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Pour plus de détails voir aussi : les Hébreux - Royaumes d'Israël, de Juda - |
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Les Hasmonéens (ou Asmonéen ou Hasmoneans, en Hébreu : חשמונאים, Hashmonaiym) sont une dynastie qui a été au pouvoir de 140 à 37 av.J.C sur un État Juif autonome dans l'ancien territoire de Juda. La dynastie Hasmonéenne a été créé sous la direction de Simon Maccabée (ou Macchabée ou Maccabaeus), deux décennies après que son frère Judas Maccabée ait vaincu les Séleucides au cours de la révolte armée Maccabéenne en 165, commencée en 167. Ce Royaume sera le seul État Juif indépendant qui existera pendant les quatre siècles qui le sépare de la fin du Royaume de Juda (931-586), lorsque celui-ci a été détruit par l'Empire Néo-Babylonien en 586.
Il y aura bien après un État de Juda établi par le Roi Perse Achéménide Cyrus II le Grand (559-529), qui durera jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand (336-323), mais il sera vassal des Roi Perses. La révolte des Maccabée et l'indépendance Juive auront été favorisées par l'effondrement constant de l'Empire Séleucide sous les attaques et l'augmentation des pouvoirs: Romains et de l'Empire Parthe. Toutefois, le même vide de pouvoir qui a permis à l'État Juif d'être reconnu par le Sénat Romain en 139 sera exploité par les Romains eux-mêmes.
Les "souverains" de la fin de cette dynastie vont devenir les pions dans une guerre par procuration entre Jules César et Pompée qui, lorsqu'elle prendra fin, verra leur territoire réduit à une province sous la supervision du Gouverneur Romain de la Syrie (64). La mort de Pompée (48 av.J.C), puis César (44 av.J.C) et les guerres civiles Romaines, vont permettre une brève réapparition Hasmonéenne soutenue par l'Empire Parthe. Cette courte indépendance sera rapidement écrasée par les Romains de Marc Antoine et Octave.
L'installation d'Hérode le Grand (Tétrarque de Judée 41-40, Roi de Judée 40-37, Roi d'Israël 37-4 av.J.C) en tant que Roi de la Judée comme un client de l'État Romain, en 37, mettra fin à la dynastie Hasmonéenne. Toutefois, même à cette époque, Hérode le Grand se sentira obligé de renforcer la légitimité de son règne en épousant une Hasmonéenne, la Princesse Mariamne. La dynastie descendrait d'un nommé Hasmon (ou Asmon ou Hasmonaeus) un Lévite de la lignée de Joarib. Celui-ci a un enfant Siméon l'Hasmonéen, lui même père de Jean (ou Yohannan) qui sera le père Mattathias Maccabée.
L'histoire.......
Mattathias Maccabée (ou Macchabée, en Hébreu : מתתיהו Matitiyahu ou Matisyahu Yochanan ben HaCohen, 167-166) est un Grand Prêtre des Juifs de la famille des Hasmonéens dont le rôle dans la révolte Juive contre les Séleucides est inscrite dans les livres des Macchabées, qui en retracent le contexte historique, mais qui ne furent pas inclus dans le "canon" Juif. Les événements de la guerre des Maccabées où Mattathias joue un rôle central, forment la base de la fête d'Hanoukka (ou Hanoucca, "Dévouement") qui est célébrée par les Juifs le 25 Kislev (Sur le calendrier Hébraïque, correspondant de la mi-novembre à fin-décembre sur le calendrier Grégorien) et, en conséquence, on le retrouve qui est nommé dans la prière d'Al Hanissim. Mattathias est le fils de Jean (ou Yohannan), son père et les autres dirigeants Maccabée, sont une famille sacerdotale rurale de Modiin (ou Modi'in, ville du district Centre d'Israël) au Nord de Jérusalem. Comme tous les bons Prêtres, il a servi dans le Temple de Jérusalem. En 167, le Roi Séleucide Antiochos IV Épiphane (175-164) lance une vaste politique d’Hellénisation de la région. Lors de cette persécution, Mattathias retourne à Modiin. Cependant le conflit va le rattraper et il va se faire remarquer en refusant, malgré la demande pressante des troupes Séleucides, d'offrir des sacrifices aux Dieux Grecs dans sa ville.
D'après les Livres des Maccabées, il tue le Judéen qui s'avance pour obéir aux ordres des Syriens, qu'il combat ensuite durement avec l'aide de ses cinq fils, avant de s'enfuir dans la montagne du désert de Judée en enjoignant les "fidèles à la Torah" à le suivre. Il aurait dit ces paroles : "Tous ceux qui ont le zèle de la loi et le maintient du testament, qu'ils me suivent!" (Premier Livre des Maccabées 2:27.). Antiochos IV pille Jérusalem où il massacre dans le temple les fidèles, ce qui à pour conséquence de gonfler encore plus la révolte. La première étape de la guerre des Macchabées qui va conduire à l'indépendance de la Judée est lancée. Il meurt un an plus tard mais ses fils vont poursuivre sa lutte et prendre à tour de rôle le commandement des Juifs révoltés, le premier étant Juda.
Les cinq fils de Mattathias sont : ● Juda (ou Yéhoudah), surnommé Makkabi "Marteau". Il dirige la révolte de 166 à 160. ● Eléazar, surnommé Awaran "Poignardeur". Il est tué en 162, par Lysias, lors de la défaite des Juifs à Beth Zékariah. ● Jonathan (ou Jonathas) surnommé Aphous "Rusé". Il règne sur la Judée de 160 à 143. ● Jean (ou Yohannan), surnommé Gaddi "Fourrageur". Il sera tué par les Nabatéens en 157. ● Simon (ou Shim'on ou Siméon), surnommé Thassi "Bouillonnant". Il règnera sur la Judée de 142 à 135.
Judas Maccabée (ou Yéhouda Makkabi ou Yéhoudah, en Hébreu : יהודה המכבי Yeouda HaMakabi "Le marteau", 165-160) est Grand Prêtre des Juifs. Il est le troisième fils de Mattathias Maccabée. Il reprend en 166 le commandement de la révolte des Juifs comme l'a souhaité son père. Le Premier Livre de Macchabées fait l'éloge de Judas et de sa valeur militaire. Il est reconnu comme un des plus grands guerriers de l'histoire Juive avec Josué (v.1200) et David (1010-970). Dans les premiers jours de la rébellion, Judas reçoit un nom de famille : Maccabée. Plusieurs explications ont été avancées pour ce nom de famille. Une première suggestion est que le nom dérive de l'Araméen maqqaba ("makebet" en Hébreu moderne) qui veut dire "marteau" ou "masse", en reconnaissance à sa férocité au combat. Une autre hypothèse possible est que le nom Maccabée est l'acronyme de la Torah verset Mi kamokha ba'elim YHWH, "Qui est comme toi parmi les puissants, ô Éternel!" (Exode 15:11).
Judas est conscient de la supériorité des forces Séleucides et au cours des deux premières années de la révolte, sa stratégie est d'éviter toute implication de leur armée régulière et de recourir à la guérilla, afin de leur donner un sentiment d'insécurité. Cette tactique permet de gagner une série de victoires. Lors de la bataille de Nahal El-Haramiah (Ouâdi Haramiah), Judas bat une petite force Syrienne sous le commandement d'Apollonios (ou Apollonius), Gouverneur de la Samarie, qui est tué au combat. Juda prend alors possession de l'épée d'Apollonios et l'utilisera jusqu'à sa mort comme un symbole de la vengeance. Après la victoire de Nahal El-Haramiah, les recrues affluent à la cause Juive.
Peu de temps après, près de Beït-Horon (ou Beth-Horon ou Bethoron, petite chaîne montagneuse située à proximité des monts de Judée et au Nord de la vallée d'Ayalon) Juda met en déroute une plus grande armée Séleucide sous le commandement de Séron. Cette victoire est due en grande partie à son choix du champ de bataille. Les victoire s'enchaînent, en 166, il bat les forces Séleucides, dirigées par les généraux Nicanor et Gorgias, à la bataille d'Emmaüs (ou Nicopolis ou Nikopolis ou Amwas à environ 30 km à l'Ouest de Jérusalem à la frontière entre les montagnes de Judée et la vallée d’Ayalon).
Cette force avait été envoyée par Lysias (ou Lusias, Général et Gouverneur de la Syrie, ?-162), qu'Antiochos IV Épiphane (175-164) avait nommé comme vice-Roi après son départ pour une campagne contre les Parthes. Par une nuit de mars, Juda réussit à repousser Gorgias, qui avait l'intention d'attaquer et de détruire, avec sa cavalerie, les forces Juives dans leur camp. Alors que Gorgias le recherchait dans les montagnes, Juda fait une attaque surprise sur le camp des Séleucides et les écrase. La défaite d'Emmaüs convainc les Séleucides qu'ils doivent se préparer à une guerre dure et longue. Ils décident donc de réunir une plus grande armée et marche sur la Judée, mais l'année suivante Judas bat Lysias lui-même, à Beth-Zur (Bethsura, dans la région de Hébron). Après ces années de conflit, il réussit à vaincre les Séleucides et conduire son armée près de Jérusalem, qu'il prend en 164. Les Séleucides sont exterminés à l'exception de la garnison de la citadelle d'Acra (ou Hakra). Judas purifie le Temple souillé de Jérusalem en y enlevant les statues païennes et le 25 Kislev (14 Décembre 164) il rétablie le service dans le Temple. La fête Juive d'Hanoukka commémore aussi la restauration du culte Juif dans le Temple de Jérusalem. La libération de Jérusalem est la première étape sur la voie de l'indépendance ultime.
Après avoir entendu la nouvelle que les communautés Juives de Gilead, de Transjordanie et de la Galilée étaient attaquées par leurs voisins, des cités Grecques, Judas se porte immédiatement à leur aide. Il envoie son frère, Simon Maccabée, en Galilée, à la tête de 3000 hommes. Celui-ci rempli sa tâche avec succès et réalise de nombreuses victoires en Idumée, en Akrabatène, chez les Baïanites et les Ammonites. Il va même jusque sous les murs d'Acre (ou Akko ou Ptolémaïs), tandis que Judas va en Galaaditide, il prend Chaspho, Maked (ou Makéda) et va jusqu’à Bosra (ou Bostra, ville au Sud de la Syrie).
Cependant, alors que la capitulation semblait imminente, Lysias apprend que Philippe, qui lui disputait la régence, s'était emparé d'Antioche, la capitale Séleucide et allait prendre le pouvoir. Lysias signe alors un traité de paix avec les Juifs et leur donne une complète liberté de culte, l'autorisation de vivre en conformité avec leurs propres lois et officialise le retour du Temple, puis il lève le siège de Jérusalem et marche contre son compétiteur, qu'il défait la même année. La paix semble revenu, toutefois, peu de temps après, Démétrios I Sôter (162-150), qui venait de s'échapper de Rome où il était otage, renverse Lysias et se proclame Roi des Séleucides. En 162, Lysias et Antiochos V Eupator sont abandonnés et massacrés par leurs propres gardes sur l'ordre de Démétrios I.
Malheureusement pour les Juifs, alors que la guerre contre l'ennemi extérieur a pris fin, une lutte interne éclate entre le parti dirigé par Judas et le parti Helléniste. Le Grand Prêtre Helléniste Ménélas est démis de ses fonctions et exécuté. Son successeur, un autre Helléniste Alcime (ou Alcimus ou Jakim) est nommé par Démétrios I Sôter. Quand Alcime exécute soixante Prêtres qui se sont opposés à lui, il se retrouve en conflit ouvert avec les Maccabée. Alcime fuit Jérusalem pour se rendre auprès du Roi Séleucide et demande son aide.
Démétrios I accepte la demande du Grand Prêtre et afin de le rétablir dans ses fonctions, le renvoie en Judée avec une armée dirigée par Bacchidès, le Gouverneur de la Mésopotamie. L'armée Juive, plus faible, ne peut pas s'opposer à l'ennemi et se retire de Jérusalem. Judas reprend alors sa tactique de guérilla qui avait payée auparavant. Peu de temps après, l'armée Séleucide doit retourner à Antioche en raison d'une situation politique agitée. Les forces de Judas profitent de l'aubaine et reviennent à Jérusalem.
Jonathan Maccabée (ou Jonathas, surnommé Aphous, en Grec : Aphous "le rusé" ou "Le diplomate", 160-143) est Grand Prêtre des Juifs. Il est un fils de Mattathias Maccabée et la à mort de son frère Judas Macchabée il devient le chef des Juifs révoltés. Le gouverneur Séleucide Bacchidès contrôle la Judée qui est frappée par la famine. Fort de sa victoire d'Elasa, il pourchasse les derniers partisans des Maccabées et il rétablit à la tête du pays les notables pro-hellénistes. Il va fortifier la plupart des villes (Bethsour, Gezer, la citadelle de Jérusalem). Cependant, les révoltés se réorganisent et se rassemblent autour Jonathan, puis se réfugient dans le désert de Juda, à l’Est de Tékoé et du Jourdain. Cependant Bacchidès les suit et les attaque pendant un jour de Sabbat. Jonathan met alors tous ce qu'il possède entre les mains de son frère Jean (ou Yohannan), surnommé Gaddi "Fourrageur", qui prend une petite force et se dirige vers des Nabatéens alliés. Le plan était d'obtenir leur aide, mais le "fils de Jambri de Madaba" (Ville au bord de la route des Rois qui mène à Kerak et à Pétra), une tribu apparemment hostile, tend une embuscade à Jean au cours de son voyage. Lui et ses compagnons sont tués et leur cargaison est pillée. Jonathan allait plus tard se venger de la mort de son frère. Jonathan et ses condisciples sont contraints de s'engager dans la bataille avec Bacchidès. Les Juifs sont vaincus et s'enfuient à la nage par le Jourdain, sur la rive occidentale. Au cours de cette première rencontre Bacchidès perd environ 1 000 hommes. Puis, celui-ci pensant le pays pacifié, retourne à Antioche.
Au mois de mai suivant, le Grand Prêtre de Jérusalem Alcime (ou Alcimus) meurt après avoir commencé à démolir l’enceinte du temple marquant le lieu saint interdit aux étrangers. Jonathan, bien que très affaibli militairement, n'est pas ralenti. Il poursuit les activités de lutte contre les Juifs influencés par la civilisation hellénistique. Deux ans après le départ de la Judée de Bacchidès, en 157 et devant la recrudescence de la révolte des Maccabée, les pro-hellénistes et la ville d'Acre (ou Akko ou Ptolémaïs), qui se sent suffisamment menacée, contactent le Roi Séleucide Démétrios I Sôter (162-150) et lui demandent le retour de Bacchidès sur leur territoire.
Jonathan a désormais de l'expérience dans la guérilla, la principale tactique utilisée par les forces Maccabéennes et il est constamment sur ses gardes pour éviter les affrontements directs avec les forces de l'ennemi, tout en continuant les opérations hostiles. Avec son frère Simon, ils fortifient une retraite dans le désert, un endroit appelé Beth-Hogla (ou Bethbasi). Bacchidès, reprend le combat, mais en 157 il échoue devant la forteresse où se sont retranchés les révoltés. Il accepte la trêve offerte par Jonathan et l'échange de prisonniers de guerre et retourne à Antioche.
Profitant de cette trêve, Jonathan s’installe à Makhmas (ou Michmash), à 12 Km au Nord-ouest de Jérusalem, d’où il reprend peu à peu le contrôle de la Judée. Jonathan doit avoir utilisé cette paisible période à profit, car il est rapidement en possession d'une grande puissance. C'est alors qu'un important événement extérieur va se produire, Démétrios I Sôter voit ses relations avec le Roi de Pergame Attalos II Philadelphe (159-138) et celui d'Égypte Ptolémée VI Philométor (180-145), se détériorer. Ces deux puissances répondent favorablement à la demande d'aide d'un rival au trône Séleucide du nom d'Alexandre I Balas (150-145) qui prétend être le fils d'Antiochos IV Épiphane et un cousin germain de Démétrios I.
Ce dernier est maintenant forcé de rappeler ses garnisons de la Judée, à l'exception de celles de la ville d'Acre et de Beth-Zur. Il fait également une offre à Jonathan pour obtenir sa fidélité et il lui permet de recruter une armée et de garder les otages conservés dans la Ville d'Acre. Jonathan accepte volontiers ces conditions et en 153, il prend résidence à Jérusalem et commence de suite la fortification de la ville. En octobre 152, Alexandre I Balas contacte également Jonathan et lui propose une offre encore plus intéressante que celle de Démétrios I, y compris sa nomination officielle en tant que Grand Prêtre de Jérusalem, en échange du retrait de son soutien à Démétrios I et de son allégeance. Jonathan est ainsi le premier membre de sa dynastie à atteindre cette nomination en tant que Souverain Sacrificateur. Le titre n'est pas seulement symbolique. Jonathan devient le chef officiel de son peuple et la partie Grecque des Juifs ne pouvait plus attaquer sans conséquences graves. Lors de la fête des Tabernacles de 153, Jonathan met pour la première fois le vêtement officiel de Grand Prêtre.
Ces évènements font que Démétrios I perd et son trône et la vie en 150 et qu'Alexandre I Balas devient le nouveau maître de l'Empire Séleucide. Il confirme alors Jonathan dans son titre de Grand Prêtre et l’institue Gouverneur civil et militaire (Stratégos et Méridarque) de Judée. Alexandre I Balas a aussi l'honneur du mariage avec Cléopâtre Théa, âgée de 14 ans, la fille de ses alliés Ptolémée VI et de la Reine Cléopâtre II Philométor Soteira. Le mariage est célébré à Acre (ou Akko ou Ptolémaïs) en présence de Ptolémée VI.
Jonathan est invité, mais arrive après la cérémonie de mariage alors que les célébrations se poursuivent. À cette occasion il est autorisé à s'asseoir entre les Rois invités comme leur égal. Jonathan va prouver sa reconnaissance à Alexandre I Balas. En 147, Démétrios II Nikatôr, (145-138 et 129-125), un fils de Démétrios I Sôter, commence à revendiquer le trône contre Alexandre I avec l’appui d’Apollonios (ou Apollonius), Gouverneur de Cœlé-Syrie.
Apollonios profite de la situation et se retourne contre Jonathan. Jonathan et Simon dirigent une force de 10000 hommes vers Jaffa (ou Joppa) où les forces d'Apollonios étaient basées. Celui-ci ne s'attendait pas à une attaque en ce début des hostilités, Jaffa n'était pas prête pour un siège. Les habitants de la ville ouvrent grand les portes aux Juifs et s'enfuient de peur. Mais la victoire n'est pas encore certaine. Apollonios reçoit des renforts d'Azôt (ou Azotus) et contre attaque dans la plaine entre Jaffa et Azôt avec 3 000 hommes. L'armée de Jonathan est nettement plus nombreuse que celle d'Apollonios et sa cavalerie écrase ce dernier. Jonathan pille et brûle Azôt, son temple de Dagôn et les villages environnants, puis reçoit la soumission d’Ascalon (Ashkelon). Pour le récompenser de cette victoire, Alexandre I Balas lui cède Ekron (ou Eqrôn) et son territoire. Le peuple d'Azôt se plaint en vain au Roi Ptolémée VI, qui était venu faire la guerre à son ex beau-fils Alexandre I, que Jonathan a détruit leur ville et le temple. Jonathan rencontre pacifiquement Ptolémée VI à Jaffa et maintien la paix avec le Roi d'Égypte en dépit de leur soutien pour les différents prétendants au trône Séleucide, puis il retourne à Jérusalem.
En 145, la bataille d'Antioche au fleuve Oinoparas aboutie à la défaite finale d'Alexandre I Balas, qui s'enfuit devant les forces de Démétrios II et de Ptolémée VI, il sera tué en aout de la même année par les Nabatéens, chez qui il tentait de se réfugier. Cependant dans cette bataille Ptolémée VI est parmi les victimes et décède juste après de ses blessures, en juillet 145. Démétrios II Nikatôr devient Roi de l'Empire Séleucide en septembre de la même année et le deuxième mari de Cléopâtre Théa. Jonathan ne devait pas allégeance au nouveau Roi Démétrios II Nikatôr et il saisie cette occasion pour, en 145, mettre le siège devant la forteresse Acre (ou Akko ou Ptolémaïs) qui était le symbole du contrôle des Séleucides sur la Judée. Dénoncé auprès de Démétrios II, celui-ci arrive avec une armée à Acre et ordonne à Jonathan de se présenter devant lui. Le Grand Prêtre n’hésite pas à le rencontrer dans la ville, sans toutefois lever le siège.
De quels moyens use t-il ? on ne sait pas, mais il se fait confirmer comme Grand-Prêtre et il se voit rattacher à la Judée les nomes d’Apharama, Lydda et Ramathayim (ou Ramathaim-Zophim). Le territoire de la Judée est alors presque doublé. En contrepartie d'un présent de 300 talents, il obtient même que l'ensemble du pays soit exempté de l'impôt, l'exonération sera confirmée par écrit. Jonathan en retour lève le siège d'Acre et laisse la ville aux mains des Séleucides. Mais bientôt, un nouveau prétendant au trône Séleucide apparaît en la personne du fils d'Alexandre I Balas et Cléopâtre Théa, le jeune Antiochos VI Epiphane Dionysos (145-142).
L'enfant, qui n'a que deux ans, est épaulé par le général Diodotus Tryphon qui a ses propres dessins sur le trône. En face de ce nouvel ennemi, Démétrios II non seulement retire sa garnison de la ville d'Acre, mais aussi appelle Jonathan son allié et lui demande d'envoyer des troupes. En 144, Jonathan, avec 3000 hommes, réprime l’insurrection des partisans d’Antiochos VI et du général Tryphon. Cependant, quelque temps plus tard, Tryphon réussit à faire couronner le jeune Antiochos VI et entre dans Antioche révoltée. Jonathan pense alors qu'il est préférable pour lui de soutenir le nouveau Roi, d'autant que Diodotus Tryphon a confirmé tous ses droits dans sa charge de Grand Prêtre et dans la possession des nomes promis par Démétrios II et a en plus nommé son frère Simon Stratège (ou Stratégos) de la côte Phénico-philistine, soit de Tyr à la frontière de l'Égypte. Jonathan et Simon ont maintenant le droit de faire des conquêtes. À la tête des troupes Séleucides de Cœlé-Syrie, Jonathan prend Ascalon, qui se soumet facilement et Gaza où par contre il rencontre une vive résistance. Puis il défait en Galilée, dans la plaine de Hazor, une armée Syrienne soutenant Démétrios II. Il marche ensuite vers le pays d'Hamath (ou Hama, ville sur les rives de l'Oronte dans le centre de la Syrie) et bat les arabes qui contrôlent Damas. Dans le même temps, son frère Simon installe une garnison Juive à Jaffa (ou Joppa), prend la forteresse de Beth-Zur et fortifie Jérusalem et plusieurs villes de Judée. Jonathan envoie des ambassadeurs pour s'assurer des appuis extérieurs à Sparte et à Rome où il renouvelle le traité avec la République. Toutefois il convient de noter que les documents se référant à ces événements diplomatiques sont d'une authenticité douteuse.
Diodotus Tryphon qui craint de perdre le contrôle de la Cœlé-Syrie arrive avec une armée de 40 000 hommes en Judée et invite Jonathan à Scythopolis (ou Beït Shéan, ville du Nord d'Israël) pour une conférence amicale. Il le convainc de se rendre à Acre (ou Akko ou Ptolémaïs), qu’il promet de lui remettre avec d'autres forteresses, pour continuer les pourparlers. À Acre, Jonathan tombe dans un piège, Tryphon le fait arrêter et il fait massacrer les 1 000 hommes de sa garde. Simon apprenant la nouvelle, se fait alors désigner comme chef de Jérusalem. Quand Diodotus Tryphon se trouve sur le point d'entrer en Judée, il est confronté au nouveau leader des Juifs, qui l'attend dans la plaine, à Adida, prêt pour la bataille. Tryphon, en évitant un engagement, prétend que Jonathan à été arrêté parce qu’il n’a pas payé l’impôt du au trésor royal. Il se fait remettre 100 talent d’argent et les deux fils de Jonathan en échange d’une promesse de libération de Jonathan.
Bien que Simon ne fasse pas confiance à Tryphon, il respecte la demande afin qu'il ne soit pas dit qu'il puisse être la cause de la mort de son frère. Mais Tryphon ne libère pas son prisonnier. En colère, Simon bloque sa route et toutes entrées en Judée. En 143, Tryphon contourne la Judée et tente d’atteindre Jérusalem par le Sud, mais la présence de Simon et le mauvais temps lui font abandonner ce projet. Il repart vers Antioche, mais assassine Jonathan à Baskama dans l'Est de la Jordanie. Jonathan est enterré par Simon à Modiin. On ne sait rien de ses deux fils en captivité. Une de ses filles sera l'ancêtre de Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattatias, 37-v.100), historien Juif de langue Grecque.
Simon Maccabée (ou Shimon Makkabi ou Shim'on ou Siméon, surnommé Thassi "Bouillonnant") est Grand Prêtre et Prince des Juifs, 142-135 ou 134). C'est lui que l'histoire retient comme le fondateur de la dynastie Hasmonéenne. Il est déjà très âgé lorsqu'il est nommé par une grande assemblée (Conseil des Anciens, peuple et Prêtres juifs) pour diriger la Judée à la suite de son frère. Il cumule les fonctions de Grand Prêtre, de chef militaire et d'Ethnarque "à perpétuité jusqu'à ce que se lève un prophète digne de foi", En fait cela revenait à dire que Simon était Gouverneur de façon héréditaire (Livres des Maccabées, XIV, 25). Vers 142/141, le Roi Séleucide Démétrios II Nikatôr (145-138 et 129-125) s'allie à Simon, oubliant la désertion de son frère pour son rival Antiochos VI.
Il accorde l'autonomie pour les Juifs et signe un traité d'indépendance. Ce traité négocié par Simon avec la Syrie restitue l'indépendance politique à la Judée. Les Séleucides sont chassés de la citadelle de Jérusalem. Simon obtient aussi la reconnaissance de la nouvelle dynastie de la part de la République Romaine. Celle-ci est accordée par le Sénat en 139, à la délégation de Simon qui était à Rome. Sous son gouvernement la Judée devient très prospère et l'enseignement religieux se transmet.
En février 135 (on trouve aussi selon les sources 134), Simon est assassiné en compagnie de deux de ses fils par son gendre Ptolémée, fils d'Aboubos, lors d'un banquet à Jéricho. Celui-ci voulait prendre le pouvoir en Judée et avait organisé l'assassinat du Grand Prêtre, puis il lança ses troupes sur Jérusalem. Simon Macchabée est enterré dans un mausolée à Modiin. Son fils Jean Hyrcan I lui succède à la tête de la Judée. Simon a trois enfants : Jean Hyrcan I né en 175 qui sera Ethnarque de Juda et Mattathias et Judas qui meurent en même temps que leur père.
Pour
d'autres détails sur les Rois voir les ouvrages de :
Bezalel Bar-Kochva :
- Judas Maccabaeus : the Jewish struggle against the Seleucids, Cambridge University Press, Cambridge, New York, 1989.
William M.Blackburn :
- Judas the Maccabee and the Asmonean princes, Presbyterian Board of Publication, Philadelphia, 1864.
Edward Da̜browa :
- The Hasmoneans and their state : a study in history, ideology, and the institutions,
Jagiellonian University Press, Kraków, 2010.
Thomas Fischer :
- Hasmoneans and Seleucids : aspects of war and policy in the Second and First Centuries B.C., Bochum, 1985.
Heinrich Graetz :
- From the earliest period to the death of Simon the Maccabee (135 B.C.E.), Jewish Publ, Philadelphia, 1891.
Ehud Netzer :
- The Palaces of the Hasmoneans and Herod the Great, Israel Exploration Society, Yad Ben-Zvi Press, Jérusalem, 2001.
Alain Renaud :
- L'impérialisme romain en Judée : de la paix d'Apamée à la conquête de Jérusalem par Pompée, Paris, 1992.
Christiane Saulnier :
- Histoire d'Israël de la conquête d'Alexandre à la destruction du Temple, Paris, 1985.
Samuel Schafler :
- The Hasmoneans in Jewish historiography, Diss, DHL, Jewish Theological Seminary, New York, 1973.
Joseph Sievers :
- The Hasmoneans and their supporters : from Mattathias to the death of John Hyrcanus I,
Scholars Press, Atlanta, 1990.
Claude Tassin :
- Histoire d'Israël, 4e partie, Des Maccabées à Hérode le Grand, Service biblique catholique
évangile et vie, Éditions du Cerf, Paris, 2006.
Victor Tcherikover :
- Hellenistic civilization and the Jews, Philadelphie, 1956.
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Pour plus de détails voir aussi : les Hébreux - Royaumes d'Israël, de Juda - |
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