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Mégare
 
Messénie
 
Les Guerres de Messénie
 

 

Mégare

MESSENIE

 
   Mégare (En Grec : tà Mégara tà Mégara) est une cité de l'Attique, capitale de la Mégaride. Elle est située à l'extrémité Est de l'isthme de Corinthe, au milieu d'une étroite plaine fertile au pied des monts Géraniens, à mi-chemin entre Corinthe et Athènes, à 2 km du golfe Saronique, en face de l'île de Salamine. Elle est connue à l'origine sous le nom de Nisée (ou Nisaea ou Nísaia, en Grec : Nísaia ou Νίσαια), d'après le Roi éponyme légendaire Nisos (Fils de Pandion et de Pylia). La ville antique occupait une colline basse à deux sommets, chacun comportant une acropole ou une citadelle. Celle de l'Est s'appelait Caria, celle de l'Ouest Alcathoé. Mégare fut le point de passage terrestre entre la Grèce centrale et le Péloponnèse. Grâce à cela la cité va acquérir rapidement de l'importance. Ses deux ports, l'un sur le golfe Saronique dénommé Nisée (ou Nisaea), qui abritait l'îlot fortifié de Minoa et l'autre sur le golfe de Corinthe, en firent un centre commercial de première importance. De longs murs, qui ont été construits en 459, reliaient la ville aux ports. Le territoire de Mégare s'étendait sur la plus grande partie de l'isthme, depuis la frontière de Corinthe jusqu'au pied du mont Cithéron (Roi de Platées qui donna son nom au mont) qui séparait de ce fait la Béotie de la Mégaride. Outre la capitale Mégare, la Mégaride comprenait les villes d'Aegosthène et Pagae sur le golfe Corinthien, Rhus et Tripodisca à l'intérieur du pays et le fort de Géraneia et Phibalis à la frontière avec l'Attique.
 
   Mégare était tournée plus vers l'Égée que vers l'Occident. C'est en Sicile orientale qu'elle fonda sa plus ancienne colonie, Mégara Hyblaea (ou Megara Hyblaia). Mais ses comptoirs les plus importants se trouvaient en Propontide et dans la région du Pont, où les Mégariens fondèrent Byzance, Chalcédoine et Héraclée du Pont. Elle connaîtra une grande prospérité sous son Tyran Theagènes (ou Théagène) au VIIe siècle. Ses démêlés avec Athènes vont engendrer la Guerre du Péloponnèse. Elle possédait une école de philosophes, l'école Mégarique, fondée par Euclide (Mathématicien Grec, 325-265) et Aristote (Philosophe Grec, 384-322). La ville basse était alimentée par un aqueduc, construit par Theagènes. On y trouvait le gymnase, les temples d'Artémis Soteira, avec les statues des empereurs Romains, d'Aphrodite, de Dionysos, de Zeus Olympien, l'herôon d'Alcathoos, etc... Sur la citadelle de Caria ce trouvait le temple de Déméter (Le Mégaron). Au Nord le tombeau supposé d'Alcmène, le bouleutérion, le temple d'Athéna et plusieurs autres temples. De tous ces monuments il ne reste aujourd'hui malheureusement presque rien.

 

La Thessalie Delphes Thèbes Mégare Athènes Sparte Argos Corinthe Mycènes Pylos

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L'histoire.....

 
   Selon la tradition les premiers résidants de la cité seraient les Cariens, puis les Lélèges (Peuple maritime métissé). La légende parle des souverains éponymes : Car, Lelex, Pylas, contemporain du Roi d'Athènes Panilion, puis Sciron, Nisus, Mégareus, fils (ou gendre) de Poséidon. Nisus aurait été tué lors d'une bataille contre le Roi de Crète Minos et sa capitale aurait été détruite. Elle aurait été reconstruite par Alcathoos, un fils de Mégareus. C'est lui qui fit construire aussi la seconde citadelle. Le dernier Roi aurait été Hypérion, fils d'Agamemnon, après son règne aurait été instaurée la démocratie dans la ville.
 
   Ce que l'on sait de la suite de l'histoire de Mégare et de sa région nous vient d'Homère (Poète Grec de la fin du VIIIe siècle). La Mégaride était une partie de l'Attique et en fut détachée par l'invasion des Doriens, qui selon la tradition envahirent la région vers 900. Ces derniers furent arrêtés par le Roi d'Athènes, Codros (ou Kodros ou Codrus, 17e Roi légendaire) qui mourut au cours de la bataille. Par la suite s'établissent à Mégare des colons venus de Corinthe et de Messénie. La cité est d'abord dépendante de Corinthe, puis, au VIIe siècle, se libère de cette tutelle et annexe les cantons voisins des Cynosuriens, des Héréens, des Piréens et des Tripodiscéens.
 
   Elle connaît alors une grande prospérité sous son Tyran Theagènes (ou Théagène, v.630 - v.600). À cette époque c'est une des plus importantes cités Grecques, grâce a son commerce et à ses colonies. Mégare en installe en Sicile, en Thrace et dans la région du Pont. Elle fonde : Astacos et Byzance (Sur le Bosphore), Chalcédoine (En Bithynie, face à Byzance), Cyzique (En Mysie, sur la Propontide, actuelle mer de Marmara), Héraclée du Pont (En Bithynie, sur le Pont-Euxin, actuelle mer Noire), Sélinonte et Mégara Hyblaea (ou Megara Hyblaia, sur la côte Est de la Sicile, près de l’actuelle Augusta, au Nord de Syracuse), etc... Theagènes arrive au pouvoir avec l'aide des pauvres. Il établit une Tyrannie et gouverne contre les riches propriétaires fonciers. Cette Tyrannie est suivie de luttes politiques. À la même époque vont débuter les querelles acharnées entre Mégare et Athènes. En 570, la première cause de brouille est l'île de Salamine qui était la possession de Mégare, mais qui sera conquise par l'Athénien Solon (640-558).
 
   Les Mégariens prennent part à la Deuxième Guerre Médique (482-479) en apportant 20 navires et 3 000 Hoplites. En 460, ils font la guerre aux Corinthiens pour une querelle de frontière et se mettent, pour un temps, sous le protectorat d'Athènes. C'est à cette époque, en 459, que les Athéniens bâtissent les longs murs qui réunissent Mégare à son port de Nisaea et installent une garnison à Pagae sur le golfe Corinthien. Après la défaite des Athéniens, battus par les Béotiens à Coronée (447), en 445, le parti Péloponnésien reprend le dessus. Il massacre la garnison Athénienne et obtient dans la Trêve de trente ans l'évacuation de Nisaea et de Pagae. La rupture avec Athènes sera définitive. La Ligue du Péloponnèse, dont Sparte était maître, alliait entre autres les cité d'Argos, de Corinthe, de Thèbes et de Mégare (Un peu avant 500).
 

   Cette ligue avait pour but de contrer la suprématie d'Athènes. Cette dernière qui était entrée en guerre contre la cité de Potidée, oblige la cité à raser ses murailles. Potidée se révolte et reçoit le soutien officieux de Corinthe. Dans le même temps, Athènes interdit l'accès de l'Attique et ses ports aux marchands de Mégare. Elle reproche à la cité de soutenir son adversaire Corinthe et d'accueillir les esclaves fugitifs. Mégare, comme Corinthe, font alors appel à Sparte, qui sous la menace de voir deux de ses principales alliées quitter la Ligue du Péloponnèse, mobilise la Ligue. En 431 la Guerre du Péloponnèse éclate, elle ne se terminera qu'en 404. La population de Mégare va beaucoup souffrir de cette guerre. Son territoire est chaque année dévasté par les Athéniens.

 

   En 427, le port est bloqué et l'Athénien Nicias occupe l'île de Minoa. En 424, le parti démocratique rend Nisaea aux Athéniens, mais en 423, le Général Spartiate, Brasidas occupe Mégare. Il y rétablit un régime oligarchique et les longs murs sont rasés. En 421, Sparte et Athènes signent la paix (Paix de Nicias). C'est un succès pour Athènes, qui conserve son Empire intact tandis que ses ennemis sont divisés, car cette paix n'est conclue qu'entre Athènes et Sparte. Argos, Corinthe, Mégare et Thèbes refusent de la voter, car elle permet à Athènes de garder ses prétentions territoriales et aux deux nouveaux "alliés" de se mettre d'accord pour modifier le traité comme ils souhaitent, sans en référer à la Ligue du Péloponnèse. Argos va alors créer sa propre ligue concurrente de la Ligue du Péloponnèse, dont Mégare fera parti.

 
   Au IVe siècle, les Mégariens semble avoir retrouvé une certaine richesse. Ils passent pour de pacifiques marchands et propriétaires qui s'adonnent aux plaisirs de la table. On vantait leurs courtisanes, les Sphinges de Mégare. Mais la cité n'aura plus de véritable rôle politique. Elle restera neutre entre les Athéniens, les Béotiens et les Péloponnésiens. Mégare est prise et pillée en 307 par le futur Roi de Macédoine Démétrios I Poliorcète (294-287). Bien qu'elle demeure relativement libre, elle subira quand même la domination Macédonienne. Pour tenter de contrer celle-ci, elle adhère, en 251, à la Ligue Achéenne (ou Ligue Hellénistique), sur l'instigation d'Aratos de Sicyone (271-213). Quand le Roi de Sparte Cléomène III (235-222) prend Corinthe, en 223, Mégare se trouve coupée de ses alliés. En 229, à la mort du Roi de Macédoine Démétrios II l'Étolique (239-229), Mégare rejoint de nouveau la Ligue Achéenne. Après une période, de 224 à 192, où elle la quittera de nouveau, elle restera fidèle à la Ligue jusqu'à sa fin, en 146. Cette année la, pendant la guerre d'Achaïe, Mégare est prise par le général Romain Metellus (Quintus Caecilius Metellus Macedonicus). Au Ier siècle av.J.C une colonie Romaine va s'y établir, qui va même prendre une certaine importance. la ville est encore citée au Ve siècle ap.J.C. et disparaît ensuite.

 

   Pour plus de détails voir : La Ligue Achéenne ou Ligue Hellénistique.

 
Bibliographie

 
   Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :
  
Marie Claire Amouretti et François Ruzé :
- Le Monde grec antique, Hachette université, Paris, 1978.
Hans Rupprecht Goette :
- Athens, Attica and the Megarid : An archaeological guide, Routldege, London, New York, 2001.
Barclay Vincent Head et Reginald Stuart Poole :
- Catalogue of Greek coins : Attica, Megaris, Aegina, British Museum, Trustees [of the British Museum], London, 1888.
Ernest Leslie Highbarger :
- Chapters in the history and civilization of ancient Megara, The Johns Hopkins press, Baltimore, 1927.
Ronald Philip Legon :
- Megara : The political history of a Greek city-state to 336 BC, Cornell University Press, Ithaca, 1981.
Adrian Robu, Denis Knoepfler et Alexandru Avram :
- La cité de Mégare et les établissements mégariens de Sicile, de la Propontide et du Pont-Euxin : Histoire et institutions, Université de Neuchâtel, Neuchâtel, 2008.
Philip J.Smith :
- The archaeology and epigraphy of hellenistic and roman Megaris, Greece, John and Erica Hedges Ltd., Oxford, 2008.

 

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Messénie

 
   La Messénie (ou Messinia ou Messēnía, n Grec : Μεσσηνία) est une Région du Sud-ouest du Péloponnèse. Dans la mythologie, elle portait le nom de royaume d'Apharée. Son Roi offrit l'asile et plus tard légua son royaume, au Roi de Pylos, Nélée (Le fils de Poséidon et de Tyro), lorsque ce dernier fut chassé de Thessalie. Après Nélée c'est son fils Nestor, qu'il avait eu de la Reine de Chloris, qui dirigea le royaume. La région se trouve, à l'époque de la guerre de Troie, faire partie intégrante de la Laconie et comme telle, elle était sous la domination du Roi de Sparte Ménélas (Le frère d'Agamemnon). On l'appelait alors Messène. La ville qui porte ce nom aujourd'hui et qui eut longtemps pour acropole le mont Ithômé, n'était pas encore construite. La Messénie était très fertile et prospère. C'était une région de fruits, de légumes primeurs, "La porteuse de beaux fruits", comme l'appelait Euripide, d'oliveraies et de vignobles. La région avait plusieurs grandes cités :
 
Messène (ou Messini), la ville fut construite à la place de l'ancienne forteresse d'Ithômé (Sur le mont du même nom). Il ne subsiste que quelques éléments du mur d'enceinte. La partie la plus conservée se trouve au Nord, de part et d'autre de la porte d'Arcadie. Il reste quelques vestiges aussi du temple d'Esculape. Cette forteresse après avoir été ruinée par les Lacédémoniens, fut restaurée, une première fois par les Thébains. La ville, Messène, est fondée sur le mont et la forteresse en constitue désormais l'acropole. Plus tard par le Roi de Macédoine Philippe II (359-336) la restaurera. Seules les deux acropoles sont demeurées inhabitées.
 
Pylos (ou Navarin ou Pylos Koryphasion) qui était établie sur un promontoire (Koryphos) et qui commandait l'entrée Nord de la baie (À 4 km au Nord de la ville moderne de Messénie) au pied même de l'Aegaléôn, mais elle est détruite complètement et c'est au pied du Coryphasium qu'une partie des habitants va rebâtir la ville neuve.
 
Cyparissie aujourd'hui l'île Proté.
 
Sphactérie (ou Sphacteria ou Sphagia, nom moderne Sfaktiria), qui est située à l'entrée du golfe de Pylos est l'un des plus importants ports de Grèce. Durant l'Antiquité, pendant la Guerre du Péloponnèse (431-404), elle a été le lieu de la bataille de Sphactérie (425). Les Lacédémoniens y eurent trois cents des leurs assiégés et capturés par les Athéniens.
 
Méthone (De nos jours Methóni), la Pédase d'Homère (Poète Grec, fin du VIIIe siècle) qui selon quelques spécialistes est l'une des sept villes promises par Agamemnon à Achille. C'est à Méthone où il était entré en force avec sa flotte, que le général Romain Agrippa (Marcus Vipsanius Agrippa, 63-12) après la bataille d'Actium (Le 2 septembre 31), fait mettre à mort le partisan de Marc Antoine (83-30), Bogus, Roi de Manrusie.
 
Le promontoire Acritas, qui succède immédiatement à Méthone, marque l'entrée du golfe de Messénie. Il est appelé quelquefois aussi golfe Asinéen du nom de la petite ville d'Asiné. Le golfe commence aux îles Thyrides. 
 
Leuctrum (ou Leuctres), qui est une colonie de Leuctres en Béotie. Suivant la tradition, Pélops (Le fils de Tantale et Dioné) qui fut l'ancêtre des Atrides à Mycènes et qui donna son nom au Péloponnèse, aurait fondé Leuctrum, ainsi que Charadre et Thalamee (Aujourd'hui Boeoti). Il les aurait créés à l'occasion du mariage de sa sœur Niobé et Amphion, avec l'aide d'un certain nombre de colons ramenés de Béotie.
 
Phères, ville et port qui selon la mythologie, abrita Admète dont l'épouse, Alceste, fut sauvée de la mort par Héraclès.
 
Gérènes où la mythologie veut que Nestor ait emprunté son surnom de Gérénien pour y avoir à une époque cherché et trouvé asile. On peut voir dans les environs de Gérènes un temple d'Esculape Triccéen, ainsi nommé parce qu'il est la copie exacte de celui de Tricca en Thessalie.

 

L'histoire .......

 
   Après la mort du Roi Sparte Ménélas, ses successeurs, les Rois de Laconie, voient leur pouvoir décliner petit à petit. Les Nélides en profitent pour étendre leur autorité sur la Messénie même. Lors du retour des Héraclides et du partage de la région, la Messénie devient indépendante sous son Roi, Mélanthus. Après l'invasion Dorienne, vers 1150, elle est dirigée par le Roi Cresphonte, puis par son fils Æpytos, qui donnera son nom à la lignée royale de Messénie. Elle sera soumise par Sparte au VIIIe siècle, lors de la Première Guerre de Messénie.
 
   Aristodème
(ou Aristodemos, en Grec : Aristodemos, 744-724 ou 736-716 ou 714), Roi de Messénie, est l’un des héros de cette Première Guerre de Messénie. Il va tenir une résistance acharnée pendant près vingt ans contre Sparte. En 724, il est victorieux à la forteresse d'Ithômé (Sur le mont du même nom). Puis il capture le Spartiate Théopompe (co-Roi 720-675). Une légende raconte que, sur la foi d'un oracle, il sacrifia sa propre fille pour obtenir des Dieux la victoire dans la guerre. Il sera quand même vaincu après avoir résisté héroïquement à un siège d'Ithômé. La forteresse était alors la dernière défense des Messéniens. Aussitôt prise par les Spartiates, elle est rasée et les Messéniens sont réduits à l’état d’Hilotes. Aristodème pour obéir à un nouvel oracle ou cédant à son désespoir, se suicide en se transperçant de son épée. Par la suite, Ithômé jouera un rôle important dans l'histoire des Hilotes Messéniens.
 

   De 670 à 657 la contrée se révolte une nouvelle fois contre Sparte, c'est la Deuxième Guerre de Messénie, mais ce sera là aussi sans succès. Malgré ses deux premières guerres gagnées par Sparte, la Messénie n'est encore qu'imparfaitement soumise. En 464, un grand tremblement de terre secoue la Laconie. Presque toutes les maisons de Sparte vont être détruites. Les Messéniens profitent de cette faiblesse passagère de leurs ennemis et se révoltent, c'est la Troisième Guerre de Messénie. Sparte fait appel à ses alliés et les Hilotes Messéniens se réfugient à Ithômé, où ils résistent pendant 10 ans. La guerre s'achève en 454 sur un compromis. Ceux qui tiennent la forteresse d'Ithômé doivent quitter le Péloponnèse, ils seront réinstallés à Naupacte. Pendant la Guerre du Péloponnèse (431-404) une partie des Messéniens est encouragée à la révolte par les Athéniens.

 

   Cette menace va accroître l'inquiétudes de Sparte d'un soulèvement général. En 425, sous l'archontat de Stratoclès, lors de la seconde expédition des Athéniens en Sicile, Pylos est occupée par le corps d'armée d'Eurymédon et devient, sous le contrôle des Athéniens, une sorte de boulevard dirigé contre les Spartiates. Le port de Sphactérie, qui est située à l'entrée du golfe de Pylos est le lieu d'une bataille où les Lacédémoniens ont trois cents des leurs assiégés et capturés par les Athéniens. La région est libérée totalement des Spartiates en 369, grâce au général Thébain Épaminondas (418-362), qui la proclame indépendante. Les Messéniens vont quand même demeurer les adversaires de Sparte, même à travers toutes les vicissitudes politiques de l’époque hellénistique. La Messénie sera annexée avec le reste de la Grèce, par Rome en 146.
 

 

Les  Guerres  de  Messénie

 
   Les guerres de Messénie sont un ensemble de trois guerres, voire quatre, menées par Sparte contre les Messéniens, puis contre les Hilotes. Les sources relatant leurs faits sont assez rares. Nous disposons de textes du poète Tyrtée (Poète de Sparte, VIIe siècle), de passages de Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180), qui lui-même s'appuie sur Myron de Priène et sur Rhianos et enfin d'écrits de Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C - Livre VIII, 4). Selon ce dernier, le temple de Diane situé à Limnae, sur la frontière de la Laconie et de la Messénie, est le témoin d'un attentat des Messéniens sur ces vierges Lacédémoniennes venues pour assister à un sacrifice. Jusque-là les deux peuples avaient toujours tenu en ce lieu une assemblée annuelle et ils offraient en commun le sacrifice à la Déesse Diane. Après l'outrage, les Messéniens auraient refusé, toutes nouvelles réunions et la guerre aurait éclaté. C'est de cette ville de Limnae que le temple de Diane à Sparte a pris le nom de Limnaeum. La guerre aurait recommencé à plusieurs reprises par suite des insurrections des Messéniens.
 
           Première Guerre de Messénie  743-724  (ou v.736-720)
 
   Elle date de la fin du VIIIe siècle. Selon Tyrtée, elle a eu lieu deux générations avant lui : "Du temps des pères de nos pères", écrit-il dans ses poèmes. Elle s'est partiellement réalisée sous la direction du Roi Teleclus. Même si Strabon n'a pas totalement raison, ce qui est sur c'est que la guerre naît de griefs réciproques entre Sparte et la Messénie. Il semble que ce soit surtout Sparte qui cherche un prétexte pour attaquer la Messénie, afin de récupérer des terres supplémentaires pour assurer sa croissance. La région partage avec Sparte des terres communes sur sa frontière Est qui sont assez mal définies. Sur cette zone a lieu régulièrement une célébration commune entre les deux cités, au cours de laquelle les pâturages étaient distribués. Comme le note Tyrtée, la Messénie est "bonne à labourer, bonne à planter". À l’Ouest de l’Eurotas, elle possédait de riches plaines et de verts pâturages. Le co-Roi de Sparte, Polydoros (ou Polydore, v.700-665) affirmera plus tard s'attaquer à la partie de ce territoire qui n'est pas encore allotie. La guerre est en fait une série de coups de main ou de sièges, sans grande bataille décisive. Sparte est assistée par des mercenaires de Crète et de Corinthe, alors que la Messénie bénéficie du soutien des Arcadiens, de Sicyone et de troupes envoyée par Argos. Selon Tyrtée le conflit durera 19 ans. C'est aussi la durée que l'on donne de la résistance du Roi Aristodème lors de son règne. L'issue en est la victoire de Sparte. La forteresse d'Ithômé, dernier bastion Messénien, est détruite. L'aristocratie Messénienne s'enfuit dans les cités alentour, tandis que le peuple est réduit à l’état d’Hilotes et est obligé de verser la moitié de sa production agricole aux vainqueurs. Les terres sont divisées en lots et sont données à 3000 Spartiates.
 
           La seconde guerre de Messénie  670-657  (ou v.650-620)
 
   La guerre naît du désir de revanche des Messéniens sur la domination de Sparte. Sa chronologie précise est encore sujette à discutions. Pausanias, donne des dates, mais qui en font trois périodes possibles. La troisième, qui donne la guerre de 670 à 657, paraît la plus vraisemblable et est celle aujourd'hui retenue. Cette Seconde Guerre suit la révolte dans laquelle les Messéniens avaient pris pour alliés les Arcadiens, les Argiens et les Pisates et pour chefs le Roi d'Orchomène, Aristocrates (v.650-v.600). Tandis que Sparte combattaient sous les ordres de Tyrtée lui-même, venu exprès d'Erinée pour les commander. L'une des grandes nouveautés de ce conflit est l'apparition de la phalange hoplitique, qui favorise d'abord les Messéniens. En 669, Sparte est battue à la bataille d'Hysiai. La guerre se porte alors sur le territoire Laconien et les Spartiates doivent se battre avec acharnement. Finalement, Sparte se ressaisie et l'emporte à la bataille dite "du Grand Fossé". La guerre va alors devenir une suite de raids et de coups de main, comme lors de la Première Guerre de Messénie. À l'issue de la guerre, la Messénie est de nouveau annexée au territoire Spartiate. Les habitants des plaines sont une fois encore réduits à l'état d'Hilotes, tandis que ceux des cités côtières prennent le statut de cités Périèques.
 
           La troisième guerre de Messénie  464-454 
 
   Après les deux premières guerres, la Messénie n'est qu'imparfaitement soumise. La cité de Tégée, finance la guérilla Messénienne, malgré un traité avec Sparte. En 464, un tremblement de terre ravage la Laconie et presque toutes les maisons de Sparte sont détruites alors que les armées Spartiates étaient en route vers Thasos pour soutenir la cité dans sa révolte contre Athènes. Les Messéniens profitent de la situation et se révoltent. L'insurrection est conduite à la fois par les Hilotes Messéniens et par les cités Périèques de la côte (Aithaïa et Thouria). Cette guerre surprend Sparte qui a du mal à contenir les Messéniens, et elle doit faire appel à ses alliés dont, Égine, Mantinée, Platées et même Athènes. Les Hilotes Messéniens se réfugient à Ithômé, où ils résistent pendant 10 ans. La guerre s'achève en 454 sur un compromis. Ceux qui tiennent la forteresse d'Ithômé doivent quitter le Péloponnèse, ils seront réinstallés à Naupacte. La violence à l'égard des Hilotes va ensuite redoubler, notamment dans le cadre de la kryptie ("caché, secret" C'est une épreuve de agôgê (L'éducation Spartiate), dont la véritable nature est sujette à discussion parmi les spécialistes).

 
Bibliographie

 
   Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :
  
Marie Claire Amouretti et François Ruzé :
- Le Monde grec antique, Hachette université, Paris, 1978.
Ernst Baltrusch :
- Sparta. Histoire, société, culture, 2e édition révisée, Beck, Munich 2003
Michel Casevitz et Janick Auberger :
- Description de la Grèce de Pausanias / Tome IV. Livre IV, La Messénie, Les Belles Lettres, Paris, 2005.
Catherine Grandjean :
- Les Messéniens de 370-369 au 1er siècle de notre ère : Monnayages et histoire, École Française d'Athènes, Athènes, 2003 - Diffusion de Boccard, Paris, 2003.
- Le Péloponnèse d'Epaminondas à Hadrien : Colloque de Tours, 6-7 octobre 2005, Diffusion, de Boccard, Paris, 2008 - Ausonius, Bordeaux, Janvier 2008.
Linda-Marie Günther :
- Griechische Antike, Francke, Tübingen, 2008.
Nino Luraghi :
- The ancient Messenians : Constructions of ethnicity and memory, Cambridge University Press, Cambridge, New York, 2008.
Robert J.Romine :
- The third Messenian war, Kansas State Teachers College of Emporia, Éditeur inconnu, 1971.
Wolfgang Schuller :
- Griechische Geschichte. 5. überarbeitete und erweiterte Auflage, Oldenbourg, München 2002
William Smith :
- Early History of Peloponnesus and Sparta to the end of the Messenian Wars, B.C. 668, A Smaller History of Ancient Greece, Retrieved 7, Février 2008.
Mattias Natan Valmin :
- Études topographiques sur la Messénie ancienne, C. W. Lindström, Lund, 1930.

 

 

 

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