|
|
|
DATES de RÈGNE
1398-1388
A.M.Dodson
|
|
|
Nom d'Horus |
|
Horus Kanekhet Toutkhâou (Horus taureau victorieux, aux belles apparitions) Hr kA-nxt twt-xaw |
|
Nom de Nebty |
|
Nebty Djednésit Miatoum (Nebty à la royauté durable comme celle d'Atoum) nbti Dd-nsyt mi-itm |
|
Nom d'Horus d'or |
|
Bik Nebou Ouserkhépesh Derpesedjet (Le Faucon d'or, puissant par son glaive, qui éloigne les Neuf Arcs [les ennemis]) bik nbw wsr-xpS dr-psDt |
|
Nom de Roi Abydos 72 |
|
Menkhéperourê Mérienrê (Les manifestations de Rê demeurent, Aimé de Rê) mn-xprw-ra , mri.n-ra |
|
Nom de naissance |
|
Djéhoutymosé (Celui qui est né de Thot) |
|
Son origine
Thoutmôsis IV (ou Thoutmès ou Thutmose ou Thutmosis en Grec ou Djéhoutymosé en Égyptien) est le 8e Roi (7e si on ne compte pas régnante la Reine Hatchepsout) de la XVIIIe dynastie. Il est appelé par Manéthon, Thmôsis ou Tuthmôsis. Il est le fils de Tiâa I et d'Amenhotep II. Christian Leblanc avance qu'il naquit en l'an 6 du règne d'Amenhotep II. Quelques égyptologues réfutent cette filiation et pensent que Thoutmôsis IV ne serait pas un fils légitime et qu'il s'était approprié la qualité de Premier Fils royal. On pense généralement aujourd'hui qu'à sa naissance Thoutmôsis IV n'était pas forcément appelé à régner, car il avait trois frères aînés qui ont été attestés : Ouebsenou (ou Oubensénou ou Webensenu) dont on ne sait rien, mais qui meurt semble t-il jeune, Aménémopet (ou Amenhotep) qui est connu de la stèle C, trouvée dans le temple du Sphinx d'Amenhotep II où il est identifié comme un fils de ce dernier et Nedjem qui serait plus sûrement son demi-frère, issu d'une autre épouse d'Amenhotep II, mais dont on ignore le nom.
Ouebsenou et Nedjem sont nommés "Fils royaux, aimés de lui" sur la statue (CG638)
du scribe royal Minmès. Dans la tombe KV35,
dans la vallée des Rois,
d'Amenhotep II on a retrouvé des fragments
de vase canope au nom d'Ouebsenou qui nous confirment sa filiation avec
Amenhotep II.
Sur ceux-ci il est nommé "Fils royal, aimé de lui, superviseur des chevaux".
Donald Bruce Redford propose qu'Aménémopet soit le fils aîné.
Cependant, comme le suggère
Claude Vandersleyen, Ouebsenou et Nedjem ne sont pas des noms habituels que l'on trouvait à cette époque pour des
Princes destinés à être Roi. Ce qui lui fait suggérer que leur mère était peut-être d'origine étrangère.
Il faut signaler qu'à aujourd'hui la grande majorité des spécialistes ne remet pas en cause la légitimité de Thoutmôsis IV.
Dans la tombe DB350 (ou TT350), située à
Deir el-Bahari,
de Nofretouah et son époux, une fresque la représente où elle
porte le titre de "Nourrice du fils royal Menkhéperourê", le nom de Roi de Thoutmôsis IV.
Malheureusement on ne peut plus aujourd'hui
étudier cette fresque car la tombe est inaccessible. Il y a toute fois d'autres documents qui nous confirment la légitimité
de ce Roi. De la période où il était encore Prince on a découvert, entre autres, une statuette, provenant du temple de
Mout à
Karnak où il est représenté avec son tuteur Hekareshou. Ce dernier est nommé
"Tuteur des enfants royaux". Il deviendra par la suite "Père divin" lorsque Thoutmôsis IV règnera.
Les partisans de la non légitimité de
Thoutmôsis IV, comme, entres autres,
Étienne Drioton et
Jacques Vandier, s'appuient sur la légende du songe (voir
plus bas). Qui selon eux
est une propagande du Roi pour justifier sa prise de pouvoir et sur deux découvertes : Celle faite par
Selim Hassan,
des stèles dédicatoires Princières, qui ont fait l'objet, à l'époque du Roi, de
dégradations volontaires, ce qui a conduit des spécialistes à supposer que Thoutmôsis IV
n'était pas l'héritier légitime. Toutefois il convient de souligner que le
Prince qui à fait l'objet de ces déprédations ne peut être identifié avec certitude.
Ouebsenou semble le plus plausible. La deuxième découverte est la stèle d'Youti
qui porte, elle aussi, des traces de mutilations. Le visage du Roi a été
complètement effacé ainsi que le nom de Thoutmôsis IV.
Sa durée de règne
Manéthon
lui compte 9 ans et 8 mois de règne (Josèphe Flavius).
Toutefois, comme le précise Betsy Morrell Bryan dans son étude sur le Roi, d'autres datations de
Manéthon pour
la XVIIIe dynastie se
sont avérées incorrectes et il est préférable de se reporter aux monuments pour
déterminer sa longueur d'un règne. Celle-ci n'est donc pas aussi claire qu'on le
souhaiterait. La majorité, cependant, des spécialistes penchent pour une dizaine d'années. Toujours selon Bryan,
de tous les monuments que Thoutmôsis IV fit construire, un est daté de son an 4, deux de son an 7 et la date la plus ancienne
retrouvée est sur sa stèle à Konosso, en Nubie, datée de son an 8. Cependant quelques égyptologues, se basant sur deux objets,
l'un daté de l'an 19 et l'autre de l'an 20 et suggérés comme lui appartenant, ont extrapolé cette durée comme celle de son règne.
Il est aujourd'hui admis qu'ils ont commis une erreur de lecture, car le nom de Roi sur ces objets est
Menkhéperrê, soit celui de Thoutmôsis III
et nom pas Menkhéperourê, celui de Thoutmôsis IV. Enfin il convient de signaler
la reconstitution chronologique d'Edward Frank Wente et Charles C.Van Siclen
qui lui attribuent 34/35 ans de règne.
Son règne
Aujourd'hui les spécialistes
débattent sur le fait : Y a t-il eut ou pas une corégence avec son père
Amenhotep II ?. La réponse est
délicate car il y a des anomalies dans la célébration des jubilés
d'Amenhotep II
et de Thoutmôsis IV qui pencheraient pour une réponse positive.
Cyril Aldred confirme l'hypothèse d'une corégence par l'interprétation de
plusieurs objets, entre autres : Une sculpture qui se trouve dans le temple du
jubilé d'Amenhotep II
à Karnak qui représente pour certain un Dieu et un Roi, alors que
Cyril Aldred y voit 2 Rois ? ; une statue royale, aujourd'hui au
musée du
Louvre, où le nom de Thoutmôsis IV est gravé sur la boucle de la ceinture et
celui d'Amenhotep II
sur la base. Un autre égyptologue,
William Joseph Murnane, partisan de la non
corégence, donne lui comme preuve une chapelle
d'Amenhotep II, qui fut terminée par Thoutmôsis IV
où le nom de ce dernier est inscrit sous la forme de Roi. Le débat reste ouvert.
On sait peu de choses au sujet de ses dix
années de règne. Thoutmôsis IV profite pendant cette période de la paix et de la stabilité acquise par ses prédécesseurs.
À la différence de ces derniers, il n'est pas un guerrier. On ne lui connaît qu'une expédition vers la
Syrie,
mais sans aucune envergure et une en Nubie, en l'an 8, où il aurait réprimé une révolte. Ces faits sont attestés
sur la stèle de Konosso, en Nubie. Betsy Morrell Bryan, qui a écrit une biographie de Thoutmôsis IV, souligne que la stèle
de Konosso du Roi semble faire référence plus à des patrouilles mineures dans le désert, pour protéger les routes de
certaines mines d'or et se prémunir de quelques attaques lancées par les Nubiens,
qu'à une réelle action de force de la part du Roi. Par contre Thoutmôsis IV est connu pour avoir
pratiqué une politique diplomatique particulièrement importante et très habile. Des hauts fonctionnaires
qui servirent sous son règne on a connaissance de trois Vizirs : Hépou, Ptahhotep et Ptahmès.
En Nubie, le Vice-Roi "Gouverneur des pays du Sud" porte pour la première fois le titre
de "Fils royal de Kouch (Nubie)". Cette appellation, sera régulièrement utilisée jusqu’à la
Troisième Période Intermédiaire.
Sous son règne c'est un certain Amenhotep qui rempli cette fonction et porte ce titre prestigieux.
À la fin du règne de l'Empereur du
Mitanni
Artatâma
I (v.1410-v.1400), Thoutmôsis IV
sera le premier Roi du Nouvel Empire
à établir des relations amicales avec ce pays, l'ancien ennemi, avec qui il va conclure un traité de paix dans le but de contrecarrer l'avancée des
Hittites.
Ce traité sera scellé en épousant
Moutemouia
(ou Mutemwiya ou
Mutemoueya ou Moutemouiya), une fille de l’Empereur
Artatâma
I.
Comme le précise
William L.Moran, le rôle de Thoutmôsis IV dans l'ouverture de l'Égypte vers l'ancien rival le
Mitanni,
sera documenté quelques décennies plus tard par une lettre
d'Amarna (EA29), composée par
un autre Empereur du
Mitanni,
Tushratta (v.1380-v.1350) et adressée à Amenhotep IV
(Akhenaton, 1353/52-1338), petit-fils Thoutmosis IV. Cette lettre semble indiquer que Thoutmôsis IV supplia (7
fois consécutives) l'Empereur
Artatâma
I de lui donner une de ses filles en mariage. Attitude qui semble étrange compte tenu que c'est l'Égypte
à l'époque qui était en position de force. Il serait donc plus logique que ce fut l'inverse, le
Mitannien cherchant une alliance.
C’est sous le règne de Thoutmôsis IV qu’est écrit le Livre des Morts. Le Roi serait décédé le 17e jour du 4e mois de la
saison Peret (6 Mars, 1390) et son fils
Amenhotep III lui aurait succédé le lendemain mais aurait
été couronné le 27e jour du 2e mois de la
saison Shemou (15 mai). |
|
Ses constructions
Son activité de bâtisseur comme pratiquement tous les Rois de cette dynastie
va être à grande échelle. Elle se situe : le Sinaï ; à
Abydos ; à
El Kab où il fonde un petit sanctuaire que son fils
Amenhotep III achèvera ; à
Héliopolis ; à
Hermopolis Magma ; à
Saqqarah et à
Memphis où il fait ériger une porte monumentale ou un pylône.
L'édifice est très endommagé, mais un certain nombre de stèles de particuliers nous a conservé le souvenir de ce monument
qui devait se trouver, selon l'endroit où elles ont été découvertes, à l'Ouest de l'enceinte du grand temple de
Ptah.
Les reliefs qui l'ornaient représentent le Roi devant le Dieu
Ptah
dans son naos. On trouve aussi beaucoup de constructions à
Thèbes dans le temple de Karnak où il fait ériger :
▪
Une chapelle de calcite, qui selon
Barry J.Kemp, était destinée "aux personnes" qui n'avaient pas le droit d'accès au
temple. Il s'agissait d'un lieu de recueillement pour
Amon où
le Dieu "pouvait entendre les prières de la ville". Cette petite chapelle
d'albâtre de Thoutmôsis IV, avec une salle unique, a aujourd'hui été soigneusement restaurée par des
chercheurs Français du Centre Franco-Égyptien d'Étude des Temple de Karnak (CFEETK).
▪
Une cour à portiques des fêtes devant le IVe pylône. Elle
occupait toute la façade Ouest du grand temple de Karnak. Elle possédait de chaque côté deux chapelles en albâtre
destinées à recevoir les barques sacrées lors des grandes fêtes annuelles de
Thèbes. Elles seront détruites par
Thoutmôsis III pour servir de matériaux afin d'ériger le IIIe Pylône.
▪
Il fait terminer l’obélisque inachevé de
Thoutmôsis III.
Avec 32 n de hauteur ce sera le plus grand obélisque jamais érigé en Égypte.
Nicolas Grimal nous précise
qu'il sera transporté en 357 ap.J.C à Rome par l'Empereur Constance II (337-361),
et, plus tard, re-érigée par le Pape Sixte V, en 1588, lors de la "Piazza San
Giovanni", au Vatican où il est aujourd'hui connu sous le nom "d'obélisque de Saint Jean de Latran.
Son lieu favori de construction et
rénovation sera Guizèh où il fait édifier pas moins
de 27 monuments, mais surtout il fait désensabler le
Sphinx et ériger, entre ses pattes, une stèle, "la stèle du songe" dédiée à Horemakhet,
relatant le songe qu'il avait fait : S'étant endormi près de lui le Dieu Horemakhet lui aurait promis la royauté.
La légende du songe : Alors que Thoutmôsis, jeune
Prince, était en voyage de chasse, il s'arrêta pour se reposer sous la tête du Sphinx entre ses pattes, ce dernier
étant à cette époque enterré jusqu'au cou dans le sable. Très vite, il s'endormit et fit un rêve dans lequel le Sphinx,
qui était en fait le Dieu Horemakhet, lui dit :
"Regarde-moi, jette les yeux sur moi, ô mon
fils Thoutmôsis, je suis ton père Horemakhet-Khépri-Rê-Atoum. Je te donnerai ma royauté sur terre à la tête des vivants.
Tu porteras la
couronne blanche et la
couronne rouge sur le trône de
Geb, le
Dieu héritier. Le pays sera tien dans sa longueur et dans sa largeur ainsi que
ce sur quoi brille l'œil du Maître de l’Univers".
Après avoir terminé la restauration du Sphinx,
Thoutmôsis IV fit placer "la stèle du songe", entre ses deux pattes. Quelques
spécialistes pensent que la restauration du Sphinx et le texte de la Stèle
serait un morceau de propagande de Thoutmôsis IV, destiné à lui conférer
une légitimité à son inattendue royauté. Pour protéger le
Sphinx,
qui à ses yeux était l'image du Dieu, le Roi fait construire trois murs espacés de dix mètres,
dont le dernier englobait le temple de
Khafrê (ou
Khéphren, 2518-2492).
Lors de son règne Thoutmôsis IV étendit le rôle du Dieu
Horemakhet, comme Dieu Solaire, en Horemakhet-Khépri-Rê-Atoum. La présence sur plusieurs stèles de son épouse
Néfertari fait penser aux spécialistes que Thoutmôsis IV voulait démonter son intention de faire de
Guizèh un centre de culte majeur dans le Nord du pays.
De tous les monuments que Thoutmôsis IV fait construire on en trouve, trois qui
date de sa premier année de règne, un de sa quatrième année, un de sa cinquième
année, un de sa sixième année, deux de sa septième année et enfin un de sa huitième année.
|
|
Sa sépulture
Thoutmôsis IV
serait mort autour de sa trentième année. Un examen de son corps montre qu'il était très malade et il aurait
dépérit en quelques mois. Il fait édifier son temple funéraire au Sud-ouest de celui de son père, à l'écart de son tombeau,
KV43,
de la vallée des Rois.
Sa momie à été
trouvée en 1898 par
Victor Loret dans la cachette de la tombe KV35
d'Amenhotep II, où elles avaient été transportée
sous Pinedjem I (1070-1054,
XXIe dynastie) par les autorités
Thébaines.
Son tombeau est découvert le 18 janvier 1903 par
Howard Carter, qui commence immédiatement les premières excavations. Cette
tombe n'a pas trop souffert des inondations. Elle est
semblable dans son plan à
KV35
(Amenhotep II).
Elle se compose de trois premiers couloirs qui donnent sur une salle à colonnes et à une chambre latérale.
De cette dernière chambre part un couloir-antichambre, donnant accès à la chambre funéraire à colonnes et aux
quatre chambres latérales.
La tombe s'étend sur une longueur totale
d'un peu plus de 105,70 m. Les peintures murales sont bien conservées. Elles représentent essentiellement des
scènes sur fond jaune-or. Seules les premières pièces sont décorées. Dans le tombeau
Howard Carter,
lors des fouilles qu'il assura de 1903 à 1904, a trouvé des fragments du mobilier funéraire, des débris de poteries
et quelques petits objets. Certains éléments sont aujourd'hui exposés au Metropolitan of Art de New York. |
|
Ses épouses et enfants
Thoutmôsis IV a trois ou quatre épouses :
•
Néfertari, dont les origines sont inconnues, on pense qu'elle était sûrement une roturière. Elle fut
représentée en plusieurs occasions auprès de la Reine mère
Tiâa I, toutes deux
sous les traits de Déesses accompagnant Thoutmôsis IV. On la voit aussi au côté de son époux, devant les Dieux,
sur huit stèles à Guizèh. Elle
est également montrée sur une stèle trouvée dans le temple de Louxor et elle est
mentionnée sur un scarabée trouvé à Gourob. En l'an 7 du règne Thoutmôsis IV apparaît une nouvelle épouse,
Iaret (ou Varet ou Jaret).
Néfertari est peut-être alors déjà décédée, à moins qu'elle ne
passa en second plan ?. On ignore si elle donna des enfants à Thoutmôsis IV.
•
Iaret (ou Varet ou
Ouadjet ou Jaret - JArt), sa sœur.
Elle porte les titres de :
Grande Épouse Royale (HmT-nswt wrT),
Fille du Roi (sAT-nswt) et
Sœur du Roi (snt-nswt).
Elle épouse Thoutmôsis IV vers l'an 7 de son règne. Selon Betsy Morrell Bryan, elle est représentée sur une stèle,
datant de cette année, a Konosso, ainsi que dans le temple d'Amada en Nubie.
Sur la stèle, elle apparait derrière Thoutmosis IV frappant l'ennemi.
Iaret
est vêtue d'une robe simple. Elle ne semble pas porter la dépouille de vautour,
mais une "couronne" garnie de double plumes. Elle est représentée tenant ce qui
ressemble à une massue dans sa main droite. On ne sait pas quand
Iaret mourut, ni
où elle fut enterrée. Quelques égyptologues avancent que Saatoum (ou Siatum ou Sitamon), généralement attestée
comme un fils de la Reine
Moutemouia, pourrait
être le sien. D'autres (peu nombreux) avancent que
Sitamon (ou Satamon ou Satamun),
généralement donnée comme une fille d'Amenhotep III
et de la Reine Tiyi I
(ou Tiy ou Tiye ou Teje), pourrait également être la sienne, mais aucune preuve n'a été trouvée pour soutenir ces deux
points de vue.
•
Moutemouia
(ou Mutemwiya ou
Mutemoueya ou Moutemouiya) qui d'après quelques égyptologues, dont
Claire Lalouette,
serait une Princesse du
Mitanni, fille de l'Empereur
Artatâma
I (v.1410-v.1400) et d'une concubine.
Cependant, du fait qu'à aujourd'hui aucun début de preuve ne vient étayer cette théorie, elle est pour l'instant écartée et les
spécialistes la situent plus de lignée royale et originaire de la ville d'Akhmîm. Il est supposé un lien de parenté avec
le notable Youya, dont la famille jouera un rôle politique prépondérant sous les règnes suivants. Ce qui lui ferait
également un lien de parenté avec la Reine Tiyi I,
épouse de son fils Amenhotep III. Elle aurait
pris le nom de Moutemouia,
"Mout est dans la barque solaire",
à son mariage que l'on situe après l'an 7, après la disparition de la Reine Néfertari.
Une statue, qui la montre dans une barque a été trouvée à Karnak et est maintenant au British Museum,
à l'origine elle devait se trouver probablement dans son temple funéraire. Il faut souligner que
Moutemouia
n’est mentionnée dans aucun document du règne de Thoutmôsis IV.
Avec sa fille Tiâa (ou Tiya), elle est également montrée sur les colosses de
Memnon érigés par Amenhotep III
Elle donne six ou sept enfants à Thoutmôsis IV :
Cinq ou six fils :
▪
Amenemhat qui est représenté dans la tombe TT64, à
Sheikh Abd el-Gournah,
qui fut celle de sa nourrice Hekerneheh (ou Heqaerneheh). Selon
Aidan Marc Dodson et Dyan Hilton, il mourut jeune et fut enterré dans le tombeau de son père,
KV43, dans la
vallée des Rois, avec une de ses sœurs (ou demi-sœurs),
Tanoutamon (ou Tente-Amon ou), où on retrouva sa momie et ses vases canopes.
▪
Amenhotep III qui succède à son père
à l'âge de dix/douze ans, Moutemouia
assurant la régence.
▪
Âakhéperourê.
▪
Ahmose.
▪
Maiherpéra (ou Maïherpra).
▪
Saatoum (ou Siatum), dont certains spécialistes affirment qu'il est le fils de
Iaret (ou Varet).
Son existence est connue d'une inscription trouvée sur la
momie
de sa fille Nebetâh (ou Nebetia).
C'est peut-être lui qui est représenté sur les genoux du Trésorier Mérirê (ou Meryre) dans sa tombe de
Saqqarah.
Une fille :
▪
Tiâa (ou Tiya). Des vases canopes, qui probablement lui appartiennent, ont été trouvés dans
la vallée des Reines.
Elle mourut sous le règne de son frère d'Amenhotep III.
Sa sépulture d'origine n'est pas connue. Sa momie
fut inhumée de nouveau au cours de la XXIe dynastie dans la
nécropole de Sheikh Abd el-Gourna, avec les
momies de plusieurs autres Princesses royales :
Aménémopet (ou Imenemipet ou Amenemipet) et Phyihia (ou Petepihou), qui sont probablement ses demi-sœurs, ses nièces
Nebetâh (ou Nebetia) et Henouttaneb (ou Henutiunu) et des Princesses aux noms de : Tataou,
Méritptah, Sithori et Ouiay. Sa momie
portait une identification avec le titre de "Fille du Roi Menkhéperourê
(Thoutmôsis IV)". Le tombeau a été découvert en 1857.
• Certains spécialistes lui attribuent aussi
une dernière épouse, une Princesse
Mitannienne, fille de l'Empereur
Artatâma I (v.1410-v.1400).
Il y a peut-être là confusion avec
Moutemouia si
Claire Lalouette a raison.
On a aussi connaissance d'une dénommée, Tenettepihou
qui n'est connue que par une statue funéraire et un oushebti datant du règne de Thoutmosis IV.
Elle portait les titres de :
Grande Épouse Royale (HmT-nswt wrT) ,
Princesse héréditaire (iryt-pat),
Grande de Louanges (wrt-hzwt) ,
Douceur d'mour (bnrt-mrwt) ,
Épouse du Roi sa bien-aimée (hmt-nswt-meryt.f) ,
Douceur d'amour (bnrt-mrwt).
Thoutmôsis IV a également trois autres filles dont on ignore les mères :
▪
Phyihia (ou Petepihou ou Petepihu). Sa momie
a été retrouvée avec celle de sa sœur (ou demi-sœur) Tiâa, découverte en 1857.
▪
Tanoutamon (ou Tente-Amon ou Tentamon) qui est enterrée avec son frère (ou demi-frère), Amenemhat, dans la tombe de leur
père (KV43)
dans la vallée des Rois.
Un fragment d'un vase canope à son nom a été trouvé dans la tombe et est aujourd'hui au
musée Égyptien du Caire.
▪
Aménémopet (ou Imenemipet ou Amenemipet) qui est mentionnée dans le tombeau TT78
de Sheikh Abd el-Gourna
de de son tuteur Horemheb (TT78) (nom identique au Pharaon plus tard), qui
servi sous le règne d'Amenhotep II,
Thoutmôsis IV et Amenhotep III, de sorte que
la Princesse aurait pu être la fille de l'un de ces trois Rois, mais Thoutmôsis IV est le plus probable.
Sa momie
a été retrouvée avec celle de sa sœur (ou demi-sœur) Tiâa, découverte en 1857.
|
|
|