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Béotienne en costume traditionnel
v.450-400 av.J.C Musée du Louvre
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Thèbes (ou Theben, en Grec
ancien : Thêbai ou
Θῆϐαι Thễbai, pluriel) fut la principale cité de Béotie.
Elle aurait été fondée selon la légende par Cadmos (d'où
son autre nom de Cadmée). Dans les faits, la cité est d'origine
Mycénienne.
Pourvue d’une forteresse, bien située au carrefour principal de la Béotie, elle parvient à
présider la Ligue Béotienne.
Son régime politique est une oligarchique. Ennemie
d’Athènes, elle s’allie aux
Perses lors des
Guerres Médiques.
En 382, les
Spartiates appuient
un coup d'Etat à Thèbes et y laissent une garnison pour soutenir le nouveau
Tyran. En 379/378, les exilés Thébains dirigés par Pélopidas libèrent leur
cité. Les ambitions de Thèbes incitent
Athènes et
Sparte à s'allier. Mais
l'armée Thébaine, dirigée par
Épaminondas (418-362), remporte une brillante victoire sur
Sparte, à
Leuctres, le 06 juillet 371. Dès lors, Thèbes devient la nouvelle puissance de la Grèce.
Elle est continuellement en lutte pour s'assurer le contrôle de la
Ligue Béotienne.
Thèbes envoie des armées en
Thessalie, elle arbitre des querelles de trône en
Macédoine. En
362, Athènes et
Sparte
sont de nouveau vaincues par les Thébains à la bataille de Mantinée. Mais dans
celle-ci, Épaminondas
et deux de ses meilleurs généraux sont tués. Cette hégémonie va être de courte durée. La
supériorité militaire de Thèbes reposant essentiellement sur
Épaminondas, après
sa mort, la ville est stoppée dans son ascension. En 335, le Roi de
Macédoine
Alexandre le Grand (336-323), écrase la ville. Sa victoire sanglante étouffe les idées de
révolte des autres cités Grecques qui lui font allégeance.
L'histoire.......
L'Histoire
de la cité sera moins importance dans l'histoire Grecque que celle
d’Athènes et
Sparte,
mais sa réputation mythologique est inégalée. Sophocle (Auteur Grec, 495-406) la décrit comme "La seule
cité où des mortelles donnent naissance à des Dieux". La Région de Béotie a eu
pour premiers habitants, dont le nom soit connu, les Aones et les Hyantes et
forme d'abord avec l'Attique une seule et même contrée. Toutes les deux étaient
réunies sous le nom commun d'Ogygie (ou domaine d'Ogygès). L'Odyssée désigne
comme fondateurs les jumeaux Amphion et Zéthus (ou Zéthos, les fils de Jupiter et d'Antiope)
constructeurs de l'enceinte, qui régnèrent successivement.
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Œdipe
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Zéthos épousa Thébé (Qui donna son
nom à la ville) tandis qu'Amphion se maria à Niobé (Fille de Tantale).
Selon une autre légende, la cité de Thèbes aurait été fondée par Cadmos (D'où son autre nom de Cadmée),
fils d'Agénor (Roi de
Tyr). Cadmos était le chef d'une colonie
Phénicienne. Celui-ci, parti à la recherche de sa sœur Europe,
enlevée par Zeus. Il traversa de nombreuses contrées inconnues et finit par arriver à
Delphes. La pythie lui dit de suivre
la génisse qu'il trouvera dans une prairie isolée et de fonder une ville où elle s'arrêtera.
Suivant les conseils de l'oracle, Cadmos et ses compagnons suivirent la vache et
lorsque celle-ci s'arrêta, Cadmos après avoir battu et tué un dragon qui avait
massacré ses compagnons, fonda la ville de Thèbes et en devient le Roi.
Les mythes les plus courants disent que Cadmos eut un fils,
Polydoros et quatre filles dont : Sémélé qui eut un enfant avec Zeus, le Dieu Dionysos et Agavé qui
eut pour fils Penthée, qui succéda à Cadmos de son vivant. Mais Penthée s’opposa au culte de Dionysos
et fut massacré par les Bacchantes, menées par sa mère. Cadmos laissa alors le trône à Polydoros.
Ce dernier eut pour fils Labdacos (ou Labdacus), auquel succéda son fils Laïos
(ou Laius), qui fut lui-même le père d'Œdipe qui lui succéda. Œdipe aurait délivré la
cité de l'oppression du Sphinx, après avoir tué accidentellement Laïos, sans
qu'il sache qu'il était son père.
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Cadmos - Musée du Louvre
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Il obtint en récompense la main de la Reine
Jocaste, sa mère. À cause de cette double offense : Inceste et parricide, Thèbes
aurait été maudite, frappée par une terrible épidémie de peste, qui n'aurait
disparu qu'après le départ d'Œdipe. La rivalité entre les fils d'Œdipe : Etéocle et Polynice,
amena le siège de la ville par la coalition dite "des sept chefs" (L'Iliade),
auquel Mycènes et
Argos auraient
participé. Après le duel où périrent les deux frères, l'attaque fut repoussée et six des
sept chefs assiégeants moururent. Quatorze ans plus tard, leurs fils, les Épigones, recommencèrent
l'expédition. Ils défirent les Cadméens qui évacuèrent la ville et de se retirèrent en
Illyrie. Les Épigones
installèrent alors sur le trône de Thèbes, Thersandros (ou Thersandre), fils de Polynice
(IV, 406-409). Celui-ci, aurait périt dans la guerre de Troie, mais Thèbes ne figure pas dans
la liste des cités ayant combattu contre Troie (cf. le Catalogue des vaisseaux, chant II de l'Iliade).
Son fils Tisamenos lui succéda.
Passé la légende, en faits, la cité est d'origine
Mycénienne. Elle aurait été fondée par Ogygos,
premier Roi de Béotie. Les Béotiens voyaient en lui le créateur de l'humanité.
Elle était l'un des centres palatiaux de la Grèce
Mycénienne et probablement la capitale d'un royaume
important. L'histoire véritable de Thèbes demeure obscure jusqu'à l'époque où le
Corinthien Philolaos lui aurait donné sa constitution, vers 720. Cette
constitution est oligarchique et le demeura longtemps. Après une phase de déclin
au cours des
âges sombres, la ville ré émerge au VIe siècle. Elle affirme sa
prépondérance sur les autres cités et prend la tête de la
Ligue Béotienne (ou Confédération
Béotienne), mais elle ne sera jamais assez forte pour les unir en un seul état
dont elle aurait été la cité dominante.
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Aryballe (Récipient) en forme
de Hérisson v.550 av.J.C. Musée du Louvre
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La ville, lors de la
Deuxième Guerre Médique (480-479), choisit par haine envers
Athènes de s'allier avec les
Perses. Elle offre même
refuge au
Satrape Mardonios avant la bataille de Platées. En 480/479, le soutien aux
Perses lui fait perdre
sa prépondérance au sein de la
Ligue Béotienne et cet effacement durera jusqu'en 446.
En 431, Thèbes s'empare de Platées, alliée d'Athènes
et précipite de ce fait le déclenchement de la
Guerre du Péloponnèse (431-404).
Au début de l'hiver 424, la victoire Thébaine de Délion (Frontière avec l'Attique) empêche les
Athéniens de pénétrer en Béotie. Thèbes joue un
rôle majeur durant la Guerre et
contribue, en 404, à la chute d'Athènes. Elle
est parmi les cités poussant à la destruction totale de la ville. La
Guerre du Péloponnèse est suivie d'une période de rivalité entre Thèbes et
Sparte pour la suprématie de la Grèce.
En 382, les Spartiates appuient un coup
d'État dans la ville et ils y laissent une garnison pour soutenir le nouveau Tyran mis en place.
En 379/378, Pélopidas (ou Pélopides)
et Épaminondas (ou Epameinốndas, en Grec :
Epameinôndas, 418-362, né en l'an 418 ou 411) à la tête des exilés
Thébains et avec l'aide d'Athènes,
libèrent leur cité et chasse les
Lacédémoniens qui s'étaient emparés de la ville par trahison. Épaminondas
est un Général et un homme politique qui s'était d'abord appliqué à
l'étude des lettres et de la philosophie. Il se lie dès sa jeunesse avec le chef
du parti populaire Thébain, Pélopidas. Après avoir repris le pouvoir à Thèbes il
devient rapidement Béotarque (Magistrat de la Ligue Béotienne).
Ces succès vont être en grande partie dus à son génie militaire. Il
réorganise l’armée, la phalange Béotienne, par l'introduction d'un corps d'élite
permanent de 300 hommes "Le Bataillon sacré", qui selon
Plutarque
(Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125) est composé entièrement de couples d'amants.
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Epaminondas
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Grâce à lui Thèbes va reprendre son hégémonie. Il ne va pas hésiter
pas à affronter Sparte
à plusieurs reprises. En 375, il est vainqueur des
Lacédémoniens à Tégyres et
Orchomène.
En 371, Sparte
propose une paix commune. Thèbes accepte la paix si
Athènes et
Sparte
reconnaissent l'hégémonie de Thèbes sur la Béotie. Le Roi de
Sparte
Agésilas II (398-360)
refuse, exige que Thèbes reconnaisse l'indépendance de la Béotie et se lancent dans une grande invasion
de la région, menée par l'autre Roi de Sparte
Cléombrotos I (ou léombrote,
380-371).
Épaminondas parvient à convaincre ses
collègues de livrer bataille malgré leur infériorité numérique. Cette même année
371, à Leuctres, le 06 juillet, avec ses 7 000 hommes, Épaminondas détruit l'armée
de 10 000 Spartiates de
Cléombrotos I, qui
trouvera la mort dans la bataille. Il mène alors une offensive contre la ville de
Sparte elle-même, qui doit enrôler de nombreux
Hilotes pour repousser
l'agresseur. La bataille de Leuctres commence par un combat de cavalerie où
les Thébains prennent le dessus. Épaminondas, range ses meilleures troupes à
l'aile gauche (Placée normalement à l'aile droite) de la phalange Thébaine sur
une profondeur de 80 hommes (Contre 12 côté
Spartiate). Cette phalange se
comporte comme l'éperon d'un navire et vient enfoncer les lignes
Spartiates sur son aile droite. Les
Lacédémoniens perdent 1 000 hommes et
400 des 700 hoplites
Spartiates engagés sont tués.
Après cette défaite, la puissante de Sparte
est définitivement anéantie. À la fin de 370, malgré l'hiver, il s'allie aux cités
de Grèce centrale, les Phocidiens, les Acarnaniens et les Eubéens et lance une grande offensive contre le Péloponnèse.
Il envahit et pille la Laconie, libère les
Hilotes de
Messénie et fonde une
cité autour de l'Ithômé, forteresse historique des
Guerres de Messénie,
opposant ainsi une barrière aux ambitions de
Sparte.
La nouvelle ville, Messène, considère le Thébain comme son œciste (fondateur).
Il manque cependant d'être condamné à mort par ses compatriotes pour avoir
dépassé de quatre mois la durée de son commandement. Mais il est rapidement
replacé à la tète des armées Thébaines et obtient en plus plusieurs avantages. Épaminondas
impose à toute la Grèce la prépondérance de Thèbes. Cette supériorité, Thèbes
l'acquiert aussi en étendant son autorité vers le Nord, où Pélopidas se tourne vers la
Thessalie,
sous le joug des Tyrans successeurs de
Jason, en assujettissant une partie de la région.
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Sculpture du XIXe siècle de
David d'Angers représentant la mort d'Épaminondas.
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À l'hiver 370/369, Epaminondas se tourne, lui, vers l'isthme de
Corinthe dans le but d'assurer
les communications entre Thèbes et ses alliés du Péloponnèse. Cependant il échoue devant
Corinthe, restée fidèle à
Sparte
et défendue par l'Athénien
Chabrias. À partir de cette époque Thèbes sera continuellement en lutte pour s'assurer le contrôle de la
Ligue Béotienne. Les ambitions de
la cité incitent Athènes et
Sparte à s'allier en signant un traité auquel
Thèbes réplique par l'envoi de garnison dans les deux cités.
Athènes et
Sparte envoient alors leurs ambassadeurs plaider
leur cause auprès du Roi
Perse, mais celui-ci, en 367, donne raison aux Thébains et impose une nouvelle paix qui consacre l'indépendance
de la Messénie, jusque là
possession Spartiate. Thèbes intervient dans
le Péloponnèse, aide les Arcadiens à s'organiser et envoie aussi des armées en
Thessalie, enfin elle arbitre
les querelles de succession en Macédoine.
C'est à cette époque (368) que le futur Roi de
Macédoine,
Philippe II (359-336),
alors qu'il n'avait que quatorze ans, est envoyé comme otage à Thèbes et éduqué sous la direction d'Épaminondas.
Sur mer, Épaminondas cherche à établir son hégémonie contre
Athènes.
Il fait voter par l'Assemblée la construction d'une nouvelle flotte de cent
trières, qui seront terminées en 364. La
Ligue Thébaine parvient à attirer des cités maritimes
comme Byzance,
Chios et Rhodes et ainsi former une flotte
capable de rivaliser avec
Athènes.
Cette suprématie va être de courte durée.
Thèbes commet la même erreur
qu'Athènes
et Sparte
avaient commise avant elle : Son armée va s'épuiser par des interventions
permanentes et elle se rend antipathique aux autres cités par son
"impérialisme". En 364, les Arcadiens, envahissent l'Élide et volent le trésor
sacré d'Olympie. Mantinée, adversaire de Thèbes, proteste et obtient gain de
cause auprès de l'assemblée des Dix-Mille, qui régit l'Arcadie. Épaminondas part
alors pour mettre au pas Mantinée. Celle-ci fait appel à
Athènes et
Sparte, qui
envoient une armée commandée par Agésilas. La guerre est dès lors inévitable.
En 362, les deux villes sont de nouveau battues
par les Thébains à la bataille de Mantinée, mais dans cette dernière,
Épaminondas et deux de ses meilleurs généraux sont tués. Blessé à mort, Épaminondas
aurait dit : "J'ai assez vécu, puisque je meurs sans avoir
été vaincu, mais Je laisse deux filles immortelles, Leuctres et Mantinée".
Cornelius Nepos (Écrivain Latin du Ier siècle av.J.C) a écrit sa Vie. Il lui rend hommage en
disant "qu'avant sa naissance et après sa mort, Thèbes est toujours dominée par une
puissance étrangère, mais que pendant qu'il est au pouvoir, la cité s'est retrouvée à la
tête de la Grèce".
Thèbes ne saura pas exploiter le succès de Mantinée. La supériorité
militaire de la ville reposant essentiellement sur
Épaminondas, après sa mort, la
ville est stoppée dans son ascension. Consciente de sa faiblesse, la cité sert en Grèce, les ambitions
du Roi de Macédoine,
Philippe II. Elle lui demande
d'intervenir dans la Guerre Sacrée qui oppose
l'Amphictyonie (Confédération religieuse) de
Delphes aux Phocidiens, mais lorsque
Philippe II,
en 338, attaque Athènes, les Thébains
s'allient aux Athéniens. Malgré cette
association, fin août 338, les deux villes vont être battues à Chéronée (Cité de Béotie, entre la Phocide
et l'Attique) et Philippe II va
dissoudre la Ligue Béotienne.
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Monnaie de la Confédération Béotienne v.350 av.J.C
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Il laisse alors une garnison
Macédonienne dans la Cadmée
(Citadelle de Thèbes). En 335, les Thébains se révoltent, le Roi de
Macédoine
Alexandre le Grand (336-323)
les écrase en cinq jours et s'empare de Thèbes. Il massacre 6 000 hommes et en prend 30 000 qui sont vendus
comme esclaves. À la demande de la
Ligue de Corinthe
qu'Alexandre présidait, la
ville est rasée. En 317, le
Régent de Macédoine,
Cassandre (Roi 301-297) la
reconstruit avec l'aide de nombreuses cités Grecques qui apportent leur
contribution, il y rappelle les survivants du massacre. La ville redevient
prospère, mais sa puissance politique est rompue. Au milieu de ses jardins, elle
avait dix-sept kilomètres de murs et de tours. Ces remparts sont abattus, en 146,
par le Romain Mummius. Plus tard Sylla (ou Lucius Cornelius Sulla, Général et
homme politique Romain, 138-78) lui ôte la moitié de son territoire pour le
consacrer aux Dieux. Au déclin de l'Empire Romain, Thèbes redeviendra prospère.
La Ligue Béotienne
ou Confédération Béotienne
La confédération
(Le koînon Béotien), dont le siège était à
Thèbes, était divisée en onze circonscriptions (ou districts) : Les cités
d'Orchomène,
de Platées, de Thèbes et de Thespies en ayant chacune deux.
Lorsque Platées rejoindra la
Ligue de Délos (ou Confédération Athénienne,
477-404), la suprématie de Thèbes sera encore renforcée
puisqu'elle se verra octroyer deux circonscriptions supplémentaires. La citoyenneté y est définie en
fonction de la richesse. On compte 11 000 citoyens actifs. Chaque circonscription délègue au conseil fédéral 60
membres (ou conseillers) et un magistrat fédéral, le Béotarque (ou boiôtárkhês,
en Grec : boiôtarkhês "le commandement" ),
élu pour un an. Les Béotarques forment un collège de onze Magistrats, élus donc chacun par un
district de la Confédération. Ils exercent le pouvoir exécutif et assument le commandement de l'armée fédérale.
Ils représentent également la Béotie dans les relations entre cités, reçoivent et envoient des
ambassadeurs. Le conseil fédéral décide de
la politique étrangère, du montant (Eisphorai) à verser au
trésor fédéral. Il possède une cour de justice et une monnaie fédérale que seule
Thèbes est habilitée à frapper.
Tout en conservant leur indépendance, les cités de
la Ligue partagent une armée de conscription, commandée par les Béotarques.
L'effectif des armées est fixé à 1 000
hoplites et 100 cavaliers par circonscription.
Dès le Ve siècle, les Béotiens constituent une infanterie puissante de 11 000 hommes. Auquel il
faut ajouter un corps d'élite de soldats Béotiens. Leur puissance vient de leur cavalerie, qui compte 1
100 cavaliers dirigés par un Béotarques qu'il faut distinguer des commandants locaux.
L'histoire.......
La Ligue
Béotienne ou Confédération Béotienne est une fédération des cités Grecques de Béotie. Elle
nous est attestée grâce à un papyrus qui nous fait connaître l'essentiel de cette organisation.
Thèbes va y occuper une position
prépondérante et va mettre en place un système où les charges sont réparties
entre les différentes cités de la confédération. Elle est fondée à la fin du
VIIe siècle. La Ligue regroupe autour de
Thèbes quatorze Cités-États dont :
Achraiphia, Chéronée, Copai, Coronée, Haliarte, Labadée,
Orchomène, Platées, Tanagra et Thespies. Dès sa fondation, la Ligue entretient des relations conflictuelles
avec Athènes.
Elle est dissoute à la fin de la
Deuxième Guerre Médique
(480-479) après la bataille de Platées (479), perdue par les
Thébains, du fait de leur alliance avec les
Perses.
Sparte propose alors d'exclure
aussi les Béotiens de l'Amphictyonie dont Thèbes
assurait la gestion depuis 447. Puis Sparte
change d'opinion et contribue à la renaissance de la ligue, pour faire face à la menace
Athénienne, mais elle est une nouvelle
fois dissoute, en 457, par Athènes à la
suite de la bataille d'Œnophyta.
Après dix ans de soumission à
Athènes, la Béotie restaure la Ligue grâce à sa
victoire à Coronée (447). Au cours de la
Guerre du Péloponnèse
(431-404) la Ligue combat
Athènes aux côtés de
Sparte en fournissant notamment 25 trières aux
Spartiates.
Elle inflige à Athènes une défaite à Délium en 424.
À la fin de ce conflit, leur flotte compte 50 trières et est dirigée par un Avarque. Celle-ci, ajoutées à l'armée
de terre considérable de la Ligue, constituait une force importante. C'est pourquoi les
Spartiates étaient très heureux de dissoudre
cette Confédération à l'occasion de la "paix du Roi" en 386. Cette dissolution est éphémère.
En 379/378, elle est reconstituée pour un temps très court avec le soutient
d'Athènes et est dirigée par le Général
Épaminondas (418-362),
qui a retourné ses alliances aux dépens de
Sparte. Après avoir vaincu celle-ci à Leuctres
le 06 juillet 371, la Ligue s'assure durablement la domination du Péloponnèse et de la
Thessalie,
avec le soutient des Perses.
Elle parvient à attirer des cités maritimes comme Byzance,
Chios et Rhodes
et ainsi former une flotte capable de rivaliser avec
Athènes.
Elle entre alors en conflit direct avec la cité qui coalise autour d'elle :
Sparte,
la Ligue Étolienne
et la
Ligue Thessalienne. En 362, la Ligue Béotienne est Victorieuse à la bataille de Mantinée où
Épaminondas et deux de ses meilleurs généraux
sont tués. Elle impose alors la paix à ses adversaires. Elle s'allie de nouveau à
Athènes devant la menace
Macédonienne, mais
elle est définitivement vaincue, fin août 338, par le Roi de
Macédoine
Philippe II (359-336)
à la bataille de Chéronée, puis démantelée. En 335, la destruction de
Thèbes par le Roi de
Macédoine
Alexandre le Grand (336-323)
met un terme à la puissance de la Béotie.
Bibliographie
Pour
d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :
Marie Claire Amouretti et François Ruzé :
- Le Monde grec antique, Hachette université, Paris, 1978.
Vassilis L.Aravantinos, Louis Godart et Anna Sacconi :
- Thèbes : Fouilles de la Cadmée, Istituti editoriali e poligrafici internazionali, Pise, 2000.
Robert J.Buck :
- Boiotia and the Boiotian League, 432-371 B.C, University of Alberta Press, Edmonton, 1994.
John Buckler :
- The Theban hegemony, 371-362 BC, Harvard University Press, Cambridge, 1980.
Pierre Carlier :
- Le IVe siècle Grec jusqu'à la mort d'Alexandre, Éditions du Seuil, Paris, 1995.
George L.Cawkwell :
- Epaminondas and Thebes, pp. 254-278, Classical Quarterly 22, N°2, Novembre 1972.
Paul Cloché :
- Thèbes de Béotie des origines à la conquête Romaine,
Secrétariat des publications, Facultés universitaires, Namur, 1952 -
Édidtions Nauwelaerts, Louvain, 1952 - Desclée de Brower, Paris, 1952.
Nancy H.Demand :
- Thebes in the fifth century : Heracles resurgent,
Routledge & Kegan Paul, Londres, Boston, 1982.
Heinrich Francke :
- Der Böotische Bund, Verlag der U.Schmidt und von Cossel'schen Rathsbuchhlg, Wismar, 1843.
Pierre Guillon :
- Études Béotiennes : Le bouclier d'Héraclès et l'histoire de la Grèce centrale dans la période
de la première Guerre Sacrée, Éditions Ophrys, Janvier 1963.
Harold Martin Hack :
- Epaminondas and the Theban hegemony, Hunter College, Dept. of History, 1971.
Wolfgang Heyder et Alfred Mallwitz :
- Die Bauten im Kabirenheiligtum bei Theben, Deutsches archäologisches Institut, De Gruyter, Berlin, 1978.
Simon Hornblower :
- The Greek world, 479-323 BC, Methuen, London, New York, 1983.
Connie Mitchell James :
- Epaminondas and Philip II : A comparative study of military reorganization,
University Microfilms, Ann Arbor, 1983.
Denis Knoepfler :
- La réintégration de Thèbes dans le "koinon" Béotien après son relèvement par Cassandre,
ou les surprises de la chronologie épigraphique,
Recherches récentes sur le monde hellénistique : Actes du colloque international organisé à
l'occasion du 60e anniversaire de Pierre Ducrey, Institut d'archéologie et d'histoire ancienne, Lausanne, Novembre 1998.
Jean-Pierre Michaud et Jean Blécon :
- Le trésor de Thèbes, Éditions de Boccard, Paris, 1973.
Luigi Moretti :
- Ricerche sulle leghe greche (peloponnesiaca-beoticalicia), L'Erma di Bretschneider, Rome, 1962.
Paul Roesch :
- Thespies et la Confédération Béotienne, Éditions de Boccard, Paris, 1965.
Pierre Salmon :
- Étude sur la Confédération Béotienne, 447/6-386 : Son organisation et son administration,
Académie royale de Belgique, Bruxelles, 1978.
Sarantis Symeonoglou :
- The topography of Thebes from the Bronze Age to modern times,
Princeton University Press, Princeton, 1985.
Francis Vian :
- Les origines de Thèbes; Cadmos, C. Klincksieck, Paris, 1963.
Ernst Von Stern :
- Geschichte der spartanischen und thebanischen Hegemonie vom Königsfrieden bis zur Schlacht bei Mantinea,
H. Laakmann, Dorpat, 1884.
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