Les Kassites, les Araméens, Isin

Les Assyriens 

Empire paléo-Assyrien

 

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Origines  et  histoire

 

 L'Assyrie était à l'origine (vers 1800 av.J.C) une région du Haut-Tigre, du nom de sa capitale, la cité antique d'Assur. Plus tard, en tant que nation et empire l'Assyrie viendra à contrôler tous le Croissant fertile, l'Égypte et la plus grande partie de l'Anatolie. À son apogée elle s'étendait sur quatre pays actuels : Syrie, Turquie, Iran et Irak. Les noms : Assyrie et Assyrien, sont issu du nom ancien Assur. Du XXIe au XIVe siècle, l'Assyrie reste à un stade archaïque, elle ne possède qu'une ville, Assur, qui est gouvernée par un Régent du Dieu Assur. Cette période nous est surtout connue par une importante documentation en cunéiforme retrouvée dans la ville de Kanesh (Kültepe), haut lieu des Hittites en Cappadoce.

  

   Elle est constituée par la correspondance des marchands d'Assur qui y avaient établi un comptoir commercial. L'Assyrie s'enrichit du XXe au XVIIIe siècle grâce au commerce des métaux précieux avec l'Anatolie centrale, puis elle traverse des âges sombres du XVIIIe au XVe siècle. Vers 1800, elle tombe sous la coupe du Roi Amorrite d'Ekallāté (ou Ekallatum) Shamshi-Adad I (ou Samsi-Addu, 1796-1775), puis sous celle du Roi de Babylone, Hammourabi (1792-1750). Elle va retrouver un temps son indépendance avant d'être soumise par les Rois Hourrites du Mitanni, pour enfin devenir une grande puissance à partir du XIVe siècle.

 

  L'Assyrie connaît sa première expansion quand son Roi Assur-Uballit I (1366-1330) se libère de la domination du Mitanni et constitue un puissant empire rivalisant avec celui de Babylone ou des Hittites. On distingue deux Empires Assyriens. Ce Premier Empire du XIVe à vers 1000 est une première période qui connaît son apogée sous les Empereurs Salmanasar I (ou Salmanazar, 1275-1245) et Toukoulti-Ninourta I (ou Tukulti-Ninurta, 1245-1208), avant qu'il ne périclite face à l'invasion Araméenne. Lors de cette invasion, les Assyriens, bien que considérablement affaiblie, réussissent à garder le pouvoir en Assyrie même, qui constitue le point de départ d'une reconquête ouvrant un Second Empire du IXe au VIIe siècle.

 

 

Tablette en écriture Assyrienne

 

   À partir de Téglath-Phalasar III (745-727), les Empereurs Assyriens vont restructurer leur empire, qui connaît alors une expansion sans précédent. Sous les Sargon II (722-705), Sennachérib (705-681) et Assurbanipal (ou Assur-Banapliou, 669-626), entre autres, les frontières de l'empire sont repoussées : Au Nord jusqu'en Asie Mineure, à l'Ouest en Égypte et à l'Est en Élam. Bien que paraissant invincible cet empire s'effondrera après la mort d'Assurbanipal sous les coups des Néo-Babyloniens et des Mèdes qui abattent l'empire Assyrien après de longues années de guerre, entre 625 et 609. On trouve aussi trois classification faite par les spécialistes : La période paléo-Assyrienne (?- XVe siècle), La période médio-Assyrienne (1392–912) et la période néo-Assyrienne (911–609).

 

La  Cité-État  d'Assur  -  v.2400  à  v.1800 

 

    On sait finalement peu de choses sur cette population nomade qui est à l'origine du peuple Assyrien. Un document donne des informations sur les listes royales qui énumèrent dix-sept Rois nomades, dont quinze portent des noms sémitiques de style Akkadiens qui constituent la première partie de la Ière dynastie. Pendant longtemps, l'Assyrie se réduit à une campagne qui porte le nom d’Assur. La culture Assyrienne est d'abord comprise dans la sphère d'influence Sumérienne, comme semble l'indiquer des statuettes retrouvées, mais rien ne prouve la présence du Sumer dans cette région. La cité d'Assur, vers 2330 sera intégrée à l'Empire Mésopotamien du Grand Sargon d'Akkad (2334-2279). Assur connaît ensuite une période de pauvreté, probablement envahie par les Goutis, puis elle est contrôlée par la IIIe dynastie d’Ur (v.2113-2004). C'est vers 2100 que les "Assyriens" s'installent à Assur.

 

La  langue  et  l'écriture

 

   Les habitants de l'Assyrie antique utilisent dans un premier temps un dialecte sémitique très proche du Babylonien (Une variante de l'Akkadien) écrit en cunéiforme. Les premières inscriptions, appelées OA (Old assyrien), ont été réalisés à la période paléo-Assyrienne. À la période néo-Assyrienne (Second Empire Assyrien, 912-609) c'est l'Araméen qui devient de plus en plus la langue commune et   supplante l'Akkadiens. Ce fait semble être du en grande partie aux déportations massives menées par les souverains Assyriens où de nombreuses populations de langue Araméenne, conquise par les Assyriens, ont été transférées dans d'autres parties de l'Empire. Les anciens Assyriens ont aussi utilisé la langue Sumérienne dans leur littérature et dans la liturgie, bien qu'à la période médio-Assyrienne (Premier Empire, 1392-912) ce soit l'Akkadien qui devint la principale langue littéraire.

 

   La destruction totale des capitales Assyriennes de Ninive et Assur par les Mèdes et les Babyloniens a anéanti énormément des écrits ainsi que l'élite bilingue qui aurait pu être nécessaire à sa reconstruction. Au VIe siècle, une grande partie de la population Assyrienne qui a survécu, utilise l'Araméen et non l'écriture cunéiforme Akkadienne qui avec le temps ne sera plus utilisée par les Assyriens. Avec la montée de la Chrétienté Syriaque, l'Araméen connu une renaissance en tant que langue classique lors de la période du IIe au VIII siècle ap.J.C et les Assyriens modernes continuent à parler des dialectes néo-Araméens. La découverte de l'Assyrie a commencé par les fouilles à Ninive, en 1845, qui ont révélé la bibliothèque d'Assurnasirpal II (ou Ashurnasirpal, 884-859). Le déchiffrement de documents en écritures cunéiformes a été une tâche formidable qui a pris plus d'une décennie, mais en 1857, la Royal Asiatic Society est arrivée à ses fins et la lecture en est maintenant possible. L'assyriologie a depuis réussi à reconstituer les morceaux anciennement oublié l'histoire de la Mésopotamie.

 

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Bas-relief montrant le transport de cèdres du Liban

(VIIIe siècle)

Les  arts  et  la  Science

 
 
  L'art Assyrien préservé jusqu'à nos jours date essentiellement de la période
néo-Assyrienne (Second Empire Assyrien, 912-609). Il est surtout manifesté par les bas-reliefs, retrouvés en grande quantité dans les palais royaux. En effet beaucoup de ces bas-reliefs ont été découverts dans les palais de Nimrud (Kalkhû) et Dûr-Sharrukîn (Khorsabad). Ceux de la capitale Assyrienne de Dûr-Sharrukîn, montrent le transport de cèdres du Liban (VIIIe siècle). On en trouve aussi qui dépeignent des scènes de guerre et de victoires militaires ou les sculpteurs représentaient le déroulement des nombreuses batailles et le châtiment qu'encourrait les opposants à l'autorité Assyrienne.

  

   Ils rajoutaient parfois des inscriptions expliquant ce qui était représenté. D'autres bas-relief détaillent des villages entiers avec précision ou encore l'Empereur avec différentes déités ou celui-ci conduisant les cérémonies religieuses. Certains sont consacrés aux constructions de monuments, de jardins ou représente des scènes de banquet. Ils avaient pour but de montrer la puissance de l'Empereur et étaient généralement fait à des fins de propagande. Ces reliefs de pierre ornaient les murs des palais royaux où les étrangers étaient reçus par le souverain. Une rare découverte de plaques de métal appartenant à des portes en bois a été faite à Balawat (Imgur-Enlil).  La sculpture Assyrienne atteint son plus haut niveau de raffinement à la période néo-Assyrienne. On peut observer l'évolution artistique des sculpteurs entre le palais d'Assur-Nasirpal II (ou Ashurnasirpal, 884-859) à Nimrud (Kalkhû) et ceux de Sennachérib (705-681) et d'Assurbanipal (ou Assur-Banapliou, 669-631 ou 669-626) à Ninive, qui constituent l'apogée de l'art des bas-reliefs et sont impressionnants de réalisme.

 

   Les bas-reliefs des palais Assyriens étaient sculptés sur des orthostates, de grandes pierres placées contre les murs du bâtiment. Un exemple frappant est le taureau ailé Lamassu (ou Shedu) qui garde l'entrée de la cour du Souverain contre les démons. CW.Ceram indique (The March of Archaeology lamassi) que ces gardiens étaient habituellement sculpté avec cinq pattes de sorte que quatre pattes étaient toujours visibles et étaient constamment présentés dans leur profil. Les sculptures ont été apotropaïques (Qui éloigne le mauvais sort) sens qu'elles étaient destinées à conjurer le mal.

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Taureau androcéphale (Shedu) de

Dûr-Sharrukîn - Musée du Louvre

 

   Les bas-reliefs des palais étaient peints. On a retrouvé quelques exemples de murs peints à Assur et à Nimrud (Kalkhû). Mais la plus impressionnante série de peintures Assyriennes a été retrouvée dans les années 1930 dans le palais de Til-Barsip.  Le style et les sujets étaient les mêmes que ceux des bas-reliefs des grands palais. Habituellement les œuvres en pierres précieuses et métaux ne survivent pas ou peu aux ravages du temps, mais nous avons la chance d'avoir quelques belles pièces de bijoux Assyriens. Ils ont été trouvés dans des tombes royales à Nimrud. De nombreux objets en ivoire sculptés (Boîtes à fard, éléments de mobilier, plaquettes décoratives etc...) ont été retrouvés aussi dans les grandes capitales, surtout à Nimrud. Ce sont sans doute parmi les plus belles œuvres d'art retrouvées sur ces sites.

 

   Un morceau de cristal de roche, aujourd'hui au British Museum, déterré par Austen Henry Layard, en 1850, dans le palais de Nimrud (Kalkhû) apporte énormément de discussions sur sa nature parmi les spécialistes. Une petite minorité pense qu'il est la preuve de l'existence d'anciens télescopes Assyriens, ce qui pourrait expliquer la grande précision de l'astronomie Assyrienne. D'autres suggestions comprennent son utilisation comme une loupe pour les bijoutiers, ou comme des incrustations de décor de meubles. Le débat reste ouvert...

 

 La  société  et  la  religion

 

   La capitale Assyrienne sera d'abord la ville d'Assur, puis en 879, Nimrud (Kalkhû) et en 745, Ninive, sur le Tigre. La société Assyrienne est divisée en deux groupes, les hommes libres et non-libres. Des divisions existent au sein de ces deux ensembles. Les hommes libres sont composés aussi de deux groupes. Les esclaves sont également un groupe hétérogène. On trouve les esclaves domestiques des artisans, les esclaves des grands domaines agricoles et enfin ceux chargés des grands travaux d'aménagements pour le compte de l'Empereur. La justice avait une part importante dans l'empire. De nombreux membres de l’administration Assyrienne disposaient de prérogatives judiciaires. Le premier juge du royaume était le souverain, à qui on avait recours dans les affaires les plus graves. En général, les autorités municipales dont le conseil de la Ville et le Maire, gardaient le rôle judiciaire le plus important.

 

 

 

Dieu Adad

Dans d’autres cas complexes, on pouvait aussi s’en remettre directement à la décision des Dieux par le biais de l’ordalie (Aussi appelé jugement de Dieu). À l’époque paléo-Assyrienne, on connaît essentiellement des affaires de litiges commerciaux entre les marchands. Certains membres de l’administration royale peuvent aussi procéder à des jugements. Avec le temps, le personnel judiciaire va s’étoffer avec l'arrivée d'avoués et d'accusateurs (Sortes de Procureurs au service du souverain). Un code des lois Assyriennes a été rédigé sous le règne de Téglath-Phalasar I (1116-1077). Il s’agit en fait d’une compilation d’anciennes décisions prises par des souverains précédents, rangées par catégorie (Esclave, succession, mariage, titre de propriété etc...). Ces jugements apparaissent plus rudes que ceux des autres régions de Mésopotamie.

 

   La religion assyrienne reprend les aspects traditionnels de la religion Mésopotamienne. La divinité principale de l’Assyrie était le Dieu Assur, Roi des Dieux et Dieu éponyme de la ville, où se trouve son grand temple, l’Esharra. Dans la théologie Assyrienne, il est le véritable maître du royaume et le souverains n’est que son serviteur et son Grand-prêtre. C’est le Dieu qui lui ordonne ce qu’il doit faire et le Roi ou l'Empereur doit lui rendre des comptes. D'ou les rapports de campagnes que l'on a retrouvé qui lui ont été adressés.

 

   Les plus célèbres sont ceux de la célèbre huitième campagne de Sargon II (La troisième sur l'Ourartou) en 714, aujourd'hui au musée du Louvre. Sargon II y justifie son pillage des lieux saints de l'Ourartou et y expose comment après avoir envahit une partie du territoire, il récupéra un important butin : Une tonne d'or, cinq tonnes d'argent et des milliers d'objets. Sur le modèle de ce qui se passe à Babylone pour le Dieu Marduk, le clergé d’Assur fera du Dieu Assur le Roi des Dieux.

 

  Les autres divinités importantes était : Le Dieu de l’Orage Adad (Addu pour les Amorrites, Teshub pour les Hourrites et Hadad pour les Araméens). Il occupait une place importante dans l'empire. La Déesse Ishtar, qui disposait de deux grands lieux de culte à Ninive et à Arbèles. 

 

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Statue d'un gardien

de porte du 

Palais Nord-est de Nimrud -   British Museum 

Les  Palais  Assyriens

 

   En termes de construction, le plus ancien palais Assyrien est le "Vieux Palais" d'Assur, érigé à l'époque paléo-Assyrienne. À celle médio-Assyrienne, Toukoulti-Ninourta I fera construire à Assur le "Nouveau Palais", situé dans l'angle Nord-ouest de la citadelle. Il n'a pas pu à ce jour être fouillé, mais on sait par les textes qu'il s'agit d'un ouvrage précurseur des grands palais royaux de l'époque néo-Assyrienne. Le premier grand palais royal de cette dernière époque est bâti à Nimrud (Kalkhû) par Assur-Nasirpal II (884-859).

 

    À sa suite, d'autres souverains vont construire ou restaurer des palais dans la citadelle de cette ville : Adad-Nirâri III (810-782), Téglath-Phalasar III (745-727), Sargon II (722-705) et Assarhaddon (681-669). Sargon II va aussi construire un grand palais dans sa capitale, Dûr-Sharrukîn ("La forteresse de Sargon" actuelle Khorsabad en Irak). L'importance de cet édifice sera dépassée par le "Grand Palais Nord-est" de Sennachérib (705-681) à Ninive. Assurbanipal (ou Assur-Banapliou, 669-631 ou 669-626) fera à son tour restaurer un palais à l'angle opposé de la citadelle de Ninive. Un autre palais dit "palais de province" a été retrouvé à Til-Barsip, dans la région du fleuve Khābūr (ou Habur, actuelle Haut Djézireh).

 

  Les palais royaux Assyriens suivent tous un même plan. On entre par une porte monumentale qui donne sur une première cour autour de laquelle s'organise l'espace public du palais (babānu) avec les magasins, les ateliers, l'administration palatiale. La salle du trône sépare cette zone de l'espace privé (bītānu) et comprend les appartements royaux et le harem. La décoration des palais royaux consistait principalement de bas-reliefs sculptés sur des orthostates (Voir ci-dessus, Art Assyrien). À Til-Barsip, on leur avait substitué des fresques peintes.

 

  Bibliographie

 

  Pour d'autres détails sur cette période voir les ouvrages de :

 

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- Assurbanipal, roi d'Assyrie, Fayard, Paris, 2007.

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- Comments on the Nassouhi Kinglist and the Assyrian kinglist tradition, pp. 306-319, OrNS 42, 1973.

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- Analysis of variants in the Assyrian royal titulary. From the origins to Tiglath-pileser III, (Annali dell’Istituto Universitario Orientale di Napoli, Séries Minor 47), Napoli, 1995.

- Ashurnasirpal II’s 9th campaign : Seizing the grain bowl of the Phoenician cities, pp: 156-158, Archiv für Orientforschung 44-45, 1997/98.

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