Les Minoens

Les Achéens, les Mycéniens
De  vers  1450  à  vers  1200

Athènes

 

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 Pour plus de détails voir aussi : Mycènes, Pylos, Tirynthe

 

  Les Achéens
   de vers 1900  à  vers 1450

Les Mycéniens

 
L'histoire......

 
   Les Achéens (ou Akhaioi [ou peut-être Ahhiyawa ?], en Grec : Aχαιοί, ou Achaea ou Achaïa) sont l'un des premiers peuples Indo-européens à avoir envahi la Grèce. Ils y apparaissent vers 1900. Ils sont originaires des régions plus septentrionales et arrivent par l'Ouest. Ils s'installent d'abord en Épire, puis descendent en Thessalie. Ils chassent les premiers habitants, les Pélasges grâce à leur suprématie militaire (Usage de l'épée au lieu du poignard, usage du bronze). Ils vont ensuite dominer les populations de Béotie, d'Attique et enfin du Péloponnèse où ils vont s'arrêter en Argolide. Un groupe ira même former la population Ionienne d'Asie Mineure. Les similitudes linguistiques sont là pour le prouver. Homère parle ainsi d' "Achéens" ou d' "Argiens" pour désigner l'ensemble des Grecs rassemblés devant Troie.
 

Ruines du site de Mycènes

   Leurs centres principaux sont les cités d'Argos, Tirynthe, Pylos, mais surtout la capitale de ce royaume Achéen qui est Mycènes. Cette cité va être le plus grand centre de la civilisation préhellénique, à laquelle elle va donner son nom, la civilisation dite "Mycénienne". On ne sait pas exactement ce qui cause la rapide montée en puissance des Mycéniens vers 1600. La chute de la domination Achéenne est traditionnellement attribuée à l'invasion Dorienne, mais on pense désormais que la grande invasion fut plutôt une suite de petites incursions, espacées dans le temps.
 
   L'ancêtre éponyme des Achéens est Achaïos, fils de Xouthos et de Créüse, demi-frère d'Ion (Ancêtre éponyme des Ioniens). Selon quelques spécialistes, le terme Hittite "Ahhiyawa" qui désignait un royaume mentionné dans des chroniques se référerait aux Achéens de la tradition Homérique. Le débat est toujours ouvert à l'heure actuelle, un certain nombre de spécialistes des Mycéniens contestant toujours ce fait. Au Nord-ouest de l'Argolide, une région montagneuse appelée "Achaïe", tient aussi pour avoir abrité un florissant développement de la civilisation Achéenne dans les cités comme Sicyone, Patras, Érymanthe et plus au Sud, Élis et Olympie.

 

 

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La Ligue Achéenne    (ou  Ligue Hellénistique)

 
   La ligue Achéenne ou Ligue Hellénistique (En Grec : tò Achaïkón  tò Achaïkón) ou quelques fois dans sa dernière phase, Ligue de Corinthe, est originellement un groupement en confédération de douze villes de la côte Nord-est du Péloponnèse (en Achaïe). La première ligue est créée au Ve siècle. Elle comprenait 12 cités :
Bura (ou Boura, ou Bira, en Grec : Βοũρα), située sur une hauteur au Sud-est d'Helicé. Il est dit qu'elle tira son nom de la fille d'Ions et d'Hélice .
Dymé (ou Dymé, en Grec : Dyme). C'était la ville la plus à l'Ouest des cités Achéennes.
Égée (ou Égéai, en Grec :Égéai),
Égion (ou Aigion, en Grec : Aigion, ou katharévousa, ou Aigio, en Latin : Aegium, ou Egio ou Egion), au Nord du Péloponnèse, sur le golfe de Corinthe.
Égire (ou Égira, ou Ægira en Grec : Ægira ou Aigeira ou Paleocastro), ville et port d'Achaïe. Elle reçut les habitants d'Aigéai, après que celle-ci eut été ruinée par une inondation.
Helicé (ou Héliké, en Grec : Eλίκη), située à deux kilomètres (12 stades ) du Golfe de Corinthe. L'ancienne ville fut immergée dans la nuit de l'hiver 373 av.J.C. C'est aujourd'hui l'un des plus grands objectifs pour l'archéologie sous-marine de la région.
Patras (ou Patrai, en Grec : Πάτραι), au Nord de la péninsule du Péloponnèse, c'était une des plus peuplée. Elle fut habitée depuis l'âge préhistorique et constitua un centre important de l'ère Mycénienne.
Pharès (ou Pharée, ou Farres, en Grec : Φαρρές, ou Pharai  Φαραί), située à environ 17 km de Patras.
Pellène (En Grec : Pellène), fut la cité la plus à l'Est de l'Achaïe de la Ligue, près du golfe de Corinthe, à la frontière de l'Argolide. Les ruines sont au Sud-ouest de Xylokastro.
Olénos (ou Olenos, en Grec : Olénos).
Rhypes (En Grec : Rhypes ou Ρύπες), située sur le golfe de Corinthe. Sa localisation exacte est encore débattue aujourd'hui.
Tritée (ou Tritaia, en Grec : Τριταία), située dans le Sud-ouest de l'Achaïe. La ville aurait été fondée par Mélanippos, fils d'Arès et de Triteia, la fille du Dieu marin Triton.
Égée et Rhypes vont quitter la Ligue par la suite et seront remplacées par : Cérynée (ou Kyrenia, ou Ceryneia, en Grec : Κερύνεια), située à 6 km au Sud d'Égion et 7 km à l'ouest de la Diakopto. La ville de Kyrenia dans le Nord de Chypre, fut fondée par les Achéens, probablement à partir Cérynée; et Leontion (ou Léontion, ou Leontium, en Grec : Leontion).
 
  Nous avons très peu de connaissance concernant cette première Ligue, notamment quels étaient les liens qui unissaient les cités. Quelques spécialistes penchent pour une association plus religieuse que politique. Cette Ligue est dissoute par le Roi de Macédoine Cassandre (301-297) et Démétrios I Poliorcète (294-287) imposent aux cités des garnisons et souvent, des Tyrans sous le contrôle des Macédoniens.
 
   La deuxième Ligue est reconstituée vers 281/280 par quatre cités : Dymé, Patras, Pharès et Tritée. Elle est dirigée contre l’expansion Macédonienne. Elle est créée quand le Roi de Macédoine Antigonos II Gonatas (287-239), fils de Démétrios I et de la Reine Phila I, tente de reprendre le trône de Macédoine à la mort de Ptolémée Kéraunos (281-279). Les Achéens profitent de la confusion qui entoure cette succession pour chasser de leurs cités les garnisons Macédoniennes et les Tyrans qui leur avaient été imposés. Ils dotent la Ligue d'un gouvernement fédéral où toutes les cités sont sur un pied d'égalité. Elles sont toutes dirigées par ce gouvernement et elles n'ont pas le droit de négocier séparément avec d'autres cités. L'État fédéral semble alors la seule manière de tenir tête aux États hellénistiques. D'autres cités rejoignent les quatre premières au cours des trois décennies suivantes : Égion, Bura, Leontion, Pellène et Sicyone. À partir de 255, le magistrat principal est un Stratège, rééligible. La ligue va se développer rapidement sous son Stratège Aratos de Sicyone (271–213). Pendant son exercice, Épidaure, Megalopolis, Mégare, Mycènes et Trézène rallient la ligue. En 229, Aratos réussit à faire adhérer Corinthe qui avec Mégare deviennent les capitales.
 

Monnaie de la Ligue - Sicyone

   À partir de cette époque, Athènes, Égine et Salamine rejoignent la confédération. C'est l'apogée de la ligue, qui contrôle tout le Péloponnèse à l'exception d'Élis, d'Orchomène, de Mantinée et de Tégée. Sparte se joindra forcée à la ligue en 192 mais n'aura de cesse de vouloir retrouver son indépendance. Malgré son importance, la ligue ne parvient pas à unifier complètement le Péloponnèse sous son égide. Lors de la guerre d'Achaïe, la dissidence de Sparte et son manque de tactique sous le Stratège Philopoemen (253-183) vont conduire à sa dissolution. La Ligue disparaît en 146 avec la défaite de Leucopetra près de Corinthe qui livre la Grèce aux Romains. Corinthe, son siège, est prise et pillée par Général Romain Mummius (Consul en 146).
 

Bibliographie


   Pour d'autres détails sur les Achéens voir les ouvrages de :
 
André Aymard et Jeannine Auboyer :
- Les premiers rapports de Rome et de la Confédération Achéenne (198–189 avant J.-C.), Féret, Bordeaux, 1938.
- Les stratèges de la Confédération Achéenne, Études d'histoire ancienne, PUF, 1967.
Andreas Bastini :
- Der achäische Bund als hellenische Mittelmacht. Geschichte des achäischen Koinon in der Symmachie mit Rom, Europäische Hochschulschriften. Reihe 3: Geschichte und ihre Hilfswissenschaften. Bd. 335, Lang, Frankfurt am Main, 1987.
Pierre Cabanes :
- Le Monde hellénistique de la mort d’Alexandre à la paix d’Apamée, Collection : Points Histoire / Nouvelle histoire de l’Antiquité, Seuil, Paris, Janvier 1995.
Léonard Cottrell :
- Civilisations disparues, Flammarion, Paris, 1974.
René Dussaud :
- Prélydiens Hittites et Achéens, Paul Geuthner, Paris, 1953.
Jacques Freu :
- Hittites et Achéens : données nouvelles concernant le pays d'Ahhiyawa, Centre de recherches comparatives sur les langues de la Méditerranée ancienne 11, Université de Nice-Sophia Antipolis, Nice, 1990.
Athanasios D.Rizakis :
- Achaïe. : III, Les cités Achéennes épigraphie et histoire, De Boccard, Paris, 2008 - Centre de recherches de l'Antiquité́ grecque et romaine, Athènes, 2008 - Fondation nationale de la recherche scientifique, Paris, 2008.
Jean Theveny :
- Le temps des Achéens : Histoire de la civilisation Achéenne selon l'Iliade et l'Odyssée : Essai, Elzévir, Paris, 2009.
Edouard Will :
- Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av.J.C., Collection : Points Histoire, Seuil, Paris, 2003.

 

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Les Mycéniens
De vers 1450  à  vers 1200

 


 

Ruines du site de Mycènes

   La situation de Mycènes, qui domine à la fois la mer et l'Argolide, lui permet de contrôler le commerce dans une grande partie de la mer Égée. D'après la légende, deux dynasties se seraient succédé sur son trône, celle des Perséides, qui auraient soumis les Pélasges, puis celle des Pélopides ou des Atrides. La Grèce Mycénienne est divisée en royaumes, chacun d'entre eux étant dirigé par un Roi, appelé wa-na-ka. La légende fait régner vers 1200, le Roi Agamemnon. Les autres grandes cités autour de Mycènes sont : Tirynthe et Pylos dans le Péloponnèse et Athènes et Iolkos sur la côte de Thessalie. Les Mycéniens, attirés par ses richesses, envahissent la Crête et finissent de ruiner l'empire Minoen déjà sur le déclin. Puis, ils poussent jusqu'à Chypre. En plus de la Crête, d'autres îles de la mer Égée, comme dans les Cyclades et Rhodes, verront l'implantation des Mycéniens. On retrouve aussi leurs traces dans des sites en Asie Mineure et des objets Mycéniens sont retrouvés même en Europe centrale et jusque dans les Îles Britanniques.
 
   L’écriture Mycénienne, est appelé "Linéaire B" c'est une variante de l'écriture Grecque primitive issue du Linéaire A des Minoens. L'analyse linguistique des textes en linéaire B amalgame la langue Mycénienne à des dialectes Grecs des époques ultérieures. Le monde Mycénien va connaître une disparition assez brutale, dont on ignore réellement la cause, ce qui aura pour effet de plonger la Grèce dans des âges sombres, qui vont durer quatre siècles. Cette civilisation a été révélée à la fin du XIXe siècle par les fouilles d'Heinrich Schliemann à Mycènes en 1874 et Tirynthe en 1886. Schliemann pensait avoir retrouvé le monde décrit par Homère dans l'Iliade et l'Odyssée. Dans une tombe de Mycènes, il a mis au jour un masque en or qu'il identifia au Roi Agamemnon. Il faudra attendre les recherches d'Arthur Evans, au début du XXe siècle, pour que le monde Mycénien soit reconnu comme entités par rapport au monde Minoen de Schliemann. Aucune source écrite provenant d'un site Mycénien ne nous a indiqué comment ce peuple se nommait lui-même.
 

L'histoire.......

 

   On appelle cette civilisation Mycénienne car la plus importante des cités était Mycènes. Malgré la légende et la puissance de la ville, il semble impossible que l’ensemble de la Grèce ait été gouverné par un souverain unique durant cette période. Rien ne prouve non plus que celle-ci ait formé une seule communauté ethnique ou linguistique. La chronologie de la civilisation Mycénienne a été attestée par Arne Furumark, en se basant sur la typologie des objets découverts sur les sites fouillés. Cette classification est très controversée par quelques spécialistes mais reste encore utilisée aujourd'hui. On emploie pour ces périodes le terme : Helladique Récent (HR).

  • 1550–1500 : Helladique Récent I - tombes A et B de Mycènes,
  • 1500–1450 : Helladique Récent II A,
  • 1450–1425 : Helladique Récent II B - arrivée probable des Mycéniens à Cnossos  ?,
  • 1425–1380 : Helladique Récent III A1 - destruction de Cnossos, début des palais Mycéniens, archives en linéaire B de Pylos
  • 1380–1300 : Helladique Récent III A2 - apogée de la construction des palais Mycéniens,
  • 1300–1250 : Helladique Récent III B1 - expansion et apogée de la civilisation Mycénienne,
  • 1250–1200 : Helladique Récent III B2 - destruction des palais Mycéniens, archives de Cnossos,
  • 1200–1125 : Helladique Récent III C1,
  • 1125–1100 : Helladique Récent III C2.

Masques en or provenant
de tombes royales

   Le monde Mycénien est constitué d'une multitude de petits royaumes qui forment un ensemble de peuples, ancêtres des Achéens, des Ioniens, etc... Ces petits royaumes vont rivaliser par leur richesse. Homère dans l'Iliade, divise la Grèce en plusieurs États : Argos, Athènes, Mycènes, Pylos, Orchomène, Tirynthe, Cnossos qui sont attestés par l'archéologie et les textes en linéaire B, mais il faut peut-être rajouter Sparte et Ithaque.
 
   Mycènes est le plus prestigieux, d'où sa place privilégier dans l'épopée Grecque. L'organisation politique générale du monde Mycénien n'est pas connue avec certitude. Nous sommes renseignés sur l'organisation intérieure des royaumes par les archives de Pylos et Cnossos en linéaire B, qui révèlent une organisation économique complexe et centralisé autour des palais. Les Rois Mycéniens exercent leur pouvoir militaire, juridique et religieux sur des grands territoires, les te-me-no (ou Témenos, en Grec : Témenos ou Tέμενος), possédant de bonnes récoltes, des troupeaux, mais aussi sur la production et le commerce des métaux. Chaque souverain constituait sa cour d'officiers (Chevaliers ou compagnons) les e-qe-ta (ou Equetai), de dignitaires les te-re-ta (ou Telestai), d'Aristocrates et de fonctionnaires.
 


 

Dame de Mycènes, fresque du XIIIe siècle retrouvée à Mycènes représentant une Déesse - Musée national archéologique d'Athènes

   Il était secondé par le ra-wa-ke-ta (ou Lawagetas), sans doute le chef de l'armée. Le royaume de Pylos était divisé en deux grandes provinces : La de-we-ra ka-ra-i-ja, la province proche, autour de Pylos et la Pe-ra-ko-ra-i-ja, la province éloignée. Pour diriger les districts qui faisait la sous division d'un royaume, le Roi nommait un gouverneur le ko-re-te (ou Koreter) et un sous-gouverneur le pro-ko-re-te (ou Prokoreter).
 
   Mycènes, comme le feront les Romains plus tard, s'était reliée aux autres cités par un réseau de routes. La ville dominait à la fois une partie de la mer Égée et l'Argolide, ce qui lui permettait de contrôler le commerce. Son économie reposait sur l'agriculture et le tribut que versaient les royaumes assujettis. Les paiements se faisaient sous la forme de bovins et d'étoffes. À part Mycènes les royaumes important étaient Athènes, Pylos, Tirynthe et Thèbes.
 
   Vers 1450, les Mycéniens envahissent le centre de la Crête et la ville de Cnossos est occupée. Ils vont prendre, de ce fait, le contrôle sur la mer Égée ce qui va leur permettre d’étendre leur puissance au premier rang des peuples de la Méditerranée orientale. L'influence des Minoens sur les Mycéniens va être importante, ils vont en premier lieu adopter leur écriture, le linéaire B. Les palais permettaient le stockage des productions de coton, de lin pour les vêtements, de céréales (Blé et l'orge), d'oliviers, de figuiers, de vigne et d'huile qui étaient échangés contre des matières premières absentes du territoire telles que l'étain pour la fabrication des armes.
 

Couronne et masque provenant de tombes royale
 

   L'élevage était surtout axé sur les moutons et les chèvres. On sait aussi par des découvertes archéologiques que les Mycéniens possédaient des industries dans le domaine des parfums (Huile parfumée à la rose, à la sauge, etc...) et du bronze (Fabrication d'épées). Mais également des ateliers dépendants du palais qui comprenaient des ivoiriers, des orfèvres, des potiers. L'industrie textile était l'un des principaux secteurs de l'économie Mycénienne.

 
   Les tablettes de Cnossos permettent de suivre toute la chaîne de production, des troupeaux de moutons au stockage des produits finis dans les magasins du palais. Le palais de Pylos comptait environ 550 ouvrières du textile et près de 900 à Cnossos. L'influence commerciale des Mycéniens était très grande puisque l'on sait qu'ils commerçaient avec Chypre, l'Égypte, des cités en Asie Mineure comme Milet, Halicarnasse ou Cnide, jusqu'à des îles comme Lemnos ou Cythère. On a retrouvé leurs poteries jusqu'en Syrie et Palestine, mais aussi plus à l'Ouest en Sicile, ou même en Europe Centrale et jusqu'en Grande-Bretagne. De grandes jarres ayant contenu de l'huile ont été retrouvées à Thèbes, en Béotie. Nous disposons de peu d'informations sur le circuit de distribution des textiles, on sait juste que les tissus fins partaient pour l'Égypte.
 


 

Vase à étrier Mycénien trouvé à Ougarit,
XIIIe siècle - Musée du Louvre

   Les Mycéniens, témoignent d'originalité dans leur architecture, ils vont construire de nombreux monuments à Argos, Dendra, Mycènes, Pylos et Tirynthe. Les principales villes Mycéniennes seront toutes fortifiées. À côtés de ces citadelles, on a aussi trouvé des forteresses, servant sans doute au contrôle militaire des territoires. Les plus beaux palais Mycéniens étaient semble t-il ceux de Mycènes, Pylos et Tirynthe. Sur le plan architectural, ils ont hérité des palais Minoens, mais aussi de l'influence des grandes résidences bâties en Grèce continentale. Le cœur du palais est le mégaron qui est la salle du trône entouré de quatre colonnes. Ils sont organisés autour d'un ensemble de cours ouvrant sur plusieurs salles de différentes dimensions, dont des magasins, des ateliers, des salles de réception et de résidence. Les palais Mycéniens ont livré un mobilier important, ainsi que des fresques peintes.
 

Le déclin et la fin

 
   Malgré sa puissance, le monde Mycénien va connaître une disparition relativement brutale sans que l'on ne puisse en expliquer précisément les raisons. La fin de la suprématie Mycénienne pose beaucoup de problèmes qui ne sont toujours pas résolus, du point de vue chronologique et de l’interprétation des événements. Des recherches récentes à Mycènes et Thèbes nous ont appris qu'il subit un premier choc vers 1280 (HR III B1). À partir de cette date, en peu de temps, tous les palais du Sud de la Grèce sont brûlés, y compris celui de Mycènes. Les habitations hors de la ville de Mycènes vont être détruites, le palais de Thèbes est ravagé. Puis vers 1200 (HR III C), les grands palais sont détruits : Mycènes, Pylos, Tirynthe. La période voit une baisse importante du nombre de sites en Grèce, 9/10e des sites de Béotie disparaissent, 2/3 en Argolide. Quelles sont les causes du déclin de la civilisation Mycénienne à cette période ? Plusieurs hypothèses ont été avancées concernant cette disparition de "l'Empire". Ces faits étaient traditionnellement attribués aux invasions des Doriens, des Grecs du Nord, bien que beaucoup d'historiens doutent maintenant que cette invasion eut lieu.

Fresque de Mycènes représentant un bouclier
symbole de la Déesse de la guerre -
Musée national archéologique d'Athènes

 

 
   En fait les causes peuvent être à la fois :
 
• Externes du fait de facteurs naturels comme le changement climatique, des tremblements de terre qui sont peut-être l'origine du déplacement de sources d'eau et des populations, bien que ces propositions soient aujourd'hui rejetées en masse. Amos Nur fait pourtant valoir que les tremblements de terre ont joués un rôle majeur dans la destruction de Mycènes et de nombreuses autres villes à la fin de l'âge du Bronze. Une autre théorie est qu'il se serait produit une grande et longue sécheresse qui aurait causé le déclin de Mycènes, mais il n'y a pas de preuve climatologiques de ces faits.
 
• Externes du fait de raids de nouvelles populations comme effectivement les Doriens ?. Mais cette proposition est elle aussi désormais écartée par beaucoup de spécialistes. On sait aujourd'hui que les Doriens étaient déjà présents en Grèce continentale auparavant. Une autre hypothèse encore est que la fin du palais de Mycènes, lieu du pouvoir de la cité, est liée aux "Peuples de la mer". Les populations qui ont été la cause de la destruction de l'Empire Hittite et des attaques sur la XIXe, puis XXe dynasties de l'Égypte. Ceux-ci rasant les grandes villes d'orient, auraient empêché tout commerce. L'économie Mycénienne, ne reposant que sur les échanges, se serait d'un coup écroulée. Les palais sans aucun revenu auraient été dans l'impossibilité de faire face à cette crise.
 
• Internes, au cours de conflits sociaux une administration trop centralisée et trop rigide aurait été incapable de surmonter de nouvelles crises. Les  couches  sociales les plus défavorisées auraient rejeté le système palatial qui finit par s'appauvrir à la fin de l’Helladique Récent. Cette hypothèse rejoint parfois la précédente.

Art Mycénien

 
   L'hypothèse interne est renforcée par le fait que dans les tablettes Mycéniennes, le  nom du magistrat chargé de l'administration des villages change et devient une forme ancienne d'un nom dont aurait pu dériver le titre d'archonte (Roi-Prêtre de la Grèce archaïque). Ce qui signifierait que l'administration Mycénienne se désintégra au point que les citoyens ne reconnurent plus que les magistrats locaux comme souverains et autorité suprême.  D'un autre côté l'hypothèse externe est, elle, basée sur le fait que l'on constate à cette époque, que beaucoup d'étrangers parlant le Grec Dorique entrent en Grèce. Par ailleurs, certaines populations Mycéniennes, qui plus tard parleront un dialecte Dorien, quittent la superstructure Mycénienne et s'installent dans de nombreuses régions anciennement contrôlées par elle et les populations déplacées échappent aux pouvoir Mycénien.
 
  En fait, plusieurs facteurs se sont sûrement conjugués, car aucune preuve concluante n'a été avancée pour confirmer que telle ou telle théorie est la raison pour laquelle la citadelle Mycénienne et d'autres autour d'elle sont tombées à cette époque. Ce que l'on constate de sur c'est qu'à cette période appelé "submycénien", Mycènes n'était plus une grande puissance. Ses céramiques et leurs styles décoratifs ont été changés rapidement. L'artisanat et l'art ont nettement diminué. La citadelle a été abandonnée à la fin du XIIe siècle, du fait qu'elle n'était plus un lieu stratégique et était trop éloignée de la cité. Quoi qu'il en soit le riche monde Mycénien ne se relèvera jamais quand les sites de Mycènes et de Tirynthe seront détruits. Toute la Grèce va en subir les conséquences ouvrant la période des "âges sombres", qui va durer pendant quatre siècles.

 

Bibliographie

 
   Pour d'autres détails sur les Mycéniens voir les ouvrages de :
 
Marie Claire Amouretti et François Ruzé :
- Le Monde grec antique, Hachette université, Paris, 1978.
John Chadwick :
- The Mycenaean World, Cambridge University Press, 1976.
- Le Ddéchiffrement du Linéaire B, Gallimard, Paris, 1983.
- Corpus of Mycenaean inscriptions from Knossos, 4 vol., Cambridge University Press, 1987–1999.
John Chadwick et Michael Ventris :  
- Documents in Mycenæan Greek, Cambridge University Press, 1955, 1974 (2e édition).
Léonard Cottrell :
- Civilisations disparues, Flammarion, Paris, 1974.
Pascal Darcque :
- Les Mycéniens, Éditions Faton, Dijon, 1994.
Jan Driessen et Alexandre Farnoux :
- La Crète Mycénienne : Actes de la table ronde internationale organisée par l'École Française d'Athènes, 26-28 mars 1991, École Française d'Athènes, Athènes, 1997 - De Boccard-Diffusion, Paris, 1997.
Maitland A.Edey :
- Antiques civilisations Egéennes, Time-Life International, Nederland, 1975.
Alexandre Farnoux :
- Les Mycéniens : Des Grecs du IIe millénaire, Faton, Dijon, 1994.
Arne Furumark :  
- The Chronology of Mycenaean pottery, vol.I, K. Vitterhets, historie och antikvitets akademien, Stockholm, 1941. 
- The Mycenaean pottery, analysis and classification, vol. II, Kungl. Vitterhets, historie och antikvitets akademien, Stockholm, 1941. Ces deux volumes ont été réédités sous le nom : Mycenaean pottery, 1972-1992.
Reynold Higgins :
- L'art de la Crète et de Mycènes, Thames & Hudson, Londres, 1995 (1ère édition 1967).
Francis Joannès :  
- Les premières civilisations : De la Grèce mycénienne à l'Indus, Collection : Universitaire, Belin, Avril 2006.
Laurence Lhommedet et Claude Merle :
- Le monde Grec : Des Mycéniens à Alexandre le Grand, Éditions Autrement, Paris, 2001.
Friedrich Matz :
- Le monde Egéen : Troie, Crète, Mycènes, Correa, Buchet/Chastel, Paris, 1956.
Isabelle Ozanne :  
- Les Mycéniens, paysans, pillards et poètes, Errance, Paris, 1990 - Collection : Civilisations U, Armand Colin, Paris, 1992.
Jean-Claude Poursat :
- Les ivoires Mycéniens : Essai sur la formation d'un art Mycémien, École Française d'Athènes, Athènes, 1977
Stefan Przeworski :
- Les problèmes Mycéniens et les textes Hittites. II, Sumptibus Pol. soc. philologae, Leopoli, 1925.
Henri Van Effenterre :
- Mycènes, vie et mort d'une civilisation : La seconde fin du monde, Editions Errance, Paris, 1985.

 

 

 

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