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Ur (ou Our)

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 Pour plus de détails voir aussi : Le Sumer - L'Akkad

 

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   Ur ou Our ou Ur-Kassdim ou Our-Kassdim est une Ville de basse Mésopotamie, située près de l’ancienne embouchure de l'Euphrate, sur sa rive droite. Elle est identifiée au site actuel de Tell Al-Muqayyar (ou Umgheîr) en Irak à 200 km au Nord-ouest de Bassorah. Elle était à sa création située très près de la mer. La ville s'étendait sur une superficie de 1,2 km sur 700 m et était défendue par un haut rempart. La grande enceinte occupait la partie Nord de la cité et mesurait 350 m sur 200 m. On entrait dans la ville par des portes monumentales qui abritaient les édifices les plus importants. Ur comprenait deux ports sur l'Euphrate, l'un au Nord l'autre à l'Ouest. 

 

Liste des Rois d'Ur

 

Rois d'Ur

  

   L'ensemble de la cité est construit en briques crues. Dans l'Ancien Testament, Ur est la ville d'origine du patriarche Abraham. Elle est fondée pendant la période d'Obeïd à la la fin du IVe millénaire. C'était à cette époque un village de huttes en roseaux qui fut semble t-il submergé vers 3900 à la suite d'une inondation exceptionnelle de l'Euphrate qui laissa un niveau de limons stériles appelé "diluvium". Elle est très riche durant la période Dynastique Archaïque (2900-2340) comme en témoigne le Cimetière royal d'Ur. Après avoir été annexée par Oumma et Akkad, les Rois de la Troisième Dynastie d'Ur (Ur III) : Our-Nammou (2113-2095), Shulgi (2095-2047), Amar-Sin (2047-2038) et Su-Sin (2038-2029) restaurent la puissance de la cité en Mésopotamie, durant la période dite.

 

 

L'histoire.......

 

   Ur est fondée pendant la période d'Obeïd vers la fin du IVe millénaire. Plus tard, à la période des Dynasties Archaïques, les premiers souverains d'Ur sont aussi Roi d'Ourouk. Vers 2875, les Akkadiens s'emparent momentanément du pays de Sumer et la royauté dominante passe à Kish. Vers 2850 elle revient en Sumer, à Ourouk, qui groupera le pays tout entier autour de son centre religieux. Contemporaine de Kish et Lagash, Oumma et Ur vont s'impliquer dans des rivalités de territoire. Le premier souverain attesté de la cité est Mes-Ki'ag-Gaser (ou Meskiaggaser ou Mes­Kiag-Gasher, ou Mesh-Ki-Ang-Gasher, v.2900-v.2850 ou v.2850-v.2800), fils d'Utu (Le Dieu-soleil). Il devient Grand Prêtre "Patésis" et Roi "Lougal" (ou Lugal) et aurait régné 324 ans. Le texte ajoute "Qu'il vient dans la mer (?) et en sortit vers les montagnes et disparut". Il affirme sa domination sur la cité rivale de Kish. Parallèlement, à cette époque, deux autres importantes cités-États : Mari et Ebla se développèrent au Nord de l'Euphrate. Son fils Enmerkar (ou Enmer­Kar, v.2850-v.2830 ou v.2800-v.2780) lui succède. Il est le héros de plusieurs épopées. La Liste royale Sumérienne le donne comme le fondateur de la ville d'Ourouk. Toujours selon cette Liste il aurait régné 420 ans.

Vue de la Ziggourat d'Ur dégagée par L. Woolley

 

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       Lui succède Lougal-Banda le Pasteur (Lugalbanda, v.2830-v.2800 ou v-2780-v.2730), dont on ne connaît pas l'origine. Il semble qu'il arrive au pouvoir en épousant Ninsun (ou Nin-Sun), la fille d'Enmerkar. Elle est donnée dans l'épopée comme le Déesse Nin-Sun (La Dame buffle). Lougal-Banda aussi est le héros de plusieurs mythes. Des fouilles ont permis de retrouver deux textes épiques parlant de Lougal-Banda, mais aucun d'eux ne le mentionne comme Roi.

 

   Par contre ils nous informent sur sa carrière politique et militaire où il est apparemment un des généraux de l'armée d'Enmerkar. Comme cela a été confirmé par d'autres textes, cette carrière l'a amené, quelques années plus tard, à être choisie comme successeur d'Enmerkar sur le trône d'Ur. La Liste Royale lui attribue un règne de 1 200 ans. Il a trois enfants : Enmen-BaragesiI, Sulgi et Gilgamesh.

 

   Ces derniers ne vont pas régner tout de suite puisque la Liste royale donne comme successeur de Lougal-Banda, Dumizi le Pêcheur (ou Dumuzi, v.2800-v.2750 ou v.2730-v.2700). Il est originaire de Kuara dans le pays Sumer.

 

   À sa mort deux des enfants de Lougal-Banda vont se partager le royaume : Gilgamesh (ou Gis-Bil-Gin-Mes, v.2700-v.2660 ou v.2600) est Roi d'Ourouk et Shulgi (ou Sulgi v.2700- ?) sera Roi d'Ur. Va suivre une période d'un siècle ou Ur est complètement effacée par ses ex rivales Kish et Ourouk. La cité commence à reprendre de l'importance v.2600 avec ses Rois : Our-Pabilsag (? -v.2590), puis son fils A-Kalam-Dug (ou Akalamdug, v.2590-v.2570 ou v.2600-v.2580). Son nom, en Sumérien, signifie "Le Père du bon Pays". Quelques spécialistes le donnent comme le fils de Mes-Kalam-Dug, son successeur. Il ne figure pas sur la Liste Royale Sumérienne, mais il porte le titre de Lougal, comme son père. Il épouse Ashusikidingira. Son tombeaux, celui de son épouse et de Mes-Kalam-Dug, ainsi que de sa cour qui l'avait accompagné dans sa mort ont été retrouvés dans la nécropole royal entouré d'un trésor. Il contenait de nombreux objets façonnés en or, dont un casque d'or.

 

   Puis Mes-Kalam-Dug (ou Meskalamdug, v.2570-v.2560), dont le nom, en Sumérien, signifie "héros de la bonne terre". Il ne figure pas non plus sur la Liste Royale Sumérienne. Le nom de ce Roi est également mentionné sur un autre tombeau avec le titre Lougal (Roi), cependant l'archéologue Léonard Woolley suppose que ce tombeau n'était pas royal. Il épouse Ninbanda (ou Skoubad ?) et son fils lui succède.

 

   Mes-Anne-Padda (ou Mésannépada ou Mesanepada, v.2560-v.2525). Son nom, en Sumérien, signifie "héros choisi par le Ciel", il est parfois appelé Nanne. Il succède à son père Mes-Kalam-Dug, comme attesté par une inscription sur une perle en lapis-lazuli trouvée dans la cité de Mari. Sur la Liste Royale Sumérienne, il est le premier Roi énuméré pour la première dynastie d'Ur. Cette liste lui compte 80 ans de règne. Pour cette raison les spécialistes le reconnaissent comme le fondateur de la Première Dynastie d'Ur. Il s'empare des cités de Kish où il renverse le Roi Mesalim (ou Mesilim), de Nippur et d'Ourouk où il bat son Roi Lougal-kildou et il étend son pouvoir sur la basse Mésopotamie.

 

   Il fait des cadeaux aux Rois de Mari afin d'entretenir de bon rapport avec la cité. Il épouse peut-être Pu-Abi (ou Puabi, en Akkadien "Le monde de mon père") qui est indiquée en tant que "Reine". Pu-Abi, est connu en Sumérien en tant que Skoubad, qui est aussi identifiée comme l'autre nom de sa mère. Des inscriptions indiquent qu'elle était une "Nin", mot Sumérien qui peut désigner une Reine ou une Prêtresse. Il est tout à fait possible que Puabi ait cumulé les deux fonctions. Mes-Anne-Padda ne semble pas avoir été inhumé dans le cimetière Royal Mes-Anne-Padda a deux enfants: A-Ane-Pada et Mes-Ki’Ag-Nuna qui lui succédèrent.

 

Vue des tombes royales avec la ziggourat en arrière plan

  

   A-Ane-Padda (ou Aanapadda, v.2525-v.2485) va essayer de poursuivre l'œuvre de son père. Il aurait construit un temple au Dieu Ninhursag, à l'époque Obeïd et un enclos pour le Dieu Enlil, à Nippur.  Il ne semble pas non plus avoir été inhumé dans le cimetière Royal. Après sa mort la puissance d'Ur va s'effriter peu à peu, sous les règnes de ses successeurs qui vont perdre le contrôle de beaucoup de territoires, dont son frère Mes-Ki’Ag-Nuna (ou Meskiagnunna, v.2485-v.2450). À partir de cette époque, il semble que la dynastie de Lagash, avec son Roi Our-Nanshe (ou Ur-Nanshe, v.2490-2465) ait pris une certaine prédominance sur les autres cités et soit vite entrée en conflit avec la ville d'Oumma et avec la Ière dynastie d'Ur, à qui elle prend beaucoup de leur territoire. La Liste royale Sumérienne lui donne 36 ans de règne. Lui succède Elulu (v.2450-v.2445), puis Balulu (v.2445-v.2430), dont on ne connaît pas les liens de parenté et qui auraient régné respectivement 25 et 36 ans. Balulu sera le dernier Roi de cette dynastie. Il perd le contrôle de l'Empire et se fait envahir par les Élamites.

   Nous ne savons presque rien de la IIe dynastie, qui débute juste après. La Liste royale Sumérienne cite une IIe dynastie d'Ur avec les noms incomplets de quatre Rois qui auraient régné 116 ans. La citée est dominée par le Roi de Lagash E-Anna-Tum (v.2455-2425), puis le Roi d'Ourouk Lougal-Kinise-Dudu (2400-v.2380). Elle est crée par En-Sakus-Anna (ou  Enshakushanna, v.2430-v.2400). Il a un enfant qui lui succède, Lougal-Ibe (v.2400). Celui-ci garde le trône très peu de temps, il est remplacé par Nanne (v.2400- ?), puis son fils, Mes-Ki’ag-Nanna (ou Meskiagnanna, ? -v.2340) lui succède. Il va être le dernier Roi de la dynastie, adversaire malheureux du Roi d'Oumma Lougal-Zaggesi (2340-2316), fondateur de la IIIe dynastie d'Ourouk, qui exerce sa domination sur la ville. Ce dernier par ses conquête monte un petit Empire, mais qui ne lui survivra pas. Il est renversé par Sargon d'Akkad (2334-2279), qui fonde un Empire englobant Ur et ses territoires, qui va durer un siècle.

 

   Durant cette période, Ur participe à des révoltes contre les Rois d'Akkad, qui sont toutes matées sévèrement. Bien que l'histoire d'Ur de cette époque reste à peu près inconnue, on sait que la ville était déjà devenue prospère. Elle s'était enrichie par le commerce que favorisait sa position géographique sur Euphrate, en communication directe avec les marchés de Dilmun, Magan et Mélukhkha. Mais son activité semble s'être ralentie pendant la domination d'Akkad. Seul son temple de Nanna gardera son prestige, dont Sargon établit sa fille En-Hedou-Ana (ou Énhéduanna ou Enheduanna "vraie femme d'Inanna") Prêtresse du sanctuaire. La chute de l'empire d'Akkad qui tombe aux mains des Goutis permet aux différentes cités-États de reprendre leur indépendance.

 

 

Tête de taureau qui orne une lyre -

 tombe royale - Ur

   La civilisation Sumérienne va alors connaître une renaissance, notamment grâce aux villes de Larsa, Isin et surtout Lagash où son Roi Goudéa (ou Gudea) va s'illustrer et dominer la région. Puis c'est au tour Ur où le Roi Our-Nammou fonde la IIIe dynastie. La cité sous cette dynastie va devenir la capitale d'un nouvel Empire Sumérien. Cette dynastie de grands guerriers va reconquérir tous les territoires perdus et apporter à la région un siècle de prospérité.

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Autre vue des tombes royales  

 

    Our-Nammou (ou Ur-Nammu ou Namma Ur, 2113-2095 ou 2112-2085) dont le nom veut dire "Guerrier de la Déesse Nammou (ou Nammu)" est Gouverneur d'Ur sous le règne du Roi d'Ourouk, Our-Hegal (ou Utu-Hegal, 2123-2113). On ne sait pas de quelle manière, mais il lui succède sur le trône d'Ourouk. On sait que Our-Hegal abdique et que sa fille épouse Our-Nammou. Ce dernier ne s'installe pas à Ourouk, il établit la nouvelle capitale à Ur et re centralise l'administration. Après avoir fondé la IIIe dynastie il prend le titre de "Roi du Sumer et d'Akkad" et gouverne ainsi sur les villes d'Ur, d'Éridou, Larsa, Lagash où il soumet Nammahazi (2114-2111), Nippur et Ourouk.

               C'est un Roi très pieux, il restaure de nombreux temples dans le pays et permet leur bon fonctionnement en choisissant lui-même les Grand Prêtres et les Prêtresses dans les principaux sanctuaires. Sa propre fille devient Prêtresse de Nanna (Dieu-lune) à Ourouk. Ur retrouve avec lui sa splendeur d'autrefois. Il rehausse les remparts de la ville. Il fait construire un quartier religieux dominé par une grande ziggourat en brique cuite, appelée Étemennigurru (ou Etemenigur ou É.temen.Ni.Gùr.ru), dédiée au Dieu-lune Nanna (Sîn en Akkadien). À Nippur, il reconstruit le temple d'Enlil. Il développe l'économie par le creusement de voies fluviales et de canaux qui améliore l'irrigation et replante des dattiers.

 

  Il réorganise les deux ports, l'un à l'Ouest, sur l'Euphrate et l'autre au Nord de la ville, sur un canal qui l'entourait en partie. Il soude des alliances diplomatiques en donnant ses enfants aux Rois des États voisins, sa fille épouse le gouverneur de Mari. Il lance des campagnes dans la riche vallée du fleuve Khābūr, on connaît le nom d’un souverain de la région qui va le confronter, le Roi d’Urkesh, Tish-atal. Sous son règne la littérature connaît, elle aussi, un grand essor avec de nouveaux genres littéraires, dont les hymnes royaux. Une stèle en son nom érigée à Ur, retrace l'ensemble de ses activités.

 

   Des tablettes trouvées à Nippur et Sippar, qui lui ont été attribuées, nous ont conservé un code de lois (37 lois) qui semble t-il serait plutôt dû a son fils et successeur Shulgi. Il est tué sur le champ de bataille. On a retrouvé un poème Sumérien "La Mort d'Our­Nammou", qui nous dit que le Roi fait une visite aux Dieux de l'Enfer suite à sa mort sur un champ de bataille où il avait été abandonné "comme un pot broyé" (Après avoir été abandonnée par son armée). Le musée de l'université de Pennsylvanie a reconstitué une stèle fragmentaire où l'on voit, notamment, le Roi faisant une offrande devant une divinité assise sur un trône (Ningal ?). 

 

   Shulgi (ou Sulgi ou Shoulgi, 2095-2047) dont le nom veut dire "Noble jouvenceau", comme son père, Our-Nammou, voit son règne consacré à des travaux de réfection ou de construction des temples, en particulier à Nippur. C'est lui le véritable fondateur de l'empire d'Ur et le réorganisateur de l'État. Il crée et améliore les voies de communication du pays. En l'an 17 de son règne, il se lance dans une période de réforme très novatrices pour parer aux faiblesses de son royaume. Il bouleverse le système judiciaire par la création d'un code de loi (Que l'on attribue aussi à son père). Il unifie le système des impôts dans l'empire avec l'introduction d'une nouvelle formule de taxation (Le hala) avec l'installation de centres de redistribution des biens.

 

   Cet impôt touchait les plus riches, afin de faire circuler les biens. L'impôt était payé en général sous la forme de bétail. Il unifie l’étalon monétaire (Mine et sicle d’argent), le système des poids et mesures (Silà) et les calendriers des principales villes du royaume. Il réorganise l'armée et crée une administration centralisée efficace et très contrôlée. À partir de l'an 24 de son règne, il se lance des campagnes militaires qui vont porter son empire à son apogée. Il en effectuera onze dans le Nord, au Kurdistan, pour s'assurer le contrôle de la grande route qui remontait le Tigre vers l'Arménie.

 

   Ces campagnes lui assureront la domination totale de cette région dont le gouvernement était installé à Simurum. Puis il en fera contre Anshan qui devient un État vassal et l'Élam où il prend Suse et il y installe un gouverneur Sumérien. En l'an 37, Shulgi fait construire des remparts dans tout le pays et fait édifier entre le Tigre et l'Euphrate un mur pour contrer la menace que constituaient les Amorrites.

 

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Lettre au Roi Shulgi d'un haut fonctionnaire. 1722 - Babylone

   Durant les six dernières années de son règne, il va s'épuiser de campagnes militaires en campagnes militaires. Il tente d’arrêter la progression de la Dynastie de Simashki (Élam) en mariant une de ses filles, Nialimmidashu au Roi de Warahshe Libanukshabash (v.2080-v.2060) et une autre au Roi d'Anshan. Shulgi sera adoré comme un Dieu. On lui éleva des temples où l'on déposa des offrandes aux pieds de ses statues. Il meurt victime d'une épidémie (ou assassiné) et est enterré dans un tombeau en forme d'hypogée (Retrouvé par Woolley) à deux étages dont les ruines subsistent encore de nos jours à proximité du vieux cimetière royal d'Ur, avec deux concubines (ou épouses secondaires), Geme­Ninlila et Shulgi-Simti. On connaît mal sa famille. Une inscription nous a livré le nom de son épouse principale, Geme-Su'ena et ses trois fils vont lui succéder.  

      

   Amar-Sin (ou Amar-Su’en ou Amarsuen, 2047-2038) dont le nom veut dire "Taurillon de Sîn" est l'aîné. Il continu l'œuvre de son père et comme lui il se nomme "Le dieu soleil", c'est sous ces deux Roi que le Sumer atteint son apogée. Il réussit à agrandir l'empire en y annexant une partie de l'Assyrie et en s'emparant d'Assur. Il défend le pays en menant deux campagnes au Kurdistan et une autre dans les montagnes de l'Élam. Chaque province est tenue de verser,  par un système de redevance, un

impôt partagé entre la capitale administrative Ur et la capitale religieuse Nippur. Les pays vassaux versent quant à eux un tribut sous forme d'argent ou de bétail. Malgré son organisation la IIIe dynastie d'Ur va s'effondrer progressivement. D'après quelques spécialistes, Amar-Sin serait probablement mort d'une infection plantaire. Comme son père, il sera déifier. Il demanda à être enterré dans la même tombe que son père. Il épouse Abi-Simti (ou Abî-Simti), sans enfants c'est son frère lui succède.

 

   Su-Sin (ou Shu-Sin ou Shu-Suen ou Gimil-Sîn, 2038-2029) dont le nom veut dire "Celui de Sîn", deuxième fils de Shulgi succède à son frère. Quelques spécialistes avancent qu'en fait, Su-Sin serait le fils d'Amar-Sin. Dès son intronisation il doit faire face à des révoltes contestant son autorité au Nord. Sous son règne, se profile aussi une menace sur la frontière de l'Ouest. Dés le début du IIIe millénaire des tributs sémites d'Amorrites (Que les Sumériens appelaient "mar-tu" nomades) franchissent périodiquement l'Euphrate. Petit à petit elles se sédentarisent en Mésopotamie et plus tard en Palestine et en Syrie du Nord, assimilées ensuite aux populations autochtones.

 

   Mais à la fin du IIIe millénaire, cette immigration se développe considérablement par l'Ouest du pays, mettant les Sumériens sur la défensive. Su-Sin fait alors renforcé le mur défensif de 275 kms de long ériger par son père. Il marie une de ses filles à un Prince d'Anshan et une autre au fils du Roi de Simanum (Ville près de l'Assyrie), mais ce dernier est chassé de son trône, il va alors venir en aide au beau-père de sa fille et mater la rébellion. Il fait déporter les insurgés dans la région de Nippur, où l'on construit une ville pour les installer. Il épouse Kubatum et son frère Ibbi-Sin lui succède. Pour lui aussi quelques spécialistes prétendent qu'Ibbi-Sin est son fils.

 

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Le site d'Ur aujourd'hui Étendard représentant la paix – Tombe royale d'Ur

Autre vue de la Ziggourat d'Ur

  

   Ibbi-Sin (2029-2004) doit à son arrivée au pouvoir lutter contre les Hourrites (Futur royaume du Mitanni). En l'Élam, il soumet Suse puis le pays d'Anshan qui s'étaient révoltés, mais usé par des guerres incessantes l'Empire s'effrite. Face à la faiblesse du pouvoir central les cités-États reprirent leur indépendance. En 2027-2026, c'est la ville d'Eshnunna sous l'impulsion de Ilushu-Ilia (2027- ?), puis Suse, Lagash et Oumma. À la même époque les Amorrites envahissent le Sumer, coupant les routes entre la capitale et le reste du pays. La perte des revenus apportés par les impôts de ces cités fait cruellement défaut à l'économie de Sumer qui s'enfonce dans l'inflation et la pénurie. Les guerres provoquent la destruction des récoltes et la famine dans le royaume. Ibbi-Sin envoie le gouverneur de Mari, pour se procurer du grain à Isin, mais les Amorrites coupent la route et empêchent le ravitaillement.

 

   À Isin, Isbi-Erra (ou Isbi-Erra, 2017-1985) profite de cette situation et en 2017, il proclame l'indépendance de la région et repousse les envahisseurs Amorrites. Il s'empare de Nippur, de Kish et d'Eshnunna et avec l'aide des Élamites il conquiert les États voisins. Pour contrer la menace Ibbi-Sin ordonne la construction de fortifications importantes dans les villes à Ur et Nippur, mais ces efforts ne suffise pas à arrêter les raids et à garder l'empire unifié. En 2009, la Mésopotamie est coupée en deux : Ibbi-Sin à Ur et Isbi-Erra à Isin. En 2007-2006, le Roi Élamite Kindattu s'allie à Suse, traverse le Tigre et attaque Ur où Ibbi-Sin s'est retranché. Isbi-Erra vient au secours de la cité et la sauve de l'invasion, mais en 2004, la coalition lance une nouvelle offensive et prend la ville qui est mise à sac. Les habitants qui ne pouvaient pas s'enfuir sont égorgés. Ibbi-Sin est fait prisonnier et exilé en Anshan. Il sera le dernier Roi de la dynastie.

 

 

Autre vue de la Ziggourat d'Ur dégagée par L. Woolley

 

  À partir de cette époque la région va passer sous la prédominance des Amorrites, qui vont créer plusieurs royaumes depuis les citées dont ils ont le contrôle. Pendant les siècles qui vont suivre les Rois des puissances qui vont se succéder vont prendre le titre de Roi d'Ur. De 2004 à 1998 ce sera les Rois de l'Élam, de 1998 à 1924 ceux d’Isin de la Ière dynastie, de 1924 à 1763 ceux de Larsa. Avec notamment Rim-Sin I (1822-1763), fils (ou frère, selon certains spécialistes) de Warad-Sin, qui en 1799, est confronté à une coalition menée par le Roi de Babylone Sin-Muballit (1813-1793) et qui perd Ur.

 

   À la mort de Sin-Muballit, en 1793, Rim-Sin I profite de l'occasion, passe à l'offensive et reprend Ur, puis Ourouk et Isin. Mais il est incapable d'exploiter sa victoire. En 1787, il ne put résister à l'invasion du nouveau Roi de Babylone, Hammourabi (1792-1750), qui lui reprit ses trois possessions. En 1763, Rim-Sin I est une deuxième fois vaincu par la coalition du Roi de Mari, Zimri-Lim (1775-1761) et Hammourabi, qui se rend maître de la Mésopotamie. Sous le règne de Rim-Sin I les arts, particulièrement les vieilles écoles Sumériennes de scribes, sont encouragés.

 

    En 1741, un soubresaut de Larsa voit l'arrivé sur le trône de Rim-Sin II (1741-1736) qui se proclame Roi de Larsa, d'Ourouk et d'Ur, mais il va être opposé au Roi de Babylone Samsu-Iluna (ou Samsou-Ilouna, 1750-1712) dont il était le vassale. Il est vaincu devant Kish et meurt dans son palais. Suite à cet affrontement, Samsu-Iluna pille et incendie la ville d'Ur puis fait abattre ses murailles et ses temples. Il fera de même avec la ville d'Ourouk. Les Babyloniens garderont le titre de Roi d'Ur jusqu'en 1235, puis ce sera de 1235 à 1227 les Assyriens. De 1227 à 729 une nouvelle fois Babylone. De 729 à 626 à nouveau l'Assyrie et de 626 à 539 l'empire néo-Babylonien où la cité sera restaurée par le Roi Nabuchodonosor II (605-562). Mais elle sera abandonnée au IVe siècle av.J.C suite à un changement du cours de l'Euphrate. 

 

 

Le Site

   

   La ville s'étendait sur une superficie de 1,2 km sur 700 m et était défendue par un haut rempart. La grande enceinte sacrée occupait la partie Nord de la cité et mesure 350 m sur 200 m. Elle est entièrement dédiée au Dieu Nanna (Dieu de la lune). On entrait dans la ville par des portes monumentales qui abritaient les édifices les plus importants. Ur comprenait deux ports sur l'Euphrate, l'un au Nord l'autre à l'Ouest. L'ensemble de la cité est construit en briques crues. Son plan cadastral a un tracé irrégulier et très complexe, les murs se superposant à d'anciennes structures.

 

   On trouvait dans la cité : La ziggourat, sur trois étages, appelée Étemennigurru (ou Etemenigur É.temen.Ni.Gùr.ru, "Maison au fondement imposant"), dédiée au Dieu-lune Nanna. Le premier étage avait une base d'environ 63 m de longueur pour 43 m de largeur et une hauteur de 11 m. Le second faisait 36 m de longueur pour 26 de largeur et une hauteur estimée à un peu moins de 6 m. Au sommet se trouvait un temple dédié au Dieu Nanna/Sîn.

   

   On y accédait par trois escaliers situés sur la face Nord-est, qui se rejoignaient au niveau du premier étage pour former un escalier central. Autour de la ziggurat se trouvait la zone sacrée dédiée au dieu Nanna/Sîn. Contre La face Nord-ouest de la ziggourat se trouvait l'Ekishnugal "le temple de la grande lumière", le temple du Dieu-lune.  À côté du temple, la grande cour servait de centre administratif au temple, il s'y trouvaient trois grands autres complexes monumentaux :

 

Masque retrouvé dans une tombe de Kalkhû (Nimrud)

 

 Les magasins du temple, vaste de 80 m de côté et des comptoirs étaient disposés autour de la cour centrale, la résidence officielle de la Grande Prêtresse du Dieu Nanna, L'Enunmah "Temple du très-haut Orince"  où l'on entreposait les trésors du temple, un palais royal qui ne servait qu'à l'occasion des cérémonies officielles, le palais ou résidaient les Rois se trouvant dans la ville voisine de Nippur. L'Égipar servait quant à lui de résidence pour la Grande Prêtresse du temple, souvent issue de la famille royale. Des habitations appartenant aux Prêtresses Entu ont été retrouvées.

 

Jeu en coquillage, os et lapis-lazuli - Tombes royales

   Dans l'enceinte, situé au Sud du temenos de Nanna, se trouve la nécropole royale, ou plutôt les tombes royales découvertes par L.Woolley. Les fouilles ont mis au jour 1 850 tombes dont les dates se situent entre 3000 et 2300 (Quelques spécialistes disent 2100). Parmi celles-ci, 16 sont considérées comme des tombes royales. Cette hypothèse est fondée sur la richesse du mobilier recueilli, le fait que les tombes étaient maçonnées et les titres (Lougal pour les hommes, Nin pour les femmes) qui accompagnaient les noms de quelques-uns des personnages qui y étaient ensevelis.

   

    Le propriétaire de l'une d'entre elles (n° 1050), A-Kalam-Dug (ou Akalamdug, v.2590-v.2570), s'est fait ensevelir avec une cinquantaine de personnes. Ces tombes contenaient : De la vaisselle de luxe, des armes finement réalisées, des poignards en or notamment, l'étendard d'Ur est une œuvre (20 cm de haut sur 47 de long), un char de trait que l'on a pu remonter, des objets d'orfèvrerie, d'une qualité et d'une finesse extrême, une lyre de bois, décorée d'une tête de taureau, un bouquetin agrippé à un buisson etc... Au Nord de la nécropole les archéologues ont retrouvé la tombe de la Reine Pu-Abi (ou Puabi, en Akkadien "Le monde de mon père")l'épouse de Mes-Anne-Padda, accompagnée des femmes de son entourages qui l'on suivi dans sa mort.

 

    La parure sur le visage de la Reine est en or. Le diadème est constitué de feuilles d'or. La Reine avait aussi de nombreux colliers réalisés en or, lapis-lazuli, cornaline et d'autres pierres précieuses. À l'exception des 16 tombes dont les possesseurs sont identifiés, on ne connaît ni les noms ni la condition sociale des autres occupants des 1850 tombes. Il est possible, comme l'a suggéré Susan Pollock, que n'ait été enseveli là, à peu de distance du Temenos, que le personnel du haut clergé du temple de Nanna et les dignitaires du palais.

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la ville et son histoire voir les ouvrages de :

 

Stéphane Bataillon :

- A Sumer, les premières villes du monde : Bienvenue dans la cité d'Ur, Images Doc : des découvertes plein les yeux, 2004.

Hans Baumann :

- In the Land of Ur; the discovery of ancient Mesopotamia, Pantheon Books, New York, 1969.

Michael D.Danti et Richard L.Zettler :

- Ur, Sumer and its city-states, Cobblestone Pub., Peterborough, 2003.

Douglas Frayne :

- The royal inscriptions of mesopotamia, Early periods, Old Babylonian Period, 2003-1595 B. C v. 4, Royal Inscriptions of Mesopotamia, University of Toronto Press, Décembre 1990.

Charles Guillaume Janneau :

- Une dynastie chaldéenne : les Rois d'Ur, Librairie Paul Geuthner, Paris, 1911.

Gwendolyn Leick :

- Mesopotamia : The invention of the city, Penguin, London, 2002.

Henri Limet :

- Le travail du métal au pays de Sumer au temps de la IIIe dynastie d'Ur, Les Belles Lettres, Paris, 1960. Joan Oates :

- Ur and Eridu, the Prehistory, pp. 32-50, Iraq 22, vol. 22, 1960.

Piotr Michalowski :

- The lamentation over the destruction of Sumer and Ur, Eisenbrauns, Winona Lake, 1989.

André Parrot :

- Villes enfouies; trois campagnes de fouilles en Mésopotamie ..., Editions "Je sers", Paris, 1934.

Hartmut Schmökel et Lily Jumel :

- Le monde d'Ur, Assur et Babylone, Buchet/Chastel, cop. Paris, 1957.

Eva Strommenger et Max Hirmer :

- Ur, Hirmer Verlag, München, 1964.

Leonard Woolley :

- Ur : histoire d'une decouverte, Albert Guillot, Paris, 1957.

- Discovering the royal tombs at Ur, Joint Expedition of the British Museum and of the Museum of the University of Pennsylvania to Mesopotamia, Macmillan, New York, 1969.

Leonard Woolley et Jeanne Rogier :

- Ur en Chaldée, ou, Sept années de fouilles, Payot, Paris, 1949.

Richard L.Zettler, Lee Horne, Donald P.Hansen, Holly Pittman :

- Treasures from the royal tombs of Ur, University of Pennsylvania, Museum of Archaeology and Anthropology, Philadelphia, 1998.

 

 Pour plus de détails voir aussi : Le Sumer - L'Akkad

 

 

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