Les Hébreux - La royauté

Le Royaume d'Israël

931  à  722

Le Royaume de Juda

 

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 Pour plus de détails voir aussi :  les Hébreux - Royaume de Juda - les Hasmonéens

                 la Judée, les Hérodiens - Jérusalem - Samarie - Sichem

 

  Le royaume d'Israël (En Hébreu : יִשְׂרָאֵל Yisra'el ou ממלכת ישראל Medīnat Yisrā'el, en arabe إِسْرَائِيلُ‎ Isrā'īl) est un des deux royaumes qui se forment dans le Nord du pays, dans l'ancien État connu lui aussi sous le nom de Royaume d'Israël, à la suite du schisme dans le peuple Hébreu, à la mort de Salomon en 931 av.J.C. Il est constitué de dix des douze tribus et compta dix-neuf Rois qui vont se succéder à sa tête. Dans le Sud se rassemblent les deux autres tribus pour former le Royaume de Juda, dont le premier Roi sera Roboam (ou Rehoboam, 931-914). Le Royaume de Juda, ou royaume du Sud, existera comme un État indépendant de 931 jusqu'à environ 586 av.J.C lorsqu'il sera conquis par le Roi de Babylone Nabuchodonosor II (605-562) qui prend Jérusalem, le 29-07-586 et qui déporte la population. (Israël est aussi l'autre Nom de Jacob).

                 Selon la Bible hébraïque, le royaume d'Israël apparaît pour la première fois après la mort du Roi Saül (1030-1010 ou 1047-1007), lorsque la tribu de Juda élève David (1010-970 ou 967) Roi pour régner sur eux. Selon le Second Livre de Samuel (5:6 et 7), ses capitales ont été dans l'ordre Sichem, Tirza (ou Tirzah ou Thirsa) et Samarie (ou Shomron). Les historiens font souvent référence à l'antique Israël en la nommant Royaume du Nord pour la différencier du Royaume de Juda qui est lui au Sud. Les Écritures Hébraïques, l'ont parfois appelé après la séparation la "Maison de Joseph" afin de la distinguer principalement de la "Maison de Juda". Ci dessous la carte des différentes puissances de la région vers 830.

Byblos Sidon Tyr Ascalon  (Ashkelon) Gaza Samarie Jericho Jerusalem Royaume de Juda Le royaume d'Edom Petra Nabata Le Moab (ou les Moabites) Royaume d'Ammon Les Araméens Les Assyriens Damas Royaume de Damas L'Assyrie Royaume de Damas Royaume d'Ammon, les Ammonites Tyr Les Araméens Royaume d'Edom, les Edomites Les Philistins Les Nabatéens Rabbath-Ammon  (ou Amman ou Philadelphia) Petra Nabatu (Les Nabatéens) Be'er Sheva  (ou Beer Sheva) Edom (les Edomites) Nabatu  (les Nabatéens) Baalbek Dor  (ou Dora) Acre  (ou Akko ou Ptolémaïs) Ashdod  (ou Asdod) Jaffa Royaume de Juda Royaume de Juda Pella Dibon

 

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   Le royaume d'Israël va exister à partir de 931 et sera détruit en 722 par l'Empereur Assyrien Salmanasar V (ou Salmanazar, 727-722) après avoir assiégé trois ans son Roi Osée (732-722) dans sa capitale Samarie. Celui-ci ne payait plus le tribut et essayait d'obtenir l'appui de l'Égypte pour retrouver l'indépendance.

 

   Les versions Bibliques et historiques se recoupent un peu à partir du Xe siècle avec ses deux royaumes d'Israël et de Juda. Avec toutefois une différence importante, soulignée par Thomas Römer et Dominique Jaillard, c'est que la Bible Hébraïque confesse un Dieu unique, donc un monothéisme face au polythéisme de ses voisins, alors que les royaumes d'Israël et de Juda sont polythéistes comme leurs voisins. 

 

   Il faut noter aussi qu'il est très difficile d'établir une datation exacte du règne des Rois d'Israël. Aujourd'hui encore les spécialistes ne sont pas d'accord.

 

 

 

 

  

 

 

 

   On constate trois principales datations pour la chronologie des souverains : Les traditionnelles, celles de William Foxwell Albright (1891-1971) et d'Edwin R.Thiele (1895–1986) et une plus récente (Que nous avons retenu pour ce site), celle de Gershon Galil. Ce dernier est Maître de conférences sur l'histoire du Proche-Orient et Président du Département de l'histoire Juive à l'Université de Haïfa, Mount Carmel, Israël. Son travail sur la chronologie des Rois d'Israël et de Juda, suggère une nouvelle datation. Sa thèse a été publiée par Brill Academic Publishers en 1996 et sa chronologie contraste avec celles présentées par W.F.Albright ou E.R.Thiele.

 

 

L'histoire.......

 

   Après la mort du Roi Salomon, en 931 av.J.C, fils du Roi David (1010-970 ou 967), les dix tribus du Nord de l'ancien royaume d'Israël, qui exista de vers 1050 à vers 930, se révoltèrent contre la lignée de David. Elles refusaient d'accepter Roboam (ou Rehoboam, 931-914), le fils de Salomon, pour souverain. Celui-ci  était devenu rapidement impopulaire en rejetant les demandes d'allégements fiscaux. En 931, l'assemblée des tribus choisit comme Roi (Livre des Rois 1,12:2-3) Jéroboam I (931-909). C'est à l'époque un haut fonctionnaire exilé en Égypte, qui n'est pas un membre de la famille du Roi David. La nation exige que la cérémonie de couronnement se tienne à Sichem (Actuelle Naplouse), un bastion résolument du Nord.

 

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    Jéroboam I sacrifiant aux idoles par Jean-

     Honoré Fragonard - 1752 -  École nationale

    supérieure des Beaux-arts - Paris

   Jéroboam I (ou Yarobh`h ou Hieroboam dans la Septante, en Hébreu : ירבעם בן-נבט מלך ישראל, Yerav’am ben Nevat, 931-909 ou 931-910 E.R.Thiele ou 922-901 William Foxwell Albright) est donc considéré comme le fondateur et premier Roi d’Israël. Son nom signifie "Les gens soutiennent" ou "Il plaide la cause du peuple" ou "Son peuple est nombreux" ou "Il augmente le peuple". Il est le fils de Nebot (ou Nabat) de Zereda et de Zéruah (Qui devint plus tard veuve et pourrait avoir été lépreuse comme indique son nom traduit) et encore tout jeune il est promu par le Roi Salomon (970-931) surintendant en chef de la "burnden", c'est-à-dire les groupes de travailleurs forcés. Influencé par les paroles du prophète Ahijah, il commence à former des complots en vue de devenir Roi des dix tribus, mais ceux-ci ayant été découvert, il fuit en Égypte (Livre des Rois 1, 11:29-40) où il reste une longue période sous la protection du Pharaon Sheshonq I (945-924).

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      Le Sacrifice de Jéroboam à Béthel -

    Gerbrandt van den Eeckhout  - 1656 - 

Musée de l'Ermitage -  Saint-Pétersbourg

 

   À la mort de Salomon, après l’avènement de Roboam (ou Rehoboam, 931-914), Jéroboam profite du mécontentement pour se faire reconnaître Roi par les dix tribus du Nord, provoquant le schisme politique des Hébreux. La conduite despotique de Roboam favorisa largement la promotion de Jéroboam I qui est proclamé "Roi d'Israël" (Livre des Rois 1, 12:1-20).

 

   Il choisit la ville de Sichem come capitale, qu'il reconstruit et fortifie. Il fait ériger à Dan et Bethel, les deux extrémités de son royaume, des "veaux d'or", qu'il fait mettre en place en tant que symboles de Dieu, enjoignant à la population de ne plus se monter au culte à Jérusalem, mais d'apporter leurs offrandes aux sanctuaires qu'il venait d'ériger. Par ces actes, il est distingué comme l'homme "qui a fait tomber Israël dans le péché". Cette politique sera suivie par tous les Rois d'Israël. Selon le Premier livre des Rois son règne a été une constante guerre avec la maison de Juda. Il meurt peu après l'arrivée sur le trône de Juda d'Abijam (914-911, Livre des Rois 1, 14:1-18) et c'est son fils Nadab qui lui succède.

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Site de Tel Dan

 

   Nadab (ou Nadad, en Hébreu : נדב בן-ירבעם מלך ישראל, Nadav ben Yerav’am, 909-908 ou 910-909 E.R.Thiele ou 901-900 William Foxwell Albright), 2e Roi d'Israël, arrive donc au pouvoir et selon le Livre de Josué, tout de suite il engage son armée dans le siège de Gibbethon (ou Gebbethon), une ville au Sud de Dan (19:44). Il se livre à tous les excès et une conspiration éclate alors dans l'armée. Après un règne de seulement deux ans, il est assassiné par un de ses généraux, Baasha (Livre des Rois 1 - 15:25-28). Avec lui toute sa maison est massacrée et cette grande famille Éphraïmite disparaît (1 Rois 15:29).
 
   Baasha
(ou Baasa ou Baésa ou Baécha, en Hébreu : בעשא בן-אחיה מלך ישראל, Ba’asha ben Achiyah, 908-885 ou 909-886 E.R.Thiele ou 900-877 William Foxwell Albright, 3e Roi d'Israël, le remplace sur le trône. Son nom signifie "Baal entend".Son règne est entaché de nombreux crimes et le Roi se livre à l'idolâtrie. Il réussit à allier Israël avec le Royaume de Damas afin d'essayer d'étrangler commercialement le royaume de Juda. Il fait fortifier Ramah (ou Rama), une ville à la frontière Nord à dix kilomètres de Jérusalem, afin de mettre la capitale de Juda sous pression, dont la situation militaire était précaire. Mais le Roi de Juda Abia (ou Asa, 911-870) arrive à corrompre le Roi de Damas Hadad V (ou Ben-Hadad I, 926-880) en lui donnant l'or et l'argent du Temple de Jérusalem et le fait changer de camps. Ensemble ils attaquent Israël provoquant pour Baasha la perte d'un grand territoire au Nord-ouest de la mer de Galilée. Haddad V attaque la tribu de Dan et de nombreuses villes importantes de la tribu de Nephthali (ou Neftali). Baasha est forcé de se retirer de Ramah (ou Rama). Bien qu'il reste au pouvoir, il n'est pas sans adversaires. Le prophète Jéhu, le fils de Hanani, prédit la destruction de sa dynastie, Baasha le fait assassiner. L'histoire de Baasha est racontée dans le Premier Livre des Rois (15:16 - 16:7). Son fils va lui succéder.
 

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Ruines du palais d'Omri à Samarie

   Éla (ou Elah, en Hébreu : אלה בן-בעשא מלך ישראל, ’Elah ben Ba’asha, 885-884 ou 886-885 E.R.Thiele ou 877-876 William Foxwell Albright) monte sur le trône. Il est le 4e Roi d'Israël. Selon le Premier Livre des Rois (16:8) il devient Roi dans la 26e années de règne du Roi de Juda Abia et ne règne que deux ans. Il est tué à Tirzah par Zimri (En Hébreu : זמרי מלך ישראל, Zimri, 884 ou 885 E.R.Thiele ou 876 William Foxwell Albright) qui prend le pouvoir. Il est le 5e Roi d'Israël, son nom signifie "Louable". Il était chef de la moitié des chars d'Éla. Le récit biblique raconte sa prise de pouvoir. Il profite que lors d'un festin Éla soit ivre pour se révolter contre lui et le tuer dans Tirsa où le Roi résidait. Zimri fait assassiner ensuite tous les mâles de la famille de Baasha / Éla. Mais pour ses actes Zimri devient l'instrument de la colère du Dieu d'Israël. Selon le Premier Livre des Rois (16:10,15). Il ne règne que sept jours car l'armée et le peuple d'Israël se soulève et Zimri est assiégé dans son palais. Voyant la position insoutenable il met le feu à la citadelle et y meurt. À cette époque le nom Zimri est devenu synonyme de "traître qui a assassiné son maître". Il n'a pas d'héritier au trône d'Israël et c'est le chef de l'armée, Omri qui est porté au pouvoir.

 

   Omri (ou Amri, en Hébreu : עמרי מלך ישראל, ’Omri, 884-873 ou 885-874 E.R.Thiele ou 876-869 William Foxwell Albright) est le 6e Roi d’Israël, son nom signifie "Ma gerbe". Général de l'armée il soutient le peuple d'Israël révolté contre le Roi Zimri et le bat. Il est reconnu Roi pour ces actes après la guerre civile. Cependant avant de prendre le trône il doit lutter quatre ans contre un usurpateur Tibni (ou Thebui), fils de Guinat, qui le lui disputait et réussira à le faire exécuter. Le royaume d'Israël est affaibli par la grande instabilité politique qui a précédé sa prise de pouvoir, mais Omri va passer son règne à le relever. Il quitte sa résidence de Tirza (ou Tirzah ou Thirsa) et déménage à Samarie, la nouvelle capitale qu'il a fait construire où il passera les six dernières années de son règne. Il soumet le Roi Moab Mesa (ou Mesha le Dibonite, 850-840). Il s'allie avec le Roi de Tyr et stoppe la guerre avec le royaume de Juda, à présent affaibli et versant le tribut aux Araméens de Damas. L'attribution de la construction du palais de Samarie à Omri repose sur des documents Assyriens, qui désignent le royaume du Nord sous le nom de la maison d'Omri. Cette expression prouve que la capitale, Samarie, a été construite par le Roi, ce qui date, du même coup, son palais.

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Achab contre les Araméens - Illustration Gustave Doré

 

   Parce qu'Omri n'a pas été un fervente adepte de Dieu, l'auteur du Livre des Rois va minimiser ses réalisations. La Bible affiche une attitude négative envers le Roi Omri et elle sera suivie plus tard par la tradition rabbinique. L'écrivain reconnaît cependant qu'Omri construit sa nouvelle capitale, Samarie, sur une colline. Israël Finkelstein et son élève Norma Franklin ont identifié la conception et la construction monumentale de Samarie à celle de villes comme Jezréel, Megiddo et Hazor. Il a un enfant Achab qui lui succède, à qui il laisse un royaume d'Israël assez sûr, commence donc une nouvelle dynastie (parfois appelé Omrides).

  

   Son nom est mentionné sur une stèle érigée par le Roi de Moab Mesa (ou Mesha le Dibonite, 850-840), qui enregistre sa victoire sur un fils d'Omri, mais il omet le nom du fils. Thomas L. Thompson interprète la stèle de Mesa en suggérant que le nom Omri est un éponyme pour le légendaire fondateur du royaume plutôt qu'un personnage historique, cependant la plupart des archéologues rejettent cette interprétation et voit Omri comme historique. Certains spécialistes place ce Roi comme le fondateur du Royaume d'Israël. L'éphémère dynastie fondée par Omri constitue un nouveau chapitre dans l'histoire du Royaume du Nord d'Israël. Elle met fin à près de cinquante années de guerre civile sur le trône. Il y a la paix avec le royaume de Juda et même la coopération entre les deux rivaux. Les relations avec les voisins de Sidon (ou Saïda), au Nord sont renforcés par des mariages négociés entre les deux cours royales. Cet état de paix avec deux puissants voisins permet au Royaume d'Israël d'étendre son influence et son contrôle politique, même en Transjordanie. Tous ces facteurs combinés font la prospérité économique du royaume. D'autre part, la paix avec Sidon abouti également à la pénétration des idées religieuses Phénicienne dans le royaume d'Israël.

 

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La mort d'Achab -

Illustration Gustave Doré

  

   C'est dans ce contexte qu' Achab (ou Ahab ou Ach'av, en Hébreu : אחאב בן-עמרי מלך ישראל,  Ah’av ben ’Omri, 873-852 ou 874-853 E.R.Thiele ou 869-850 William Foxwell Albright) arrive au pouvoir. Il est le 7e Roi d’Israël, son nom signifie "Frère du père". Au cours de son règne il va être tour à tour l’allier et l'ennemi du Roi de Juda Josaphat (ou Jehoshaphat, 870-845). Le royaume de Moab, qu'avait conquis son père, va rester tributaire. Il renforce les contacts diplomatiques avec le Roi de Tyr Ithobaal I (ou Ethbaal, 896-863) dont il épouse la fille, Jézabel. Dans les affaires étrangères, cette période de paix va être troublée par l'expansion du Royaume d'Aram (Damas), Israël se retrouve bientôt confronté à la guerre dans le Nord-est.

  

   Plus menaçante, toutefois, est l'ascension de l'Assyrie, qui commence à s'étendre vers l'Ouest de la Mésopotamie. Des inscriptions Assyriennes, nous apprenons qu'en 853, à la Bataille de Qarqar (ou Karkar), Achab se joint à une grande coalition de 11 Rois formée par les royaumes : d'Égypte, d'Arwad (ou Aradus ou Arados ou Arvad ou Arpad ou Antioche en Pieria), d'Hamath (ou Hama, sur les rives de l'Oronte dans le centre de la Syrie), ville qui avec son Roi Ilu-bi'di tiendra la révolte douze ans face à l'Empereur d'Assyrie suivant Sargon II (722-705), mais sera écrasée et sa population sera déplacée par l'Assyrien à Samarie; du Roi Ammonite Ba'sa (ou Baasa), du Roi de Tyr Baal-Ezer II (ou Badezor ou Badezir ou Balbazer, 863-829) et d'autres États voisins, sous la direction du Roi Hadad VI (ou Hadadézer ou Ben-Hadad II, 880-842) de Damas, contre l'Empereur d'Assyrie Salmanasar III (859-824), dont ils stoppent l'expansion pour une dizaine d'années. Achab fournit le plus grand contingent de chars de la coalition. On dénombre pas moins de 2 000 chars, 700 cavaliers et 10 000 soldats.

 

   Ce qui semble exagéré comme chiffres qui devaient comprendre les contingents d'autres nations dont Byblos, qui envoie aussi des troupes. Achab est aussi réputé pour son impiété. À l'instigation de sa femme Jézabel, il élève un temple au Dieu Phénicien Baal, persécute cruellement les prophètes, notamment Élie et fait périr Naboth, un habitant de Jezréel, pour s'emparer de sa vigne située près du palais. Sa biographie raconte qu'il n'eut recours au vrai Dieu que lorsqu'il se vit assiégé dans Samarie par Hadad VI. Avec le secours divin, il aurait vaincu plusieurs fois les armées de Damas, notamment en 858 et 857. Selon le Tanakh, Achab, avec 7000 soldats, est vainqueur du Roi Hadad VI et de ses trente-deux Rois, qui étaient venu mettre le siège devant Samarie.

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Jézabel défenestrée par les eunuques

  de Jéhu - Illustration Gustave Doré

 

   L'année suivante il obtient une victoire décisive sur lui à Aphek, probablement dans la plaine de Sharon à Antipatris (Livre des Rois 1, 20). Il fait même prisonnier lui-même Hadad VI, mais il l'aurait rétablit dans son royaume en échange de la signature d'un traité par lequel Hadad VI rendait les villes prises à Israël (15:20, 2 Rois 13:25). Trois ans plus tard, la guerre éclate à nouveau entre les deux Rois à l'Est du Jourdain, Achab périt dans un combat, percé d'une flèche. Selon la légende, les chiens léchèrent le sang de ses blessures, comme cela avait été prédit. Jézabel lui donne trois enfants : Athalie qui va être Reine de Juda (841-835), afin de sceller une alliance, elle épouse Joram le futur Roi de Juda, Achazia (ou Ochozias ou Ahaziah) et Joram qui lui succèdent. La Bible fait d'Athalie la fille d'Omri. Jézabel sera assassinée par le Roi Jéhu, il la fera défenestrer par ses eunuques.

 

   Achazia (ou Ochozias ou Ahaziah ou Achosias, en Hébreu : אחזיהו בן-אחאב מלך ישראל, ’Ahazyahu ben 'Ah’av, 852-851 ou 853-852 E.R.Thiele ou 850-849 William Foxwell Albright) est le premier des deux fils d'Achab à monter sur le trône. Il est le 8e Roi d’Israël. Il va suivre la politique de son père, notamment en ce qui concerne la persécution du prophète, Élie. En politique extérieure il s'allie au Roi de Juda Josaphat (ou Jehoshaphat, 870-845) dans une tentative de relance du commerce maritime de la mer Rouge, surtout afin d'assurer des échanges avec le port d'Ophir, mais la flotte de Juda sera détruite à Ezion-Geber (ou Asiongaber sur l'extrémité Nord du golfe d'Aqaba). Elle sera reconstituée avec la coopération d'Achazia et l'expédition qui sera de nouveau montée sera couronnée de succès.

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Stèle de Mesa - Musée du Louvre

 

   Cependant le commerce avec cette ville ne sera pas poursuivi (2 Chr. 20:35-37). Josaphat va à son tour aider le Roi d'Israël, cette fois dans une guerre contre les Moabites révoltés, que les Hébreux vont gagner. La Bible (Livres des Rois) évoque que, suite à l'encerclement militaire des Moabites, ceux-ci auraient eu recours à un sacrifice humain. Le Roi Moab Mesa (ou Mesha le Dibonite, 850-840) aurait sacrifié son propre fils sous les murs de sa capitale, Dibon (Dhiban en Jordanie) et aurait ainsi obtenu la clémence du Roi d'Israël. L'acte d'offrir son fils en sacrifice humain remplit Josaphat d'horreur et il se retira dans ses propres terres (2 Rois 3:4-27). Cette manifestation est inscrite sur la stèle de Mesa, une inscription écrite dans la langue Moabite. La mort prématurée d'Achazia est due à la maladie. Juste avant de mourir il aurait cherché conseil auprès de l'oracle de Baal-Zebub à Ekron. Pour cette acte impie et déloyal, le prophète Élie la dénoncé à trois reprises et prédit sa mort.

      

   Joram (ou Jehoram, en Hébreu : יורם בן-אחאב מלך ישראל, Yehoram ben ’Ah’av, 851-842 ou 852-841 E.R.Thiele ou 849-842 William Foxwell Albright) succède à son frère. Il est le 9e Roi d’Israël. L'auteur du Livre des Rois parle dans le même passage de Joram d'Israël et de Joram de Juda ce qui a provoqué quelques confusions. Le dernier acte de son règne qui est indiqué est lorsqu'il a, avec l'aide de son neveu le Roi de Juda Ochozias (ou Ahaziah, 843-841), lutté contre le Roi Araméens de Damas Hazaël (842-796), mais ils sont battu et Joram est blessé dans la bataille de Ramoth-Gilead.

 

   Tandis qu'il est récupéré à Jezréel, son général Jéhu (843-814) incite à la révolte. Lorsqu'Ochozias vient pour rendre visite à son oncle, il est pris dans la révolution de palais où Jéhu prend le pouvoir et met à mort Joram. L'auteur de l'inscription sur la Stèle de Tel Dan, trouvée au cours de fouilles archéologiques du site de Lakhish (ou Lachish) en 1993/1994, a affirmé avoir tué les deux Rois: Ochozias et Joram, l'auteur le plus probable de ce monument est Hazaël. Bien que l'inscription soit un témoignage contemporain de cette époque, les Rois de cette période ont tendance à se vanter et à faire des déclarations exagérées. Aujourd'hui il n'est toujours pas clair si c'est Jéhu qui a tué les deux Rois (Comme la Bible le rapporte) ou Hazaël (Comme la Stèle de Tel Dan le rapporte).

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      Ruines d'un palais de Dan

 
   Jéhu
(En Hébreu : יהוא בן-נמשי מלך ישראל, Yehu ben Nimshi, 842-815, idem pour William Foxwell Albright ou 841-814 E.R.Thiele) est le 10e Roi d’Israël, son nom signifie "Le Seigneur est Celui". Selon les spécialistes il est soit le fils de  Jehoshaphat  soit celui de  Nimshi  ou  petit-fils  de ce dernier. Après avoir mis à mort Joram et prit le pouvoir, il lutte contre le culte de Baal. Il fit défenestrer par ses eunuques Jézabel, l'épouse d'Achab, qui fut à l'origine de l'introduction de ce Dieu Phénicien. Ces passages sont racontés dans le Livre des Rois : Avec un groupe Jéhu choisi de rejoindre à grande vitesse Jezréel où il tue Joram de sa propre main en lui tirant une flèche dans le cœur (9,24). Le Roi de Juda, Ochozias, qui était venu rendre visite à son oncle, prend alors la fuite, cependant il est rattrapé par les soldats de Jéhu au col de Gur. Sans trop de défense lors de l'escarmouche il est mortellement blessé et a seulement la force pour parvenir à Megiddo, où il décède de ses blessures (2 Rois 9:22-28).
 
   L'auteur du Livre des Rois décrit comment Jéhu entre ensuite dans la ville sans aucune résistance. C'est alors qu'il voit Jézabel, la mère de Joram, se présenter à une fenêtre du le palais et le toiser avec insolence. Jéhu commande aux eunuques du palais royal de défenestrer la Reine, la chute est mortelle, son corps déformé est dévoré par les chiens (9:35-7). Toutefois, Nadav Na'aman de l'université de Tel-Aviv a interprété les preuves des fouilles archéologiques sur le site de la ville de Jezréel et a démontré qu'elle avait été prise après un siège, peut-être par l'armée du Roi Araméens de Damas Hazaël (842-796). En outre il faut prendre en considération la stèle de Dan (comme cité ci-dessus).
 

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Partie de l'obélisque noir de Salmanasar III -
Jéhu rendant hommage aux
pieds de l'Empereur

   Quoi qu'il en soit, Jéhu qui est maintenant maître de Jezréel, écrit aux commandant des troupes dans la capitale Samarie et commande à  tous les Princes royaux du royaume de se soumettre. Soixante-dix chefs vont se présenter à lui, et lui offrir leur abnégation. Peu de temps après, Jéhu fera abattre quarante-deux personnes liées à la dynastie Omrides (10:14). Une fois le contrôle de Samarie assuré, il convoque tous les adorateurs de Baal de la capitale et les tue. Puis, selon le Deuxième Livre des Rois, il fait détruire tous les temples dédiés à ce Dieu (10:27).
 
   Au-delà de son coup d'État sanglant et sa tolérance pour les veaux d'or à Dan et Bethel (Qui ont attiré le mépris de l'auteur des Livres des Rois), on sait peu de choses des événements du règne de Jéhu. Il est difficile d'affirmer les prédations du
Roi Araméens de Damas Hazaël, qui aurait vaincu son armée "dans l'ensemble des territoires d'Israël" au-delà du Jourdain, sur les terres de Gilead, Gad, Ruben et Manassé (10:32 F).

 

   Si ces faits sont exactes, et à aujourd'hui rien ne vient affirmer avec certitude le contraire, cela expliquerait pourquoi on voit Jéhu rendre hommage à l'Empereur d'Assyrie Salmanasar III (859-824) sur son obélisque noir (où son nom apparaît comme mIa-ú-a mar mHu-um-ri-i "fils de Jéhu Omri"), actuellement au British Museum et devenir son vassal. Sûrement très affaibli le souverain aurait préféré se soumettre à l'Assyrien plutôt que de le combattre, ce qui semble judicieux de sa part. Dans les sources en dehors de la Bible Hébraïque, Jéhu apparaît seulement dans les documents Assyriens. Son fils Joachaz va lui succéder.

 

  Joachaz (ou Jehoahaz, en Hébreu : יהואחז בן-יהוא מלך ישראל, Yeho’ahaz ben Yehu, 814 à 804 ou 814-798 E.R.Thiele ou 815-801 William Foxwell Albright) est le 11e Roi d’Israël. Un sceau datant de la fin du VIIe siècle a été trouvé avec l'inscription "[appartenant] à Joachaz, le fils du Roi".  Le second Livre des Rois déclare qu'il est resté fidèle à Yahvé, mais son peuple a suivi les pratiques religieuses de la maison de Jéroboam, qui comprenait l'adoration cultuelle d'un pôle à Samarie. Sous son règne, Israël est envahit par le Roi de Damas Hazaël (842-796). L'Araméen est vainqueur, il laisse dans le pays une armée de 50 cavaliers, 10 chars et 10000 fantassins et Joachaz devient son vassal. (2 Rois 13:1-9). Son fils Joas lui succède.

 

    Prisonniers Israélites expulsés d'Israël

    par un soldat Assyrien

 

   Joas (ou Joash ou Jehoash, en Hébreu : יואש בן-יואחז מלך ישראל, Yeho’ash ben Yeho’ahaz, 804 à 790 ou 798-782 E.R.Thiele ou 801-786 William Foxwell Albright) est le 12e Roi d’Israël. Lorsqu'il monte sur le trône le royaume que lui a laissé son père Joachaz est au plus bas, il doit subir la tutelle du Roi de Damas. Dans un premier temps il va employer ses efforts pour se débarrasser de cette tutelle. Puis il s'attaque au royaume de Juda et déclare la guerre à son Roi Amasias (ou Amaziah ou Ahaziah, 802-776). Il le repousse jusqu'à Beth-Shémesh, à la frontière de Dan et de la Philistie et progresse sur Jérusalem. Joas s'empare de la ville et fait prisonnier Amasias.

 

   Celui-ci ne retrouve sa liberté qu'en livrant les trésors du temple, qui sont emportés à Samarie. Selon le Deuxième Livre des Rois (13:12, 14:8-14) et le Deuxième Livre des Chroniques (25:14-24), il emporte le trésor du temple et du palais et fait abattre une partie de murailles de la ville, Juda devient alors vassal d'Israël. Cependant, Joas décède peu de temps après et est enterré à Samarie (2 Rois 13:13). Au cours de son règne, il tolère le culte du veau d'or, mais semble avoir eut un caractère à une dévotion sincère à l'adoration de Dieu. Il s'occupe du prophète Elisée et on le voit pleurer à son chevet lorsque celui-ci est en train de mourir. Son fils Jéroboam II lui succède.  

 

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    Tablette au nom du Roi Joas

   Jéroboam II  (En Hébreu :ירבעם בן-יואש מלך ישראל, Yerav’am ben Yeho’ash, 790-750 ou 782-753 E.R.Thiele ou 786-746 William Foxwell Albright) est le 13e Roi d’Israël. Son règne va être une période de prospérité et d'expansion territorial. Les provinces perdues d'Ammon et de Moab sont reprises au royaume de Damas. Le Roi renouvelle l'alliance avec les Phéniciens, en particulier celle avec le Roi de Tyr. Pendant ce temps, le royaume de Juda toujours sous la domination de Samarie, connaît la paix et l'expansion démographique. En 1910, George Andrew Reisner a trouvé soixante-trois tessons de poterie inscrits lors des travaux d'excavation du palais royal à Samarie, qui ont été plus tard datés du règne de Jéroboam II. ils mentionnent les années de règne des Rois allant du neuvième jusqu'au sien. Ces Ostraca contiennent des informations précieuses sur la langue, la religion et le système administratif de la période. 

  

   Les preuves archéologiques confirment le récit biblique du règne de Jéroboam II comme le plus prospère qu'Israël n'ait jamais connu. À la fin de son règne la population sur le royaume est plus dense que dans tout le reste du levant, avec une peuplade d'environ 350 000 personnes. Les expéditions commerciales via la mer Rouge reprennent. Cette prospérité est construite sur le commerce de l'huile d'olive, du vin et peut-être des chevaux, avec en particulier l'Égypte et l'Assyrie. La prospérité, par contre, s'accompagne d'un écart important entre l'élite sociale et les paysans pauvres et les Prophètes critiquent l'action du Roi. Ce règne est la période des prophètes: Osée, Joël et Amos, qui ont tous condamné le matérialisme et l'égoïsme de l'élite Israélite. Son fils Zacharie lui succède. La succession de Jéroboam II va être le théâtre de luttes et d'assassinats pour le pouvoir.

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Sceau portant le nom de Jéroboam II

 
   Zacharie
(ou Zachariah ou Zachary Mikael, en Hébreu :זכריה בן-ירבעם מלך ישראל, Zekharyah ben Yerav’am, 750-749 ou 753 E.R.Thiele ou 746 William Foxwell Albright) est le 14e Roi d’Israël, son nom signifie"Rappeler par le Seigneur". Il ne règne que six mois, il est tué par l'usurpateur Shallum (ou Salloum) qui prend son trône, pour s'être adonné à l'impiété. Sa mort met fin à la génération de descendants de Jéhu. Shallum (ou Salloum ou Sallum ou Sellum, en Hébreu :שלם בן-יבש מלך ישראל, Shallum ben Yavesh, 749 ou 752 E.R.Thiele ou 745 William Foxwell Albright) est le 15e Roi d’Israël. Il est le fils de Jabesh. Le second Livre des Rois dit : "Il a conspiré contre Zacharie et il le frappa devant le peuple, le tua et régna à sa place" (2 Rois 15:10) "Il régna seulement un mois en Samarie" (15:13) "avant que Ménahem le mit à mort à son tour et devint Roi à sa place" (2 Rois 15:14, 15, 17).
 
   Ménahem
(ou Menakhem ou Manahem, en Hébreu : מנחם בן-גדי מלך ישראל, Menahem ben Gadi, 749-738 ou 752-742 E.R.Thiele ou 745-738 William Foxwell Albright) est le 16e Roi d’Israël, son nom signifie "Le consolateur". Il est le fils de Gadi, peut-être un descendant de la tribu de Gad. Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattatias, historien Juif, 37-v.100 - Antiquités Judaïques, IX, XI, 1) nous dit qu'il était général de l'armée d'Israël. Quand Shallum conspire contre Zacharie et l'assassine dans Samarie, Ménahem refuse de reconnaître l'usurpateur, il marche sur Samarie et en fait le siège. Puis, après avoir pris la ville, il met à mort Shallum à Samarie, selon les textes de sa propre main et lui succède en tant que Roi (Second Livre des Rois 15:14). Son règne va être marqué par sa cruauté. Il réprime brutalement une révolte à Tiphsah (ou Thapsa), qui n'a pas été localisé.

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Le site de Samarie

 

   C'est le nom de la ville dans le texte Massorétique, mais les commentateurs et traducteurs modernes préfèrent la lecture Tappuah. Il fait mettre tous ses habitants à mort et traite les femmes enceintes de manière horrible en leur faisant arracher les enfants à naître de l'utérus (15:16). Le prophète Osée (VII, 1-XIII, 15) décrit l'ivresse de cette débauche. Le règne de ce militaire aventurier est important du fait qu'il va être le témoin impuissant de l'ascension de l'Empire d'Assyrie. L'Empereur Téglath-Phalasar III (ou Tiglath-Pileser, 745-727) envahit Israël. Cependant il quitte rapidement le pays car Ménahem lui verse un énorme tribut de 1 000 talents d'argent en contrepartie (2 Rois 15:19). La somme avait été réunie en prélevant 50 shekels à chaque "personne de moyens" (15:19-21) ce qui va rendre le Roi très impopulaire. On trouve la trace de cet hommage dans les annales de l'Empereur Assyrien. Dans les textes bibliques on ne trouve pas le nom de Téglath-Phalasar III, mais celui de Phul qui lui a été rattaché par les historiens. À aujourd'hui rien ne vient contredire le fait que Ménahem semble mort de mort naturelle, après un règne d'une dizaine d'années. Il laisse le trône à son fils Pékahiya (ou Pekahiah) pour un règne éphémère.
 
   Pékahiya
 (ou Pekahiah ou Pekahia ou Pacahya, en Hébreu :פקחיה בן-מנחם מלך ישראל, Pekahyah ben Menahem, 738-736 ou 742-740 E.R.Thiele ou 738-737 William Foxwell Albright) est le 17e Roi d’Israël, son nom signifie "Le Seigneur a ouvert les yeux". Avec lui le pays va sombrer de nouveau dans l'anarchie. Il est assassiné dans son palais royal à Samarie par Pékah, un des Généraux de son armée (2 Rois 15:23-26), après un règne de deux ans.
 
  
Pékah (ou Pegah ou Phacée, en Hébreu : פקח בן-רמליהו מלך ישראל, Pekah ben Remalyahu, 736-732 ou 740-732 E.R.Thiele ou 737-732 William Foxwell Albright) est le 18e Roi d’Israël, son nom signifie"Qui a ouvert les yeux". Il est le fils de Remaliah et un des Généraux de Pékahiya. Selon le second Livre des Rois c'est avec l'aide d'une bande de Gileadites, qu'il assassine le Roi et prend son trône (15:25). Il a un règne très court, bien qu'il est dit avoir régné pendant vingt ans dans le Livre des Rois. Cependant la théorie d'un long règne n'est pas soutenue non plus par des preuves venant des chroniques Assyriennes, qui montrent que le Roi Ménahem était encore en place en 740 et qu'Osée (ou Hoshea) sera Roi en 732. Selon le Second Livre des Rois, il forme une coalition avec le Roi de Damas Razin (766-733/2) pour obliger le Roi de Juda Achaz (ou Ahaz ou A'haz, 742-726) à les rejoindre dans leur lutte contre l'Empereur d'Assyrie Téglath-Phalasar III (745-727), mais Achaz refuse.

 
Téglath-Phalasar III -
Stèle aux murailles de son palais
British Museum - Londres

 
   Pekah et Razin font alors le siège de Jérusalem (15:37, 16:5). Achaz ne pouvant combattre seul appelle à l'aide l'Empereur d'Assyrie et en devient son vassal. l'Assyrien écrase la coalition
et déporte de nombreux prisonniers vers l'Assyrie. (2 Rois 15:29; Téglath-Phalasar III enregistre également cet acte dans une de ses inscriptions). La ville de Damas est prise en 732. Téglath-Phalasar III rançonne ensuite le royaume Syrien et ravage Israël auquel il impose un très lourd tribut selon l'Ancien Testament, 10 talents d'or et 10 000 talents d'argent. Peu de temps après cette défaite Pékah est mis à mort par Osée (ou Hoshea) qui usurpe le trône (2 Rois 15:30; 16:1-9). Toutefois, une inscription non datée de Téglath-Phalasar III se vante de faire Osée ("A-u-si-'") Roi après qu'il est renversé son prédécesseur.
 
   Osée
(ou Osie ou Hoshea, en Hébreu : הושע בן-אלה מלך ישראל,  Hoshe’a ben ’Elah, 732-722, idem pour E.R.Thiele et William Foxwell Albright) est le 19e et dernier Roi d’Israël, son nom signifie "salut". Il est le fils d'Elah. Après être arrivé au pouvoir en tuant Pékah, Osée va avoir un début de règne assez calme (15:30). C'est à la mort de Téglath-Phalasar III en 727, que la situation va s'aggraver. Osée cesse de payer le tribut aux Assyriens. Le nouvel Empereur d’Assyrie Salmanasar V (727-722) fait alors campagne contre Osée pour le forcer à présenter et rendre hommage (17:3). On retrouve une trace d'une campagne en Phénicie dans les chroniques Assyriennes. Osée, pour gagner du temps, promet à Salmanasar V d'être son serviteur et qu'il lui paiera le tribu réclamé, dans l'attente d'un soutien du Roi d'Égypte, alors en plein conflit internes.

 

 Il y a un certain mystère quant à l'identité de ce Roi d'Égypte. Certains spécialistes ont fait valoir que la demande d'aide d'Osée à l'Égypte se réfère à la ville de Saïs ce qui laisserai penser que le souverain est Tefnakht I (727-716), Roi de la XXIVe dynastie. Toutefois il faut noter que la ville principale de l'Égypte à ce moment-là est Tanis, ce qui donne à penser que la proposition de l'égyptologue Kenneth Anderson Kitchen, est correcte et qu'il s'agirait du Roi Osorkon IV (730-715) de la XXIIe dynastie. L'Empereur d'Assyrie sentant le piège met le siège devant la capitale Samarie qui est prise au bout de trois ans, en 722 et Osée est capturé.

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Sceau portant le nom d'osée  

 

    Certains chercheurs expliquent que Salmanasar V a convoqué Osée à sa cour pour demander une justification au manque d'hommage, qui a abouti à l'emprisonnement du Roi d'Israël et à l'envoi de l'armée Assyrienne dans ses terres. Cependant Salmanasar V meurt peu de temps après que la ville soit tombée et l'armée Assyrienne est rappelée pour assurer la succession de Sargon II (722-705). La terre d'Israël, qui a résisté aux Assyriens pendant trois années, se révolte de nouveau. Sargon II revient avec son armée et détruit le Royaume d'Israël qui devient une province Assyrienne. La province pacifiée, il déporte les citoyens d'Israël au-delà de l'Euphrate, dont le restant de la cour et les artisans capables de travailler le métal, soit près de 30 000 personnes (27 290 d'après l'inscription de Sargon II). 

 

   Inversement des populations de l'Empire Assyrien sont déplacées vers Samarie : Des gens de Babylone, Cuthah, Avva et en particulier ceux d'Hamath (ou Hama, une ville sur les rives de l'Oronte dans le centre de la Syrie) dont la révolte de son Roi Ilu-bi'di, a été écrasée par Sargon II (2 Rois 17:6, 24). Celui-ci avait aussi profité de la confusion lors de la succession de Salmanasar V pour constituer, sous l'égide des Égyptiens de la XXVe dynastie, une coalition contre l'Assyrie. L'auteur des Livres des Rois indique que : "La destruction du pays est arrivée parce que les enfants d'Israël ont péché contre le Seigneur" (2 Rois 17:7-24) et non pas en raison d'une erreur de calcul politique d'Osée. Ce qui est arrivé à Osée après son emprisonnement et quand et où il est décédé, est à aujourd'hui toujours inconnu. 

 

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur le Royaume voir les ouvrages de :

 

William Foxwell Albright :

- Archaeology and the Religion of Israel, Johns Hopkins Press, Baltimore, 1942-1968.

- New light from Egypt on the chronology and history of Israel and Judah, pp. 4–11, BASOR 130, Baltimore, 1953.

- The Bible in the ancient near east, Festschrift for Albright, edited by G.Ernest Wright, Garden City, Doubleday, 1965.

Jacob Ashkenasi :

- Le peuple juif et ses contacts avec le monde méditerranéen : De la chute du royaume d'Israël (720 av.J.C.) à la destruction du second temple (70 ap.J.C.), Edisud, Aix-en-Provence, 2005.

Louis Cheminant :

- Le royaume d'Israël, 933-722 av.J.C., Éditions du Cerf, Paris, 1947.

Laura Faye Dix Marshall :

- A history of the ancient kings of the divided kingdom of Israel, University of Toledo, Thesis (M.A.), 1964.

Gershon Galil :

- The chronology of the kings of Israel and Judah, E.J.Brill, Leiden, New York, 1996.

Gershon Galil et Andrew G Vaughn :

- Review of the chronology of the Kings of Israel and Judah, pp. 74-76, BASOR 318, Baltimore, Mai 2000.

Caroline C Graveson et Stafford Allen Warner :

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Baruch Halpern :

- Levitic participation in the reform cult of Jeroboam I, pp. 31-42, Journal of Biblical Literature 95, N°1, Mars 1976.

Victor Harold Matthews :

- A brief history of ancient Israel, Westminster John Knox Press, Louisville, 2002.

James Maxwell Miller et John H Hayes :

- A history of ancient Israel and Judah, Westminster John Knox Press, Louisville, 2006. 

André Parrot :

- Samarie, capitale du royaume d'Israël, Delachaux & Niestlé, Neuchâtel, 1955.

Charles Edward Sell :

- The kingdom of Israel, S.P.C.K. Depository, Madras, 1925.

Edwin R.Thiele et André Lemaire :

- Review of the mysterious numbers of the Hebrew Kings, pp. 54-56, JNES 47, N°1, Chicago, Janvier 1988.

Edwin R.Thiele :

- The chronology of the Kings of Judah and Israel, pp. 137-186, JNES 3, N°3, Chicago, Juillet 1944.

- The mysterious numbers of the Hebrew kings : A reconstruction of the chronology of the kingdoms of Israel and Judah, University of Chicago Press, Chicago, 1951.

- Coregencies and overlapping reigns among the Hebrew Kings, pp. 174-200, Journal of Biblical Literature 93, N°2, Juin 1974.

- A chronology of the Hebrew kings, Zondervan Pub. House, Grand Rapids, 1977.

Wesley Irwin Toews :

- Monarchy and religious institution in Israel under Jeroboam I, Scholars Press, Atlanta, 1993.

 

 

 

Pour plus de détails voir aussi :  les Hébreux - Royaume de Juda - les Hasmonéens

                 la Judée, les Hérodiens - Jérusalem - Samarie - Sichem

 

 

 

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