|
|
|
|
Pour plus de détails voir aussi :
Baalbek -
Byblos -
Dor -
Tripoli du Liban
Ougarit -
Sidon -
Tyr -
Les Cananéens |
|
|
|
La Palestine est la région de l’Asie Occidentale bornée à l’Ouest par la mer Méditerranée, au Nord par le mont Taurus (Asie Mineure) à l’Est par l’Euphrate, au Sud-est et Sud par l’Arabie. Très tôt le couloir Syro-palestinien joue un rôle de passage entre l’Égypte, la Mésopotamie, l’Asie Mineure et l’Arabie. Cette situation géographique stratégique, plus des montagnes riches en bois de construction navale, vont contribuer à la faire convoiter par tous les puissants États voisins qui vont tour à tour, au fil du temps, rivaliser pour contrôler le territoire.
La région est occupée par les Amorrites et les Cananéens, qui sont en fait des Phéniciens Sémites qui s’établissent en pays de Canaan sur la côte, depuis le mont Carmel jusqu’à Ougarit et fondent de nombreux ports, Byblos, Tripoli du Liban, Sidon, Tyr. Délibérément orientés vers la mer, ils entrent en relation avec l’Égypte, dont ils subissent fortement l’influence puis en deviennent peu à peu les vassaux. (voir aussi les Cananéens). Ces deux peuples sémites, en dépit de leurs disparités culturelles, parlent pratiquement la même langue. Les Cananéens subissent l’influence Égyptienne et les Amorrites, celle de la Mésopotamie et des Hourrites au Nord.
Localisation
La Phénicie est une ancienne région qui abritait une civilisation centrée sur le Nord de l'ancienne Canaan, avec son centre le long des régions côtières. Elle couvrait un territoire qui correspond de nos jours au Liban auquel il faut ajouter certaines portions de la Syrie et d’Israël actuelles. La côte Méditerranéenne, qui constituera la Phénicie classique, est une région longue et étroite de 200 Km sur 20 à 30 Km de largeur.
Elle est adossée à la chaîne du Liban, dont les chaînons rocheux se prolongent vers la mer en une série de promontoires encadrant de petites baies bien abritées et des îles. Ces conditions géographiques sont essentiellement favorables à l'installation de ports et au développement d'un peuple de marins. Les Phéniciens, qui se désignent eux-mêmes comme les Kinahhu (en Akkadien ou Cananéens), sont des Sémites qui s’établissent en pays de Canaan vers le XVIIIe siècle, mais dont les origines restent débattues.
|
Origines
L'historien Gerhard Herm affirme qu'après l'invasion des Peuples de la mer, ces peuples auraient fusionnés avec la population locale pour produire les Phéniciens. Il existe également des preuves archéologiques que les Philistins, souvent considéré comme lié aux Peuples de la mer sont culturellement liés aux Grecs Mycéniens, qui sont également connus pour être de grands marins, même en cette période. La question de l'origine exacte des Phéniciens est délicate et persiste encore aujourd'hui.
Les archéologues ont poursuivi l'origine des Phéniciens sur des générations, en fondant leurs analyses sur les sites de fouilles, les vestiges de la culture matérielle, des textes contemporains, ainsi que la linguistique. Malgré tout cela l'origine des Phéniciens n'est encore pas claire : D'où viennent-ils exactement et à quel moment sont-il arrivés (s'ils sont arrivé) et dans quelles circonstances, sont des thèmes toujours énergiquement contestés. Spencer Wells du Genographic Project a mené des études génétiques qui démontrent que les hommes qui peuplent le Liban et Malte et d'autres domaines qui ont un passé Phénicien, ont en commun un chromosome M89 type Y, alors que les hommes des populations qui sont en rapport avec les Minoens ou avec les Peuples de la mer sont complètement différents dans leur marqueur génétique. Cela implique que les Peuples de la mer n'ont probablement pas eu de relations ancestrales avec les Phéniciens.
En 2004, deux généticiens de l'Université Harvard et de l'instruits scientifiques de la National Geographic Project, Dr. Pierre Zalloua et le Dr Spencer Wells ont identifiés l'haplo groupe des Phéniciens comme l'haplo groupe J2, ce qui donne d'énormes possibilités pour la recherche future. Comme le Dr Wells l'a commenté : "Les Phéniciens étaient des Cananéens et les ancêtres des Libanais d'aujourd'hui." La population mâle de la Tunisie et de Malte ont également été incluse dans cette étude, ce qui a montré l'écrasante similitude génétique avec les Libano-phéniciens.
Étymologie
Le nom Phénicien est retrouvé sous différentes appellations. Il se dit en Anglais :
Phoenicia, en Allemand : Phönizien, en Phénicien :
Comme mentionné ci-dessus, Phœnicia
en Latin vient de Punicus, de là sera tiré le nom des guerres de Rome contre Carthage (Une ancienne province
de Phénicie), qui se sont appelées les "Guerres Puniques". Le surnom Phénicien de "Peuple pourpre"
vient sûrement de la teinture pourpre qu'ils fabriquaient. Au VIe siècle av.J.C, Hecataeus de
Milet (Philosophe
Grec, v.550-476), écrit que
Phœnicia était auparavant appelé χνα, un nom que Philon de
Byblos (Historien
Grec, 64-141) a adopté plus tard
dans sa mythologie comme son éponyme pour les Phéniciens : "Khna qui fut
ensuite appelé Phoïnix".
Civilisation et commerce
Le pays était prospère, très boisé
et fertile, mais étroit entre la chaîne montagneuse du Liban et la mer. Les
Phéniciens, ne pouvant donc espérer bâtir un empire dans l'arrière pays peuplé par des puissants voisins, vont baser leur
culture sur le commerce maritime. Habiles navigateurs et commerçants, leur culture se propage à travers la Méditerranée
entre la période 1800 à 300 av.J.C. Le point culminant de la culture Phéniciennes est habituellement placé entre 1200 et
800 av.J.C. Beaucoup des plus importantes colonies Phéniciennes ont été créés bien avant cela :
Byblos, Tyr,
Sidon, Simyrra, Beyrouth (ou Berytus) et l'île-ville d'Arwad
(ou Aradus ou Arados ou Arvad ou Arpad ou Antioche en Pieria ou île de Ruad),
Tripoli du Liban et apparaissent toutes dans les lettres d'Amarna, datant de l'époque du Pharaon
Amenhotep IV (Aménophis ou Akhénaton, 1353/52-1338).
On ne sait pas dans quelle mesure les
Phéniciens eux-mêmes se considéraient comme une seule origine ethnique. Leur
civilisation était donc organisée en cités-États, similaire à l'organisation
politique de celles de la Grèce antique. Chaque cité-État est une unité
indépendante politiquement. Elles pouvaient, et c'est arrivé fréquemment, entrer
en conflit entre elles, être dominée par une autre cité-État ou collaborer à des
ligues ou des alliances.
Tyr et
Sidon
ont été les plus puissants des États Phéniciens du Levant, mais n'étaient pas
aussi puissant que certaines cités d'Afrique du Nord. Cette ligue indépendante
de cités-États unifiant des grands ports les uns aux autres sur les îles et le
long d'autres côtes de la mer Méditerranée, fut la solution idéale pour les
échanges entre la zone du Levant, riche en ressources naturelles et le reste du
monde antique.
Vers 1200, un phénomène se produit,
associé historiquement à l'apparition des
Peuples
de la mer venant du Nord,
qui s'est peut-être conjugué au Sud avec de mauvaises récoltes ce qui provoque une famine de
masse qui touche même l'Anatolie.
On en a des récits dans les sources
Hittites de cette époque. Les
Empires qui avaient dominé la région, notamment les
Égyptiens et les
Hittites, se retrouvent très
affaiblis ou détruits. Dans le vide de pouvoir qui en résulte un certain nombre
de villes Phéniciennes créèrent elles-mêmes d'importantes puissances maritimes.
Byblos
va rapidement devenir le principal centre Phénicien qui va dominer la
Méditerranée et les routes maritimes, puis elle sera supplantée économiquement
par
Tyr. La ville de
Sarepta
(ou Sarepte ou Serepta ou Zarephath) entre
Sidon
(ou Saïda) et
Tyr, est sûrement la cité la plus
soigneusement fouillée des villes d'origines Phéniciennes. Les Phéniciens sont
crédités de l'invention de la Birème (Galère de l'Antiquité, comportant deux
files de rameurs de chaque bord). Leurs navires sillonnaient la Méditerranée et
transportaient tout ce qui pouvait s'échanger ou se vendre : Des denrées
alimentaires, des esclaves, du verre, du grain (blé, orge), du vin et de huile, du cuivre de l'étain de l'argent, des
animaux exotiques (Singes ou crocodiles), des pierres précieuses, du parfum, de
la Pourpre, du bois de cèdre.
La Bible, a rendu célèbre les "navires de Tarsis"
(ou Tartessos, nom donné par les
Grecs à la première civilisation
dont ils eurent connaissance en Occident). Nous sommes renseignés sur les
rapports qu'ils entretenaient avec les populations locales ou se traitaient
leurs échanges, ainsi que sur leurs modalités, par
Hérodote (Historien
Grec, 484-v.425) qui décrit une
scène d'échange à
Argos. Les avant-postes commerciaux Phéniciens étaient établis dans toute la
Méditerranée, le plus important étant stratégiquement Carthage en Afrique du
Nord.
Il est souvent mentionné que les Phéniciens
ce sont aventurés vers le Nord dans l'océan Atlantique vers la Grande-Bretagne,
où ils se fournissaient en étain dans les mines de ce qui est aujourd'hui
Cornwall, mais aucune preuve archéologique appuie cette conviction. Ils ont
également navigué vers le Sud le long de la côte de l'Afrique. Selon
Hérodote,
une expédition Phénicienne aurait descendue la mer Rouge sous la Pharaon
Néchao II (610-595). Bien qu'ils ne fussent pas un peuple agricole ou
d'éleveurs on note quand même des traces d'une production d'ovin de laquelle ils
vendaient la laine.
L'histoire .......
Les Phéniciens vont
partir de leurs cités-États de Phénicie et fonder dès 3000 de nombreux comptoirs
en bordure de la Méditerranée orientale, notamment Carthage. Grands navigateurs
ils sont les rivaux des
Mycéniens en
Méditerranée à l'époque archaïque au IIe millénaire. Les Anciens disaient qu'ils
étaient les meilleurs navigateurs de l'Antiquité. Ils se désignent eux-mêmes comme les
Kinahhu (en
Akkadien
ou
Cananéens), sont des Sémites qui s’établissent en pays de
Canaan
vers le XVIIIe siècle, mais dont l'origine exacte reste encore très débattue.
L'histoire de leur émigration à
différents endroits de la Méditerranée orientale est probablement fondée sur
l'oral, mais les chercheurs poursuivent des tests d'ADN afin de vérifier cette
affirmation. Ils s’installent sur la côte, depuis le mont Carmel jusqu’à
Ougarit
et fondent de nombreux ports,
Byblos,
Tripoli du Liban,
Sidon,
Tyr.
En termes d''archéologie, langue et religion, il est difficile de fixer les
Phéniciens dans un endroit bien précis car il n'étaient pas nettement différents
des autres cultures locales de
Canaan, parce qu'ils étaient eux-mêmes
Cananéens. Toutefois, ils sont uniques dans leurs remarquables réalisations
maritimes. Délibérément orientés vers la mer, ils entrent en relation avec l’Égypte,
dont ils subissent fortement l’influence, puis en deviennent peu à peu les
vassaux.
Trafiquant avec les
Crétois et les
Mycéniens,
ils prennent la relève de ces derniers, ruinés par les Doriens. L'histoire des
Phéniciens est très peu connue avant l'invasion de la région par le Pharaon
Thoutmôsis
III (1479-1425) de
vers 1460 à vers 1455.
Dans
les lettres de
Tell el-Amarna, de l'époque du
Pharaon
Amenhotep IV (Aménophis ou
Akhénaton,
1353/52-1338),
il est mention des Phéniciens sous le nom de
Kenaani ou Kinaani (Cananéens).
Toujours dans cette correspondance, on relève que
les
Amorrites (ou Amoréens) et les
Hittites ont été vaincre des
villes Phéniciennes qui étaient vassales de l’Égypte,
en particulier Byblos dirigée par le Roi
Rib-Addi (ou Rib Hadda ou Ribaddi
ou Rib-Addu,
v.1345-v.1335) et Tyr
par le Maire Abi-Milku.
Cependant entre 1350 et 1300 la Phénicie est
reconquise par l'Egypte. Au cours du siècle suivant Ougarit
prospère, mais elle va être détruite, vers 1200, comme beaucoup de cité du
littoral face aux invasions des
Peuples
de la mer. L'historien
Gerhard Herm affirme qu'après l'invasion des
Peuples
de la mer, ces peuples
auraient fusionnés avec la population locale pour produire les Phéniciens. Il
existe également des preuves archéologiques que les
Philistins, souvent considérés
comme liés aux
Peuples
de la mer sont
culturellement liés aux
Grecs
Mycéniens, qui sont également
connus pour être de grands marins. Les Empires qui avaient dominé la région,
notamment les
Égyptiens et les
Hittites, se retrouvent très
affaiblis ou détruits.
Dans le vide du pouvoir qui en
résulte un certain nombre de villes Phéniciennes créent elles-mêmes
d'importantes puissances maritimes. Dès que l’invasion des
Peuples
de la mer affranchit les
Phéniciens de la tutelle
Égyptienne, ils établissent de nombreux comptoirs et colonies sur le pourtour de la
Méditerranée. Byblos va rapidement devenir le principal centre Phénicien qui va
dominer la Méditerranée et les routes maritimes. Cette hégémonie va durer près de
deux cent ans jusqu'à v.1000 av.J.C. C'est à cette époque que la première
inscription en
alphabet Phénicien a été constatée, sur le sarcophage du Roi de
Byblos
Ahiram (ou Ahirom, v.1020/1000). Les inscriptions sur son tombeau sont
les plus anciens textes Phéniciens connus. L’invention de l’alphabet et sa mise
au point, facilitent partout leurs opérations commerciales. À peu près à la même
époque des nouveaux venus,
les
Hébreux menés par leur Roi
David (1010-970) se rendent
maître du pays de Canaan. Dans le même temps à
Tyr, l'arrivée
au pouvoir du Roi
Hiram I le Grand
(978-944) va changer la donne de la région. La cité sous son règne (associée à
Sidon)
va supplanter toutes celles du littoral et imposer une longue hégémonie et une
très grande prospérité.
Hiram I s'associe au Roi des
Hébreux
Salomon
(970-931) a qui il fournit du bois de cèdre et des artisans pour la construction
du temple de
Jérusalem.
Hiram I
mène aussi une campagne victorieuse contre la ville d'Acre
(ou Akko ou Akka ou Ptolémaïs) et mate une rébellion de la première colonie
Tyrénienne, Utique (ou Utica), sur la côté près du site de Carthage. Un peu plus
tard sous la conduite du Roi de
Tyr
Ithobaal I
(ou Ethbaal ou Ittobaal, 896-863) les Phéniciens vont même s'implanter
dans le Nord, jusqu'à Beyrouth et sur une partie
de
Chypre.
Cependant, ils se heurtent sur les côtes d’Asie
Mineure, aux
Grecs, qui les évincent de
Rhodes. Ils
cherchent alors en Méditerranée d’autres débouchés (Malte, l'Afrique, la
Sardaigne, les côtes Espagnoles, etc...).
Au VIIIe siècle, les Phéniciens se
trouvent menacés au Nord-est par l’invasion des
Assyriens qui entreprennent de soumettre le pays
après celui de
Canaan.
En 738, lors de cette période
Assyrienne, le Roi de
Byblos Shipitsbaal
(ou Sibittibaal,
v.750-738),
est contraint de devenir
le vassal de l'Empereur
Téglath-Phalasar III (745-727),
ce dernier ayant envahit une partie de la région. En 701, un autre Empereur Assyrien,
Sennachérib (705-681)
prend toute
la Phénicie.
L'Empereur
Assyrien suivant Assarhaddon
(681-669), lors de ses préparatifs pour envahir l'Égypte,
signe un traité avec le Roi de
Tyr qui s'engage à mettre sa flotte à son
service. Ce dernier trahi sa promesse et
Assarhaddon assiège la ville,
mais sans pouvoir l'emporter.
Le Roi
de Tyr
suivant Baal I (680-660) tributaire des
Assyriens, doit envoyer son
fils Yehawmelek en
Assyrie avec lourd tribut. Il est
alors récompensé pour sa fidélité, après le pillage de
Sidon,
par
Assarhaddon
qui lui remet une part du butin.
Le Roi Urumiki de
Byblos voit aussi sa ville conquise
part
Assarhaddon.
À la
chute des Assyriens en 609,
devant les
Néo-Babyloniens, les cités Phéniciennes
sont
dominées les unes après les autres par
Babylone.
Tyr
tiendra un siège de 13 ans face aux
Babyloniens. Elles
vont ensuite changer une nouvelle fois de main, en 539, avec l'invasion des
Perses Achéménides de
Cyrus II le Grand (559-529).
La Phénicie va alors être divisée en quatre royaumes vassaux des
Perses,
Sidon
(ou Saïda),
Tyr,
l'île-ville d'Arwad (ou Aradus ou Arados ou Arvad ou Arpad ou Antioche en Pieria ou île de
Ruad) et Byblos
et ainsi prospérer. Ces villes serviront aussi de port pour les flottes de
Rois
Perses.
Toutefois, l'influence Phénicienne diminue
après cela.
Il est également raisonnable de supposer qu'une grande partie de la
population Phénicienne a migré à Carthage et dans d'autres colonies après la
conquête
Perses.
Tyr,
épuisée par des rébellions intérieures et par la domination de Carthage en
Occident, cède à la suprématie de
Sidon,
cette dernière s’allie d’abord aux
Perses contre les
Grecs
(Guerres
Médiques), puis se retourne
contre l’oppresseur.
En 350 (ou 345) une rébellion menée par
Sidon
est écrasée par le Roi
Perses
Artaxerxès III Okhos (358-338),
sa destruction a été décrite, de façon spectaculaire, par
Diodore
de Sicile (Historien et chroniqueur
Grec, v.90-v.30). En
333, le Roi de
Macédoine
Alexandre le Grand (336-323)
gagne la bataille d'Issos sur le dernier Roi
Perse
Darius III, puis il se dirige
vers la côte
Phénicienne. Les
Phéniciens
représentent pour
Alexandre une menace car leurs
navires constituent l'essentiel de la flotte
Perse
présente en mer Égée.
Les
cités
de la
région se rallient volontairement et pacifiquement a
Alexandre, seule
Tyr et son Roi Azemilcos (ou Azemilcus, 'zmlk, v.340-332) résistent.
En janvier 332,
Alexandre assiège
Tyr, la ville
va résister pendant 7 mois. Sa chute marque
la disparition de l'entité Phénicienne. En raison de la pression de ses voisins
et ses propres dissensions internes, le pouvoir Phénicien décline peu à peu. La
montée en puissance dans la région, de la
Grèce Hellénistique, va
progressivement chasser les derniers vestiges de l'ancienne Phénicie.
Sa
domination des routes de commerce sur la Méditerranée orientale et sa culture
vont disparaître entièrement, non sans laisser une brillante héritière,
Carthage. Cette descendance d'Afrique du Nord, va continuer de prospérer grâce à
l'exploitation minière du fer et des métaux précieux de la péninsule Ibérique et
en utilisant sa considérable puissance navale et ses armées de mercenaires pour
protéger ses intérêts commerciaux, jusqu'à ce qu'il soit finalement détruite par
Rome en 146 av.J.C à la fin des guerres puniques.
En ce qui concerne la terre Phénicienne après la mort d'Alexandre le Grand,
la région va être contrôlée par une
succession de dirigeants Hellénistiques : En 323
Laomédon de
Mytilène, en 320
Ptolémée I Sôter (Roi d'Égypte,
305-282), en 315
Antigonos I Monophtalmos (Roi de
Macédoine, 306-301), en 301
Démétrios I Poliorcète (Roi de
Macédoine, 294-287) et en 296 le
Roi Séleucide
Séleucos I
Nikâtor (305-280).
Entre 286 et 197 av.J.C., la
Phénicie retombe aux mains des Ptolémée d'Égypte, qui
y installent les Grands Prêtres d'Astarté
comme dirigeants vassal à
Sidon. En 197
la Phénicie avec la Syrie reviennent aux
Séleucides et
la région va de plus en plus s'helléniser, bien que
Tyr devienne
autonome en 126 av.J.C, suivie de
Sidon
(Saïda) en 111. De 82 à 69 av.J.C la Syrie,
y compris la Phénicie sont prises par le Roi d'Arménie
Tigrane II (95-54) qui étant son
royaume jusqu'à
Acre (ou Akko ou Ptolémaïs).
Après sa défaite face au Romain Lucullus le 6 Octobre 69, qui s'empare de la
capitale
Arménienne
Tigranocerta
qu'il saccage, puis en 65 devant Pompée, en 64 la Phénicie est incorporée à la province
Romaine de Syrie.
Religion
Les
principales divinités Phéniciennes (ou Cananéennes pour la plupart) sont pour
beaucoup originaires du Moyen-Orient ou de
Mésopotamie. Vers
1100 certaines ont été assimilées à des divinités
Égyptiennes, puis plus
tard à des divinités
Grecques, puis Romaines. Les
Grecs comme les Romains nous ont
laissé des Phéniciens l'image d'un peuple cruel pratiquant les sacrifices
humains, cependant toutes les civilisations archaïques ont pratiqué ce
type de rites d'une manière ou d'une autre.
Les Plus
importantes divinités étaient :
Astarté : En
Grec
: Αστάρτη Astártē, elle se nomme aussi
en
Hébreu : עשתרת Ashtoreth,
en Ougaritique
'ţtrt ou Aţtart ou Athtart, Atirat, en
Akkadien
: AD-tar-tú Astartu.
C'est une Déesse présentant un caractère belliqueux. Son origine et ses
fonctions viennent de la Déesse Ishtar de
Mésopotamie.
Elle sera implantée dans la mythologie
Égyptienne sous les
Ramessides.
À califourchon sur son cheval, elle protège le souverain. Elle prend le nom de
Tanit ou Oum chez les Carthaginois où son culte prendra de l'ampleur. Elle était
chargée de veiller à la fertilité, aux naissances et à la croissance. Elle était
la parèdre du Dieu Ba'al Hammon.
Statuette d'Astarté
Baal ou Ba'al : Dieu principal, il se
nomme aussi : En
Hébreu : בַּעַל, בָּעַל
Bá'al qui signifie seigneur, en
Akkadien : Bēl, en Phénicien :
בעלת Ba'alat. De nombreux noms de Rois vont être précédés du nom Baal.
À Ougarit
Baal était connu par plusieurs titres : "Roi des
Dieux", "le Très-Haut", "Prince Baal" et "le Coureur
sur les nuages." Sous les
Ramessides,
il est assimilé à
Montou et à
Seth.
Le culte de Baal est condamné dans la
Bible. On le décrit comme le culte du veau d'or dans le livre d'Osée.
Représentation de la Déesse Astarté
El :
C'est le nom de l'ultime autorité divine (Surtout à
Ougarit). C'est aussi un des noms
du Dieu d'Israël (par exemple, Gen 33:20). Sur la terre El est secondé par son
vizir au nom de Baal (ou Ba'al). Chez les
Grecs il est assimilé à Chronos.
El est en fait un mot des langues sémitiques du groupe Nord-ouest, signifiant
"Dieu". Il peut avoir pris différentes significations selon l'endroit et le lieu
où il est attesté et servir à désigner un Dieu précis dans différents panthéons.
Eshmoun ou Baal Eshmoun : Dieu
tutélaire de la
ville de
Sidon
(ou Saïda) où un sanctuaire lui est dédié. C'est la divinité de
l'huile et de l'eau. C'est aussi un Dieu guérisseur qui tire ses vertus
thérapeutiques de la source Yidla. Il est assimilé à Asclépios chez les
Grecs et Esculape chez les
Romains. Il sera aussi assimilé par les Carthaginois.
Melqart : On trouve aussi le Nom
Milk-Qart "Roi de la ville", Melkarth (ou Melgart), en
Akkadien : Milqartu. C'est un
Dieu dont le non nom vient de deux racines issues du Phénicien : Mel qui
signifie "Prince" et Qart ou Qrt qui signifie "cité". C'était le Dieu tutélaire
de la ville de Tyr,
dans ce cas il était souvent Ba'l Şūr "Seigneur de Tyr". Il sera assimilé
par les Grecs à Héraclès et par les Romains à Hercules. |
|
Langue et écriture
Les Phéniciens ont été les premiers au niveau des l'États à faire un large usage de l'alphabet et sont crédités de l'avoir dispersé à travers le monde Méditerranéen. Selon Pline l'Ancien (ou Caius Plinius Secundus, écrivain et naturaliste Romain, 23-79) "Le peuple phénicien a l'insigne honneur d'avoir inventé les lettres de l'alphabet". L’invention de l’alphabet et sa mise au point, facilitent partout leurs opérations commerciales. L'alphabet linéaire, également appelé alphabet protocananéen ou alphabet protosinaïtique, est un des plus anciens parmi les alphabets connus.
Comportant 23 signes distincts, ce qui indique qu'il ne peut pas s'agir d'un syllabaire, il est dérivé des hiéroglyphes Égyptiens. Cet alphabet Cananéen est généralement considéré comme l'ancêtre de tous les alphabets modernes. L'alphabet Phénicien en est très largement dérivé. Les premières inscriptions connues en Phénicien proviennent de Byblos et remontent à environ 1000 av.J.C. D'autres inscriptions ont été trouvées plus tard au Liban, en Syrie, en Israël, à Chypre etc... On trouve des traces écrite de Phénicien autour de la Méditerranée occidentale datant du IXe siècle. Les Phéniciens parlaient la langue Phénicienne, qui appartient au groupe des langues Cananéennes dans la famille des langues sémitiques du Nord-ouest.
Grâce à leur commerce maritime, les Phéniciens répandent l'utilisation de l'alphabet en Afrique du Nord et en Europe où il va être adopté par les Grecs, qui plus tard vont le transmettre aux Étrusques et aux Romains. En plus des nombreuses inscriptions qu'ils nous ont laissées, les Phéniciens ont écrit de nombreux livres, qui n'ont malheureusement pas survécu. Dans la région autour de la Méditerranée occidentale la langue évoluera en Phénicien Punique qui sera encore parlé au Ve Siècle ap.J.C. Saint-Augustin, par exemple, a grandi en Afrique du Nord et il connaissait bien la langue.
Principales villes et colonies
Dès le Xe siècle, la vaste culture Phénicienne a créé des villes et des colonies dans toute la Méditerranée. Les divinités des Phéniciens (comme des Cananéens) comme Baal et Astarté étaient adorés de Chypre à la Sardaigne, Malte, la Sicile, l'Espagne, le Portugal et plus particulièrement à Carthage.
Villes importantes sur la côte Phénicienne ou dans les terres :
- Acre (ou Ptolémaïs ou Akko, en Hébreu : עַכּוֹ, Akko ; en arabe عكّا, Akka), - Arwad (ou Arka ou Arado ou Arados ou Arvad ou Arphad ou Antioche en Pieria), - Baalbek (Baalbeck, Baalback, Balbeck, Balback, en arabe : بعلبك), - Beyrouth (ou Berut, en Grec : Βηρυτός , en Latin : Berytus, en arabe : بيروت), - Botrys (ou Beit Truna "la place, la maison du chef", Boutron au temps des Croisés, en arabe : البترون Batroun), - Byblos (En Grec : Βύβλος Byblos, en arabe : Jbeil جبيل, dans l'Ancien Testament Gebal), - Dor (ou Dora ou Tel Dor ou Khirbet al-Burj ou d'Al-Tantura), - Ougarit (ou Ugarit, en arabe : رأس شمرة Ras Shamra) - Safita (En arabe : صا فيتا Şāfītā), - Sarepta (ou Sarepte ou Serepta ou Zarephath, en Hébreu : צרפת Tzarfát, aujourd'hui Sarafand),
-
Sidon
(ou Saïda, en
Phénicien : Sydwn ou Saidoon, en
Grec : Σιδώνα, en
Hébreu : צידון,
en arabe : صيدا Saydā),
Colonies Phéniciennes :
- Calpe (aujourd'hui Gibraltar), Gunugu, Shobina, Sundar, Surya, Tara Thenae.
- Algérie : Hippo (ou Hippone, aujourd'hui
Annaba), Ikosium (aujourd'hui Alger), Iol (aujourd'hui Cherchell), Sarim Batim
(Constantine) et Tipassa. - Espagne : Abdera (aujourd'hui Adra), Abyla (aujourd'hui Ceuta), Akra Leuke (aujourd'hui Alicante), Gadir (ou San Roque, aujourd'hui Cadix), Ibossim (aujourd'hui Ibiza), Lepriptza (aujourd'hui Lebrija), Malaca (aujourd'hui Malaga), Onoba (aujourd'hui Huelva), Qart Hadašt (ou Carthago Nov), Rusadir (aujourd'hui Melilla), Sexi (aujourd'hui Almuñécar) et Tarkon (actuelle Tarragone). - Italie : Mainland et Gênes. - Lybie : Leptis Magna, Oea (aujourd'hui Tripoli) et Sabratha. - Mauritanie : Cerne. - Maroc : Acra, Arambys, Caricus Murus, Gytta, Lixus (aujourd'hui Larache) et Tingis (aujourd'hui Tanger). - Portugal : Olissipona (aujourd'hui Lisbonne), Ossonoba (aujourd'hui Faro) et Setúbal. - Sardaigne : Karalis (Cagliari moderne), olbia, Nora, Sant'antioco, Sulci et Tharros. - Sicile : Ziz, puis Lilybée (aujourd'hui Marsala), Motyé (ou Motya), Panormos (aujourd'hui Palerme), Pantelleria, Sélinonte et Solus (aujourd'hui Solonte). - Tunisie : Hadrumète (ou Hadrumetum, aujourd'hui Sousse), Hippo Diarrhytus (aujourd'hui Bizerte), Qart Hadašt (ou Carthago ou Carthage), Kerkouane, Leptis Parva, Thapsus et Utique (ou Utica). |
|
Pour
d'autres détails sur les Phéniciens voir les ouvrages de :
Enrico Acquaro :
- Biblioteca Phoenicia : Ottomila titoli sulla civiltà fenicia ,
Gruppo editoriale internazionale, Roma, 1994.
Maria Eugenia Aubet et Mary Turton :
- The Phoenicians and the west : Politics, colonies and trade, Cambridge University Press, Cambridge, New York, 1993.
Dinitri Constantine Baramki :
- Die Phonizier, Kohlhammer, Stuttgart, 1965.
Françoise Briquel-Chatonnet et Eric Gubel :
- Les Phéniciens, aux origines du Liban, Gallimard Découvertes 358, Paris, 1998.
- La civilisation Phénicienne, avec 137 illustrations, Library Binding, 1926 - Payot, Paris, 1928.
Annie Caubert et Elisabeth Fontan :
- Art Phénicien : La sculpture de tradition Phénicienne, Musée du Louvre,
Département des antiquités orientales,
RMN, Paris, 2002 - Snoeck, Gand, 2002.
René Dussaud :
- L'art Phénicien du IIe millénaire, Paul Geuthner, Paris, 1949.
Robert Drews :
- The End of the Bronze Age: Changes in warfare and the catastrophe ca. 1200 BC, Princeton University Press, 1995.
Ahmed Ferjaoui :
- Recherches sur les relations entre l'Orient Phénicien et Carthage, Editions universitaires, Vandenhoeck & Ruprecht,
Göttingen, Friboourg, en coopération avec la Fondation Beït al-Hikma, Carthage, Tunisie, 1993.
Élisabeth Fontan et Hélène Le Meaux :
- La Méditerranée des Phéniciens, Somogy, Institut du monde arabe, impr., Paris, 2007.
Anthony J.Frendo et Nicholas C. Vella :
- Les îles Phéniciennes du milieu de la mer, Malte du Néolithique à la conquête normande,
Dossier d'archéologie 267, Octobre 2001.
Michel Gras, Pierre Rouillard et Javier Teixidor
- L'univers Phénicien, Éditions : Hachette Littératures, Paris, Février 2006 et Artaud
Littérature Collection : Beaux Livres, Paris, Juin 2008.
Ahmad Hamdeh :
- Die sozialen Strukturen im Phönizien des ersten Jahrtausends vor Christus, Universität Würzburg, 1985.
Zellig Sabbettai Harris :
- A grammar of the Phoenician language, American Oriental society, New Haven, 1936.
Gerhard Herm :
- Die Phönizier. Das Purpurreich der Antike, Econ verlag, Düsseldorf, Vienne, 1973 - En Anglais,
The Phoenicians : The purple empire of the ancient world, William Morrow and Company, Inc,
New York, 1975 - En Français, Les Phéniciens : "l'antique royaume de la pourpre", Editions Fayard, Paris, 1976.
Charles Richard Krahmalkov :
- A Phoenician-Punic grammar, E.J.Brill, Boston, Leiden, 2001.
Edward Lipiński :
- Dieux et Déesses de l'univers Phénicien et Punique, Département Oosterse Studies, Uitgeverij Peeters, Leuven, 1995.
Peter Kyle Mc Carter :
- The antiquity of the Greek alphabet and the early Phoenician scripts, Collection : Harvard Semitic monographs 9,
Published by Scholars Press for Harvard Semitic Museum, Missoula, 1975.
Sabatino Moscati et Pierre Amiet :
- Les Phéniciens, Le Chemin vert, Paris, 1989.
Franz Karl Movers :
- Die Phonizier, Scientia Verlag, Aalen, 1967.
André Parrot, Maurice H.Chéhab et Sabatino Moscati :
- Les Phéniciens : L'expansion Phénicienne : Carthage, Gallimard, Paris, 2007.
Holst Sanford  :
- Phoenicians : Lebanon's Epic Heritage, Cambridge and Boston Press, Los Angeles, 2005.
Moscato Sabatino, Doris Niemeyer, Hans Georg Niemeyer :
- Die Phönizier, Hoffmann und Campe, Hamburg, 1988.
- La Phénicie et l'Asie occidentale : Des origines à la conquête macédonienne, Armand Colin, Paris, 1939 et 1949.
Roger Dillard Woodard :
- The ancient languages of Syria-Palestine and Arabia, Cambridge University Press, Cambridge, New York, 2008.
Gottfried Zumoffen :
- La Phenicie avant les Pheniciens, Tome I et II, Imprimerie Catholique, Beyrouth, 1900.
|
Pour plus de détails voir aussi :
Baalbek -
Byblos -
Dor -
Tripoli du Liban
Ougarit -
Sidon -
Tyr -
Les Cananéens
![]()