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Ninive

Assur

Vue des remparts de Ninive -  La porte Adad

 

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   Ninive (ou Nineveh ou en Akkadien : Ninua, en Araméen :ܢܝܢܘܐ ou נינוה, Nīnwē, " Celle qui dépasse les grandes villes", comme on l'appelle dans le Livre de Jonas), se situait sur la rive Est (Gauche) du Tigre, au confluant du Khoser (ou Khosr, Koussour aujourd'hui) à proximité de la ville moderne de Mossoul, en Irak qui se trouve de l'autre côté du fleuve. Aux quatre coins d'un quadrilatère irrégulier se trouvent les ruines de: Kourjaindjik (Kuyunjik) Nimrud (Kulkhû), Karamles et Dûr-Sharrukîn (ou Khorsabad). Ces quatre grands sites en ruines, avec l'ensemble de la zone qu'ils comprennent, sont généralement considérés comme composant l'ensemble des ruines de Ninive. Les sites de la cité, connus sous le nom de Kourjaindjik (Kuyunjik) et Nabī Yūnus, sont situés dans la plaine et couvre une surface de 730 ha.

 

   Ils sont entourés de rempart en brique sur une longueur de 12 km. L'ensemble de ce vaste espace est aujourd'hui une superposition de ruines recouvert à certains endroits par les nouvelles banlieues de la ville de Mossoul. est l'une des plus anciennes cité de Mésopotamie. On trouve des traces sur le site remontant à la protohistoire (IIIe millénaire). Ninive était un important carrefour de routes commerciales traversant le Tigre. Elle occupait une position stratégique sur la grande route entre la mer Méditerranée et l'océan Indien, ce qui lui a conféré de nombreuses richesses, de sorte qu'elle est devenue l'une des plus grandes cité de toute la région.

 

 

L'histoire.......

 

   Le début de son existence remonte au IIIe millénaire, époque où est attestée sa divinité principale, Ishtar. Sa première mention écrite remonte aux environs de 2100. Elle est ensuite intégrée dans l'Empire Akkadien dont le Roi Manishtousou (ou Man-Istusu, 2270-2255) y reconstruisit le temple. La cité est mentionnée ensuite aux environs de 1800 comme le lieu de culte d'Ishtar le plus important. Puis elle est un moment, au milieu XIVe siècle, suzeraine du royaume du Mitanni. Un de ses Rois enverra au PharaonAmenhotep III (ou Aménophis, 1390-1353/52) une statue de la Déesse Ishtar. Elle repasse ensuite sous la domination des Rois Assyriens avec Assur-Uballit I (1366-1330).

 

   De cette époque il n'existe pas de preuve que les souverains Assyriens y construisent des monument, par contre plus tard l'Empereur Salmanazar I (1275-1245) s'y fait ériger un palais et l'embellit de nombreux monuments. Ninive doit attendre l'époque de l'Empire néo-Assyrien (912-609), en particulier à partir du règne d'Assurnasirpal II(ou Ashurnasirpal, 884-859) pour connaître une expansion architecturale considérable. L’apogée de sa splendeur est à partir de l’Empereur Sennachérib (705-681) qui en fait la capitale de l'empire. La ville s'étendait alors sur 730 ha et elle était protégée par une double enceinte de 12 km, avec une hauteur pouvant atteindre 25 m dans laquelle étaient aménagées quinze portes. La plus belle était celle de Nergal. Sennachérib redéfini de nouvelles rues et places et construit en son sein le fameux "Palais sans rival". Le plan de construction, qui a été récupéré lui donne des dimensions d'environ 210 m x 200 m.

 

   Il comprend au moins 80 pièces, dont beaucoup ont été décorées de sculptures. Un grand nombre de tablettes ont été retrouvées dans le palais. Un système élaboré de dix-huit canaux amenaient l'eau à partir des collines de Ninive et plusieurs sections d'un aqueduc construit par Sennachérib ont été découvertes à Jerwan, à environ 40 km de distance. L'espace clos de la ville avait plus de 100 000 habitants (Peut-être, selon certains spécialistes, plus proche de 150 000), soit environ deux fois plus que Babylone à l'époque, ce qui place Ninive parmi les plus grandes cité du monde antique. Les successeurs de Sennachérib, Assarhaddon (ou Esarhaddon, 681-669) et Assurbanipal (ou Assur-Banapliou, 669-631), poursuivent les travaux.

 

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Bas-relief d'une partie de chasse au taureau frise de Ninive en albâtre -

Musée de Pergame - Berlin

 

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Bas-relief des Gardes d'Assurbanipal, palais de Ninive - Musée du Louvre.

 

   Ils vont fonder de nouveaux palais et des temples à Sîn, Nergal, Šamaš, Ishtar et Nabiu de Borsippa. Le nombre de palais, de riches demeures et de parcs augmentait à mesure que les richesses affluaient dans la ville, capitale du vaste Empire Assyrien. La grandeur de Ninive est de courte durée. En 633, l'Empire Assyrien commence à montrer des signes de faiblesse et Ninive est attaqué par les Mèdes. Ils sont rejoints par les Babyloniens et Suse en 625 et attaquent de nouveau la cité. Malgré ses fortifications, la ville est prise et est détruite en 612. Les habitants de la cité qui n'ont pas pu s'échapper et rejoindre les derniers bastions de l'ex Empire Assyrien dans l'Ouest du pays, sont soit massacrés, soit déportés. De nombreux squelettes ont été découverts sans sépulture sur le site par les archéologues.

 

   Après l'anéantissement de l'Empire Assyrien, le site de Ninive est resté inoccupé pendant des siècles jusqu'à la période des Perses Sassanides (224-637 ap.J.C). La ville est mentionnée pour une nouvelle bataille en 627 ap.J.C, lors de la guerre entre l'Empire Romain d'Orient et l'Empire Sassanides, près de la cité antique. Après la conquête des arabes, en 637, la ville de Mossoul, sur la rive opposée du Tigre, est devenu le successeur de l'ancienne Ninive.

 

 

La  Ninive  biblique 

 

   Dans la Bible, Ninive est mentionnée pour la première fois dans la Genèse (10:11) qui attribue sa création à Nimrod, arrière-petit-fils de Noé, "Il (Nimrod) régna d’abord sur Babel, Érec, Accad et Calné, au pays de Schinear. De ce pays-là sortit Assur ; il bâtit Ninive, Rehoboth Hir, Calach et Résen entre Ninive et Calach ... " Genèse (10:10-11-12).

 

    Bien que le Livre des Rois et le livre des Chroniques parlent beaucoup de l'empire Assyrien, Ninive elle-même ne sera remarquée qu'à l'époque de Jonas (ou Yonah) vers 850, quand elle est décrite (Jonah 3:3 ff; 4:11) comme "La grande ville nécessitant trois jours de voyage" (Probablement dans le cadre d'un circuit). Cela donnerait une circonférence d'environ 100 km. Il est aussi possible qu'il ait fallu trois jours pour couvrir la totalité de ses quartiers en marchant, ce qui correspondrait à la taille de l'ancienne Ninive. Il est dit qu'elle est la florissante capitale de l'Empire Assyrien (2 Rois 19:36; Isa. 37:37).

 

  Il a également été mentionné dans Jonah que les habitants de Ninive se comportaient mal et devaient être condamnée, pour résoudre ce problème, Dieu aurait envoyé à Ninive pour prêcher Jonas et ils se repentirent. Le livre du prophète Nahum est presque exclusivement composé par des dénonciations prophétiques contre cette ville. Ses ruines et sa destruction totale sont prophétisés (Nahum 1:14, 3:19, etc.) "Avec une fin soudaine et tragique". Selon la Bible, c'est Dieu qui fait le jugement de l'Assyrie, Il prédit la destruction de la ville ainsi que la chute de l'empire dont elle fut la capitale. Ninive est aussi rappelée dans l'Evangile de Matthieu (12:41) et de l'Evangile de Luc (11:32 ). Elle fut appelée la ville sanguinaire par un prophète Hébreu du nom de Nahoum (ou Nahum, 3.1).

 

  

Le  site  archéologique

 

   Aujourd'hui, l'emplacement de Ninive est marqué par deux grands monticules, Kourjaindjik (Kuyunjik) et Nabī Yūnus et les vestiges des murs de la ville (Environ 12 km de circonférence). Les niveaux de la période néo-Assyrienne de Kourjaindjik ont été longuement étudiés. L'autre butte, Nabī Yūnus, n'a pas encore été explorée parce qu'il ya un sanctuaire musulman dédié à ce prophète sur le site qui en gène hélas les fouilles. Toutefois, les travaux d'excavation de Nabī Yūnus en 1990 ont dégagé un grand nombre de sculptures néo-Assyriennes qui semble être l'entrée d'un palais.

   

 

La porte Mashki reconstituée.

 

   En 1843, le consul de France à Mossoul, Paul Émile Botta fait commencer à fouiller sur le site de Dûr-Sharrukîn (Khorsabad) le grand monticule qui se jettent le long de la rive opposée de la rivière. Il met à jour des statues monumentales qui sont envoyées au Louvre, sauf quelques unes d'entre elles englouties lors d'un naufrage. À sa grande surprise, les fouilles dégagent aussi les ruines d'un bâtiment qui par la suite s'est avéré être le palais d'été de Sargon II (722-705). Il a depuis été largement étudie pour ses sculptures et autres précieuses reliques.

 

   Les premiers éléments de la découverte dessinés par Eugène Flandin ont été publiés dans l'ouvrage "Monument de Ninive, découvert et décrit par M.P.E. Botta", publié en 1848-1849, qui décrit les plans du palais de Sargon II.  En 1847, le Britannique Sir Austen Henry Layard explore les ruines. En 1849, dans le monticule Kourjaindjik (Kuyunjik), Layard découvre le palais de Sennachérib (705-681) avec ses 71 pièces et des immenses bas-reliefs.  Il a également mis en lumière le palais et la célèbre bibliothèque d'Assurbanipal (ou Assur-Banapliou, 669-631) avec ses 22 000 tablettes d'argile en écriture cunéiforme.

  

    L'étude archéologique de Ninive révèle la richesse et la gloire de l'Assyrie sous des souverains tels que Assarhaddon (ou Esarhaddon, 681-669) et Assurbanipal. Par la suite un travail de prospection a été menée par George Smith, Hormuzd Rassam et d'autres et un vaste trésor de spécimens uniques d'objets Assyriens a été progressivement exhumés pour les musées Européens. Avec la découverte des palais, leurs décorations et leurs dalles sculptées nous ont révélé la vie et les mœurs de ce peuple antique, les arts de la guerre, les particularités de leur religion, le style de leur architecture et la splendeur de leurs monarques. Le monticule de Kourjaindjik (Kuyunjik) a été fouillé à nouveau par les archéologues du British Museum, dirigé par Leonard William King, au début du XXe siècle. Leurs efforts se sont concentrés sur le site du temple de Nabu (Dieu de l'écriture) où une autre bibliothèque était censée exister.

   Toutefois, elle n'a jamais été trouvée, il semble probable, qu'elle ait été détruite par les activités des résidents. Les fouilles ont recommencé en 1927, sous la direction de Campbell Thompson mais ont été plutôt malheureuses. Certains travaux ont été réalisés à l'extérieur de Kourjaindjik (Kuyunjik), par exemple sur la butte de Nabī Yūnus, qui était l'ancien arsenal de Ninive ou le long des murs extérieurs. Près de l'angle Nord-ouest de la paroi, au-delà de la chaussée d'un édifice, les archéologues ont trouvé des fragments de près de 300 prismes.

 

   Après la seconde guerre mondiale, plusieurs fouilles ont été menées par des archéologues iraquiens. Ninive a été revisité par l'archéologue et assyriologiste Britannique David Stronach, de l'Université Berkeley de Californie. Il a mené une série d'enquêtes et de fouilles sur le site à partir de 1987-1990, en concentrant son attention sur plusieurs portes et sur les murs en briques, ainsi que sur le système qui fournissait l'eau à la ville en temps de siège.

 

 

La porte Nergal reconstituée.

 

 

Bibliographie

 

  Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :

 

Carl Bezold :

- Ninive und Babylon, Velhagen & Klasing, Bielefeld, 1926.

Paul-Émile Botta et Eugène Flandin :

- Monuments de Ninive, en 5 volumes, Imprimerie nationale, Paris, 1849-1850.

Arnold C.Brackman :

- The luck of Nineveh : Archaeology's great adventure, McGraw-Hill, New York, 1978 - Eyre Methuen, London, 1980.

Félicien De Saulcy :

- Sur les inscriptions Assyriennes de Ninive. (Khorsabad, Nimroud, Koioundjouk), A. Leleux, Paris, 1850.

Sven Anders Hedin :

- Bagdad, Babylon, Ninive, F.A. Brockhaus, Leipzig, 1918.

Léon Feer :

- Les ruines de Ninive : Description des palais détruits des bords du Tigre, suivie d'une description du musée Assyrien du Louvre, Société des écoles du dimanche, Paris, 1864.

Austen Henry Layard : 

- Nineveh and its Remains, John Murray, London, 1849.

- Illustrations of the Monuments of Nineveh, John Murray, London, 1849-1853.

- The Monuments of Nineveh, John Murray, London, 1849-1853 - Gorgias Press, New Jersey, 2004.             

- Discoveries in the Ruins of Nineveh and Babylon, John Murray, London, 1853.

- The Ninevah Court in the Crystal Palace, John Murray, London, 1854.

Carlo Lippoli :

- Ninive : il palazzo senza eguali di Sennacherib, Silvana, Cinisello Balsamo (Milano), 2007.

Paolo Matthiae :

- Ninive, Electa, Milano, 1998.

Joachim Menant :

- Ninive et Babylone, Hachette et Cie, Paris, 1888.

André Parrot

- Ninive et l'Ancien Testament, Delachaux & Niestlé, Neuchâtel, Paris, 1953.

- Nineveh and Babylon, Thames and Hudson, London, 1961.

Victor Place et Félix Thomas :

- Ninive et l'Assyrie, en 3 volumes, Imprimerie Impériale, Paris, 1867-1970.

John Malcolm Russell :

- Sennacherib's palace without rival at Nineveh, University of Chicago Press, Chicago, 1991.

- The final sack of Nineveh : The discovery, documentation, and destruction of King Sennacherib's throne room at Nineveh, Yale University Press, New Haven, 1998.

Charles Seignobos et Didier Dennis :

- Babylone, Ninive et le monde assyrien, Minerva, Genève, 1975.

Marc Van De Mieroop :

- Nineveh, Iraq 66 - 67,British school of archaeology in Iraq, London, 2004-2005.

Hermann Johann Christian Weissenborn :

- Ninive und sein Gebiet, Druck von Gerhardt & Schreiber, Erfurt, 1851-56.

 

 

 

HAUT de PAGE                                              Assur                                                                         

 

   Assur (ou Ashour ou Ashur ou Assour de Aššur en Assyrien) est une ville de Mésopotamie au Sud de Mossoul (environ 100 Km), sur la rive Ouest du Tigre, au Nord du confluent de la rivière Little Zab et aujourd'hui identifiée au site de Qat’at Chergat. Assur est divisée en deux grands ensembles. La "Vieille Ville" (En Assyrien Libbi āli, "intérieur de la ville"), qui est la zone qui a été habitée en premier. Elle est située sur un éperon rocheux surplombant le Tigre. C'est elle qui abrite les monuments principaux de la cité, palais royaux et temples, ainsi que les demeures les plus riches. La nouvelle ville (En Assyrien ālu eššu "Ville Nouvelle") s'est étendue vers le Sud, en contrebas au-delà des remparts. Au Sud-est, le long du Tigre, se trouvait le port de la cité (kāru).

 

Ruines de la Ziggourat d'Assur

 

   Assur est la plus ancienne capitale de l’Assyrie, ses Rois furent à l’origine du grand Empire Assyrien. Assur est aussi le nom de la divinité principale de la ville. Ce Dieu était considéré comme le plus grand Dieu du panthéon Assyrien et le protecteur de l'État Assyrien. Dans la mythologie Mésopotamienne, il était l'équivalent Babylonien de Marduk.

 

   Le site d'Assur des Nations Unies est un site du patrimoine mondial. Il a été placé sur la liste des sites du patrimoine mondial en péril en 2003, en partie du fait du conflit dans cette région mais aussi en raison d'un projet de barrage qui aurait pour effet d'en inonder une partie.

 

   L'exploration du site d'Assur a débuté en 1898 par des archéologues Allemands. Les fouilles ont commencé en 1900 par Friedrich Delitzsch et se sont poursuivies en 1903-1913. Plus de 16 000 tablettes en textes cunéiformes ont été découvertes. Bon nombre des objets trouvés sont aujourd'hui au musée Pergamon à Berlin. Assur est remplacé dans son rôle de capitale vers le Xe siècle par Ninive. Prise par les Mèdes elle survécut jusqu’aux Perses Sassanides (224-637 ap.J.C).

 

L'histoire.......

 

   L'archéologie révèle que le site de la ville a été occupé dans le milieu du IIIe millénaire, dès la période Obeïd. Les plus vieux vestiges de la ville ont été découverts dans les fondations du temple d'Ishtar, ainsi que dans l'Ancien Palais. Pendant longtemps, l'Assyrie se réduit à une campagne qui porte le nom d’Assur. On ignore ses origines, les statuettes retrouvées indiquent l'influence Sumérienne, mais rien ne prouve la présence de Sumer dans cette région. La cité-État d'Assur, vers le XXIIIe siècle fait partie de l'empire Mésopotamien d'Akkad. Assur connaît une période de pauvreté, probablement envahie par les Goutis, puis est contrôlée par la IIIe dynastie d’Ur (vers 2109 à 2002). Après l'effondrement de cette dynastie (tombé sous les coups Amorrites), vers 1970, Assur est gouvernée par des Rois "vicaires" (appelé iššiakku), indépendants. Un document donne des informations sur les listes royales qui énumèrent dix-sept Rois nomades, dont quinze portent des noms sémitiques de style Akkadien.

 

   Le 17e Roi nomade, Ushpia (v.2180) est le fondateur du temple d'Assur. Vers 2000, le Roi Kikkiya fait construire  les premières fortifications avec le mur de la ville et retrouve ainsi son indépendance vers la fin de l'empire d'Ur. Assur, dont la terre est peu fertile, a renoncé à développer son agriculture et s'adonne plutôt au commerce avec l'Anatolie où les marchands d'Assur ont établi des colonies. Le chef d'Assur est secondé par une bourgeoisie, les plus riches citadins contrôlent la justice et le gouvernement royal. Sous le Roi Erishum I (1906-1867) les Assyriens par leur commerce importent de la laine et de l'étain ce qui permet la confection du bronze. Dans la ville d'Assur, les premiers grands temples dédiés au Dieu Assur et au Dieu Adad sont érigés. L'or et l'argent affluent à Assur, mais Kadesh (ou Qadesh) est détruite vers 1810 et le commerce est interrompu entre l'Assyrie et le Cappadoce.    

 

   Assur tombe ensuite sous la domination du Roi Amorrite d’Ekallāté Shamshi-Adad I (ou Samsi-Addu, 1814-1775). Il avait attaqué l'Assyrie et reprit la forteresse d'Ekallāté (ou Ekallatum, v.1816-1814) alors sous sa domination. Shamshi-Adad I construit un empire qui comprend Alep, Terqa (ou Tirqa, Tell Ashara auj.), Mari, Arrapha, Ninive, Babylone et Eshnunna avec Assur pour capitale. Au cours de cette période, le Grand Palais Royal est construit et le temple d'Assur est agrandi et élargi avec une ziggourat. Cet empire, trop étendu et entouré par des voisins hostiles, ne repose que sur Shamshi-Adad I, il s'effondre à sa mort en 1775. Isme-Dagan I (ou Ishme-Dagan, 1775-1741) son fils qui lui succède verra son règne se terminer en se faisant chasser d’Assur. 

 

  Le  Nouveau maître de la région le Roi de Babylone Hammourabi (1793-1750) incorpore Assur à son empire. L'Assyrie va subir pendant plusieurs siècles la domination étrangère. Assur où des Rois régneront sans grands pouvoir et seront les vassaux des différents dominateurs. On note cependant, que lors du règne du Roi Puzzur-Assur III (1503-1479), celui-ci reconstruit une partie du temple d'Ishtar dans la capitale et le Sud de la muraille de la ville. Au cours du XVe siècle, le Temples du Dieu de la lune Sin (Nanna) et celui du Dieu soleil Shamash sont été érigées. La ville qui avait repris une certaine importance, tombe alors sous le joug du Mitanni. L'Assyrie et Assur recouvrent leur indépendance au XIVe siècle grâce à Assur-Uballit I (ou Ashur-Uballit, 1366-1330) qui se défait de la domination du Mitanni.

 

   Assur-Uballit I entreprend d'importantes conquêtes et Assur prend une autre dimension en devenant la capitale d'une grande puissance politique. Dans les siècles suivants, les anciens temples et palais d'Assur sont restaurés. Toukoulti-Ninourta I (ou Tukulti-Ninurta, 1245-1208) lance la construction d'un nouveau temple dédié à la Déesse Ishtar. Téglath-Phalasar I (ou Tiglath-Pileser, 1116-1077) construit le temple Anu-Adad. Les remparts de la ville à la période de l'Empire médio-Assyrien (1392-912) couvrent une surface de quelques 120 ha. Par la suite, lors de la période néo-Assyrienne (912-609), la résidence royale est déplacée à d'autres villes Assyriennes.

 

 

Bas-relief Temple  d'Assur

   Assur-Nasirpal II (ou Ashurnasirpal, 884-859) transfert la capitale d'Assur à  Nimrud (Kalkhû), mais la cité reste quand même le centre religieux de l'empire, en raison de son temple du Dieu national Assur et les souverains viendront toujours s'y faire couronner et enterrer. Sous le règne de Sennachérib (705-681), l'Akitu (Maison de la Nouvelle Année) est construite et la fête est célébrée chaque année dans la ville. Plusieurs souverains Assyriens ont été ensevelis sous l'Ancien Palais. La fin de la grande époque d'Assur vient en 614, lorsque la ville est pillée et détruite lors de la conquête de l'Assyrie par les Mèdes et les Babyloniens.

 

   La ville est réoccupée quelques siècles plus tard, à l'époque des Parthes Arsacides (141 av.J.C-224 ap.J.C). De nouveaux bâtiments administratifs sont érigés dans le Nord de la vieille ville et un palais au Sud. Le vieux temple d'Assur est également reconstruit et le Dieu Assor (Forme hellénisée d'Assur), y est vénéré, dans la nouvelle province d'Adiabène (l'Assyrie). Toutefois, la ville est détruite à nouveau par le Roi Perse Sassanide Chahpuhr I (ou Shahpur, 241-272). Certaines colonies sont connues sur l'emplacement lors des XIIe et XIIIe siècles, mais ensuite seulement par bédouins nomades.

 

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :

 

Basile Aggoula :

- Inscriptions et graffites araméens d'Assour, Istituto universitario orientale, Napoli, 1985.

Pierre Amiet :

- Sumer, Assur, Babylone, Musée du Petit Palais, Association française d'action artistique, Petit Palais, Paris, 1981.

Walter Andrae :

- Das wiedererstandene Assur, J.C. Hinrichs, Leipzig, 1938.

André Parrot :

- Assur, Gallimard, Paris, 1961-2007.

Fuʼād Safar :

- Ashur, Directorate General of Antiquities, Baghdad, 1960-1961.

Hartmut Schmökel et Lily Jumel :

- Le monde d'Ur, Assur et Babylone, Buchet/Chastel, cop. Paris, 1957.

 

 

 

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