|
Le royaume de Macédoine apparaît au VIIIe siècle. La première dynastie,
les Argéades est fondée par Perdiccas I (729-678). D'après
Plutarque (Philosophe, biographe
et moraliste Grec, 46-v.125) elle descend d'Argéas, un général Macédonien. Une autre version la fait descendre
d'un certain Téménos, fils d'Héraclès
et originaire d'Argos. Les souverains
s'installeront autour d'Aïgaï (ou Aigaé ou Aigéai)
et y feront construire leurs tombeaux (Vergina aujourd'hui). Les Macédoniens qui possédaient leur propre langue
(Un dialecte Grec) étaient considérés comme des Barbares par les Grecs. Ils furent originellement un peuple de
paysans et de bergers qui habitaient des villages. Les capitales furent
Aïgaï et
Pella. Le pays comprenait deux régions :
La plaine de Basse Macédoine, qui se situait entre la
montagne et le golfe de Thermaïque et les cantons montagneux de Haute Macédoine constitués de bassins fermés, encadrés
de montagnes boisées. Le système politique fut monarchique, et soutenu par une aristocratie de propriétaires terriens
et de militaires.
|

Monnaie trouvé à Bottiaea
|
L'organisation de l'État était très proche des États fédéraux Grecs, tels que la
Ligue Thessalienne, ou la
Ligue Étolienne.
Le Roi (ou Basileus) était le chef de l'administration centrale, de l'armée et de la religion. Il
était le gardien des revenus
royaux (basilika) et l'administrateur de ce trésor qui appartenait aux Macédoniens. Les tributs versés par les peuples
vaincus lors de guerres étaient ainsi dus aux Macédoniens et non au Roi. Les Macédoniens
furent des hommes libres. Ils ne payaient pas de taxes
sur les terres privées. Il n'y avait pas non plus d'impôt particulier comme à
Athènes (L'Eisphora) lorsque le pays
était en guerre. Lorsque le trésor royal était vide, le Roi n'avait pas recours à l'impôt, mais
il levait des fonds en empruntant ou en augmentant le produit de l'affermage.
Les butins de guerre, furent bien entendu une source de revenus considérable.
Une partie importante des objets en métaux précieux saisis lors des campagnes militaires était fondue en lingots
et envoyée ensuite aux ateliers monétaires de
Pella et d'Amphipolis.
Les spécialistes estiment que sous le règne
d'Alexandre le Grand (336-323)
l'atelier d'Amphipolis frappa environ 13 millions de tétradrachmes d'argent.
Le Roi dirigeait le royaume depuis sa capitale et il était le seul habilité à conclure des traités.
Il eut aussi le privilège exclusif de la frappe de monnaie (Jusque sous
Philippe V).
Il était secondé par un secrétaire royal (ou Basilikos grammateus) et par le Conseil (ou Synedrion).
Le nombre de fonctionnaires était limité et le Roi s'appuyait sur des magistrats locaux (ou Épistates)
avec lesquels il entretenait une correspondance importante.
Celle-ci était conservée dans son palais où se trouvaient aussi toutes les archives du royaume. La succession
des souverains était héréditaire par primogéniture mâle. Elle comportait cependant un élément sélectif :
L'héritier désigné, devait d'abord être accepté comme le successeur par le Conseil (ou Synedrion),
puis être présenté à l'assemblée commune (ou Koînon), pour y être acclamé comme le nouveau Roi.
Cette assemblée lui prêtait ensuite immédiatement serment de fidélité. Les crises successorales
furent très fréquentes, surtout au IVe siècle, lorsque les grandes familles de Haute Macédoine (De Lyncestide et
d'Orestide particulièrement) eurent l'intention de renverser la
dynastie des Argéades pour prendre le trône de Macédoine.
L'histoire....... Les Argéades
|
La Légende
Selon
le mythe Grec, Kéranos fut l'un des fils du Roi Téménos (ou Temenus). Téménos, avec Cresphontès et
Aristodèmes (Ou Aristodemus, Roi de
Messénie 734 à 714) furent les trois chefs Doriques qui envahirent la
Messénie.
Ils divisèrent ensuite les territoires conquis entre eux. Cresphontès prit la
Messénie
et Sparte,
Aristodèmes prit la Laconie et Téménos reçut
Argos.
Après la mort du Roi Téménos, ses fils discutèrent de qui devrait lui succéder. L'un d'entre eux, Feidon,
les combattit et gagna la bataille et succéda ainsi à Téménos. Kéranos décida alors de se trouver un autre royaume.
Il partit demander conseil à l'Oracle de
Delphes, puis avec son entourage ils se déplacèrent au Nord, à la recherche de la
terre appropriée pour établir le nouveau royaume. Finalement Kéranos découvrit une vallée verte, avec beaucoup
d'animaux domestiques. Il pensa que la prophétie de la Pythie s'accomplissait. Il y construisit une ville qu'il
appela "Aïgaï
"(ou Aigaé ou Aigéai) l'actuelle Vergina. |
La première dynastie de Macédoine
fut les Argéades. On attribue traditionnellement, d'après
Hérodote (Historien Grec,
v.484-v.425, Les histoires 8.137-139) et
Thucydide (Homme politique et
historien Athénien, v.460-v.395),
la fondation de la dynastie à Perdiccas I, bien que
beaucoup de spécialistes compte trois Rois avant lui : Kéranos (ou Karanus ou Caraunus, en Grec :
Κάρανος, 813-768 ou 808-780 ou 796-768),
qu'ils donnent comme fondateur.
Il aurait quitté
Corinthe, d'où il était originaire,
à la tête d'une colonie et fondé, vers 796, le royaume de Macédoine.
Ils lui comptent 28 ans de règne et lui attribuent aussi la fondation de la cité
d'Édesse. Lui succède deux Rois,
Koinos (ou Coenus, en Grec : Koinos, 780 - ? ou 768- ?) et
Thyrimnas (ou Thurimas, en Grec : Thyrimnas, ? -729).
Puis vient Perdiccas I (En Grec : Περδίκκας Α', 729-678 ou
v.700-678 ou 670-652) qui serait peut-être le fils du précédent. Il semble que sous son règne les tribus autochtones
vivaient en communautés tribales, dirigées par des chefs et Perdiccas I serait l'unificateur du royaume. Il épouse
Cléopâtre et a un fils qui lui succède, Argaeus I (ou Argée ou Argaios, en Grec :
Αργαίος Α', 678-640 ou 652-621 ou 602-576). Il est mentionné par
Hérodote et
par Junianus Justinus, qui lui comptent trente-quatre ans de règne. Argaeus I épouse Prothée et à un fils
Philippe I (En Grec : Φίλιππος Α', 640-602 ou 621-588) qui lui succède.
Philippe I prend pour femme, Niconoé et son fils, Aéropos I (En Grec :
Αεροπός Α', 602-576 ou 588-568) prend sa succession.
Ce dernier voit aussi son fils, Alcétas I (En Grec : Αλκήτας Α',
576-567 ou 576-547 ou 568-540) lui succéder. Sur ces trois derniers Rois nous connaissons très peu de chose.
Il faut arriver au fils d'Alcetas I, Amyntas I (En Grec : Αμύντας Α',
567-498 ou 547-498 ou 540-500 ou 540-498) pour avoir quelques données. Elles nous sont parvenues en particulier
par les auteurs antiques comme :
Hérodote,
Pausanias et
Thucydide. Amyntas I change de politique
par rapport à son père et décide de tourner son pays vers la Grèce voisine. Il entretient des relations avec les
Tyrans Athéniens,
Pisistrate et
Hippias (527-510).
Il recueille ce dernier lorsqu'il est chassé de sa ville et lui offre le territoire d'Anthemos (ou Anthemus)
sur le Golfe de Thermaique. La Macédoine constitue pour les souverains
Perses une base d'opération
particulièrement importante. En 512, Amyntas I est obligé de se soumettre au Roi
Perse
Darius I (522/1-486).
La Macédoine étant alors incapable de résister à cet envahisseur. Amyntas I eut deux enfants, Alexandre I Philhellène
(Roi suivant) et une fille, Gygaea (ou Gygaia), qui épousa Arrhidée (ou Arrhidaios ou Arrhidaeus) fondateur de la
dynastie Antigonide.
|

Tétradrachme d'Alexandre I
|
Alexandre I Philhellène ou "le Riche"
(En Grec : Αλέξανδρος Α', 498-454 ou 500-454)
succède à son père Amyntas I et il est forcé de reprendre sa politique d'alliance avec les
Perses.
C'est à partir de son règne que va commencer l'expansion Macédonienne. Il annexe la Piérie et la Bottiaea jusqu'à
Pella.
Lors de la Première Guerre Médique,
il aide les Perses à la tête
d'un contingent Macédonien, dans la grande expédition de
Xerxès I (485-465),
à traverser la
Thessalie et pousse
Athènes à accepter la capitulation. Afin de sceller ses
alliances, il marie en 492, sa sœur avec le
Satrape Megabaze.
Selon Hérodote, Alexandre I aurait
cependant également proposé ses services aux Grecs, notamment en les prévenant de certains projets offensifs de Xerxès I. Il les aurait
informé des plans de Mardonios avant la bataille de Platées, en 479.
C'est cette attitude qui lui aurait valu le surnom de "Philhellène". Après sa défaite, lors de cette bataille,
l'armée
Perse fit demi-tour vers l'Hellespont avec environ 40 000 hommes, sous le commandement d'Artabaze.
Alexandre I les attaqua à l'estuaire du fleuve de Strymon. La plupart des soldats
Perses furent tuées par les forces d'Alexandre I. Il annexa ensuite des territoires qui leur appartenaient jusque là
et qui faisaient parti de la
satrapie de
Thrace. La puissance royale se développa sous son
règne, en particulier grâce à la frappe de monnaies.
En résumé, il fut obligé de s’allié un moment aux
Perses, mais il se montra toujours favorable à la culture Grecque. Il réclama aux
Grecs la descendance d'Héraclès d'Argive. Après qu'une cour ait déterminé juste sa réclamation
(Hérodote, 5.22),
il participa au Jeux Olympiques, un honneur réservé seulement aux Grecs. On ne connaît pas le nom de sa (ou ses)
épouse(s) mais il eut six enfants : Stratonice qui épousa le co-Roi de
Thrace,
Seuthès I (424-415), Amyntas qui
sera le grand-père d'Amyntas III (Roi 393-370/69),
Philippe, Perdiccas II (Roi 454-413),
Alcétas II (Roi 413)
et Menelaos père du Roi Amyntas II (Roi 394).
À sa mort le royaume va être partagé entre quatre de ses fils,
ce qui va malheureusement faire connaître à la Macédoine une petite période de trouble.
|
Tétradrachme de Perdiccas II
|
Perdiccas II
(En Grec : Περδίκκας Β', 454-413), un des fils
d'Alexandre I,
voulait refaire l’unité nationale à son profit.
Après la mort de son père la Macédoine est déchirée et les tribus Macédoniennes sont devenues presque totalement autonomes.
Il signe un traité avec
Athènes, mais cette dernière, peu de temps après,
rompt l'alliance et soutient les opposants de Perdiccas II.
Athènes espérant ainsi prendre le contrôle des
richesses minières de la région et du commerce du Nord de la mer Égée. La cité avait beaucoup d'intérêts dans le Nord
de l'Égée (Intérêts économiques, politiques, commerciaux, stratégiques…) et s'intéressait beaucoup à ce qui se passait
en Thrace et en Macédoine.
En 434, le frère de Perdiccas II, Philippe, le défait pour récupérer le trône avec l'appui
d'Athènes. Perdiccas II répond en provoquant
des rébellions dans un certain nombre de villes
Athéniennes, y compris Potidée.
Athènes ne pouvant laisser l'affaire se détériorer
d'avantage, répond par la force. Elle envoie 1000
hoplites et 30 bateaux
en Macédoine. Ils assiègent Pydna où ils sont rejoint par une autre force
Athénienne de 2000
hoplites et de 40 bateaux.
Cependant, pendant que les
Athéniens assiègent Pydna,
Corinthe, leur ennemie,
envoie une force de 200 soldats pour soutenir Potidée dans sa révolte. Afin de combattre cette nouvelle menace,
Athènes passe alors une alliance avec Perdiccas II qui
casse le traité qui l'unissait à Potidée. Les
Athéniens sont par la suite victorieux,
après avoir assiégée Potidée, qui tomba et fut obligée par
Athènes de raser ses murailles.
La bataille mènera directement à la
Guerre de Péloponnèse qui
détruira l'hégémonie
Athénienne en Grèce.
En 431, la ville passera une alliance avec le Roi de
Thrace
Sitalcès
(ou Sitales 460-425 ou 445-424), après qu'un
Athénien Nymphodoros, ait épousé la sœur de
Sitalcès. Nymphodoros négocia
alors un nouvel accord entre
Athènes et Perdiccas II, où Perdiccas II
gagna qu'Athènes retira son soutien à son frère Philippe.
|
Autre monnaie de Perdiccas II
|
Le Roi de
Thrace promit même d'aider Perdiccas II
en le capturant. En retour, Perdiccas II s'engagea à marcher sur les
Chalcidiens, le peuple qu'il avait à l'origine persuadé de se révolter. Cependant, Perdiccas II trahit
Athènes et envoya
de nouveau une troupe pour soutenir, en 429, un assaut de
Sparte sur l'Acarnanie, mais, selon
Thucydide (Homme politique
et historien Athénien, v.460-v.395 -
Histoire de la guerre du Péloponnèse, Livre II.80) son armée arriva trop tard pour
apporter son aide. En réponse à cet acte de trahison,
Sitalcès envahit la Macédoine.
Perdiccas II emploiera de nouveau la diplomatie pour assurer la survie de son royaume. Il promit la main de sa
sœur au neveu de
Sitalcès,
Seuthès I (424-415),
ce qui persuada le Roi de quitter la Macédoine. En 424, Perdiccas II s'allia une nouvelle fois avec
Sparte et il aida le
Spartiate Brasidas à prendre Amphipolis,
une des colonies les plus importantes d'Athènes.
Principalement pour l'apport en bois de construction pour la flotte.
Ce fut un coup très dur porté à
Athènes, et l'annexion d'Amphipolis
apporta du bois de construction aux Macédoniens pendant de nombreuses années qui
suivirent et cela renforça
considérablement le pouvoir de négociation du pays. En échange de cette
donation, les Spartiates fixèrent ses frontières à
Perdiccas II. Mais suite à des problèmes avec
l'Illyrie, où l'armée
Macédonienne n'avait pas soutenu
Sparte, les relations entre la Macédoine et le
Péloponnèse devinrent très tendues pendant les années qui suivirent et Perdiccas II se tourna de nouveau vers
Athènes, avec qui il passera
encore une fois un traité, en 423.
Il épousa Eurydice et il eut deux fils qui furent Roi :
Archélaos I (Roi 413-399) et
Aéropos II (Roi 398-395). Ce fut
Alcetas II (413), le frère de Perdiccas II, qui lui succéda, mais pour très peu de temps.
Archélaos I
(En Grec : Αρχέλαος
Α', 413-399), le fils naturel de
Perdiccas II et de la Reine Eurydice,
monte sur le trône en faisant assassiner son oncle,
Alcétas II et les successeurs légitimes. Son règne commence en pleine
Guerre du Péloponnèse, au moment où
Athènes,
après son expédition désastreuse en Sicile (415-413), est en plein déclin. Archélaos I ne craignant plus rien de la cité,
il entretient des relations commerciales avec elle et l'aide même à reconstruire une partie de sa flotte en lui vendant du bois.
En remerciement la cité lui octroie le titre de "proxènes" et "évergète" du peuple. Cette trêve, avec les
Athéniens, lui permet
d'intervenir en Thessalie, où il
soutient la famille des Aleuades à Larissa. Il réprime aussi une révolte de la ville de Pydna.
Il est un grand restaurateur de l‘État Macédonien et est également connu comme un homme de culture et de contacts culturels
et artistiques avec la Grèce méridionale. Il fixe la nouvelle capitale du royaume à
Pella.
|
Tétradrachme argent d'Archélaos I
|
Il y accueille à sa cour de nombreux artistes Grecs : Poètes, musiciens, tragédiens, y compris Euripide (480-406,
tragédien Grec) et peintres, dont Zeuxis (464-398, le peintre le plus célébré de son temps). Il organise, un festival
religieux avec le concours de musiciens et de sportifs honorant Zeus et les Muses à Dion, ville de Piérie qui est l'un
des centres religieux les plus importants du royaume. Les plus grands athlètes et artistes de la Grèce viennent en
Macédoine pour participer à cet événement. Archélaos I développe le commerce avec la création de routes, qui sont aussi
importantes pour les mouvements de troupes et il favorise l'essor de la monnaie. Il renforce l'armée, en particulier la
cavalerie et l'infanterie
hoplite et construit de
nombreuses forteresses. Archélaos I aurait été assassiné, victime d'un complot
lors d'une partie de chasse, bien que rien ne soit jamais venu le prouver.
Selon Élien (ou Aelian, Claudius Ælianus, surnommé Élien le Sophiste, v.175-v.235, historien et orateur Romain)
dans "Varia Historia, 8.9", la raison en serait qu'Archélaos I avait promis la main d'une de ses filles et quand
il renonça à sa promesse le futur mari désespéré l'aurait assassiné.
Thucydide (Homme politique et historien
Athénien,
v.460-v.395) aurait dit d'Archélaos I qu'il a fait plus pour son royaume que tous ses prédécesseurs réunis.
On ne connaît pas le nom de son (ou ses) épouse(s) mais il eut six enfants :
Oreste (399-398) et
Argaeus II (393-392)
qui furent des Rois, Amyntas (Que quelques spécialistes identifient à
Amyntas II), Pausanias et deux filles.
La première épouse Irrhos d'Illyrie et
la seconde épouse un nommé Derdas, de
la dynastie Antigonide, ils seront les
grands-parents du Prince Philippe d'Elymiotis.
|
Tétradrachme argent d'Aéropos II
|
La mort d'Archélaos I est suivie d'une période de troubles où
vont se succéder, pour des règnes éphémères,
plusieurs Rois. Le premier est son fils Oreste (En
Grec : Ορέστης, 399-397) qui est
reconnu Roi après le meurtre de son père. Mineur, il a comme tuteur son oncle Aéropos II (ou Érope,
en Grec : Αεροπός Β', 397-395/4).
Aéropos II était le deuxième fils de
Perdiccas II et le demi-frère
d'Archélaos I. Lorsque Oreste est nommé Roi,
il en est probablement le plus proche parent majeur, c'est pour cette raison qu'il est nommé son tuteur.
Il exerce la régence jusqu'en 397, lorsqu'il fait probablement assassiner
Oreste et se fait élire Roi par le Koînon.
Diodore de Sicile (Historien
et chroniqueur Grec, v.90-v.30) avance qu'il régna
6 ans et mourut de maladie en 394. Cette durée de règne comprendrait la régence.
On ne connaît pas le nom de son épouse, mais il eut un fils, Pausanias II (Roi 394-393), qui lutta pour accéder au pouvoir.
Succède à Aéropos II, Amyntas II Micros "le petit"
(En Grec : Αμύντας B', 394) pour un an. Il est un fils de Menelaos I et
le petit-fils d'Alexandre I Philhellène.
Quelques spécialistes le présentent comme le fils d'Archélaos I.
On ne connaît pas le nom de son épouse mais il lui est attribué assez fréquemment la paternité d'un fils,
Ptolémée I Alôros (Roi 368-365).
Amyntas II est trahit et tué par Derdas II, Prince de Lyncestide, sûrement à la solde du fils d'Aéropos II,
Pausanias II
(En Grec : Παυσανίας B', 394-393) qui prend le pouvoir
(Diodore de Sicile, Livre XIV.37, 84; Dexippus),
mais qui meurt
lui aussi assassiné. Quelques historiens comptent un Archélaos II
(En Grec : Αρχέλαος Β', 396-394/3), mais dont on
ignore l'origine.
Amyntas III
(En Grec : Αμύντας Γ', 393-370/369) est le Roi suivant. Il est le fils d'Arrhidaios
et l'arrière-petit-fils d'Alexandre I Philhellène.
Son règne va mettre fin à la période de succession agitée qui avait
suivi la mort d'Archélaos I. Dès sa prise de pouvoir,
il doit faire face à l'invasion du Roi
Illyrien,
Bardylis I (385-358),
qui pille le Nord et l'Ouest du pays. Amyntas III cherche des alliés, mais il ne reçoit d'aide que de l'oligarchie des
Aleuades de Larissa, la Macédoine l'ayant aidée quelques années plus tôt et de la Ligue Chalcidienne, dirigée par la cité
d'Olynthe et encore, en échange de territoire qu'il doit leur céder. Ce renfort est insuffisant et Amyntas III est renversé.
Il est remplacé par Argaeus II (ou Argaios ou Argée, en Grec : Αργαίος B', 393-392),
un fils d'Archélaos I, pour à peine
deux ans car Amyntas III retrouve son trône avec l'aide des
Thessaliens.
Afin de garantir sa frontière Nord-ouest, il
épouse une Princesse d'origine
Illyrienne, Eurydice, fille de Sirrhos.
Il réclame alors aux Chalcidiens, les terres qu'il
leur avait cédées lors de l'invasion
Illyrienne, mais ces derniers refusent.
|
Statère argent d'Amyntas III
|
Une guerre éclate qui va durer jusqu'en 379, qui gagnera même la capitale
Pella et les Chalcidiens occuperont Axios.
Vers 382, Sparte est appelée à l'aide
par d'autres cités de la région, que l'essor de la Ligue Chalcidienne inquiète.
Cette aide militaire permet à Amyntas III, dont l'infanterie est à l'époque en mauvais état, de retourner la situation
et Olynthe finira par capituler. La Ligue Chalcidienne est un temps dissoute et la Macédoine retrouve en partie ses
frontières.
Amyntas III s'allie alors au Tyran de
Phères (Thessalie),
Jason (?-370) et après le déclin
de Sparte, il se rapproche
d'Athènes, qui avaient reconstitué sa flotte
(Signature du pacte de la seconde Confédération maritime). Au congrès
Panhellénique de Sparte, en 371, il reconnaît
les droits des Athéniens sur Amphipolis.
Amyntas III a montré le même goût pour civilisation Grecque et ses représentants que son prédécesseur
Archélaos I.
|

Tétradrachme d'Amyntas III
|
Son médecin personnel, fut Nicomaque, qui fut le père
d'Aristote (384-322,
philosophe Grec). Eurydice lui donna quatre
(ou cinq) enfants : Alexandre II, l'aîné, puis
Perdiccas III (Roi 365-359) et
Philippe II (Roi 359-336) et une
fille, Euryone (ou Eurynoe) qui épouse
Ptolémée I Alôros (Roi 368-365).
Qui était soit un fils d'Amyntas II
(Idée généralement retenue), soit, selon
Diodore de Sicile (Historien et
chroniqueur Grec, v.90-v.30), celui d'Amyntas III et d'Eurydice. Amyntas III a une autre épouse,
Gygaea (ou Gygaia) qui lui donne trois enfants Archélaos, Arrhidaios et Menelaos III. Eurydice,
avec l'aide de
Thèbes, voulut faire assassiner Amyntas III,
pour donner le trône à son gendre (Fils ?)
Ptolémée I Alôros. Mais Euryone trahie et dévoila le plan à son père
empêchant ainsi le meurtre. Amyntas III mourut à un âge avancé, son fils
Alexandre II lui succéda et les troubles
dynastiques reprirent en Macédoine.
Alexandre II (En Grec : Αλέξανδρος B', 370/369-368) est assez
jeune lorsqu'il il monte sur le trône et il est
contre la reprise de la guerre. Mais il est simultanément confronté, à une nouvelle invasion
Illyrienne au Nord-ouest
du pays et à une attaque à l'Est d'un prétendant, Pausanias. Ce Pausanias se rend maître rapidement de plusieurs villes
et menace la Reine Mère, qui était dans le palais de
Pella avec ses jeunes fils. Alexandre II fini par défaire ses
ennemis avec l'aide du Général
Athénien Iphicrate (v.420-v.352)
qui remonte la côte de Macédoine jusqu’à la ville
d'Amphipolis qu’il reprend. Pausanias sera assassiné. Alexandre II intervient ensuite dans la guerre civile qui ravage
la Thessalie.
Il prend Larissa et plusieurs autres villes et trahissant une promesse qu'il avait faite et y laisse des
garnisons. Cette décision provoque la réaction immédiate de
Thèbes, alors la principale puissance
militaire en Grèce, qui envoie en
Thessalie son Général,
Pélopidas (v.420-364). Ce dernier neutralise Alexandre II en soutenant les ambitions
de son beau-frère Ptolémée I Alôros et le Roi est obligé
de quitter la
Thessalie. Alexandre II
doit alors abandonner son alliance avec
Athènes en faveur de
Thèbes. En guise de bonne foie,
pour sceller ces nouveaux accords, il est obligé de
remettre à Thèbes des otages,
dont son frère, âgé de quatorze ans le futur
Philippe II. Alexandre II est assassiné pendant
un festival à l'instigation de
Ptolémée I Alôros (Roi 368-365).
|
Tétradrachme de Perdiccas III
|
Perdiccas III (En Grec : Περδίκκας Γ', 365-359),
le frère d'Alexandre II, est le successeur légitime, mais il est
très jeune lorsque son frère est assassiné et un Régent est nommé.
Ptolémée I Alôros
(En Grec : Πτολεμαίος A', 368-365) est un aristocrate de la ville
d'Alôros et il est sûrement le fils d'Amyntas II.
Sa descendance est très contestée, ainsi
Diodore de Sicile
(Historien et chroniqueur Grec, v.90-v.30) en fait un fils
d'Amyntas III et de la Reine Eurydice ce qui apparaît
toutefois peu probable. D'autres sources affirment qu'il ne descend pas de la maison royale Macédonienne.
D'où qu'il vienne, il se marie avec Euryone, la fille (Sa sœur ?)
d'Amyntas III et Eurydice. Sa belle-mère (Mère ?)
monte un complot contre son époux, avec l'aide des
Thébains, pour le mettre sur le trône
à la place d'Amyntas III.
Cependant, Euryone trahie et dévoile le plan à son père empêchant ainsi son assassinat. Selon certaines sources Ptolémée I
épouse, à la mort d'Amyntas III,
sa belle-mère et ensemble ils essaient de prendre le trône à
Alexandre II pendant qu'il
lutte contre Pausanias, un autre prétendant à la couronne.
Alexandre II aidé par les
Athéniens résiste, mais il sera
assassiné par Ptolémée I lors d'un festival, ce qui laissera les pleins pouvoir comme Régent à Ptolémée I pendant trois ans.
En 365, Perdiccas III reprend son trône à Ptolémée I. En 361, il accueille à son service Callistratos, homme politique
Athénien en exil, qui va l'aider à réorganiser ses finances.
Pendant cette période, l'influence
Athénienne se développe dans le royaume.
La puissance Macédonienne est rétablit sous le règne de Perdiccas III, mais son règne est de courte durée.
Il meurt en 359, avec 4000 de ses hommes dans une bataille contre le Roi
d'Illyrie,
Bardylis I (385-358), qui avait envahit
la Haute Macédoine.
Il épouse Phila, une Princesse Macédonienne et laisse le trône à son fils Amyntas IV
(En Grec : Αμύντας Δ', 359).
Lorsqu'il est proclamé Roi, Amyntas IV est encore mineur. Il est âgé de trois ans. C'est son oncle,
Philippe II qui
devient son tuteur.
|
Buste de Philippe II
|
Philippe II
(En Grec : Φίλιππος B', 359-336, Né en 382)
avait vécu à
Thèbes, envoyé comme otage, sous le règne
de son frère Alexandre II alors qu'il n'avait que quatorze ans.
Il rentre en Macédoine en 365, il est alors âgé de dix-sept ans. À la mort de son dernier frère
Perdiccas III, en 359,
le fils de celui-ci Amyntas IV étant trop jeune pour
régner (Il n'a que trois ans)
Philippe II épouse sa mère, la Reine
Phila I et est nommé son tuteur. La même année il
écarte le jeune Amyntas et se fait reconnaître Roi par le Koînon.
Il accède ainsi au pouvoir à l'âge de vingt-deux ans. Les qualifications militaires de
Philippe II et sa vision
expansionniste pour la Macédoine vont lui apporter très tôt le succès. Par ses réformes, il est le vrai fondateur
de l'État Macédonien et sa politique étrangère va le placer à la tête du monde Grec.
Sa première action est de
réorganiser son armée "la Phalange" qu'il calque sur le model
Thébains. Il met en place une solide administration
et il unifie le territoire en créant une capitale par district. Il introduit la frappe de monnaie d'or et d'argent.
Au moment où il prend le pouvoir
Philippe II commence par éliminer ses rivaux potentiels,
dont le prétendant Argaios,
soutenu par Athènes. Les
Athéniens avaient même débarqué,
à Methoni sur la côte, un contingent de 3 000
hoplites pour
soutenir l'impétrant, mais ceux-ci seront écrasés.
Il épouse Audata, la fille du Roi d'Illyrie,
Bardylis I (385-358).
Cependant, ceci ne l'empêche de marcher contre
l'Illyrie en
358 et 356 et de l'écraser, par cette action
Philippe II
a établi son autorité intérieure jusqu'au lac Ohrid.
|
Buste en ivoire de Philippe II,
retrouvé dans sa tombe à Vergina - Musée archéologique de Thessalonique
|
En 355-354, il prend aux Grecs les cités de : Crenides (ou Krinides), sur l'île de Thassos.
Il attaque également Abdéra (ou Abdère, près de l'embouchure du fleuve Nestos, en face de l'île de Thassos) et
Maronnée (ou Maronéa) sur le littoral de
Thrace.
Puis il s'allie au Roi d'Épire Néoptolème I
(370-360) et épouse sa fille
Olympias, dont il aura, le futur
Alexandre le Grand.
En 353, il est impliqué et intervient dans la
Troisième Guerre Sacrée.
Poursuivant sa lancée, il s'empare de
Phères et se fait élire à la tête de la
Ligue Thessalienne.
Il reprend en 352, ses conquêtes en direction de la
Thrace, qui est affaiblie depuis 359,
date de la mort du Roi des Odryses,
Cotys I (384-359).
En 349, Philippe II en profite pour envahir la Chalcidique.
La même année il fait le siège d'Olynthe qui a prêté
allégeance à Athènes, qu'il prend en 348.
En 347, il obtient la soumission du Roi de
Thrace,
Cersobleptes I
(ou Kersobleptes I, 359-341). En 341,
Philippe II bat le dernier Roi Odryse de
Thrace et toute la région est
conquise. Le 1er septembre 338, une coalition formée
d'Athènes et de
Thèbes
l'affronte à Chéronée, mais ils
sont écrasés par la phalange Macédonienne et la cavalerie commandée par le futur
Alexandre le Grand. Cette
victoire fait de Philippe II le souverain de toute la Grèce.
En octobre 336, à
Aïgaï, alors qu'il préparait
la conquête de la
Perse, il est assassiné.
Philippe II eut plusieurs épouses et enfants
(voir la vie de Philippe II).
Son fils
Alexandre III (le Grand),
né le 21-07-356, lui succède.
|