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  Liste des Rois Perses Sassanides 

Rois Sassanides

 

 

    Kawadh I (ou Qobad ou Kavad ou Kaveh ou Kobad ou Cabades, 488-496 et 498-531) à son arrivée au pouvoir hérite d'une situation désastreuse. À ce moment, l'Empire est totalement désorganisé par l'invasion des Huns Hephthalites (ou Huns blancs) de l'Est. Après une de leurs victoires contre son père Pérôz I, Kawadh I avait d'ailleurs été pris en otage en attendant le paiement d'une lourde rançon. La situation économique est au plus bas et il faut payer le tribut aux Hephthalites. Kawadh I fait alors appel à Constantinople et à son or, l'Empereur Anastase I (491-518) accepte de le financer, mais réclame en compensation la cité de Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin ou Nisibia ou Nisibin, ville dans la province de Mardin, au Sud-est de la Turquie). Un peu plus tard, Kawadh I voulant exercer le pouvoir seul, fait éliminer Zarmihr (ou Sokhra / Sufra) un noble de la famille de Karen qui l'avait porté sur le trône. La paix est rétablie avec les Arméniens rebelles et leur chef Vahan Mamikonian (Mazpan, 485-510). Un nouveau mouvement se propage dans l'Empire. Il est initié par Mazdak, le fils de Bamdad.

    Il prône l'égalité entre riches et pauvres, la mise en commun des biens et des femmes. Le Roi se rallie à cette "secte", son intention étant évidemment, en adoptant la doctrine des Mazdakites, de briser l'influence des magnats. Toutefois, en 496, un complot organisé par le haut clergé et des nobles partisans de Zarmihr, détrône le Roi et le jette en prison, au "Château de l'Oubli "(Léthé) en Susiane. Ils le remplacent par son jeune frère Zamès (Transcrit également que Jamasp ou Zamasp, 496-498). Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur Zamès et son nom est seulement donné en liaison avec son court interrègne. Des sources Byzantines mentionnent que Kawadh I a été déposé en raison de sa détermination à répandre la nouvelle "religion" qui prêchait la redistribution des biens. Des sources islamiques ultérieures tels que Tabari (Abu Ja'far Muhammad ibn Jarir al-Tabari, historien et exégète du coran, 838-923) et Dinawari (Ābu Hanīfah Āhmad ibn Dawūd Dīnawārī, savant Kurde, 828-896) nous informent que Zamès était un bon Roi, qu'il avait réduit les taxes afin de soulager les paysans et les pauvres.

 

 

Monnaie de Kawadh I

   Kawadh I, cependant, réussit à s'échapper et trouve refuge auprès des Hephthalites, dont le Roi lui donne sa fille en mariage et l'aide à retourner en Perse. En 498, il retrouve son trône et afin de consolider son pouvoir, il entreprend une sévère répression sur les nobles et des Mazdakites responsables de pillages. Grâce à ces actions il récupère le soutien du clergé. Les Hephthalites qui ont aidé Kawadh I à reconquérir son trône, lui réclament leur salaire, mais le trésor étant toujours vide le Roi ne peut les payer. Il demande une nouvelle fois une aide financière aux Byzantins, mais l'Empereur Anastase I refuse, en espérant que les deux puissances rivales de l'Est s'écharpent dans une autre guerre.

    

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Monnaie de Zamès

 

   En 502, Kawadh I lui déclare la guerre. Il envahit la Mésopotamie avec des Hephthalites et des arabes de Hira. Ils prennent plusieurs forteresses dont Theodosiopolis (Erzurum) en Arménie et en 503 Amida (Diarbekir) sur le Tigre, après un siège acharné. Les Byzantins réagissent faiblement car en 505 ils doivent faire face à une invasion de l'Arménie, par l'Ouest, des Huns du Caucase, qui ravagent les Balkans. Ils réussissent quand même à remporter des victoires et à stabiliser les positions en dépit de désaccords entre leurs généraux. Kawadh I doit lui aussi stopper momentanément cette guerre car il doit faire face à une invasion Hephtalite par les portes de la Caspiennes. Il est donc contraint d'accepter une trêve avec les Byzantins, qui doit durer sept ans, au cours de laquelle des fonds Romains sont versés aux Perses pour l'entretien des fortifications sur le Caucase.

 

   Pendant ce temps, l'Empereur Anastase I entreprend la construction d'une importante forteresse sur le site de Dara. Toutefois, la trêve va durer 20 ans, pendant lesquelles la lutte contre les Huns va se poursuivre. En 526, la reprise des combats avec les Byzantins vient du refus de l'Empereur Justin I (518-527) de garantir la succession de Kawadh I à son fils Khosrô I (ou Khusrau ou Khosroes). Au début, la guerre prend une tournure favorable pour Kawadh I qui inflige des cuisantes défaites aux Byzantins en Arménie et en Haute Mésopotamie. En 527, quand l'Empereur Justinien I le Grand (527-565) succède à Justin I il réorganise sa défense en construisant des forteresses importantes sur le front Est et en nommant un nouveau commandant, Bélisaire.

 

   Dans le même temps des troubles provoqués par le mouvement Mazdakite se développent. Kawadh I s'appuie sur les Zoroastriens et les Chrétiens pour condamner le mouvement et les chefs sont éliminés, Mazdak lui-même est pendu. En 530, Kawadh I est vaincu en Arménie. Bélisaire triomphe de l'armée Sassanide devant sa base de Dara avec 20 000 soldats contre 40 000 à l'ennemi. En 531, Bélisaire accepte la demande de ses généraux de poursuivre l'armée Sassanide qui dans sa fuite ravageait la région de l'Euphrate. Cette force Perses était composée exclusivement de 15 000 cavaliers et comprenait environ 10 000 Sarracènes montés, commandés par un chef Lakhmide, Alamundaros. Bélisaire la suit dans sa progression, mais sans jamais chercher à l'affronter. Cependant ses troupes et en particulier les Isauriens, voyant l'armée Perse au bord de l'Euphrate à portée d'attaque, font pression sur le général pour que ce dernier accepte de livrer bataille.

 

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Autre monnaie de Kawadh I

 

  À leur grande surprise les Sassanides font face et convergent vers le flanc droit Byzantin constitué par des auxiliaires arabes dirigés par Arétas. Ceux ci prennent la fuite et l'armée Byzantine est submergée. La situation devient rapidement critique et les troupes Perses exterminent les Isauriens. Toutefois Bélisaire maintient sa ligne et arrête les charges de cavalerie. À la tombée de la nuit, il réussit même à faire traverser l'Euphrate aux restes de son armée et les fait évacuer par bateaux, vers Callinicum. C'est une victoire pour les Sassanides, mais leurs pertes sont très élevées et une paix dite "perpétuelle" sera signée en 532 par le fils et successeur de Kawadh I, Khosrô I (ou Khusrau ou Khosroes). L'Empereur Justinien I qui veut conquérir l'Afrique du Nord et la Sicile, accepte de verser 11 000 livres d'or et de retirer ses troupes de Dara. Kawadh I meurt en septembre 531 à l'âge de 82 ans. Au cours de ses dernières années de règne, son fils cadet Khosrô I, qui a eu une grande influence sur lui, est proclamé son successeur.   

 

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Plat en Argent montrant Khosrô I ou Kawadh I assis sur son trône -  Musée de l'Hermitage - Leningrad

 

 

   Khosrô I Anushiravan  (En Perse : انوشيروان "À l'âme immortelle" ou Khusrau ou Khosroes, 531-579) est également connu sous le nom de Anushiravan le Juste (انوشیروان عادل, Anushiravān-e-ādel ou انوشيروان دادگر, Anushiravān - e-dādgar). Il monte sur le trône malgré l'opposition de son frère aîné Kawûs, au moment de l'épreuve de force entre les nobles et le peuple. Selon un compte, il était le fils de Kawadh I et d'une fille de paysan et était à l'origine considéré indigne d'hériter du trône de son père. Vers 532 Khosrô I serait sortit vainqueur du conflit en assassinant ses frères.

 

    Selon l'historien Romain Procope de Césarée, Kawadh I essaya d'avoir son troisième fils Khosrô I adopté par l'Empereur Romain d'Orient Justin I (518-527) dans le milieu des Années 520. C'est la première fois que Khosrô I est mentionné dans les sources. Mais les Romains et les Perses ne sont pas parvenus à un accord sur l'adoption et une nouvelle guerre commença en 526, qui devait durer jusqu'en 532.

  

  Khosrô I remet de l'ordre dans l'Empire soumis à l'anarchie causée par les Mazdakites. Il réforme l'armée en donnant aux quatre divisions de l'Empire leurs propres troupes et un commandement séparé. Il créé une milice avec des paysans à l'équipement léger. Des prisonniers, comme les Alains et les Khazars sont déportés en Iran et soumis à un service militaire obligatoire. Il introduit un système rationnel de taxation, basé sur une revue des possessions foncières, que son père avait commencé.

 

   Pour protéger ses frontières, Khosrô I installe des tribus de barbares qui vont représentées une défense vis à vis des nomades. Il construit de puissantes fortifications le long des passes de Derbend et une grande muraille qui bouche les passages au Sud-ouest de la mer Caspienne. Au début de son règne, Khosrô I conclu une paix éternelle avec l'Empereur Byzantin Justinien I le grand (527-565) qui voulait avoir les mains libres pour la conquête de l'Afrique et de la Sicile. En 540, Khosrô I refuse de payer le tribut habituel aux Hephthalites, mais ces derniers ne sont pas assez puissants pour obliger le Roi Perse à honorer l'accord.

 

   La même année les conflits avec Byzance reprennent suite à un litige entre l'État Ghassanide sous tutelle Romaine et le Roi d'Hira, vassal de Khosrô I. Selon Procope de Césarée c'est a cause du succès de Justiniens I sur les Vandales et les Goths que Khosrô I reprend les armes. Ce dernier envahit la Syrie, prend Antioche et brûle la ville. Il déporte ensuite ses habitants près de Ctésiphon où il construit pour eux une nouvelle ville sous le nom de "Khosrô-Antioche" ou "Chosro-Antioche". Au cours des années suivantes, Khosrô I mène la guerre successivement en Lazique  (ou Lazistan ou Lazica, ancienne Colchide) durant la guerre Lazique, sur la mer Noire et en Mésopotamie. En 545, les Byzantins ne pouvant pas grand chose contre lui, un nouvel armistice est signé entre les deux parties, mais la paix totale n'arrivera qu'en 562.

 

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Monnaie de Khosrô I Anushiravan

 

   La paix est prévue pour durer 50 ans, pendant lesquels les Perses laissent la Lazique aux Romains et jurent de ne pas persécuter les Chrétiens, à condition que ceux-ci n'essaient pas de faire du prosélytisme auprès des Zoroastriens. À l'inverse, les Romains devaient payer des tributs à la Perse. Vers 560, Khosrô I alliés aux Turcs (Göktürks ou Köktürks), conquiert la Bactriane. Il écrase et élimine les Hephthalites dont le territoire, l'Empire Shvetahûna, est partagé entre les coalisés, ce qui fixe sur l'Oxos la frontière orientale de l'Empire Perse. Au cours de la conquête de nombreuses autres tribus rebelles sont assujetties.

 

   En 570/571, les dynastes Himyarites du Yémen, qui avaient été soumis par les Éthiopiens d'Aksoum, demandent de l'aide au Roi Perse. Khosrô I envoie une flotte avec une petite armée sous les ordres de Vahriz, qui expulse les Éthiopiens. Par cette victoire les Sassanides élargissent leurs frontières au Sud en s'emparant du Royaume de Saba (Yémen aujourd'hui). À partir de ce moment jusqu'à la conquête par l'islam, le Yémen sera vassal de la Perse et un gouverneur Perse y résidera. Byzance s'inquiète de ce renouveau de la puissance Perse et de son expansion et déploie une activité diplomatique importante pour former une coalition.

 

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Scène de chasse sur un plat montrant Khosrô I - VIIe siècle - Cabinet des Médailles - Paris.

 

   En 572, l'Arménie et la péninsule Ibérique se rebellent contre la Perse avec le soutien des Romain. Khosrô I mate la rébellion et montre la supériorité militaire Sassanide. En 573, il conquiert la forteresse de Dara sur l'Euphrate, en haute Mésopotamie et envahie et dévaste la Syrie. En 575/576, il avance jusqu’en Cappadoce, mais après cette incursion en grande partie infructueux de l'Anatolie, il est fortement rejetée par les Romains en une bataille près de Métilène. Il revient quand même en Perse avec un large butin. Durant des négociations de paix avec le nouvel Empereur Tibère II Constantin (578–582), Khosrô I décède.

 

   Son long règne marque l'apogée, la gloire et la prospérité de la dynastie Sassanide, Khosrô I avait une réputation de sagesse et de justice. Son règne est aussi marqué par une activité de bâtisseur. Il a jeté les fondations de nombreuses villes et de luxueux palais. Il a supervisé la remise en état des routes de commerce ainsi que la construction de nombreux ponts et barrages et l'art et la science ont fleuri en Perse. C'est aussi sous son règne, que les échecs sont introduits depuis l'Inde et que le livre du Kalîleh va Demneh est traduit.

 

    De nombreux livres sont aussi amenés d'Inde et traduits en Pehlevi. Khosrô I épouse Kayen la fille de Mokan Khan souverain des Huns Hephthalites. Elle lui donne un fils, Ormizd IV qui lui succède. Il épouse également une Chrétienne, Euphémie (ou Euphémia) qui lui donne aussi un fils, Nushzad qui se rebellera contre son père en 551.

 

   Ormizd IV (ou Hormizd ou Ormuz, 579-590) veut maintenir la suprématie du trône sur la noblesse et le clergé et semble avoir été un Roi despotique et violent, mais quelques fois avec une certaine bonté de cœur. Lorsqu'il monte sur le trône, il tue ses frères. Ormizd IV va protéger le petit peuple contre les nobles et met en place une sévère discipline dans son armée et dans les tribunaux. Lorsque les Prêtres Zoroastres exigent une persécution des Chrétiens, il refuse pour le motif que le trône et le gouvernement ne pouvait être en sécurité s'il n'y avait pas de bonne volonté de la part des deux religions concurrentes. Sa décision soulève alors une forte opposition dans les classes dirigeantes, qui va conduire à de nombreuses exécutions et confiscations de biens.

 

   De son père il hérite d'une guerre contre l'Empire Byzantin et contre les Turcs (Göktürks ou Köktürks) dans l'Est du pays et des négociations de paix qui venaient de commencer avec l'Empereur Tibère II Constantin (578–582). L'activité diplomatie Byzantine l'oblige à combattre sur trois fronts. Cependant Ormizd IV refuse de céder quoi que ce soit des conquêtes de son père. Les récits faits sur Ormizd IV par les auteurs Byzantins, Theophylaktos Simokates (en Grec : Theophylaktos Simokates ou Simokattes, historien Byzantin, VIIe siècle, iii.16 ff), Ménandre (Historien Byzantin, milieu du VIe siècle) et Jean d'Ephèse (ou d'Asie, historien en langue Syriaque, 507-586, vi.22), donnent une description détaillée de ces négociations et sont loin de lui être favorables.

 

   En 588/589, son général, Bahrâm Chûbin (ou Vahram Tchûbin, qui deviendra le Roi rival Bahrâm VI) bât les Turcs à Balkh (ou Bactres) tue leur Khan et capture son fils, puis il bât les Huns du Nord. Toutefois, déterminé à donner une leçon au Prince arrogant, l'Empereur Romain Maurice (582-602) traverse la frontière et envahit le Kurdistan. L'année suivante, il pénètre même en Médie et dans le Sud de la Mésopotamie. Bahrâm est envoyé pour lutter contre les Romains. Il est d'abord couronnée de succès, il défait : Une offensive Ibérique contre l'Azerbaïdjan, des raids dans Svaneti et il bât une attaque Romaine sur l'Albanie, puis le Cheikh Ghassanide al-Moundhir trahi la cause Romaine en informant Ormizd IV des plans des Romains. Maurice est obligé de se retirer à la hâte et au cours de sa fuite vers la frontière Romaine il entraîne à sa poursuite Bahrâm et son armée.

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Monnaie d'Ormizd IV

   Les Romains, commandés par le général Romanus, dans une bataille sur le fleuve Araxes, contre toutes prévisions, défont Bahrâm. Malgré cette défaite Ormizd IV est jaloux de la renommée de Bahrâm et il tient à l'humilier. Le Roi le sanctionne pour son échec et le démet de ses fonctions. Bahrâm, avec l'aide de son armée se rebelle. C'est le début d'une insurrection généralisée. Les nobles déposent le Roi qui est capturé et mutilé (aveuglé) puis jeté en prison et proclament Roi son fils Khosrô II. Les sources ne sont pas d'accord sur la façon dont Ormizd IV est tué : Theophylaktos (iv.7) dit que Khosrô le tue peu de jours après qu'il soit aveuglé et l'historien Arménien Sebeos (VIIe siècle, History, Ch.10.75) dit que ce sont ses propres servants qui le tuent.

 

 

 

Laine tissée Égyptienne copie d'une fresque de Khosrô II se battant contre les forces Éthiopiennes au Yémen, Ve-VIe siècle.    

 

  

   Khosrô II (ou Khusrau ou Khosroes, 589-590 et 591-628) est parfois appelé Purveez (En Perse : خسرو پرویز ou Parvez ou Abharvez, "Toujours victorieux"). Les sources le présentent comme inférieur à son grand-père Khosrô I en termes de bonne éducation et de discipline. Elles le montrent arrogant, cruel et vivant dans le luxe. Il ne serait ni un bon administrateur, ni un bon guerrier malgré sa brillante victoire, car il n'a pas personnellement commandé une armée sur le terrain. Il se fondait plutôt sur la stratégie et la fidélité de ses généraux. Khosrô II est porté sur le trône par les nobles rebellés, mais en 590, le général Bahrâm Chûbin (en Perse بهرام چوبین ou Vahram Tchûbin ou Chobina) démis de ses fonctions par son père se proclame lui-même Roi sous le nom de Bahrâm VI (590-591) et avec l'aide de son armée prend Ctésiphon. Khosrô II qui n'était pas en mesure de lutter contre lui doit fuir. Il part d'abord vers la Syrie, puis à Constantinople.

 

   Il demande la protection de l'Empereur Maurice (582-602) qui accepte d'envoyer de l'aide à condition que la souveraineté Byzantine soit reconnue sur les villes d'Amida, de Carrhae (Harran), de Dara, de Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin ou Nisibia ou Nisibin, ville dans la province de Mardin, au Sud-est de la Turquie) et de Miyafariqin (En moyen Perse : Miyān Pārgin). En outre, la Perse était tenu de cesser d'intervenir dans les affaires de la Géorgie et de l'Arménie et de céder le contrôle du Lazistan (ou Lazica, ancienne Colchide) aux Byzantins. En 591, Khosrô II est ramené à Ctésiphon et Bahrâm VI est rejeté en Azerbaïdjan et doit fuir vers les Turcs de l'Asie centrale où il est assassiné. La paix avec Rome est ensuite conclue. L'Empereur Maurice ne fait pas usage de son avantage, il va simplement restaurer l'ancienne frontière et la suppression des subventions qui étaient versées aux Perses. Quelques années plus tard, Khosrô II profite de l'assassinat de l'Empereur Maurice par Phocas (602-610) pour attaquer Byzance.

    Il reprend l'Arménie et Édesse, traverse la Cappadoce, prend Césarée et Chalcédoine et en 610 atteint le Bosphore. En 611, ses troupes ravagent la Syrie et s'emparent en 613 de Damas, puis en 614 de Jérusalem qui est pillée. En 616, les Sassanides occupent Gaza, puis ils entrent en 618 en Égypte et prennent Alexandrie, ils remontent le Nil et atteignent l'Ethiopie.

 

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Monnaie de Khosrô II

  

    L'Empire Sassanide est au plus haut tandis que l'Empire Byzantin semble très vulnérable et ne résiste guère en raison de dissensions internes et de la pression des Avars et des Slaves sur d'autres fronts. En 622, le nouvel Empereur Byzantin Héraclius I (610-641) est en mesure de contre attaquer. Les Byzantins reprennent l'offensive, chassent l'envahisseur d'Asie Mineure et remportent des victoires en Arménie contre Farrukhan Schahr Barâz (ou Shahrbaraz), le commandant en chef de l'armée Sassanide.

                             Le Pont et la Cappadoce sont évacués. En 624, Héraclius I obtient une trêve avec les Avars ce qui lui permet d'avancer dans le Nord de la Médie et en l'Azerbaïdjan où il détruit le grand temple de Ganzhak (Gazaca). En 626, il combat dans le Lazistan (ou Lazica, ancienne Colchide). La même année Schahr Barâz avance en Chalcédoine et veut assiéger Constantinople avec l'aide de ses alliés Avars. Sa tentative échoue et il retire son armée de l'Anatolie.

 

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Khosrô II présenté à l'Empereur Byzantin Héraclius I - Plaque sur une Croix -

1160-1170, vallée de la Meuse

 

   En 627, Héraclius I avec l'aide des Khazars se dirige vers la vallée du Tigre, il remporte une victoire décisive le 12 décembre à Ninive, puis assiège Ctésiphon. Khosrô II s'enfuit de sa résidence de Dastagird (ou Dastgerd ou Dastagei, près de Bagdad), sans tenter de résister, mais refuse de signer la paix avec Héraclius I. Les conquêtes en Afrique et en Anatolie sont perdues. Il tente de donner le trône à l'un de ses fils cadet, Merdân Shâh né de son épouse Chirîn, une Chrétienne Monophysite et fait emprisonner ses autres fils. Son despotisme et son apathie avaient fait naître parmi les grands de l'Empire une opposition.

 

   Ces derniers libèrent son fils aîné Kawadh II Schirôyé (ou Siroes, 628) et le proclame Roi le 25 février 628. Celui-ci fait mettre à mort quatre jours plus tard (29 février 628) son père dans son palais et ses 18 frères ou demi-frères qu'il considère comme des rivaux potentiels et demande la paix aux Byzantins. Il entame des négociations avec Héraclius I, mais il décède peu après. De terribles catastrophes marquent cette période, inondations et épidémie de peste dont le Roi meurt le 6 septembre 628 après un règne de 7 mois. Pendant le court règne de Kawadh II Schirôyé les Nestoriens eurent le droit de se choisir un nouveau Catholicos du nom d'Ichoyahb II.

 

   Ardachêr III (ou Ardachîr, 27 avril 630) fils de Kawadh II arrive alors sur le trône. Ce n'est qu'un jeune enfant de 7 ans qui va régner sous la tutelle d'un échanson Mâh-Adhûr Gushnasp. Les Khazars envahissent l'Arménie et l'Ibérie et le général Perse Farrukhan Schahr Barâz (ou Shahrbaraz) est vaincu à Uti près du lac Guéghan. Avec l'accord de l'Empereur Byzantin Héraclius I (610-641), Schahr Barâz fomente un coup d'état. Il dépose et tue Ardachêr III le 24 avril 630. Il prend son trône au bout d'un an et demi de règne.

 

   Farrukhan Schahr Barâz (ou Shahrbaraz ou Schahryar "Sanglier de l'Empire", 630) était général commandant en chef des armées sous Khosrô II. À la tête de son armée il avait mené une compagne en Syrie et en Palestine de 611 à 614. Il avait pris les villes d'Apamée sur l'Oronte, d'Antioche, de Damas en 613, puis en 614 de Jérusalem où il avait fait massacrer 17 000 habitants Chrétiens. En 618 il conquiert Alexandrie et la Basse Égypte. Khosrô II lui avait demandé alors de revenir pour faire face à l'offensive l'Empereur Byzantin Héraclius I (610-641) en Médie, mais en 623, Schahr Barâz est défait par l'Empereur.

 

   Il commande l'ultime offensive Perse contre Constantinople qui échoue faute de flotte et il doit de nouveau revenir défendre l'Iran car Héraclius I et ses alliés Khazars après s'être emparé de l'Ibérie et de l'Albanie du Caucase en 627 ont pénétré en Mésopotamie. Après la mort de Kawadh II, il se proclame Roi avec l'assentiment d'Héraclius I après avoir déposé et tué son prédécesseur, le jeune Ardachêr III.       

 

 

Monnaie d'Ardachêr III

   

   Il signe la paix avec Héraclius I et lui renvoie une relique qui est acceptée comme la Vraie Croix. En avril 630, il ne fait pas face à l'invasion de l'Arménie par le Khazar Chorpan Tarkhanun. Il est lui même déposé et exécuté après un mois et demi de règne par une conspiration des grands de l'Empire le 9 juin 630. Dans le même temps Khosrô III Schiroueth (630) fils du Prince Kawadh, un frère de Khosrô II, est couronné Roi dans le Khorassan avant d'être assassiné par le gouverneur de cette province début novembre 630. Son frère Gushnasp Bandeh tente ensuite, en vain, d'occuper le trône de début novembre à mi-décembre.

 

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Monnaie de la Reine Bûrândûkht

 

   Bûrândûkht (ou Bôran ou Pôran ou Pooran Dokton Tourandokt ou Pûrandokht "Fille au visage rose", 630-631) est une fille de Khosrô II. Elle est une des deux seules femmes à monter sur le trône Sassanide, l'autre étant sa sœur Arzen-Dokt (ou Azarmedûkht). Elle est proclamée Reine à Ctésiphon après l'assassinat de Farrukhan Schahr Barâz. Dès son accession au trône elle veut essayer de stabiliser l’Empire. Pour atteindre son objectif, elle signe une paix définitive avec Byzance, puis tente de revitaliser l'Empire en améliorant la justice, en rétablissant les infrastructures, en baissant les impôts et taxes et en frappant une nouvelle monnaie. Elle ne réussit pas à mener à bien la restauration du pouvoir central, qui avait été fortement affaibli par les guerres civiles. Bûrândûkht meurt de maladie à Ctésiphon après un an et 4 mois de règne, alors qu'elle était en train de préparer ses troupes contre les envahisseurs arabes. La fin de la Reine n'est pas claire, certaines sources affirment qu'elle aurait été assassinée et d'autres qu'elle aurait démissionnée.

 

   Dans les textes anciens, elle est décrite comme une Reine sage, juste et à la nature généreuse. Ses qualités ont été reconnues par Ferdowsi (Abū-l-Qāsim Mansūr Ibn Hasan al-Tūsī, écrivain et poète Perse, v.940-v.1020) dans son œuvre le Shâh Nâmâ (ou Shahnameh), qui note son esprit de justice, son aide aux paysans et son engagement à relancer la mémoire et le prestige de son père, dont le règne au cours de l'Empire Sassanide avait atteint sa plus grande étendue territoriale. Pérôz II (631) lui succède. Il est le fils d'un noble nommé Mirh Gushnasp, lui-même époux de la Princesse Kahardûkht, fille de Yazdandah, un fils cadet de Khosrô I. Il ne réussit pas à se maintenir sur le trône. Depuis la mort de Khosrô II l'anarchie s'est propagée dans l'Empire Sassanide. Les souverains successifs ne se maintiennent que peu de temps sur le trône et pour beaucoup nous ne savons pas grand chose hormis leur nom. En outre la tradition est peu fiable et les textes sont parfois contradictoires de sorte que le règne du souverain suivant, la Reine Azarmedûkht (630-631 ou 631-632) n'est pas précisément daté. D'autant que la succession d'une femme dans l'Empire Perse n'était pas prévu, elle pourrait également avoir agi comme Régente après la mort de sa sœur Bûrândûkht. 

 

Monnaie de la Reine Azarmedûkht

  

Monnaie d'Ormizd VI

 

   L'époux de cette dernière, Shah Shenendih (631 ?) est parfois donné comme Roi. Selon Tabari (Abi Ja'far Muhammad ibn Jarir al-Tabari, historien et théologien Perse, 838-923), le règne d'Azarmedûkht a duré quelques mois de décembre 630 à mars 631. Bien que contredite il y a aussi l'idée que sa sœur ne soit pas morte avant 631. Dans ce cas Azarmedûkht aurait régnée probablement dans la période 631/632. Tabari signale en outre que la Reine ne pouvant refuser le mariage avec le général Farrûkh-Hormizd (ou Farrukh Azarmidokht) de Rey, le fait assassiner. Le fils de ce dernier, le général Rostam Farrokhzad, décide alors de venger son père. Il s'empare de la capitale Ctésiphon, détrône Azarmedûkht, lui crève les yeux et la tue. Toujours selon Tabari, il est ce même Rostam qui un peu plus tard, général de Yazdgard III, perdra la grande bataille contre les arabes. Dans le même temps, un autre prétendant se serait aussi emparé du trône, Khosrô IV (631). Petit-fils de Khosrô I, il tente de régner pendant 9 semaines, les dates de règne les plus courantes sont de janvier à mars 631.

 

   À sa mort Farrokhzad Khosrô V (ou Feroukhzad, 631), fils de Khosrô II qui s'était réfugié chez les Byzantins pour échapper au massacre des Princes royaux ordonné par Kawadh II Schirôyé (ou Siroes, 628) veut prendre le pouvoir. Sa proclamation comme Roi devait apporter une grande espérance de justice. Malheureusement il meurt empoisonné par un esclave après un règne d'un mois de mars à avril 631. À la mort de ce dernier Ormizd VI (ou Hormizd, 631-632), un petit-fils de Khosrô II, se proclame Roi à Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin ou Nisibia ou Nisibin, ville dans la province de Mardin, au Sud-est de la Turquie), mais il est massacré par ses soldats après un règne de 7 mois, de mai 631 à janvier 632.

 

   Yazdgard III (ou Yazdegerd ou Yazdiger, en Perse : یزدگرد سوم, "Fait par Dieu", 632-651) va être le dernier Roi de la dynastie Sassanide. C'est un petit-fils de Khosrô II. Son père était Shâhriar (ou Schahryar) et sa mère, Miriam, était la fille de l'Empereur Byzantin Maurice (582-602). D'autres sources le donnent comme le fils d'une concubine noire. Son père avait été exécuté avec 17 autres de ses frères et demi-frères en 628. Yazdgard III monte sur le trône le 16 Juin 632 après une série de conflits internes et une succession de 11 Roi et Reines en seulement quatre ans. C'est un adolescent lorsqu'il accède au pouvoir et il n'a jamais vraiment exercé une autorité. Il est couronné Roi à Istakhr (Ville à 5 km au Nord de Persépolis) et s'empare de la capitale Ctésiphon avec l'aide du général Rostam Farrokhzad.

 

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 Roi Sassanide souvent identifié à

Yazdgard III - Musée du Louvre

 

Monnaie de Yazdgard III

 

   Dans sa première année de règne, l'invasion arabe de la Perse commence. Pour obtenir un modeste soutien de son vieux rival, l'Empire Romain d'Orient, Yazdgard III cherche une alliance avec l'Empereur Héraclius I (610-641), il épouse Manyanh, la fille de Constantin III Héraclius (613-641) et de la Princesse Grégoria de Perse. Dès 633, il doit donc faire face à l'invasion des arabes musulmans. Ses généraux sont vaincus dans plusieurs batailles : Rostam Farrokhzad en 635 à Qâdisiya (ou al-Qadisiyya ou Kadisiyya ou Kadésiah) non loin de Hira (Ville d'Irak située sur la rive droite de l'Euphrate à 18 km au Sud-est de Nadjaf) ce qui entraîne la perte de la capitale Ctésiphon. Le jeune Roi s'enfuis alors en Médie.

                                            Puis en 642, le général Pérozân à Nahavand (Aussi transcrit Nihawend ou Néhavend) et enfin à Reyy en 643. Yazdgard III fuit d'une région à une autre. Il se réfugie finalement à Merv (ou Mary au Turkménistan ou Alexandrie de Margiane) dans l'Est de l'empire auprès du Mazbân Mâhôe où il est assassiné à l'automne 651. Son corps jeté dans une rivière sera repêché par des paysans et identifié, puis inhumé par l'évêque Chrétien Nestorien de Merv. Le reste des nobles qui ont fui ce sont installés en Asie centrale où ils ont contribué grandement à la diffusion de la culture et de la langue Persane dans ces régions.

    Ils ont également contribué à la création de la première dynastie Iranienne, la dynastie Samanide, qui conserva certaines traditions Sassanides tout en continuant à promouvoir l'islam. Le 16 juin 632, le début de son règne, est la date initiale de l'ère qui porte son nom, ère de Yazdgard, qui marque le début du calendrier religieux Zoroastrien, qui est encore en usage aujourd'hui (Calendrier des Pârsî). D'après Al Mas'udï (ou Masudi, historien arabe chiite, 897-957) Yazdgard III avait trois filles : Adragh, Shahr Banû et Mardavand et deux fils Bahrâm et Pérôz III. Après la conquête de la Perse et la prise de Ctésiphon, Shahr Banû fut capturée et aurait été donnée en mariage à Husayn (Hussein ibn Ali), le fils du calife Ali et de Fatima (Fille de Mahomet). Husayn est considéré par les chiites comme le troisième calife. Shahr Banû serait morte peu de temps après avoir donné naissance à son seul enfant, Ali.

 

Autre monnaie de Yazdgard IIICliquez pour agrandir l'image

    Le fils de Yazdgard III, Pérôz III (651-677) réussit à s'enfuir dans les montagnes du Tokharistan vers la Chine. Il va gouverner sur un petit territoire sous la suzeraineté de l'Empire Chinois. Il meurt vers 677 en laissant à la cour de Chine son fils Narsieh (泥涅师). La plupart de ce que nous connaissons de Pérôz III vient des écrits laissés par son fils Narsieh. Le Prince Pérôz était très jeune au temps du règne de son père Yazdgard III et il n'a jamais réellement exercé de pouvoir monarchique sur la Perse Sassanide. Après la conquête islamique de l'Iran, Pérôz III et la plupart de la famille royale s'enfuient en passant par la chaîne du Pamir, sur le territoire de l'actuel Tadjikistan, puis ils arrivèrent dans la Chine des Tang, qui supportait les Sassanides. En 661, d'après le vieux livre des Tang (舊唐書), Pérôz III (卑路斯) aurait demandé une aide militaire aux Tang contre les arabes.

 

   En 670, Pérôz III arrive personnellement à la cour des Tang où il lui est alors donné le titre de Youwuwei Jiangjun (右武衛將軍, "Général Martial et garde du flanc droit"). La cour des Tang crée le gouvernorat de Perse (波斯都督府) à Zarandj (Aujourd'hui en Afghanistan), duquel Pérôz devient le souverain. En 678, le ministre de la cour, Pei Xingjian (裴行儉) reçoit l'ordre d'escorter Pérôz III en Perse. Pei Xingjian va aussi loin que Suiye (碎葉) proche de la Tokmok, moderne au Kirghizistan) avant de faire demi-tour. Pérôz III est alors obligé de passer vingt ans au Tuhuoluo (吐火羅) probablement la Bactriane ou le Tokharistan avec plusieurs milliers de ses suivants. Pérôz III revient ensuite à la cour des Tang et il lui est attribué le titre de Zuoweiwei Jiangjun (左威衛將軍 "Général inspiré et gardien du flanc gauche"). Il meurt peu après. Certains de ses suivants lui survécurent. 

  

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Pour plus de détails voir aussi : Les Perses Sassanides, la civilisation  

 

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