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Pyrrhos enfant, sauvé -
Nicolas Poussin - Musée du Louvre
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Son origine et sa première prise de pouvoir
Pyrrhos I (en Grec :
Πύρρος, ou en Latin : Pyrrhus, ou en Latin
ancien Burrus) est un Roi d'Épire et des
Molosses de 307 à 302 et de 297 à 272. Il nait en 319/318 et il est le fils du Roi
d'Épire, Éacide (322-317) et de la Reine, Phthia,
qui était la fille de Ménon de Pharsale. Il a deux sœurs : Troas et
Deidameia.
Celle-ci est d'abord fiancée au Roi de
Macédoine,
Alexandre IV Aigos (317-310), fils de
Roxane et
d'Alexandre le Grand, mais,
en 309, après la mort d'Alexandre
IV, elle épouse
Démétrios I Poliorcète (294-287).
Lors de l'exil d'Éacide, alors qu'on le recherchait pour le tuer, par haine de son père,
Pyrrhos I est enlevé en secret et apporté chez les
Illyriens.
Afin d'être élevé en cachette, il est remis à Béroè, l'épouse de Glaucias (ou Glaukias),
le Roi des Taulantins. Ces derniers étaient une tribu
Illyrienne
implantée aux alentours de Lezhë (ou Lissus ou Alessia), au Nord de l'Albanie
actuelle. Béroè était elle-même de la famille des Éacides, elle adopte l'enfant
et va le protéger contre
Cassandre,
(Roi de Macédoine de 301 à 297),
bien que ce dernier le réclamait sous menace d'une guerre.
En 307, les
Épirotes, émus par cette
histoire, changent d'attitude et rappellent Pyrrhos I dans le royaume afin qu'il
succède à son oncle Alcétas II (313-307), qu'ils venaient d'assassiner. Pyrrhos I
n'a alors que onze/douze ans et ils lui donnent des tuteurs pour veiller au
royaume jusqu'à ce qu'il atteigne sa majorité. Adolescent, le Roi va passer son
temps dans les batailles. Du fait du succès de ses entreprises, il est
rapidement jugé comme un grand homme de guerre et le seul qui paraissait capable
de pouvoir défendre le royaume. Cependant, en 302,
Néoptolème II
(le petit-fils d'Olympias)
que le grand-père de Pyrrhos I, Arymbas (ou Arrybas, 323-322) avait détrôné en
323, reprend le pouvoir pour la troisième fois et il chasse le jeune Roi de
l'Épire.
En 301, le pays tombera sous la tutelle de
Cassandre.
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Monnaie d'Antigonos I Monophtalmos
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Son deuxième règne
Pyrrhos I sera considéré par les Anciens comme le plus grand
général après
Alexandre le Grand, mais ce stratège et tacticien remarquable n'a jamais remporté
que des succès sans lendemains. Il perdra même à une époque, la
Macédoine et la
Thessalie.
Son rêve de reconstituer l'Empire
d'Alexandre le Grand, en
s'assurant d'abord la suprématie sur la Méditerranée occidentale l'entraînera en Italie du Sud
et en Sicile (280-274), où il ne pourra pas se maintenir. Au début de ce deuxième exil,
Pyrrhos I se lie avec les Macédoniens
Antigonos I Monophtalmos
(306-301) et le fils de celui-ci, son beau-frère,
Démétrios I Poliorcète
(294-287), en lutte contre Cassandre.
En 301, lors de la troisième guerre des Diadoques, il combat à leurs côtés à la bataille d'Ipsos (en
Phrygie), contre une coalition
regroupant : Cassandre,
le Roi de Thrace
Lysimaque (322-281), le Roi
d'Égypte
Ptolémée I Sôter (305-282) et
le Roi
Séleucide Séleucos I
Nikâtor (305-280).
Malheureusement pour Pyrrhos I ils sont écrasés par la coalition et
Antigonos I y laisse la vie.
Après cette bataille perdue, lors du partage du butin,
Lysimaque reçoit la majeure partie
de l'Asie Mineure
jusqu'aux Monts Taurus (La partie orientale revenant à
Séleucos I) et
Cassandre
devient le maître de la plus grande partie de la Grèce.
Selon les termes du traité de paix entre les belligérants, Pyrrhos I, est emmené
comme otage en Égypte.
Il est traité à la cour de
Ptolémée I Sôter avec
de grands égards. Le souverain
Égyptien étant impressionné
par les capacités de Pyrrhos I, pendant sa captivité, il lui donne en mariage sa
belle-fille, Antigoné (ou Antigone), la fille de la Reine
d'Égypte
Bérénice I
et de Philippe, un noble Macédonien.
Les deux hommes deviennent suffisamment proche pour qu'en 297,
à la mort de Cassandre,
Ptolémée I
apporte à Pyrrhos I son aide militaire afin qu'il récupère son trône, qu'il va partager avec
Néoptolème II.
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Lysimaque - Musée archéologique de Selçuk -
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En 295 Pyrrhos I le fait empoisonner et devient le seul maître de
l'Épire. La même année il épouse Lanassa,
qui était la fille du Tyran de Syracuse, Agathoclès (Dont il divorcera en 290).
Ce mariage lui apportera Corcyre (Aujourd'hui Corfou) en dote. Il prend pour capitale Ambracie (ou Ambrakia en Grec :
Ambrakia, aujourd'hui Arta), qui était située dans une boucle du fleuve
Árakhthos
(ou Arahthos) sur la côte Nord du golfe Ambracique. Grâce à des mariages avec
d'autres Princesses : Bicernna (ou Birkenna), qui était la fille du Roi
d'Illyrie
Bardillis I (385-358), et une fille d'Andoleon de Paenia,
il agrandit son royaume.
Il modernise l'économie et l'armée, puis Pyrrhos I se
lance dans une politique d'expansion militaire. On ne lui compte pourtant à
cette époque guère plus de 10 000 soldats. En 289, il s'allie avec les Étoliens. Il profite de la maladie de
son beau-frère
Démétrios I
pour s'emparer d'une grande partie de la
Macédoine, jusqu'à Édesse, mais ce dernier
l'en chasse peu de temps après. En 288, il repart à la
conquête de la Macédoine.
Allié avec la coalition du Roi
Séleucide
Séleucos I Nikâtor
(305-280),
Ptolémée I et du Roi de Thrace
Lysimaque (322-281),
il attaque Démétrios.
Il le détrône et se proclame, en 287, Roi de Macédoine,
titre qu'il ne gardera qu'un peu plus d'un an.
Démétrios I
contre-attaque et envahit
l'Asie Mineure contrôlée par
Séleucos I.
Il prend l'Ionie, propriété de
Lysimaque,
la Lydie et la
Carie. Mais en
Phrygie, en 286, où ses troupes
sont décimées par la maladie, il est battu, emprisonné et exilé à
Apamée de Phrygie.
Il meurt trois ans plus tard, en 283. En 285/284 Pyrrhos I est chassé de
Macédoine par
Lysimaque
qui s'en proclame Roi à son tour.
Cependant, plusieurs villes
d'Asie Mineure
se soulèvent.
Le gouverneur de Pergame,
Philétairos
(282-263), qui avait été nommé à ce poste par
Lysimaque, passe une alliance avec
Séleucos I.
Celui-ci entre en guerre contre Lysimaque.
En février 281 à la bataille de Couropédion (ou Couroupédion, en
Lydie),
Lysimaque est vaincu et tué.
Son Empire est ensuite découpé et le royaume de
Thrace est récupéré par
Ptolémée Kéraunos (281-279), le fils de
Ptolémée I Sôter
et d'Eurydice I, qui se fait proclamer également Roi
de Macédoine par l'armée en septembre 281.
En 280, Ptolémée fait assassiner
Séleucos I qui tentait
de s'emparer de la
Macédoine et dont l'armée venait de
franchir l'Hellespont. Il s'allie alors avec Pyrrhos I et lui donne une de ses filles en mariage.
Ils parviennent à repousser les assauts
d'Antigonos II Gonatas,
qui cherchait à reconquérir le pays. Après la mort de
Ptolémée I, malgré ses efforts pendant la guerre civile qui suivit, Pyrrhos I ne retrouvera
pas le trône de Macédoine.
Abandonnant ses ambitions sur ce pays le Roi va se trouver un autre champ de
batailles.
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Buste de Pyrrhos I -
Palais Pitti - Florence
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La campagne d'Italie
En 281 les Romains attaquent,
sous le commandement du Consul Lucius Aemilius Barbula, la ville de Tarente (Port du Sud de l'Italie sur le
golfe du même nom). Celle-ci bien que s’étant alliée aux Samnites (Tribus Sabelliennes établies dans le
Samnium, région montagneuse d'Italie centrale) ne peut s’opposer à l’armée Romaine, qui s’empare de la
ville et la pille. Les Tarentins envoient alors un ambassadeur auprès des Romains, afin de négocier une
trêve et dans le même temps demandent de l'aide à Pyrrhos I. Celui-ci est encouragé à porter secours
aux Tarentins par l'oracle de Delphes.
Ses objectifs ne sont, cependant pas désintéressés. Il reconnait là, la possibilité de se tailler un Empire en Italie.
Il débarque au printemps 280, en Italie du Sud, avec une puissante armée de plus 25 000
hommes (3 000 cavaliers, 2 000 archers, 500 frondeurs, 20 000 fantassins) et 20 éléphants de guerre,
dans le but de soumettre les légions Romaines. Les éléphants avaient été prêté par
le Roi d'Égypte
Ptolémée II Philadelphe (282-246),
qui avait également promis 9 000 soldats et 50 autres éléphants pour aidé Pyrrhos,
mais cette armée ne vint jamais. Devant la force de l'assaillant Barbula et ses hommes doivent s’enfuir.
La même année, à Héraclée de Lucanie (ou Heraclea Lucania,
aujourd’hui Policoro), petite cité sur le golfe de Tarente, à proximité du
fleuve Siris, grâce à sa cavalerie et à ses éléphants qui effraient les troupes Romaines,
Pyrrhos I remporte une importante victoire sur les légions commandées par le Consul Publius Valerius Laevinus.
Il y a des sources contradictoires sur les victimes. Hieronymus de Cardia
(ou Jérôme de Cardia, historien Grec, 354-v.250), rapporte que les Romains
auraient perdu environ 7 000 hommes et Pyrrhos 3 000, dont beaucoup de ses meilleurs soldats.
Denys d’Halicarnasse (Historien Grec, v.60-v.8 av.J.C) donne une vue plus sanglante du carnage avec 15 000
morts côté Romains et 13 000 pour les Grecs.
Les populations encore indépendantes du Bruttium et de
Lucanie font alors alliance avec Pyrrhos I, suivies des Samnites, récemment
soumis par les Romains, ainsi que les cités Grecques de Crotone et de Locres.
Pyrrhos I fait mouvement sur la Campanie, cependant il n'arrive pas à prendre
Capoue. Il décide alors de marcher sur Rome, étant certain que des populations
sur son trajet vont se rallier à lui pour se débarrasser de l'emprise Romaine.
Les Romains décident à ce moment d’un nouveau plan, ils divisent leurs forces en
quatre armées. La première, sous les ordres du Consul Barbula, était chargée
d’empêcher la formation d’une alliance entre Pyrrhos I, les Lucaniens et les
Samnites. La seconde reçoit l’ordre de protéger Rome, au cas où la cité serait
attaquée par le Roi d’Épire.
La troisième, sous les ordres du consul Tiberius Coruncanius, est chargée de
s’attaquer aux Étrusques, afin qu’ils ne s’allient pas avec Pyrrhos I. Enfin, la
quatrième armée, sous le commandement du consul Publius Valerius Laevinus,
reçoit l’ordre d’attaquer Tarente et les Lucaniens.
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Les campagnes de Pyrrhos I en Italie
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Pyrrhos I arrive jusqu'à Préneste (ou Praeneste)
une ancienne ville du Latium, à 37 km à l'Est de
Rome, aujourd'hui nommée Palestrina, la ville était située sur une hauteur
stratégique des Apennins, mais contrairement à ses prévisions, sans avoir obtenu
de ralliement (On trouve aussi, dans d'autres sources, que sa progression fut
stoppée à Anagni [ou Anagnia], à deux jours de marche de Rome), quand il se retrouve face à une
autre armée Romaine. Pyrrhos I se rend compte qu'il ne dispose pas de suffisamment de soldats
et qu'il risquerait d'être en infériorité dans un combat contre Laevinus et Barbula,
il décide de faire demi-tour. Il passe l'hiver en Campanie et envoie Cinéas présenter
un traité de paix aux Romains. Celui-ci est rejeté, l'ambassadeur Romain Gaius
Fabricius Luscinus restitue même à Pyrrhos I les prisonniers que ce dernier
avait fait libérer par anticipation et que les Romains refusent de racheter.
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Buste de Pyrrhos I -
Glyptothèque Ny Carlsberg - Copenhague
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Pyrrhos I n'a donc pas d'autre choix que de reprendre
le combat. Lorsqu'il envahit l'Apulie, dans le Sud de l'Italie, en 279, à Ausculum,
il doit affronter une nouvelle fois les soldats Romains dans une grande bataille.
Pyrrhos I à face à lui quatre légions et leurs alliés, soit près de 40 000
hommes commandés par le Consul Publius Decius Mus. Le Roi remporte tout de même la bataille,
mais au prix de lourdes pertes. Les Romains perdent 6 000 hommes et Pyrrhos 3 500. C'est
cette bataille, qui est à l'origine de l'expression "victoire à la Pyrrhus". Selon
Plutarque
(Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125)
celui-ci aurait déclaré, commentant ses pertes à l'issue de la bataille : "Si nous devions
remporter une autre victoire sur les Romains, nous serions perdus".
Les historiens Romains présenteront la bataille qui dura 2 jours comme indécise
pour minimiser cette défaite.
La campagne de Sicile
L’alliance avec Tarente devait
permettre à Pyrrhos I, une fois les Romains vaincus, de pouvoir s’emparer facilement de la Sicile, puis, par
la suite, de revenir en Macédoine,
à la tête d’une nouvelle armée et reprendre le pays. En 278, une opportunité s'offre à lui qui peut lui
permettre de mettre à bien son plan. Il reçoit dans le même temps deux demandes d'aides. La première émane
des cités Grecques de Sicile qui souhaitent son appui pour chasser les Carthaginois de l'île.
L'autre, plus inattendue, vient des
Macédoniens, dont le Roi
Ptolémée Kéraunos
(281-279) vient de trouver la mort dans une bataille en repoussant une invasion Celte, dirigée par le Chef Brennus
(ou Brennus ou Brenn). Ils lui proposent de remonter sur le trône du pays.
Pyrrhos I hésite, mais il décide que dans un premier temps la Sicile lui
offrait une meilleure occasion. Il serait toujours temps de prendre ensuite le trône de
Macédoine fragilisé par une guerre
civile qui devenait inévitable et où Meleager (ou Méléagre, 279), le frère de
Ptolémée Kéraunos essayait
de gouverner (Il ne tiendra que deux mois Février/Mars 279). Pyrrhos I débarque donc
avec toute son armée en Sicile où, en 277, ses habitants le proclament Roi de Syracuse
(Titre qu'il gardera jusqu'en 275). Il se lance aussitôt dans la libération du pays et,
la même année, il s'empare de la ville d'Éryx, dans la montagne à l'Ouest de la Sicile, à environ 10 km de
Trapani (ou Drepana ou Drepanon) et 3 km de la côte. Cette cité était réputée pour être la plus puissante forteresse
Carthaginoise de l'île. Par ce coup d'éclat rapide, les autres cités sous domination Carthaginoise se
mettent immédiatement sous sa protection.
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Monnaie de Pyrrhos I
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Fort de son succès, en 276, Pyrrhos I entame des négociations
avec Carthage. Celle-ci est d'accord pour traiter avec lui. Les Carthaginois acceptent de lui envoyer de
l'argent et des navires une fois qu'un traité de paix sera conclu.
Le Roi est prêt à signer, mais contre toutes attentes, les cités Grecques de Sicile refusent cet accord
obligeant Pyrrhos I à rompre les négociations. Ces dernières étaient opposées à toute paix, tant que Carthage
contrôlerait encore la cité portuaire fortifiée de Lilybée (Aujourd'hui Marsala), sur la côte Ouest de l'île,
un des principaux bastions Carthaginois de Sicile, fondé par Himilcon en 396.
L'armée de Pyrrhos I entame alors le siège de Lilybée.
Elle lance des assauts pendant plus de deux mois,
mais la cité ne cède pas étant ravitaillée par la mer. Le Roi réalise qu'il ne pourra jamais s'emparer de la ville
sans un blocus maritime. Il demande à ce moment aux cités Grecques de Sicile de lui fournir des hommes et
de l'argent dans le but de construire une flotte. Toutefois celles-ci tardent à accéder à ses demandes.
Pyrrhos I va faire alors une grossière erreur. Il décide de passer en force et plaçant des garnisons dans chaque
ville, il les oblige à des contributions forcées.
Ce régime autoritaire le rend très impopulaires auprès des populations. À tel
point que les cités Grecques changent de camp et proposent aux Carthaginois de
se rallier à eux. L'affaire est trop belle pour Carthage qui profite de
l'occasion et envoie une nouvelle armée contre Pyrrhos I.
Cependant le Roi est toujours très fort militairement et il les écrase.
Malgré cette nouvelle victoire, la Sicile continue à être de plus en plus hostile contre lui et Pyrrhos I sent
qu'il va devoir envisager d'abandonner ses prétentions sur l'île. Alors qu'il est en pleine réflexion,
arrivent en Sicile deux émissaires Samnite et Tarentin, provenant de Grande-Grèce
(Nom que les Grecs de l'Antiquité utilisaient pour désigner les côtes méridionales de la péninsule Italienne).
Ils informent le Roi que toutes les cités Grecques d'Italie, exceptée Tarente qui résiste encore,
ont été conquises par les Romains. C'est le prétexte qu'attendait à Pyrrhos I, il prend alors la décision de
quitter la Sicile. Petros Garoufalias précise que sur son bateau de retour il aurait déclaré à ses troupes :
"Quel champ de bataille nous laissons là aux Carthaginois et aux Romains".
Pendant toute la période que Pyrrhos I passa en Sicile, les Romains prirent le temps de se constituer une
nouvelle armée, bien plus puissante que celle qu'il avait dû affronter avant son départ pour l'île.
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Monnaie bronze de Syracuse de Pyrrhos I
- 278 av.J.C
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La retraite d'Italie
Le Roi est conscient des forces en présence
et il sait que s'il veut sortir une nouvelle fois vainqueur, il doit abréger sa campagne en Italie.
Il va donc chercher à écraser rapidement les légions Romaines. Pour ce faire, en 275, il décide de remonter
d'Apulie par le Samnium et de rencontrer l'armée Romaine du consul Manius Curius Dentatus près de Beneventum (ou Bénévent)
dans l'actuelle Campanie au Sud de l'Italie. Le terrain sur lequel se déroule la bataille empêche Pyrrhos I d'utiliser
son armement lourd, de plus les Romains ont appris à se défendre contre les éléphants.
Les forces de Pyrrhos I ainsi que ses éléphants sont éparpillés dès le début de la bataille. Les troupes Romaines
font pleuvoir une pluie de flèches et de lances sur les éléphants qui se alors retournent sur les soldats de Pyrrhos I.
Le Roi se rend compte qu'il va être battu et il décide de quitter le champ de bataille avant l'issue du combat.
Ce sera la dernière confrontation opposant les forces de Pyrrhos I aux Romains.
Diminué, il demande de l'aide militaire et financière à la
Macédoine, ainsi qu'aux dynasties
Lagide et
Séleucide,
mais celles-ci ne venant pas il décide alors de mettre fin à sa campagne d'Italie et à l'automne de retourner en
Épire en abandonnant toutes ses conquêtes.
Il laisse toutefois à son fils Hélénus (ou Héllènos) et à Milon, un de ses lieutenants, la charge de défendre
la citadelle de Tarente. Pyrrhos I parti la pression Romaine s'accentue sur Locres et Tarente,
qu'une flotte Carthaginoise viendra secourir, en violation d'un traité passé avec Rome.
En 274, le Roi rappelle son fils et une partie des troupes, Milon défendra la citadelle encore deux ans,
mais Tarente se rendra au consul Papirius Cursoren en 272.
Avec cette victoire, les Romains affirment leur domination sur la péninsule Italienne et sur la Méditerranée.
La fin de son règne
De retour en
Épire, Pyrrhos I décide de reprendre le trône de
Macédoine.
Il part de nouveau en guerre et, en 273, il remporte une victoire facile sur
Antigonos II Gonatas
(287-286 et 277 à 274 et 272-239) et s'empare à nouveau du pays. Le
Macédonien
doit se replier à Thessalonique où se trouve sa flotte. Puis, l'année suivante, Pyrrhos I quitte la
Macédoine, qu'il laisse à la garde
de son fils Ptolémée. Cléomyne (ou Cléomine), un
Spartiate de la dynastie des Agiades et deuxième fils de
Cléomènes II (ou Cléomène, 370-309), qui était détesté par ses compatriotes, lui demandait
d'attaquer la ville afin de le mettre sur le trône. Pyrrhos I avait accepté avec l'intention de garder ensuite
le contrôle du Péloponnèse.
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Tétradrachme d'Antigonos II Gonatas
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Dans le même temps
Antigonos II profite de
l'occasion et reprend l'offensive. Il est battu une première fois par Ptolémée, mais en 272, il finit par le chasser
de Macédoine, et envoie des secours à
Sparte menacée par Pyrrhos I.
Cette forte résistance inattendue va venir contrecarrer son désir de prendre la ville.
il renonce alors à ses prétentions et se replie en 272 à
Argos, où il veut intervenir dans un conflit interne.
Le Roi pénètre dans la cité avec ses troupes, mais se retrouve pris au milieu d'une bataille dans les rues étroites
de la ville. Depuis le haut d'un toit, une vieille femme lui aurait lancé une tuile qui, en le touchant à la tête,
l'aurait assommé, ce qui aurait permit à un soldat Argien
de le tuer en le décapitant.
Pyrrhos I fut considéré comme l'un des plus grands commandants militaires de son temps.
Plutarque
(Philosophe, biographe et moraliste Grec) le classe même devant Hannibal.
Pyrrhos I écrivit ses Mémoires et plusieurs livres sur l'art de la guerre.
Ces ouvrages ont depuis été perdus, bien que,
Plutarque prétend qu'Hannibal
aurait été influencé par eux, d'où sûrement sont classement.
Pyrrhos I restera célèbre pour ses guerres coûteuses
contre les Romains, aussi bien en hommes qu'en argent, beaucoup de ses soldats étaient des mercenaires,
mais aussi comme un homme bienveillant.
Toujours selon Plutarque (46-v.125, ibid., 1)
Pyrrhos I interrogé sur sa succession, aurait répondu qu'il laisserait son royaume "À celui d'entre ses enfants
dont l'épée serait la plus tranchante".
Sa famille
Pyrrhos I a six épouses qui lui sont attestées :
• Antigone (ou Antigoné), fille de
Bérénice I (Future Reine d'Égypte,
épouse de Ptolémée I Sôter),
de son premier mariage avec Philippe, un
Macédonien inconnu par ailleurs. Elle serait morte en couche en 295. Elle lui donne deux enfants :
Un fils :
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Buste de Pyrrhos I - Musée du Louvre
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▪ Ptolémée d'Épire,
qui nait en 296 et meurt en 272.
Une fille :
▪ Olympias II, qui nait en 296 et meurt en 234. Elle sera l'épouse de son demi-frère
Alexandre II (Roi 272-240).
• Thessalonice (ou Thessalonica), qu'il épouse en 297. Elle était la fille du Roi
de Macédoine
Philippe II (359-336) et de la
Reine Nicesipolis et la veuve du Roi de
Macédoine,
Cassandre (301-297).
il n'y a pas d'enfant connu de cette union.
• Lanassa, qui était la fille du Tyran de Syracuse, Agathoclès (361-289) et qu'il
épouse en 295. En 290 elle divorce de Pyrrhos I pour épouser Démétrios. Elle donne un fils à Pyrrhos I :
▪ Alexandre II qui va
succéder à son père de 272 à 240 et épousera sa demi-sœur Olympia II.
• Bicenna (ou Birkenna ou Bicernna), qu'il épouse en 292 et qui était la fille du Roi
d'Illyrie
Bardillis I (385-358). Elle lui donne
deux enfants :
Un fils :
▪ Hélénus (ou Héllènos) d'Épire.
Une fille :
▪ Néréis co-Reine de Syracuse, qui épouse le co-Roi de Syracuse Gélon II (240-216).
• Une fille d'Andoleon de Paenia (315-285). Il n'y a pas d'enfant connu de cette union.
• Une fille de
Ptolémée Kéraunos (281-279), afin
de sceller une alliance entre les deux Rois. Il n'y a pas d'enfant connu de cette union.
Bibliographie
Pour plus de détails sur le Roi voir les ouvrages de :
Jacob Abbott :
- Pyrrhus, Harper, New York, 1902.
Marie Claire Amouretti et François Ruzé :
- Le Monde grec antique, Hachette université, Paris, 1978.
Hermann Bengtson :
- Herrschergestalten des Hellenismus, C.H.Beck, München, 1975.
Pierre Cabanes :
- L'Epire de la mort de Pyrrhos a la conquête romaine, 272-167 av.J.C.,
Belles Lettres, Paris, 1976.
Jeff Champion :
- Pyrrhus of Epirus, Pen & Sword Military, Barnsley, 2009.
Robert Flacelière et Emile Chambry :
- Vies. Tome VI : Pyrrhos, Marius, Lysandre, Sylla de Plutarch, Les Belles Lettres, Paris, 1971.
Peter Connoly :
- Greece and Rome at War, Greenhill Books, Londres, 1981 et 1998.
Peter R.Franke :
- Pyrrhus, The Cambridge Ancient History. Band 7.2 (The Rise of Rome to 220 B.C.),
Cambridge University Press, Cambridge, 1989.
Petros Garoufalias :
- Pyrrhus : King of Epirus, Stacey International, London, 1979 - Robert Beard, London, 1999.
Herbert Heftner :
- Der Aufstieg Roms, Vom Pyrrhoskrieg bis zum Fall von Karthago (280–146 v. Chr.), Pustet, Regensburg, 1997.
Nicholas Geoffrey Lemprière Hammond et Frank William Wallbank :
- A history of Macedonia / Vol. 3, 336-167 B.C., Clarendon Press, Oxford, 1972-1988
Pierre Lévêque :
- Pyrrhos, Éditions de Boccard, Paris, 1957.
Don Nardo :
- Leaders of ancient Greece, CA : Lucent Books, San Diego, 1999.
- The decline and fall of ancient Greece, Greenhaven Press, San Diego, 2000.
Arie Bastiaan Nederlof :
- Pyrrhus van Epirus : zijn achtergronden, zijn tijd, zijn leven (historie en legende), Rodopi, Amsterdam, 1978.
Elena Santagati :
- Un re tra Cartagine e i Mamertini : Pirro e la Sicilia, G. Bretschneider, Roma, 1997.
Ulrich Von Hassell :
- Pyrrhus, Münchner Verlag und graphische Kunstanstalten, München, 1947.
Edouard Will :
- Histoire politique du monde hellénistique : 323-30 av. J.-C., Impr. Berger-Levrault, Nancy, 1966 -
Presses universitaires de Nancy, Nancy, 1979 et 1982 - Editions du Seuil, Paris, 2003.
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