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Les Villes Phéniciennes :

Tyr 

Les Philistins, les Araméens

 

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 Pour plus de détails voir aussi :   Baalbek - Byblos - Dor - Tripoli du Liban

    Ougarit - Sidon - Les Cananéens

 

   Tyr (en Anglais : Tyre, en Allemand : Tyros ou Tyrus, en Phénicien : Şur,  en  Hébreu : צור Tzor, en arabe : صور  Şūr ou Sour, en Hébreu Tibérien : צר Şōr, en Akkadien: Surru, en Grec : Τύρος Týros, en Turc : Sur) est un port Phénicien dans le Gouvernorat (Mouhafaza ou Mofahazat) de l'actuel Sud Liban. Le nom de la ville signifie "rocher" en Phénicien. Elle est situé à environ 80 km au Sud de Beyrouth, à 35 km au Sud de Sidon (Saïda) et à quelques kilomètres au Sud du Litani (ou Léontes).

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Vue de la ville nouvelle de Tyr depuis l'arc de triomphe

 

   Face à la ville insulaire de Tyr se trouvait une deuxième bourgade continentale, Uzzu, c'est dans cette bourgade que les habitants allaient puiser l'eau potable qui était transportée à Tyr par bateau. La ville insulaire fut bâtie sur un îlot rocheux entouré par la mer de tous les côtés, d’où son nom "SR" "le rocher". Elle était séparée du continent par une distance de 600 m. C'est le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) qui fera réunir les deux cités, au cours de son siège de la ville en 332, pour n'en former qu'une.

 

   La ville insulaire possédait de deux ports, un au Nord "le port Sidonien" et l'autre au Sud "le port égyptien". Cette île-ville au milieu de la mer était fortifiée, avec une muraille 4,50 m de haut, celles-ci est appelée à l'origine Ushu et plus tard, Palaetyrus, par les Grecs. Du fait de ses deux ports, la ville possédait une extraordinaire puissance maritime où se croisaient toutes les marchandises connues dans l'Antiquité. Tyr fabriquait en abondance des tissus et de la verrerie. La ville était particulièrement connue pour la production d'une rare et très coûteuse sorte de teinture mauve, produite par un coquillage, le murex, connu sous le nom de violet Tyrien.

 

   Aujourd'hui, Tyr est la quatrième plus grande ville du Liban. Au Nord de Tyr la rivière Nahr el Qasmiyé, qui est la partie inférieure du Nahr el Litani, constituait la frontière Nord entre le royaume de Tyr et celui de Sidon lorsqu'ils se sont séparés. Cependant la frontière Nord s’est quelques fois élargie jusqu’à Sarepta (ou Sarepte ou Serepta ou Zarephath) voire un peu plus. Tyr sera occupée par les Égyptiens, puis les Hittites et comme beaucoup de ses confrères du littoral elle sera ravagée par les Peuples de la mer. Elle est ensuite reconstruite par les habitants de Sidon. Jusqu’au XIVe siècle, elle va assurer l’hégémonie sur les ports de la Phénicie méridionale. La ville possède de nombreux sites antiques, y compris son hippodrome Romain qui a été ajouté sur la liste des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979 (Résolution 459).

 

 

 L'histoire.......

 

Tyr est fondé au IIIe millénaire, vers 2750 av.J.C. Cette cité Phénicienne serait le lieu de naissance légendaire d'Europa et Elissa (Didon). Dans la mythologie Grecque, Europa (Εύρώπη) est une femme Phénicienne de haute lignée, connue aussi sous le nom d'Astarté lunaire. Elissa ou Didon est, selon les sources Grecques et Romaine, la fondatrice et première Reine de Carthage. Elle est surtout connue du compte donnée par le poète Romain Virgile dans son Énéide.

Arc de triomphe de Tyr

 

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   L’histoire de Tyr se confond avec l’histoire de Sidon surtout que, sur plusieurs périodes, les deux villes vont être unifiées. Selon Hérodote (Historien Grec, 484-v.425), qui visite la ville en 450 av.J.C, le nom de Tyr apparaît sur les monuments dès 1300 av.J.C. Il est aussi informé par les Prêtres du temple de Melkart que la ville avait été fondée en même temps que le temple et que Tyr était habitée depuis 2300 ans, ce qui nous a donné la date de v.2750. Cette date est attestée par l’archéologie grâce à un sondage effectué par Patricia Bikai dans le centre de Tyr l’insulaire, qui a livré l'existence de 27 niveaux, dont le premier remonterait de cette époque. Entre le IIIe et la fin du IIe millénaire, Tyr n’a joué qu’un rôle secondaire dans l’histoire de la région, ce qui explique qu'elle n'est pas citée dans les sources de Mari ou d'Ebla

 

   Elle figure dans les textes Égyptiens du IIe millénaire pour sa situation stratégique méridionale. Dans une des Lettres de Tell el-Amarna du Pharaon Amenhotep IV (Aménophis ou Akhénaton, 1353/52-1338) qui ont été conservées on trouve la correspondance du maire de Tyr Abi-Milku qui écrit au Pharaon. Le sujet est souvent l'eau, le bois et comment cela affecte l'île-ville, mais aussi des détails sur les incessantes attaques des Amorrites (ou Amoréens) et les Hittites. Le statut de Tyr, pendant près de 350 ans, entre le règne du Roi Thoutmôsis II (1492-1479) et Ramsès III (1184-1153) lui a permis de profiter de sa position pour développer son rôle comme port stratégique, son commerce et son industrie, surtout par ces relations avec les autres villes du Levant. Point d’arrivée des caravanes d’Orient, elle va être le foyer de l’expansion Phénicienne en Méditerranée. Vers 1200, Tyr va être détruite comme beaucoup de cités du littoral face aux invasions des Peuples de la mer.

   Monnaie Phénicienne

 

 

 

   Les Empires qui avaient dominé la région, notamment les Égyptiens et les Hittites, se retrouvent très affaiblis ou détruits, et dans le vide du pouvoir qui en résulte un certain nombre de villes Phéniciennes créent elles-mêmes d'importantes puissances maritimes. Dès que l’invasion des Peuples de la mer affranchit les Phéniciens de la tutelle Égyptienne, ils établissent de nombreux comptoirs et colonies sur le pourtour de la Méditerranée. C'est Byblos qui va rapidement devenir le principal centre Phénicien et va dominer la Méditerranée et les routes maritimes. Cette hégémonie va durer près de deux cent ans jusqu'à vers 1000 av.J.C. C'est à cette époque que la première inscription en alphabet Phénicien a été constatée, sur le sarcophage du Roi de Byblos Ahiram (ou Ahirom, v.1020). Les inscriptions sur son tombeau sont les plus anciens textes Phéniciens connus. L’invention de l’alphabet et sa mise au point, facilitent partout les opérations commerciales.

 

Hiram montre les plans de Salomon. Gravure de

J.J.Scheuchzer - Augsburg - 1731

   À cette époque un des premier Rois importants de la cité, et le deuxième d'après la traditionnelle liste des Roi de Tyr, est Hiram I  le Grand  (En Hébreu : חִירָם, "hautement né" Hiram, 978-944 ou 969-936 selon la Bible). Il est le fils d'Abibaal. Au début de son règne il signe un traité de paix avec le Roi des Hébreux David (1010-970) qui est en campagne pour conquérir les villes côtières du Sud dans le pays de Canaan. Il restera l’allié des Hébreux sous son successeur Salomon (970-931) qui lui demande de lui fournir du bois de cèdre et des artisans pour la construction du temple de Jérusalem. Les travaux finis, Hiram I donne cent-vingt talents d'or pour décorer le palais et le Temple, en échange Salomon lui attribue vingt villes de Galilée et Sidon (Saïda), la plus importante des villes Phénicienne à cette époque.

 

   Hiram I mène une campagne victorieuse contre la ville d'Acre (ou Akko ou Akka ou Ptolémaïs) et mate une rébellion de la première colonie Tyrénienne, Utique (ou Utica)sur la côté près du site de Carthage. Hiram I reçoit du blé et de l'huile de Salomon en remerciement de son soutien permanant, cependant il lui demande qu'une expédition soit menée dans le pays d'Ophir (Port ou région mentionné dans la Bible) pour ramener de l'or et des pierres précieuses. Son alliance avec Salomon lui assure l'accès aux principales routes commerciales vers l'Égypte, l'Arabie et la Mésopotamie. Les deux Rois vont également unir leurs forces dans la création d'une route de commerce sur la mer Rouge, reliant le port Israélite Ezion-Geber avec Ophir.

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     Le tombeau d'Hiram I

 

   Hiram I effectue de grands travaux à Tyr, il réaménage et agrandit les deux ports en les reliant par un canal traversant la ville. Il élargie la cité par l'adhésion de deux îles sur lesquelles il construit un palais royal et un temple pour le Dieu Melqart. Les archéologues tels que William G.Dever, Israël Finkelstein etc. font valoir que les histoires de Salomon dans la Bible sont exagérés et sans soutien archéologiques. Le prétendu sarcophage d'Hiram I est situé à deux heures de marche au Sud-est de Tyr. C'est un immense sarcophage de calcaire sur un haut piédestal. Hiram I a un enfant Baal-Ezer I (944-927) qui lui succède. À partir du IXe siècle, les marchands Tyriens vont être les premiers à naviguer dans les eaux Méditerranéenne.

 

   Un Roi connu de cette période est Ithobaal I (ou Ethbaal ou Ittobaal, 896-863 ou 887-856) qui après avoir assassiné Phelles (897-896), usurpe le trône de Tyr pour trente-deux ans et va fonder une nouvelle dynastie. Au cours de son règne, Tyr étend son pouvoir sur le continent, ce qui augmente l'ensemble de son territoire sur la Phénicie dans le Nord, jusqu'à Beyrouth et même une partie de l'île de Chypre. Dans le même temps, elle va posséder un immense Empire colonial. Elle fonde des comptoirs sur le littoral proche comme Botrys (Batroun au Liban), sur les îles voisines de la mer Egée comme Rhodes, en Grèce, en mer Ionienne, sur la côte Nord de l'Afrique à Carthage, en Sicile, en Corse, en Espagne à Tartessos et même au-delà des Colonnes d'Hercule à Gadeira (Cadix).

 

   Ithobaal I resserre les contacts diplomatiques avec le Roi d'Israël Achab (873-852) en lui donnant sa fille Jézabel en mariage. Tyr se présente comme une des plus importantes citées qui appuie la lutte anti Assyrienne, la nouvelle puissance montante qui a envahi la région. Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattatias, historien juif, 37-v.100) cité par Mark S.Smith dans l'histoire de Dieu, dit qu'Ithobaal I était un Prêtre d'Astarté. La Smith's Bible Dictionary rapporte que Flavius Josèphe le représente comme un Roi de Tyr et des Sidoniens, car à cette même époque Tyr impose aussi son autorité à Sidon. Ithobaal a deux enfants : Une fille, Jézabel, qui épouse le Roi d'Israël Achab et un fils qui lui succède.

  

   Baal-Ezer II (ou Badezor ou Badezir ou Balbazer, 863-829) monte sur le trône et comme son père va encore renforcer le pouvoir de Tyr. Sous son règne la zone d'influence de la ville va être à son maximum sur le Levant et atteindre une position inégalée dans toutes les périodes de son histoire. De plus sa sœur était Reine d'Israël et sa nièce Athalie va régner comme Reine de Juda (841-835). En 853, Baal-Ezer II va être un des plus importants participants dans la grande coalition de 11 Rois, contre l'Empereur d'Assyrie Salmanasar III (859-824).

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     Reste des anciennes colonnes de Al Mina

 

   Celle-ci formée par les royaumes : D'Égypte, d'Arwad (ou Aradus ou Arados ou Arvad ou Arpad), du Roi Ammonite Ba'sa (ou Baasa), du Roi Irhuleni d'Hamath (ou Hama, une ville sur les rives de l'Oronte dans le centre de la Syrie), du Roi d’Israël Achab (873-852) et d'autres États voisins sous la direction du Roi Hadad VI (ou Hadadézer ou Ben-Hadad II, 880-842) de Damas arrête la même année Salmanasar III à Qarqar (ou Karkar) lors d'une bataille. Également appelé Baalmazzar, Baal-Ezer II aurait rendu hommage à Salmanasar III en 842, au cours de la campagne de ce dernier en Canaan. Cependant il pourrait y avoir confusion avec le Roi d’Israël Jéhu (842-815) qui a rendu hommage en même temps, comme le démontre l'Obélisque noir.

 

   Baal-Ezer II a un fils qui lui succède. Mattan I  (ou Matan ou Mittin ou Muto ou Matagne, 829-820) va est le père de l'historique Pygmalion (également connu sous le nom de Pumayyaton), qui va lui succéder (820-774) et d'Elissa (ou Didon) qui, selon les sources Grecques et Romaine, est la fondatrice et première Reine de Carthage. Dans la mythologie Grecque, Pygmalion est le fils de Bélos Roi de Tyr. Pygmalion monte très jeune sur le trône après la mort de son père. Il assassine alors son beau-frère, le Grand Prêtre Sicharbas (ou Sychée ou Sikhabas), qui passe pour le plus riche des Phéniciens selon Virgile), pour s'emparer de ses richesses, ce qui provoque l'exil de sa sœur (qui fondera Carthage). Passé la légende, pendant le règne de Pygmalion, Tyr semble avoir déplacé le centre de son Empire commercial du Moyen-Orient à la Méditerranée, comme on peut en juger par la construction de nouvelles colonies.

 

   Pygmalion épouse Astarté et a un enfant Paphos (774-750) qui lui succède. Malgré sa puissance Tyr va tomber devant les nouvelles attaques des Assyriens et Sidon s’en sépare après le refus de coopération avec ces derniers. Ainsi, l’arrière-pays de Tyr devient une province Assyrienne et elle ne peut échapper au tribut imposé en 839, par l’Empereur Assyrien Salmanasar III (859-824). Plus tard sous le Roi Hiram II (739-730), Téglath-Phalasar III (745-727) renouvèle l'obligation du tribut et Hiram II se reconnait vassal de l'Assyrie.

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L'agora Romaine

 

    Ceci va marquer un affaiblissement politique de la ville, mais l’activité commerciale et maritime va continuer à évoluer malgré quelques périodes d'arrêt. Lui succède sur le trône,  Lulle (ou Elulée ou Luli en Assyrien ou Elulaios dans sa forme Hellénisée, 729-694) qui est Roi de Tyr et de Sidon, peut-être son fils. Le règne de Lulle est caractérisé par plusieurs guerres avec l'Assyrie. Il va se révolter plusieurs fois. De 724 à 720, Tyr est en état de siège, le port étant bloqué par Salmanasar III. Pendant le règne de Sargon II (722-705), les Assyriens avaient occupée Chypre, mais après la mort de Sargon II, en 705, Elulée récupère l'île et sa colonie de Kition (ou Citium, moderne Larnaca).

 

  La même année il profite de l'avènement de Sennachérib (705-681) et se soulève de nouveau, en s'alliant en 703 à une énorme coalition anti-Assyriens (voir à Lulle - Sidon). Cependant la rébellion est très vite matée. En 701, après une autre révolte, Sennachérib le force à fuir à Kition. Tyr perd le contrôle de Sidon (Saïda) et Acre (ou Akko ou Ptolémaïs). Après la mort d'Elulée, le royaume de Tyr est gouverné par une série de monarques et Gouverneurs pro-Assyrien.

 

   L'Empereur Assyrien suivant Assarhaddon (681-669), lors de ses préparatifs pour envahir l'Égypte, signe un traité avec le Roi de Tyr qui s'engage à mettre sa flotte à son service. Ce dernier trahi sa promesse et Assarhaddon assiège la ville, mais sans pouvoir l'emporter. Le Roi suivant Baal I (680-660) est tributaire des Assyriens, qui avaient conquis le reste de la Phénicie, il doit envoyer son fils Yehawmelek en Assyrie avec lourd tribut. Il est alors récompensé pour sa fidélité, après le pillage de Sidon, par Assarhaddon qui lui remet une part du butin. Il pourrait aussi avoir aidé les Assyriens dans leur guerre contre l'Élam. Selon certains spécialistes il serait d'origine Assyrienne.   Sous le règne de son successeur, l’Empereur Assurbanipal (669-626), Tyr reste soumise. Pour agrandir la cité, le Roi Hiram III (551-539) fait partiellement combler l'espace séparant l'îlot de Tyr du continent, mais Tyr conserve une position défensive très forte. Sous le règne d’Ithobaal III (590-573) lorsque le Roi de Babylone Nabuchodonosor II (605-562) accède au trône, après la chute de la capitale Assyrienne Ninive en 612, il assiège Tyr. Celui-ci va durer pendant 13 ans, mais sans succès pour le Babylonien. Quelques hypothèses présument qu'une sorte de compromis est signé entre les Tyriens et les Babyloniens au terme duquel Tyr conserve une certaine autonomie.

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Le siège de Tyr par André Castaigne

 

   Cependant ce sera le Roi de Babylone Nabonide (ou Nabounaid, 555-539) qui nommera le Roi de Tyr Hiram III (ou Merball, 551-539 ou 551-532). Après la chute des Babyloniens face au Perse Achéménide Cyrus II le Grand (558-528) et la prise de Babylone le 12 octobre 539, une nouvelle ère de domination pour Tyr débute. La cité est intégrée dans l'Empire Perse, ce qui n'empêche pas les Phéniciens de commencer à battre monnaie. Tyr sera la première vers le début du Ve siècle. La cité va fournir des flottes aux souverains Achéménides, surtout lors de leurs guerres contre les Grecs.

  

   Les Tyriens vont rester allié des Perses jusqu'à leur chute. En 333, le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) gagne la bataille d'Issos sur le dernier Roi Perse Darius III, puis il se dirige vers la côte Phénicienne. Les Phéniciens représentent pour Alexandre une menace car leurs navires constituent l'essentiel de la flotte Perse présente en mer Égée. Les cités de la région se rallient volontairement et pacifiquement a Alexandre, seule Tyr et son Roi Azemilcos (ou Azemilcus, 'zmlk, v.340-332) résistent. Alexandre demande à Azemilcos la possibilité d'entrer dans Tyr pour y sacrifier au Dieu Melqart mais le Roi, qui craint cet acte de soumission, refuse. En janvier 332, Alexandre assiège la ville, siège qui durera pendant 7 mois. Face à des murailles qui résistent, il décide de construire une jetée reliant le continent à l'île, par cette idée de génie il conquiert la ville.

 

   Azemilcos et d'autres notables, y compris les envoyés de Carthage, prennent refuge dans le temple de Melkart et Alexandre épargne leur vie. Après la mort d’Alexandre (juin 323) et du partage de son Empire, la Syrie/Palestine va être le terrain d'un conflit entre les Diadoques. Un de ceux-ci, Ptolémée I Sôter (Roi 305-282), qui a fondé la dynastie Lagide en Égypte, se tourne vers la Phénicie. Il occupe Tyr et les autres cités de la région. Un autre Diadoque Séleucos I Nikâtor (Roi 305-280) fonde lui la dynastie Séleucide et se nomme Roi de Syrie en 305. Une guerre éclate entre les deux puissances qui ne se termine qu'avec la Bataille d'Ipsos en 301. En 290, la Phénicie et Tyr, deviennent possession Lagide. C'est sous leur règne que la première ère Tyrienne débute (275/274).

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Monnaie de Tyr au IIIe s. ap.J.C

 

   L’affaiblissement de l’état Lagide à la mort de Ptolémée IV Philopator (222-204) marque la fin de la domination de l'Égypte sur la Phénicie. Celle-ci passe, vers 200, sous la celle des Séleucides qui vont garder la région jusqu'en 84 av.J.C.  Cependant, en 126, Tyr réussie à se démarquer de cette tutelle et retrouve son indépendance face aux Séleucides. En 64 la ville passe sous la pax romana, incorporée à l’Empire Romain elle devient une ville de province paisible, mais elle continue à maintenir une grande partie de son importance commerciale jusqu'à l'ère Chrétienne. La présence de la digue affecte les courants d'eau à proximité, causant des sédiments qui vont s'y déposer. Ceux-ci accumulés depuis des années rendent la connexion avec le continent permanente. La cité regagne un peu de son passé avec les Romains, l'hippodrome de Tyr est l'un des plus grands hippodromes Romains construit (Mais, inachevé). Une église Chrétienne y est ensuite fondée et les Actes des Apôtres déclarent que Saint Paul y passe sept jours en revenant de Chypre (Ac 21:3). Un évêché est attesté dès la fin du IIe siècle ap.J.C. Un concile s'y tiendra en 355. Tyr tombera sous l’occupation arabe en 638 ap.J.C.

 

 

   

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Colonnades Romaines   La nécropole   les Arcades   Colonnades du temple Les grands thermes

 

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :

 

Élisabeth Fontan et Hélène Le Meaux :

- La Méditerranée des Phéniciens de Tyr à Carthage : [exposition, Paris, Institut du monde arabe, 6 novembre 2007-20 avril 2008], Institut du monde arabe, Musée du Louvre (Paris), Somogy, 2007.

Eric Gubel :

- Redt Tyr - Sauvons Tyr. Histoire Phénicienne - Fenicische geschiedenis, Uitgeverij Peeters, Leuven, 1983.

Nina Jidejian et Denise Halard-Jidejian :

- Tyr à travers les âges, Librairie orientale, Beyrouth, 1996.

Jacob H.Katzenstein :

- The History of Tyre. From the beginnings of the second millenium B.C.E. until the fall of the neo-babylonian Empire in 538 B.C.E., The Schocken Institute for Jewish Research, Jerusalem, 1973-1997.

- Tyre in the Early Persian Period (539-486 B.C.E.), pp. 23-34, The Biblical Archaeologist 42, N°1, 1979.

Jean-Paul Rey-Coquais :

- Inscriptions Grecques et Latines de Tyr, Minstère de la culture, Direction Générale des Antiquités, Beyrouth, 2006.

Jules Rouvier :

- Numismatique des villes de Phénicie, Tome 1 et 2, Tyr, Barth et von Hirst, Athen, 1903 et 1904.

Mark S.Smith :

- Untold Stories : The Bible and ugaritic studies in the Twentieth Century, Hendrickson Publishers, Août 2001.

Karine Safa :

- Le siège de Tyr : une ville de Phénicie tient tête au conquérant Alexandre le Grand, Librairie Sader, Beyrouth, 2002.

Karine Safa, Aurélie Blanz :

- La mythologie Phénicienne, Actes Sud Junior, Arles, 2004.

 Ernest Will :

- Die Götter von Tyros, Ur und Frühzeit 16, N° 1, Hornburg, 1989.

 

 

 Pour plus de détails voir aussi :   Baalbek - Byblos - Dor - Tripoli du Liban

    Ougarit - Sidon - Les Cananéens

 

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