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 Pour plus de détails voir aussi :  Le Sumer - L'Akkad

 

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   Kish est une ville de moyenne Mésopotamie à l’Est de Babylone, elle est créée au début du IIIe millénaire, on y trouve aujourd’hui les vestiges de tombes et de palais Sumériens. Quelques-unes des plus anciennes inscriptions parvenues jusqu'à nous concernent Kish. La cité a longtemps exercé sa domination sur les autres états de basse Mésopotamie. D'après la Liste royale Sumérienne, Kish a exercé la royauté sur la Mésopotamie juste après le Déluge. C'est dans cette cité que la royauté serait descendue du ciel et vingt-trois Rois se seraient succédés dans cette première dynastie. On trouve le même type de légende pour Éridou.

 

Liste des Rois de Kish

 

Rois de Kish

 

   Parmi les plus connus nous avons des traces, vers 2750, de Arwi'Um (ou Arpu-Rim) et de Étana le Pasteur (ou le Berger) et des deux derniers Rois : Enmen-Baragesi (ou En-E-Barrage-Si, v.2615-v.2585), attesté par un fragment de vase en albâtre, et son fils Agga (ou Aka, v.2585) qui est devenu le héros d'une épopée. Suivront quatre autres dynasties dans l'histoire de cette ville. Cette période est connue d'après la Liste Royale Sumérienne, qui est un texte écrit au XVIIIe siècle av.J.C. Elle est retrouvée près de Nippur et reconstituée à partir de dix-huit tablettes différentes par Thorkild Jacobsen. Elle donne les dynasties et les noms des Rois qui ont régné sur le pays du Sumer depuis les moments les plus reculés de Kish "où la royauté est descendue du ciel" jusqu’au règne du Roi d'Isin, Sin-Magir (1828-1817).

 

 

Ruines de Kish

   Le début de la liste est en grande partie mythique. Les sites de Kish s'étendent sur une très grande surface et compte un ensemble de tells, dont les principaux sont : Tell El-Oheimir (ou El-Oheimir ou El-Akhymer), Tell Inghara, Tell el-Khazneh et Tell el-Bender. La ville fortifiée est entourée de remparts et est centrée sur le palais et sur le temple. Au centre émerge la ziggourat dédiée au Dieu Zababa, qui unit le monde divin à celui des hommes. La cité a eu une grande importance aux débuts de l'histoire Mésopotamienne.

 

   Certains de ses Rois ont exercé un contrôle politique sur les autres souverains du Sud Mésopotamien. Les Rois de Kish se sont parés du titre de "Lougal ou Lugal" qui désigne le Roi et signifie "Grand homme" et "Ensi" celui de Prince. Le titre de Roi de Kish sera repris par des souverains d'autres cités en raison de son prestige du à son origine légendaire. Kish est une importante cité religieuse où réside le Dieu Enlil (Dieu de l’air et de l’atmosphère, divinité la plus importante du panthéon). Les archives d'Ebla en Syrie attestent de l'existence de contacts importants avec les Rois de Kish.

 

 

   

 L'histoire....... 

 

   D'après la Liste royale Sumérienne la royauté aurait débuté à Kish juste après le Déluge. La première dynastie compterait vingt-trois Rois. Les deux premiers noms connus de ces Rois sont Ga Our et Kullassina-Bel dont les règnes remontraient à vers 2900. Parmi les plus importants nous avons des traces, vers 2750, de Arwi'Um (ou Arpu-Rim) et de Étana le Pasteur (ou le Berger). Ce dernier est sûrement un personnage légendaire, qui était peut-être à l'origine un individu ayant réellement existé et qui a finalement été mythifié. Dans la Liste royale Sumérienne il est présenté comme "Celui qui a mis de l'ordre dans tous les pays". Ce même écrit lui attribue un règne d'une durée de 1 500 ans. Il est le personnage principal d'un texte nommé mythe d'Étana. Ce texte nous est malheureusement parvenu dans un état incomplet et il manquante la fin. l'histoire raconte que le Roi tente d'atteindre le Ciel dans le but d'obtenir un remède qui lui permettra de pouvoir avoir un fils pour lui succéder sur le trône de Kish. On ne sait pas s'il réussit dans sa quête, mais la liste royale lui attribue Balih comme fils et successeur.

 

   On connaît assez bien aussi les deux derniers Rois de cette Ière dynastie : Enmen-Baragesi (ou Enmebaragesi ou En-E-Barrage-Si, v.2615-v.2585), qui succède à Ilta-Sadum (ou Iltasadum, v.2615), il aurait régné 900 ans selon la légende. Un fragment de vase en albâtre, retrouvé à Nippur, porte le nom de Mebaragesi, Roi de Kish, les spécialistes pensent qu'il faut l'identifier avec Enmen-Baragesi de la liste royale. Si leur approche est correcte, il serait le premier souverain dont la réalité de l'existence est attestée à la fois par la Liste royale Sumérienne et par des documents épigraphiques. Cette liste royale lui attribue une victoire sur le royaume d'Élam, préfigurant les nombreux conflits qui opposèrent ce pays aux différents royaumes de Mésopotamie.

 

   Son fils Agga (ou Aka, v.2585), dernier Roi de la dynastie, qui est devenu le héros d'une épopée, appelée "Gilgamesh et Agga", l'opposant au Roi d'Ourouk Gilgamesh (ou Gis-Bil-Gin-Mes), mais dont les dates de règne sont plus généralement données pour v.2700-v.2660 (?). Le récit raconte la tentative d'Agga de soumettre la ville d'Ourouk et Gilgamesh. Ce dernier choisit de résister et malgré la puissance de l'armée de Kish, il réussit à faire rebrousser chemin à Agga rien qu'en se montrant du haut de ses murailles pour l'intimider. Le fait que les mêmes évènements soient rapportés dans deux documents, sont peut-être à considérer comme réels. La Liste royale Sumérienne lui compte un règne de 625 ans. Cette Ière dynastie de Kish se fait supplanter la royauté par celle d'Eanna/Ourouk (Eanna "la maison du Ciel" est le temple principal de la Déesse Inanna, Ishtar chez les Akkadiens, dans la ville d'Ourouk).

 

Murex inscrit au nom de Rimush 

(Roi d'Akkad et de Kish, 2279-2270) -

Musée du Louvre

 

   Ce fait ayant un rapport avec le précédent récit pourrait attester d'une réelle rivalité entre les deux cités. Contemporaine de Kish et Lagash, Oumma et Ur vont s'impliquer dans des rivalités de territoire. Selon la Liste royale Sumérienne, pour la IIe dynastie huit Rois de Kish règnent pendant 360 ans, avant d'être une fois encore renversés. Les sources épigraphiques mentionnent d'autres Rois dans la dynastie, mais la plupart ne peuvent être rattachée à des souverains cités par la Liste royale. Ces inscriptions nous livrent des noms de Rois que les spécialistes situent entre 2600 et 2430. On trouve entre autres : Uhub, dont l'inscription nous apprend qu'il était fils de Pu-Zuzu et qu'il est renversé par le Roi d'Ur et d'Ourouk En-Sakus-Anna (ou En-Shakush-Anna(k), v.2430-v.2400). Un nommé Lougal-Tar (ou Lugal-Tar-Si, v.2360-v.2340) connu pour avoir bâti l'enceinte du parvis du temple d'Inanna. Il épouse Bara-su. Dans une autre inscription il est dit Roi d'Ourouk.

 

Ruines de la Ziggourat de Kish  

 

   Ce qui est sur c'est que Kish reprend le contrôle de la région un temps avec les deux Premiers Rois de sa IIe dynastie : Ulib (v.2570) et Mesalim (ou Me-Salim, v.2550-v.2530) sous son règne, la cité a arbitré un conflit frontalier entre Oumma et Lagash. Kish va à son tour dominer le Sumer, peuplé en majorité de populations sémites. Cela ne signifie pas une unification sous ses Rois, mais une prédominance parmi les villes qui demeurent cependant indépendantes, mais tributaires. Mesalim va contrôler les voies commerciales entre Sumer et Akkad et Nippur.

 

   Il a laissé plusieurs inscriptions à propos de la construction du temple de Ningirsu et du rite du Burgu. Il se prétend "Fils bien-aimé" de la Déesse Ninhursag. Son pouvoir ne dure pas, la royauté passe ensuite à Ur, jusqu'au Roi A-Ane-Padda (ou Aanapadda, v.2525-v.2485), puis à Awan et surtout à Lagash avec ses Rois guerriers Our-Nanshe (ou Ur-Nanshe, v.2490-2465) et son fils E-Anna-Tum (ou Eannatum, v.2455-v.2425) qui prennent le titre de Roi de Kish. Ce dernier doit affronter plusieurs coalitions comprenant l'Élam, Kish, Ourouk et Ur dont il sortira vainqueur chaque fois. Leurs successeurs ne sont pas capables de conserver leur position de force sur la région, s'en suit une période d'instabilité à Lagash.

 

    Kish reste une importante cité religieuse fortifiée et entourée de remparts où réside le Dieu Enlil. Le dernier Roi de la IIe dynastie sera Lougal-Anne-Mudu (v.2410). La IIIème dynastie de Kish, aurait été fondée par la Reine Ku-Bawa la Cabaretière (ou Kubaba, v.2410-v.2400), Ku-Bawa "Û-Kurun-Na" veut dire la "femme-vin", c'est-à-dire une cabaretière ou une taverne. Il est dit à son propos dans la Liste Royale que c'est "celle qui consolida les fondations de Kish" et qu'elle régna 100 ans. Elle a un enfant Puzzur-Su'en (ou Puzur-Sîn, v.2400-v.2370) qui lui succède et serait le fondateur de la IVe dynastie. Toujours selon la Liste royale, elle aurait été renversée par un Seigneur d'Akshak (ou Akashak), mais Puzzur-Su'en, reprend le trône de Kish et le transmet à son fils Our-Zababa (ou Ur-Zababa, v.2370-2334) qui fonde la Ve dynastie.

   Les souverains d'Ourouk vont profiter de la faiblesse de Lagash et leur cité va devenir, au milieu du XXIVe siècle, la plus grande puissance de la région grâce au début à Lougal-Zaggesi (ou Lugal-Zaggisi ou Lugal-Zagesi, 2359-2335) Roi d'Oumma et d'Ur et d'Ourouk. Sous le règne d'Our-Zababa une légende raconte qu'un nommé Sargon (Le futur Sargon d'Akkad, 2334-2279) devient ministre (échanson) du Roi de Kish, contre lequel il finit par se rebeller et grâce à l'aide d'Ishtar, il détrône ce dernier et devient Roi. Une autre version de la fin de cette histoire, est le témoignage de certains textes qui nous apprennent que Sargon était bien l'échanson du Roi de Kish. Il aurait été choisi par Our-Zababa comme son héritier et aurait dû fuir et fonder la cité d'Akkad (Agade) parce que le Roi d'Oumma et d'Ourouk, Lougal-Zaggesi (v.2340-2316 ou 2359-2335) avait conquis Kish et mis à mort Our-Zababa ?.

 

  Quoi qu'il en soit la Ve dynastie, pour la succession de Our-Zababa, va voir s'affronter pas moins de quatre Rois en un an : Zimudara, Usi-Watar, Ishtar-Muti et Isme-Samas. Finalement le trône reviendra à un cinquième, Nannyia le Lapidaire (2334-2316). Avec Sargon d'Akkad va prendre fin la période dite "archaïque". Son règne va voir l'unification de toute la Mésopotamie. Il établit sa capitale à Akkad (ou Agade) et Kish devient une capitale provinciale de son empire et de celui de ces successeurs. Puis de 2142 à 2004, lors de la renaissance Sumérienne sous la Troisième dynastie d'Ur Kish gardera ce même statut. Après la chute d'Ur, Kish est soumise à Isin, avant de reprendre quelque temps son autonomie. Elle est ensuite vassale des Rois de la dynastie de Manana, puis est prise par le Roi de Babylone Sumuba-El (ou Sumu-La-El ou Sumar-La-El ou Sumulad, 1881-1845).

 

    Elle restera dès cette époque une partie du royaume Amorrite Babylonien. Au XVIIe siècle la ville d'Ourouk est abandonnée par une partie de ses habitants qui s'établissent à Kish. La cité suivra l'histoire de la région et à la chute des Amorrites et de l'invasion du Roi des Hittites Moursil I (ou Mursili, 1620-1590) elle sera toujours occupée. Ce sera aussi le cas lors de la période suivante des Kassites de la IIIe dynastie de Babylone (1570-1153). Après la première moitié du Ier millénaire, elle n'est plus qu'une ville de second rang. Kish est encore habitée au début de notre ère. Il a été fouillé sur le site de Kish des niveaux des époques Parthe Arsacide (141 av.J.C-224 ap.J.C) et Sassanide (224-637).

 

 Le Site

 

   Les sites de Kish ont été retrouvés dans un ensemble de tells gigantesques, dont les principaux sont : Tell El-Oheimir (ou el-Akhymer) à l'Ouest, Tell Inghara à l'Est, Tell el-Khazneh ("Le trésor") et Tell el-Bender ("Le port"). Ils ont été trouvés en 1873 par George Smith. Cet ensemble est situé à environ 15 km de Babylone et s'étend sur un périmètre de 4 km x 1 km. Les fouilles, très restreintes, s'avèrent avoir un résultat assez décevant, les découvertes qui ont été faite sont loin d'être à la hauteur du prestige que la cité a eu. Les premières ont été entreprises en 1912 par un Français, Henri de Genouillac. Elles ont été reprises de 1923 à 1933, par une équipe Anglo-américaine d'Oxford et de Chicago dirigée par S.Langdon et E.Mackay. En 1988, une équipe Japonaise a fouillé sur le Tell Ingharra.

  Tell el-Oheimir et Tell Inghara correspondent à deux agglomérations dont la réunion a formé la ville de Kish. La première était la ville nommée Hursagkalamma et la seconde était Kish proprement dite. Des traces d'occupation au néolithique ont été relevées. La plus ancienne construction attestée remonterait à la fin du IVe millénaire. Les deux plus anciens bâtiments sont le "palais A" et le bâtiment appelé, selon les briques utilisées pour sa construction, "bâtiment plano-convexe" ou "palais B".

 

   La ville fortifiée est entourée de remparts et est centrée sur les palais et sur le temple. Au centre émerge la ziggourat dédiée au Dieu Zababa qui unit le monde divin à celui des hommes et le temple qui lui était attaché (Tell d'El-Oheimir). Au Nord de ces édifices a été dégagé un grand bâtiment d'époque Akkadienne dont la fonction demeure incertaine. Les autres monuments importants que l'on peu trouver dans la cité sont d'époque néo-Assyrienne et néo-Babylonienne (Chaldéenne).  Un grand nombre de tablettes a été découvert, datant de ces époques, dans le bâtiment appelé pour cette raison par les archéologues "Bibliothèque du Babylonien ancien". Les temples les plus importants de Kish étaient l'Édubba (ou É.Dub.Ba, "Maison des magasins") avec ses chapelles, l'Éhursagkalamma (ou É.hur.sag.kalam.ma, "Maison de la montagne du pays"), un temple dédié à Ishtar et le temple de l'Akitu.

 

 

Ruines d'un temple néo-Babylonien de Kish

 

Bibliographie

 

    Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :

 

Jean Bottéro et Marie-Joseph Stève :

- Il était une fois la Mésopotamie, Gallimard, Collection Découvertes, Paris, 1993.

Jean Bottéro et Barthel Hrouda :

- L'Orient ancien : Histoire et civilisations, Bordas, Paris, 1991 - En Allemand : Der Alte Orient : Geschichte und Kultur des alten Vorderasien, Orbis-Verl, München, 1991-1998.

Cyril John Gadd :

- The dynasty of Agade and the Gutian invasion, University Press, Cambridge, 1963.

Jean-Jacques Glassner et Benjamin R Foster :

- Mesopotamian chronicles, Society of Biblical Literature, Atlanta, 2004.

Marlies Heinz :

- Sargon of Akkad : Rebel and usurper in Kish, Universität Freiburg Philosophische Fakultät, Orientalisches, 2007.

Henry Hoyle Howorth :

- The early history of Babylonia, p.32, The English Historical Review 16, N° 61, Janvier 1901.

Fritz Rudolph Kraus :

- Sumerer und Akkader : Ein problem der altmesopotamischen Geschichte, North-Holland Publishing Company, Amsterdam, 1970.

Gibson Mc Guire et Henry Field :  

- The City and Area of Kish, Field Research Projects, Miami, 1972.

Gibson Mc Guire et Harvey Weiss :

- Kish, Akkad and Agade Review of The City and Area of Kish, pp. 434-453, Journal of the American Oriental Society 95, N°3, New-York, Juillet/Septembre 1975.

 

Pour plus de détails voir aussi : Le Sumer - L'Akkad

 

 

 

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