Les Phéniciens, les Cananéens

Les Araméens

de  vers  1200  à  730

Les Hébreux, Juda et Israël

 

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 Pour plus de détails voir aussi l'article sur :   Damas

 

 

Sommaire

 

Localisation

Origines

La langue et l'écriture

L'histoire

Bibliographie

 

 

Une des portes de la ville

de Damas

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Localisation 

 

   Les Araméens (ou Amramean ou Aramäer), sont un peuple sémite du Moyen-Orient, semi-nomades de pasteurs, qui vivaient en haute Mésopotamie et en Syrie. Les grandes puissances telle que l’Égypte, la Babylonie, l’Assyrie étant affaiblie, ces tribus nomades s’installent dans le couloir Syro-palestinien. Plusieurs royaumes Sémitiques, d’abord nomades, se fixent le long de l’Euphrate au Xe siècle.

 

Byblos Sidon Tyr Ascalon  (Ashkelon) Gaza Samarie Royaume d'Israël Jericho Jerusalem Royaume de Juda Le royaume d'Edom Petra Nabata Royaume du Moab (les Moabites) Ammonite Les Araméens Les Assyriens Damas Royaume de Damas L'Assyrie Royaume de Damas Royaume d'Ammon, les Ammonites Royaume d'Israël Tyr Les Araméens Royaume du Moab, les moabites Royaume d'Edom, les Edomites Royaume de Juda Les Philistins Les Nabatéens Royaume d'Edom, les Edomites Petra Rabbath-Ammon  (ou Amman ou Philadelphia) Nabatu  (Les Nabatéens) Be'er Sheva  (ou Beer Sheva) Acre  (ou Akko  ou  Ptolémaïs) Nabatu  ( Les Nabatéens) Dibon Dor  (ou Dora) Baalbek Ashdod  (ou Asdod) Jaffa Pella

 

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  Les royaumes s’étendaient jusqu’en territoire Assyrien, ses derniers en 733 rasent la ville de Damas, qui centrée sur son oasis s’était constituée en royaume. L’écriture Araméenne était issue de l’alphabet Phénicien.

 

  Leurs premières traces sont signalées par une inscription du Roi Naram-Sin d'Akkad (2255-2218). Elle fournit la plus ancienne référence à "l'Aram" (Définissant le lieu), mais les chercheurs sont en désaccord quant à l'emplacement réel et à la signification de ce mot "Aram". Pour la ville de Damas on parle souvent de royaume d'Aram. On a trouvé d'autres très anciennes références à un endroit où les gens de "Aram" ont fait leur apparition : Dans les archives de Mari (vers 1900), celles d'Amarna (Tell el-Amarna, vers 1350), puis celles d’Ougarit (vers 1300). Dans la Bible Hébraïque est mentionné cinq fois, "Aram-Naharaim" (ou "Aram des deux rivières"). Cette région est généralement identifiée avec Naharina (ou Nahrima), mentionnée dans trois tablettes d'Amarna. C'était la terre ou la ville de Haran.  Selon une tradition rabbinique Juive, ce serait le berceau d'Abraham.

 

   D'autres entités avec le nom "Aram" sont mentionnées dans la Bible Hébraïque : Aram-Damas (ou Aram-Damascus), qui  était un État Araméen centré autour de Damas en Syrie, de vers 1200 jusqu'à 733/732, Aram-Rehob qui fut l'un des premiers royaume Araméen, dont le chef-lieu était Rehob (ou Beth-Rehob) et Zobah (ou Aram-Zobah) qui était la capitale d'un état Araméens dans le Sud de la Syrie située probablement entre Hamath (ou Hama, une ville sur les rives de l'Oronte dans le centre de la Syrie) et Damas, près de la ville de Berothah (Berothai). Il fut d'une importance considérable. Dans le livre de Samuel (XIV. 47) son Roi est censé avoir combattu avec Saül, mais ce fait est jusqu'à aujourd'hui non confirmées. 

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Livre écrit en Araméen (Serto Syriaque) du monastère

      de Sainte-Catherine, Mont Sinaï - XIe siècle

   Un autre de ses Rois, Hadadezer ("aide Hadad" ou Hadadezer Ben Rehob ou Hadadezer Bar Rehob, début du Xe siècle), fils de Rehob, s'allie avec les Ammonites contre David, qui a vaincu Zobah et mis le royaume vassal d'Israël (II Samuel x.). Dans cette guerre Hadadezer est aidé par les Araméens d'au-delà de l'Euphrate (Sam II. X. 16). Lors de la prise de pouvoir de Salomon, Zobah redevient indépendante d'Israël. Après le Xe siècle, Zobah n'est plus mentionnée dans la Bible, mais la ville de Subiti, qui est mentionné dans les annales de l'Empereur d'Assyrie Assurbanipal (ou Assur-Banapliou ou Assourbanipal, 669-626) comme ayant été conquise par lui, est probablement la même que Zobah. 

 

 

Origine 

 

  Les Araméens sont identifiés comme des tribus semi-nomades et pastorales et ils s'implantent en Mésopotamie du Nord, en Syrie et sur la côte Phénicienne après l'effondrement de l'Empire Hittite, vers 1200. Ils n'ont jamais eu un empire unifié, ils ont été divisés petits en royaumes indépendants dans tout le Proche-Orient. Pourtant, ils vont avoir le privilège d'imposer leur langue et leur culture à l'ensemble de ce Proche-Orient. Leur origine géographique, comme celle des Amorrites, n'est pas, même aujourd'hui, bien définie en raison de la quantité limitée inscriptions concernant leur mention en Mésopotamie. Les hypothèses anciennes, qui supposaient pour l’ensemble des Sémites, un berceau en Arménie ou dans la chaîne de hautes montagnes du Pamir ou en Arabie, ne sont plus retenues. Les spécialistes, aujourd'hui, penchent plus pour un mode de vie commun plutôt qu'une origine géographique commune. Les tribus se seraient formées instinctivement à l’intérieur du système économique Syro-Mésopotamien. La question de l'identification ethnique est débattue au sein de la communauté araméenne, c'est pourquoi les Araméens modernes sont identifiés comme : des Assyriens ou des Syriaques ou des Assyro-Chaldéens.

 

 

 

Langue  et  écriture

 

   Les Araméens n'ont jamais eu un Empire unifié, ils ont été divisés petits en royaumes indépendants dans tout le Proche-Orient. Pourtant, ils vont avoir le privilège d'imposer leur langue et leur culture à l'ensemble de ce Proche-Orient. Une des plus grandes collections de textes en Araméen Achéménide, au nombre de 500 environ, est celle des "tablettes des fortifications de Persépolis", découverte durant les fouilles de la ville par Ernst Herzfeld et Erich Frederich Schmidt.

 

   Les Araméens sont généralement définie par l'utilisation de cette langue araméenne, d'abord écrite en utilisant l'alphabet Phénicien légèrement modifié. Leur langue, appartient comme l'Hébreu, l'Ammonite et d'autres, au groupe de dialectes sémitiques du Nord-ouest. Dès le VIIIe siècle av.J.C, l'araméen (langue et écriture) est en concurrence avec l'Akkadien (langue et écriture cunéiforme) en Assyrie, puis se répand dans tout l'Orient.

 

   Au VIe siècle, lorsque les monarques de l'Empire Perse Achéménide veulent un langage qui peu être compris par tous leurs sujets dans leur Empire, ils choisissent l'Araméen qui devient aussi la langue administrative. Le Grec en tant que langue verra le jours dans cette Empire que plusieurs siècles plus tard, au IIIe siècle av.J.C, lorsque l'Araméen aura perdu de son prestige parce qu'une langue trop sophistiquée.

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Stèle où figure une dédicace en Araméen

 au Dieu Salm - Ve s. av.J.C- Musée du Louvre

 

   La langue resta quand même le dialecte commun de tous les peuples du Proche-Orient et ce jusqu'à l'invasion arabe en 650 ap.J.C. Elle a donné son nom à l'alphabet Araméen avec lequel elle était écrite. L'Araméen est aujourd'hui un groupe de langues et dialectes sémitiques de la famille des langues afro-asiatiques. Selon le linguiste Klaus Beyer, l'histoire de la langue Araméenne se décompose en trois grandes périodes :

 

▪ L'Araméen ancien (1100 av.J.C-200 ap.J.C) avec notamment : L'araméen biblique de la Bible Hébraïque, l'Araméen de Jésus, l'Araméen du Targums, le tournant du Vieux-araméen serait au environs de 500 av.J.C quand la langue change en Araméen Impérial, la lingua franca de l'Assyrie, les néo-Babyloniens et l'Empires  Perse Achéménide.

 

▪ L'Araméen Moyen (200-1200) avec notamment : Le Syriaque littéraire, l'Araméen des Talmuds et Midrashim, l'Araméen Nabatéen.

 

▪ L'Araméen moderne (à partir de 1200) avec notamment : Diverses langues vernaculaires modernes. Ces langues ne sont pas toutes mutuellement compréhensible, par exemple le Syriaque orientale est appelée Chaldéen ou Assyrien. Il reste par contre très peu de vestiges de l'Araméen occidental, qui aujourd'hui n'est parlé que dans le village Chrétien de Ma'lula en Syrie et les villages musulmans de Bakh`a et Jubb'Adin dans les montagne de l'Anti-Liban (Chaîne de montagnes parallèle à la chaîne du Mont Liban, dont elle est séparée par la vallée de la Bekaa).

 

 

Fresque dédiée aux Dieux Bêl, Ba’alsâmin, Yarhibôl et ’Aglibôl - Palmyre - 121 ap.J.C-

Musée des beaux arts de Lyon

 

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 L'histoire.......

 

    Les tribus pasteurs et nomades ont toujours été une caractéristique du Moyen-Orient, mais leur nombre semble varier en fonction des conditions climatiques et de la force des Empires qui se sont créés. La période 1800-1300 semble avoir été une période d'aridité croissante qui a incité les éleveurs à passer une plus longue transhumance avec leurs troupeaux. Les zones urbaines ont diminué d'importance, jusqu'à ce que finalement tout un mode de vie nomade d'éleveurs soit arrivé à dominer la région. Au début du XIVe siècle, une grande partie de l'Israël était Araméenne. Ces tribus pratiquent en Babylonie des raids. Les Araméens pillent les campagnes et attaquent les caravanes. Ils sont une menace pour le commerce de longue distance et le prestige royal s'en ressent.

 

   Les citadins riches achètent la protection des Araméens. Les opposants à ce système se réfugient au Pays de la Mer et incitent les Rois de Babylone à reprendre la guerre. Selon le livre biblique des Juges, Othniel (ou Othiel Ben Kenaz, en Hébreux עָתְנִיאֵל בֶּן קְנַז, premier des Juges bibliques) aurait été vaincu par une armée commandée par le Roi d'Aram-Naharaim, (ou "Aram des deux rivières") Shushan-Rishathaim (En Hébreux, כּוּשַׁן רִשְׁעָתַיִם). Au XIVe siècle on trouve la trace d'un peuple Araméen, les Ahlamû ("vagabonds" ou Akhlamû-Araméens ou Ablamu-Arameens).Le nom Ahlamû est mentionné pour la première fois dans les lettres d'Amarna. La présence des Ahlamû est également attestée en Assyrie et même à Nippur et Dilmun (Bahreïn). L'Empereur d'Assyrie Salmanasar I (1275-1245) vainquit le Roi du Mitanni Shattuara II (v.1280-v.1270) qui s'était révolté avec l'aide de mercenaires Hittites et Ahlamû. Un terme équivalent apparaît chez les Égyptiens, Shasou (Shsw "vagabond"). Ceux-ci sont mentionnées comme la principale source d'instabilité dans l'Empire Égyptiens du Levant à partir du règne de Toutânkhamon (1336/35-1327). Ils sont encore cités un peu plus tard. 

 

Tablette cunéiforme d'argile - Musée de Persépolis

 

   Les Ahlamû auraient coupé la route de Babylone à la capitale Hittite Hattousa et l'Empereur d'Assyrie Toukoulti-Ninourta I (1245-1208) affirme qu'il a conquis Mari, le Hana, Rapiqum sur l'Euphrate et "la montagne de l'Ahlamû", apparemment la région De Djebel Bisri. Enfin sur une inscription de l'Empereur d'Assyrie Téglath-Phalasar I (1116-1077), il les appelle "Akhlamû-Araméens" (Ahlame Armaia). Puis les Ahlamû vont disparaître des anales Assyriennes pour être remplacé par les Araméens (Aramu, Arimi).    

 

   Toutefois il est possible que les deux peuples n'aient rien de commun, mais simplement habités la même zone. Au XIe siècle les Araméens s'établissent en Syrie. La Bible nous dit que les Rois Hébreux Saül (1030-1010), David (1010-970) et Salomon (970-931) ont lutté contre les royaumes Araméens à la frontière Nord d'Israël : Aram-Sôvah dans le Beq'a, Aram-Bêt-Rehob et Aram-Ma'akah autour Mount Hermon et enfin Damas.

 

Statue du temple Araméen de Tell Halaf

 

   Plus au Nord, les Araméens étaient en possession d'Hamath (ou Hama, une ville sur les rives de l'Oronte dans le centre de la Syrie) et ils vont devenir assez fort pour se dissocier du bloc néo-Hittite.  Au cours du Xe et IXe siècles, ils vont conquérir Sam'al (Zenjirli), également connu sous le nom de Yamkhad, de la région d'Alep, puis Arpad qu'ils rebaptisent Bît-Agushi et Til Barsip, qui est devenu le chef-lieu de Bît-Adini (Également connu sous le nom de Beth Eden). Dans le même temps, les Araméens se sont déplacés à l'Est de l'Euphrate où ils se sont établis aussi grand nombre dans l'ensemble de la région que l'on a appelé Aram-Naharaim (ou "Aram des deux rivières").   

 

   L'un de leurs premiers royaumes de la Mésopotamie était Bît-Bahiâni (Tell Halaf). L’Empereur d’Assyrie Adad-Nirâri II (912-891) est attaqué par les Babyloniens alliés à ces Araméens, mais il va battre deux de ses Rois. Il se réconcilie avec le second et inaugure un protectorat Assyrien sur la Babylonie durant deux siècles. Les Assyriens exterminent alors quelques Araméens pour le plaisir. Les Rois de Babylone veulent définitivement s'affranchir de ce joug, en 878, ils tentent de porter secours à des Araméens attaqués par l'Assyrien Assur-Nasirpal II (884-859), mais ce dernier gagne et sème la terreur dans le pays.

 

   Au cours du IXe et VIIIe siècle, tous les petits royaumes Araméens vont être envahit par les Empereurs successifs d'Assyrie Adad-Nirâri III (810-782), Assur-Nasirpal II et son fils Salmanasar III (859-824), qui a détruit un grand nombre de petites tribus. Il a apporté de ce fait aux Assyriens le contrôle de la Syrie, de son commerce local et de ses ressources naturelles. Certains Empereurs Assyriens ont même pris des épouses Araméennes. Les Araméens maintenant mêlés aux populations locales vont suivre le cours de l'histoire de ces régions où Néo-Babyloniens, Perses Achéménides, Macédoniens, Séleucides et ou Romains vont se succéder.

 

 

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur les Araméens voir les ouvrages de :

 

Noël Aime-Giron :

- Textes Araméens d'Égypte, Imprimerie de l'IFAO, Le Caire, 1931.

William Foxwell Albright et Albert Vincent :

- La religion des Judéo-araméens d'Éléphantine, p. 128, Jewish Social Studies 1, N°1, Janvier 1939.

Françoise Briquel-Chatonnet :

- Les Araméens a l'âge du fer: Histoire politique et structures sociales, pp. 125-127, JNES 61, N°2, Chicago, Avril 2002.

- Les Araméens et les premiers arabes, Edisud, Aix-en-Provence, 2004.

Sébastien De Courtois :  

- Le génocide oublié : Chrétiens d'Orient, les derniers Araméens, Ellipses, Paris, 2002.

Sébastien De Courtois et Douchan Novalovik : 

- Les derniers Araméens, le peuple oublié de Jésus, La Table Ronde, Paris, 2005.

André Dupont-Sommer :

- Les araméens, A. Maisonneuve, Paris, 1949.

Emil Gottlieb Heinrich Kraeling :

- Aram and Israel, or, the Aramaeans in Syria and Mesopotamia, Columbia University Press, New York, 1918 - AMS Press, New York, 1966.

Pierre Grelot :

- Documents Araméens d'Égypte, Éditions du Cerf, 1972.

Edward Lipiński :

- The Aramaeans : Their ancient history, culture, religion, Verlag Peeters, Leuven, 2000.

Paulette M.Michèle Daviau, John William Wevers, Michael Weigl et Paul-Eugène Dion :

- The world of the Aramaeans, Collection : Journal for the study of the Old Testament, Sheffield Academic Press, Sheffield, 2001.

Hélène S.Sader :

- Les états Arameens de Syrie depuis leur fondation jusqu'à leur transformation en province Assyrienne, Orient-Institut der Deutschen Morgenlandischen Gesellschaft, Beirouth, Wiesbaden, 1987.

Ursula Schattner-Rieser :

- Textes araméens de la mer Morte, collection : Langues et cultures anciennes 5, éditions Safran, Bruxelles, 2005.

Glenn M.Schwartz :

- The origins of the Aramaeans in Syria and northern Mesopotamia : Research problems and potential strategies, To the Euphrates and Beyond, Brookfield, Rotterdam, 1989.

Jeffrey Justin Szuchman :

- Prelude to Empire : Middle Assyrian Hanigalbat and the rise of the Aramaeans, UCLA, 2007.

Merrill Frederick Unger :

- Israel and the Aramaeans of Damascus : A study in Archaeologicalillumination of Bible history, Collection : An Evangelical Theological Society publication 2, Zondervan, Grand Rapids, 1957 - J.Clarke & Co., London, 1957.

 

 Pour plus de détails voir aussi l'article sur :   Damas

 

 

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