|
|
|
L'origine....... |
|
Vers la fin du VIe millénaire, le dessèchement du Proche Orient rend les plateaux désertiques et découvre dans les vallées de vastes territoires propres aux cultures. Vers 3500, des populations : Sémites (Akkad ou Accad) et Sumériennes vont s'y installer. Les Sémites occupent un territoire entre le Tigre et l'Euphrate et les Sumériens celui du fond du Golf Persique. La Mésopotamie va se trouver partagée en Cités-États, qui vont connaître des fortunes et histoires diverses et vont être en état de guerre quasi permanent. La civilisation Sumérienne va s'épanouir une première fois entre 2700 et 2300. Les premières dynasties vont émerger des villes d'Éridou, Lagash, puis Ourouk, le centre religieux. Cette période correspond à l'ère d'Ourouk ou celle de Djemdet Nasr.
Après la conquête du Sumer par Sargon l'Ancien, la citée qu'il construit, Akkad, deviendra la ville la plus puissante et son nom sera attribué à toute la région. Cette époque de prospérité sera brutalement interrompue par l'invasion des Goutis (ou Gutis, vers 2200). La civilisation Sumérienne va alors connaître une renaissance. Elle sera dirigée par la cité d'Ur où le Roi Our-Nammou (2113-2095) fonde la IIIe dynastie. Cette dynastie de grands guerriers va reconquérir tous les territoires perdus et apportera à la région un siècle de prospérité. Mais face à la faiblesse du pouvoir central les Cités-État vont reprendre leur indépendance. En 2027-2026, c'est la ville d'Eshnunna sous son Roi Ilushu-Ilia, puis Suse en Élam, Lagash et Oumma, enfin en 2017, Isin avec Isbi-Erra (ou Ishbi-Erra, 2017-1985). En 2004, le Roi Élamite Kindattu (v.2007) attaque Ur, la ville est mise à sac et son Roi Ibbi-Sin est fait prisonnier et exilé en Anshan. |
|
La ville de la région d'Akkad qui a la puissance de rivaliser avec les cité Sumériennes est Kish. Elle devient très vite importante car elle contrôle les voies commerciales entre le Sumer et l'Akkad. Une autre ville marque le territoire par son importance, c'est Nippur, qui est un grand centre religieux où demeure le Dieu Enlil. Avec l'arrivé au pouvoir de Sargon et celui de ses successeurs immédiats c'est sa nouvelle cité, Akkad (Agade), qui va prendre le relais et assurer son l'hégémonie sur la région. La ville devient vite la plus prospère, elle s'enrichit surtout grâce aux tributs versés par tous les pays conquis par Sargon, comme les villes de Mari, Ebla et celles de l'Élam. Akkad devient le centre d’un commerce international, on y trouve toute sortes de richesses comme : Des pierres précieuses d'Afrique orientale, de l'argent du mont Taurus, du lapis-lazuli provenant du Pamir, du bois de cèdre du Liban. La cité s’embellit aussi de monuments cultuels dont celui d'Inanna (Déesse tutélaire de la cité), à laquelle les peuples soumis sont obligés faire de nombreuses et riches offrandes.
Cette époque se caractérise par le pouvoir absolu du Roi qui installe des garnisons et sa propre administration dans les cités conquises et impose son clergé. Cette domination de la cité va se faire encore ressentir sous les successeurs de Sargon, comme Rimush, Manishtousou, Naram-Sin et Sar-Kali-Sarri, mais l'Empire qu'il a érigé est trop étendu pour les moyens de l’époque et ces souverains vont vivre dans l'insécurité. Sar-Kali-Sarri par exemple, dès son accession au trône en 2218, doit faire face à une invasion des Amorrites. Puis les Élamites mettent le siège devant Akshak, au Nord d'Akkad. L’Empire d'Akkad sombre dans l’anarchie. En 2193, les Goutis, des montagnards descendus du Zagros, mettront la touche finale à son effondrement. Ils s’emparent du pays qu’ils saccagent. Après Sar-Kali-Sarri d'autres Rois montent sur le trône d'Akkad mais leur pouvoir est très faible, ils doivent composer avec les souverains des autres états de Basse Mésopotamie qui ont repris leur indépendance comme à Ourouk ou Lagash. Il restera de l'Empire d'Akkad, ses réalisations politiques et culturelles. On y parlait une langue sémitique, aujourd’hui appelée l'Akkadien, les signes cunéiformes Sumériens furent adaptés à l'Akkadien qui était la langue officielle. |
|
L'histoire....... |
||
|
Sargon d'Akkad (ou Sargon l'Ancien, 2334-2279) est le grand fondateur de ce qu’on appelle l'Empire
d'Akkad. Il n'est pas de sang royal et nous
ignorons même son vrai nom, car son
nom de règne, Sarru-kin (ou Sharrum-kin ou sharrukenu ou sharrukin)
est un surnom qui signifie "Roi légitime". Son origine est
entourée d'une légende relatée dans des textes des époques
néo-Assyriennes et
néo-Babylonienne,
soit près de quinze siècles après les événements.
Cette légende nous raconte qu'il serait le fils d'une Prêtresse, qui l'aurait mis au monde en secret à Azupiranu, ville qui est située sur les bords de l'Euphrate et l'aurait abandonné sur le fleuve dans une corbeille de jonc dont elle ferma l'ouverture avec du bitume. Il aurait été récupéré et élevé par Akki (ou Aqqi) qui l'adopta et l'éleva comme son fils. Sargon était un jardinier et la Déesse Ishtar se serait prise d'amour pour lui. Il devient ensuite ministre (échanson) du Roi de Kish, Our-Zababa (ou Ur-Zababa, 2370-2334) contre lequel il finit par se rebeller et grâce à l'aide d'Ishtar, il détrône ce dernier et devient Roi.
Une autre version de la fin de cette histoire est le témoignage de certains textes qui nous apprennent que Sargon était bien l'échanson du Roi de Kish, Our-Zababa. Il aurait été choisi par ce Roi comme son héritier et aurait dû fuir et fonder la cité d'Akkad parce que le Roi d'Oumma et d'Ourouk, Lougal-Zaggesi (v.2340-2316 ou 2359-2335) avait conquis Kish et mis à mort Our-Zababa ? |
Sargon sur un soubassement de Khorsabad - |
|
|
Outre ces légendes, ce qui est sur c'est que Sargon une fois au pouvoir commence ses campagnes militaires et s'empare des principales cités Sumériennes, dont en 2316, Ourouk. Dans cette dernière, il y combat Lougal-Zaggesi qui régnait depuis la cité. Il détruit les remparts de la ville et capture Lougal-Zaggesi. Il l'emmène dans un carcan, dans la ville sainte de Nippur et l'offre en sacrifice au Dieu Enlil. Il prend ensuite Lagash et Ur et devient ainsi maître de toute la Basse Mésopotamie. Ses victoires marquent le début de la domination Akkadienne sur la Mésopotamie. Il continu sa progression et soumet au Sud : L'Élam, le Zagros et Anshan. On ne sait pas avec certitude jusqu'où s'étendait son Empire. D'après une autre légende, il aurait embarqué des troupes et aurait trempé ses armes dans le golfe Arabique, où il aurait conquis l'île de Dilmun (Royaume correspondant à l'actuel Bahreïn) ce qui n'a rien d'impossible. |
||
|
Vers le Nord et l'Ouest, il soumet, vers 2300, le royaume Amorrite Mari et Ebla, l'Amanus (Entre la Cilicie et la Syrie), la région du fleuve Khābūr (ou Habur, actuelle Haut Djézireh), dans l'extrême Nord de la Syrie, avec les villes d'Urkesh et Nagar (Tell Brak), à l'Est de l'Euphrate il franchit le mont Taurus. Là, la légende dit, dans l'épopée du "Combat du Roi", qu'il "s'élance vers les Montagnes claires et la forêt de cèdres" (Liban).... Sargon, Roi de Kish, remporta trente-quatre batailles, il détruisit les fortifications jusqu'au rivage...... Sargon se prosterna en prières à Tuttul, devant le Dieu Dagan, qui lui donna tout le Pays Supérieur, les royaumes de Mari, Yarmuti et Ebla jusqu'à la forêt des cèdres et aux Montagnes de l'argent... Sous prétexte de défendre des marchands opprimés, il s'empare du pays d'Ibla (Hatti) où se trouve Parsuhanda (Purushkhanda) la ville du Dieu Dagan (ou Dagon, Dieu des semences et de l'agriculture). Toutes ces campagnes lui permettent de rapporter les matières premières qui manquaient aux villes de son Empire comme du bois, du cuivre, de la diorite, du lapis-lazuli, des dattes etc... |
|||
|
À la fin de son règne, il doit faire face à des révoltes et soutenir un siège dans sa propre capitale d'Akkad. Il réussit à vaincre l'émeute et poursuit les rebelles jusqu'au Subartu (ou Soubartou ou Subartum, haut Djézireh) avec l'aide de son fils Rimush. On ne possède qu'un monument contemporain de Sargon, une stèle en diorite triomphale retrouvée à Suse (À l'état fragmentaire) qui est aujourd'hui au musée du Louvre. Elle est sculptée de bas-reliefs où les personnages sont représentés dans la tradition Sumérienne. On y voit un soldat Akkadien qui tient sur son épaule droite une épée et qui empoigne de l'autre main un prisonnier entièrement nu, les poignets liés dans le dos. Dans un autre endroit, qui est en partie effacée, on voit des prisonniers assis ou agenouillés, cette scène a été interprétée comme un massacre. |
Sargon - Statuette d'ivoire |
||
|
Dans sa capitale Akkad, Sargon fait élargir le port pour y accueillir des plus gros navires. Il fait construire un immense palais et des doubles remparts de fortifications. Il crée un service de poste avec des officiers tous les 50 km. Il épouse Tashlutum (ou Ashlutum ou Tashloutoum) et outre ses deux fils Rimush et Manishtousou qui lui succèdent, il a trois autres enfants : Ibaroum, Abaish-Takal et En-Hedou-Ana (ou Énhéduanna ou Enheduanna "vraie femme d'Inanna") qui sera Prêtresse de Nanna (Dieu-lune) dans son temple à Ur. Son Empire est trop étendu pour les moyens de l’époque et ses successeurs vont vivre dans l'insécurité. |
|||
| Campagnes de Sargon le Grand d'Akkad |
|
|
Cliquez sur un nom de ville ou de région
|
Rimush (ou Ouroumoush ou Alu-Usharsid ou Urumush, 2279-2270) succède à son père au détriment de son frère, qui était pourtant son aîné. Quelques spécialistes affirment qu'ils étaient jumeaux. Il hérite du trône dans une situation politique insurrectionnelle qu'il réprime avec violence. Les premières années de son règne sont occupées à réprimer ces révoltes qui ont éclatées à la mort de Sargon. Les inscriptions le concernant, rapportent la répression sur les villes du Sumer, d'abord Ur, qu'il ravage et dont il capture le Roi. Ce qui pourrait faire penser que la ville avait retrouvé son indépendance pendant suffisamment de temps pour avoir un nouveau Roi. Puis Oumma où il tue plus de 8 000 hommes. Il combat aussi contre Lagash, Girsou (ou Girsu, Tello aujourd'hui) et Adab. Rimush poursuit ensuite sa campagne jusqu'à la mer Inférieure (Le golfe Persique), au cours de laquelle il fait 5 700 prisonniers. La troisième année de son règne, il conduit une campagne en Élam, d'où il rapporte un important butin. Mais l'Élam reforme une coalition pour reprendre le combat. Rimush les bat et tue, selon les inscriptions, 16 212 hommes et fait 4216 prisonniers. Parmi les alliés des Élamites, on trouve les habitants de Mélukhkha, de Gupin et les Rois Sidgau et Abalgamash de Warahshe.
Ce dernier territoire est aussi mentionné dans les textes de Goudéa à propos d'un bois très rare que l'on ne trouve que là et qui semble être sur la côte Nord du golfe Persique. Il semblerait donc que Rimush ait poussé son incursion jusque dans l'actuel Kermân. Il est assassiné par ses serviteurs. Il est possible que son frère Manishtusu, qui lui succéda, soit impliqué dans le complot. |
|
|
Manishtusu (ou Man-Istusu ou Manishtusu ou Manishtousou, 2270-2255), frère de Rimush, lui succède après que celui-ci ait été assassiné. On ne sait pas si Manishtusu participa à l'attentat. Des révoltes du plateau de l'Iran vont le contraindre à mener une campagne vers Anshan et Shérikhum (Contrée sans doute située dans la région du Fars actuel). Puis selon les textes, il fait traverser le Golfe Persique à sa flotte. De l'autre côté de la mer, trente-deux villes du pays de Magan (Oman actuel) se liguent contre lui, mais il les bat. Il tue leurs Rois et pille les mines d'argent. Cette campagne reste sujette à discussion. Il semblerait plutôt que sa flotte ait fait une incursion sur les rives de l'extrémité du Golfe Persique, soit vers le Kermân, soit vers l'Oman. Manishtusu est assassiné à la suite d'une conspiration. Deux petits "monuments" de ce Roi, contenant énormément d'inscriptions ont été retrouvés. Le premier est appelé "Monument Cruciforme", il a été exhumé à Sippar par Rassam en 1831 et se trouve au British Museum.
Il est considéré comme autobiographique, sans doute parce qu'il débute par les formules habituelles "Je suis Manishtusu le fils de Sargon, le Roi puissant de Kish........". En fait, l'essentiel de l'inscription est relatif à la libération par le Roi de trente-huit cités. Le second, "La pyramide de Manishtousou ", a été retrouvé à Suse et est exposé au musée du Louvre. C'est un bloc de diorite de 1,40 m de haut recouvert sur ses quatre faces d'inscriptions. Elles rapportent l'achat par le Roi de nombreux terrains afin de constituer un grand domaine foncier. Dans chacun de ces textes, le Roi mentionne soit les terrains acquis, soit les denrées mises à la disposition du Dieu. On a aussi découvert à Suse : Deux bas de statue du Roi, dont l'une est en diorite et qui sont aujourd'hui au musée du Louvre et un buste du souverain dans la tradition Sumérienne. On ne connaît pas le nom de son épouse mais il est le père de Naram-Sin et de Meshalim. |
|
Naram-Sin (2255-2218) "Le Dieu" (d'Akkad), succède à son père Manishtousou. Lui aussi est un grand guerrier et un bon administrateur. Une grande part de son règne s'est passé en campagnes militaires et Naram-Sin s'est révélé un stratège et un tacticien exceptionnel. Comme pour tous les Rois d'Akkad, l'essentiel de nos connaissances sur sa vie repose sur des textes écrits, dans son cas, plus de quatre siècles après les événements. C'est le cas, du récit littéraire de la "Grande rébellion". Au moment de son avènement Naram-Sin doit faire face à un soulèvement général de toutes les provinces, de la Syrie à l'Élam.
Il mate férocement la révolte des villes de Kish, Nippur et Ourouk. Selon les versions de la "Grande rébellion" (Trois paléo-Babyloniennes et une Hittite), il aurait vaincu soit dix-sept, soit onze Rois coalisés. Puis il pacifie un territoire allant de la Syrie à l'Asie Mineure, comme en témoignent des stèles de victoire trouvées à Diyarbakir et à Suleymanieh, dans l'est de la Turquie, ce qui confirme d'autres inscriptions plus tardives d'une tablette d'argile. Naram-Sin soumet les villes de Mari, Ebla et Alep. Au Nord, il mène des expéditions contre les Hourrites.
Il se tourne ensuite vers le Sud et conquiert l'Élam où il place un Gouverneur dans sa capitale, Suse puis conquiert Awan. Il pousse ses expéditions jusqu'à Magan (Oman), où il bat son Roi, Manium. Il semble même que Naram-Sin se soit enfoncé plus profondément encore dans le plateau Iranien, presque jusqu'à la vallée de l'Indus. Une année, il aurait remporté neuf victoires successives sur ses ennemis. Il soumet Satuni, le Roi des Loulloubis, peuple originaire de Perse et installé dans le Zagros et les Araméens. Il restaure l’intégrité de l’Empire et se fait proclamer "Roi des quatre nations". |
||
|
Son règne voit l'arrivée d'un autre danger, les Goutis, considérés comme des barbares par les Mésopotamiens, ils sont originaires du Zagros et lancent plusieurs attaques contre leur grand voisin. Naram-Sin est aussi un grand bâtisseur. Outre le palais qu'il se fait bâtir, il reconstruit les temples. Entre autres, celui d'Inanna à Adab, celui de Shamash à Sippar, celui de Nanna-Suen à Ur, dont il fait Grande Prêtresse sa fille, En-men-ana (ou Enmenana). À Akkad, il fait bâtir un temple de Sin et un temple pour lui-même et fait achever la construction de celui dédié à d'Ishtar. Il aurait encore restauré celui d'Enlil à Nippur. Il est le premier souverain Mésopotamien à être divinisé de son vivant, sans doute vers la fin de sa vie.
Malgré l'importance et la longueur de son règne, il ne nous est parvenu que peu de représentations de lui. La plus importante est une stèle de grès rose, de 2 m de hauteur sur une largeur maximale de 1,05 m, trouvée à Suse, mais érigée à Sippar, qui est aujourd'hui au musée du Louvre. On y voit le Roi, coiffé d'un casque à deux cornes, escaladant une montagne en forme de cône, surmontée par des symboles divins et semblant marcher sur des ennemis vaincus. Le musée d'Istanbul possède un fragment de stèle en basalte de 55 cm de hauteur, provenant de Pir-Hussein (Kurdistan Turc), où l'on voit le Roi de profil, vêtu d'une tunique et coiffé de la tiare conique. Les dernières années du règne de Naram-Sin marquent le début du déclin de l'Empire d'Akkad.
Naram-Sin a été représenté dans l'histoire comme un Roi néfaste par qui le malheur s’est répandu en Akkad, peut-être en raison de la mise a sac du sanctuaire de Nippur qu'il avait commandé. On peut penser que les Prêtres ne sont pas étrangers à cette réputation qui lui a été faite. On ne connaît pas le nom de son épouse et outre son fils Sar-Kali-Sarri (ou Shar-Kali-Sharri) qui lui succède et sa fille En-men-ana (ou Enmenana) Prêtresse, on lui connaît sept autres enfants : Bin-kali-Sarri (ou Bin-kali-Sharri) qui était l'aîné des fils, Lipit-Ili qui fut gouverneur de Marad, Nabi-Ulmash qui fut gouverneur de Tutu (ou Toutou), Ukkin-Ulmash, Simat-Ulmash, Shum-Shani qui fut Prêtresse de Shamash à Sippar et Tutar-Napshum qui fut Grande Prêtre d'Enlil à Nippur. |
||
|
L'Empire d'Akkad sous Naram-Sin |
|
Sar-Kali-Sarri (ou Shar-Kali-Sharri ou Sarkalisarri, 2218-2195) succède à son père bien qu'il ait eu un frère aîné, Bin-kali-Sarri (ou Bin-kali-Sharri). Dans sa titulature, "Fils bien-aimé d'Enlil le fort, Roi d'Akkad et des sujets d'Enlil (Roi de tous les Rois)", il a abandonné le titre de "Dieu" inauguré par son père. Cette titulature ne sera pas le reflet de ses années de règne où il va perdre une grande partie son territoire. Il va passer sa vie en luttes permanentes contre les envahisseurs étrangers. L'Empire va être considérablement affaibli par les attaques des peuples du Zagros, les Loulloubis et les Goutis. Sar-Kali-Sarri conduit deux campagnes contre ces derniers, qui pillaient les plaines du Tigre.
Il réussit à capturer le Roi Gouti Sarlagab (ou Sarlag, 2198-v.2193) mettant temporairement un terme à leurs saccages. À l'Ouest, les Amorrites, contenus par les conquêtes de Naram-Sin, se révoltent, mais il réussit à les repousser. De nombreuses régions profitent de cette faiblesse et prennent leur indépendance, comme celle de Mari. Les Élamites mettent le siège devant Akshak, au Nord d'Akkad. Ils sont repoussés par Sar-Kali-Sarri mais cela n'empêche pas Puzzur-Inshushinak (ou Kutik-In-Shushinak), qui était gouverneur de Suse, de se déclarer "Puissant Roi d'Awan" et "Maître des Quatre Régions", qui était le titre que s'était attribué Naram-Sin. |
Sceau de Sar-Kali-Sarri |
|
Sceau de Sar-Kali-Sarri |
Sar-Kali-Sarri est incapable d'empêcher la chute de l'Empire d'Akkad et traditionnellement on considère sa mort comme sa fin. Le pays dans l'anarchie, tombe aux mains des Goutis. Après lui d'autres souverains montent sur le trône d'Akkad (également Roi du Gutium) on en dénombre quatre en 4 ans : Irgigi (ou Igigi, 2195-2193), Imi (v.2193), Shulme (ou Šulme ou Su-Mum ou Na-Num ou Yarlagash, v.2193-2189), Elulumesh (ou Ilulu ou Silulumesh), ont-ils gouvernés ensemble comme le pensent quelques spécialistes ?.
Ce qui est sur c'est que leur pouvoir est très faible, ils doivent composer avec les Rois des autres états de Basse Mésopotamie qui ont reprit leur indépendance comme à Ourouk ou Lagash. C'est avec le Roi suivant, le fils de Sar-Kali-Sarri et de son épouse Tuta-Shar-Ibbish, Dudu (2189-2168) qu'il y aura semble t-il un peu plus de stabilité dans le pays, bien qu'il soit aux mains des Goutis, puisque ce souverain régnera plus de 20 ans.
|
|
|
La
chute de l'Empire
d'Akkad
permet aux différentes Cités-États
de reprendre leur indépendance et la
civilisation
Sumérienne
va connaître une renaissance, notamment grâce aux
villes de
Larsa,
Isin
et surtout
Lagash où son
Roi
Goudéa
(ou Gudea) va s'illustrer et dominer la région. Puis
Uroù le Roi
Our-Nammou
fonde la IIIe dynastie d'Ur
et se proclame Roi du Sumer
et de l'Akkad. Cette dynastie d'Ur
de grands guerriers va reconquérir tous les territoires perdus et apporter à la région un siècle de prospérité.
Pour
d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :
William Foxwell Albright :
- A Babylonian Geographical Treatise on Sargon of Akkad's Empire, pp. 193-245,
Journal of the American Oriental Society, Vol. 45, New Haven, Janvier 1925.
George W.Botsforth :
- The Reign of Sargon, A Source-Book of Ancient History, Macmillan, New York, 1912.
Jean Bottéro et Marie-Joseph Stève :
- Il était une fois la Mésopotamie, Gallimard, Collection Découvertes, Paris, 1993.
Jean Bottéro et Barthel Hrouda :
- L'Orient ancien : histoire et civilisations, Bordas, Paris, 1991 - En Allemand :
Der Alte Orient : Geschichte und Kultur des alten Vorderasien, Orbis-Verl, München, 1991-1998.
Georges Contenau, Gustave Fougères, Louis Halphen et René Grousset :
- Les premières civilisations, Peuples et civilisations, Volume 1, ibrairie Felix Alcan, Paris, 1926-1929-1930-1938 -
PUF, Paris 1950.
Jerrold S.Cooper et Wolfgang Heimpel :
- The Sumerian Sargon legend, Journal of the American Oriental Society 1, Vol. 103, New Haven, Janvier et Mars 1983.
Stéphanie Mary Dalley :
- Sargon, Encyclopædia Britannica, Oxford University Press, Oxford, New York, 2007.
Douglas Frayne :
- Sargonic and Gutian periods, 2334-2113 BC, University of Toronto Press, Toronto, Buffalo, 1993.
Cyril John Gadd :
- The dynasty of Agade and the Gutian invasion, University Press, Cambridge, 1963.
Jean-Jacques Glassner :
- La chute d'Akkadé : L'événement et sa mémoire, D. Reimer, Berlin, 1986-1987.
Francis Joannès, Cécile Michel et Luc Bachelot :
- Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Robert Laffont, Paris, Septembre 2001.
Fritz Rudolph Kraus :
- Sumerer und Akkader : Ein problem der altmesopotamischen Geschichte, North-Holland Publishing
Company, Amsterdam, 1970.
Amélie Kuhrt :
- Making history : Sargon of Agade and Cyrus the Great of Persia,
pp.347-36, W. Henkelman & A. Kuhrt, eds A Persian, Leiden, 2003.
Bryan Lewis :
- The Sargon Legend : A Study of the Akkadian Text and the Tale of the Hero Who Was Exposed at Birth,
American Schoolsof Oriental Research Dissertation Series 4. Cambridge, American Schools of Oriental Research, 1984.
Gibson Mc Guire et Harvey Weiss :
- Kish, Akkad and Agade Review of The City and Area of Kish, pp. 434-453,
Journal of the American Oriental Society 95, N°3, New-York, Juillet/Septembre 1975.
Daniel T.Potts :
- Mesopotamian Civilization : The Material Foundations, Cornell University Press, Ithaca, New-York,
October 1996-1997 - Athlone, London, Janvier 1997.
Edmond Solleberger et Jean Robert Kupper :
- Inscriptions royales sumériennes et akkadiennes, Les Éditions du Cerf, Paris, 1971.
| ||
|
|