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  Liste des Rois Perses Sassanides 

Rois Sassanides

 

 

   Châhpûhr II le Grand (ou Šāpūr ou Shapur ou Sapor, 310-379) serait selon certaines sources le fils posthume d'Ormizd II, issu de sa deuxième épouse (ou concubine ?) Ifra-Hormazd. Une autre version dit qu'il était le fils de la première femme d'Ormizd II. Que celle-ci aurait été faite Reine lors de son accouchement de manière à ce que Châhpûhr II naisse Roi. Lorsqu'il monte sur le trône il n'est qu'un enfant et sa mère et les Grands de l'Empire vont gouverner pendant une longue régence. Au début de son règne le royaume du kouchan profite de cette régence pour gagner quelques territoires. Cependant, une fois aux pouvoir, la première campagne de Châhpûhr II est destinée aux provinces orientales.

                          La puissance Kouchane est écrasée et le territoire est rattaché à l'Empire. On voit aussi les arabes traverser le golfe Persique au Bahreïn, à "Ardachîr-Khora" dans le Fars et attaquer l'intérieur des terres. En représailles, Châhpûhr II conduit une expédition par le Bahreïn et bat les forces combinées des tribus arabes de : "Taghleb", "Wael Bakr Bin" et "Abd Al-Qays" et avance en Yamama (Partie est du plateau du Nejd dans l'actuelle Arabie Saoudite). Il réinstalle ces tribus dans le Kerman et à Ahvaz (ou Ahwaz, capitale de la province Iranienne de Khūzestān).

 

              En 337, juste avant la mort de l'Empereur Constantin I (305-337), Châhpûhr II reprend les hostilités avec les Romains. Il veut annuler tous les traités de paix qui ont amputé l'Empire Sassanide de nombreuses provinces occidentales. L'objectif du Roi Perse est la prise des grandes forteresses en Mésopotamie Romaine de Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin ou Nisibia ou Nisibin, ville dans la province de Mardin, au Sud-est de la Turquie), Singara et Amida (Diyarbakir). Vingt-six années de guerre (337-363) vont suivre en deux séries de conflits, la première de 337 à 350. Constantin I meurt à Nicomédie avant de pouvoir de lancer ses armées. Dans un premier temps Châhpûhr II veut reprendre l'Arménie du Roi Khosrô III le Petit (ou Chosroes ou Khosrov III Godag, 330-339).

 

   Après deux tentatives d'invasion les Arméniens résistent et le Roi Perse ne prendra que quelques territoires. À la mort de Khosrô III son fils Tigrane VII (ou Diran, 339-350) lui succède. C'est un Roi faible dont le règne va être altéré par les conflits internes, Châhpûhr II va profiter de cette faiblesse et une nouvelle fois envahir l'Arménie. Tigrane VII est pris en otage, rendu aveugle et emprisonné. De là, Châhpûhr II commence sa première campagne contre le nouvel Empereur Romain Constance II (337-361), une campagne qui va être le plus souvent un échec pour Châhpûhr II.

 

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Tête probablement de Châhpûhr II le Grand en argent doré -

Metropolitan Museum of art

 

Monnaie de Châhpûhr II

 

 

   Dans le même temps, l'armée et la noblesse Arménienne, assistées par les Romains, vont lutter contre les envahisseurs et vont les battre. Les Perses, vaincus signent un traité et acceptent de libérer Tigrane VII. En 344, après une rude bataille et un siège, Châhpûhr II ne parvient pas à prendre la forteresse de Singara. Les légions Romaines prennent même l'avantage mais la poursuite et l'attaque désordonnées du camp Perse permettent aux cavaliers Sassanides de reprendre le dessus.

 

   Châhpûhr II tente alors de prendre Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin) et si les combats contre Constance II sont favorables la décision finale ne vient pas malgré trois offensives, en vain. La cité tiendra jusqu'en 360. Bien qu'en majorité victorieux, Châhpûhr II ne fait guère de progrès. Dans le même temps, il est attaqué à l'Est par des tribus nomades, dont les Xionites (ou Huns Blancs ou Chionites ou Chionitae, en Chinois : Xiōng 匈 ou Xīróng 西戎, branche la plus occidentale des Hunas, une tribu nomade importante de Bactriane). Après une longue lutte de 353 à 358, il est contraint de conclure une paix avec leur Roi, Grumbates. Le Roi Perse fournit des terres où les envahisseurs pourront s'installer tandis que Grumbates se lie à Châhpûhr II dans sa guerre contre les Romains.

 

    En 358 Châhpûhr II est prêt pour sa deuxième série de campagnes contre Rome. Les Romains tentent d'obtenir un règlement pacifique mais en vain. En 359, alors que Constance II est mobilisé sur le Danube, Il lance une grande offensive en territoire Romain. Son premier but est de reprendre l'Arménie d'Arsace II (ou Arshak, 350-368). Il met de son côté la noblesse Arménienne en lui distribuant des pots-de-vin, surtout au généraux Vahan Mamikonian et Mérouzhan (ou Meruzhan) Artzruni, pour les faire adhérer à sa cour royale.

 

   Ces deux derniers seront Gouverneur en 369 et 370 lors de l'occupation du pays. Arsace II résiste et se concentre sur le renforcement de son armée. Il conçoit un plan ambitieux dans lequel tous les criminels qui sont installés dans sa ville nouvellement fondée, Arshakavan, reçoivent l'amnistie complète, soit environ 150 000 personnes installées dans la ville. Son espoir était de créer une grande armée directement sous son commandement. Mais, la noblesse  est en désaccord avec son plan et par la suite va détruire la ville et tué les habitants.

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Châhpûhr II et Châhpûhr III -

 Relief à Taq-e Bostan

  Dans le même temps, fin 359, Châhpûhr II se lance vers la Syrie. Il conquiert la cité Romaine d'Amida (Diyarbakir), sur le Haut Tigre, après un siège de 73 jours, puis l'année suivante, en 360, il prend Singara. La même année l'armée Romaine envahit l'Arménie mais se retire, frappée par la famine. L'Empereur Constance II demande alors à son César, Julien des renforts de Gaule, que celui-ci ne peut lui envoyer car les Gaulois se sont révoltés contre la décision de l'Empereur et ont proclamé Julien Empereur (361-363).

   En 363, c'est au tour de l'Empereur Julien de faire une campagne contre les Sassanides. À la tête d'une grande armée de 60 000 hommes a laquelle s'ajoute l'aide du Roi d'Arménie Arsace II, Julien avance vers la capitale à Ctésiphon. La coalition se divise en deux attaques, Julien conduit une armée en suivant l'Euphrate et Arsace II une deuxième qui fait diversion dans le district de Chiliocome, au Nord de la Mésopotamie. Les Romains parviennent à prendre des fortifications ennemies le long de l'Euphrate tandis que Châhpûhr II refuse le combat. En juin 363, Julien remporte une victoire à Maranga où les cataphractes et les clibanaires Sassanides sont repoussés avec de lourdes pertes. Châhpûhr II souhaite alors signer un traité de paix. Devant le refus des Romains il se réfugie derrière les fortifications de Ctésiphon. L'Empereur Julien n'étant pas équipé pour tenir un siège, se retire et suit le Tigre en comptant attirer l'armée Perse hors de ses murs.

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 Scène de chasse du Roi

Châhpûhr II sur un plat

 

   Châhpûhr II devant un ennemi supérieur en nombre adopte une technique de guérillas et harcèle les troupes Romaines qui sont obligées de se retirer vers l'Assyrie. Au cours de cette retraite Julien est tué d'un coup de lance lors d'une escarmouche contre son arrière garde. Son successeur l'Empereur Jovien (Flavius Iovianus, 363-364) en juillet 363, signe avec Châhpûhr II une paix déshonorante pour les Romains. Dans ce traité il laisse aux Perses la prise en charge des forteresses de Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin), Castra Maurorum, Singara. Il leur laisse la suzeraineté sur l'Arménie et une partie de la Mésopotamie. Il prévoie aussi la défense des passes du Caucase où les Sassanides élèvent des fortifications et installent des garnisons dont l'entretien est financé en partie par Rome.

 

   Ce grand succès est représenté dans un relief près de la ville de Bishapour en Perse. On y voit sous les sabots du cheval du Roi des Rois le corps d'un ennemi, probablement Julien. Châhpûhr II est maintenant libres pour intervenir en Arménie. Arsace II se trouve abandonné par les Romains et à le lourd fardeau de défendre le pays tout seul. Les Perses attaquent rapidement, d'abord au Nord vers l'Azerbaïdjan où Arsace II réussit à leur infliger des pertes, dû en partie au commandement du Sparapet (général) Vasak Mamikonian.

   Châhpûhr II, voyant que ce n'était pas par la force qu'il allait soumettre Arsace II, il décide de passer par la traîtrise. Arsace II est invité par le Roi Perse à des pourparlers de paix. Quand il arrive avec Vasak Mamikonian, ils sont faits prisonnier. De sa prison Perse, Arsace II n'est pas en mesure d'arrêter l'invasion de l'Arménie et le pays devient possession Sassanide. Arsace II est enfermé au Khûzistân, au "Château de l'Oubli" où après une longue captivité, il se donne la mort. Pendant les deux ans qu'il va diriger le pays Châhpûhr II va tout faire pour supprimer les Catholiques et les convertir au Zoroastrisme.

   Châhpûhr II, lors de son invasion de l'Arménie, dès 368, avait assiégé l'épouse d'Arsace II Parandzem retranchée avec leur fils Pap (370-374) et le trésor de l'Arménie dans la forteresse d'Artogerassa qui était défendue par une troupe de Azatk. Selon Ammianus Marcellinus (Historien Romain, 325/330-v.391) les forces Perses d'invasion étaient commandées par deux déserteurs Arméniens, Cylaces (Glak) et Artabanes (Vahan). Durant le siège, la Reine Parandzem lance un appel à ces deux derniers au nom de son mari pour qu'ils organisent la fuite de Pap. Ils réussissent l'évasion et Pap est caché dans la juridiction du monastère de Marcianopolis (ou Marcianople ou Devnya en Bulgarie aujourd'hui, sur la rive droite du Danube) où le nouvel Empereur Romain Valens (364-378) était en hivernage.

 

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Autre monnaie or de Châhpûhr II

   En 369, Pap retourne en territoire Arménien à la demande de la noblesse. L'Empereur Valens était réticent à honorer Pap d'un titre royal et ne lui accorde pas le soutien de troupes Romaines pour éviter de relancer la guerre en Orient. Châhpûhr II furieux envahit et ravage l'Arménie, puis il place des garnisons dans tous les lieux fortifiés. Pap est contraint de prendre la fuite et se cache près de la frontière Romaine à Lazicasa. Valens réagi et dépêche Arintheus en Arménie à la tête d'une armée attaquer les garnisons Perses. Au lieu de rechercher Pap, Châhpûhr II concentre son attaque sur le siège de la forteresse d'Artogerassa qui tombe pendant l'hiver 370, le trésor royal est volé par les Perses et la Reine Parandzem est violées et assassinées.

 

  Châhpûhr II a également commencé à persécuter systématiquement les Chrétiens locaux. Il contact Pap qui est resté dans la clandestinité et essaye de le persuader de venir à ses côtés. Au printemps de 370 Châhpûhr II prépare une invasion massive de l'Arménie qui est réalisée au printemps 371. L'Empereur Romain Valens envoie ses généraux Traianus et Vadomarius rencontrer les forces Perses en Arménie. À la bataille de Bagavan les Romains sortent victorieux. Au cours d'autres batailles des territoires sont conquis sur les Perses.  À la fin de l'été Châhpûhr II se retire dans sa capitale à Ctésiphon et Valens retourne à Antioche.

 

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Plat en argent représentant Châhpûhr II à la chasse - British Museum

 

         Châhpûhr II n'est plus en mesure de faire face à l'accumulation massive de légions Romaines en Arménie, surtout qu'il doit affronter dans l'Est de son Empire l'attaque de l'Empire des Kouchan (ou Kushan). Si la paix revient avec les Romains, la situation à l'intérieur en l'Arménie s'effondre. En 371, Pap empoisonne le populaire Patriarche (Catholicos) Nersès I le Grand, qui était un très proche allié des Romains. En représailles, en 374, l'Empereur Valens fait assassiner Pap lors d'un banquet. Châhpûhr II n'ayant pas réussi sur le champ de bataille à vaincre les Romains, il propose à l'Empereur Valens, en 375, que l'Arménie qui est une perpétuelle source de problèmes entre les deux Empires soit évacuée ou que les forces Romaines se retirent de la partie occidentale de la péninsule Ibérique et du Caucase.

                      L'Empereur Valens rejette la proposition, mais envoie deux légats, Victor Magistrianus et Urbicius de la Mésopotamie au Roi Perse pour examiner la question. Après de rudes négociations sur des contreparties sous forme de territoires laissés aux Romains et heureusement pour Châhpûhr II, les Goths qui se révoltent et que Valens doit mater, ce dernier début 377 est forcé de négocier. Il accepte de retirer éventuellement les forces Romaines de l'Arménie, en fait surtout afin de les utiliser contre les Goths. Valens lui-même est tué au cours de la bataille d'Andrinople contre les Goths en août de 378.

 

   En Arménie la situation se détériore de plus en plus. Quelque temps après le retrait des forces Romaines Vasazdad tue le Régent Musel Mamikonian. Le poste vacant est rapidement comblé par Emmanuel Mamikonian qui avait servi sous Châhpûhr II dans la dernière guerre contre les Kouchan. Emmanuel Mamikonian prend les armes, en 378, contre le Roi Vasazdad (374-378) qui avait succédé à Pap et le force à fuir d'Arménie, après quatre années de règne, celui-ci trouve refuge à Rome. Mamikonian forme un nouveau gouvernement provisoire allié avec la Perse. Châhpûhr II laisse  une  garnison  de 10 000 hommes en Arménie comme l'avait fait avant lui

 

lui Valens en 377. La fin du long règne de Châhpûhr II est marquée par des persécutions envers les Chrétiens. À sa mort, en 379 l'Empire Perse est plus fort que jamais et considérablement plus grand que quand il monta sur le trône, les ennemis à l'Est sont pacifiés et la Perse a acquis le contrôle de l'Arménie. Châhpûhr II épouse Sithil-Horak, une noble Perse qui lui donne trois fils qui vont lui succéder : Châhpûhr III, Bahrâm IV Kermanshan (ou Vahram) et Yazdgard I Ulathim et une fille qui épouse le Roi d'Arménie Khosrô III le Petit (ou Chosroes ou Khosrov III Godag, 330-339).

 

 

L'Empire  Sassanide  sous  Châhpûhr II

 

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   Ardachêr II (ou Ardashir ou Ardašir, 379-383) est considéré quelques fois comme le fil de Châhpûhr II. Il accède au pouvoir à un âge très avancé et l'on ne connaît pas grand chose de son règne. Ce qui est sur c'est qu'il sert sous son frère comme Gouverneur d'Adiabène (Royaume de Mésopotamie dont la capitale était Arbèles, aujourd'hui Erbil en Irak) et qu'il aurait comme lui persécuté les Chrétiens. Cependant, ces actes de brutalité contre les Chrétiens qui lui sont attribuées viennent en contradiction avec l'avis unanime qu'il était le plus vertueux de tous les dirigeants Sassanides. Il avait l'épithète "Nihoukar" ou "bienfaiteur" par les Perses.

                    Les arabes l'appelaient "Al Djemil" ou "vertueux". Selon le "Modjmel-al-Tewarikh", il n'a pas prélevé de taxes sur ses sujets au cours des quatre années de son règne et il avait toute leur affection et leur gratitude. Peu de temps après son accession au trône, les événements en Arménie, presque en guerre civile, semblent attirer son attention. Désireux de maintenir la paix dans les régions frontalières, l'Empereur Romain Théodose I le Grand (379-395) et Ardachêr II décident d'un traité. Mais Ardachêr II meurt avant que le traité puisse être signé. Il sera finalement été signé et ratifié par son neveu Châhpûhr III.

 

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Relief à Taq-e Bostan représentant l'investiture d'Ardachêr II

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Monnaie de Châhpûhr III

 

            Châhpûhr III (ou Šāpūr ou Shapur ou Sapor, 383-388) fils aîné de Châhpûhr II monte sur le trône et l'absence de guerre avec Rome se justifie par les invasions et usurpations qui menacent le pouvoir Romain et aussi par les incursions que les Huns Hephthalites faisaient à l'Est. Des négociations entre les Romains et les Perses avaient commencé sous le règne d'Ardachêr II, elles aboutissent à un traité d'amitié mutuelle en 384. Selon ce traité, l'Arménie est partagée entre les Romains et les Perses. De ce fait, deux royaumes se forment, un vassal de Rome et l'autre de la Perse. Le plus petit d'entre eux, qui comprend les districts occidentaux, d'une ligne allant d'Erzurum à Mush, est affecté à Rome et est donné à la charge d'Arsace III (ou Arshak, 384-389) qui avait été fait Roi par Emmanuel Mamikonian.

 

   La plus grande partie, qui comprenait des régions situées à l'Est, passe sous la suzeraineté de la Perse et est remise à un Arsacide, nommé Khosrô IV (ou Khosrov, 387-392 et 414-415), un Chrétien. Ce royaume prend le nom de Persarménie, avec pour capitale Dwin. Ainsi ces relations amicales établies entre Rome et la Perse vont durer trente-six ans. Châhpûhr III laisse derrière lui un monument sculpté, qui est encore à voir dans les environs de Kermânchâh (ou Kermanshah). Il meurt après un règne d'un peu plus de cinq ans. Il était un homme de goûts simples et aimait passer son temps dans la nature sous sa tente. Une légende raconte que lors d'une de ses sorties, il y eut un violent orage qui fit s'envoler la tente sous laquelle il se reposait. En s'envolant la tente le frappa à la tête entraînant sa mort quelques jours plus tard. Toutefois, si la plupart des ses sujets ont cru a l'authenticité de cette histoire, il y eut la rumeur qu'il aurait pu être la victime d'un complot fomenté par ses courtisans.

 

   Bahrâm IV Kermanshan (ou Vahram ou Varahran, 388-399) 2e fils de Châhpûhr II, succède à son frère. Sous son règne il était Gouverneur de Kerman. Vers 392, le Roi d'Arménie Khosrô IV (ou Khosrov, 387-392 et 414-415) sous suzeraineté Perse veut se libérer de son assujettissement aux Sassanides. Il passe un traité avec l'Empereur Romain Théodose I le Grand (379-395). Ce dernier renverse l'autre Roi d'Arménie Arsace III, unifie le pays et donne la couronne à Khosrô IV en échange de son allégeance. Bahrâm IV intervient, il fait prisonnier Khosrô IV et l'enferme dans la forteresse d'Oblivion et donne le trône d'Arménie à son frère Vram Shâhpouh (ou Bahrâm I ou Vram-Shapuh, 392-414). Khosrô IV lance un appel à l'aide à l'Empereur Théodose, mais ce dernier refuse d'intervenir car cela constituerait une violation du traité de paix de 384.

 

 

Monnaie de Bahrâm II Kermanshan

  

   Bahrâm IV profite alors du calme à l'Ouest de son Empire pour régler les difficultés sur ses frontières Nord et orientales avec les Huns Hephthalites. Bahrâm IV est souvent considéré comme un homme dur qui a négligé ses devoirs. Sa conduite au long de son règne va devenir de plus en plus insupportable, à tel point qu'il va être finalement assassiné par ses propres soldats qui l'encerclèrent et le tuèrent à coups de flèches.

 

Plat en argent doré représentant Yazdgard I en train de tuer un cerf - Metropolitan Museum of art

 

   Yazdgard I Ulathim "Le pêcheur" (ou Yazdegerd ou Izdekerti "fait par Dieu" Izdigerdesen, 399-420) est le 3e fils de Châhpûhr II et succède à son frère, dont il est considéré par quelques spécialistes comme le fils. Son règne s'est en grande partie déroulé sans incident. Le Roi est décrit comme étant très pacifique. Le long de son règne il y a eu des relations cordiales entre la Perse et l'Empire Romain d'Orient, mais aussi entre la Perse et l'Empire Romain d'Occident.

  

    L'invasion des Ostrogoth en 386, la révolte de Maximus et celle d'Antioche de 387, l'invasion de la Gaule en 388, les massacres à Thessalonique et la rébellion d'Argobastes et Eugène en 393 ont gravement affaibli l'Empire Romain. En 395, les Wisigoths prennent les armes contre les Romains avec à leur tête leur chef Alaric I (396-410)Ils ravagent la Thrace, la Grèce, l'Italie et pilla Rome en 410. Mais Yazdgard I, dès son accession au trône, renonce à profiter de la situation et avoir une attitude agressive vis-à-vis de l'Empereur Romain d'Orient Arcadius (383-408) ou de celui d'Occident Honorius (393-423).

 

   Sur la neuvième année de son règne, Yazdgard I se voit confier la garde du Prince Théodose par son père l'Empereur Romain d'Orient Arcadius. Il est étrange qu'Arcadius est choisi ni son jeune frère Honorius, ni aucun de ses éminents sujets pour cette tâche et qu'il confit plutôt cette charge à un monarque Perse. Un auteur à même affirmer qu'Arcadius avait payé un millier de livres d'or pur Yazdgard I en échange de sa faveur. Yazdgard I le protègera fidèlement et défendra ses biens jusqu'a la mort de ce dernier en 408.

   

   Dans les premières années de son règne Yazdgard I va promouvoir le Christianisme. George Rawlinson estime même que Yazdgard I lui-même voulait se convertir au Christianisme. Cette ouverture du Roi en faveur des Chrétiens va rapidement augmenter les conversions au Christianisme. Yazdgard I va même ouvertement persécuter les Mages et grands Prêtres Zoroastrienne qui étaient des ennemis jurés des Chrétiens. Le Roi aurait été un ardent disciple d'au moins deux Évêques Chrétiens : Marutha, Évêque de Mésopotamie et Abdas, l'Évêque de Ctésiphon et de Suse. Marutha en particulier a exercé une grande d'influence sur le souverain Perse et il est à l'origine du fait que Yazdgard I a publié une déclaration donnant, en 410, la liberté de culte aux Chrétiens. Cette annonce est parfois considérée comme "l'Edit de Milan pour l'Église Assyrienne".

 

   Puis, quelques temps après le Roi va changer de politique, lorsque l'Évêque Abdas se vit adjoint à Marutha âgé et qu'ils ordonnèrent de brûler un temple Zoroastre du feu à Ctésiphon. Cette action ruina d'un coup le crédit des Chrétiens auprès de Yazdgard I. Le Roi furieux voit en plus son autorité remise en cause par l'Évêque Abdas qui refusait de rebâtir le temple. Yazdgard I se trouve alors forcé de prendre des mesures. Il répond en autorisant les Prêtres Zoroastriens à détruire toutes les églises Chrétiennes de l'Empire. Les Chrétiens sont arrêtés en grand nombre et persécutés durant les quatre dernières années de son règne. Cette attitude de persécution des Zoroastriens puis des Chrétiens lui a valu les épithètes d'Al Khasha "le dure" et "Al Athim" "le pécheur". Cependant, au niveau de ses sujets il était bien considéré. Ils lui ont donné l'épithète de Ramashtras "le plus calme".

 

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Monnaie de Yazdgard I

 

  Profitant de cette période de persécution des Chrétiens, Yazdgard I va tenter également de propager le zoroastrisme en Arménie. Lorsque le Roi d'Arménie Vram Shâhpouh (ou Bahrâm I ou Vram-Shapuh, 392-414), mis sur le trône par son frère Bahrâm IV Kermanshan, meurt il est remplacé par son fils, un enfant de 10 ans, Artases (ou Artachès). Les Nobles Arméniens demandent alors à Yazdgard I de remplacer l'enfant de Vram Shâhpouh par Khosrô IV (ou Khosrov, 387-392 et 414-415) qui était toujours en prison dans la forteresse d'Oblivion depuis le règne de Bahrâm IV.

 

Autre monnaie argent de Yazdgard I

 

   Yazdgard I accepte, libère Khosrô IV et lui redonne le trône. Cependant, ce dernier à peine un an après son deuxième règne, décède.  En 415, Yazdgard I le remplace par son propre fils Châhpûhr IV (ou Šāpūr ou Shapur ou Sapor, 421). Le nouveau Roi est mal accepté par la noblesse Arménienne et il va passer les 4/5 ans de son règne à essayer de se réconcilier avec elle et avoir des relations amicales. Il fait aussi beaucoup d'efforts pour convertir les Arméniens Chrétiens au Zoroastrisme, mais il échoue largement dans cette quête. 

  

   En 419/420 Châhpûhr IV apprend que son père est sur son lit de mort, atteint d'une maladie incurable. Il se précipite alors à Ctésiphon, laissant derrière lui un vice-Roi pour gouverner l'Arménie, afin de réclamer le trône des Sassanides. Mais le vice-Roi désigné est tué peu après que Châhpûhr IV ait quitté le pays. Une Guerre civile de succession suit et Châhpûhr IV est tué par traîtrise par les nobles dans les premiers temps du conflit. Son frère cadet Bahrâm V Ghûr (ou Vahram Gôr) rentre en Perse. Avec l'aide du Prince de Hira, Al Mondir, un chef Lakhmide, son père nourricier et d'une armée arabe.

 

   Après un an de longues batailles, il prend le trône Perse. Son autre frère Narseh est nommé Gouverneur de Khorasan. Quant à Yazdgard I, les circonstances qui entourent sa mort ne sont pas claires. Selon les légendes populaires, il est tué au cours de son séjour en Hyrcanie par un magnifique cheval qui a émergé par magie d'un ruisseau ou alors il est assassiné par des nobles Perses au Khorasan peu après la prise de pouvoir de son fils.

  

    Toutefois, il est plus probable qu'il soit mort de maladie plutôt que victime d'un complot. Yazdgard I avait épousé Sochandoukht, la fille d'un Exilarque Juif vassal de la Perse, dont il eut ses deux fils. Lors de la guerre civile, un cousin éloigné de Châhpûhr IV et Bahrâm V, un usurpateur au nom de Khosrô  est un prétendant au trône Sassanide. Il est proclamé Roi par un parti de nobles après le meurtre de Châhpûhr IV. Bahrâm V au terme de la guerre civile qui s'en suivit, ayant entrepris le siège de Ctésiphon, Khosrô accepta de se retirer pacifiquement.

    

     Bahrâm V Ghûr (ou Vahram Gôr ou Gour ou Bahramgur, 420-438) après avoir rétabli le calme dans son Empire va très vite se heurter à la nouvelle Rome. À la suite des persécutions contre les Chrétiens lancées par son père, ces derniers avaient fuit en territoire Romain et demandaient leur protection. En 420, Bahrâm V les réclame mais l'Empereur Théodose II le Jeune (402-450) refuse de les livrer. Sa décision va provoquer une nouvelle guerre qui durera un peu plus d'un an de 421 à 422 où les Romains d'Orient vont remporter des victoires et vont faire de nombreux prisonniers. Les Romains envoient le général Ardaburius avec une grande armée en Arménie. Ardaburius bat le commandant Perse Narsehi et avance jusqu'en Azarène et ravage la province. Puis il fait le siège de Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin ou Nisibia ou Nisibin, au Sud-est de la Turquie). Bahrâm V envoie la majorité de ses troupes pour soutenir la ville. Ardaburius abandonne le siège face aux forces de Bahrâm V, mais assiège Theodosiopolis.

 

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Monnaie de Bahrâm Ghûr

 

  Après une série de négociations avortée, lors d'une bataille, malgré leur nombre, les Sassanides sont battus par Ardaburius et Procope. En 422, Bahrâm V est obligé de signer un traité de paix qui prévoit pour 100 ans la liberté de culte accordée par les Perses aux Chrétiens. À l'inverse les Zoroastriens peuvent pratiquer leur religion en territoire Byzantin. La situation en Arménie occupe Bahrâm V immédiatement après la conclusion de paix avec Rome. Le pays est sans Roi depuis que Châhpûhr IV le fils de Yazdgard I l'avait quitté en 419. Bahrâm V souhaite que désormais un descendant de la lignée royale des Rois Arsacides soit mis sur le trône d'Arménie.

 

   Dans cet esprit il nomme Artaxias IV (ou Ardachès ou Arshakuni IV Artaxias, 423-428) un fils de Vram Shâhpouh (ou Bahrâm I ou Vram-Shapuh, 392-414). Cependant le nouveau Roi ne sait pas se faire accepter et la noblesse Arménienne. Les Nakhararq, en 428, demandent à Bahrâm V de déposer Artaxias IV. Celui-ci accepte la demande et fait du pays une province de l'Empire Perse. Le patriarche Arménien Isaac va s'opposer vivement à cette annexion par la Perse. Il estime qu'un gouvernement Chrétien est mieux pour le pays qu'un non Chrétien. Malgré ses vives protestations, l'Arménie est placée par Bahrâm V sous la responsabilité d'un gouverneur Perse, le Mazpan.

 

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"Bahram et la Princesse indienne dans le pavillon noir." Représentation d'un Khamsa (Quintet) par le poète Perse Nizami -

mi-XVIe siècle

 

   En 427, Bahrâm V avait repoussé une attaque des Huns Hephthalites et étendu son influence dans ce secteur. Au cours de la dernière partie de son règne, la Perse est envahie par le Nord-est par des hordes Hephthalites qui ravagent le Nord de l'Iran, sous le commandement de leur Khagan (ou Grand Khan, titre de rang impérial chez les Mongol). Ils traversent l'Elbourz (ou Alburz ou Elborz, chaîne de montagnes dans le Nord de l'Iran) en Khorasan et prennent l'ancienne ville de Rei. Non préparé à cette attaque massive, Bahrâm V fait d'abord une offre de paix et sa soumission est bien accueilli par le Khagan des Hephthalites.

 

   Cependant, passant de nuit par le Tabaristan (ou Tapuria, nom de l'ancien royaume indépendant le long des côtes méridionales de la mer Caspienne), l'Hyrcanie et Nichapour (ou Neyshābūr ou Nishapur, ville dans la province de Khorasan, Nord de l'Iran), Bahrâm V prend au dépourvu les Huns et les massacre en même temps que leur Khagan et prend son épouse en otage. Quelques Huns prennent la fuite et les Perses les poursuivent jusqu'à l'Oxos. Un des généraux de Bahrâm V les suit profondément dans leur territoire qu'il détruit. Son portrait qui a survécu pendant des siècles sur la monnaie du Boukhara (Ouzbékistan contemporain) est considérée comme une preuve de sa victoire sur les Huns.

   Plusieurs légendes sont associées à Bahrâm V. Une d'entre elle dit qu'il aurait aidé un Roi Indien dans sa guerre contre la Chine et qu'en échange de son aide, le Roi des Indiens céda les provinces du Sind et Makran à la Perse. Toutefois, il n'existe pas de preuve historique en faveur de cette histoire. D'autres comptes suggèrent que Bahrâm V épouse une Princesse Indienne. Là aussi, faute de preuves, la conclusion d'un tel mariage ou alliance est considérée comme très douteux.  Le nom du Roi Perse est également associé avec un légendaire Prince Indien du Pendjab.

 

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Autre monnaie de Bahrâm V Ghûr

  Dynamique, Bahrâm V avait des goûts particuliers pour la chasse, d'où son surnom "Onager" qu'il aurait reçu après avoir tué un onagre (Âne sauvage), les arts et la poésie. Il était un personnage favori des écrivains qui ont tissé de nombreuses légendes et contes fantastiques autour de lui. Sa réputation a survécu même après l'anéantissement de Zoroastrisme. Son héritage survit même en dehors de l'Iran. On pense qu'il est l'inspiration de la légende de Bahramgur répandue dans le Pendjab. Il est un grand personnage dans la tradition Persane, qui rapporte beaucoup d'histoires sur sa bravoure, sa beauté, ses victoires sur les Romains, sur les Turcs, les Indiens et les Africains et sur ses aventures à la chasse ou en amour. Il rebâtit de nombreux temples Zoroastriens avec de grands jardins en Perse. Certains historiens jugent Bahrâm V comme un monarque plutôt faible. Il épouse Sapinud une noble Perse qui lui donne un fils unique Yazdgard II Sipahdost.

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Monnaie de Yazdgard II Sipahdost 

 

  

   Yazdgard II Sipahdost (ou Yazdegerd ou Izdegerdes "fait par Dieu", 438-457) au début de son règne, va rapidement attaquer l'Empire Romain d'Orient avec une armée mixte de différentes nations, y compris ses alliés Indiens, afin d'éliminer la menace d'une mise en place Romaine. Les Romains vont construire des fortifications dans les environs des territoires Perses à Carrhae (Harran), en prévision des expéditions ultérieures. L'Empereur Romain Théodose II le Jeune (402-450), demande à Yazdgard II de signer la paix et envoie son commandant personnel au camp du Roi Perse. Dans les négociations en 441, les deux Empires promettent de ne pas construire de nouvelles fortifications dans leurs territoires frontaliers.  Yazdgard II envoie des forces à Nichapour (ou Neyshābūr ou Nishapur, ville dans la province de Khorasan, Nord de l'Iran) en 443 et lance une campagne prolongée contre les Kidarites (En Chinois : Ki-To-Lo).

   Après de nombreuses batailles, il les écrase et, en 450, il les renvoie au-delà de la rivière Oxos. Dès son arrivée au pouvoir Yazdgard II est d'abord conciliant sur le plan religieux, il se montre même un très fervent Zoroastrien dans les années 450, puis il décide de convertir l'Arménie au Mazdéisme et lancent une campagne d'éradication du Christianisme. Sous cette menace, pendant qu'il est occupé à l'Est à combattre les Hephthalites qui menacent l'Empire, les Princes, la noblesse et le peuple d'Arménie s'unissent dans une immense révolte et les troupes Sassanides sont battues. Yazdgard II à la tête de son armée attaque l'Arménie.

    L'Empereur de Constantinople ne peut venir en aide aux Arméniens car il est en pourparler avec les Huns. Le 2 juin 451, sous la conduite du commandant en chef Vardan Mamikonian, les Arméniens font face aux Perses et a son commandant Mihr-Narseh à la bataille d'Avarayr (ou Avaraïr, appelée aussi Vartanantz). Les Arméniens sont vaincus et Vardan Mamikonian est tué au combat. Yazdgard II élimine les insurgés et déporte les chefs des grandes familles en Iran. Le Patriarche Joseph et dix ecclésiastiques mis en prison furent exécutés trois ans plus tard. Toutefois, la rebellions se poursuit dans les montagnes. Un neveu de Vardan, Vahan Mamikonian qui aura le titre de Mazpan (Gouverneur, 485-510), continue la lutte. Les pertes subies, la "guérilla" que livrent les Arméniens pour se débarrasser de leur tutelle et la menace des Hephthalites à l'Est, vont empêcher Yazdgard II d'imposer le Mazdéisme. Au cours de sa campagne à l'Est, Yazdgard II à augmenté sa méfiance à l'égard des Chrétiens dans son armée et la noblesse et va expulser nombreux d'entre eux.

 

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Autre monnaie or de Yazdgard II Sipahdost

 

   Il va ensuite persécuter les Chrétiens Assyriens et, dans une bien moindre mesure, des Juifs. Dans les dernières années de son règne, Yazdgard II est de nouveau engagés avec les Kidarites. Il épouse Mohri et Dînak (ou Denagh), une noble Persane qui lui donne deux ou trois fils: Ormizd III (ou Hormizd ou Ormuz) que certains donnent comme le fils de la Reine Mohri, Pérôz I et Palash (ou Balash ou Balaxes ou Valash ou Vologèse). Tous les trois vont lui succéder.

 

   Ormizd III (ou Hormizd ou Ormuz, 457-459) est le premier à arriver sur le trône. Sous le règne de son père il était Gouverneur "Roi" de Sacastène (Sagân Shâh). Il n'est pas l'aîné et prend le pouvoir en l'absence de son frère Pérôz. Il doit affronter les Huns Hephthalites en Bactriane. Cependant lorsqu'il va aussi subir l'attaque de son frère Pérôz I, il va demander de l'aide à une partie des Hephthalites en échange de deux villes en Bactriane, Tâleqân et Termez (ou Tirmidh ou Termez, Sud-est de l'Ouzbékistan). Une guerre civile va éclater qui va durer pendant deux années, leur mère Dînak (ou Denagh) va prendre la régence en leur absence à Ctésiphon. Pérôz I est préféré par le clergé Zoroastrien et bénéficie

 

du soutien des grands féodaux. En 459, Ormizd III est finalement vaincu et fait prisonnier à Reyy (ou Ray ou Rey ou Ragâ, actuellement Chahr-e-Rey province de Téhéran). Les Sources divergent quant à ce qui est arrivé à Ormizd III après sa capture. Certains spécialistes disent qu'il a été mis à mort. Toutefois, l'historien Perse, Mirkhond dit que Pérôz aurait gracié son Jeune frère et épargné sa vie. Ormizd II à une fille Balenduxt (ou Balendoukht) qui sera Reine d'Ibérie, épouse de Wakhtang I (ou Saint Vakhtang I Gorgasali "Tête de Loup", 446-502). Se mariage avait été scellé dans le but de rapprocher le royaume d'Ibérie, alors allier des Romains et qui cherchait à prendre son indépendance, de la Perse.

 

 

Monnaie de Pérôz I

 

   Pérôz I (ou Pirooz ou Peirozes ou Priscus ou Perozes ou Procop ou Perooz ou Ferooz ou Firuz en Perse : پیروز "Victor", 457-484) deuxième fils de Yazdgard II est couronné la même année que son frère. Sous le règne de son père il était Gouverneur "Roi" du lointain Sistan. Il va aussi rechercher la protection des Huns Hephthalites et entre immédiatement en lutte contre Ormizd III qui a pris son trône, ainsi que pour protéger ses frontières du Nord et de l'Est. Le Roi Hephthalites, Khush-Nevaz n'est que trop heureux de l'accueillir et de l'aider dans sa guerre contre Ormizd III. Pérôz conduit une armée contre son frère le bat et le capture.

   

   Il aurait favorisé le Nestorianisme et persécutés Chalcédoniens. Les historiens le considèrent comme un monarque sans peur et lui donnent l'épithète "La victoire". La guerre civile en Perse a affecté la nation et les provinces. Vatche, le Roi d'Aghouank (Albanie), se rebelle contre le règne Perse et se déclare lui-même indépendant pendant que les deux frères étaient occupés à se disputer le trône. Une fois son trône assurer la première action de Pérôz I est de mener une armée en Albanie afin de rétablir l'ordre. Il rejette ensuite ses alliés Hephthalites coûteux et procède à une reprise en main de la nation mais avec modération et justice.

 

   Les historiens de la période rapportent que pendant une durée de sept ans de 464 à 471, la famine dévaste le pays. Les sources et les puits sont devenus sec et il n'y avait plus une goute d'eau dans le Tigre et l'Euphrate. Les cultures se sont desséchées et des milliers de gens ont péri. Les historiens précisent que Pérôz I a montré une extrême fermeté de caractère en face d'une telle adversité et d'une grande sagesse pour faire face à la catastrophe et que grâce à lui la Perse, peu à peu, s'est remis de la famine.

  

   Pérôz I réussit aussi à maintenir la paix avec l'Empire Byzantin et ce dernier le soutiendra en lui versant de l'or. À peine la Perse avait récupéré de la famine, que la guerre éclate avec les Huns du Nord. Le Roi doit lutter contre l'invasion des Hephthalites dans le Tokharistan et les force à se retirer. Cependant la campagne tourne court, lorsque Pérôz I les poursuit dans les collines, il subi une défaite écrasante et fait prisonnier.

 

   Il doit payer une forte rançon et laisser son fils Kawadh I en otage le temps de rassembler l'argent, provenant peut être de l'Empereur Zénon (474-491). En 481, Pérôz I est vaincu aussi par les Kouchans. Peu de temps après, l'Ibérie se révolte et déclare son indépendance. Pérôz I envoie le Gouverneur Perse d'Arménie dans la péninsule Ibérique pour réprimer la rébellion.

 

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Autre monnaie or de Pérôz I

  

    Mais à peine avait-il quitté la province, que l'Arménie se joint à la rébellion et choisi un Chrétien Arménien appelé Isaac I Bagratide (482-483) pour souverain. Le Gouverneur Perse, Adar-Vishnasp après la restauration du pouvoir Perse dans la péninsule Ibérique se précipite en Arménie pour réprimer la rébellion, mais il est carrément rejeté. Pérôz I répond par l'envoi de deux grandes armées, une sous le commandement d'Adar-Narseh en Arménie et l'autre contre la péninsule Ibérique et Isaac I Bagratide est tué. Pérôz I va devoir envoyer plusieurs commandants militaires en Arménie et cette rotation de "chef" va faire perdre pour un temps le pays aux Perses.

 

Plat représentant Pérôz I à la chasse aux mouflons -  Metropolitan Museum - New York  

 

   Pérôz I après avoir assaini ses finances, vers la fin de son règne décide d'attaquer les Huns Hephthalites. Il rassemble une armée de 50 000 à 100 000 hommes et met son frère cadet Palash à la tête du gouvernement à Ctésiphon. Il envahit le territoire Hephthalites afin de venger l'insulte qu'il dût subir au cours de la première campagne. Il prend position à Bactres et rejette les termes de paix offert par Khush-Newaz le souverain Hephthalite. Toutefois, en 484, quand un bras de fer avec les Perses semble imminent, Khush-Newaz envoie un petit commando afin de tromper Pérôz I dans une embuscade.

 

   Le plan est couronné de succès et les Perses sont battus avec beaucoup de pertes et Pérôz I est l'une des victimes. Khush-Newaz, toutefois, traite le corps de son ancien ennemi avec dignité et le rend à la Perse afin qu'il soit enterré avec tous les honneurs. L'Empire Sassanide est envahi et pillé pendant deux ans et un tribut est payé aux Huns. Un noble de la famille de Karen, Zarmihr (ou Sokhra / Sufra) rétablit la situation et facilite l'avènement de Palash sur le trône Sassanide. Pérôz I a trois enfants, Zareh, Yazdgard et Kawadh I.   

 

   Palash (ou Balash ou Balaxes ou Vologèse, 484-488), selon J. Le Stylite, immédiatement après sa prise de pouvoir récupère un Empire ravagé par les Huns. La population à fuit les villes et les caisses du trésor sont vides. Il décide de reconduire les Hephthalites en dehors de la Perse. Avec cet objectif en tête, il envoie un contingent armé sous le commandement d'un officier nommé Sukra (ou Sufraii) détruire les Huns.

   Ceux-ci sont surpris et sont obligés d'engager des négociations. Peu de temps après la victoire sur les Huns, Palash conclu la paix avec les Arméniens. Etant donnée la situation de faiblesse dans laquelle se trouvait la Perse, le Roi ne pouvait pas envisager une reconquête militaire du Pays. Cela permet à l'Arménien Vahan Mamikonian, qui aura le titre de Mazpan (Gouverneur, 485-510), de libérer le pays de l'influence Sassanide. Les Perses, réalisent l'impuissance de leur politique de répression et sont obligés de signer le Traité de Nvarsag. Les conditions de paix sont assez draconiennes : Tous les temples Zoroastres doivent être détruits et aucun autre reconstruit. Les Chrétiens en Arménie auront la liberté de culte et les conversions au Zoroastrisme doivent être arrêtées. Les terres ne seront pas attribuées à des personnes qui se seront converties au Zoroastrisme. Le Roi Perse administrera en personne le pays avec l'aide des Gouverneurs et députés.   

 

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Monnaie de Palash

 

   Quelques mois plus tard, Zareh, un fils de Pérôz I fomente rébellion, mais Palash va très vite la mater et le tue. Peu de temps après, Kawadh I, un autre fils de Pérôz I se révolte à son tour avec l'aide des Huns et prend Ctésiphon à la tête d'un grand contingent Hephthalite. Palash ne survie pas longtemps après cette invasion. S'avérant incapable de redresser l'Empire, la colère des nobles s'intensifie. En 488, il est aveuglé et déposé, sans doute à l'instigation de Zarmihr (ou Sokhra / Sufra). Le fils de Pérôz I, Kawadh I, est placé sur le trône. On sait peu de choses du caractère de Palash, mais il est présentés par les historiens comme un monarque doux et généreux, qui a fait des concessions aux Chrétiens ce qui lui valut une bonne réputation auprès des auteurs Chrétiens.

 

 

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 Suite et fin......Suite et fin de l'histoire de la dynastie Sassanide

 

 

Pour plus de détails voir aussi : Les Perses Sassanides, la civilisation  

 

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