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                       Suse  et  la Susiane

KABNAK

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Sphinx ailé du palais de Darius I à Suse. Briques siliceuses glaçurées, vers 510.

 

  Suse (ou en Latin : Susa, En Hébreu biblique : ש ו ש ן  Shushan, en Grec : Σουσα  Sousa) est une ville d’Élam (Iran) sur le fleuve Karkheh à environ 140 km à l'Est du Tigre, à la frontière avec l’Irak. Le site se trouve près de la ville moderne de Shush. Suse est une des plus anciennes cités connues de la région (D'ailleurs même dans le monde). Elle est peut-être fondée vers 4200, bien que les premières traces d'un village habité aient été datées à 7000 av.J.C, sur un point de passage qui relie la vallée du Tigre au plateau Iranien. Une autre preuve, une poterie peinte de sa civilisation a été datée à 5000 av.J.C.

 

   Suse sera la première capitale de l'Empire Élamite. Son nom a été écrit en Élamite de diverses manières : Šušan, Šušun,… Elle est déjà mentionnée dans les tous premiers textes Sumériens où elle est décrite comme l'un des lieux obéissant à Inanna, le Dieu tutélaire de la ville d'Ourouk. Suse est également mentionnée dans le Ketuvim (Nom Hébreu désignant les Autres Écrits ou Hagiographes, soit la troisième section du Tanakh, la Bible Hébraïque, après la Torah et les Nevi'im), essentiellement dans le livre d'Esther (Hadassah bat Avigaïl). Daniel et Néhémie vivaient à Suse pendant la captivité Babylonienne au VIe siècle où la Reine Esther sauva les Juifs du génocide.

 

   Un tombeau présumé être celui de Daniel est situé dans la zone connue sous le nom de Chouch-Daniel. La tombe est marquée par une inhabituelle pierre blanche en forme de cône. Suse est enfin mentionnée dans le Livre des Jubilés (8:21 & 9:2) comme l'un des endroits au sein de l'héritage de Shem et son fils aîné Élam et en 8:1, "Susan" est également désigné comme le fils (Ou fille, dans certaines traductions) de l'Élam.

 

L'histoire.......

 

  Suse est dominée politiquement par les Rois d'Awan et de Warahshe (Marhashi) et pendant la période de 2700 à 2340, elle a une importance politique assez faible. Sa situation entre l'Élam et la Mésopotamie lui permet de se développer grâce au commerce, mais la lutte d'influence entre ces deux empires provoque une instabilité politique en Susiane durant cette période. Suse est ensuite incorporée par Sargon le Grand (ou Sargon l'Ancien, 2334-2279) lorsqu'il fonde son Empire d'Akkad. Elle restera la capitale de la province la plus orientale de cet empire jusqu'a sa chute définitive devant les Goutis. Là elle retrouve une importance politique sous l'impulsion du Roi d'Awan et gouverneur de Suse Puzzur-Inshushinak (En Élamite Kutik-Inshushinak, v.2250-v.2210) qui profite de l'occasion de la chute d'Akkad pour reprendre sa liberté et constituer un royaume puissant depuis la cité.

 

   La ville compte alors une population avoisinant les 20 000 habitants (voire, même plus). Suse prospère et étend sa domination sur toutes les autres principautés Élamites qui l'entourent. Puzzur-Inshushinak, instaure une nouvelle écriture et la ville est alors un véritable centre culturel. Cependant, dès la fin du règne de Puzzur-Inshushinak, Suse retombe dans l'ombre et sous le contrôle des Mésopotamiens de la IIIe Dynastie d'Ur dirigée par le Roi Shulgi (ou Sulgi ou Shoulgi, 2095-2047) et ses successeurs. Ce ne sera qu’avec l'intervention des Rois de Simashki que la ville reviendra sous la coupe Élamite.

 

   Les Rois d'Ur vont donc garder la cité jusqu'à leur déclin sous leur Roi Ibbi-Sin (2029-2004). À la fin du règne de ce dernier, en 2007-2006, le Roi Élamite de Simashki Kindattu (ou  Kindaddu, v.2007-v.1980) s'allie à Suse, traverse le Tigre et attaque Ur Ibbi-Sin s'est retranché. Le Roi d'Isin Isbi-Erra (ou Isbi-Erra, 2017-1985) vient au secours de la cité et la sauve de l'invasion, mais en 2004, les Élamites lancent une nouvelle offensive et prennent la ville qui est mise à sac. Les habitants qui ne pouvaient pas s'enfuir sont égorgés. Ibbi-Sin est fait prisonnier et exilé en Anshan. Il sera le dernier Roi de la dynastie d'Ur. À partir de cette époque Suse devient la capitale du nouveau Royaume Élamite.

 

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Vase caréné aux échassiers, (Suse I - 4200-3800) Découvert dans la nécropole  de l'Acropole - Musée du Louvre

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Statuette du Dieu tutélaire de Suse, Inshushinak -

Musée du Louvre

 

   Mais Kindattu ne parvient pas à maintenir sa domination sur la Basse Mésopotamie que les souverains d'Isin, puis de Larsa, vont se partager. Suse et Anshan vont tout de même conserver une place importante dans le royaume. L'influence Mésopotamienne, relayée par Suse, s'impose dans le pays au détriment de l'art Élamite. La dynastie de Simashki atteint son apogée sous le règne de son fils, qui lui succède, Indattu-Inshushinak I (ou Inaddu, v.1980-v.1960). Il fait de sa capitale, enrichie par les ressources minières abondantes du Luristan, le cœur de l'État Élamite. Cet âge d'or va durer près  d'un  siècle.  Le  Roi  Gungunum (1933-1906), de Larsa lors  de  son règne ravage l'Élam et va s'emparer de Suse.

   Alors que les derniers Rois de la dynastie de Simashki sont écrasés par les Mésopotamiens, une nouvelle dynastie émerge depuis Anshan, appelée dynastie d'Eparti, du nom de son fondateur Eparti I (v.1850-v.1840). Cette période est confuse et difficile à reconstituer. Eparti I se proclame Roi d'Anshan et de Suse après avoir regroupé tout le pays Élamite sous sa coupe au cours d'un règne brillant.

   

    Sous son fils Shilhaha (ou Ilhaha, v.1840-v.1835) qui lui succède, Suse perd son rôle de capitale et est supplantée par Anshan. Après eux la dynastie d'Eparti va tomber dans l'obscurité. Puis sous la domination des Rois Kassites de la IIIe dynastie de Babylone. L'Élam subit alors une grave crise, conjuguée aux incursions des Amorrites venus de Mésopotamie qui l'affaiblissent considérablement.

 

   La période médio-Élamite (1500-1100) débute par une montée en puissance de la dynastie Anshanite aux alentours de 1500. Leur État est caractérisé par une "Élamisation" de Suse et les Rois reprennent le titre de "Roi d'Anshan et de Suse". De là va émerger une "dynastie" mal connue, celle dite des Kidinuides qui ne durera qu'un demi-siècle.

 

Statue de lion gardien du temple d'Inshushinak - Règne de Puzzur-Inshushinak - Musée du Louvre

    Avec la dynastie suivante, celle des Igehalkides, Suse va reprendre un peu de son prestige. Surtout sous le Roi Untash-Napirisha (ou Untash-Naparisha ou Ountash-Npirisha, vers 1345 à vers 1305), qui va énormément l'embellir bien qu'il choisira de se faire construire une nouvelle capitale à quelques kilomètres de Suse, la cité de Dûr-Untash (Chogha-Zanbil ou Tchogha-Zanbil), centre cultuel dédié au Dieu de Suse Inshushinak et à son homologue d’Anshan Naparisha.

 

   Certains spécialistes spéculent, sur la base du grand nombre de temples et de sanctuaires à Dûr-Untash, qu'Untash-Napirisha aurait tenté de créer un nouveau centre religieux dans l'espoir de fédérer la religion Élamite, voire destiné à remplacer Suse en unissant les Dieux des montagnes et des plaines. On sait peu de chose de cette période, sous les Igehalkides, les inscriptions en Akkadien ont été très rares et les Dieux vénérés dans les hauts plateaux Élamites ont été fermement établi à Suse. 

 

 

 

Détail d'une fresque du Palais de Darius I

 

  La dynastie suivante des Shutrukides va apporter à l'Élam la plus grandiose période de son histoire et Suse en sera le joyau. Un de ses premiers grands Rois, Shutruk-Nahhunté I (ou Shuttir-Nakhkhunté, 1185-1153 ou 1155) refait de Suse la capitale du royaume. C'est un grand guerrier, il ravage et pille la Babylonie. Des œuvres célèbres telles que la stèle du Code d'Hammourabi (1793-1750) et la statue de Marduk, le Dieu Babylonien, sont emportés en Susiane. Un de ses fils Shilhak-Inshushinak I (1150-1120) déjà maître d'une partie de la Basse Mésopotamie, décide de s'attaquer au Nord où l'Assyrie s'affaiblissait. Puis il soumet la région située aux pieds du Zagros Occidental où il vassalise différents Roitelets, enfin il atteint le Tigre et il s'empare de la ville d'Arrapha.

 

   L'Empire Élamite est alors à son apogée et toutes les richesses accumulées aux cours des campagnes affluent à Suse. Cette gloire ne durera pas longtemps, les Élamites subiront une première défaite face au Roi d'Isin Ninurta-Nadin-Shumi (1131-1125), puis face aux Roi de Babylone Nabuchodonosor I (1125-1103). Le dernier Roi Shutrukide, Khutelutush–Inshushinak (ou hutelutush–Inshushinak, 1120-v.1110) se réfugie alors à Anshan, sa capitale et son pays sont ravagés par le Babylonien, ce qui met un terme à la gloire de l’Élam. L’Élam après lui tombe dans l'oubli et sous 350 ans de domination.

   Avec la deuxième partie de l'époque néo-Élamite (760-646) Suse va retrouver, un temps, un peu de sa splendeur d'autre fois. Ses Rois sont assez puissants pour soutenir les Babyloniens dans leur lutte contre les Assyriens. Un de ceux-ci Shutruk-Nahhunté II (ou Shuttir-Nakhkhunté, 717-699) aidera même le Roi de Babylone Marduk-Appal-Idin II (ou Merodach-Baladan, 722-710 et en 703), à reprendre son trône. Mais là encore ce renouveau sera de courte durée. Sous le règne Humban-Haltash III (ou Khumban-Haltash ou Khumma-Khaldash, 647-644 ou 642 ?) l'Élam va subir l'attaque de l'Empereur d'Assyrie Assurbanipal (669-626).

                 Les grandes villes du royaume sont prises, pillées et rasées, Suse en 646 est complètement détruite. L'Élam dévasté, ne se relèvera pas de cette terrible défaite. Le pays n'a plus d'influence, il est totalement sous le contrôle des Assyriens. Sur une tablette déterrées en 1854, par Austen Henry Layard, Assurbanipal se vante des destructions qu'il avait pratiqué en Élam :

 

 

Autre détail de fresque du palais de Darius I

  "Suse, la grande ville sainte, la demeure de leurs Dieux, le siège de leurs                                                                                    mystères, j'e l'ai conquise. Je suis entré dans son palais, j'ai ouvert leurs trésors où l'argent, l'or, des biens et des richesses amassées ont été détruits ... J'ai détruit la ziggourat de Suse. J'ai réduit les temples d'Élam en cendres; leurs Dieux et Déesses je les ai dispersés aux vents. Les tombes de leurs anciens et récents Rois je les ai dévastées, j'ai exposé au soleil et j'ai emporté leurs os vers la terre d'Assur. J'ai dévasté les provinces de l'Élam et sur leurs terres, j'ai semé le sel.."

 
Carreaux émaillés du palais de Suse

montrant les immortels

 

   Après la chute des Assyriens, la cité sera la possessions des néo-Babyloniens, puis des Mèdes. Par la suite, en 538, Suse est prise par le Roi Perse Achéménide Cyrus II le Grand (549-528) et elle devient une des résidences des Rois Achéménides. Sous le règne de son fils Cambyse II (528-522) la capitale de l'Empire Perse est déplacée de Pasargades à Suse où le Roi Darius I (522/1-486) y fait élever un palais.

 

   La ville va perdre une nouvelle fois son importance lorsque le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) détruit l'Empire Perse. Après Alexandre, Suse tombe dans l'Empire Séleucide et est rebaptisée Seleukeia. Environ un siècle plus tard, lorsque les Parthes Arsacides obtiennent leur indépendance de l'Empire Séleucide, Suse devient l'une des deux capitales, avec Ctésiphon, du nouvel État.

 

   Les dirigeants Parthes passaient l'hiver à Suse et l'été à Ctésiphon. L'empereur Romain Trajan 98-117) prendra la ville en 116, mais sera obligé de se retirer, à cause de révoltes dans l'empire. Cette prise de la ville marquera la pénétration la plus orientale des Romains. Par la suite Suse sera de nouveau le théâtre de batailles où les Rois Perses Sassanides et les Romains saccageront la ville cinq fois entre 116 et 297 ap.J.C. La dernière destruction de la cité aura lieu en 638 ap.J.C, lorsque les armées musulmanes vont conquérir la Perse. Elle est abandonnée à l’époque islamique.

 

  

                             Le  site  archéologique

                                                            La partie la plus importante de Suse est une zone d'environ 10 h divisée en trois parties qui surplombe la rivière Chaour. La première partie est l'Apadana (Salle du trône dans les palais des Rois Perses), du nom du palais que Darius I a construit à cet endroit, sur les ruines de constructions Élamites. La seconde est l'Acropole, la partie la plus élevée du site, sur laquelle sera construit un fort Achéménide. Cette partie fut la première zone habitée de la ville et son centre à l'époque Élamite dès la fin du Ve millénaire. En contrebas se trouve la Ville royale qui est la zone résidentielle. Le tell est constitué de différentes couches dues à l'ancienneté de l'occupation de cette partie. La ville s'est ensuite étendue vers l'Est aux périodes plus tardives. Les deux ensembles étaient séparés par un fossé et par la rivière Chaour qui avaient été détournées. Le premier archéologue à effectuer des relevés sur le site est W.K.Loftus, au milieu du XIXe siècle.

                           Les premiers à fouiller le site sont Marcel et Jane Delafoy, de 1884 à 1886, mais les fouilles restent limitées. Il faut attendre l'arrivée de Jacques Jean Marie de Morgan en 1897 pour que les fouilles débutent réellement. Les excavations de cette période ont gardé une funeste réputation du fait des méthodes peu académiques de ce fouilleur. Il ne se préoccupait pas des bâtiments qu'il rencontrait, se concentrant uniquement sur la découverte d'œuvres d'art. De nombreux niveaux archéologiques de l'Acropole sont ainsi rasés, le projet de De Morgan étant d'arriver aux premières périodes du site.

 

                           Les monuments des époques suivant la période protohistorique sont donc irrémédiablement perdus. Par contre les découvertes d'objets d'arts sont importantes et sont inestimables pour la connaissance de l'histoire de la Susiane et de la Mésopotamie. On trouve notamment la stèle du Roi d'Akkad Naram-Sîn (2255-2218) et celle du Code d'Hammourabi (1793-1750). En 1903, Jacques Jean Marie de Morgan est rejoint par Roland de Mecquenem, qui devient directeur des fouilles après son départ en 1908 et qui poursuit le travail malheureusement selon les mêmes méthodes. Jusqu'en 1913, il s'attèle à dégager l'Apadana. Il revient après la guerre, en 1920 et continue d'explorer le site, puis fouille d'autres tells dans la région, avant de découvrir Dûr-Untash (Chogha Zanbil) en 1935.

 

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Vue des ruines de l'Apadana

 

   Après la Seconde Guerre Mondiale, c'est Roman Ghirshman qui fouille le site avec des méthodes nettement plus conventionnelles. Il explore les niveaux des périodes plus récentes jusqu'en 1951, date à laquelle il part pour Dûr-Untash. Il revient en 1961, secondé par Herman Gasche et oriente ses recherches vers la période médio-Élamite. En 1967, Jean Perrot arrive pour diriger les fouilles dans la région. Il entreprend de tenter de sauver ce qui peut l'être des fouilles de l'Acropole de ses prédécesseurs et réussit à établir une périodisation du site. Les fouilles s'arrêtent en 1979, à cause de la guerre Iran-Irak. Ces dernières explorations ont permis la mise au jour de nouvelles œuvres d'art, comme la statue Égyptienne de Darius I et ont donné plus de renseignements sur les différentes périodes d'occupation de la cité.

 

Maquette du palais de Darius I

 

   Le monument principal de la cité, le palais de Darius I, date de la période Achéménide. Le Roi l'a fait construire durant les premières années de son règne. Le palais est érigé sur une terrasse artificielle de 12 hectares, divisée en trois parties. La première est la grande porte qui est le seul point d'accès vers le palais. Il est relié avec la Ville Royale (Vers l'Est) par une rampe de briques crues. La Porte en elle-même est un vaste bâtiment de 40 m de longueur sur 28 m de large où on a retrouvé une grande statue de Darius I, venue d'Égypte, gardant l'entrée. La porte débouchait sur la Maison du Roi après avoir traversé une esplanade. Vers l'Ouest, on accédait à une série de cours intérieures et de salles plus petites, dont la chambre du Roi et les appartements de la famille royale. Juste à côté se trouvaient aussi des magasins. Au Nord, on accédait à l'Apadana qui était la salle de réception du Roi.

 

   Cet ensemble de 12 000 m² était une salle hypostyle soutenue par 36 colonnes. Les côtés Ouest, Nord et Est de l'Apadana permettaient d'accéder à trois portiques. La partie Nord de la terrasse n'a livré aucun vestige. Les spécialistes pensent qu'il y a pu avoir eu des jardins. Le palais présente quelques originalités au niveau de son style de construction, comme les salles carrées soutenues par quatre colonnes qui seront reprises ensuite à Persépolis.

       

 

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Kabnak

DÛR-UNTASH

   

   Kabnak est une des principales villes de l'Élam située dans la province du Khûzistân dans le Sud-ouest de l'Iran. Elle est identifiée au site archéologique de Haft Tappeh (ou Haft-Tepe, en Persan : هفت تپه, "les sept collines") découverts en 1908 et dont les fouilles sont toujours menées. La ville de Kabnak devient un important centre politique, sous le règne du Roi Élamite Tepti-Ahar (?-v.1400), dernier Roi de la dynastie Kidinuide, mais Kabnak existait déjà avant cette période.

   Tepti-Ahar l'a considérablement agrandi et en a peut-être fait sa capitale. On a du mal à identifier le territoire sur lequel s'étendait le pouvoir des Rois de la dynastie Kidinuide : La région de Kabnak, la Susiane ou tout l'Élam ?. Les textes semblent indiquer un état de fragmentation politique dans le pays Élamite, avec notamment un autre royaume autour de Huhnur qui aurait, dans ce cas, été un rival de Kabnak. La chute de Tepti-Ahar est causée par une guerre avec le Roi de Babylone, Kurigalzu I (ou Karizalzu, 1401-1388 ou 1390- ?), qui prend Kabnak et toute la Susiane, plaçant Ige-Halki sur le trône Élamite, instaurant ainsi une nouvelle dynastie dans ce royaume. Quelques spécialistes avancent que Tepti-Ahar aurait été enterré dans la ville.

  

  Après sa mort, le centre du pouvoir retourne dans l'ancienne capitale Suse. Quelques siècles plus tard, une autre ville a été construite à proximité, Dûr-Untash (ou Chogha Zanbil). Les excavations de Haft-Tappeh ont révélées un palais et un grand temple fondé par Tepti-Ahar où le Dieu Kirwashir était adoré. C'était peut-être le Dieu tutélaire de la cité car il n'est pas attesté ailleurs ni pour d'autres périodes. Sous le temple funéraire on a retrouvé un complexe funéraire souterrain destiné au Roi et à sa famille. Des ossements ont été découverts dans la tombe, mais il n'est pas certain qu'ils appartiennent à un membre de la royauté. Une autre grande structure retrouvée sur le site était peut-être les bases d'une ziggourat avec des cours et une suite de magasins.

 

 

Tombeau royal de Tepti-Ahar

   Le temple était décoré de plaques de bronze et de peintures murales. L'archéologie témoigne d'importantes influences Mésopotamiennes et Hourrites. Des tablettes avec des textes administratifs appartenant au règne de Tepti-Ahar et Inshushinak-Zunkir-Nappipir (v.1445) ont également été retrouvées sur les lieux. Récemment, certaines statuettes d'argile de Déesses de la fécondité ont été découvertes sur le site.

  Haft-Tappeh a d'abord fouillée par l'archéologue Français
Jacques Jean Marie de Morgan en 1908. Puis pour la période allant de 1965 à 1978 par une mission dirigée par l'archéologue Iranien Negahban. Depuis 2003, des fouilles ont été menées par une équipe d'archéologues Allemands-iranienne, dirigée par Behzad Mofidi.

 

 

 

Ruines du temple

du Dieu Kirwashir

 

 

 

 

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Dûr-Untash  ou  Chogha Zanbil 

 

   Dûr-Untash ou Chogha Zanbil (ou Tchogha-Zanbil, en Persan : چُغازَنبیل) est une ancienne cité Élamite de la province du Khuzestân en Iran. Son nom d'origine était Dûr-Untash, qui signifie "forteresse de Untash". Elle est située à environ 25 kilomètres à l'Ouest de Dezful, à 45 kilomètres au Sud de Suse et à 230 kilomètres au Nord d'Abadan. Elle est l'une des rares où il subsiste encore la Ziggourat, en dehors de certaines de Mésopotamie. Elle a été construite vers 1250 par le Roi Igehalkide de Suse et d'Anshan, Untash-Napirisha (ou Untash-Naparisha ou Ountash-Npirisha, v.1345-v.1305), principalement en l'honneur du grand Dieu Inshushinak et son homologue d’Anshan Naparisha. D’autres Dieux y étaient aussi vénérés comme Ishme-karab et Kiririsha.

  Il est peu probable que de nombreuses personnes, à part les Prêtres et leurs serviteurs, n'aient jamais vécu dans cette ville car les quartiers d’habitation n’ont apparemment jamais été construits. Le complexe était protégé par trois murs concentriques qui définissaient les principaux domaines de la ville. L'enceinte avait 400 m de côté. Dans ce mur il y avait plusieurs portes, celle du Sud-ouest a fait l'objet d'une restauration en janvier 2005. Le secteur intérieur est entièrement composé d'une grande ziggourat dédiée au Dieu principal.

 

   D'après quelques spécialistes, elle ne fut pas construite sur le même plan que celles de Mésopotamie. Au lieu des terrasses superposées, on trouve ici quatre étages emboîtés verticalement. Cette méthode n’a été, à aujourd'hui, repérée nulle part ailleurs. Elle a été érigée sur un ancien temple avec des salles de stockage qui ont semble t-il aussi été construites par Untash-Napirisha. Elle mesure 105 m x 105 m et on estime sa hauteur à 52 m. Les fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour des petits canaux d'adduction d'eau.

 

Porte Sud-ouest avec dans le fond la ziggourat

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Maquette de la ziggourat -  Rijksmuseum van Oudheden de Leiden - Pays-Bas

    Le temple d'Inshushinak se trouvait sur le sommet de la tour. On croyait que, de ce point, le Dieu pouvait monter au ciel ou descendre sur terre. La zone centrale ne détient pas moins de onze temples en l'honneur des Dieux. Les spécialistes pensent qu'au départ c'est vingt-deux temples qui étaient prévu, mais le Roi mourut avant que la cité ne soit terminée et ses successeurs ont interrompu les travaux de construction. Dans la partie externe, au Sud-est de la cité sainte, se trouvait des palais royaux.

 

   Sous l'un d'eux on a retrouvé un complexe funéraire souterrain contenant cinq tombes royales avec les restes de corps incinérés selon une pratique proche de celle des Hittites ou des Hourrites, mais qui n’est pas celle de la tradition Élamite. Ce qui laisse penser que la dynastie Igehalkide, d'où est issu Untash-Napirisha, pourrait avoir des origines étrangères. Un temple dédié au Dieu Mésopotamien de la lumière et du feu, Nushku a été dégagé à proximité des palais, ce qui est un fait assez étonnant compte tenu que ce Dieu n'a pas été particulièrement honoré en Mésopotamie, donc pourquoi à cet endroit en Élam.

 

   Certains spécialistes spéculent, sur la base du grand nombre de temples et de sanctuaires à Dûr-Untash, qu'Untash-Napirisha aurait tenté de créer un nouveau centre religieux dans l'espoir de fédérer la religion Élamite, voire destiné à remplacer Suse en unissant les Dieux des montagnes et des plaines. Bien que la construction de la ville ait pris fin brusquement après qu'Untash-Napirisha soit mort, le site ne fut pas abandonné, mais a continué d'être occupé jusqu'à ce qu'il soit détruit, en 640, par l'Empereur Assyrien Assurbanipal  (669-631).

 

   Le plus grand nombre des œuvres d’art réalisées pour la cité avaient été rapportées à Suse où elles ont été retrouvées lors des fouilles. Des fouilles archéologiques ont été menées entre 1951 et 1962 et en 1979 le site Chogha Zanbil est devenu le premier site Iranien à être inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

 

La Ziggourat

 

 

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