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Pour plus de détails voir aussi : les Hébreux - Royaumes d'Israël, de Juda - les Hasmonéens - Jérusalem - Samarie - Sichem |
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La Judée avant les Hérodiens
La Judée est une région et sera un royaume de la Palestine, qui fut le cœur du pays des Juifs. Le nom a été appliqué après la captivité de Babylone (586-538) à la région correspondant approximativement à l’ancien royaume de Juda. Après la sortie d'Égypte des Hébreux, conduits par Moïse, les tribus d'Israël arrivent en Terre promise et s'y répartissent. La tribu de Juda s'installe dans une zone comprenant les actuels Néguev, Shéphélah et désert de Judée, ainsi que la région autour de Jérusalem. Après le schisme dans le peuple Hébreu, à la mort du Roi Salomon en 931 av.J.C, les douze tribus d'Israël s'organisent en deux royaumes : au Nord, le royaume d'Israël et au Sud, le royaume de Juda. Le royaume d'Israël est pris et anéanti deux siècle après, en 722, par l'Empereur d'Assyrie Sargon II (722-705) et son territoire est ensuite dirigé par un gouverneur Assyrien. Puis lorsque les Assyriens succombent devant les Néo-Babyloniens du Roi de Babylone Nabuchodonosor II (605-562), c'est au tour du royaume de Juda, en 586 d'être conquis. L'administration Babylonienne passe ensuite la main devant la conquête de l'Empire néo-Babylonien par le Roi Perse Achéménide Cyrus II (558-528), qui reprend toute la région pour près de deux siècles.
Celle-ci est libérée des Perses par le Roi Macédonien Alexandre le Grand (336-323). Puis, à la mort de ce dernier, son Empire est partagé entre ces différents généraux qui se constituent en royaumes. La région échoit au Roi Séleucide Séleucos I Nikâtor (305-280) et va être le siège de luttes entre différentes puissances. Puis le Roi d'Égypte Ptolémée I Sôter (305-282) s'en empare et la Judée change une nouvelle fois de mains. Elle reste sous domination Égyptienne jusqu'à la bataille du Pannion, en 198, qui est remportée par le Roi Séleucide Antiochos III Mégas (223-187)contre Ptolémée V Epiphane (196-180) qui la reprend. Le Roi Séleucide Antiochos IV Épiphane (175-164) tente d'helléniser complètement la Judée et dédie le temple de Jérusalem à Zeus.
Cet acte provoque la révolte de son Grand Prêtre Mattathias Maccabée (167-166) et de ses cinq fils, qui aboutit à l'établissement de leur dynastie sur la terre d'Israël. Le dernier fils Simon Maccabée (142-135), après une longue guerre, obtient en 142/141, du Roi Séleucide Démétrios II Nikatôr (145-138 et 129-125) la reconnaissance de l'indépendance Juive. Jérusalem devient la capitale du royaume indépendant Hasmonéen. Son Premier Roi l'Hasmonéen Jean Hyrcan I (134-104) et ses successeurs vont effectuer des campagnes pour agrandir leur royaume.
En septembre/octobre 107, le Roi d'Égypte Ptolémée IX Sôter II Lathiros (116-107 et 89-81) est détrôné et chassé du pays par son frère, jusque là Roi de Chypre, Ptolémée X Alexandre I Philométor (107-88). Il cherche alors à se constituer un royaume en Judée, mais vaincu par le fils de Jean Hyrcan I, Aristobule I (Roi, 104-103) il appel à l'aide les Syriens. Malgré cet appui il sera battu et les Hasmonéens garderont la région jusqu'en 63 av.J.C. À la mort de son Roi Alexandre I Jannée (103-76), ses fils Hyrcan II et Aristobule II se bataillent le pouvoir. Ils demandent chacun à Rome d'intervenir en leur nom. Les Romains vont accepter, mais en 63 les troupes de Pompée (106-48) entrent en Judée, elles prennent Jérusalem et la royauté est abolie. L'Empire Hasmonéen est démembré et la Judée est réduite à un petit État-client de Rome mais toujours avec une certaine indépendance. Lorsque Pompée sera vaincu par Jules César (101-44), Hyrcan II qui est nommé Ethnarque, sera évincé et le pouvoir effectif donné à Antipater I, l'un de ses ministres.
La dynastie Hérodienne
Antipater I (47-43 av.J.C) va être Gouverneur, puis Procurateur et Régent de Judée. Il est le fondateur de la dynastie Hérodienne. D'autres membres de la famille ont porté le nom Antipater, dont son père qui était Gouverneur d'Édom (ou Idumée), d'où parfois certains spécialistes qui attribuent le numéro II à cet Antipater (Puis III à son petit fils). Originaire d'Édom (ou Idumée), au Sud-est de la Judée, entre la mer Morte et le golfe d'Aqaba, Antipater I était un homme riche qui est reconnu comme chef par ses collègues Iduméens. Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattatias, historien Juif, 37-v.100), dont les détails de la politique de Judée au cours de cette période sont dérivés, a décrit Antipater I d'une nature séditieuse.
Quelques historiens le positionnent quelque fois, dans une fausse identification, comme le descendant des juifs qui ont été exilés en captivité à Babylone (586-538). Les Édomites ont été convertis de force au Judaïsme par les Rois de la dynastie Hasmonéenne, ce qui fait que les Antipater étaient de confession Juive. Cependant ils ne sont pas ressentis comme tel par les observateurs et nationalistes Juifs de Judée en raison : De leur ascendance Édomite, de leur culture Hellénisée et de leur collusion avec l'envahisseur Romain.
En 66, le souverain Hasmonéen Hyrcan II (66-40) est détrôné par son frère Aristobule II, après une période de violent conflit un accord de paix est conclu, conformément aux termes duquel Hyrcan II renonce au trône et prend le poste de Grand Prêtre. Cet accord ne va toutefois pas durer, Antipater I, alors Gouverneur d'Édom (ou Idumée), apporte son secours à Hyrcan II. Diplomate et habile politicien il va réussir à être nommé ministre et conseillé d'Hyrcan II de 63 à 49. Comme celui-ci craint qu'Aristobule II ne le mette à mort, ses craintes étant favorisées par Antipater I qui visait à profiter de la faiblesse du Roi s'il le remettait sur son trône et ainsi contrôler lui même la Judée, Hyrcan II se réfugie chez le Roi des Nabatéens Arétas III Philhellène (85-62).
Ce dernier avait été soudoyé par Antipater I avec la promesse en retour de son aide d'un rendu de villes d'Arabie, prisent par les Hasmonéens. Aristobule II ne va pas garder le pouvoir longtemps. Les Nabatéens avancent vers Jérusalem avec une armée de 50 000 hommes et assiègent la ville pendant plusieurs mois. Aristobule II se réfugie dans le Temple avec ses partisans Sadducéens. C'est à cette époque que Pompée (106-48) après avoir battu le Roi du Pont Mithridate VI (123 ou 120-63) et le Roi Séleucide Antiochos XIII Dionysos Asiaticos (l'Asiatique, 83-64), envoie son adjoint le Consul Marcus Aemilius Scaurus (163-88) et une armée prendre possession de la Syrie. Comme les Hasmonéens étaient alliés des Romains, les deux frères font alors appel à Scaurus, chacun s'efforçant de promesses de dons afin de le gagner à sa cause. Scaurus, attiré par 400 talents, se décide en faveur d'Aristobule et ordonne à Arétas III de retirer son armée. Au cours de leur retraite, les Nabatéens subissent une écrasante défaite.
Cependant lorsque Pompée arrive en 63 en Syrie il se prononce, lui, pour Hyrcan II, ayant tout de suite vu qu'il était le plus faible et qu'il pourrait plus facilement en faire un allier fidèle à Rome. La même année les Romains entre dans Jérusalem et Aristobule II et son fils Antigonos II Mattathias sont envoyé prisonnier à Rome. En 57, selon les sources, soit ils réussissent à s'échapper, soit ils sont libérés par César (101-44), mais plus tard Aristobule II est assassiné par les partisans de Pompée. Hyrcan II et Antipater I sont restaurés, mais comme Ethnarque client de Rome. Hyrcan II et Antipater I restent fidèles à Rome, en dépit de l'abaissement de l'Etat Judéen et des mesures vexatoires imposées par les Romains. Cependant la population n'est pas du même avis que ses dirigeants et, en 53, elle trouve une occasion de réagir lorsque le Proconsul Crassus (115-53) est battu et tué dans une bataille contre les Parthes. La mort de Crassus donne l'occasion à une révolte Juive suscitée par un partisan d'Aristobule II, cette révolte est rapidement matée par le Proconsul Cassius Longinus. En 49, à Rome, la guerre civile éclate et Antipater I adopte la cause de Jules César. Il lui fournit des secours dans sa guerre contre Alexandrie.
Pour le remercier, celui-ci en 48, le nomme Procurateur de Judée à la place du Prince Hasmonéen Antigonos II Mattathias (ou Antigone, 40-37), fils d'Aristobule II, avec le droit de percevoir les impôts, tandis qu'Hyrcan II est confirmé dans son titre d'Ethnarque. Les fils d’Antipater I sont eux aussi promu : Hérode (Le futur Hérode le Grand), reçoit le gouvernement de la Galilée et Phasaël celui de Jérusalem. En 44, après l'assassinat de César (15 mars 44), la Syrie tombe sous le pouvoir de Caius Cassius Longinus, ex-partisan de Pompée, un des assassins de César. La situation d’Hyrcan II et Antipater I devient alors délicate lorsque Marc Antoine (83-30), un fidèle de César, doit faire face aux Parthes qui lancent une nouvelle offensive sur la Syrie.
Antipater I et son
fils
Hérode
sont forcés de se ranger du côté de Cassius contre Marc Antoine. Caius Cassius
Longinus s'empresse de demander un tribut de 700 talents à Antipater I répartit
entre les notables du royaume.
Hérode
s'acquitte de son tribut à hauteur de 100 talents. Comme Malichos, chargé de la
région de Gophna, Emmaüs, Lydda et Thamna tarde à verser le tribut, Cassius
commence à marcher sur ce district, mais Antipater I l'arrête en payant 100
talents pour Malichos. La politique pro Romaine d'Antipater I conduit à
accroître son impopularité parmi les dévots Hellénisés non-Juifs. Il va tomber
victime de la jalousie de Malichos qui en 43 l’empoisonne, son fils
Hérode
prend sa place et se rallie au pouvoir Romain.
Antipater I épouse Cypros, une noble
Nabatéenne,
elle lui donne cinq enfants :
Quatre fils :
▪
Phasaël,
Tétrarque de Jérusalem de 41 à 40, qui meurt en 40 av.J.C.
▪
Hérode le Grand, né en 74/73,
Tétrarque de Judée de 41 à 40, Roi de Judée de 40 à 37, Roi d'Israël de 37 à 4 av.J.C.
▪ Joseph qui meurt en 38 av.J.C, assassiné par les Galiléens.
▪ Phéroras, dont une de ses filles (Dont on ignore le nom) épouse son oncle
Hérode le Grand.
Une fille :
▪
Salomé I, née v.60 av.J.C,
qui a trois époux : Joseph, son oncle, avec qui elle a Joseph et Antipater II
qui épousent tous les deux des filles d'Hérode le Grand,
le premier Olympe et le deuxième Cypros. Puis elle épouse
Costobar (ou Costobarus ou Kostobar) le Gouverneur
d'Édom avec qui elle a Bérénice,
qui épouse Aristobule IV
un fils d'Hérode le Grand et de
Mariamne I et enfin Alexas,
dont il n'y a pas d'enfant connu. Elle meurt en 10 ap.J.C.
Hérode le Grand (ou Hérode I, en Hébreu : הורדוס Horodos, en Grec : Hρшδης Hērōdēs) est né en 74/73, il sera Tétrarque de Galilée de 41 à 40, puis devient Roi de Judée de 40 à 37, puis devient Roi d'Israël de 37 à 4 av.J.C. En 48, il reçoit le gouvernement de la Galilée alors qu'il n'a que 25 ans. En 46, Sextus César le nomme stratège de Cœlé-Syrie et de Samarie. À la mort de son père, en 43, il lui succède au poste de Procurateur et Régent de Judée. La même année, Hérode, appuyé par Caius Cassius Longinus, qui l'a nommé intendant de Syrie, venge son père en faisant assassiner Malichos près de Tyr. En 41, Marc Antoine nomme Hérode Tétrarque de Galilée.
En 40, le fils d’Aristobule II, l'Hasmonéen Antigonos II Mattathias (40-37 av.J.C) cherche à reprendre le trône des Juifs en renversant Hyrcan II et il entre en conflit avec Hérode et son frère Phasaël. Il attaque Jérusalem, avec l'aide du Roi Parthe Pacorus I (V.40-38) et il détrône Hyrcan II. Hérode cherche à se mettre en sécurité chez les Nabatéens, mais il est mal reçu par le Roi Malichos II (ou Malchos, 60-30 av.J.C) qui soutenait les Parthes. Il rejoint alors Alexandrie puis Rome où il va plaider sa cause. Marc Antoine et Octave le nomment Roi de Judée en décembre 40. En 39, il débute une campagne contre Antigonos II et reprend pied en Palestine. En 37, il est nommé Roi d'Israël "Roi des Juifs" par le Sénat Romain et il prend le titre de Basileus (en Grec : Βασιλευς). Antigonos II perd l’appui des Parthes qui sont vaincus.
Hérode fait alors au printemps le siège Jérusalem qu'il prend au bout de cinq mois avec l'aide des Romains. Antigonos II se rend à Caius Sosius qui le fait décapiter sur la demande d’Hérode. En 32, il se lance dans la guerre contre les Nabatéens qu'il gagne à peine un an plus tard. En 22, l'Empereur Romain Auguste, lui accorde les régions de Trachonitide (ou Trachonitis, en Hébreu : Argob), de Batanée (ou Batanæa, maintenant Ard el-Bathanyeh) et l'Auranitide (ou Auranitis ou Hauran) au Nord-est de la Judée. En 4 av.J.C Hérode fait exécuter son fils Antipater III.
Il fait d'Hérode Archélaos, le premier fils qu'il a de Malthace, son successeur, recevant la moitié du royaume (Judée, de Samarie et de l'Édom [ou Idumée]) avec le titre d'Ethnarque, tandis tandis qu'Hérode Antipas et Hérode Philippe II, qu'il a d'un cinquième mariage avec Cléopâtre, deviennent Tétrarques juste de Galilée et de Pérée (ou Peræa, Transjordanie) pour le premier, et de la Gaulanitide (ou Gaulanitis ou Golan), la Batanée (ou Batanæa), la Trachonitide (ou Trachonitis) et l'Auranitide (ou Auranitis) pour le second. Puis, au début de l'an 4 av.J.C, il décède. On lui atteste aujourd'hui dix épouses et une dizaine d'enfants. Il est très probable qu'Hérode le Grand avait plus d'enfants, en particulier avec les dernières épouses et aussi qu'il eût plus de filles, cependant comme les naissances des femmes à cette époque n'étaient pas souvent enregistrées, nous avons sûrement des lacunes. (Voir la liste de ses enfants et épouses dans l'article sur : La vie d'Hérode). L'Empereur Auguste ne confirme pas sa volonté, ni ne donne les titres de Roi et de Tétrarque, mais les trois fils déclarent avoir obtenu les territoires.
Hérode Archélaos (ou Archélaüs ou Archélaus ou Archælaus ou Archélas) est Ethnarque de Judée, de Samarie et de l'Édom (ou Idumée) de 4 av.J.C à 6 ap.J.C. Il est le fils d'Hérode le Grand et de Malthace (ou Maltake) et il est né en 23 av.J.C d'autres sources donnent 21). À l'âge de quatorze ans il est envoyé à Rome pour son éducation, et, après un séjour de deux ou trois ans, il rentre à la maison avec ses frères Hérode Antipas et Hérode Philippe I, qui avaient également fréquenté les écoles de la Cité impériale. Son retour est peut-être accéléré par la fin de son père. Archélaos reçoit ces territoires par la dernière volonté de son père, alors que lors d'un précédent testament ils avaient été légués à son frère Hérode Antipas.
Il est proclamé Roi par l'armée, mais il refuse d'assumer le titre jusqu'à ce qu'il ait présenté ses hommages à l'Empereur Auguste (27 av.J.C à 14 ap.J.C), à Rome. Au début les habitants sont heureux de la mort du tyran qu'était Hérode le Grand et ils sont bien disposés envers Archélaos, surtout que lors d'un rassemblement public dans le Temple, le nouveau Roi promet de prendre en considération les souhaits de ses sujets. Il devient cependant très vite évident qu'Archélaos n'a pas l'intention de tenir sa parole.
Une volonté populaire, fomentée par les Pharisiens, exige la révocation du Grand Prêtre Sadducéen Joezer (De la famille de Boêthos, le père de Mariamne II) et la punition des anciens conseillers d'Hérode le Grand, qui avaient entraîné le martyre des Pharisiens Mattathias et Judas. Archélaos, professant toujours un profond respect pour la demande populaire, fait remarquer qu'il ne pouvait pas prendre de telles mesures extrêmes avant qu'il n'est été confirmé par l'Empereur Romain Auguste.
Ses sujets, cependant, n'ont pas confiance en ses assurances et le jour avant la Pâque, un jour où presque toute la Palestine est à Jérusalem, leur demande se fait plus insistante et immédiate. Archélaos est obligé d'envoyer un détachement de soldats contre eux dans le Temple. Cependant lorsque ce détachement se révèle incapables de maîtriser la population furieuse, Archélaos ordonne à l'ensemble à la garnison de mater la révolte. Il réprime ainsi avec la plus grande cruauté cette sédition des Pharisiens, tuant près de 3 000 d'entre eux.
Dès que le tumulte est quelque peu apaisé, Archélaos s'empresse de partir pour Rome afin d'obtenir la confirmation de sa succession par l'Empereur Auguste. Dans la cité il doit s'opposer, ainsi que son frère Hérode Antipas, à une délégation de cinquante personnes, soutenues par environ 8 000 résidents Juifs de Rome, qui craignaient sa cruauté et demandait l'exclusion des Hérodiens quel qu'il soit et voulait l'incorporation de la Judée dans la province Romaine de Syrie. Mais Auguste conclu qu'il était préférable pour les intérêts Romains que la Judée soit une monarchie.
En 4 av.J.C, il alloue officiellement à Archélaos la plus grande partie du royaume de son père, la Samarie, la Judée et l'Édom (ou Idumée) avec le titre d'Ethnarque, à l'exception des grandes villes de la bande de Gaza et de deux ville de la Décapole Gadara et Hippos. Pendant que ces négociations étaient en cours à Rome, de nouvelles émeutes éclatent en Palestine. Leurs dirigeants en sont Ézéchias en Galilée, un voleur nommé Judas, un esclave royal appelé Simon de Pérée, un berger nommé Athronges aidé de ses quatre frères.
Le jour de la Pentecôte de l'an 4 av.J.C, un affrontement a lieu dans l'enceinte du Temple entre les troupes d'Archélaos, dirigées par Sabinus et la population. Sabinus remporte un premier succès en dispersant la population. Mais les troubles gagnent toute la province et ses forces ne suffisent pas à les réprimer. Le Gouverneur Romain de Syrie, Publius Quinctilius Varus, doit intervenir. Il s'agissait d'une opération de grande envergure où ont probablement participé trois des quatre légions Syrienne (III Gallica, VI Ferrata, Fretensis X et XII Fulminata) ainsi que le Roi Nabatéen Arétas IV Philopatris (9 av.J.C-40 ap.J.C). Pour mater la révolte, 2 000 personnes sont crucifiées, mais tous les dirigeants rebelles ne sont pas capturés. Archélaos retourne à Jérusalem, peu après l'insurrection réprimée par Varus. On ait très peu de chose des évènements de son règne qui suivent.
Il épouse Mariamne, puis Glaphyra veuve de son demi frère Alexandre qui entre temps s'était remariée avec le Roi de Maurétanie Juba II. Cependant ce dernier n'étant pas décédé, il y avait donc violation de la Torah. Cet acte ajouté à sa cruauté suscitent de nouveau la colère des Juifs. Une délégation de l'aristocratie Juive et Samaritaine part se plaindre à l'Empereur Auguste. Cette fois l'Empereur retient les charges d'accusations contre Archélaos. Il est immédiatement convoqué à Rome et est déposé en 6 ap.J.C. il est envoyé en exil à Vienne en Gaule où, selon Dion Cassius Cocceianus (Écrivain Romain de langue Grecque, IIe siècle ap.J.C, Hist. Roma, lv. 27), il vécu jusqu'à sa mort en 18 ap.J.C. Après une sanglante révolte dirigée par Judas le Galiléen, la Samarie, la Judée et l'Édom (ou Idumée) deviennent alors la province Romaine de Iudæa. Il n'y a pas d'enfant connu de ses unions.
Dans la Bible, Archélaos est mentionné dans l'Evangile de Matthieu. Selon Matthieu (2:13-23), Joseph, Marie et Jésus ont fui vers l'Égypte pour éviter le massacre des Innocents. Quand Hérode le Grand est mort, Joseph a été informé par un ange dans un rêve de retourner en Israël (sans doute à Bethléem). Toutefois, après avoir entendu que c'était Archélaos qui avait succédé à son père en tant que dirigeant de la Judée, il "eut peur de revenir" (Matthieu 2:22) et un nouveau rêve lui aurait conseillé d'aller en Galilée. Selon les explications de Matthieu ce sont pour ces raisons que Jésus, né à Bethléem en Judée, a grandi à Nazareth.
Plusieurs de pièces de monnaie d'Archélaos montrent une grappe de raisin. Ce fut l'image la plus commune sur les pièces Juives, afin de rappeler à l'utilisateur de la pièce la fabuleuse fécondité du pays. Sur l'inverse certaines pièces montrent la proue d'un navire et une couronne de laurier. Dans la liste de faits de son règne désastreux il existe peu de chose à mettre à son actif, si ce n'est peut-être le fait qu'il a hérité de son père, un certain amour de la splendeur et le goût de la construction. Il a restauré le palais royal à Jéricho dans un style magnifique. Il a également fondé une ville, qu'il a appelée en son propre honneur Archelaïs.
Hérode Antipas (ou Antipatros) est Tétrarque de Galilée et de la Pérée (Région située au Nord-est de la Mer Morte, à l'Est du Jourdain) de 4 av.J.C à 39 ap.J.C. Il est le fils d’Hérode le Grand et de Malthace (ou Maltake). Sa date de naissance est inconnue, mais avant le 20 av.J.C. Il sera le premier à régner sur la Pérée avec le titre de tétrarque. Il est surtout connu aujourd'hui pour son rôle dans les événements qui ont conduit à l'exécution de Jean Baptiste, qu'il fît décapiter, et Jésus de Nazareth, à la fois sur les comptes de ces événements dans le Nouveau Testament et de leur représentation dans les médias modernes comme le cinéma. Après avoir hérité de son territoire lorsque le royaume de son père Hérode le Grand est divisé à sa mort en 4 av.J.C, Antipas et son frère Hérode Archélaos s'empresse de partir pour Rome afin d'obtenir la confirmation de la succession par l'Empereur Auguste (27 av.J.C à 14 ap.J.C). Antipas va régner comme un client de l'Empire Romain. Alors que son frère Hérode Archélaos est jugé incompétent par Auguste et remplacé par un Préfet en l'an 6 ap.J.C, Antipas, lui, garde le pouvoir sur la Galilée et Pérée pendant 42 ans.
Ces deux territoires sont par contre séparés par la région de la Décapole, sous contrôle Romain (voir carte ci-dessus). Les menaces à la stabilité dans ces deux domaines, sont importantes lorsqu'Antipas prend ses fonctions. Pendant que ses négociations étaient en cours à Rome, avec Auguste, des émeutes de dissidents éclatent dirigée par un nommé Ézéchias. Ce dernier attaque le palais de Galilée, se saisi de l'argent et des armes avec lesquelles il terrorise la région. Lorsque le Gouverneur Romain de Syrie, Publius Quinctilius Varus va intervenir pour mater ces révoltes, surtout sur les territoires de son frère Hérode Archélaos, une partie de la Galilée va être détruite par le feu et ses habitants vendus comme esclaves. La Pérée, quand à elle, sera limité par le royaume Nabatéen, qui a longtemps eu des relations difficiles avec les Romains et les Juifs. Hérode Antipas est responsable de beaucoup de projets de construction, notamment, il reconstruit et fortifie en ajoutant un mur, la ville de Betharamphtha en Pérée. Cette dernière ville est rebaptisée plus tard, Livias d'après le nom de l'épouse d'Auguste.
Toutefois, la construction la plus importante d'Hérode Antipas à noter est celle de sa capitale, Tibériade, sur la rive occidentale de la mer de Galilée. Nommée ainsi en l'honneur de son protecteur, l'Empereur Romain Tibère (14-37 ap.J.C), la ville devint un centre de formation rabbinique. Les résidents pouvaient se baigner à proximité grâce aux sources chaudes de la ville d'Emmaüs. Au moment de la Première guerre Judéo-romaine, la ville en plus de ses propres bâtiments comprenaient un stade, un palais royal, un sanctuaire pour la prière. Cependant, les Juifs pieux ont d'abord refusé d'y vivre parce qu'elle était construite au sommet d'un cimetière et, par conséquent, une source d'impureté rituelle, Antipas va la coloniser à l'aide d'un mélange : D'étrangers, d'émigrants forcés, de pauvres et d'esclaves libérés.
Antipas, divorcé de sa première épouse, Phasaelis, la fille du Roi Nabatéen Arétas IV Philopatris (9 av.J.C-40 ap.J.C), épouse Hérodiade (ou Hérodias) la fille d'Aristobule IV, qui avait auparavant été mariée à son frère Hérode Philippe I. Selon les Evangiles, le Nouveau Testament, c'est la condamnation de ce mariage par Jean Baptiste, qui a conduit Antipas à le faire arrêter et ensuite mettre à mort. Il apparaît une deuxième fois dans les Évangiles, notamment l'Évangile de Luc qui dit que Jésus a été conduit devant Ponce Pilate pour son procès mais que ce dernier le renvoya à Hérode Antipas parce qu'il était Galiléen (Lc 23,8). La base juridique de ces événements et l'implication d'Antipas dans le procès, ont fait l'objet de débats académiques. Dans les Évangiles Antipas est toujours désigné par le seul nom d'Hérode et est qualifié par Jésus de renard (Lc 13,32). C'est le seul Hérode que Jésus rencontra.
En plus de provoquer un conflit avec Jean Baptiste, le divorce d'Hérode Antipas a ajouté un grief personnel aux différents avec le Roi Arétas IV Philopatris sur leur territoire et la frontière entre la Pérée et le royaume Nabatéen. Le résultat est une guerre qui s'avère désastreuse pour Antipas, une contre-offensive Romaine est ordonné par l'Empereur Tibère, mais abandonnée à sa mort en 37 ap.J.C. En 39, Hérode Antipas est accusé par son neveu Hérode Agrippa I de complot contre le nouvel Empereur Romain Caligula (37-41). Celui-ci l'envoie en exil dans le Sud de la Gaule à Saint-Bertrand de Comminges, accompagné par Hérodiade et, où leur fille Salomé meurt, d'après une légende, noyée dans un lac gelé. Hérode Antipas y décède à une date inconnue.
L'affaire avec Jean Baptiste
Au début de son règne, Antipas avait épousé la fille du Roi Nabatéen Arétas IV Philopatris (9 av.J.C-40 ap.J.C). Cependant, tout en restant à Rome avec son demi-frère Hérode Philippe I, il est tombé amoureux de l'épouse de celui-ci, Hérodiade (ou Hérodias) la fille de son autre demi-frère Aristobule IV. Hérode Antipas et Hérodiade décide de divorcer de leur conjoint respectif, afin de se marier ensemble. Lorsqu'il apprend le projet des deux amants, le Roi Arétas IV est furieux. Les relations entre Antipas et Arétas IV se dégradent et le Nabatéen commence les préparatifs pour la guerre.
Antipas est confronté à des problèmes plus immédiats qui menace sa propre Tétrarchie lorsque Jean Baptiste, en 28/29 selon l'Évangile de Luc, créé un ministère de la prédication et du baptême par le fleuve Jourdain a l'extrémité occidentale de la Pérée. Dans le Christianisme, c'est le Prophète qui a annoncé la venue de Jésus-Christ et qui l'a baptisé sur les bords du Jourdain, après l'avoir désigné comme "l'agneau de Dieu" et lui avoir donné ses propres disciples. Quelque temps après, la colère d'Hérode Antipas s'abat sur Jean Baptiste, qui lui reproche son mariage avec Hérodiade comme étant contraire à la loi Juive.
Selon Marc (VI:14-29), Hérode Antipas, excédé, fait arrêter Jean et l'emprisonne. Hérodiade veut faire assassiner Jean Baptiste mais Hérode Antipas le protège, car il le reconnaissait comme un homme juste et sain. Cependant lors de la fête donnée pour son anniversaire, Salomé, la fille d'Hérodiade, danse devant Antipas et tous ses convives et elle est tellement magnifique que tout le monde est subjugué. Antipas lui dit : "Demande-moi ce que tu voudras… ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume". Salomé demande alors pour sa mère la tête de Jean Baptiste présentée sur un plateau. Antipas est fort attristé, mais il envoie cependant un garde décapiter Jean baptiste dans sa prison, placer sa tête sur un plateau et la présenter à Salomé, qui l'offrit à sa mère Hérodiade. Cette tête serait celle arrivée miraculeusement et conservée à Saint-Jean-d'Angély, dans la province de la Saintonge, aujourd'hui en Charente-Maritime. Une relique rapportée en 1206 de la 4e croisade, est présentée à la cathédrale Notre-Dame d'Amiens comme le crâne de saint Jean Baptiste, que la grande mosquée des Omeyyades de Damas prétend également abriter.
Hérode Philippe II est Tétrarque des districts de : Gaulanitide (ou Gaulanitis ou Golan), de Batanée (ou Batanaea, maintenant Ard el-Bathanyeh), de Trachonitide (ou Trachonitis, en Hébreu : Argob) et d'Auranitide (ou Hauran) de 4 av.J.C à 34 ap.J.C. Il est le fils d'Hérode le Grand et de Cléopâtre de Jérusalem. La capitale de ces territoires est appelée dans les Évangiles Césarée de Philippe (ou Panias), aujourd'hui Baniyas, dans le Golan au pied du mont Hermon, pour ne pas la confondre avec Césarée. Hérode Philippe II est brièvement mentionnée dans la Bible par Luc (3,1) : "Dans la quinzième année du règne de l'Empereur Tibère, Ponce Pilate lorsqu'il était le gouverneur de la Judée, Hérode et a été gouverneur de la Galilée, et son frère Philippe dirigeant de la région de Iturée et (...) Trachonitide".
Hérode Philippe II laisse l'image d'une personne modérée et calme dans la conduite de sa vie et de son gouvernement. Il a constamment vécu sur son territoire qui lui était soumis. Comme ses demi-frères, Philippe II honore les Romains en créant des villes dédié à la famille impériale. Par exemple le port de pêche de Bethsaïda sur la rive Nord du lac Génésareth est agrandi sous son règne et rebaptisé Julias en l'honneur de l'épouse de l'Empereur Auguste (Livia, qui se disait Julia Augusta). Il est le premier époux de sa petite nièce Salomé, la fille de son demi-frère Hérode Philippe I et Hérodiade. Il n'y a pas d'enfant connu de cette union. Il meurt à Julias où il est enterré avec faste dans le monument qu'il avait érigé pour lui-même. Du fait qu'il n'a pas d'héritier, l'Empereur Romain Tibère (14-37 ap.J.C) incorpora son territoire à la province Romaine de Syrie.
Hérode Agrippa I sera Roi d'Israël, Roi de Batanée et Roi d'Abilene de 37 à 44 ap.J.C. Il est né en 10 av.J.C et il est le fils de Bérénice et Aristobule IV. Son nom original était Julius Marcus Agrippa et il est nommé "Roi Hérode" dans les Actes des Apôtres et dans la Bible, "Hérode (Agrippa)" ('Hρώδης 'Aγρίππας). Selon Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattatias, historien Juif, 37-v.100), il est connu en son temps sous le nom "d'Agrippa le Grand". Il nous dit également qu'après l'assassinat de son père, le jeune Agrippa est envoyé par son grand-père Hérode le Grand à la cour impériale de Rome où il y est élevé. L'Empereur Tibère (14-37 ap.J.C) a une grande affection pour lui et il lui fait donner l'instruction aux côtés du fils de Drusus (frère de Tibère), le futur Empereur Claude, du même âge que lui, qui devient l'ami d'Agrippa I. À la mort de Drussus, Agrippa I, qui avait été extravagant et très dépensier était profondément endetté et il est obligé de quitter Rome, fuyant à la forteresse de Malatha en Idumée. Il est dit, qu'à cette époque il envisagea le suicide.
Après un bref isolement, par l'intermédiaire de son épouse Cypros et de sa sœur Hérodiade (ou Hérodias), Agrippa I reçoit une somme d'argent par son oncle et beau-frère Hérode Antipas et il est autorisé à résider à Tibériade où il reçoit le grade d'aedile de la ville (Responsable de la maintenance des bâtiments publics, de la réglementation des festivals et de l'ordre public), avec un petit revenu annuel. Cependant il se querelle avec son beau-frère et il fuit auprès du Proconsul de Syrie Flaccus. Peu après, il est condamné, par le biais d'une accusation de son frère Aristobule le Jeune, pour avoir reçu un pot-de-vin de la région de Damas, qui souhaite acheter son influence auprès du Proconsul et il est de nouveau obligé de fuir. Il est arrêté, alors qu'il était sur le point de s'embarquer pour l'Italie, pour une somme d'argent qu'il devait à la trésorerie de César.
Cependant il s'évade et rejoint Alexandrie où sa femme réussit à se procurer une somme d'argent du Alabarque Alexandre (Titre d'un fonctionnaire qui était à la tête de la population Juive à Alexandrie). Avec il se procure un bateau et rejoint Putéoles (ou Pouzzoles) dans la province de Naples en Italie. Il est accueilli favorablement par l'Empereur Tibère, qui lui confie l'éducation de son petit-fils Tibère Gemellus. Là il se lie d'amitié avec Caligula (37-41) et devient son favori. Puis, Agrippa I est dénoncé pour avoir un jour exprimé le souhait de la mort de Tibère et de la promotion de Caligula, par cette accusation il est jeté une nouvelle fois en prison. Après la mort de Tibère et l'ascension de son ami Caligula, Agrippa I est libéré. L'Empereur le fait Roi de Gaulanitide (ou Gaulanitis ou Golan), de Batanée (ou Batanæa, maintenant Ard el-Bathanyeh), de Trachonitide (ou Trachonitis, en Hébreu : Argob) et d'Auranitide (ou Hauran), les anciens territoires d'Hérode Philippe II, qui étaient devenus possession Romaine.
Caligula lui offre en plus une chaîne en or d'un poids égal à la chaîne de fer qu'il avait porté en prison. En 39 ap.J.C, Agrippa I retourne à Rome et appui l'expulsion de son oncle, Hérode Antipas, dont il récupère la Galilée et la Pérée. Après l'assassinat de Caligula en 41, Agrippa I, obtient l'adhésion du Nouvel Empereur Claude (41-54), à qui il offre son soutien auprès du Sénat. En récompense pour son aide, Claude ajoute au territoire d'Agrippa I la Judée et la Samarie, alors que le royaume de Chalcis, au Liban, est donné à sa demande à son frère Hérode III (41-48). Ainsi Agrippa I devient l'un des plus puissants Princes de l'Est, le territoire qu'il possède dépasse alors celui sur lequel régnait son Grand-père Hérode le Grand.
Il a comme ses frères ou père une activité de bâtisseur importante, dans la ville de Berytos (ou Béryte ou Beyrouth) il fait construire : Le théâtre et l'amphithéâtre, des bains et des portiques. Il a exprimé une même magnanimité pour Sébaste, Héliopolis et Césarée de Philippe (ou Panias). Il commence les fortifications pour encercler Jérusalem. Son amitié est courtisée par un grand nombre de Rois et de Princes voisins, dont certains qu'il héberge à Tibériade, ce qui cause un certains déplaisir à l'Empereur Claude.
Son enthousiasme, privé et public, pour le Judaïsme est enregistrée par Flavius Josèphe et les rabbins. Peut-être à cause de cela, il intervint auprès de Caligula, au nom des Juifs, alors que l'Empereur tentait de mettre en place sa statue dans le temple à Jérusalem, peu avant sa mort en 41. Selon les Actes des Apôtres 12 du Nouveau Testament, il persécuta l'Église naissante (Ac 12 1) pour plaire aux responsables Juifs. Il fit emprisonner Pierre et décapiter Jacques, frère de Jean. Hérode Agrippa I meurt à Césarée au cours de l'été 44, semble t-il suite à de graves douleurs dans la poitrine, peut-être d'une crise cardiaque. Selon Flavius Josèphe, à la mort d’Hérode Agrippa I, les troupes Romaines de Césarée Maritima entrent de force dans sa maison, violent ses filles et célèbrent sa mort publiquement par des fêtes et des libations.
Hérode Agrippa I épouse sa cousine Cypros la fille de Phasaël et Salampsio. Elle lui donne quatre enfants :
▪ Hérode Agrippa II né en 27 ou 28 ap.J.C à Rome, qui lui succède. ▪ Bérénice, née en 28 ap.J.C. Elle est mariée très jeune à Marcus Alexandre, neveu du philosophe Philon d'Alexandrie et frère de Tibère Alexandre, puis à la mort de son époux elle est remariée à 20 ans à son oncle le Roi de Chalcis Hérode III (41-48), puis à la mort de celui-ci elle épouse le Roi de Cilicie Polémon, qu'elle abandonne pour revenir à Jérusalem auprès de son frère Hérode Agrippa II. ▪ Mariamne, née en 34 ap.J.C. Elle épouse Archélaos Gaius Julius Antiochos Épiphane, le premier fils du Roi de Commagène Antiochos IV (38-72) dont elle avait été fiancée en 43. ▪ Drusilla, née en 38 ap.J.C. Elle épouse le Roi d’Émèse Aziz et sera la deuxième épouse du Procurateur Romain Antonius Felix. Elle a deux enfants du second mariage : Un fils, Marcus Antonius Agrippa et une fille Antonia Clémentiana. Leur fils meurt avec sa mère, lors de l'éruption du mont Vésuve, en 79. |
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Hérode Agrippa II (ou Julius Marcus Agrippa) est Roi des Juifs de Judée de 54 à 92 ap.J.C, il est né en 27 ou 28 ap.J.C à Rome. Agrippa II est instruit à la cour de l'Empereur Claude (41-54) et au moment de la mort de son père, en 44, il n'a que dix-sept ans. L'Empereur le garde donc à Rome et envoie Cuspius Fadus comme Procurateur du royaume, qui devient, de ce fait, à nouveau une province Romaine. En 52, des pèlerins qui venaient de Galilée sont assassinés dans un village de Samarie. Le Procurateur de la province Idumée Ventidius Cumanus ne punit pas les meurtriers, une bande de Zélotes (ou Sicaires) se met alors à massacrer plusieurs villages Samaritains pour se venger. Ils sont arrêtés et exécutés par les troupes de Ventidius Cumanus. L’affaire est portée devant le Légat Quadratus qui envoie des délégués à Rome. À Rome, Agrippa II exprime son soutien pour les Juifs dans leur querelle avec les Samaritains et Ventidius Cumanus, qu'il pense être à l'origine de certains troubles dans cette région. Les Juifs obtiennent gain de cause, Ventidius Cumanus est exilé. À la mort de son oncle, Hérode III de Chalcis, en 48, Agrippa II récupère sa petite principauté qui avait été laissé vacante, avec le droit de surveillance du Temple et la nomination du Grand Prêtre. En 53, il est privé de ce royaume par l'Empereur Claude, qui fait de lui le Tétrarque de Gaulanitide (ou Gaulanitis ou Golan), de Batanée (ou Batanæa), de Trachonitide (ou Trachonitis ou Argob) et d'Auranitide (ou Hauran), les anciennes tétrarchies d'Hérode Philippe II et de Zénodore. Il marie sa sœur Mariamne à Archélaos Gaius Julius Antiochos Épiphane, premier fils du Roi de Commagène Antiochos IV (38-72) et son autre sœur Drusilla au Roi d’Émèse Aziz. En 55, l'Empereur Néron (54-68) lui cède les villes de : Tibériade et Taricheæ en Galilée, Julias, près de quatorze villages en Pérée et la rive Ouest de la mer de Galilée, territoire qui avait appartenu au domaine de son père et un autre grand-oncle Hérode Antipas. Hérode Agrippa II prend sa résidence Jérusalem et Césarée Maritima.
Il dépense des sommes importantes dans l'embellissement de Jérusalem, il agrandit le palais royal et rénove le temple, et dans d'autres villes, notamment Berytos (ou Beyrouth). Il refonde la ville de Césarée de Philippe (ou Panias) renommée d'après l'Empereur Néron, Néronia. En 63, le temple est achevé, ce qui cause une certaine agitation parmi les artisans maintenant au chômage. Ce n'est pas la seule perturbation. La très forte imposition a appauvri la classe ouvrière de Judée et, de plus, il y a une pénurie alimentaire. En 65, la situation atteint son paroxysme, lorsqu'Agrippa II est à Alexandrie. Des gens sont tués dans une émeute contre l'impôt du Gouverneur Romain Florus Gessius, celui-ci fait crucifier certains agitateurs. Agrippa II et sa sœur Bérénice sont témoins des atrocités, mais sont incapable d'intervenir. Agrippa II retourne a Jérusalem prononcer un discours pour dissuader la population d'arrêter la révolte.
Cependant ses faveurs pour l'Empereur Romain, sa tyrannie et la manière arbitraire dont il nomme et destitue les Grands Prêtres avaient provoqué en vers lui l'aversion de ses sujets. De plus il les scandalisait par ses relations avec sa sœur Bérénice, Reine de Chalcis. Quand éclatèrent vraiment, en 66, les grandes émeutes des Juifs, Agrippa II et Bérénice s'emploient à apaiser les esprits. Ils tentent en vain de dissuader le peuple de se rebeller et de tolérer le comportement du Procurateur Romain Florus Gessius, mais la même année les Juifs expulsent Agrippa II et Bérénice de la ville. Toujours en 66, les révoltés égorgent la garnison Romaine de Massada et ravagent les environs. En 67, les Romains organisent une répression et l'Empereur Romain Néron envoie Vespasien (Empereur Romain, 69-79) et son fils Titus (Empereur Romain, 79-81) combattre la révolte.
Au cours de cette Première guerre Judéo-romaine de 66-73, Hérode Agrippa II envoie 2000 hommes, des archers et de la cavalerie, afin de soutenir Vespasien. Les Romains établissent leur quartier général dans le palais d'Hérode Agrippa II, à Césarée de Philippe où Bérénice séduit Titus. Or en juin 68, l'Empereur Néron est "suicidé". Pendant les règnes éphémères des trois Empereurs suivants, Galba (68-69), Othon (Janvier-Avril 69) et Vitellius (Avril-Décembre 69), Bérénice manigance.
Le 1 juillet 69, le préfet d'Égypte Tibère Alexandre, son ex beau-frère, fait jurer fidélité à Vespasien par ses légions. Tandis que Vespasien attendait à Alexandrie, le gouverneur de Syrie Mucien marche sur Rome et fait proclamer Vespasien Empereur le 20 décembre 69. Vespasien retourne alors à Rome et laisse Titus à la tête de ses légions. Hérode Agrippa II accompagne Titus sur certaines campagnes, il est même blessé lors du siège de Gamala. Cette grande révolte de 66-70 ap.J.C qui va marquer l'histoire de la Judée a débuté à Césarée Maritima lorsque les communautés Juives et Syriennes ont déclenché le combat en réaction à une cérémonie païenne célébrée pendant Shabbat près de l’entrée d’une synagogue. Les Romains ont ignoré les protestations des Juifs contre cette provocation et la violence s’est répandue rapidement dans tout le pays. Cestus Gallus, gouverneur de Syrie, qui avait fait marche contre les insurgés sera battu à l'entrée de Jérusalem pendant la fête de Soukot, mais la Judée ne gardera pas son indépendance très longtemps.
Le 29 août 70, Titus assiège Jérusalem qu'il va prendre. Agrippa II doit assister à la destruction du Temple qu'il avait lui-même rénové, qui est livré aux flammes. Un groupe d’insurgés s’échappe du Temple et rejoint la ville haute de Jérusalem qu’ils tiennent quelques jours encore. Titus parvient à ouvrir une brèche dans les murailles extérieures de Jérusalem et prend la ville. Puis les survivants se dispersent dans la région de la mer Morte. Selon Flavius Josèphe, la guerre a fait 1 100 000 morts et 97 000 prisonniers chez les Juifs. La Judée perd alors tout statut d’autonomie et devient une province Romaine. La révolte se déplace et éclate en Cyrénaïque (Libye), sous la conduite de Jonathan le Tysserand. Mais elle est rapidement matée par le gouverneur Romain et ses chefs sont assassinés. Dans le même temps, de nombreux Juifs riches de la région sont également assassinés et leur biens pillés.
En 75, Agrippa II et Bérénice rejoignent Titus à Rome où Agrippa II est présent lorsque Vespasien inaugure le Forum de la paix (Un jardin public dans le centre de Rome). Agrippa II est investi de la dignité de Préteur et est récompensé de sa fidélité à Rome avec de nouveaux territoires. En 75, Titus promet d'épouser Bérénice. Le scandale est immense et Titus doit se résigner. En 78, il renvoie Bérénice, "malgré lui, malgré elle", écrit Suétone (Polygraphe et un érudit Romain, v.69-v.130).
En 79, il succède à son père, mais meurt après deux ans de règne, en septembre 81, sans avoir voulu revoir sa maîtresse. En 92, Hérode Agrippa II est déposé par les Romains. La date exacte de la mort d'Hérode Agrippa II est incertaine. Selon Photios Ier de Constantinople (ou Photius ou Saint Photios, Patriarche érudit de Constantinople, v.810-v.893) Agrippa II est décédé, sans enfant, à l'âge de soixante-dix ans, dans la troisième année du règne de Trajan (98-117) soit en 100. Toutefois selon les déclarations de Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattatias, historien Juif, 37-v.100), plus l'épigraphie contemporaine de son royaume à cette date amènent de sérieux doutes sur la date de 100. Les savants modernes arrivent à un presque consensus et estiment qu'il serait mort avant 93/94. Il était le dernier Prince de la maison des Hérode. Selon certaines sources il eut une fille du nom de Bérénice qui épousa le Roi du Pont Julius Polémon II (37-64).
Selon les Actes des Apôtres (Ac 25 13 ; Ac 26 32), en 59, il assista avec sa sœur Bérénice à l'interrogatoire de Saint Paul par le procurateur Festus à Césarée Maritima (ou Caesarea Maritima) où il aurait plaidé sa cause. Hérode Agrippa II était intime avec l'historien Flavius Josèphe et il lui a fourni des informations pour son histoire, "Les Antiquités judaïques" (93), récit de vingt livres, inspiré par les Antiquités Romaines de Denys d'Halicarnasse, adaptant l'histoire du peuple Juif à la mentalité Romaine. Flavius Josèphe a conservé deux des lettres qu'il avait reçu du souverain.
La Judée après les Hérodiens
Après la
mort d'Hérode Agrippa II la Judée redevient sous contrôle Romain direct. Deux
grandes révoltes vont encore avoir lieu, appelées guerres Judéo-romaine et marquer l'histoire de cette région. La
première est de 115 à 117, dite révolte de Kitos
(En Hébreu
מרד הגלויות Mered
ha'galuyot ou Mered ha'tfutzot מרד התפוצות,
"La Rébellion de l'exil"). Le nom vient du général Romain Mauritanien Lusius
Quietus qui est envoyé en Judée pour mater la révolte en tant que Procurateur
par l'Empereur Trajan (98-117), un poste qu'il a occupé jusqu'à ce qu'il soit
rappelé à Rome et exécuté par l'Empereur Hadrien (117-138), car il pouvait être
un rival potentiel.
La seconde grande révolte de 132 à 135 sera encore plus violente. Elle est dirigée par Shimon Bar-Kokheba (ou Simon bar Kokhba ou bar Kochba ou Bar-Kokhva, en Hébreu : בר כוכבא), après la décision de l’Empereur Hadrien (117-138) de faire de Jérusalem une colonie Romaine et de faire construire un temple dédié à Jupiter sur l'emplacement du Temple de Jérusalem (détruit en 70 par Titus). Shimon mena cet ultime soulèvement contre les Romains et parvint à rétablir l'indépendance de ce qui était la Provincia Iudaea. Il la dirigea comme Nassi (Prince ou Président), jusqu'à sa perte, après près de trois ans de guerre acharnée. En 135, après la chute de Bar-Kokheba la révolte, qui fit subir de lourdes pertes aux armées Romaines, aura fait cinq cent mille morts, désormais les Juifs qui avaient échappé à la servitude n’eurent plus d’autre issue qu’un nouvel exil, certains émigrèrent en Babylonie, d’autres rejoignirent les communautés de la Diaspora dans le bassin méditerranéen, dix mille Juifs restèrent en Galilée.
À la suite de cette dernière révolte, Hadrien changea le nom de la province en "Syrie Palestine", Syria Palæstina avec Césarée Maritima comme capitale, un statut qui s’est maintenu jusqu'à ce que l’Empire Romain se Christianise sous l’Empereur Constantin en 325 ap.J.C. Jérusalem fut rebaptisée en Ælia Capitolina, pour humilier les Juifs. Selon l'historien Chrétien Eusèbe, Hadrien interdit aux Juifs d'habiter la polis (ou colonia) d'Ælia Capitolina, bien que les Juifs aient continué d'habiter les autres parties du pays, sous son nouveau nom de Syrie Palestine. Le frère dominicain et historien, feu Félix Abel, de l'École Biblique à Jérusalem, fait autorité sur cette période de l'histoire du pays, ainsi que l'historien Israélien Michael Avi-Yonah. Plus tard de 400 à 638, la région devient une province de l'Empire Byzantin.
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Pour
d'autres détails sur les Rois voir les ouvrages de :
Emanuel Bin-Gorion :
- Das haus des Herodes; Herodes und Mariamne, Herodes und die söhne der Mariamne, Herodes une Antipater,
Schocken Verlag, Berlin, 1936.
Jean-Sylvain Caillou :
- Les tombeaux royaux de Judée : dans l'antiquité : de David à Hérode Agrippa II, Geuthner, Paris, 2008.
Peter Connolly :
- Au temps des Hébreux de : 40 av. J.-C.. à 70 ap. J.-C.., Hachette, Paris, 1984.
Harold W.Hoehner :
- Herod Antipas, University Press, Cambridge, 1972.
Morten Hørning Jensen :
- Herod Antipas in Galilee : the literary and archaeological sources on the reign
of Herod Antipas and its socio-economic impact on Galilee, Mohr Siebeck, Tübingen, 2006.
Charles Peter Mason :
- Agrippa, Herodes I, Herodes II, Smith, William, Dictionary of Greek and Roman
Biography and Mythology 1, pp. 77-78, Little, Brown and Company, 1867.
Alain Renaud :
- L'impérialisme romain en Judée : De la paix d'Apamée la conquête de Jérusalem par Pompée,
Paris, 1992.
C-G Schwentzel :
- La propagande d'Hérode Archélaos, Revue biblique 115, N° 2, Librairie V. Lecoffre, Paris, 2008.
Daniel R.Schwartz :
- Agrippa I : The last king of Judaea, J.C.B. Mohr, Tübingen, 1990.
Claude Tassin :
- Des fils d'Hérode à la deuxième guerre juive, Éditions du Cerf, Paris, 2008.
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Pour plus de détails voir aussi : les Hébreux - Royaumes d'Israël, de Juda - les Hasmonéens - Jérusalem - Samarie - Sichem |
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