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 Jéricho  et Massada

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Jéricho

MASSADA

 

   Jéricho (En Hébreu : יְרִיחוֹ Yériho, en Grec : Iεριχώ, en arabe : أريحا Arīhā) est une ville de Cisjordanie, située sur la rive Ouest du Jourdain. Son nom est dérivé du mot Hébreu qui signifie "lune" et indique que la ville fut l'un des premiers centres de culte des divinités lunaires. Jéricho a été mentionnée pour la première fois dans le Livre des Nombres. Elle est considérée comme une des plus anciennes villes habitées dans le monde et les archéologues ont mis au jour les restes de plus de 20 établissements successifs, qui remontent à 9000 ans. La cité à aujourd'hui une population d'environ 25 000 habitants. Jéricho a été décrite comme la "ville des palmiers" où d'abondantes sources d'eau tiède et d'eau froide jaillissent et donnent lieu à la culture de citrons, d'oranges, de bananes, de plantes oléagineuses, de melons, de figues et de raisins. La culture de la canne à sucre a été amenée par les croisés. Jéricho est la ville la plus basse du monde avec une altitude proche de -240 m. Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ guérit deux aveugles à Jéricho (Matthieu 20).

 

  

 

L'histoire.......

 

   Jéricho est considérée comme une des plus anciennes villes habitées dans le monde. Les premières traces remontent à 9000 ans à une période où le niveau de la Mer Morte était beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui. Elle est, selon le récit biblique, vers 1250, la première ville du pays de Canaan conquise par Josué (Fils de Nun, de la tribu d’Éphraïm et successeur de Moïse) et les Hébreux. Le livre de Josué (Bible) relate la prise de Jéricho et comment, le septième jour après l'arrivée des Hébreux, les murailles de la ville s'effondrèrent par la simple volonté divine après le défilé sept fois autour de la cité, pendant sept jours, de l'arche d'alliance et de sept prêtres sonnant sept chofars (Sorte de trompettes). Lors de cette guerre Jéricho est rasée intégralement et la ville et son butin sont alors maudits. Josué aurait déclaré : "Maudit soit devant l'Éternel l'homme qui se lèvera pour rebâtir la ville de Jéricho... Il en posera les portes au prix de son plus jeune fils".

  L'archéologie jusqu'en 1960 tendait à prouver que le récit Biblique était juste, cependant l'amélioration et la sophistication de plus en plus grande des techniques d'analyse de datation ont progressivement mis le doute sur la réalité historique du récit. Un des plus grands spécialistes le remettant en cause est l’archéologue Pierre de Miroschedji qui est Directeur de Recherche au CNRS et Directeur du Centre de Recherche Français de Jérusalem. Les fouilles et datations donnent désormais une image précise de la situation sur le terrain.

 

  Jéricho est une cité florissante à l’âge du bronze ancien (1800-1500). À partir de 1400, où elle était devenue une petite bourgade sans mur d'enceinte, elle est abandonnée. Donc, à l'époque où le récit biblique situe sa conquête, vers 1250, la ville est inoccupée depuis 150 ans et est tombée en ruine. Les archéologues n'y ont d'ailleurs relevé aucune trace de destruction guerrière. Le récit biblique de sa prise par les Hébreux est donc une pure invention et ne peu refléter le déroulement d'une réelle bataille. La cité est l'endroit où Bacchides aurait construit une de ses forteresses (1 Macc 9:50). Bacchides (En Grec : Βακχίδης) était un général Grec ami du Roi Séleucide de Syrie Démétrios I Sôter (162-150).

 

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Vue du site de Jéricho

 

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Autre vue du site

  Il régnait dans "le pays au-delà de la rivière" (L'Euphrate). Démétrios I lui aurait envoyé en 161 une grande armée afin de conquérir la Judée. Plus tard, Ptolémée a été gouverneur de la vallée du Jourdain et la région a été le théâtre du massacre de Simon et son fils. Les premiers développements importants de Jéricho semblent dater du règne du Roi de Judée Jean Hyrcan I (134-104) qui entreprend la construction d'un long canal afin de détourner l'eau du Wadi Qelt (ou Wadi al-Qult) vers la ville. Il fait de la cité un domaine royal et construit la première phase d'un palais d'hiver. Jean Hyrcan I était Roi et Grand Prêtre de Juda (Judée) et Ethnarque de Juda.

 

  Il était le fils et successeur du Grand Prêtre et Ethnarque Simon Maccabée (142-135). Il dut d’abord reconnaître la souveraineté du Roi Séleucide, Antiochos VII Évergète Sidêtês (138-129) puis, après 129, se révolta. Il favorisa la secte des Saducéens. Plus tard, au cours de son règne, Hérode le Grand (Tétrarque de Judée 41-40, Roi de Judée 40-37 et Roi d'Israël 37-4) construit trois palais indépendants sur le même site, qui finalement fonctionnèrent comme un seul. Ils furent utilisés jusque vers la fin du IVe siècle ap.J.C par des descendants de la famille Hasmonéenne (ou Asmonéenne).

  

   C'est à Jéricho, comme le raconte l'historien Romain Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattathias, 37-100), qu'Aristobule III de Judée (Ou Aristobulus, né en 53, mort en 35 av.J.C, Grand Prêtre des Juifs, de 47 à 35 av.J.C) est noyé sur l'ordre d'Hérode le Grand. Il était le frère de Mariamne I l'épouse d'Hérode le Grand. Sa mère Alexandra Maccabée (63-28), par l'intercession de la Reine d'Égypte Cléopâtre VII Théa Philopator (51-30 av.J.C) et du Romain Marc Antoine (83-30 av.J.C), contraint Hérode le Grand à retirer Hérode Hananel de la fonction de Grand Prêtre et de nommer Aristobule III à sa place.

  

   Pour s'assurer contre le danger que pouvait représenter Aristobule III, Hérode le Grand met en place un réseau d'espionnage contre Aristobule III et sa mère. Cette surveillance fut si lourde que la mère et le fils cherchèrent à obtenir leur liberté en se réfugiant près Cléopâtre VII . Leur plan fut déjoué et sa divulgation eut pour effet d'accroître les soupçons d'Hérode contre son beau-frère.

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Le palais de Hisham au Nord de Jéricho

  

   Comme il n'ose pas recourir directement à la violence, Hérode le Grand fait noyer Aristobule III lors d'une baignade à Jéricho. En 33, Jéricho est prise à Hérode le Grand et transférée au contrôle de la Reine Cléopâtre VII.  La ville, depuis la construction de son palais, fonctionnait non seulement comme un centre agricole et comme un carrefour de routes commerciales, mais aussi comme un refuge d'hiver de l'aristocratie de Jérusalem. La Bible affirme que Jésus Christ a traversé Jéricho où il a guéri deux aveugles et converti un percepteur local nommé Zachée (Matthieu 20). Le Christianisme s'est implanté dans la ville au cours de l'époque Byzantine et une coupole de l'église dédiée à Saint Eliseus a été érigée.  

 

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :

 

Edward Bacon :

- The Great archaeologists, Bobbs-Merrill, Indianapolis, 1976.

John R.Bartlett :

- Jericho, Lutterworth Press, Surrey, Guildford, 1982.

John Garstang :

- The story of Jericho, Hodder & Stoughton, Janvier 1940.

Kathleen Mary Kenyon :

- Digging up Jericho, Ernest Benn, Londres, 1957.

Nicolò Marchetti et Lorenzo Nigro :

- Scavi a Gerico, 1997 : Relazione preliminare sulla prima campagna di scavi e prospezioni archeologiche a Tell es-Sultan, Palestina, Università di Roma "La Sapienza", Rome, 1998.

Ernst Sellin et Carl Watzinger :

- Jericho, J.C. Hinrichs, Leipzig, 1913.

Louis Speleers :

- Jéricho, Musées royaux d'art et d'histoire, v. 6, Brussels, 1934.

 

 

 

 

 

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Massada

  

   Massada (ou Masada) est une romanisation de l'Hébreu : מצדה  Mitzada et de מצודה  Mitzuda "forteresse". C'est le nom d'une ancienne cité forteresse dont site laisse apercevoir plusieurs anciens palais et des fortifications perchés sur un socle de granite. Elle se situe dans le district Sud d'Israël au-dessus d'un plateau rocheux isolé, sur l'extrémité orientale du désert de Judée et surplombe la mer Morte.

   Les falaises du côté Est qui surplombent la mer, sont hautes d’environ 450 m. Celles à l’Ouest font environ 100 m. de hauteur L’accès au sommet du piton est très délicat. Trois chemins, étroits et sinueux, menaient aux portes fortifiées. Le sommet du plateau, de forme triangulaire de près de 18 hectares, est plat. Il est protégé par un rempart de 1 400 m. de long et d’une épaisseur de 4 m. flanqué de nombreuses tours.

 

   La forteresse comprenait : Des palais, des bâtiments de casernement avec une armurerie, des entrepôts et des citernes qui étaient alimentées par l’eau de pluie. Massada est devenu célèbre après la Première guerre Judéo-romaine, qui est également connu sous le nom de la Grande révolte Juive, quand un siège de la forteresse par les troupes de l'Empire Romain a conduit à un suicide collectif des Juifs résidants sur le site lorsque la défaite fut imminente. Aujourd'hui, Massada est une destination touristique très populaire.

 

 

                                                       Vue de la forteresse de Massada

 

 

Autre vue du site

 

L'histoire.......

 

  À l’origine, Massada était une simple garnison fortifiée par les premiers Princes Hasmonéens (ou Asmonéens). Selon l'historien Juif de langue Grecque Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattathias, 37-100) au cours de son règne, Hérode le Grand (Tétrarque de Judée 41-40, Roi de Judée 40-37 et Roi d'Israël 37-4) fait fortifier Massada pour lui-même, comme un refuge dans le cas d'une révolte. Il aménage la forteresse en trois vagues successives de travaux, entre 37 et 15 av.J.C. En 66 ap.J.C, au début de la Première guerre Judéo-romaine contre l'Empire Romain, un groupe de rebelles extrémistes Judaïque appelé Sicaires de Massada prend ce poste de garnison Romaine.

   Lors des deux ans qui suivent les Sicaires de Massada utilisent la forteresse comme base pour leurs raids et pillages des territoires Romains. Les travaux et conclusions de Flavius Josèphe sont aujourd'hui contestés. Mais néanmoins, ils sont les seuls enregistrements d'événements qui ont eu lieu pendant le siège. Selon les interprétations modernes de Flavius Josèphe, les Sicaires étaient un groupe extrémiste dissident des Zélotes (ou zélés, Qiniim en Hébreu) groupes qui combattaient le pouvoir Romain les armes à la main pendant la Première guerre Judéo-romaine.  

 

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Ruines du plateau de Massada

       Ces derniers se sont également opposés à la fois aux Romains, mais aussi aux autres groupes Juifs. Les Zélotes (Selon Flavius Josèphe), contrairement aux Sicaires, portait le fardeau principal de la rébellion qui s'opposa à la domination Romaine de la Judée (La province Romaine de Iudaea, de son nom latinisée). Les Sicaires de Massada étaient commandés par Eléazar Ben Ya'ir (Qui est la même personne que Eléazar Ben Simon). En 70, ils sont rejoints par d'autres Sicaires et leurs familles qui ont été expulsés de Jérusalem par la population Juive qui y vivaient peu avant la destruction de Jérusalem et du deuxième Temple.

 

   Ce qui portait leur effectif à environs 1 000 hommes.   En 72, le Gouverneur Romain de Judée (Iudaea) Lucius Flavius Silva marche sur Massada avec la légion Romaine X Fretensis et 6 cohortes auxiliaires, soit environ 8 000 hommes et assiège la forteresse. Après des tentatives ratées de détruire le mur de la forteresse, ils construisent un mur parallèle d’encerclement, puis une rampe de 100 m. de haut contre la face Ouest du plateau, en utilisant des milliers de tonnes de pierres et de terre battue.

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Les grands bains au sommet de Massada

  Flavius Josèphe ne note pas de tentative par les Sicaires de contre offensive contre les assiégeants au cours de ces constructions. Il enregistre un raid sur une colonie Juive à proximité d'un lieu appelé Ein-Gedi pendant le siège où les Sicaires auraient tués 700 de ses habitants. Certains historiens pensent également que les Romains ont utilisé des esclaves Juifs pour construire le rempart, dont les Zélotes, les Sicaires ne pouvant se résoudre à tuer les leurs pour empêcher la construction.

Représentation d'un soldat Zélote

Illustration de  Stéphane Lagrange

© SPANGENHELM MAGAZINE

   Selon les observations géologiques de Dan Gill, au début des années 1990, la rampe d'accès des Romains en vue d'atteindre les défenses de Massada faisait seulement 30 m. de haut. Cette découverte devrait apporter des précisions à la fois sur l'ampleur des constructions, mais aussi sur le conflit entre les Sicaires et les Romains. Les Sicaires étaient sûrs que la forteresse était imprenable. Ils possédaient seulement les armes prises à l’ancienne garnison Romaine, des citernes d’eau et beaucoup de vivres. La forteresse avait été conçue pour soutenir un long siège.

 

   La rampe était terminée au printemps 73, après environ deux à trois mois de siège, ce qui permit enfin aux Romains d'attaquer, le 16 avril, la paroi de la forteresse avec un bélier. Quand, après de rudes efforts ils réussissent à pénétrer dans la forteresse, les Romains découvrent que 936 de ses habitants s'étaient suicidés se voyant battus. Ils avaient préférés la mort plutôt que de faire face à l'humiliation, l'esclavagisme ou  l'exécution par leurs ennemis.

   Avant de se tuer ils avaient mis le feu à tous les bâtiments et magasins qui renfermaient les réserves de nourriture.  Le récit du siège de Massada par Flavius Josèphe est lié à deux femmes qui ont survécu au suicide collectif en se cachant dans une citerne avec cinq enfants. Parce que le Judaïsme décourage vivement le suicide, Flavius Josèphe a indiqué que les Sicaires s'étaient tirés et tués les uns contre les autres, jusqu'au dernier homme, qui serait le seul à réellement avoir mis fin sa propre vie. Depuis le Judaïsme décourage également le meurtre et certains historiens pensent que le suicide collectif serait une invention de Flavius Josèphe.

 

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Vestige du camp Romain

 

     Ils affirment qu'il est peu probable, car les défenseurs n'avaient ni la possibilité ni l'obligation d'unanimité. Flavius Josèphe dit d'ailleurs qu'Eléazar Ben Ya'ir avait ordonné à ses hommes de détruire tout sauf les denrées alimentaires, ce qui semble plutôt montrer une volonté de vivre. Cependant les fouilles archéologiques ont montré que les magasins qui contenaient les denrées ont été brûlés. Flavius Josèphe a également signalé que les Romains avaient trouvé suffisamment d'armes pour équiper 10 000 hommes, ainsi que du fer, du cuivre et du plomb qui jette encore un doute sur le récit.

 

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Vue des vestiges de la rampe

   Il existe donc un désaccord entre les historiens quant à la véracité de l'histoire de Flavius Josèphe. Celui-ci a seulement affirmé avoir entendu l'histoire d'autres personnes. Il y a également une grande controverse dans les rapports archéologiques. Certains historiens pensent après l'étude des documents de travail et des transcriptions qu'il aurait été fourni un faux récit historique de l'héroïsme des Sicaires. Le débat reste ouvert.

 

 

 

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Ruines d'un magasin - Massada

 

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :

 

Francis Gilbert :

- Le siège de Massada, Revue Prétorien 5, Janvier-Mars 2008.

Ehud Netzer :

- The palaces of the Hasmoneans and Herod the Great, Yad Ben-Zvi press, Israel exploration Society, Jerusalem, 2001.

Yigael Yadin :

- Bar-Kokhba; the rediscovery of the legendary hero of the last Jewish revolt against Imperial Rome, Weidenfeld and Nicolson, Londres, 1971.

- Masada : the Yigael Yadin excavations 1963-1965 : final reports, Israel Exploration Society, Hebrew University of Jerusalem, Jerusalem, 1989 et 2007.

 

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