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Étymologie
Byblos est le nom donné par les Grecs (Βύβλος Byblos ou Biblos) à l'ancienne ville de Gebal. Ils la nomment ainsi parce que c'est grâce au port de Gebal que les papyri Égyptiens, qu'ils appelaient bublos Bύβλος, étaient importés en Grèce. La cité porte bien d'autres noms : Pour les Égyptiens elle est : Kpn Képen ou Kében ou Kupna ; Pour les Assyriens, dans les textes cunéiformes c'est : Goubla ou Gubla ; En Hébreu, dans l'Ancien Testament c'est : Gebal ou plutôt גְבַל Gubla ; Aujourd'hui pour les arabes c'est : جبيل Jbeil ou Jubail ou Gubayl ou Joubayl. Ce mot ''Jbeil'' veut dire "montagne", mais le nom de la ville pourrait aussi signifier "puits de Dieu". Enfin les Européens lui donnèrent le nom de Gibelet (ou Giblet) pendant les Croisades. Dans l'Ancien Testament on la trouve citée dans le Livre des Rois (5:32), se référant à la nationalité des bâtisseurs du Temple de Salomon (970-931) et dans Ezéchiel (27:9), se référant à la richesse de Tyr.
Localisation, civilisation
Byblos est une ancienne cité de Phénicie. Elle se situe aujourd'hui sur le site de la ville moderne de Jbeil, qui est donc un nom descendant directement des Cananéens, dans le gouvernorat du Mont-Liban (Actuelle Liban), sur la côte Méditerranéenne, à environ 40 kilomètres au Nord de Beyrouth. Dès le IVe millénaire Byblos est un centre commercial actif, trafiquant surtout avec l’Égypte avec laquelle elle exporte du bois du Liban et importe des papyri. Ce rapprochement avec l’Égypte a un effet durable sur l’art et la culture de Byblos. Elle fait aussi commerce de textile et de vêtement avec la Mésopotamie, notamment avec la ville de Mari et également avec les Minoens de Crête.
La ville va développer rapidement son commerce grâce notamment à l'utilisation de l'écriture. Des preuves archéologiques de Byblos, qui remontent à environ 1200 av.J.C, montrent l'existence d'une écriture alphabétique Phénicienne de vingt-deux caractères. Un exemple important de cette écriture (Et le plus ancien trouvé à ce jours) se trouve sur le sarcophage du Roi Ahiram. L'utilisation de l'alphabet s'est propagé par les Phéniciens par l'intermédiaire de leur commerce maritime dans les parties de l'Afrique du Nord et en Europe. Les souverains Amorrites de Byblos se firent enterrer dans des tombeaux avec des objets Égyptiens (Tombeau d’Ahiram).
Religion
Byblos fut le principal centre de culte d'Adonis, un mortel, amant d'Aphrodite. Il est associé à la rose et au myrte. Il était le fils de Cinyras, Roi de Chypre, et de la fille de ce dernier, Myrrha. Il jaillit de sa mère transformée en arbre à myrrhe en punition de son inceste. Un jour Adonis, aimant chasser, parcourant la forêt, affronta un sanglier. L'animal blessé le chargea et le jeune Adonis s'effondra, blessé mortellement à la jambe. Une goutte de son sang tomba par terre, alors Aphrodite versa une larme sur la goutte de sang qui donna naissance à l'anémone. Cette scène est sensé s'être déroulée près de Byblos. C'est pourquoi on y célébrait une fête grandiose tous les ans commémorant cette résurrection. Les festivités duraient deux jours. Le premier était consacré au deuil et le deuxième à la joie. Seules les femmes prenaient part à la cérémonie. Adonis était appelé Thammouz en Syrie et en Phénicie.
Du fait de son importante et très longue relation avec l’Égypte, Byblos s'imprégna des traditions relieuses de cette dernière et devint un centre religieux important où l‘on pratiquait le culte d’Osiris. À l'inverse, la ville donnait une part importante au culte de Resheph (ou Rashshaf ou Rasap ou Reshef), un Dieu Cananéen de la peste et de la guerre, associé à la foudre et donc aussi interprétée comme une divinité météorologiques. Il y possédait un grand temple qui sera détruit à l'époque du Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323). Resheph devint populaire en Égypte sous le règne du Roi Amenhotep II (ou Aménophis II, 1428/27-1401, XVIIIe dynastie), où il servit en tant que Dieu de chevaux et des chars. Adoptée initialement dans le culte royal, Resheph devint une divinité populaire à la période Ramesside.
L'histoire.......
Byblos aurait été occupée au cours de la période néolithique, vers 5000 av.J.C. Les traces les plus anciennes d'une occupation humaine sur le site sont celles d'un village de pêcheurs. De cette époque on trouve les restes de certains bâtiments sur le site. Selon l'écrivain Philon de Byblos (ou Philo ou Herennius, 64-141), citant Sanchuniathon, la ville avait la réputation d'être la plus ancienne cité du monde habité, idée aujourd'hui encore soutenue par de nombreux spécialistes. Elle aurait été fondée par Cronus, comme la première ville en Phénicie. Elle serait également le lieu où le Dieu Égyptien Thot aurait inventé l'écriture. Cependant, à aujourd'hui, il n'y a pas de preuve concrète qu'elle soit vraiment la plus ancienne ville du monde. Lors du IIIe millénaire la cité-État de Byblos est colonisée par les Phéniciens et devient un centre religieux important. Les premiers signes d'une ville peuvent être observés, avec les restes de constructions de maisons de taille unique. Son temple de Ba'alat Gebal devient célèbre dans le monde antique.
C'est la période où cette civilisation n n n n Phénicienne va commencer à se développer. Byblos, à partir de cette époque devient de plus en plus importante et riche et semble avoir été une alliée des Égyptiens pendant de nombreux siècle. Jusqu’au IIe millénaire elle demeure la première ville de Phénicie grâce à un port actif qui exporte les bois du Liban vers l'Égypte et importe des papyri Égyptiens pour les revendre à travers toute la Méditerranée. En 2150, les Amorrites envahissent la ville et mettent un terme provisoire à sa prospérité. Le premier souverain dont on ait connaissance est Ibdadi (v.2050), il apparaît dans les textes cunéiformes de Drehem, cité de la banlieue de Nippur. Il y est décrit comme le "Ensi" de Goubla (Byblos), c'est un terme Sumérien (lu jadis pa-te-si), auquel on attribue le sens de "chef", "seigneur", et quelques fois "Roi". Suit une longue période où l'on ignore tout ou presque de la cité qui subit largement la domination Égyptienne. Le souverain suivant dont nous avons connaissance règne plus de deux siècles plus tard. Abishemou I (v.1820-v.1795, en Égyptien : Ipshemou jbSmw) nous est surtout connu par la découverte de sa tombe (N°1) dans la nécropole de Byblos. Elle était dans sa grande majorité inviolé et contenait un certain nombre d'objets précieux. Dans la chambre funéraire se trouvait le sarcophage du "Roi" taillé dans du calcaire blanc. Parmi les objets mis au jour on compte un magnifique pot d'argile, des armes plaquées or, des bijoux en or, quelques vases en obsidienne avec le nom du Roi d'Égypte Amenemhat III (1843-1797) et un vase d'argent pouvant provenir de la région Égéenne. Cependant aucun ossement du "Roi" ne fut retrouvé. Le nom du souverain n'était pas directement dans la tombe, mais apparaît dans un couloir adjacents qui relie sont tombeau avec celui de son fils et successeur Ipshemouabi (ou Ipschemuabi).
Il y porte le titre Égyptien de : h3.tj-ˁ Maire. Les vases plus ce titre nous permettent de certifier qu'il fut un contemporain d'Amenemhat III. Son riche mobilier funéraire montre du côté artistique une forte influence Égyptienne et est le témoignage de l'étroite relation qu'entretenait Byblos avec le pays. Certains spécialistes en déduisent aussi qu'à cette période c'est l'écriture Égyptienne qui était utilisée dans la ville. Abishemou I est également connu par un sceau cylindrique Égyptien, sur lequel il est aussi indiqué comme Maire de Byblos.
Ipshemouabi (ou Ipschemuabi, v.1795-v.1780, en Égyptien : Ipshemouib jbSmwib), comme son père il nous est connu par sa tombe (N°2) de la nécropole de Byblos. Elle aussi dans sa grande majorité était restée inviolée et contenait un certain nombre d'objets précieux. Toutefois il faut signaler qu'elle était plus riche que celle d'Abishemou I à laquelle elle était reliée par un couloir. Dans la chambre funéraire se trouvait encore son sarcophage taillé dans du calcaire Blanc. Pratiquement les mêmes objets que pour son père ont été mis au jour, mais en plus grande quantité. Ceux-ci reflètent l'influence Égyptienne. On compte également des magnifiques pots d'argile, des armes plaquées or, des bijoux en or, dont un pectoral avec une partie de ses pierres en obsidienne avec le nom du Roi d'Égypte Amenemhat IV (1797-1787), un collier et un pendentif en forme de coquille avec l'image d'un faucon et le nom d'Ipshemouabi écrit dans un cartouche. Son corps ne comportait cependant pas d'objets précieux comme c'était le cas dans la tradition Égyptienne. Le nom du "Roi" a été retrouvé sur deux objets où il est explicitement décrit comme le fils d'Abishemou I. Il porte le titre Égyptien : Hati-a-en-képen x3.tj-ˁ-n-Kpn Maire de Byblos.
Lui succède un Roi au nom de Caïn (ou Kain, v.1780-v.1770) qui est peut-être son fils. Il n'est connu que par un sceaux cylindrique. Puis vient Reyen (ou Yakin-el, v.1770-v.1765) dont on ignore le lien de parenté avec le précédent, mais on sait que c'est son fils Yattin (ou Yantin-Hamou, v.1765-v.1735) qui lui succède. Il est mentionné sur des tablettes d'argile retrouvées dans la ville de Mari. Il serait contemporain du Roi de la cité Zimri-Lim (1775-1761 ou 1759) et de celui de Babylone Hammourabi (1793-1750). Son nom est également indiqué, en hiéroglyphes Égyptiens sur un relief à Byblos et sur différents sceaux. Selon certains spécialistes, c'est lui qui apparait sur le relief avec le Roi d'Égypte Néferhotep I (1724-1713), pour d'autres il s'agirait plutôt de son successeur Abishemou II (v.1735-v.1700), ce qui semble plus logique au niveau des dates de règne. On est certain par contre qu'un souverain de la ville prêta allégeance à Néferhotep I. Abishemou II est connu aussi de différents objets où son nom est écrit en Égyptien. Sur une stèle il est dit qu'un certain Akery (Roi v.1690-1670) est son fils. Lors de son règne, vers 1725, l'occupation des Amorrites va s'achever avec l'invasion d'un autre peuple, les Hyksôs qui vont aussi s'emparer de l'Égypte. Par la suite Byblos est évincée par Tyr, mais garde ses bonnes relations avec l'Égypte. Nous ne connaissons pratiquement rien des souverains de la période qui suit jusque vers 1345.
Rib-Addi (ou Rib-Hadda ou Ribaddi ou Rib-Addu, v.1345-v.1335) est le premier souverain dont on ait à nouveau une trace. Il est vassal et sous protectorat de l'Empire Égyptien. À cette époque, Byblos va être menacée par le Roi d’Amourrou Abdi-Ashirta (v.1385-v.1344), puis par son fils Azirou (ou Aziru, v.1344-v.1315). Rib-Addi avait quitté sa ville de Byblos pour quatre mois pour conclure un traité avec le Roi de Beyrouth, Ammunira, avec qui il avait un différent, mais quand il veut rentrer chez lui, il apprend que son frère Rapih-Ili (ou Ilirabih, v.1335) l'avait détrôné. Il cherche temporairement refuge auprès d'Ammunira, sans succès. Rib-Addi demande alors des troupes au Pharaon Amenhotep IV (Aménophis ou Akhénaton, 1353/52-1338) pour qu'il le rétablisse sur le trône. On a la preuve de ces faits grâce aux lettres de Amarna, correspondance de Byblos avec l'Égypte, qui comprennent une soixantaine de tablettes/lettres de Rib-Addi et de Rapih-Ili (ou Ilirabih) qui ont survécu. Toutefois, certaines d'entre elles ont été envoyées en double afin de s'assurer qu'elles parvenaient bien au destinataire.
C'est le Roi d’Amourrou Azirou qui est chargé, par le Pharaon, de la mission de restaurer Rib-Adid, mais il trahi l'expédition et livre Rib-Addi qui avait été la cause de la mort de son père entre les mains des dirigeants de Sidon où il trouve presque certainement la mort vers la fin du règne d'Amenhotep IV. Quelques sources nous disent qu'Azirou aurait massacré Rib-Addi. Azirou étend de ce fait son royaume en se proclamant Roi de Damas et de Byblos (v.1335). L'événement de sa trahison est mentionné dans la lettre d'Amarna (EA 162) d'Amenhotep IV à Azirou, dans laquelle le Pharaon exige que celui-ci vienne en Égypte pour expliquer ses actes. Azirou une fois dans le pays est arrêté pendant au moins un an avant d'être libérée pour faire face à l'avancée des Hittites, qui ont déjà conquis la ville d'Amki, ce qui constituait une menace pour l'Amourrou (Lettre EA 170), puis pour les possessions Égyptiennes. Rib-Addi comptait beaucoup sur l'Égypte pour résoudre ses problèmes. Ses lettres ont souvent pris la forme de plaintes ou de demande de moyens d'action auprès du Pharaon. Dans une (EA 105) il supplie le Pharaon d'intervenir dans un différend avec Beyrouth, dont le dirigeant Ammunira a confisqué deux navires marchands de Byblos (Ce sera l'objet de son départ de la ville pour signer un accord avec Ammunira). Dans une autre lettre (EA 122), Rib-Addi se plaint d'une attaque par le commissaire Égyptien Pihuri (ou Pahuri), qui a tué un certain nombre d'habitant de Byblos. Dans celle EA 81, il indique qu'un assassin envoyé par le Roi d’Amourrou Abdi-Ashirta avait tenté de le tuer.
Il demande au Pharaon de lui envoyer des archers pour assurer sa sécurité. Dans une autre lettre plus poignante (EA 75), il écrit "Les peuples de Ammiya ont tué leur seigneur et j'ai peur.....comme un oiseau dans un piège je suis donc ici à Gubla (C'est-à-dire : Byblos)". Dans la lettre EA 89, Rib-Addi signale un coup d'état dans le pays voisin de Tyr où le souverain de la ville, ses compagnons, ses parents et toute sa famille ont été tués. Il indique qu'il pense que sa sœur et ses filles, qu'il avait envoyé à Tyr pour les tenir à l'écart des attaques du Roi d’Amourrou Azirou, sont aussi parmi les victimes. Dans la EA 75, il détaille l'évolution de la situation politique autour de Byblos.
Après l'invasion des Hittites la cité va suivre l'histoire de la région. Vers 1200, Byblos va être détruite comme beaucoup de cités du littoral face aux invasions des Peuples de la mer. Les Empires qui avaient dominé la région, notamment les Égyptiens et les Hittites, se retrouvent très affaiblis ou détruits et dans le vide du pouvoir qui en résulte un certain nombre de villes Phéniciennes créent elles-mêmes d'importantes puissances maritimes. Dès que l’invasion des Peuples de la mer affranchit les Phéniciens de la tutelle Égyptienne, ils établissent de nombreux comptoirs et colonies sur le pourtour de la Méditerranée. Byblos va rapidement devenir le principal centre Phénicien qui va dominer la Méditerranée et les routes maritimes. Cette hégémonie va durer près de deux cent ans jusqu'à v.1000 av.J.C.
C'est à
cette époque que la première inscription en
alphabet Phénicien a été constatée, sur
le sarcophage du Roi de Byblos Ahiram (ou Ahirom, v.1020). Les inscriptions sur son tombeau sont les plus
anciens textes Phéniciens
connus. L’invention de l’alphabet et sa mise
au point, facilitent partout leurs opérations commerciales. Ahiram a un enfant Ithobaal qui sera Roi vers v.980).
Des nouveaux venus, les
Hébreux menés par leur Roi
David (1010-970) se rendent
maître du pays de Canaan. Ithobaal a un enfant
Yahimelek (ou Yahimilik, v.950-v.940) qui lui succède. Dans le même temps, à
Tyr, l'arrivée au pouvoir du Roi
Hiram I le Grand
(978-944) va changer la donne de la région. La cité sous son règne (associée à
Sidon) va
supplanter toutes celles du littoral dont Byblos et imposer une longue hégémonie
et une très grande prospérité. Hiram
I s'associe au Roi des
Hébreux
Salomon (970-931) a qui il fournit du bois de cèdre et des artisans pour la construction du temple de
Jérusalem.
Il
mène aussi une campagne victorieuse contre la ville
d'Acre
(ou Akko ou Akka ou Ptolémaïs). Juste après sous la conduite du Roi de
Tyr
Ithobaal I (ou Ethbaal ou Ittobaal, 896-863)
les Phéniciens
vont même s'implanter dans le Nord, jusqu'à Beyrouth et sur une partie
de Chypre.
Cependant, ils se heurtent sur les côtes
d’Asie
Mineure, aux
Grecs, qui les évincent de
Rhodes.
Ils cherchent alors en Méditerranée d’autres débouchés (Malte, l'Afrique, la
Sardaigne, les côtes Espagnoles, etc...).
Monnaie Phénicienne
Plus tard, en 738, lors de la période
Assyrienne, le Roi de Byblos
Shipitsbaal II (ou Shipits-Ba'al ou Sibittibaal, v.750-738), fils d’Elibaal
(v.930-v.920), est contraint de devenir le vassal de l'Empereur
Téglath-Phalasar III (745-727), ce dernier ayant envahit une partie de la région. En 701 lorsqu'un autre
Empereur
Assyrien,
Sennachérib (705-681) prend toute la Phénicie
c'est le Roi Ormelek I (ou Ormilk ou Urumelek ou Urumilki, ? -701) qui voit sa ville conquise et pillée.
La cité fera également l'objet d'attaque de la part des Empereurs
Assarhaddon (ou Esarhaddon, 681-669), sous le Roi Melekiasaph (ou Milkiasaph ou Milk-Asaph, v.670) et
d'Assurbanipal
(ou Assur-Banapliou ou Assourbanipal, 669-631 ou 669-626).
Après la chute des
Assyriens
lors de l'invasion par les
Perses Achéménides (549-331), Byblos devient le quatrième en importance des quatre royaumes
Phéniciens
vassaux, établis par les
Perses,
les trois premiers étant de
Sidon,
Tyr
et Arwad (ou Arado ou Arados ou Arvad ou Arpad ou Arphad ou Antioche en Pieria).
Byblos devient ensuite une ville Hellénistique après le passage du Roi de
Macédoine
Alexandre le Grand (336-323) qui
la libère du joug
Perse. Par les monnaies frappées à cette époque on retrouve la trace d'un commerce important
avec d'autres villes de la Méditerranée.
Au cours de la période Gréco-romaine, la ville et le temple de Resheph sont reconstruits, et,
bien que plus petite que ses voisines tels que
Tyr et de
Sidon, elle devient un centre
important pour le culte d'Adonis. Au IIIe siècle, un petit mais impressionnant théâtre
est construit. Avec la montée du Christianisme, un siège d'évêque est créé
à Byblos et la ville connait une nouvelle et rapide croissance. Bien que Persique une
colonie est connue pour s'être établie dans la région à la suite de la conquête
musulmane de 636, mais il ya peu de preuves archéologiques de cette période. |
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Archéologie
Le site
archéologique actuel est très intéressant pour les archéologues, en raison des couches
successives de débris résultant des siècles d'occupation humaine. Il fut étudié et excavé pour la première fois par
Pierre Montet et
Maurice Dunand. Les principaux bâtiments de l'antiquité de la ville sont :
▪ Le temple des obélisques, datant d'environ 1900-1600 av.J.C., dans lequel de nombreuses
statues de bronze furent trouvées.
▪ Les vestiges du grand temple, également connu sous le nom de temple en L, construit vers 2700.
▪ Le temple de Ba'alat Gebal "Dame de Byblos",
construit vers 2700, elle était la Déesse protectrice de la ville, elle est nommée parfois par les
Grecs, Baaltis.
Des archéologues
Égyptiens y ont retrouvé des objets datant de la
IVe dynastie (2575/3-2465)
d'Égypte.
▪ Divers tombeaux des Rois de la cité, datant de vers 1800.
▪ Un théâtre Romain.
▪ La tombe du Roi Ahiram (ou Ahirom, v.1020)
et son sarcophage décoré. C'est l'un des plus anciens et des plus
célèbres sarcophages Phéniciens. La boîte
rectangulaire avec son couvercle en forme de dôme est soutenue par quatre lions rampants prêts à bondir.
Les parois latérales sont décorées de scènes différentes. Sur les deux côtés, des longs cortèges sont présentés, dont l'un
avec un sphinx ailé. Les faces avant et arrière portent des personnages féminins dans le deuil.
Le tout devait être richement peint car des traces de peinture originale de grande facture sont encore partiellement visibles.
Le site nous donne un aperçu des différentes influences que va connaître la cité. Le style
Phénicien de cette période se caractérise par la fusion des styles
Égyptien et Syrien.
La forme du sarcophage est de modèle
Égyptien.
Sur le sarcophage figure également un texte de 38 mots qui est la plus ancienne
inscription Phénicienne trouvée à ce jour.
▪ Le temple de Resheph (ou Rashshaf ou Rasap ou Reshef), un Dieu
Cananéen de la peste et de la guerre, mais il
sera détruit à l'époque du Roi de
Macédoine
Alexandre le Grand (336-323).
Byblos se caractérise aujourd'hui par son antique port de pêche, son site Romain
et son château datant des croisés. En 1984, la ville fut déclarée site du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Pour
d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :
- Note sur les inscriptions de Ahiram, pp. 1-13,
BIFAO 26, Le Caire, 1926.
Gassia Artin :
- La "nécropole énéolithique" de Byblos : Nouvelle interprétations,
Archaeopress : Available from Hadrian Books, Oxford, 2009.
Alfred Boissier :
- La sainte Byblos, Imprimerie La Concorde, Lausanne, 1926.
Charles Simon Clermont-Ganneau :
- Inscription Égypto-Phénicienne de Byblos, Académie des inscriptions et belles-lettres, A. Picard, Paris, 1903.
Maurice Dunand :
- Inscription Phénicienne de Byblos, Librairie Orientaliste Paul Geuthner, Paris, 1933.
- Byblos : Son histoire, ses ruines ses légendes, Institut Français du
Proche-Orient, Beyrouth, 1968-1973.
René́ Dussaud :
- Inscription Phénicienne de Byblos d'époque Romaine, Librairie Orientaliste Paul Geuthner, Paris, 1925.
Josette Elayi :
- Byblos, cité sacrée (8e-4e s. av.J.C.), Gabalda, Paris, 2009.
Élisabeth Fontan :
- La Méditerranée des Phéniciens : Tyr, Sidon, Byblos, Motyé, Lixus, Tell Kazel,
Éditions Faton, Dijon, 2007.
Nina Jidéjian :
- Byblos through the ages, Dar al Machreq, Beyrouth, 1968 - En Français,
Byblos à travers les âges,
Dar el-Machreq éditeurs, Beyrouth, 1977.
Jean Lauffray, Assaf Makaroun-Bou, Jean-Claude Margueron et
Maurice Dunand :
- Fouilles de Byblos Tome VI, L'urbanisme et l'architecture : De l'époque proto-urbaine à l'occupation Amorite
(de l'Énéolithique à l'âge du Bronze II), Institut Français du Proche-Orient, Beyrouth, 2008.
Reinhard G.Lehmann :
- Die inschrift(en) des Aḥīrōm-sarkophags und die schachtinschrift des grabes V in Jbeil (Byblos),
Collection : Dynastensarkophage mit szenischen Reliefs aus Byblos und Zypern, T. 1.2, Von Zabern, Mainz
am Rhein, 2005.
Youmna Jazzar Medlej :
- Gebal, Byblos, Jbeil, Anis Commercial Printing Press, Beyrouth, 2006.
- Byblos et l'Égypte, quatre campagnes de fouilles à Gebeil, 1921-1922-1923-1924,
Bibliothèque archéologique et historique 11, Librairie orientaliste Paul Geuthner,
Paris, Janvier 1929 et 1998.
Ellen Rehm :
- Der Ahiram-Sarkophag, Von Zabern, Mainz am Rhein, 2004.
Jean-François Salles :
- La nécropole "K" de Byblos, Éditions A.D.P.F., Paris, 1980.
Pierre Swiggers :
- Byblos dans les lettres d'El Amarna : Lumières sur des relations obscures, Peeters, Leuven 1985.
Jean-Pierre Thiollet :
- Je m'appelle Byblos, préface de Guy Gay-Para et illustrations originales de Marcel C.Desban,
collection Histoire et Découvertes, Editions H & D, Paris, Milon-la-Chapelle, 2005.
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