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L'île  de  Salamine  et  la  bataille  de  Salamine

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Salamine de Chypre
 
Salamine, île de Grèce
 
La bataille de Salamine

 

Salamine   et  Chypre

Rois de Salamine de Chypre
 
Rois de Salamine de Chypre

Salamine - Île de grèce

 
   Salamine (ou Salaminia, en Grec : Σαλαμίνα ou Σαλαμίς) est située sur la côte Est de l'île de Chypre, au bord du Pediaeos. Les débuts de Salamine sont liés aux fondations mythiques établies à Chypre après la Guerre de Troie par les héros Grecs. Son excellent port lui assure rapidement le premier rang des cités de l'île. Salamine est célèbre pendant l’époque archaïque et classique comme un des royaumes les plus prospères de l’île. Cependant, rien d’antérieur au VIIIe siècle n'était attesté sur le terrain. Or, des fouilles de la mission Française ont mis au jour une riche tombe du XIe siècle, ainsi qu’un sanctuaire consacré au Grand Dieu de la cité (Désigné comme Zeus). Ils ont été construits à la même époque, à proximité de la mer, le long d’un rempart. Les restes d’habitat dégagés sur le site de la ville historique attestent que, dès la fin du IIe millénaire, existait sur la côte une véritable cité, qui va rester pendant plus de 1800 ans la plus importante des villes de Chypre. Pendant que Salamine poursuit son développement, au IXe siècle, un événement notable va marquer la ville de Kition (ou Citium, Sur la côte sud-est de l'île), lorsque les Phéniciens vont établir des colonies sur les côtes méditerranéennes jusqu’en Afrique (Carthage) et en Espagne, leur première étape est Chypre. Ils y installent un comptoir (Phéniciens de Tyr), qui très vite contrôle la ville et renforce sa dimension commerciale.
 


 

Salamine - Site du sanctuaire et du rempart anciens

   Les Phéniciens garderont ce comptoir à Kition pendant cinq siècles. Il constituera une entité Phénicienne, caractérisée par sa langue, ses dieux, ses pratiques. Un nouveau lieu de culte, est alors fondé près du port (Site de Bamboula). Les fouilles ont montré qu’il n’a cessé de s’étendre au cours des siècles suivants, jusqu’au Ve siècle. Entièrement reconstruit à l’époque classique, il reste en activité jusqu’à la fin du IVe siècle qui voit la disparition de la royauté Chypro-phénicienne. Puis l’île de Chypre est envahit par les Perse qui en font la 5ème satrapie de leur Empire. Salamine joue un rôle de premier plan dans les affrontements qui opposent les Perses aux Grecs.
 
   Comme le montre des textes littéraires et des inscriptions, les Rois de Kition, alliés des Perses, affrontent les Rois de Salamine qui soutiennent la politique Grecque, chacun s’efforçant d’agrandir son territoire aux dépens de l’autre. Vers 400, les deux cités connaissent un développement urbanistique considérable. Pour Salamine, on le sait par les textes des auteurs Grecs (Dont Isocrate, 436–338, orateur Athénien).
 
   Évagoras I
(En Grec : Evagoras, 410-374), Roi de Salamine, fils de Nikokleos, le Roi précédent, se réclamait descendant divin de Teucros (ou Teucrides), le demi-frère d'Ajax fils de Télamon. Sa famille régnait depuis longtemps sur Salamine, mais durant son enfance la cité était tombée sous la domination Phénicienne (Ces derniers se partageant Chypre avec les Hellènes). C'est ce qui avait provoqué son exil. Il était parti alors en Cilicie afin de trouver une aide militaire pour reprendre son trône. Il réunit l'appui de 50 partisans et en 410, il rentre à Salamine en clandestinité et s'empare de la ville et du trône de ses ancêtres, après une attaque surprise contre le Phénicien Abdémon.


 

Tête de divinité
féminine en terre cuite -
IVe siècle - Salamine 

 
   Au début, Évagoras I a de bonnes relations avec les Perses, reconnaissant leur suzeraineté, ce qui lui garantissait l'aide d'Artaxerxès II Mnémon (404-359) contre Sparte. Puis il se brouille avec le Roi lorsqu'il agrandit son royaume sur des terres appartenant aux Phéniciens, alliés des Perses et l’étend à presque toute l’île. Orontes, (Gendre ?) d'Artaxerxès II, qui est placé à la tête de l'armée et Tiribazos qui commande une flotte de trois cents trirèmes, sont alors chargés de conduire une campagne militaire contre Évagoras I. Celui-ci, conscient de son infériorité militaire, refuse l’affrontement direct.
 
   Il multiplie les escarmouches et s’efforce de couper les communications de l’ennemi afin de gêner son ravitaillement. Il recueille le général Athénien Conon (444-390) après la bataille d'Aigos Potamos, en 405, ce qui lui vaut l'aide d'Athènes. Il prend part à la bataille Cnide en 394 et contribue à la victoire des Athéniens, au cours de laquelle la flotte Spartiate est défaite. Pour ce service rendu, il voit les Athéniens ériger une statue en son honneur, à côté de celle de Conon, dans le Céramikeion (Quartier des potiers à Athènes). En 390, il s’allie au Pharaon Achôris (393-380) contre les Perses et étend son pouvoir au-delà de Chypre. Il prend plusieurs villes en Phénicie et en Syrie comme Amathonte acquises aux Perses.
 
   Il persuade les Ciliciens de se révolter, mais en 386, la paix de Sardes (Lydie), conclue entre les Grecs et les Perses, ruine ses efforts, car si Artaxerxès II accepte de perdre les cités Ioniennes, il voulait toujours la possession de Chypre. Évagoras I se retrouve alors assiégé dans Salamine. Contraint désormais de poursuivre seul la lutte, il est battu sur mer au large de Salamine. Il obtient cependant de régner sur la cité et d’échapper au tribut, mais il doit renoncer à ses conquêtes et à son ambition de réaliser l’unité Chypriote. Il fait de Salamine et de Chypre un des principaux centres politiques et culturels du monde Grec. Selon Isocrate (436–338, orateur Athénien), Évagoras I était "un Roi modèle, qui contribua à l'amélioration de la civilisation hellénique par la culture et qui avait pour buts de favoriser le bonheur de ses sujets et d'agrandir le pouvoir de son royaume". Il le propose même comme chef de l'Hellénisme. Évagoras I est le premier Roi qui fait graver son nom sur ses monnaies en caractères Grecs, à côté du syllabaire Chypriote.
 

 

Détail en Ivoire d’un trône, trouvé
dans les tombes royales de
Salamine - vers 700.

   Son fil Nicoclès (ou Nikoklès, en Grec : Nikoklès, 374-353) lui succède sur le trône de Salamine. Ce dernier qui voulait sans doute prétendre à la liberté est assassiné par des agents des Perses pour s’être rallié à la révolte des Satrapes de Phénicie contre Artaxerxès II. Son frère (Certains disent son fils ?) Évagoras II (En Grec : Évagoras, 353-351) devient Roi de Salamine de Chypre et doit se soumettre au souverain Achéménide. En 351, une révolte contre l'autorité d'Artaxerxès III Okhos (358-338), qui avait débutée de Sidon, gagne Chypre. Elle est menée pour l'île par le neveu d'Évagoras II, Pnytagoras. Évagoras II, ami des Perses, est chassé de Salamine. Il se réfugie en Asie Mineure, puis en Carie, auprès d'Idrieos (ou Idrieus, 351-343) souverain de Carie. Pnytagoras (En Grec : Pnytagoras, 351-332) lui succède et en 350 se met à la tête de l’insurrection Chypriote contre Artaxerxès III.
 
    En 343, le Roi Perse ordonne à Idrieos de mater la rébellion. Ce dernier avec ses 8 000 mercenaire Grecs et 40 trirèmes commandées par l'Athénien Phocion et Évagoras II, débarquent à Chypre et mettent le siège devant Salamine. Mais ils échouent et Évagoras II doit abandonner définitivement Chypre. Pour le dédommager, Artaxerxès III lui attribuera le gouvernement de Sidon. Plus tard, revenu à Chypre, Évagoras II est capturé et mis à mort. En novembre 333, Alexandre le Grand (336-323) écrase l’armée de Darius III Codoman (335-330) à Issos en Cilicie. Pnytagoras de Salamine et d’autres Rois de Chypre rencontrent à Sidon le Roi Macédonien et combattent à ses côtés pendant le siège de Tyr. Alexandre le Grand laisse une large autonomie aux royaumes Chypriotes et donne à Pnytagoras la souveraineté sur Tamassos.
 
   En 321, lorsque l'Empire d'Alexandre est partagé, Chypre revient à Ptolémée I (Roi, 305-282) qui régnait sur l’Égypte. Il entretient de bons rapports avec les Rois Chypriotes de Salamine, Paphos et Soloi. Le rival de Ptolémée I, le Roi de Macédoine Antigonos I Monophtalmos (306-301), cherche à récupérer l'île en s’appuyant sur les souverains d'Amathonte, de Kition et de Cérynie (ou Cérynée). Chypre devient ainsi un champ de bataille entre Ptolémée I et Antigonos I.
 

 
Tétradrachme d'Évagoras II

   En 306, le Macédonien Démétrios I Poliorcète (Roi, 294-287) remporte à Salamine une grande victoire navale sur la flotte Égyptienne. Salamine suit ensuite les destinées de l'île de Chypre. En 294 Ptolémée I reprend Salamine et Chypre restera aux mains de la dynastie Lagide jusqu’à la conquête Romaine deux siècles et demi plus tard. L’île voit disparaître ses Rois, qui sont remplacés par un gouverneur nommé par le souverains Égyptiens. L’influence Égyptienne s’étend largement sur l'île où l’on honore désormais Osiris et Sérapis et où la ville d'Arsinoé est construite en mémoire de l’épouse de Ptolémée II Philadelphe (282-246).
 
   L’île connaît sous la dynastie Égyptienne une grande prospérité et voit son apogée culturel, avec entre autres les philosophes Eudémos et Zénon (335-261, fondateur du stoïcisme) qui était natif de Kition et l’historien Aristos. En 58, Chypre devient Romaine, unie administrativement à la Cilicie voisine. En 22 av.J.C elle devient province sénatoriale gouvernée par un proconsul de rang prétorien. En 117 ap.J.C, sous l'Empereur Trajan (98-117), l’insurrection juive conduite par Artémion engendre de nombreux massacres de Grecs et de Romains et Salamine est détruite par les juifs rebelles. La ville et l’île profiteront ensuite des bienfaits de la paix qui permettra l’essor économique des cités. Salamine est détruite encore une fois par des tremblements de terre entre 333 et 342 et reconstruite par Constance II (337-361) sous le nom de Constantia. Elle est ruinée par les arabes en 647. Les ruines se voient à Hagios Sergios.

 

Bibliographie

 
   Pour d'autres détails sur Salamine voir les ouvrages de :
 
Marie Claire Amouretti et François Ruzé :
- Le Monde grec antique, Hachette université, Paris, 1978.
Gilbert Argoud et Sylvie Aguettant :
- Anthologie salaminienne, Institut Fernand-Courby, Éditions de Boccard, Paris, 1973.
Walter Burkert :
- The orientalizing revolution : Near eastern influence on Greek culture in the early archaic age, Harvard University Press, Cambridge, 1992.
Vassos Karageorghis :
- Excavations in the necropolis of Salamis, 1 à 4, Department of Antiquities, Chypre, 1967-1970-1973-1978.
- Salamis in Cyprus, Homeric, Hellenistic and Roman, Thames and Hudson, Londres, 1969.
- Salamis : Recent discoveries in Cyprus, W. de Gruyter, Berlin, 1966 - McGraw-Hill, New York, 1969.
- Salamis. Die zyprische metropole des altertums, Bergisch Gladbach, G. Lübbe, 1970-1975.
- Early Cyprus - Crossroad of the Mediterranean, The Paul Getty Museum, Los Angeles, 2002.
Jean Pouilloux et Georges Roux :
- Salamine de Chypre (Séries), Maison de l'Orient Méditerranéen ancien, Lyon, 1969 - Institut Fernand-Courby, Mission archéologique Française de Salamine de Chypre, Éditions de Boccard, Paris, 1969 à 2004.
- L'hellénisme à Salamine de Chypre, École Française d'Athènes, Athènes, 1989 - Éditions de Boccard, Paris, 1989.
Patrick Schollmeyer :
- Das antike Zypern, Philipp von Zabern, Mainz, 2009.
Martha C.Taylor :
- Salamis and the Salaminioi : The history of an unofficial Athenian demos, J.C. Gieben, Amsterdam, 1997.

 

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Salamine - Île de Grèce 

La Bataille de Salamine

   L'île de Salamine se situe le long de la côte Sud-ouest de l'Attique, dans le golfe Saronique, en face d'Éleusis. C'est la ville moderne appelée Koulouri. Elle est séparée par d'étroits bras de mer des côtes d'Attique et de Mégaride. Elle comprend une large baie intérieure qui la divise en deux presqu'îles. Le chef-lieu est le port de Salamine, sur la côte Ouest de l'isthme, qui soude les deux moitiés de l'île, mais la Salamine antique était sur la côte Sud, puis elle fut transférée sur la côte Est. Le nom de Salamine, dérivé de Baal Salam, le Dieu de la paix des Phéniciens, atteste d'une occupation des lieux par ceux-ci. Ils sont remplacés par des Grecs d'Égine et d'après l'Iliade, l'île appartenait à Ajax et Teucros, les fils de Télamon.
 
   Après de longues luttes contre Mégare et Athènes, ou elle est successivement conquise par ces deux cités, à partir de 598 elle demeure Athénienne. Elle est immortalisée dans l'histoire par la victoire décisive qu'y remporte en septembre 480, la flotte de la coalition Grecque, menée par Eurybiade et Thémistocle, sur la flotte Perse de Xerxès I (485-465). Voir les Guerres Médiques et la bataille de Salamine. En 348, l'île est conquise par les Macédoniens. En 232, Aratus (v.315-245, poète et astronome Grec) intervient auprès du Roi de Macédoine Antigonos II Gonatas (287-286 et 272-239) pour qu'il la redonne aux Athéniens, ce qu'il fait. L'île disparaît de l'histoire au IIe siècle ap.J.C. Dans l'antiquité elle était réputée pour son miel, ses volailles et son fromage.

 

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La  Bataille  de  Salamine 
Le 29-9-480

 

   Salamine, petite île à quelques kilomètres au large du Pirée, le port d'Athènes allait devenir, le 29 septembre 480, le théâtre d'une des plus grandes batailles navales de l'antiquité qui marque la victoire décisive que remporte la flotte de la coalition Grecque, menée par Eurybiade et Thémistocle, sur la flotte Perse de Xerxès I (485-465). Les Perses, voulaient se venger de la cuisante défaite qu'ils avaient subit dix ans plus tôt (Fin de la Première Guerre Médique) et Xerxès I avait monté une formidable armée pour conquérir la Grèce. Au printemps 480, l'immense armée Perse prend le départ. Les troupes à pied depuis leur base hivernale de Sardes (Lydie) et la flotte depuis Phocée (Voir carte Ionie). L'armée passe par Abydos pour franchir des ponts de bateaux installés sur l'Hellespont. Au total, selon la tradition, ce passage dure sept jours et sept nuits. Ensuite l'armée se dirige vers Sestos, puis Doriscos où s'opère la jonction avec la flotte. Le Roi de Sparte Léonidas (490-480) prend le commandement de la coalition Grecque et la même année, décide d'occuper le défilé des Thermopyles avec 7 000 hommes (Voir détails de la bataille des Thermopyles). Malgré un sacrifice héroïque des Spartiates, les Grecs sont écrasés. Léonidas décide alors de se sacrifier avec les 300 hoplites, ainsi que 700 soldats des cités de Thèbes et de Thespies, pour laisser aux Grecs le temps d'organiser leur défense et à l'armée de se retirer en bon ordre. La défaite des Thermopyles rend la position de la flotte Grecque intenable. Elle est au mouillage à l'Artémision quand se déclenche la bataille des Thermopyles.
 

   Elle doit au même moment repousser un assaut de la flotte de Xerxès I lors d'une bataille indécise où les Grecs perdent plusieurs dizaines navires. Les chefs Grecs décident de quitter l'Artémision et leur flotte va reculer jusqu'au golfe Sardonique. Cette retraite profite aux Perses qui se rendent maître un moment de toute la Grèce centrale. Ils ravagent la Phocide et se présentent devant Athènes. La cité ne possédant pas un système de défense assez puissant, Thémistocle décide d'évacuer la population vers Égine, Trézène et Salamine. La ville est ainsi abandonnée à l'exception de quelques centaines d'hommes qui souhaitent défendre l'Acropole et qui le payent de leur vie. Les Perses prennent la ville, puis l'Acropole et mettent à sac la cité. La flotte des Athéniens forte de 378 navires, était toujours intacte et le plan du Stratège était simple, tenir l'Isthme de Corinthe et le golfe de Salamine en combattant dans la rade étroite de Salamine.

   À la demande de Thémistocle, la flotte s'installe alors entre le rivage de l'Attique et l’île de Salamine, dans le long détroit de sept kilomètres (Large d'un ou deux) qui la sépare de la terre ferme. Le choix de cet emplacement devait offrir l'avantage d’annuler la supériorité numérique des Perses. Thémistocle aurait tenu les propos suivants, rapportés par Plutarque (Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125) : "Vous ne parviendrez jamais à arrêter sur terre le flot de cette immense armée. Ce qu'il faut, c'est lui couper les vivres en anéantissant sa flotte de transport. Réduite à la famine, elle n'aura plus d'autre choix que de faire demi-tour. C'est votre seule chance de salut." Pour les Grecs il faut aussi éviter un débarquement des Perses à Salamine où se sont réfugiés un nombre important d'Athéniens, protégés par un détachement d'hoplites commandés par Aristide.
 

Trière Grecque

   La flotte des Grecs opérant cette manœuvre de retraite vers Salamine, décide les dirigeants Perses à lancer la moitié de la leur à leur poursuite, mais de ce fait, ils allaient être entraînés aussi dans le détroit de Salamine. L’escadre Perse, qui comprenait 500 navires, partit de Phalère et se déploie au Nord. Le plan de Xerxès I est d’exploiter sa grande supériorité numérique et de manœuvrer par les ailes, pour encercler la flotte Grecque et la détruire. Un  corps de troupes d’élite, débarqué dans l’île de Psyttalie, sur l'arrière des Grecs, devait massacrer les fuyards et achever la victoire.
 
   Le lendemain matin,29 septembre 480, la flotte Athénienne avait le dos tourné à l'île de Salamine et faisait face aux 500 navires Perses. Sur l'aile droite de la flotte Perse, avaient pris place les Phéniciens des flottes de Tyr et Sidon commandées par les généraux Mégabaze et Préxaspe. Sur l’aile gauche les Ioniens du Pont et de Carie, dirigés par le Prince et demi-frère de Xerxès I, Ariabignès et la Reine d'Halicarnasse, Artémise I, alliée des Perses. Enfin au centre divers autres contingents de l'Empire dirigés par Achéménès, frère de Xerxès I, qui commandait plus précisément les flottes de Cilicie et de Lycie.
 
   La flotte Grecque, avaient de placés au centre, dirigés par Thémistocle les contingents de Mégare, Chalcis et des navires Athéniens, sur son aile gauche 120 trières Athéniennes et sur l’aile droite dirigés par Eurybiade les Spartiates, les Corinthiens et les Éginètes (Habitants d'Égine). En début de matinée, le chant du péan s’éleva :

"Allez, enfants des Grecs, délivrez la patrie. Délivrez les sanctuaires des Dieux de vos pères et les tombeaux de vos aïeux. C’est la lutte suprême".

Sous les ordres de Thémistocle, les Athéniens commencent à encercler la flotte adverse. Les Perses sont un instant surpris et d'après Diodore de Sicile (Historien et chroniqueur Grec, v.90-v.30) font une fausse manœuvre qui les désorganise au début de cette bataille.
Il écrit ceci :

"Les navires perses gardèrent leur rang tant qu'ils voguaient au large, mais en s'engageant dans le chenal ils furent obligés de faire sortir de la ligne quelques-uns de leurs navires, ce qui entraîna une grande confusion.".

Ils veulent reprendre l’offensive et foncent sur les Grecs pour les acculer au rivage de Salamine en esquissant leur manœuvre d’enveloppement. Les navires Grecs reculent lentement pour prendre du champ. Quelques minutes plus tard, quand la manœuvre est terminée, les trompettes Athéniennes retentissent et les trières, bien qu'inférieures en nombre, foncent sur les navires Perses. Paralysé par l’étroitesse du détroit et gêné par son nombre de navire, le front Perse se disloque.

Autre représentation de trière Grecque

 
   Sur l’aile droite Perse, les Athéniens se jettent sur les Phéniciens et les cernent. Sur leur aile gauche, les Spartiates et les Éginètes aux prises avec les Ioniens, supérieurs en nombre, doivent d’abord céder du terrain, mais les Athéniens vainqueurs viennent à leur secours et emportent la victoire. La bousculade et la panique conduisent les navires Perses à présenter le flanc au lieu de la proue. Les étraves en bronze dont étaient équipés les navires Athéniens percent les coques des navires ennemis. Les Perses qui réussissent à nager tant bien que mal sont impitoyablement tués à coups de rames. De plus, alors que la bataille est déjà bien engagée, une brise marine se lève, qui désavantage nettement les bateaux Perses, en particulier les Phéniciens, ce qui achève de semer le trouble dans les rangs Perses.
 
   À la fin de la journée, la bataille ayant duré environ douze heures, la moitié de la flotte Perse avait été coulée, soit près de 250 navires, alors que les Athéniens n'avaient perdu que 40 trières. Ariabignès, demi-frère de Xerxès I, commandant en chef de la flotte Perse, meurt dans le combat. Pour parachever leur victoire, le soir venu, un détachement d'hoplites, sous le commandement d'Aristide, s'infiltre dans l’île de Psyttalie et extermine jusqu’au dernier les soldats Perses qui y avaient débarqués. Lors cette bataille, la Reine Artémise I, se distingua par sa bravoure et son habileté. Bien qu'elle soit poursuivie par un vaisseau Athénien, elle aurait repêché le corps d'Ariabignès et l'aurait rapporté a Xerxès I. Le Roi se serait alors écrié : "Mes hommes sont devenus des femmes, et mes femmes des hommes". Des marins de Samos dont Théomestor et Phylacos, le fils d'Histiée (Tyran de Milet, 499-494), coulent des navires Grecs et recevront plus tard des récompenses de Xerxès I. Le restant de la flotte Perse incapable d'une contre attaque et démoralisée par ce désastre, se réfugient à Phalère, mais la situation après cette défaite n'est pas pour autant désespérée pour les Perses. La Grèce centrale était toujours aux mains de l'armée commandée par Mardonios et restait intacte. À ce moment l'attitude de Xerxès I pose de nombreuses interrogations aux historiens. Celui-ci laisse le commandement à Mardonios, abandonne ses troupes et retourne vers sa capitale Suse.
 
   Il laisse en Grèce une importante armée, Hérodote (Historien Grec, v.484-v.425) donne le chiffre de 300 000 hommes qui hivernent en Grèce continentale, pour attaquer le Péloponnèse au printemps. À ce moment Mardonios envahit de nouveau l'Attique, réoccupe Athènes et s'installe en Béotie. Une coalition des forces du Péloponnèse se crée au printemps 479 et est dirigée par le Sparte, Pausanias I (Neveu de Léonidas). 10 000 hoplites Spartiates rejoignent les Athéniens à Éleusis. Les Grecs regroupent environ 110 000 soldats. Ils franchissent l'Isthme de Corinthe, arrivent près d'Éleusis afin de passer en Béotie. Mardonios choisit un emplacement, au Sud de Thèbes près de Platées, qui devait favoriser sa cavalerie. C'est à cet endroit que les deux armées se rencontrent. Les Grecs anéantissent l'armée Perse. Dans le même temps, à l'automne 479, la flotte Athénienne achève à Mycale, les restes de la flotte Perse. Cette victoire est traditionnellement considérée par les historiens comme la fin de la Deuxième Guerre Médique et la libération de la Grèce.
 

  Pour plus de détails voir : Bataille de Salamine (Wikipédia ou Livius) et La Bataille de Platées. (Wikipédia)

 

Bibliographie

 
   Pour d'autres détails sur la bataille voir les ouvrages de :
 
Jean Baelen :
- L'an 480, Salamine, Société d'Édition Les Belles Lettres, Paris, 1961-1962.
Jean-Nicolas Corvisier :
- Guerre et société dans les mondes grecs (490-322 av.J.C), Armand Colin, Paris, 1999.
Laurent Joffrin :
- Les grandes batailles navales : De Salamine à Midway, Éditions du Seuil, Paris, 2005.
Éric Glatre :
- Salamine et les guerres Médiques, Collection : Les grandes batailles de l'Histoire, Socomer, Paris, 1990.
Peter Green :
- Xerxes at Salamis, Praeger, New York, 1970.
- The Greco-Persian wars, University of California Press, Berkeley, 1996.
Tom Holland :
- Persian fire : The first world empire and the battle for the West, Little, Brown, Londres, 2005.
Compton Mackenzie :
- Marathon and Salamis, Readers Union, Londres, 1941.
Henri Pigaillem :
- Salamine et les Guerres Médiques, 480 av.J.C, Economica, Paris, 2004.
Cōnstantin N.Rados :
- La bataille de Salamine, Fontemoing, Paris, 1915.
Barry S.Strauss :
- The battle of Salamis : The naval encounter that saved Greece and Western civilization, Simon & Schuster cop. New York, Londres, Toronto, 2004.
Herman Tammo Wallinga :
- Xerxes, Greek adventure : The naval perspective, E.J. Brill, Leiden, 2005.

 

 

 

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