La Judée et les Hérodiens

Quelques Rois Importants :

Hérode le Grand

41  -  4 av.J.C

Les Séleucides

 

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Sommaire

 

  ▪ Son arrivée au pouvoir

Son règne, son histoire

La fin d'Hérode

Le massacre des innocents

Sa sépulture

Ses constructions

Sa famille

Bibliographie

 

 Pour plus de détails voir aussi :   les Hébreux - Royaumes d'Israël, de Juda

                           les Hasmonéens - Jérusalem - Samarie - Sichem

 

 

 

Son arrivée au pouvoir

 

  Hérode le Grand (ou Hérode I, en Hébreu : הורדוס  Horodos, en Grec : Hρшδης Hērōdēs) est né en 74/73. Il est l'un des fils d'Antipater I (47-43) et de Cypros. Il sera Tétrarque de Galilée de 41 à 40, puis devient Roi de Judée de 40 à 37, puis devient Roi d'Israël de 37 à 4 av.J.C. En 48, il reçoit le gouvernement de la Galilée alors qu'il n'a que 25 ans. En 46, Sextus César le nomme stratège de Cœlé-Syrie et de SamarieÀ la mort de son père, en 43, il lui succède au poste de Procurateur et Régent de Judée. Son succès dans cette région provoque la jalousie du Grand Prêtre Hyrcan II et de l'aristocratie. Ajouté à sa brutalité excessive Hérode est sommé de se justifier devant le Sanhédrin (Assemblée législative traditionnelle du peuple Juif ainsi que son tribunal suprême qui siège à Jérusalem).

 

   Hérode le Grand vu par Théophile

        Lybaert (1848-1927) - 1883

   Appuyé par le Gouverneur de Syrie Sextus César et à la suite d'une intervention ambiguë du leader Pharisien Saméas (ou Shemaiah), Hérode est acquitté. En 43, Hérode, appuyé par Caius Cassius Longinus, qui l'a nommé intendant de Syrie, venge son père en faisant assassiner Malichos près de Tyr. En 42, le départ de Cassius de Syrie entraîne des troubles en Judée. Antigonos II essaie en vain d'entrer en scène, tandis que le Tyran de Tyr, Marion, s'empare d’une partie de la Galilée. Après la victoire de Marc Antoine (83-30) et Octave (Futur Empereur Auguste, 27 av.J.C-14 ap.J.C) à Philippes la même année, plusieurs délégations Juives viennent se plaindre auprès de Marc Antoine d'Hérode et de son frère Phasaël. Hérode se défend habilement et convainc le Romain que son père avait été forcé d'aider Cassius le meurtrier de César et qu'il souhaite renouveler l'alliance que celui-ci avait faite avec les Romains, car il peut leur être très utile. En 41, en réponse aux délégations Juives, Marc Antoine nomme Hérode Tétrarque de Galilée.

 

 

 

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Monnaie d'Hérode le Grand

Son règne, son histoire

 

  Toutefois, la famille d'Hérode se convertis au Judaïsme sous la contrainte, car son autorité est remise en cause par certains éléments de la société de Judée. En 40, le fils d’Aristobule II, l'Hasmonéen Antigonos II Mattathias (40-37 av.J.C) cherche à reprendre le trône des Juifs en renversant Hyrcan II et il entre en conflit avec Hérode et son frère Phasaël. Il attaque Jérusalem, mais Phasaël défend les murs et le palais d'Hérode contre ses antagonistes. Antigonos II invoque alors l'aide de l'Empire Parthe, les ennemis des Romains. Le Roi Parthe Pacorus I (V.40-38) avec son général Barzapharnès, envahit la Syrie, prend Jérusalem et il détrône Hyrcan II. En dépit de l'avertissement d'Hérode, Phasaël se rend avec Hyrcan II dans le camp du chef Parthe Barzapharnès afin d'entamer des négociations de paix, mais il sont emprisonnés. Hyrcan II est ensuite mutilé sur l'ordre d'Antigonos II. Celui-ci lui fait couper les oreilles afin de le rendre inapte aux fonctions sacerdotales, pour lesquelles la loi Juive exigeait l’intégrité physique et il l'exile à Babylone où pendant quatre ans, il vit au milieu des Juifs de la ville. Phasaël se suicide (ou est assassiné selon les sources) après avoir eut la satisfaction de savoir qu'il mourait après que son frère Hérode se soit échappé de Jérusalem. Les trois ans de règne d'Antigonos II ne vont être qu'une succession de luttes.

 

 

Représentation non datée

     d'Hérode le Grand

   Après sa fuite de Jérusalem, Hérode cherche à se mettre en sécurité chez les Nabatéens, mais il est mal reçu par le Roi Malichos II (ou Malchos, 60-30 av.J.C) qui soutenait les Parthes. Il rejoint alors Alexandrie, puis Rome où il va plaider sa cause. Bien reçu par Marc Antoine et Octave, après avoir confirmé son alliance avec les Romains, il est nommé Roi de Judée en décembre 40. En 39, il débute une campagne contre Antigonos II et reprend pied en Palestine avec l'appui de l'armée Romaine victorieuse des Parthes. La ville de Jaffa (ou Joppé) est conquise, puis il occupe Massada où sa famille se retranche. Il assiège Jérusalem, mais à l'approche de l'hiver et mal soutenu par le général Romain Silo, il doit renoncer. 

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Ruines d'Hérodion

 

   Pendant l’hiver 38 il se rend maître de la côte, de l'Édom (ou Idumée) et de la Samarie. Au printemps 38, il achève de prendre le contrôle de la Galilée, une possession d'Antigonos II, en pourchassant les bandes de brigands et maquisards. Cependant c'est une victoire temporaire, car lorsqu'Hérode peu de temps après se rend à Samosate pour présenter ses respects a Marc Antoine et se plaindre de l'attitude ambigüe du Gouverneur Romain de Syrie, Machaeras, les Galiléens en profitent, il tuent son frère Joseph resté sur place dans une embuscade près de Jéricho et chassent son armée. Les notables de la région partisans d'Hérode sont noyés dans le lac de Génésareth.

 

   Hérode est rapidement informé et renforcé par les deux légions de Caius Sosius, il retourne en Palestine désireux de venger son frère et il bat les partisans d’Antigonos II près d'Isana. Il n'ose pas attaquer l'armée d'Antigonos II près de Jéricho, car il n'avait pas encore la force nécessaire, mais quand Antigonos II bêtement divise ses forces, Hérode attaque Pappus, un des généraux d'Antigonos II et le met en déroute, de sorte que toute la Palestine, jusqu'à Jérusalem tombe sous sa coupe, mais pas encore la cité. En 37, il est nommé Roi d'Israël "Roi des Juifs" par le Sénat Romain et il prend le titre de Basileus (en Grec : Βασιλευς ou Basileus). Antigonos II perd l’appui des Parthes qui sont vaincus. Hérode fait alors au printemps le siège Jérusalem, qu'il prend au bout de cinq mois avec l'aide des Romains. Antigonos II se rend à Caius Sosius qui le fait décapiter sur la demande d’Hérode. Hérode consolide son pouvoir, il fait exécuter 45 notables du parti d'Antigonos II, probablement des Sadducéens membres du Sanhédrin. Le Sanhédrin lui-même ne dispose plus que d'un pouvoir judiciaire religieux.

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   Prise de Jérusalem par Hérode le

   Grand par Jean Fouquet - v.1470 -

 BnF - Paris

 

  Puis, il épouse la nièce d'Antigonos II, Mariamne I, Princesse Hasmonéenne (ou Asmonéenne), fille d'Alexandra, la fille du Roi de Juda Hyrcan II (67-40) et d'Alexandre le fils d'Aristobule II. Mariamne I, va contribuer à lui assurer une légitimité au trône et acquérir une certaine faveur des Juifs. Toutefois, Hérode avait déjà une épouse depuis trois ans, Doris qui lui avait donné un fils, Antipater III. Il choisit alors de bannir Doris et son enfant. En 36, Hérode, qui craint qu'Hyrcan II demande de l'aide aux Parthes pour reconquérir le trône, décide de l'inviter à revenir à Jérusalem et nomme Grand-Prêtre Hérode Hananel (ou Ananel).

 

   Hyrcan II accepte et est reçu par Hérode avec une grande marque de respect, il lui attribue même la première place à sa table et la présidence du Conseil d'État. Toutefois, en 30, Hérode l'accusera d'un complot avec les Nabatéens et il le fera mettre à mort. Toujours en 36, il fait nommer son beau-frère de 17 ans, Aristobule III de Judée, Grand-Prêtre craignant que les Juifs ne le nomment "Roi des Juifs" à sa place. Cependant, en 35, Aristobule III est noyé lors d'une fête à Jéricho sur les ordres d'Hérode.

 

   En 32, Hérode se lance dans la guerre contre les Nabatéens qu'il gagne à peine un an plus tard. À cette époque la Judée subit un tremblement de terre dévastateur. En 31, la Reine d'Égypte Cléopâtre VII (51-30) obtient de Marc Antoine la région de Jéricho et un tribut des Nabatéens. Comme ceux-ci cessent bientôt de payer le tribut, Cléopâtre VII exige d'Hérode qu'il leur déclare à nouveau la guerre. Il va vaincre rapidement les Nabatéens.

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Maquette du Palais d'Hérode à Jérusalem

   Il rencontre ensuite Octave à Rhodes, qui vient lui de défaire Marc Antoine à Actium (Il sera le nouvel Empereur Romain Auguste). Hérode prête allégeance à Octave au printemps de l'an 30 et celui-ci le confirme comme Roi d'Israël et lui restitue la région de Jéricho prise par Cléopâtre VII, à laquelle il ajoute Gadara, Hippos, Samarie, Gaza, Ascalon (ou Ashkelon) et Jaffa (ou Joppé). En 29, Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattatias, historien Juif, 37-v.100) écrit qu'Hérode avait une grande passion et aussi une grande jalousie concernant son épouse, Mariamne I et décide de l'assassiner.

 

  Cependant elle apprend les plans d'Hérode et s'empresse de le quitter. Celui-ci met alors en route un procès contre elle pour adultère. La sœur d'Hérode, Salomé I est le principal témoin à charge. Même Alexandra, la mère de Mariamne I fait une apparition et condamne sa propre fille. Les historiens disent que sa mère était la prochaine sur la liste d'Hérode à être exécuté et c'est seulement pour sauver sa propre vie qu'elle chargea sa fille. La même année Mariamne I est exécutée et Alexandra se déclare elle-même la Reine, indiquant qu'Hérode était mentalement inapte à servir. Ce fut une erreur stratégique car en 28, Hérode la fait assassiner sans jugement.

 

   Toujours en 28, Hérode fait exécuter pour conspiration son beau-frère Costobar (ou Costobarus ou Kostobar), le Gouverneur d'Édom, époux de sa sœur Salomé I avec qui elle avait eut Bérénice. En 27, il échappe de justesse à une tentative d'assassinat qui est déjouée au dernier moment. La même année il reconstruit Samarie, qu'il rebaptise Samaria Sebastê. Il y fait édifier l'Augusteum, en l'honneur de l'Empereur Auguste. En 25, il lance une vaste campagne pour importer des céréales d'Égypte, dans le cadre d'un programme d'aide pour lutter contre la famine qui sévit en Judée du fait d'une grande sécheresse.

 

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La forteresse d'Hérodion construite par Hérode

   Il renonce aussi à prélever un tiers des impôts. En 23, il épouse sa troisième femme, Mariamne II, la fille du Grand Prêtre Simon (ou Boêthos). En 22, l'Empereur Romain Auguste, lui accorde les régions de Trachonitide (ou Trachonitis, en Hébreu : Argob), de Batanée (ou Batanæa, aujourd'hui Ard el-Bathanyeh) et d'Auranitide (ou Auranitis ou Hauran) au Nord-est de la Judée. En Trachonitide il lui demande de Pacifier la région. En effet Zénodore, le Tétrarque d'Iturée, se livrait à des actes de vol et de pillage dans la région de Trachonitide, au Sud-est de Damas, ainsi que sur la ville de Damas elle même.

 

   Les habitants de la ville se tournent alors vers le Gouverneur Romain de la Région pour qu'il leur vienne en aide, ce qui conduit l'Empereur Auguste, en 22 av.J.C à donner le contrôle de la Trachonitide à Hérode, avec la tâche de mettre de l'ordre dans la région. Zénodore part à Rome pour tenter de porter des accusations contre Hérode sur ses actions militaires en Trachonitide, mais il revient sans avoir obtenu quoi que ce soit. Désespérer de sa situation il vend une partie de ses terres appelées Auranitide (ou Hauran) au Roi Nabatéen Obodas III (30-9 av.J.C) pour cinquante talents, même si ces terres avaient été confisquées par Auguste et données à Hérode. Ensuite, il incite les habitants de Gadara à faire des accusations contre Hérode devant Auguste, qui était venu en Syrie, mais Auguste n'en tient pas compte et charge Hérode de dissiper les troubles. Zénodore décède (d'une occlusion intestinale) peu après, en 20 av.J.C, à Antioche. Il meurt sans héritier et Auguste donne alors officiellement à Hérode les territoires de Zénodore. Obodas III fut particulièrement furieux car il perdit le territoire et l’argent qu’il avait versé.

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Représentation de la forteresse

   En 14, il soutient les Juifs en Anatolie et à Cyrène. En raison de la prospérité en Judée il renonce une nouvelle fois à un quart de l'impôt. En 13, il fait par testament premier héritier de son royaume son fils Antipater III qu'il eut avec Doris. Puis il fait juger pour complot ses deux fils qu'il eut avec Mariamne I, Alexandre et Aristobule IV (ou Aristobulus). Il faudra l'intervention d'Auguste pour réconcilier les deux parties. Hérode modifie alors son testament afin qu'Alexandre et Aristobule IV soit en meilleur place dans celui-ci, mais en laissant la succession a Antipater III. En 10, il débute une nouvelle guerre contre le Roi des Nabatéens Obodas III, cependant cette action lui provoque la disgrâce d'Auguste.

 

    En 8 av.J.C, Hérode est accusé par les fils de Mariamne I de haute trahison. Il se réconcilie alors avec Auguste et lui demande l'autorisation de recourir en procès contre eux. L'année d'après l'audience a lieu à Berytos (ou Béryte ou Beyrouth) devant un tribunal Romain. Alexandre et Aristobule IV sont reconnus coupables et exécutés. La succession d'Hérode change de sorte qu'Antipater III soit l'exclusif successeur au trône. En deuxième lieu elle incorpore Hérode Philippe I, le fils que lui donne Mariamne II. En 5 av.J.C c'est au tour d'Antipater III d'être porté devant le tribunal accusé de tentative d'assassinat contre son père. À la même époque Hérode tombe gravement malade, il nomme Hérode Antipas, un des fils qu'il a avec sa quatrième épouse, Malthace (ou Maltake) la Samaritaine, comme son successeur.

 

   En 4 av.J.C les évènements vont se succéder rapidement. Des jeunes disciples Juifs brisent l'aigle royal à l'entrée principale du Temple de Jérusalem affirmant qu'il s'agissait d'un symbole Romain idolâtre. Hérode les fait arrêter, juger et condamner. Juste après l'Empereur Auguste approuve la peine de mort pour Antipater III. Hérode fait exécuter son fils et de nouveau change sa volonté. Il fait d'Hérode Archélaos, le premier fils qu'il a de Malthace, son successeur, recevant la moitié du royaume (Judée, de Samarie et de l'Édom [ou Idumée]) avec le titre d'Ethnarque, tandis qu'Hérode Antipas et Hérode Philippe II, qu'il a d'un cinquième mariage avec Cléopâtre, deviennent Tétrarques juste de Galilée et de Pérée (ou Peræa, Transjordanie) pour le premier, et de la Gaulanitide (ou Gaulanitis ou Golan), la Batanée (ou Batanæa), la Trachonitide (ou Trachonitis) et l'Auranitide (ou Auranitis ou Hauran) pour le second. Puis, au début de l'an 4 av.J.C, il décède. L'Empereur Auguste ne confirme pas sa volonté, ni ne donne les titres d'Ethnarque ou de Tétrarque, mais les trois fils déclarent avoir obtenu les territoires.

 

 

 

La fin de son règne

 

  Les spécialistes arrivent à un consensus sur les faits suivants, se basant sur les écrits de Flavius Josèphe (Les Antiquités Judaïques [93]) : Hérode est mort à la fin du mois de mars ou début avril de l'an 4 av.J.C. Flavius Josèphe a écrit qu'il est mort 37 ans après sa nomination en tant que Roi par les Romains et 34 ans après la mort d'Antigonos II Mattathias soit en 4 av.J.C. Cela est confirmé par le fait que ses trois fils, entre lesquels son royaume a été divisé, prennent possession de leur territoire en 4 av.J.C. 

 

 Limite du Royaume à la mort d'Hérode

  

Jaffa (ou Joppé) Samarie Jericho Massada Jérusalem Gaza Acre (ou Akko ou Ptolémaïs) Tyr Ascalon (ou Ashkelon) Sidon Byblos Damas Hébron Canatha  (ou Qanawat) Gadara Hippos Scythopolis Jerash  (ou Gerasa) Philadelphia La Décapole Les Nabatéens La Samarie L'Edom  ou  L'Idumée Chypre La Judée Césarée   

  

Cliquez sur un nom de ville

   Par exemple, Flavius Josèphe déclare qu'Hérode Philippe II est mort après 37 ans de règne dans la 20e année de celui de l'Empereur Tibère (14-37), ce qui impliquerait qu'il eut pris ses fonctions à la mort d'Hérode en 4 av.J.C. En outre, Flavius Josèphe a écrit qu'Hérode est mort après une éclipse lunaire partielle, celle-ci a bien eut lieu en 4 av.J.C. Il a été suggéré que l'an 5 av.J.C pourrait être une date plus probable, il ya eu deux éclipses totales au cours de cette année. Toutefois, la date 4 av.J.C est presque universellement acceptée. Flavius Josèphe écrit qu'Hérode meurt d'une maladie atroce (Antiquités Judaïques, Livre XVII.6.5).

  

   D'après ses descriptions, certains experts médicaux proposent que le Roi fut atteint d'une maladie rénale chronique, compliquée par la gangrène de Fournier (Type d'infection nécrosante [gangrène] affectant généralement les organes génitaux masculins). Les savants modernes s'accordent aussi sur le fait qu'il a souffert tout au long de sa vie de dépression et de paranoïa. Plus récemment, d'autres déclarent que la partie visible de vers et de putréfaction décrite dans ses derniers jours pourraient être due à la gale. Ceci peut expliquer sa mort et également ses symptômes psychiatriques. Des symptômes semblables ont été notés à la mort de son petit-fils Hérode Agrippa I en l'an 44.  

 

  Flavius Josèphe a également déclaré qu'Hérode était tellement préoccupé par le fait que personne ne pleurerait sa mort, qu'il a donné l'ordre de sélectionner des hommes et de les tuer au moment de son décès, de sorte que la peine s'affiche sur tous les visages. Après la mort d'Hérode, son royaume est divisé comme le précisaient ses dernières volontés sur son testament (Voir ci-dessus) entre trois de ses fils : Hérode Archélaos, Hérode Antipas et Hérode Philippe II. Alors que le Roi Hérode  est  publiquement identifié en tant que Juif et est considéré comme tel par certains, il bénéficie de l'antipathie des Juifs  pratiquants, car son identification religieuse a été compromise par l'affinité culturelle qu'il eut avec les Romains et ses origines Édomite.

 

   Nicolas de Damas, professeur, ami et conseiller d'Hérode écrivit 144 livres historiques à la louange du Roi. Il constitue un dossier des divers documents officiels concernant le droit des Juifs de la Diaspora, notamment en Asie Mineure et dans les îles Ioniennes. La bienveillance d'Hérode pour les Grecs païens et les Samaritains lui a valu l'hostilité des Pharisiens. La tradition Chrétienne, à partir des Évangiles, est constamment hostile à Hérode. Elle lui attribue le Massacre des Innocents. Dans l'iconographie et dans les mystères médiévaux, il est représenté en vieillard cruel et tyrannique.

 

 

 

Le massacre des innocents

 

   Hérode le Grand apparaît dans l'Evangile selon Matthieu (ch. 2), qui décrit un événement connu sous le nom de Massacre des Innocents. Selon l'Evangile de Matthieu, peu de temps après la naissance de Jésus, les Mages d'Orient visite Hérode et le renseignent sur l'endroit où se trouvent un enfant qui vient de naître ayant été aussi élu "Roi des Juifs". Hérode, qui était lui-même Roi de Judée, est alarmé par la perspective du nouveau-né Roi qui usurpe son pouvoir. Dans l'histoire, Hérode est informé par l'assemblée des chefs des Prêtres et les scribes du peuple que le Prophète avait écrit que l'"élu" (en Grec : ho Christos) était né à Bethléem de Judée. Hérode envoya donc les Rois Mages à Bethléem, en leur imposant de rechercher l'enfant et lui en rendre compte.

 

  Toutefois, après avoir trouvé Jésus, les Rois Mages sont avertis en songe de ne pas faire de rapport à Hérode. De même, Joseph est averti dans un rêve qu'Hérode a l'intention de tuer Jésus. Quand Hérode se rend compte qu'il a été berné par les Rois Mages, il donne l'ordre de tuer tous les garçons de l'âge de deux ans vivant à Bethléem et ses environs. La précision historique de cet événement a été remise en question, car si Hérode était certainement coupable de nombreux actes de brutalité, y compris le meurtre de son épouse et de trois de ses fils, aucune autre source de la période, fait référence à un tel massacre.

 

 

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Différentes vues de la maquette du temple d'Hérode

 

 

Sa sépulture

 

   L'emplacement de la tombe d'Hérode, son monument et l'organisation de ses funérailles sont documentés par l'historien Flavius Josèphe, qui écrit : "Et le corps a été transporté à Hérodion (ou Hérodium) où il a été donné pour être enterré". Aussitôt s'élevèrent des acclamations en l'honneur d'Archélaos les soldats, rangés par bataillons, vinrent, avec le peuple, lui promettre leur dévouement et invoquer sur lui la protection de Dieu. Ensuite on s'occupa des funérailles du Roi. Archélaos n'épargna rien pour qu'elles fussent magnifiques. Il étala tous les ornements royaux qui devaient accompagner le mort dans sa tombe. Sur un lit d'or massif, constellé de pierreries, était jeté un tapis de pourpre brodé de couleurs variées. Le corps reposait sur cette couche, enveloppé d'une robe de pourpre, la tête ceinte d'un diadème et surmontée d'une couronne d'or, le sceptre dans la main droite. Autour du lit marchaient les fils d'Hérode et la foule de ses parents et après ceux-ci les gardes, les mercenaires Thraces, Germains et Gaulois, tous dans leur équipement de guerre. Tout le reste de l'armée formait une escorte. Elle s'avançait en armes, accompagnant en bon ordre les généraux et les commandants. Venaient, enfin, 500 serviteurs et affranchis, portant des aromates. Le corps fut ainsi transporté sur un parcours de 200 stades jusqu'à Hérodion où il fut enseveli comme le Roi l'avait prescrit. Ainsi finit le règne d'Hérode".

 

  Le professeur Ehud Netzer, un archéologue de l'Université hébraïque de Jérusalem, à la lecture des écrits de Flavius Josèphe, a axé ses recherches sur la proximité des bains et des environs du palais d'Hiver d'Hérode dans le désert de Judée. Après une longue enquête, le 7 mai 2007, avec une équipe d'archéologues qu'il dirigeait, Ehud Netzer a annoncé avoir découvert la tombe d'Hérode au sommet du mont Hérodion, à une douzaine de kilomètres au Sud de Jérusalem. Le site est situé à l'emplacement exact donné par Flavius Josèphe. Des fouilles avaient été entreprises en 1950 par un groupe de moines Franciscains, puis reprises en 1972 par des archéologues Israéliens sous la direction d'Ehud Netzer. Le site se compose d'un grand palais, d'un hippodrome et d'un bâtiment monumental dont la fonction est encore un mystère, peut-être un mausolée. À côté se trouve une piscine, près de deux fois plus grande qu'une piscine olympique moderne. 

 

 

 

Ses constructions

 

   Hérode est aussi connu pour ses colossaux projets de construction où il embellit de nombreuses villes. À Jérusalem il sera l'instigateur, entre autres, l'instigateur de la reconstruction du Deuxième Temple, parfois dénommé Temple d'Hérode. C'est dans la dix-huitième année de son règne (20-19 av.J.C), qu'il commence les travaux de reconstruction sur une plus grande une échelle. Le nouveau temple est achevé en un an et demi, mais les travaux sur les bâtiments et les tribunaux vont continuer pendant quatre vingt ans. Pour se faire il utilise une main d'œuvre de 10 000 ouvriers, Prêtres, maçons où des charpentiers. Il restaure aussi la forteresse du Temple (Antonia) et les murailles de Jérusalem.

 

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Maquette du temple de Jérusalem -  Ier siècle ap.J.C

    Le Temple sera détruit en 70 ap.J.C et ne subsisteront que le mur des Lamentations ou mur occidental à Jérusalem, qui est actuellement la seule partie visible des quatre murs de soutènement construit par Hérode, la plate-forme à plat (le Mont du Temple), sur lesquels le Temple a été construit alors. En 28 Hérode fait construire à Jérusalem un théâtre et un amphithéâtre.  En 27, il reconstruit Samarie et y fait édifier l'Augusteum, qui est constitué : D'un temple construit sur l'ancien palais d'Omri au sommet de l'acropole, une porte de la ville, la rue à colonnades, un théâtre sur la côte Nord-est de l'acropole, un autre temple sur une terrasse au Nord de l'Acropole et un stade au Nord-est dans la vallée.

  

    En 23, il construit un palais à Jérusalem et la forteresse d'Hérodion (Hérodium) en Judée. En 22, il commence la construction de Césarée Maritima (ou Cæsaria ou Caesarea) et son port, elle sera terminée vers 13 av.J.C. À l'origine le site était un petit port Phénicien. Hérode le transforme en une des plus grandes villes de Palestine avec Jérusalem. La cité possèdera un aqueduc, un hippodrome et un magnifique amphithéâtre qui est encore, de nos jours, bien conservé. En 6 ap.J.C Césarée Maritima devient la ville de résidence des Gouverneurs Romains de Judée. Après la grande révolte des juifs de 70 ap.J.C Césarée Maritima, la grande cité d'Hérode, deviendra la capitale de la Palestine, un statut qui sera maintenu jusqu'à ce que l’Empire Romain se Christianise sous l’Empereur Constantin en 325 ap.J.C.

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Césarée Maritima (ou Cæsaria) et son port

 

   Certaines autres réalisations d'Hérode comprennent : Le développement de l'approvisionnement en eau de Jérusalem, la fondation de nouvelles villes : Panéion, près des sources du Jourdain, Agrippium (Anthédon), Antiparis (Aphek), Phasaelis (au Nord de Jéricho), ainsi que de nombreuses forteresses : Cypros, Hérodion, Massada, Alexandréion, Hyrcania, Machéronte et les enclos du Caveau des Patriarches à Hébron. Il était propriétaire d'un monopole sur l'extraction de l'asphalte de la Mer Morte, qui a été utilisé dans la construction navale. Il a loué des mines de cuivre de Chypre à l'Empereur Romain.

 

   Le 25 Septembre 2007, Yuval Baruch, archéologue de l'Autorité Israélienne des antiquités a annoncé la découverte d'une carrière où Hérode se serait fourni des pierres servant à la construction du Deuxième Temple. Des Pièces de monnaie et de la poterie retrouvées révèlent la date de l'extraction à environ 19 av.J.C. L'archéologue Ehud Netzer a confirmé que ce fut un énorme projet public, travaillé par des centaines d'esclaves. Il fait aussi ériger des monuments publics dans plusieurs villes de la côte méditerranéenne, à : Acre (ou Akko ou Ptolémaïs), Ascalon (Ashkelon), Berytos (ou Béryte ou Beyrouth), Byblos, Laodicée, Sidon, Tripoli du Liban, (ou Ptolémaïs) et Tyr. Ainsi qu’à Antioche et Damas. on lui attribue également des édifice à Athènes et Sparte.

 

 

 

Ses épouses, ses enfants

 

  On lui atteste aujourd'hui dix épouses :

 

 Doris, en 40, qui lui donne un fils :

Antipater III, qui est exécuté en 4 av.J.C. Il épouse une fille d'Antigonos II Mattathias, dernier Roi Hasmonéen, dont le nom n'est pas connu. Il n'y a pas d'enfant connu de cette union.

 

 Mariamne I, en 37, petite fille des souverains Hasmonéens Hyrcan II et Aristobule II, fille d'Alexandra et Alexandre. Elle lui donne quatre enfants :

Deux fils :

Alexandre, exécuté en 7 av.J.C. Il épouse Glaphyra, la fille du Roi de Cappadoce Archélaos (36 av.J.C-14 ap.J.C) qui épousera ensuite le Roi de Maurétanie Juba II (25 av.J.C-24 ap.J.C), puis Hérode Archélaos. Elle donne trois enfants, deux fils Alexandre : Alexandre qui sera le père du Roi d'Arménie Tigrane VI de Cappadoce (ou Aristobule, 59-62) et Tigrane V Hérode qui fut Roi d'Arménie (6-12) et un enfant dont le nom est inconnu.

Aristobule IV, exécuté en 7 av.J.C. Il épouse Bérénice, fille de Costobar et Salomé I. Elle lui donne quatre enfants : Hérode Agrippa I (Roi d'Israël, Roi de Batanée et Roi d'Abilene, 38-44 ap.J.C) né en 10 av.J.C; Hérodiade (ou Hérodias) née en 7 av.J.C, qui meurt en 39 ap.J.C et qui épouse ses oncles : Hérode Philippe I et Hérode Antipas; Hérode III qui sera Roi de Chalcis (41-48), qui épouse Mariamne la fille de Joseph et Olympe, puis sa nièce Bérénice la fille d'Hérode Agrippa I (38-44 ap.J.C) et de Cypros; et Aristobule le Jeune qui épouse Iotape (ou Iotapa), la fille du Roi d'Émèse Sampsigeram II (ou Sampsiceramus, 11-42) et la Reine Iotape.

 

Deux filles :

Salampsio, elle épouse son cousin Phasaël, fils de Phasaël. Elle lui donne une fille, Cypros qui épouse son cousin Hérode Agrippa I (Roi d'Israël, Roi de Batanée et Roi d'Abilene, 38-44 ap.J.C).

Cypros, elle épouse son cousin Antipater II, fils de Joseph (le frère d'Antipater I) et Salomé I. Il n'y a pas d'enfant connu de cette union.

 

 Mariamne II, en 23, fille du Grand Prêtre Simon (ou Boêthos) qui lui donne un fils :

Hérode Philippe I (ou Hérode Boêthos), né en 27 av.J.C, il meurt en 33 ap.J.C. Il est le premier époux d'Hérodiade, la fille d'Aristobule IV et Bérénice. Elle lui donne une fille, Salomé, qui épousera son grand-oncle Hérode Philippe II, puis son cousin Aristobule I Tétrarque d'Iturée, puis Roi d'Arménie Mineure. Il y a trois enfants de cette union, Aristobule, Agrippa et Hérode.

 

 Malthace (ou Maltake) la Samaritaine, qui lui donne trois enfants :

Deux fils :

Hérode Archélaos, né en 23 av.J.C, Ethnarque de Judée et de Samarie et de l'Édom (ou Idumée) de 4 av.J.C à 6 ap.J.C. Il épouse Mariamne, puis Glaphyra veuve de son demi frère Alexandre. Il n'y a pas d'enfant connu de ces unions. Il meurt en 18 ap.J.C.

Hérode Antipas, Tétrarque de Galilée, 4 av.J.C-39 ap.J.C. Il épouse Phasaelis, la fille du Roi Nabatéen Arétas IV Philopatris (9 av.J.C-40 ap.J.C), puis sa nièce Hérodiade, la fille d'Aristobule IV qui avait épousé en premières noces son autre frère Hérode Philippe I.

Une fille :

Olympe, qui épouse son cousin Joseph, le fil de Salomé I et Joseph.

 

 Cléopâtre de Jérusalem, qui lui donne deux fils.

Hérode Philippe II, Tétrarque des districts du Nord de 4 av.J.C à 34 ap.J.C. Il épousa Salomé, fille de son demi-frère Hérode Philippe I et Hérodiade.

Hérode, dont nous ne savons rien.

 

 Une nièce au nom inconnu, fille de son frère Phéroras. On ne connaît pas d'enfant de cette union.

 

 Une cousine germaine au nom inconnu. On ne connaît pas d'enfant de cette union.

 

 Pallas, qui lui donne un fils Phasaël.

 

 Phèdre (ou Phaidra), qui lui donne une fille Roxane.

 

 Elpide (ou Elpis), qui lui donne une fille Salomé.

 

Il est très probable qu'Hérode avait plus d'enfants, en particulier avec les dernières épouses et aussi qu'il eut plus de filles, cependant comme les naissances des femmes à cette époque n'étaient pas souvent enregistrées, nous avons sûrement des lacunes.

 

 

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur le Roi voir les ouvrages de :

 

William Edmund Filmer : 

- Chronology of the reign of Herod the Great, pp. 283-98, Journal of Theological Studies 17, 1966.

Michael Grant :

- Herod the Great, American Heritage Press, New York, 1971.

Robert Green :

- Herod the Great, Franklin Watts, New York, 1996.

William Joseph Gross :

- Herod the Great, Helicon Press, Baltimore, 1962.

Ruth Harari :

- Hérode le Grand, ou, Le refus d'un peuple, Éditions du Cerf, Paris, 1986.

Emmanuel Haymann :

- Hérode le Grand : Crimes et splendeurs sur la colline de Jérusalem, Favre, Lausanne, 2005.

Aryeh Kasher :

- King Herod : A persecuted persecutor : A case study in psychohistory and psychobiography, Berlin and New York,Walter de Gruyter, 2007.

Jerry Knoblet :

- Herod the Great, University Press of America, Lanham, Md., 2005.

Claude Moliterni et Jean-Marie Ruffieux :

- Hérode le Grand, Roi des juifs, Dargaud, Paris, 1986.

Ehud Netzer :

- The Palaces of the Hasmoneans and Herod the Great, Israel Exploration Society, Yad Ben-Zvi Press, Jérusalem, 2001.

Stewart Perowne :

- Hérode Le Grand et son époque, Hachette, Paris, 1958.

Duane W. Roller :

- The building program of Herod the Great, Berkeley, 1998.

Claude Tassin :

- Histoire d'Israël, 4e partie, Des Maccabées à Hérode le Grand, Service biblique catholique évangile et vie, Éditions du Cerf, Paris, 2006

 

 

 

Pour plus de détails voir aussi : les HébreuxRoyaumes d'Israël, de Juda -

       les Hasmonéens - Jérusalem - Samarie - Sichem

 

 

 

 

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