nebetiounet (ou Nebetiunet - nbt Jwnt - "Dame de Dendérah"), un titre de la Déesse Hathor. Elle est également représentée, avec ses sœurs et Menkheperrê, sur la statue de leur grand-mère maternelle, Dame Houy, qui est aujourd'hui au British Museum. On ne sait pratiquement rien d'elle.

 

Méritamon (ou Mérytamon ou Meritamen - Mrjt Jmn  - "Aimée d'Amon"). Pour Christian Leblanc elle serait la cadette. Elle est représentée, avec ses sœurs et Menkheperrê, sur la statue de leur grand-mère maternelle, Dame Houy, qui est aujourd'hui au British Museum. Elle serait aussi en compagnie de son Tuteur, le Surintendant du Trésor, Bénermerout, sur sa statue cube trouvée à Karnak et aujourd'hui au musée du Caire. La Princesse y est montrée assise sur ses genoux. Selon Aidan Marc Dodson et Dyan Hilton, elle est également représentée dans la chapelle d'Hathor, construite par son père, à Deir el-Bahari. Elle fut enterrée dans une tombe, sous la colonnade Nord de la première terrasse du temple funéraire d'Hatchepsout à Deir el-Bahari. Elle hérita du titre d'Épouse du Dieu Amon (hmt-ntr jmn) de sa mère. Ses autres titres furent : Fille du Roi (sAt-nswt) et Sœur du Roi (snt-nswt). Pour certains spécialistes Thoutmosis III et Méritrê-Hatchepsout eurent une deuxième fille appelée Méritamon, elle serait également représentée sur la statue de Houy. Il y a sûrement confusion avec Baketamon, ci-dessous. On ne sait pas laquelle de ces Princesses est représentée sur les genoux de Bénermerout.

 

Baketamon (ou Beket - "Servante d'Amon"). Son nom est inscrit avec le cartouche de son père, sur un objet votif en faïence, découvert par Henri Edouard Naville à Deir el-Bahari, qui est aujourd'hui au musée de Brooklyn. Elle est également mentionnée sur un bâton de jet, qui est aujourd'hui au Brooklyn Museum, ayant appartenu à un de ses serviteurs, un certain, Amenmosé (ou Amenmès), et probablement sur un scarabée qui est aujourd'hui au British Museum. Selon Dodson et Hilton, il est possible qu'elle soit la Princesse debout derrière sa sœur Méritamon dans la chapelle d'Hathor à Deir el-Bahari. Pour d'autres elle est de mère inconnue et ne serait pas une fille de Méritrê-Hatchepsout.

 

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Sénènmout et Néferourê

 - Musée du Caire

On lui attribue aussi quelques fois la maternité de la Reine Tiâa I, l'épouse d'Amenhotep II.

 

• Nébétou (ou Nebtu ou Nebetta ou Nibtou ou Nebetiunet - nbtw). Elle est représentée dans une scène, sur un pilier de la tombe de Thoutmôsis III (KV34), où le Roi dirige une procession des membres de sa famille avec ses deux Grandes Épouses Royales, Méritrê-Hatchepsout et Satiâh, Nébétou et sa fille Néfertari. Les noms de Satiâh et Néfertari sont suivis par maa kherou, qui indique qu'elles étaient déjà décédées lorsque le tombeau fut construit. À la différence du nom des deux autres épouses, celui de Nébétou n'est pas enfermé dans un cartouche. On ne lui connait qu'un titre : Épouse du Roi (hmt-nswt). Nébétou est aussi citée dans la tombe TT24, à Sheikh Abd el Gourna de Nebamon, qui était Majordome du Domaine de l'Épouse Royale Nébétou. Nous ne savons rien d'autre de cette souveraine qui, selon Christian Leblanc, dut mourir après Satiâh. Elle aurait donné une fille au Roi :

 

Néfertari (ou Nefertiry) qui est nommée par quelques spécialistes, dont Christian Leblanc, Nofretirou. À part cette représentation dans la tombe KV34, où la légende inscrite près de sa silhouette suggère qu'elle mourut prématurément, elle n'est citée nulle part. Il est fort possible qu'elle ne fut pas une fille de Nébétou.

 

Néferourê qui naît en l'an 10/11 du règne de Thoutmôsis II. Elle a peut-être été l’épouse de son demi-frère Thoutmôsis III. Cette théorie est fondée sur deux inscriptions où le nom de la Grande Épouse Royale, Satiâh (ou Sitiah) a été remplacé par celui de Néferourê. Une des inscriptions est associée au titre Grande Épouse Royale (Hnt-mswt wrt), l'autre avec celui d'Épouse du Dieu Amon (Hmt-ntr-imn). À partir de là, quelques spécialistes, dont Ian Shaw, avancent que Néferourê serait la mère du Prince Amenemhat (ou Aménémès), mais ils sont loin de faire l'unanimité. Il faut préciser qu'il n'existe pas de preuves concrètes pour affirmer ni qu'elle fut l'épouse de Thoutmôsis III, ni qu'elle fut la mère de son fils.

 

Menhet, Ménoui (ou Menouay) et Merti qui furent des épouses mineures. Elles furent semble t-il d'origine étrangère car leurs noms sont à consonance de l'Ouest Sémitique, peut-être Syriennes, mais aucune ne serait Hourrite. On ne sait pas si ces femmes furent liées familièrement et si elles viennent du même royaume. Elles furent enterrées dans une élégante tombe au Sud-ouest de l'Ouâdi Gabbanat el-Gouroud à Thèbes. Leur tombeau fut découvert en août 1916 dans les falaises de la montagne, mais il fut rapidement pillé par des villageois. On ne connait pas d'enfant de ces unions. Chacune reçu le titre d'Épouse du Roi (hmt-nswt).

 

• Nebsemi, cette "Reine" n'est mentionnée que sur un fragment d'une statue dans le temple funéraire de Thoutmosis III. Elle peut avoir été une de ses épouses mineures. Ses titres étaient : Épouse du Roi (hmt-nswt), Épouse du Roi sa bien-aimée (htm-nswt-meryt.f).

 

   Deux autres enfants sont attribués à Thoutmosis III dont on ne connait pas le nom de la (ou les) mères (s) :

Thoutmôsis, qui est donné par quelques spécialistes dont Christian Leblanc. Il fut d'après l'égyptologue Grand-Prêtre de Ptah à Memphis, comme le confirmerait une statuette aujourd'hui au musée du Louvre. Il ajoute que c'est probablement au même personnage que se réfèrent deux stèles aujourd'hui dans les musées de Leyde et Florence. Aidan Marc Dodson avance lui qu'il s'agit sur ces stèles d'un fils d'Amenhotep III (1390-1353/52) ?.

 

Siamon (S3 Jmn - "Fils d'Amon"), qui est donné notamment par William Kelly Simpson, Aidan Marc Dodson et Dyan Hilton. Selon ces égyptologues il serait nommé sur une statue du Chancelier Sennéfer qui est aujourd'hui au musée Égyptien du Caire et qui a été datée du règne de Thoutmosis III.

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur le Roi voir les ouvrages de :

 

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- Thutmose III's Accession and the Beginning of the New Kingdom, pp. 265-272, JNES 34, Chicago, 1975. 

 

 Filmographie

- Rois et Reines d'Egypte : Sur les pas des grands pharaons Réalisation : History channel,   DVD vidéo, Éditeur : Polygram direct et History channel cop, 2008.

 

 

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