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Localisation
Ebla (En arabe : عبيل، إيبلا) est une ancienne cité de l'Amourrou. Elle a aussi le nom de "roche blanche" qui fait référence à l'affleurement de calcaire sur lequel la ville a été construite. Elle se situe sur le site moderne Tell Mardikh, à environ 55 km au Sud-ouest d'Alep sur la route de Hama. Elle occupe une position géographique stratégique, à l'entrée d'un col commandant l'accès à la Méditerranée. Ebla a été une importante cité-État au cours de deux périodes, la première à la fin du IIIe millénaire av.J.C, puis la deuxième entre 1850 et 1600 av.J.C. Le site est très célèbre pour les archives d'environ 15 000 tablettes cunéiformes qui y ont été trouvés datant d'environ 2250 av.J.C, dont certaines sont rédigées dans la langue Sumérienne et Eblaïte, une langue sémitique inconnue auparavant.
Ebla était une cité fortifiée, elle était entourée de fortes murailles construites avec des blocs de pierre taillés. Elle tirait sa richesse : De ses ressources agricoles comme l'orge et l'huile d’olive, de ses importants troupeaux de moutons, d'où en découlait l'exportation de tissus de laine qu'elle échangeait contre du cuivre et des pierres précieuses comme le lapis-lazuli.
Religion
La religion d’Ebla reprend des divinités Sémites connues comme Dagan, Hadad, Ishtar, Kanish ou moins connues comme Koura et Nidakoul dont on n'a pas retrouvé de trace ailleurs et quelques divinités Sumériennes comme Enki et Ninki. Plus tard on perçoit une influence Hourrite avec le Dieu de la guerre Ashtapi et les Déesses Hapat et Ishara. Giovanni Pettinato et quelques spécialistes ont suggérés que dans les tablettes trouvées dans les archives d'Ebla, le nom d'un Dieu El Yah serait à considérer comme un début de preuve d'utilisation du nom divin Yah "Dieu" qui à leur avis, plus tard, deviendra Yahvé (YHWH). Cependant leur théorie est loin de faire l'unanimité.
Ils constatent aussi de nombreux noms de la Genèse dans l'Ancien Testament, qui n'ont pas été trouvé dans les autres langues du Proche-Orient et ont des formes similaires en Eblaïte comme : Un-da-mu / Adam, H'à-wa / Eve, Abarama / Abraham, Ishma-el, Esaü, Mika-el, Mikaya, Saul, David, etc... On y trouve aussi de nombreux sites bibliques, par exemple Ashtaroth, le Sinaï, Jérusalem (Ye-ru-sa-lu-um), Hazor, Lakhish, Gezer, Dor, Megiddo, Joppa, etc... Giovanni Pettinato a également affirmé trouver des références à Sodome et Gomorrhe. Trois versions de l'hymne Eblaïte de la création ont été trouvés.
Gouvernement
La forme de gouvernement de la cité n'est pas bien connue, mais la ville semble avoir été dirigée par une aristocratie marchande qui a élu un Roi et a confié la défense de la ville à une armée de métier. Les textes ont permis d’identifier quelques souverains, ils nous apprennent que leur fils était souvent des Gouverneurs de cités vassales. Ils portent le titre Sumérien de EN ou Eblaïte mâliku (La Reine étant la mâliktu). La fonction royale paraît fortement marquée par l'aspect religieux. Un culte funéraire était rendu aux souverains défunts dans la cité de Darib. L'administration du royaume est assurée par des LUGAL, littéralement "Grand homme" dont certains peuvent jouer un rôle important. Cela signifiait Roi dans d'autres parties de la Mésopotamie, mais à Ebla le titre était utilisé pour celui de Gouverneur. Les Rois Ibrium et son fils Ibbi-Sipish ont semble t-il rompu avec la tradition et mis en place une monarchie absolue.
L'histoire.......
Bien que le site montre des signes d'une occupation continue avant 3000 av.J.C, le premier niveau d'habitation (Mardikh I) correspond à la seconde moitié du IVe millénaire, le second niveau (Mardikh II) couvre la majorité du IIIe millénaire, la puissance d'Ebla a augmenté et a atteint son apogée que dans la seconde moitié du millénaire suivant. La ville est attestée par des textes Akkadiens et par les 15 000 tablettes en cunéiforme Eblaïte, première forme d’écriture connue des langues sémites occidentales, qui confirment qu’il s’agissait, vers 2400 d’un royaume prospère, qui devait être l’un des plus importants de la haute Syrie, soit avant l’arrivée des Amorrites nomades (Installés vers 2000) dans lesquels on à d’abords vu le premier peuple Sémite de Syrie. Le premier Roi attesté est Igrish-Halam (v.2420). Certains spécialistes le positionnent plus loin dans la chronologie. Ils donnent comme premiers souverains : Abur-Lîm et Agur-Lîm vers 2500, puis Ibbi-Damu et Baga-Damu. Il semble qu'Igrish-Halam est eut un règne assez court. Il est assisté de deux Lugal, Darmia et Tir qui occupent une position privilégiée, ils vont renforcer la puissance de la cité.
L’organisation politique de la ville à leur époque, malgré les textes retrouvés, est encore à aujourd'hui assez mal connue. Quelques spécialistes affirment qu'il s'agissait peut-être d’une communauté de cités qu'Ebla aurait pu dominer compte tenu de son influence politique qui s'étendait bien au delà de son territoire sur tout le bassin du fleuve Balikh et le triangle du Khābūr (ou Khabour, région du fleuve Khabour). Ce qui est sur c'est qu'Ebla va acquérir assez d'importance pour que d'autres cités situées le long de l’Euphrate lui versent un tribut dont Mari sa rivale commerciale. Le second Roi connu (Dans la première hypothèse chronologique) est le fils d'Igrish-Halam qui lui succède, Irkab-Damu (v.2410). Il est contemporain du Roi de Mari Iblul-El (v.2425-v.2400). Il est secondé par un autre Lugal, Arrukum. La cité avait semble t-il de bonne relation avec la Mésopotamie où des comptoirs commerciaux sont ouvert dans toutes les grandes villes. Les textes d’Ebla mentionnent beaucoup Kish et Ourouk ainsi que l'Égypte de la IVe et VIe dynastie, des cadeaux, envoyés par les Rois Khafrê (ou Khéphren, 2518-2492) et Pépi I (2289-2255), ont été retrouvés dans les vestiges du palais. Irkab-Damu envoie le commandant de son armée Enna-Dagan pour renverser la puissante coalition formée par Iblul-El. L'expédition est un succès, il soumet aussi Emar et signe un traité avec Abarsal et Enna-Dagan reçoit le titre de Lugal.
Iblul-El fut autorisé à retourner à
Mari comme un Gouverneur vassal
d'Ebla. Irkab-Damu eut un fils, Ish'ar-Damu (ou Iskar-Damu, v.2350-v.2300) qui lui succéda. Cette succession
est contestée par quelques spécialistes qui font suivre directement un Roi au nom de Ar-Ennum (ou Reshi-Ennum) et
ne compte pas Ish'ar-Damu. Ish'ar-Damu serait contemporain de
Sargon d'Akkad (ou
Sargon l'Ancien, 2334-2279) et du Roi d'Égypte,
Pépi I (2289-2255).
ous son règne le Lugal devient le gérant des affaires administratives de la cité et Ebla atteint l'apogée de sa puissance
économique et politique. L'influence d'Ish'ar-Damu s'étend sur la Haute
Mésopotamie, comme à
Kish, où il se rendit au moins une fois.
Le Roi entretient de bonnes relations commerciales
et cordiales avec la puissante cité de
Nagar (ou Tell Brak), dans le Nord de la
Mésopotamie. Il donnera même
en mariage sa fille, Tagrish-Damu, au fils du Roi de
Nagar. Il fonde une coalition avec
le royaume Amorrite de
Mari et
Nagar pour contrer la montée en
puissance de Sargon d'Akkad.
Cependant, vers 2300, le Roi d'Akkad
bat la coalition et Ebla est dévastée. Un texte
Akkadien relate ces événements,
la légende dit, dans l'épopée du "Combat du Roi", qu'il "s'élance
vers les Montagnes claires et la forêt de cèdres" (Liban)....
Sargon, Roi de Kish, remporta
trente-quatre batailles, il détruisit les fortifications jusqu'au rivage...... Sargon se prosterna en prières à Tuttul,
devant le Dieu Dagan, qui lui donna tout le Pays Supérieur, les royaumes de
Mari, Yarmuti et
Ebla jusqu'à la forêt des cèdres et aux Montagnes de l'argent... ".
Puis arrive au pouvoir Ebrium
(ou Ibrium, v.2300), il est contemporain du 2e Roi d'
Assur
de la Ière dynastie, Tudiya (Il y a peut-être un Roi avant lui ?). Ebrium va conclure un traité
avec Tudiya pour l'utilisation d'un poste officiel de contrôle dans la région de
Mari. Il est semble t-il encore un puissant
souverain de la région. Ebla détruite, il choisit pendant sa reconstruction Armanum comme nouvelle capitale, qui prend sa
succession politique. La ville sous son règne eut beaucoup de vassaux. Ebrium serait à l'origine de la monarchie absolue
et héréditaire dans la cité. Cette affirmation est contredite par quelques spécialistes.
Il est succédé par son fils
Ibbi-Sipish (ou Ippi-Sipish ou Ibbi-Zikir, v.2280) dont les textes affirment qu'il visite les grandes villes de
Mésopotamie, comme
Kish. Il va conclure un traité
avec Alep.
Au cours de son règne, il doit faire face à une révolte interne, peut-être contre le nouveau concept de la monarchie absolue.
Cela conduit à l'affaiblissement de la ville.
Son fils
Dubuhu-Ada (v.2250) lui succède. Au début de son règne, malgré les rébellions qui ont secoué celui de son père,
Ebla/Armanum est encore un pays riche et fort. Cependant, peu de temps après lors de l'expansion de l'Empire d'
Akkad,
le petit royaume va tomber sous les coups du Roi
Naram-Sîn
(2255-2218). La date exacte de la destruction de la ville fait toujours l'objet de nombreux débats, mais 2240 av.J.C est
une date probable. Naram-Sîn,
était le petit-neveu de Sargon d'Akkad,
il conduit une expédition militaire en Syrie du Nord pour détruire la cité-Etat d'Armanum et Ebla. Dans le texte
Akkadien qui relate la destruction
des deux villes, Naram-Sîn cite
le nom du Roi d'Armanum, et non celui d'Ebla, il est donc fort probable qu'à l'époque, il n' y avait plus de Roi à Ebla,
la ville n'étant pas encore reconstruite, et l'Akkadien
n'aurait fait que mettre la main sur les territoires sous l'influence d'Ebla auparavant.
À partir de 2200 Ebla va tourner le dos à la Mésopotamie et commercer avec la méditerranée, notamment Chypre et les Minoens de Crête. Au cours des siècles suivants, Ebla sera en mesure de retrouver une certaine importance économique dans la région, mais n'atteindra jamais son ancienne gloire. Après la chute de l'Empire d'Akkad et la renaissance Sumérienne (2142-2004) la cité va tomber sous le coup de divers États Amorrites mais va réussir à récupérer une partie de son importance jusqu'à connaître une deuxième apogée de 1850 à 1600. La ville va être dirigée par des Ensi (Gouverneurs) souvent avec des noms Amorrites.
Le premier connu
au cours de cette période est Megum, pendant le règne du Roi
d'Ur
Amar-Sin(ou Amar-Su’en
ou Amarsuen, 2047-2038, IIIe dynastie). On trouve aussi un Ibbit-Lim qui est le premier Roi
attesté. Hammourabi (1793-1750)
VIe Roi de la Ière dynastie Amorrites de
Babylone, au début de son règne,
s'empare de la ville et la dévaste.
La Syrie et la Palestine vont compter
plusieurs royaumes Amorrites, dont
Byblos et
Ougarit, le plus étendu, le
Yamkhad et sa capitale
Alep, allait du Taurus à l’Euphrate
et ses Rois gouvernaient par l’intermédiaire de
vassaux tel que le Roi d’Alalah
(ou Alalakh). Ebla est mentionnée dans les textes
d'Alalah datant de 1750. Le
Yamkhad s'empare d'Ebla et en
fait un État vassal. Vers 1600, la ville est prise par une nouvelle puissance, les
Hittites du Roi
Moursil I
(ou Mursili, 1620-1590), qui la détruisent. Ebla ne va jamais se relever de sa deuxième destruction.
Elle passe ensuite sous l'influence des
Hourrites et du
Mitanni pour retomber de nouveau,
vers 1380, sous l'emprise des
Hittites grâce
à leur Roi Souppilouliouma I
(ou Suppiluliuma, 1382-1342). La ville va continuer d'exister sous la forme d'un petit village jusqu'au VIIe siècle de notre
ère, puis sera abandonnée et oubliée jusqu'à sa redécouverte archéologique. |
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Le site archéologique
Le site qui se présente sous la forme d'un tell ovale de 60 ha. En 1964, des archéologues Italiens de l'Université La Sapienza, de Rome, sous la direction de Paolo Matthiae ont commencé des travaux d'excavation au Tell Mardikh. En 1968, ils récupèrent une statue dédiée à la Déesse Ishtar, portant le nom d'Ibbit-Lim, un Roi d'Ebla de la deuxième période. Cette découverte à permis d'identifier le site de la ville, que l'on connaissait depuis longtemps par des inscriptions en Égyptien et en Akkadien.
Au cours de la
décennie suivante, l'équipe a découvert un palais datant de vers 2400 av.J.C qui
a été appelé, palais G. Il serait contemporain du premier palais de la cité de
Mari. Les fouilles ont révélé la
structure de ce dernier, il possédait : À l'Est, un escalier monumental qui donnait accès aux quartiers résidentiels et
à la salle des archives (ou bibliothèque). Une grande cour pour les audiences et une importante place
rectangulaire bordée de portiques. Sous celui situé au Nord, on pense qu'il devait se trouver un podium destiné au trône.
À l'Ouest, avait été construit des
magasins qui sont aujourd’hui complètement détruits. Dans le palais, ont été découvertes dans les ruines, 15 000
tablettes cunéiformes qui y étaient conservées, dont 2 000 quasiment intactes. Environ 80% des tablettes sont
écrites en Sumérien, les autres dans une
langue Sémitique jusque-là inconnues qui a été appelée Eblaïte. Giovanni Pettinato pense que l'Eblaïte est une langue
sémitique de l'Ouest, toutefois I.J.Gelb et d'autres, l'attribue comme un dialecte Sémitique de l'Est, plus
proche de la langue Akkadienne.
Ebla avait des
liens étroits avec le Sud de la Mésopotamie où ce style d'écriture a aussi été trouvé, ce qui met en lumière les liens entre les
Sumériens et les cultures
Sémitiques à l'époque. Quelques spécialistes pensent aujourd'hui que le bâtiment où ont été trouées les
tablettes, n'était pas qu'un palais mais aussi la bibliothèque. L'emplacement où ont été découvertes les tablettes et sa
reconstruction, elles étaient placées sur des étagères en bois, a permis de les remettre dans leur position d'origine.
Il est vite apparu qu'elles étaient initialement rangées par thème : Archives d'hommages, documents diplomatiques ou de droit, traités entre Ebla et d'autres villes de la région, actes de vente, accords commerciaux, dictionnaires, manuels scolaires etc... Les tablettes nous renseignent ainsi sur l’administration et la vie économique, la population et l’organisation sociale et sur la religion. Les spécialistes ont notamment découvert que la cité possédait un troupeau de 200 000 têtes de vaches, moutons et chèvres, qu'il se pratiquait aussi un artisanat très actif et que les cérémonies religieuses étaient calquées sur celles des Sumériens.
À l'intérieur de l'enceinte en pierre de la ville, presque en son centre, les archéologues ont aussi mis au jour une acropole, construite en brique crue, qui domine la ville basse. Elle regroupe deux temple dans la ville basse, un grand temple sur le rebord Ouest et le palais royal. Les archéologues ont aussi découvert : De nombreux objets en bois ornés d'or et lapis-lazuli, des vases en diorite, des bas-reliefs en calcaire et des sculptures en stéatite, des meubles en bois incrustés de nacre et différentes pierres de couleur. Le style artistique à Ebla a influencé la qualité du travail dans l'Empire Akkadien. |
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Pour
d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :
Mildred Freed Alberg et Fred Warshofsky :
- The royal archives of Ebla, WMUL, PTV Publications, Kent, Ohio, 1980.
Chaim Bermant et Michael Weitzman :
- Ebla : A revelation in archeology, Times Books, New York, 1979.
Jean Marie Durand :
- Mari, Ebla, et les Hourrites : Dix ans de travaux, Editions Recherche sur les civilisations, Paris, 1996.
Cyrus Gordon et Gary Rendsburg :
- Essays on the Ebla archives and Eblaïte langage, Publications of the Center for Ebla Research at New York
University / Eisenbrauns, 4 vols, Eblaitica, 1987, 1990, 1992 et 2002.
Paolo Matthiae et Françoise Liffran :
- Aux origines de la Syrie : Ebla retrouvée, Gallimard, Paris, 1996.
Paolo Matthiae :
- Ebla à l'époque d'Akkad : Archéologie et histoire, Éditions Klinksieck, Paris, 1976.
- Ebla : An Empire rediscovered, Doubleday, Garden City, New York, 1980, 1981.
- The royal archives of Ebla, Skira, 2008.
Jean Mollard :
- Le rayonnement d'Ebla sur l'aire syro-mésopotamienne au IIIe millénaire avant J-C,
Université de Montréal, 1990.
Giovanni Pettinato :
- The archives of Ebla : An empire inscribed in Clay, Doubleday, 1981.
- Ebla, a new look at history, Johns Hopkins University Press, Baltimore, 1991.
Francesco Pomponio et Paolo Xella :
- Les dieux d'Ebla : Étude analytique des divinités Eblaïtes
l'époque des archives royales du IIIe millénaire, Ugarit, Münster, 1997.
Gabriela Scandone-Matthiae :
- Ebla et l'Égypte a l'ancien et au Moyen Empire, Direction générale des
antiquités et des musées, v.29-30,
Damas, 1979-1980.
- Inscriptions royales Égyptiennes de l'Ancien-Empire à Ebla, Dietrich Reimer Verlag, Berlin, 1982.
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