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Noms et localisation
Sparte est généralement évoquée par les anciens Grecs
sous le nom de Lacédémone (ou Lakedaimon, en Grec : Λακεδαίμων ou
Lakedaimonia Λακεδαιμονία
ou Spártē Sparte ou Σπάρτη,
en Dorien Σπάρτα / Spárta).
Ce sont aussi les noms communément utilisés dans les œuvres d'Homère et les historiens
Athéniens tel
que, Hérodote (Historien Grec, 484-v.425) ou
Thucydide (Homme politique et historien
Athénien, v.460-v.395).
Hérodote
semble toute fois distinguer l'antique citadelle de Therapné de la partie basse de la ville de Sparte.
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Ruines de Sparte

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La cité se situe dans le Péloponnèse,
sur les rives d'un fleuve principal, l'Eurotas, sur un plateau entre la chaîne de
montagne Taygète (En Grec : Ταΰγετος / Taÿgetos) et le
Parnon (Montagne qui sépare la Laconie de l'Arcadie). La région immédiate qui entoure la ville est communément
appelée Laconie et Sparte en fut la capitale. Elle comprend deux régions principales,
séparées par les montagnes. Le terme de Laconie est parfois utilisé pour
désigner toutes les régions qui furent sous le contrôle direct Spartiate, y compris la
Messénie.
Lacédémone est aujourd'hui le nom d'une province Grecque dans la préfecture de Franconia.
Sparte est constituée probablement vers la fin du IXe siècle, début du
VIIIe, par le synœcisme (regroupement) de quatre villages d’origine Dorienne :
Limnai, Kynosoura, Mesoa et Pitana, un cinquième, Amyclées, distant de quelques
kilomètres, viendra s'y ajouter à une époque toujours inconnue. Sparte sera l'une
des cités-États Doriennes les plus puissantes de la Grèce antique, avec
Athènes et
Thèbes.
Selon
Thucydide, l'État Spartiate
s'étend au Ve siècle av.J.C, sur les deux cinquièmes du Péloponnèse, soit près
de 8 500 km², le triple de sa rivale
Athènes.
La Laconie au sens strict du terme est en fait le territoire délimité à l'Ouest
par le Taygète, au Sud et à l'Est par la mer Méditerranée. La frontière Nord va
être la plus changeante.
Développement
Au VIIIe siècle, la
poussée démographique entraîne Sparte à la recherche de nouvelles terres. La cité va conquérir d'abord la
Messénie voisine qu’elle
soumet (Voir la
Première Guerres de Messénie, 743-724 ou 736-720) et contraint ses habitants à devenir ses
Hilotes. À cette époque Sparte
rayonne sur l’Hellade, entretenant le commerce avec la Grèce,
l’Égypte et
l’Asie
Mineure. Dès lors, sa principale rivale sera
Argos. En 669, à la bataille
d'Hysiaï, le Tyran d'Argos
Phidon défait Sparte. Les
Messéniens profitent de
la faiblesse de cette dernière pour se révolter, ce qui brise l’expansion de la cité. Cependant les
Messéniens vont être de nouveau soumis
(Deuxième
Guerre de Messénie, 670-657).
En politique extérieure, elle édifie la "Ligue
du Péloponnèse".
Après sa victoire sur la
Messénie, Sparte a agrandi encore
son territoire et devient maître de toute la partie qui s'étend à l'Est du Parnon, bordée au Nord par la vallée de la
Nedha, jusqu'à la Méditerranée. La vallée de
Messénie à proprement parler est
arrosée par le Pamisos. On distingue la plaine du Stényclaros au Nord de la crête de Scala et la plaine côtière appelée
Macaria "la Bienheureuse", au Sud. En 545, à la bataille des Champions Sparte défait
Argos et va
dominer le plateau de Thyréatide (ou Kynourie). À cette époque les limites de la
région couvrent les environs de Thyréa (Près de l'actuelle Astros), le Sud du
mont Parthénion, le bassin versant de l'Eurotas, englobant la Skiritide, puis
les territoires aux pieds du mont Chelmos (Identifié comme la Belminatide). Elle s'assure l'hégémonie sur
l'ensemble du Péloponnèse, qu'elle conservera jusqu'aux
Guerres Médiques (499-490 et 480-479).
Face à l’expansion de l’Empire
Athénien, l’affrontement entre
les deux puissances devient inévitable. Pour conserver son territoire elle doit lutter dans la
Troisième guerre de Messénie (464-454).
Puis Sparte triomphe d’Athènes dans la
Guerre du Péloponnèse (431-404)
et décide d'imposer son propre impérialisme. En 394, les Grecs se soulèvent contre elle avec la coalition
d’Athènes,
Thèbes,
Argos et
Corinthe. En 387, Sparte accepte
l’arbitrage par la Perse et
la "paix d'Antalcidas"
ou "paix du Roi" est signée entre les belligérants. Sparte cède les cités Grecques
d’Asie Mineure qu'elle avait
conquise aux Perses. En 376,
Athènes coule sa flotte militaire, mettant de fait
un terme à son hégémonie navale. En 371,
les Athéniens et Lacédémoniens passent un accord
se reconnaissant mutuellement leurs confédérations, afin de lutter contre la
Ligue Béotienne, aussi appelée
Confédération Béotienne.
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Sacrifice à Aphrodite à Sparte - Musée du Louvre
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La même année les Spartiates, toujours avide d'expansion, marchent sur
Thèbes.
Mais c’est cette dernière, nouvelle puissance montante, qui
va lui porter le coup final avec le désastre de la bataille de Leuctres (Le 06/07/371).
L'hégémonique de Sparte est rompue et il faut ajouter l’indépendance de la
Messénie en 369.
En 362, Sparte à un sursaut et à la bataille de Mantinée redresse la situation en brisant la
suprématie Thébaine, mais sa victoire
demeure sans lendemain.
Secouée par des graves crises internes, en 337, la ville se montre incapable de faire face
à l’expansion de la Macédoine et de son Roi
Philippe II (359-336).
Ses tentatives de révolte contre la
Macédoine sont systématiquement
écrasées (265 et 222). Elle perd tous ses territoires. Puis elle s'allie à Rome contre la
Ligue Étolienne et doit
lutter aussi contre la
Ligue Achéenne. En 146, Sparte, définitivement ruinée par les invasions, est intégrée à l’Empire Romain et cesse
pour toujours d’être une puissance conquérante.
Ligue du Péloponnèse
Le terme
"Ligue du Péloponnèse" est une expression contemporaine inventée par les historiens, à
l'époque les membres étaient appelés "les Lacédémoniens (Sparte) et leurs alliés". Cette ligue fut
constituée dans un but défensif à la fin du VIe siècle et dura jusqu'aux
invasions Thébaines de 370-369,
mais elle permettait surtout à Sparte de concentrer son effort militaire contre
Argos.
Les cités membres étaient indépendantes (autonomia)
et contrairement à la
Ligue de Délos, elles ne payaient aucun tribut (phoros).
Il est difficile de mesurer l’exacte étendue de la ligue, d’autant que tous les alliés
de Sparte n’en faisaient pas partie, mais presque tous les États du Péloponnèse,
sauf l’Argolide et l’Achaïe, y étaient adhérant. La ligue participa à la
Deuxième Guerre Médique et bien sur à la
Guerre du Péloponnèse.
Selon
Thucydide (Homme politique et historien
Athénien, v.460-v.395), la ligue disposait d’un mode
de fonctionnement que l’on pourrait qualifier de démocratique.
L'assemblée fédérale se réunissait généralement à Sparte à la seule initiative des Lacédémoniens et les propositions
qui étaient soumises à discussion étaient généralement d’origine Spartiate. La ville prit également le commandement
de toutes les forces alliées, y compris sur mer, malgré les prétentions des cités, comme
Corinthe.
Chaque cité disposait d'une voix. Sparte n'avait qu'une voix comme les autres, mais la cité avait une
très grande influence et disposait d’une certaine hégémonie. Aucune action n’était possible si elle
n’avait pas été votée par Sparte.
Corinthiens et
Mégariens se plaignaient régulièrement de
la tutelle Spartiate au sein de la ligue. À plusieurs reprises, Sparte ne respecta pas l’autonomie de ses alliés.
Dès 404, la cité leur imposa sa politique d’intervention en
Asie Mineure, en Grèce du
Nord et en Béotie. En 402, elle obligea Élis,
à accorder l’indépendance à ses cités
Périèques et à
Corinthe à rompre avec
Argos.
Les décisions (La guerre, la paix, les alliances) étaient prises à la majorité
des suffrages. Elles engageaient tous les alliés, sauf si certains invoquaient, pour garder leur liberté
d’action, des empêchements religieux ou des stipulations contraires à des traités antérieurs. En cas de guerre,
l’assemblée fixait les contingents à lever, ou les sommes à payer pour le rachat des prisonniers et édictait des
amendes pour les défaillants. Les membres de la ligue ne pouvaient se faire la guerre entre eux tant que l’armée
commune était en expédition. En dehors de ces périodes, le rythme des conflits inter-cités était régulier. Au
Ve siècle,
Corinthe et
Mégare étaient fréquemment en guerre
l’une contre l’autre. Toutes les cités restèrent fidèles à Sparte, sauf pendant la
Guerre du Péloponnèse ou certaines
refusèrent le traité de paix avec
Athènes (Paix de Nicias), mais après la victoire
de Mantinée, la ligue se reconstitua.
Structures sociales
La constitution
L'État Dorique de Sparte
fut la copie de l'État Dorique
Crétois. Entre le VIIIe et le
VIIe siècle av.J.C, les Spartiates connurent une période d'anarchie et de guerre civile, retracée plus tard à
la fois par Hérodote
(Historien Grec, 484-v.425) et
Thucydide (Homme politique et historien
Athénien, v.460-v.395).
Suite à cela les Spartiates lancèrent une série de réformes politiques et sociales de leur société. Ces réformes
marquèrent le début de l'histoire de la Sparte classique. Par ces dernières, la ville se distingua des autres cités
par son modèle social, où l'on trouvait différentes strates. On comptait trois groupes sociaux principaux :
• La minorité sont les citoyens, elle est constituée par les
Homoioi (ou les Égaux, en
Grec : Homoioi ou Oμοιοι / Hómoioi, "les Semblables"
ou "les Pairs").
• L'activité économique est assurée par les
Périèques (En Grec : Perioikoi
ou Περίοικοι / Períoikoi),
population libre mais non-citoyenne.
• Puis on trouve les Hilotes (ou Ilotes,
en Grec : Heilôtes ou Εïλωτες / Heílôtes), dont le statut
s'apparente aux serfs du Moyen Âge occidental.
L'éducation était obligatoire, collective et organisée par la cité, elle visait à former des
soldats disciplinés, efficaces et attachés au bien de la cité. Ces réformes menées par Lycurgue au VIIe siècle
(Personnage mythique pour certains spécialistes) sont un véritable tournant pour la ville. Les institutions originelles
établissaient la souveraineté à tous citoyens, elles étaient équilibrées par une double monarchie, représentée par deux
familles, la branche de Proclès dites des "Eurypontides ou Proclides" et celle
d’Eurysthène (jumeaux) dites "Agiades
ou Eurysthènides".
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Sparte avec les montagnes Taygète en arrière-plan
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Le régime politique
était donc composé de deux Rois. Ils éraient à égalité au niveau de l'autorité,
de sorte que l'un ne pouvait pas agir contre le veto de son collègue. Les origines des pouvoirs exercés par l'assemblée
des citoyens sont pratiquement inconnues en raison du manque de documentation historique et du secret d'État. Les devoirs
des Rois étaient essentiellement religieux, judiciaires et militaires. Ils furent les Grands Prêtres de l'État et étaient
également tenu de maintenir la communication avec le sanctuaire de
Delphes, qui
exerça toujours une grande autorité
dans la politique Spartiate.
À l'époque d'Hérodote
leurs fonctions judiciaires fut limitées aux affaires d'héritages, d'adoptions et des routes publiques.
Les affaires civiles et pénales étaient soumises à l'approbations d'un groupe de fonctionnaires, sorte
de conseil des Anciens, connu sous le nom d'Éphores
(En Grec : Ephoroi ou Eφοροι /
éphoroi "Surveillants"), ainsi qu'à une assemblée, la
Gérousie (ou Gérousia, en
Grec : Gerousia / Gerousía, de γέρων / gérôn,
"le vieillard").
Les
Éphores étaient un directoire de cinq magistrats annuels,
ils formaient le véritable gouvernement. La
Gérousie se composait de 28 personnes âgées de plus de 60 ans,
élues à vie et, en général, une partie de la famille royale.
Les hautes affaires de l'État et les décisions politiques étaient examinées par ce conseil qui pouvait alors proposer des
mesures alternatives à l'Assemblée (Apella), l'organe collectif des citoyens Spartiates, qui choisissait l'une
des options proposée par vote. L'Assemblée rassemblait l'ensemble des citoyens
Homoioi et était donc chargée de voter les lois, mais son
rôle précis est encore aujourd'hui mal connu. Elle était réunie à dates fixes. Les projets mis en forme par la
Gérousie lui étaient soumis.
Elle les approuvait ou non, sans discuter les amendements proposés par les
Éphores. Elle votait les décisions par acclamations,
mais son vote ne liait pas la Gérousie qui pouvait considérer que
le peuple s'était trompé.
L'Assemblée élisait également les
Éphores et les
Gérontes. On ignore si tous les Spartiates
pouvaient y prendre la parole, par exemple pour proposer une loi ou un amendement, ou si l'assemblée se contentait d'élire
les Éphores. Pour
Aristote (Philosophe Grec, 384-322),
l'Assemblée a un pouvoir si faible qu'il ne la mentionne même pas
comme élément démocratique du régime Spartiate. Il faut noter aussi que les prérogatives royales ont été réduites au fil
du temps. À la période des
Guerres Médiques (499-490 et 480-479),
le Roi perdit le droit de déclarer la guerre et était accompagné sur le terrain par deux
Éphores. Il fut dès lors supplanté par ceux-ci dans le contrôle de
la politique étrangère. Au fil du temps, les Rois devinrent de simples figures de têtes, sauf en leur qualité de généraux.
Le véritable pouvoir fut transféré aux
Éphores et à la
Gérousie. Cette organisation fut pendant des siècles la force de la
cité. Cependant au IIIe siècle, les difficultés dues à son système sociopolitique et au déclin de sa population
d’Homoioi entraînèrent de nouvelles réformes. Ces essais de réformes
intérieures menées par les Rois Agis IV (245-241) et
Cléomène III (235-219) échouèrent.
La citoyenneté
Tous les habitants de Sparte n'étaient considérés comme des citoyens.
Seuls ceux qui avaient entrepris le processus d'éducation Spartiate connu sous le nom
d'agôgê (En Grec :
ἀγωγή / agōgē) étaient éligibles.
De plus les seules personnes admissibles à recevoir
l'agôgê devaient être Spartiates, né de l'union légitime de deux
Spartiates, ou des personnes qui pouvaient prouver que leurs ancêtres étaient à l'origine des habitants de la ville.
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kylix Laconien - 590-550 av.J.C-
Staatliche Antikensammlungen - Munich

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Il y avait cependant deux exceptions :
• Les Trophimoi (En Grec : τρόφιμοι "Pupilles" ou
"Les nourris", de τροφός / trophós "Nourriture"), étaient des
enfants de non-Spartiates,
Périèques ou étrangers, qui étaient autorisé à subir
l'agôgê.
Les Trophimoi étaient adoptés à titre temporaire par un Oikos Spartiate (Sorte de parrain). Les Trophimoi fils de
Périèques, à l'instar des Néodamodes
et des Nothoi (Fils bâtards de citoyens et d'esclaves), constituaient une classe intermédiaire de Sparte. Ils pouvaient
accéder au statut de citoyen. Selon
Plutarque (Philosophe, biographe et moraliste
Grec, 46-v.125), le Roi Agis IV (245-241)
entendait ainsi compléter le corps civique, devenu insuffisant pour les besoins militaires de Sparte :
"Par tous les Périèques et les étrangers qui auraient été
élevés en hommes libres et qui par ailleurs seraient bien faits de leur personne et dans la fleur de l'âge"
(Vie d'Agis, VIII, 3).
Les Trophimoi étrangers repartaient généralement après leur éducation dans leur pays d'origine
où ils augmentaient ainsi l'influence de Sparte. Sur l'invitation du Roi
Agésilas II (398-360), Xénophon (Philosophe,
historien et maître de guerre Grec, v.430-v.355) fit élever ses fils à Sparte. Cependant, certains Trophimoi choisirent
de rester à Sparte, voire de combattre dans l'armée civique. Ce fut par exemple le cas en 381, dans le siège que tint
Agésilas II contre Phlionte (Cité Grecque du Péloponnèse, située au Sud de Sicyone et au Sud-ouest de
Corinthe).
• L'autre exception étaient les fils d'Hilotes
qui pouvaient être inscrit comme des Syntrophoi (En Grec : Syntrophoi
"Élevé avec") si des Spartiates les adoptaient officiellement et leurs
payaient leur études. Si un Syntrophos était exceptionnellement bon dans sa
formation, il pouvait être parrainé pour devenir un Spartiate. Ils devenaient de
ce fait fils de bonne famille et pouvaient être élevés dans certains cas avec
les enfants royaux. Syntrophos était un titre qu’ils gardaient toute leur vie.
Lorsque les citoyens Spartiates mourraient, seule une pierre tombale était accordée aux soldats
qui étaient morts au combat au cours d'une campagne victorieuse, ou pour les femmes qui étaient mortes en service, soit lors
d'un office divin ou en couches.
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Autre vue du site - L'acropole
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Les Homoioi
Les (ou égaux ou
semblables) citoyens de Sparte étaient appelés les "homoioi" (En Grec : Homoioi
ou Oμοιοι / Hómoioi, "les Semblables" ou "les Pairs"). La traduction classique "
", reprise lors de la Révolution Française, est en fait inexacte. Il n'est pas certain que tous les Spartiates
furent des homoioi. On estime leur nombre à 1 200 au moment de la défaite de Sparte, en 371, le 6 juillet, face à l'armée
de Thèbes à Leuctres. Certains citoyens,
considérés comme des lâches au combat, furent soumis à toutes sortes de brimades et de vexations. Tous les citoyens pouvaient
participer à l'autorité populaire. Ils ne représentaient donc qu'une petite minorité de la population Lacédémonienne.
Les critères de la citoyenneté Spartiate étaient particulièrement sélectifs. Pour faire partie de cette élite, il
fallait : Être né de l'union légitime de deux Spartiates.
Les bâtards étaient distingués des citoyens à part entière. Posséder un domaine (kléros) permettant
de payer son écot, ils avaient l'obligation de participer au banquet des citoyens (Le syssition) quotidiennement, en y
apportant leur cote part de nourriture (ou en la payant). Enfin, pour avoir le statut d’homoioi, les individus devaient
avoir subi et réussi l’agôgê (L'éducation Spartiate du citoyen).
Les Homoioi étaient des guerriers et ne pouvaient être
ni commerçants, ni ouvriers. La perte d'influence de Sparte au IIIe siècle av.J.C. serait liée à cette restriction du nombre
des homoioi, phénomène désigné par les historiens sous le nom d’oliganthropie (Étymologiquement "La disette d'humains".
Ce terme désigne la décroissance démographique extrême d'une population humaine, menaçant cette dernière d'extinction).
Les Périèques
Les
Périèques (En Grec : Perioikoi ou
Περίοικοι / Períoikoi) étaient les habitants libres mais
non citoyens de la Laconie et de la
Messénie. Leur origine est incertaine.
La théorie la plus souvent admise est qu'ils furent les descendants des Laconiens. Cette thèse ancienne fait des Périèques
les anciens Achéens envahis par
les Doriens. C'est là que les
Achéens de la plaine seraient devenus
les Hilotes et ceux des montagnes seraient devenus les. Leur nom
signifie "Ceux qui habitent autour". Ce fut des hommes libres, ils bénéficiaient des droits civils et participaient à
l'administration de leur ville. Ils firent partie de l'État Lacédémonien, mais ne furent pas citoyens Spartiates, ils n'avaient
aucun droit politique à Sparte et étaient soumis à sa suzeraineté. Les Périèques
devaient le service militaire en tant qu'Hoplites dans l'armée de terre, ou en
tant qu'épibates dans l'infanterie de marine. Ils payaient l'impôt à Sparte.
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Autre vue du site - Le théâtre
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Leur territoire, la Perioikis (En Grec :
Περίοικις),
faisait partie à part entière du territoire Spartiate. On ne sait pas comment étaient organisées les cités Périèques. Il
semble qu'elles devaient avoir adopté un système oligarchique. Leurs villes furent décrites comme des cités (poleis) par
Hérodote (Historien Grec, v.484-v.425 -
Livre VII, 234),
Thucydide (Homme politique et historien
Athénien, v.460-v.395 -
Histoire de la guerre du Péloponnèse, Livre V, 54, 1) et
Xénophon (Philosophe, historien et maître
de guerre Grec, v.430-v.355, Helléniques, Livre VI, 5, 21).
Les Périèques avaient le droit de posséder des terres et
faisaient partie de l'armée
civique au même titre que les Homoioi. Ils ne pouvaient être magistrats,
ni même participer à l'assemblée. Leurs activités principales
étaient, le commerce, l'industrie et la culture des terres de la Perioikis. Ils travaillaient aussi pour l'armée,
dans la confection des uniformes et des armes. Dans toutes les circonstances ils resteront fidèles à Sparte, les premières
défections n'auront lieues qu'a l'invasion
Thébaine de 370-369.
Les Hilotes
Les
Hilotes (ou Ilotes, en Grec : Heilôtes ou Εïλωτες / Heílôtes)
étaient les serfs. Le nom vient, selon une partie de la tradition, de la bourgade d'Hélos (Eλος),
située au Sud de Sparte.
Pausanias (Géographe Grec,
v.115-v.180, livre III - Description de la Grèce) déclare : "Ils furent les premiers appelés Hilotes". Le nom serait
donc une simple ethnie. L'explication est peu plausible sur le plan historique et semble impossible sur le plan phonétique.
Certains auteurs ne considèrent pas le mot comme un simple ethnique, mais comme un nom à connotation servile. Il est certain
qu'une partie de l'hilotisme est issu des conquêtes militaires. Ce sera le cas des
Messéniens, réduits à ce rang au VIIIe
siècle av.J.C. Pour ce qui est des premiers Hilotes avant eux, la situation n'est toujours pas de nos jours élucidée. Selon
la tradition, ils seraient les descendants des habitants initiaux,
Achéens, que les Doriens auraient
soumis. Mais tous les
Achéens n'ont pas été réduits à
l'hilotisme. D'autres auteurs antiques proposent des théories alternatives. Selon Antiochos
de Syracuse, les Hilotes sont à l'origine les Lacédémoniens qui n'ont pas participé aux
Guerres de Messénie.
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Autre vue du site
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Pour Éphore de Cumes (Orateur et historien Grec, IVe siècle av.J.C) ce sont des
Périèques de
Hélos, révoltés qui furent réduits à l'esclavage. L'historiographie moderne privilégie la thèse d'Antiochos de Syracuse.
Le statut juridique des Hilotes est lui aussi assez complexe. Ils n'étaient pas libres et ne
possédaient aucun droit politique. Ils
appartenaient à l'État et étaient attachés à un lot de terre ce qui les rapprochaient du
Serf médiéval. Ils avaient un maître,
mais ce dernier ne pouvait ni les affranchir, ni les vendre, ni les maltraiter ou les tuer. Avec ce statut d'esclave
leur seule fonction était de cultiver les kleros de terre des Homoioi,
à qui ils devaient fournir une partie des récoltes (céréales,
vin et huile). On les rencontrait aussi dans l'armée, comme auxiliaires dans l'infanterie légère ou dans la flotte, dans
le rang des rameurs. Avec la diminution du nombre de citoyens, les hilotes suite à leur service comme
hoplites dans
l'armée Lacédémonienne furent affranchis par l'État, on les appela alors Néodamodes. Les Éphores pouvaient les
faire mettre à mort, selon
Thucydide, en 425, 2 000 hilotes auraient
été massacrés en secret. Ce qui est sure c'est qu'ils étaient
particulièrement mal traités par les Spartiates. L'hilotisme se rencontre également dans d'autres sociétés Grecques, comme
la Thessalie,
la Crète, ou encore la Sicile.
Les Éphores
Les
Éphores (En Grec : Ephoroi ou Eφοροι / éphoroi), dont le nom
veut dire "les surveillants", furent un directoire de cinq magistrats annuels, dont ils formaient le
véritable gouvernement. On ne connait pas exactement
la date de leur création, ils existent déjà au VIe siècle av.J.C. Les sources ne s'accordent pas sur ce point. Pour
Hérodote
(Historien Grec, v.484-v.425) et
Xénophon (Philosophe, historien et maître
de guerre Grec, v.430-v.355) c'est une création
de Lycurgue. Pour Aristote (Philosophe
Grec, 384-322), au contraire, l'institution fut créée par le Roi Théopompe (720-675)
des Eurypontides. L'éphorat fut supprimé en 227 par
Cléomène III, puis rétabli par le Roi de
Macédoine
Antigonos III Dôson (229-221) avant d'être définitivement aboli par l'Empereur Romain Hadrien (117-138).
Il y avait cinq éphores, qui étaient élus pour un an parmi les citoyens et ne pouvaient être réélus, ils exécutaient
les décisions de l'assemblée et les décisions étaient prises à la majorité. Ils avaient juré fidélité au Roi mais
étaient chargés de surveiller ses agissements en temps de guerre et vérifier que ce dernier appliquait bien la constitution.
Ils contrôlaient également, les Hilotes, les
Périèques et
les magistrats. Ils représentaient la souveraineté nationale et avaient en charge : La politique étrangère,
dirigeaient la police
et surveillaient les citoyens dont ils exigeaient une parfaite obéissance. Ils pouvaient révoquer des personnes
s'ils les estimaient
incompétentes, quel que soit le poste occupé, ils avaient même le pouvoir de faire emprisonner un Roi. Ils
jugeaient aussi les affaires
de droit civil et pouvaient distribuer des amendes.
La Gérousie ou Gérousia
La
Gérousie (ou Gérousia, en Grec : Gerousia / Gerousía, de γέρων /
gérôn, "le vieillard") est l'équivalent Spartiate du Sénat, ce fut une assemblée aristocratique, par opposition à
celle du peuple. C'était un conseil de 28 hommes âgés de plus de 60 ans, les Gérontes
(γέροντες), élus à vie, par acclamation, présidé par les deux Rois. Les
Gérontes étaient recrutés dans les plus grandes familles. La procédure de recrutement est décrite par
Plutarque
(Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125) dans sa "Vie de Lycurgue". Cette limite d'âge correspond à la fin de l'astreinte du
service militaire.
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Autre vue du site
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Le statut de Géronte était censé être réservé aux hommes les plus dignes.
Une fois élu, le nouveau Géronte, la tête couronnée, visitait les sanctuaires Spartiates, accompagné d'un cortège de
jeunes gens qui célébraient ses mérites. La Gérousie exerçait de grands pouvoirs politiques et judiciaires et constituait
le tribunal suprême. Elle jugeait les crimes graves (Meurtres, procès politiques). En association avec les
Éphores, elle pouvait juger aussi les Rois et départager
des rivaux au cours d'une succession royale.
C'est elle qui dirigeait la politique étrangère et formulait les propositions soumises
à l'assemblée dont elle pouvait casser le vote en usant de son droit de veto. Dans la réalité, l'importance de la
Gérousie est assez exagérée dans les textes des auteurs anciens.
Démosthène (Homme d'État
Athénien, 384-322), Eschine (Homme politique
Athénien, v.390-314),
Pindare (Poète lyrique Grec, 518-438), Platon
(Philosophe Grec, 427-346) etc... insistent sur le pouvoir et l'autorité des
Gérontes, mais leur rôle politique était assez limité. Les textes anciens évoquent rarement la Gérousie et on trouve peu de
traces de son intervention dans le domaine législatif. La politique étrangère étant généralement décidée par les Rois ou les
Éphores, la Gérousie semble donc avoir, un pouvoir assez faible.
L'éducation Spartiate
Sparte était avant tout un état
militariste et l'accent était mis sur l'aptitude militaire presque à la naissance. Selon
Plutarque
(Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125), peu de temps après celle-ci,
la mère de l'enfant le baignait dans le vin pour voir si le nourrisson était fort. S'il survivait, il était porté devant
la Gérousie par son père. Celle-ci décidait ensuite s'il devait
être élevé ou non. S'il était jugé "chétif et difforme", le nouveau-né était considéré comme une bouche inutile et une
charge pour la cité et était jeté dans un gouffre, sur le mont Taygète, appelé par euphémisme : Apothètes
(ou Apothetæ, en Grec : Apothetæ "dépôts"). C'était une forme primitive d'eugénisme
(Amélioration des caractères héréditaires de l'espèce humaine par une intervention délibérée). Il existe des preuves de
ces pratiques sur des enfants non désirés dans d'autres régions de Grèce, notamment
à Athènes. Mais pour Sparte cette
affirmation, étant rapportée par le seul
Plutarque, elle est aujourd'hui remise en doute
par quelques archéologues, qui n'ont trouvé aucun ossement d'enfant à l'endroit indiqué. L'éducation par la suite
était obligatoire, collective et organisée par la cité, elle visait à former des soldats disciplinés, efficaces et attachés
au bien de la cité. De ce fait, l'armée Spartiate était renommée comme la plus puissante du monde Grec. Lorsque les
Spartiates mourraient, seule une pierre tombale était accordée aux soldats qui étaient morts au combat au cours d'une
campagne victorieuse.
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Statuette d'un athlète Spartiate
Musée du Louvre
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Les garçons, l'agôgê
L'éducation
Spartiate ou agôgê (En Grec : ἀγωγή / agōgē) était
accessible aux hommes citoyens de Sparte. Elle présentait les particularités d'être obligatoire, collective et organisée
par la cité. Les garçons jugés robustes, après avoir été élevés par des nourrices commençaient leur formation militaire
à l'âge de sept ans, âge où ils étaient enlevés à leur famille et entraient dans le système agôgê.
L'agôgê était conçue pour encourager la discipline et la résistance physique et souligner l'importance de l'État Spartiate.
Cette forme d'éducation est établie par Lycurgue et ne prendra fin qu'à l'époque Romaine. Cependant elle reste encore mal
connue. La plupart des sources en notre possession sont tardives. Nous savons que l’agôgê a connu au moins une interruption,
imposée par la
Ligue Achéenne au IIe siècle av.J.C.
Il est donc difficile de savoir dans quelle mesure les descriptions Hellénistiques et Romaines
peuvent également s'appliquer à la période archaïque et classique. En plus de l'apprentissage physique et de l'art de la
guerre, où ils apprenaient à manier les armes, à marcher en formation, et surtout à obéir aveuglément aux supérieurs, les
études des garçons portaient sur la lecture, l'écriture, la musique, la danse et le chant. Essentiellement, les élégies
de Tyrtée, qui servaient de chants de marche.
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Lanceur de javelot - 525-500 av.J.C- Temple d'Apollon
Hypertéléatas - Musée du Louvre
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Pendant l'adolescence, on mettait plutôt l'accent sur la pudeur,
la décence. Vers l'âge adulte, on insistait sur l'émulation et la compétition, principalement pour devenir l'un des
Hippeis "cavalier" de la garde royale. Ils vivaient à la dure, le crâne rasé et ils ne percevaient qu'un manteau
(himation) par an et marchaient pieds nus. Bien que les garçons habitaient dans des sortes de "cantines" ils étaient
sous-alimentés afin de les encourager à maîtriser leurs envies de vol de nourriture. Ils dormaient sur une paillasse de
roseaux de l'Eurotas qu'ils avaient travaillé à la main. Des punitions spéciales étaient imposées, si les jeunes gens
n'arrivaient pas à répondre à des questions sur leur éducation.
Divers concours, combats rituels, flagellations au sanctuaire d'Artémis Orthia etc... visaient
à mettre en avant les plus vigoureux et les plus endurants à la douleur. Cette éducation entendait former des soldats
obéissants, efficaces et attachés à la cité, avant leur gloire ou leur bien-être personnel. À l'âge de douze ans, les
garçons Spartiates, toujours dans le cadre de l'agôgê, étaient obligés de prendre un "ancien" comme mentor, généralement
un homme célibataire. Il était prévu pour fonctionner comme une sorte de père de substitution et être un modèle à son
partenaire, mais il a été également mis en avant que certains avaient des relations sexuelles entre eux (La nature exacte
de la pédérastie Spartiate n'est pas entièrement claire).
À l'âge de dix-huit ans, les jeunes garçons Spartiates
devenaient membres de l'armée de réserve.
En quittant l'agôgê après leur 20 ans, ils demeuraient embrigadés et intégraient les groupes de
"Sphareĩs"
(En Grec : Sphareis "joueurs de ballon"). Cet entraînement fit des Spartiates
les soldats les plus redoutés de toute la Grèce classique.
Après quoi certains étaient envoyés dans la nature avec seulement un couteau et étaient forcés de survivre grâce à leurs
seules compétences et leur ruse. Cette autre formation était appelée la Krypteia. Les hommes Spartiates étaient tenus de
se marier à l'âge de 30 ans, après avoir achevé la Krypteia.
Plutarque rapporte les coutumes associées
à la nuit de noces.
Les filles
Nous avons moins
d'informations concernant l'éducation des jeunes filles Spartiates, mais elles
semblent avoir fait l'objet d'un assez vaste cycle d'éducation formelle, largement semblable à celui des garçons, mais avec
bien sur moins d'accent sur la formation militaire. À cet égard, la Sparte classique est unique dans la Grèce antique. Dans
aucune autre cité-État les femmes recevaient une éducation formelle. Cette éducation
fut instituée à l'époque archaïque et elle se poursuivit à l'époque classique. Elle fut interrompue à l'époque Hellénistique et reprit probablement à l'époque
Romaine. L'objectif était de faire des femmes Spartiates des mères capables de produire des enfants (surtout des mâles),
sains et vigoureux, futurs soldats ou futures mères. L'éducation était dispensée à toutes les filles.
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Ruines d'un mur de la cité
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Contrairement aux garçons, elles restaient dans le foyer familial et
disposaient donc d'une forme
de loisirs et de vie privée. Les jeunes filles consacraient leur apprentissage, probablement auprès de leur mère et d'autres
femmes de leur famille, à la danse à la musique. Des figurines votives montrent des femmes jouant d'un instrument à vent,
à cordes ou des percussions, et la poésie et le chant étaient appris en même temps. À l'époque archaïque, Sparte fit également
venir des poètes, comme Alcman (Poète lyrique Grec), chargés d'apprendre aux jeunes filles à prendre part aux chœurs.
À l'époque classique, on connaît quelques exemples de femmes sachant lire et écrire.
Hérodote
nous indique que c'est le cas de la fille du Roi
Cléomène I (520-490), Gorgô qui était la femme de son
frère Léonidas (490-480).
Il raconte que lorsque le Roi
Démarate (515-491) était en exil auprès du Roi
Perse
Xerxès I(485-465), il voulut
prévenir les Grecs de la menace qui pesait sur eux, il envoya un message secret à Sparte, sous la forme d'une tablette de
cire. Gorgô eut l'idée de faire gratter la cire, révélant ainsi le véritable message gravé sur le bois. D'après d'autres
écrits il semble que les femmes spartiates en général savaient effectivement lire.
Plutarque
(Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125) cite également des lettres
envoyées par des mères Spartiates à leurs enfants soldats. Même si le contenu édifiant de ces missives peut sembler
douteux, il paraît raisonnable que mères et fils correspondaient par lettres pendant les conflits. On connaît deux
poétesses Spartiates, toutes les deux de l'époque archaïque : Mégalostrata, citée par Alcman et Clitagora, mentionnée
par Aristophane (Poète comique Grec, v.450-v.385) et Cratinos (Poète Grec, v.520-423). À l'époque classique, Chilonis,
fille de Chilon, l'un des
Sept Sages, fit partie des disciples de Pythagore (Mathématicien et Philosophe Grec, v.580-v.497)
et Jamblique (Philosophe néo-platonicien, 242-325) mentionne 17 ou 18 pythagoriciennes Spartiates. Par le fait de leurs
connaissances les femmes jouissaient d'un statut, d'un certain pouvoir et du respect, ce qui était inconnu dans le reste du
monde classique. Elles contrôlaient leurs propres propriétés, ainsi que les propriétés des hommes de la famille lorsqu'ils
étaient éloignés par l'armée. Il est estimé que les femmes étaient les seules propriétaires d'au moins 35% de toutes les
terres et des biens de Sparte. Les lois concernant le divorce étaient les mêmes pour les hommes et les femmes. Contrairement
aux femmes, à Athènes, si une femme n'avait pas de frère
elle devenait l'héritière de son père.
L'armée
La force militaire de Sparte
a fait de la ville l'une des principales cité-États de la Grèce.
L'armée était au centre de l'État, dont l'obligation première des citoyens était d'être de bons soldats. Tous les citoyens
en âge de porter les armes devenaient des hoplites
(L'infanterie lourde des cités) à temps plein. Seule capable de mener à
bien des manœuvres complexes sur le terrain, elle apparaît aux Grecs comme un modèle d'efficacité et de discipline. Grâce
à leur formation dès la petite enfance, les Spartiates faisaient de leur armée l'une des plus disciplinées et la mieux
entraînée. Ils étaient craints des forces militaires de tout le monde antique. À l'apogée de la cité, du VIe au IVe siècle
av.J.C, il était communément admis qu'un Spartiate avait la valeur de plusieurs hommes d'un autre État.
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Dessin de Peter Connoly -
Greece and Rome at War - London, 1981, p. 22
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Plutarque (Philosophe,
biographe et moraliste Grec, 46-v.125) écrit que la seule réputation
des hoplites spartiates : "Frappait d'effroi leurs adversaires qui,
même avec des forces égales, ne se croyaient pas capables de lutter sur un pied d'égalité contre l'armée Spartiates".
Les citoyens Spartiates, les Homoioi, furent le noyau de l'armée,
bien qu'au cours du Ve siècle, les
Hilotes, qui normalement appartenait à la classe de serfs utilisés
à cultiver les kleros Spartiates, furent enrôlés comme soldats dans des escarmouches. Ils participèrent même à l'Assemblée
(Apella), ce qui est étrange car ils étaient censés être des soldats et rien d'autre, interdit d'apprendre ou
d'exercer tout commerce.
L'origine
Notre source
principale pour l'organisation de l'Armée et les tactiques qu'elle utilisait est
Xénophon (Philosophe, historien et
maître de guerre Grec, v.430-v.355), qui admirait les Spartiates et dont la "Constitution
de Sparte" offre un aperçu détaillé de l'État et la société Spartiate au début du IVe siècle av.J.C. D'autres auteurs,
notamment Thucydide (Homme politique et
historien Athénien, v.460-v.395), vont nous fournir également des informations, mais
elles ne sont pas toujours aussi fiables que celles de
Xénophon. De ces écrits, il en ressort
qu'en fait on sait peu de choses de l'ancienne organisation. Il y a encore aujourd'hui beaucoup de spéculations.
Les premières formes d'organisation sociale et militaire (au VIIe siècle) semble avoir été les trois tribus : Hylleis,
Dymanes et Pamphyloi qui apparaissent lors de la
Deuxième Guerre de Messénie
(670-657 ou v.650-620). Une autre subdivision fut la fraternité (phratra). Finalement, ce
système fut remplacé par cinq divisions territoriales, l'obai "villages", qui fournissait un contingent de 1 000 hommes
chacune. Cette organisation sera encore utilisée au cours des
Guerres Médiques (499-490 et 480-479).
Composition et tactiques
Sur
le champ de bataille, les hoplites
étaient donc groupés par sections, les énomoties, qui
comptaient normalement un représentant de chaque classe mobilisée. Elles se déployaient par ordre d'âge croissant, les jeunes
se trouvant au premier rang. Les changements dans l'organisation qui eurent lieu entre les
Guerres Médiques contre les
Perses et la
Guerre du Péloponnèse (431-404)
ne sont pas documentées, mais, selon
Thucydide, qui décrivit de manière détaillée
la composition de l'armée, à la bataille de Mantinée en 418 av.J.C :
"Il y avait au combat .... 7 lochoi (ou loches ou lochos [bataillons]) subdivisés en 4 pentēkostys (ou pentécostyes
[compagnie]) composées chacune de 4 groupes, les enōmotiai (ou énomoties) de 32 hommes, soit un total de 3584 hommes.
Pour chaque groupe, quatre hommes combattaient au premier rang. En ce qui concerne la profondeur, ils n'étaient pas
tous rangés de la même manière, cela dépendait de chaque chef de bataillon, mais, en règle générale, ils se mirent sur
huit rangs".
À la fin de la
Guerres du Péloponnèse, la structure évolua,
à la fois pour remédier à la pénurie de main-d'œuvre et pour créer un système plus souple qui permettait d'envoyer des
petits détachements sur la campagne ou en garnisons en dehors de leur patrie. Pour
Xénophon qui, tout comme
Thucydide, était un officier combattant,
à cette époque, il n'y avait que 2 enōmotiai (ou énomoties) mais de 36 hommes, pour 1 pentēkostys (ou pentécostyes)
et 2 pentēkostys pour 1 lochoi (ou loches ou lochos), et 4 lochoi pour un mora (ou more) "régiment" soit 576 hommes
qui était commandé par un Polémarque et 6 moras formaient une armée en campagne, à laquelle s'ajoutaient les Skiritai
(Habitant de la Skiritide) et les contingents d'États alliés.
Au combat les Rois étaient accompagnées par un groupe de 300 hommes de la garde royale, qui
étaient appelés hippeis "cavaliers". En dépit de leur titre, les Rois
étaient comme tous les hoplites dans l'infanterie
Spartiates. En effet, les Spartiates ne vont pas utiliser de cavalerie jusqu'à la fin de la
Guerres du Péloponnèse où de
petites unités de 60 cavaliers vont être attachées à chaque mora. L'hippeis appartenait à la première mora et l'élite de
l'armée Spartiate, déployée sur le côté droit de la ligne de bataille. Les hippeis étaient sélectionnés chaque année par
un fonctionnaire spécialement accrédité, l'hippagretai, parmi les hommes qui avaient plusieurs fils, de sorte que sa lignée
se poursuivait.
Ce fut des hippeis qui accompagnèrent le Roi
Leonidas (490-480) dans son célèbre dernier combat
de la Bataille des Thermopyles.
Comme les autres États Grecs, l'infanterie de l'armée Spartiate, avait une tactique dans la
lutte basée sur la formation en phalange. Les Spartiates eux-mêmes n'ont pas introduit de changements importants ou
d'innovations en matière de tactique guerrière, mais leur constante ténacité et la discipline leurs ont permis de faire de
superbes phalanges beaucoup plus cohérentes et efficaces. Les Spartiates employaient la phalange dans le style classique,
en une seule ligne, de manière uniforme avec une profondeur de 8 à 12 hommes.
Vêtements et armement
Les Spartiates
utilisaient le même type d'équipement pour leurs hoplites que leurs
autres voisins Grec : Bouclier rond, casque souvent représenté portant une crête transversale de crin, cuirasse, lance, xiphos
(Courte épée de 30 cm environ servant d'arme secondaire) et cnémides (Éléments de protection des tibias). Les seules
caractéristiques distinctives Spartiates étaient leurs tuniques (chiton) et manteau court de couleur pourpre (himation).
Les cheveux longs, que les Spartiates conservaient étaient commun à la plupart des Grecs. Pour les Spartiates cela
représentait le symbole d'un homme libre. Une autre caractéristique très connue des hoplites Spartiates était le symbole,
adopté en 420 av.J.C, la lettre lambda (Λ), peinte sur le bouclier, pour Laconie ou Lacédémone. Il semble que chaque cité
avait adopté son propre signe.
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Reconstitution d'une phalange Spartiate
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Il est souvent contesté, par quelques spécialistes, une armure de torse qu'auraient portée
les Spartiates au cours des
Guerres Médiques contre les
Perses.
Cependant cela semble très probable, qu'ils utilisaient
des cuirasses de bronze sculptées du type linothorax. Au cours de la fin du Ve siècle av.J.C, quand la guerre est devenue
plus souple et à grande échelle et que les affrontements de phalanges sont devenus rares, les Grecs ont abandonné la plupart
des formes d'armure. Le Lacédémoniens a adopté une nouvelle tunique, l'exōmis, qui était aménagée de telle façon
que les bras à la hauteur de l'épaule soient plus libres d'action dans le combat. Les Spartiates ont conservé la phalange
hoplite traditionnelle jusqu'aux réformes de
Cléomènes III (235-222) lorsqu'il a rééquipé l'armée
avec la sarisse
Macédonienne et reformé la phalange dans le même style.
La Marine
Les
Les Spartiates ont été une armée de terre par excellence. Au cours des
Guerres Médiques contre
les Perses, ils ont toutefois constitué
une petite marine de 20 trirèmes, mais ils se reposaient pour la guerre navale en
grande partie sur leurs alliés, principalement les
Corinthiens. Ce fait signifie que,
lorsqu'éclata la
Guerre du Péloponnèse
(431-404), les Spartiates eurent de suite la suprématie sur terre, alors que les
Athéniens avaient la maitrise des mers.
Les Spartiates ravagèrent l'Attique, mais les
Athéniens réussirent à se maintenir grâce aux
ravitaillements par la mer et purent pratiquer leurs propres raids autour du Péloponnèse avec leur marine.
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Trirème - Mosaïque au Musée du Bardo - Tunis
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Ces faits poussèrent Sparte à la création, avec
l'or
Perse, d'une marine de guerre afin de
contenir Athènes. Le Spartiate
Lysandre en fut
nommé Navarque (Commandant). Il écrasa la flotte
Athénienne à Aigos
Potamos en septembre 405. La même année le Roi
Agis II (426-398) mit le siège devant
Athènes. La prédominance
de cette cité
en mer Égée fut rompue. La suprématie Spartiate sur mer fut cependant de courte durée et ne survécu à la
Guerre de Corinthe.
En 394 une bataille à Cnide, sur les côtes de
Carie au bord du golf
Céramique, opposa les flottes
Perse et Spartiate. Ces derniers furent battus et perdirent 50 navires marquant la fin de la brève suprématie navale.
Le coup de grâce fut donné 20 ans plus tard, lors de la bataille de Naxos en 376. Une petite flotte sera mise sur
pieds périodiquement par la suite, mais son efficacité restera limitée, la dernière renaissance de la puissance navale
Spartiate se fera sous le
Tyran Nabis (207-192) qui, avec l'aide de ses alliés Crétois
créera une flotte pour contrôler les côtes de Laconie.
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Buste d'un hoplite casqué -
Musée archéologique de Sparte.
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Les hoplites
L'hoplite
(En Grec : Hoplitês ou Oπλίτης / hoplítês,
hóplon "arme") est un soldat lourdement armé, par opposition au gymnète qui est un fantassin léger.
Les hoplites constituent l'infanterie lourde des cités Grecques antiques. Ils combattaient en phalange, formation qui
se répandit dans toute la Grèce, probablement de 700 à 650. Cette datation traditionnelle se fonde sur un passage de
"la Politique" d'Aristote (Philosophe
Grec, 384-322) évoquant le remplacement des combattants à cheval par la phalange hoplitique. Ce qui est certain c'est
que des évolutions ont eu lieu à cette époque dans l'armement. La cuirasse a été modifiée, le bouclier s'est vu adjoindre
une seconde courroie, permettant une meilleure prise.
On assiste aussi à l'incorporation de non nobles dans les hoplites et l'entraînement régulier
requis pour pouvoir effectuer des manœuvres en formation donne à la classe moyenne un sens de cohésion qui eut d'importantes
conséquences politiques : Les Hippeis (cavaliers) de la garde royale vont perdre leur prestige et les hoplites vont réclamer
un rôle plus grand dans le gouvernement. Puisque cette classe sociale participera à la défense de la cité, elle aura
logiquement la parole lorsqu'il s'agira de partir en guerre. Les hoplites accèdent également à d'autres domaines de la vie
politique dans les cités démocratiques.
L'équipement des hoplites, qui avoisine les 35 kg, comprenait : Bouclier rond, casque souvent
représenté portant une crête transversale de crin, cuirasse qui se répandit jusqu'en Étrurie et à Rome vers la fin du VIIe
siècle, lance, xiphos (Courte épée de 30 cm environ servant d'arme secondaire) et cnémides (Éléments de protection des
tibias). Presque tous les hommes célèbres de la Grèce antique, dont les philosophes et les dramaturges, ont combattu comme
hoplites. Les plus connus sont les hoplites Spartiates, qui ont été formés au combat et à l'art de la guerre dès l'enfance.
Cette formation ajoutée à une très grande discipline ont donné aux hoplites Spartiates une incontestable suprématie pendant
des siècles.
Bibliographie
Pour d'autres détails sur la ville
voir les ouvrages de :
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- Probouleusis, Sparta's contribution to the technique of government, Clarendon Press, Oxford, 1954.
Nicolaos Birgalias et Claude Mossé :
- L'odyssée de l'éducation spartiate, Historical publ. St D. Basilopoulos, Athènes, 1999.
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- Glōssikē agōgē,Vivliopōleio Kērēthres, Trikala, 1991.
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- Les institutions sociales et le droit civil à Sparte, A. Durand, Paris, 1880.
- Les Institutions de Sparte, J. Lefort, Lille, 1886.
Marie Claire Amouretti et François Ruzé :
- Le monde Grec antique, Hachette université, Paris, 1978.
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- Le IVe siècle Grec jusqu’à la mort d'Alexandre, Nouvelle histoire de
l'Antiquité, vol. 3, Seuil, Paris, 1996.
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- Les Laconiens et la Méditerranée à l'époque archaïque, Centre Jean Bérard, Naples, 2009.
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- Neugründer des Staates : Ein Beitrag zur Geschichte Spartas und Athens im VI. Jahrhundert,
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- Das Erziehungssystem im alten Sparta : Die Agoge,Grin Verlag GmbH, München, 2008.
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- La représentation spartiate de la royauté, pp. 3–52, Revue de l'histoire des religions 189, 1976.
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- Ancient Sparta : a re-examination of the evidence, University Press, Manchester, 1999.
Voir la bibliographie de Sparte sur son histoire :
L'histoire de Sparte |