Les Hébreux, les Royaumes de Juda et d'Israël

Les  Séleucie

Les Hasmonéens

 

Accueil Syrie/Palestine Accueil du Site Imprimer la page Plan général du site

Nous avons besoin de vous

 Pour plus de détails voir aussi :   L'histoire des Séleucides

 

 

 

Antioche Séleucie de Piérie Apamée sur l'Oronte Laodicée  (ou Latakia)        Les principales villes Séleucides 

 

  

Séleucie  de  Piérie

 

   Séleucie de Piérie (ou Suedia, en Grec : Σελεύκεια Πιερία Seleucia Pieria) est un port du royaume de Syrie. Le nom moderne est Çevlik, c'est un village près de Samandağ dans la province de Hatay en Turquie. Séleucie faisait partie de la "Tétrapolis Syrienne" (Quatre villes Syriennes), les trois autres villes étaient : Antioche, Apamée sur l'Oronte et Laodicée. Appien d'Alexandrie (Historien Grec, 90-v.160) dit que quand Séleucos I Nikatôr (305-280) était sur le point de construire la ville "un coup de tonnerre a précédé la fondation" et ce serait la raison pour laquelle il a consacré le Dieu tonnerre comme une divinité de l'endroit.

 

    La ville est construite, un peu au Nord de l'estuaire de l'Oronte, entre les petits cours d'eau sur les versants Ouest du Coryphée (Coryphaeus), l'un des sommets du Sud de la montagne Amanus. Les Macédoniens appelaient ce paysage Pieria, d'après un district dans leur pays d'origine qui est également entre la mer et une chaîne de montagnes (Olympus).

 

L'histoire.......

 

  Des artefacts découverts dans des grottes surplombant la mer, vers la fin des années 1950, indiquent que le site a été habité autour de l'an 700. Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180) cite une colonie Grecque lors de la domination Assyrienne et Jean Malalas (v.490-578, auteur de la plus ancienne chronique Byzantine conservée) parle des bâtiments sur les pentes des collines qui seraient antérieures à la fondation de Séleucie de Piérie.

Cliquez pour agrandir l'image

 

   Tombes dans la roche de Séleucie

 

   Séleucie de Piérie est fondée en 300 av.J.C par Séleucos I Nikatôr (305-280) l'un des successeurs du grand conquérant Macédonien Alexandre le Grand (336-323) et le fondateur de l'Empire Séleucide. Libanios (Auteur Grec de prose, 314-394) décrit son mythe fondateur qui donne l'emplacement de la ville choisi par un aigle. Un comptoir Grec semble avoir existé avant Séleucie de Piérie, mais pas sur le site même. La ville va fonctionner comme le port commercial et naval d'Antioche sur l'Oronte (aujourd'hui Antakya). On sait très peu de chose sur les cinquante premières années de la cité.

 

 Cliquez pour agrandir l'image

Monnaie de Séleucie de Piérie

    Diodore de Sicile (Historien Grec, v.90-v.30) nous dit que la ville fut peuplée à partir d'autres habitants importés d'une autre ville hellénistique, Antigonia (Histoires, 20.47.5) et de Juifs. Tout laisse à penser que Séleucie de Piérie était prévue pour être la capitale du royaume Séleucide, tout du moins tels semblent avoir été les plans initiaux, et devenir une cité capable de rivaliser avec Alexandrie. Elle va être d'une grande importance dans la lutte entre les Séleucides et les Ptolémée. En 246, les Séleucides vont perdre temporairement la cité face à Ptolémée III Évergète I (246-222), lors de la Troisième Guerre de Syrie (246-241). La ville est récupérée par le Roi Antiochos III Mégas (223-187) au cours de la Quatrième Guerre de Syrie (219-217) et éclipse Alexandrie d'Issos comme le principal port de la Syrie. C'est en 219 qu'elle réapparaît dans les annales, décrite par Polybe (Général, homme d'État et historien Grec, v.205-126 av.J.C) qui raconte comment la cité est reprise aux Égyptiens. Le port semble avoir pris à cette époque une très grande importance militaire. Toujours Polybe, citant Apollophanes, le conseiller d’Antiochos III, nous dit : "Que si la cité restait au pouvoir de l’ennemi, elle constituerait un obstacle de première grandeur à toutes les entreprises du Roi..."

Cliquez pour agrandir l'image

Sarcophage Romain de Séleucie -

v.250 ap.J.C- Musée d'Antioche

 

   Cependant pendant ce laps de temps ou la cité appartient aux Égyptiens elle stagne, alors qu'Antioche, elle, se développe et devient la plus importante ville de l'Empire Séleucide. Séleucie de Piérie sera un moment supérieure à Antioche, en 109, lorsque le contrôle de cette dernière sera l'enjeu de la lutte entre Antiochos VIII Gryphos (125-96) et Antiochos IX Cyzique (114-95) et elle va même acquérir une certaine indépendance.

 

   Lorsque l'Empire Séleucide est envahi et tombe entre les mains du Roi d'Arménie Tigrane II (95-54), Séleucie de Piérie résiste aux attaques. Puis quand ce dernier est battu par le général Romain Pompée (106-48), qui rétablit un Roi Séleucide au pouvoir, Pompée récompense la cité en lui donnant le statut de ville indépendante mais qui reste tout de même sous contrôle Romain. De cette période nous n'avons que de rares témoignages sur Séleucie relatant des faits intérieurs de sa situation économique ou de ses relations avec son entourage.

 

Cliquez pour agrandir l'image

 

Tunnel de Titus

   À la même époque il donne la ville d'Antioche au Roi de Commagène Antiochos I Théos (69-38), dont le royaume se trouve pourtant à une certaine distance, ce qui fait qu'en fait la cité a une autonomie substantielle. Séleucie de Piérie possède deux ports. Un de ceux-ci est utilisé parfois par la marine Romaine. Cependant, les ports vont, avec le temps, s'ensabler. Plusieurs Empereurs Romains vont faire creuser des canaux et des tunnels afin d'empêcher ce processus, mais ce sera en vain. L'un de ces canaux fut, selon Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattatias, historien Juif, 37-v.100), creusé par les esclaves Juifs, qui travaillaient sous les ordres du futur Empereur Romain Titus (79-81), lorsqu'il prit Jérusalem en 70 (D'autres prisonniers de guerre étaient envoyés à Rome où ils ont construit le Colisée).

Cliquez pour agrandir l'image

 

Nécropole de Séleucie de Piérie

 

   Il faisait près de 1400 m de long et une partie traversait un tunnel qui a été conçu par les ingénieurs de la dixième légion Fretensis. La mise en œuvre d’une telle construction souligne, l’importance militaire capitale de ce port pour les Romains. Selon une inscription, il ne sera terminé que sous le règne de l'Empereur Antonin le Pieu (138-161). Les derniers ouvriers de cet ouvrage ont été la legionaris III Scythica et XVI Flavia Firma. Ce ne fut toutefois pas la dernière tentative d'améliorer les ports, au IVe siècle, ils sont restaurés à nouveau par l'Empereur Constance II (337-361). À cette époque, Séleucie de Piérie est déjà devenue Chrétienne. Paul de Tarse et Saint-Barnabé sont partis de ce port pour leur premier voyage missionnaire (Actes 13:4). Le plus ancien Évêque de Séleucie connu est Zenobius, il était présent au Concile de Nicée (325).

 

   Parmi les autres Évêques il y en a aux noms : d'Eusebius, d'Arian et un Bizus au IVe siècle. La "Notitia episcopatuum" d'Antioche, déclara Séleucie de Piérie archevêché autonome au cours du VIe siècle. Au Ve siècle, la lutte contre l'ensablement a finalement été abandonnée. Il est possible que la main-d'œuvre manquait car la ville avait été pillée par des brigands Isauran en 403. La cité subira aussi de lourds tremblements de terre en 526, accompagné d'un tsunami et en 528 qui finira de détruire de ce qui restait de la ville. Ces phénomènes ont entraîné une élévation du niveau de la terre d'environ 1.5 m, suivi d’un ensablement accéléré qui a pu finir par rendre le port inutilisable. Douze ans plus tard, les Perses Sassanides prendront la cité sans défense. Enfin les historiens s’accordent généralement à dire que la présence arabe, à partir de 638, conquête d’Antioche par le Calife Omar I, entraîna un déclin général de Séleucie de Piérie et d'Antioche.

 

Monuments  et  nécropole

 

 Cliquez pour agrandir l'image

Cliquez pour agrandir l'image

Cliquez pour agrandir l'image

 

Ruines de la citadelle

Un canal de Séleucie

Intérieur d'une tombe

   La ville haute, à environ 13 km de circonférence et est toujours visible. La ville basse est plus petite que la précédente et était plus densément peuplée. Quelque part dans Séleucie de Piérie se trouve le mausolée de Séleucos I Nikatôr, qui en septembre 280 a été assassiné par Ptolémée Kéraunos. Il est dit que le Prince de Pergame Philetairos (ou Philétairos ou Philétaire, 282-263) aurait acheté le corps à Ptolémée Kéraunos pour une grosse somme d'argent, qu'il l'aurait brûlé et envoyé les cendres au fils de Séleucos I, Antiochos I Sôter (280-261).

Cliquez pour agrandir l'image

Cliquez pour agrandir l'image

   Pont sur un canal

Autre vue du tunnel de Titus

 

   Celui-ci les aurait déposées à Séleucie de Piérie où il y fait ériger un temple consacré à son père, auquel il donne le nom de Nicatoreum. Séleucos I y fut vénéré en tant que Zeus Nikatôr. Parmi les autres constructions importantes on trouve une nécropole qui n'a à aujourd'hui que peu d'intérêt, certains ouvrages d'irrigation dont le tunnel et les canaux de l'Empereur Titus, une rue avec plusieurs tombes creusées dans la roche et les tombes Cave des Beşikli, qui peuvent être datées du Ier au Ve siècle ap.J.C et certaines fortifications très endommagées. Bien que de nombreuses tombes aient été retrouvées près de Séleucie de Piérie, on ne sait pas vraiment encore à qui elles purent appartenir.

 

 Pour d'autres Détails voir : Séleucie de Piérie  (Wikipédia)

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :

 

Victor Chapot :

- Séleucie de Piérie, Klincksieck, Paris, 1907.

Charles Cornwallis Chesney :

- On the bay of Antioch, and the ruins of Seleucia Pieria, pp. 228-234, Journal of the Royal Geographical Society of London 8, 1838.

Glanville Downey :

- A history of Antioch in Syria, From Seleucus to the Arab conquest, Princeton University Press, Princeton, 1961.

Günter Garbrecht :

- Talsperre und tunnel am hafen Seleukeia, pp. 83-89, Historische Talsperren, Wittwer, Stuttgart, 1991.

John D.Grainger :

- The cities of Seleukid, Syria, Clarendon Press, New York, 1990 - Oxford University Press, Oxford, 1990.

Hatice Pamir :

- Eine stadt stellt sich vor. Seleukia Pieria und ihre ruinen, pp. 17–21, Antike Welt 35, N°2, Raggi-Verlag, Küsnacht-Zürich, 2004.

 

 

 

 

HAUT de PAGE                                      Séleucie du Tigre    

   

   Séleucie du Tigre (ou Séleucie sur le Tigre, en Grec : Σελεύκεια Seleucia) est située aujourd'hui en Irak à 35 km environ de Bagdad et 60 Km au Nord de Babylone. Ses ruines ont été identifiées à la moderne Tell Umar sur la rive Ouest du Tigre. Elle fut l'une des plus grandes cités de Mésopotamie à la fin de l’Antiquité, s’inscrivant dans l’histoire entre Babylone et Bagdad. La ville était peuplée par des Macédoniens, des Grecs, des Syriens et des Juifs. La cité sera explicitement désignée comme la capitale de l'Empire Séleucide : Al šarrūti dans les sources en écriture cunéiforme "la ville de la royauté".

 

   Vue du site - Le Tell Omar

 

Cliquez pour agrandir l'image

L'histoire.......

 

   Séleucie sur le Tigre, au cœur de la Mésopotamie, est créée par Séleucos I Nikatôr (305-280) l'un des successeurs du grand conquérant Macédonien Alexandre le Grand (336-323) et le fondateur de l'Empire Séleucide, qui en fait sa capitale. La date exacte de sa construction n'est pas enregistrée, mais elle doit se situer après la guerre de Babylone (311-309) et avant 301, quand Séleucos I visite Babylone pour la dernière fois. Certains spécialistes avancent comme date entre 311 et 306, d'autres 305. La ville est érigée en face de l'ancienne ville d'Opis à la confluence du Tigre et du Canal Royal, qui relie la ville nouvelle à l'Euphrate. Du fait de sa position géographique stratégique, la principale route vers le plateau Iranien, elle devient rapidement une très grande cité et un centre commercial incontournable, supplantant une Babylone sur le déclin.

 

Cliquez pour agrandir l'image

 

Buste en bronze de Séleucos I -

 Musée national d'archéologie - Naples

   En 301, Séleucos I, reçoit lors du deuxième partage de l'Empire d'Alexandre, la Syrie et la partie Est de l'Asie Mineure. La possession de la Syrie lui donne une ouverture sur la Méditerranée et immédiatement il créé la nouvelle ville d'Antioche sur l'Oronte qui devient le siège du gouvernement. Dans le même temps il décide que Séleucie du Tigre devient la capitale des satrapies de l'Est. En 294, il y installe son fils Antiochos I en tant que vice-Roi. La ville restera la résidence des différents fils de souverains qui ont exercés cette fonction jusqu'en 141.

 

   En 222, la cité est prise par le rebelle Molon. Selon Polybe (Général, homme d'État et historien Grec, v.205-126 av.J.C), la ville est ensuite frappée d'une amende de 1 000 talents et ses magistrats, les Péliganes, sont exilés. Entre 205 et 204, depuis Séleucie du Tigre, le Roi Antiochos III Mégas (223-187) lance une expédition dans la région du golfe Persique. Séleucie du Tigre, avec son statut de capitale des satrapies de l'Est, trouve une ouverture vers l’Extrême-Orient et l’occasion de mettre en place des activités commerciales particulièrement prospères.

Cliquez pour agrandir l'image

 

 Portrait de Démétrios II

trouvé à Séleucie

  

   La ville devient une étape incontournable dans les routes vers l’Inde, qu’elles soient maritimes, par le Golfe Persique ou terrestres, par le plateau Iranien. Séleucie semble atteindre le sommet de sa prospérité au milieu de l'époque hellénistique. Cette apogée se constate dans la production céramique qui connaît alors son plus haut niveau qualitatif. En Juillet 141, le Roi des Parthes Mithridate I (171-138), qui avait déjà pris la Médie, conquiert Séleucie du Tigre et continue de l'utiliser comme une capitale régionale. La cité ne redeviendra plus jamais une possession Séleucide. Les Parthes, nouveaux maîtres de la région, savent cependant se faire accepter des habitants Grec de leur Empire et n’hésitèrent pas à adopter leurs valeurs. Ils vont implanter une nouvelle ville sur la rive Est de l'Euphrate, juste en face de Séleucie, Ctésiphon.

 

   Cette cité sera une capitale Impériale pendant plus de 800 ans, d'abord des Parthes Arsacides puis de leurs successeurs, les Sassanides. Malgré la présence à ses côtés de cette grande métropole, Séleucie conserve sa prospérité sous l’Empire Arsacide. En 57 av.J.C, les Parthes vont connaître la guerre civile lors de la succession de Phraatès III (ou Arsace XII, 70-57). Une version de l'histoire nous dit que le Roi suivant est Mithridate III (ou Arsace XIII, 57-54) qui serait le premier à monter sur le trône, mais serait rapidement déposé en raison de sa cruauté. Mithridate III s'enfuit alors en Syrie et demande asile au Proconsul Romain Aulus Gabinius. Il lève une armée et avance en Mésopotamie, mais il est battu à Séleucie du Tigre par le général Surena (ou Suren) au service d'un autre prétendant Orodès II (ou Arsace XIV ou Hyrodes, 57-38 ou 54-38). Il fuit alors à Babylone où après un long siège il est fait prisonnier et tué en 54 par Orodès II.

 Cliquez pour agrandir l'image

 

Buste d'Héraclès en bronze

trouvé à Séleucie

 

   Malgré son passage dans l’Empire des Parthes, Séleucie du Tigre restera fortement marquée par ses origines Grecques, ce qui lui donnait une place à part dans l’Empire. Pline l'Ancien (Écrivain et naturaliste Romain, 23-79) mentionne qu'à son époque, Séleucie du Tigre a encore quelques Macédoniens aux douanes. Les autres groupes ethniques de la ville étaient les Grecs, les Babyloniens et un grand groupe de Juifs de Babylone qui avaient fuit vers la ville, après 35 ap.J.C. Cependant en 41, Séleucie est le théâtre d'un massacre d'environ 5 000 de ces réfugiés Juifs. Ces faits sont aussi confirmés par Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe ben Mattatias, historien Juif, 37-v.100, Antiquités juives, 18,311). Il nous rapporte que outre les descendants des colons Grecs, la ville accueillait de nombreux habitants d'origines diverses et donc un assez grand nombre de Juifs de la diaspora. Séleucie est d'ailleurs nommée dans le Talmud où elle est appelée Selik ou Selika. Il nous dit encore que finalement, Grecs, Babyloniens et Syriens finirent par s'unir et se retourner violemment contre les Juifs jusqu'à les massacrer en en 41.

 Cliquez pour agrandir l'image

 

Ruine de la stoa de Séleucie

 

   Les deux cités, Séleucie et Ctésiphon vont être d'un enjeu déterminant et, de ce fait, souvent disputée par les Romains. Selon Dion Cassius (Historien Romain, v.155-v.235, Histoire Romaine, 68.30.2), l'Empereur Trajan (98-117) prend Séleucie en 117 et incendie la ville, mais l'année suivante elle est rétrocédée aux Parthes par le successeur de Trajan, l'Empereur Hadrien (117-138) et reconstruite dans le style Parthe. Elle redevient très vite une très grande et très prospère cité qui est de nouveau convoitée par les Romains. En 164, ne voulant pas se battre contre eux la cité ouvre ses portes aux troupes du général Romain Cassius Avidius.

Cliquez pour agrandir l'image

Statuette en argile d'une femme nue - Séleucie

  

   Cette bonne entente ne dure pas et la ville est pillée par les soldats Romains qui en auraient ramené la peste selon les sources antiques. En 164, le rapide retrait d’Avidius Cassius, est souvent expliqué par l’épidémie. Ce pillage n’empêche pas la Séleucie de frapper monnaie dès 166 ce qui prouve sa rapidité à tenter à se relever de cette attaque.  Selon Hérodien (Historien Romain, 175-249, Histoire de l'Empire Romain, 3.9) l'Empereur Septime Sévère (193-211) prend la cité à l'hiver de 198/199. Cependant, selon Cassius Dion (Historien Romain, v.155-v.235), les armées Romaines auraient trouvé la cité abandonnée. Il s’agit surement là d’une exagération de l’historien, mais il n'en est pas moins certain que la ville avait souffert en 166 et que son déclin s'accélérait. Au IIIe siècle ap.J.C, Séleucie semble avoir décliné définitivement sous la dynastie Sassanide.

 

Cliquez pour agrandir l'image

 

   Petite amphore - Séleucie

   Surtout après la fondation, vers 230/240 par le Roi Ardacher I (ou Ardashir Babigan, 224-241), le fondateur de la dynastie Sassanide, de la ville toute proche de Veh-Ardašir (ou Coche ou Koké, "la bonne ville de Ardašir"). Les Ruines de cette ville voisine concurrente ont longtemps été confondues avec celles de Ctésiphon. Séleucie n'a plus le même rôle, cependant lorsque l'Empereur Romain Carus (Marcus Aurelius Carus, 282-283) la prend avec Ctésiphon en 283, c'est encore une victoire importante (Historia Augusta, Carus, 8). Il y avait beaucoup d'églises Chrétiennes en Mésopotamie depuis le premier siècle et au cours du IIIe et IVe siècle Séleucie est devenu un centre important de la religion. Après l'édit de tolérance décidé par le Roi Sassanide Yazdgard I Ulathim "Le pêcheur" (ou Yazdegerd ou Izdekerti, 399-420) qui mettait un terme, pour le moment, à la persécution des Chrétiens, Séleucie fut le siège du renforcement de l'église. Au Ve siècle, la ville est un important centre du Christianisme Nestorien, cet enseignement y est défini au cours du conseil des ecclésiastiques de 468.

Cliquez pour agrandir l'image

Statuette représentant Héraclès - Séleucie

 

   Avec la conquête arabe, la proximité de Séleucie, de Ctésiphon et de Veh-Ardašir "la nouvelle Séleucie" et peut-être d’autres établissements urbains comme Vologèsias, va accélérer leur déclin. Désertée petit à petit, ces villes s'évanouissent dans l'histoire pour finalement être avalé par les sables du désert, peut-être aussi abandonné après que le Tigre est changé son cours. Leur identification exacte va être rapidement oubliée après leur abandon. Aussi cette zone marquée par de nombreuses ruines fut-elle appelée par la suite Al-Mada'in par les populations arabophones, c’est-à-dire "Les Villes". Séleucie du Tigre aura été un centre important de la civilisation Grecque. Ce rayonnement s'exprimait vraisemblablement dans bien des domaines et la cité semble avoir été un centre intellectuel important comme en témoigne Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C), qui mentionne un astronome nommé Séleucos et ajoute qu'il a étudié, dans la tradition Babylonienne, la science des étoiles (un "Chaldéen", Géographie, 16.1.6).

Cliquez pour agrandir l'image

 

Plat à poisson trouvé derrière la stoa - Séleucie

 

   Il mentionne également un philosophe nommé Diogène (16.1.16). Selon Plutarque (Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125), le rhéteur Athénien Amphicratès (Ier siècle ap.J.C.), cru qu'il pouvait trouver une bonne position à Séleucie du Tigre, suite à un emploi qu'on lui offrait, mais en fin de compte il refusa, comparant la ville à une cocotte (Lucullus, 22,5). C'est peut-être une référence au climat. Enfin, par sa population Séleucie comptait aussi parmi les plus grandes villes du monde antique. À l'époque de Strabon, au début de l'ère Chrétienne, sa puissance et sa population étaient comparables à celles d'Alexandrie et supérieures à celles d'Antioche.

 

 

Cliquez pour agrandir l'image

 

L'équipe de fouille 1927-1932

Le site

 

  Le site de Séleucie du Tigre a été redécouvert dans les années 1920 par des archéologues qui recherchaient Opis. À partir de 1927, les professeurs Leroy Waterman (1927-1932) avec Robert H.Mc Dowell en 1930-31 et Clark Hopkins (1936-1937) toujours avec Robert H.Mc Dowell, de l'Université du Michigan ont supervisé les fouilles pour le Kelsey Museum of Archaeology, au nom de l'American School of Oriental Research de Bagdad avec l'aide de fonds fournis par le Musée de Tolède et le Cleveland Museum of Art.

 

  En raison des conflits dans cette région depuis des décennies le site à très peu été étudié. De 1964 à 1989 une mission Italienne de l'Université de Turin a tenté des fouilles. Ils ont trouvé un bâtiment Séleucide d'archives avec environ 15 000 sceaux, le tout dans un style Grec. Les fouilles ont montré que la ville a été construite selon un plan quadrillé. Comme il s'agit d'une ville Séleucide, elle possédait, comme à l'habitude pour celles-ci, une rue principale toute droite qui était décorée avec des colonnades.

Cliquez pour agrandir l'image

 

Autre vue du Tell Omar

 

   Pline l'Ancien (Écrivain et naturaliste Romain, 23-79) compare le plan de l'enceinte de Séleucie du Tigre "à un aigle étalant ses ailes" (Histoire Naturelle, 6,122). Un canal séparait la résidence officielle du Roi des habitations où les gens ont été, selon une coutume Babylonienne, enterrés dans leur maison. La cité possédait aussi un théâtre et une place de marché mais qui n'ont pas encore été identifiés à ce jour.

 

   Selon Pline, la ville avait 600 000 habitants et était géré par un sénat de 300 personnes, ce qui pour certains spécialistes est exagéré, alors que pour d'autres cela parait tout à fait possible du fait de la proximité de Babylone et de ses terres fertiles qui pouvaient largement subvenir aux besoins d'une telle population. De nos jour, Bagdad a près d'un million d'habitants qui sont alimenté de la même manière et en utilisant la même technologie.

 

 

Bibliographie

 

   Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :

 

Clark Hopkins :

- Topography and Architecture of Seleucia on the Tigris, The Univerdity of Michigan, Ann Arbor, 1972.

Antonio Invernizzi :

- Seleucia al Tigri : Le impronte di sigillo dagli archivi, Edizioni dell'Orso, Alessandria, 2004.

Georges Le Rider :

- Séleucie du tigre : Les monnaies Séleucides et Parthes, Le Lettere, Florence, 1998.

Vito Messina, Paolo Mollo, Ariela Bollati et Antonio Invernizzi :

- Seleucia al Tigri, Missione in Iraq 2, impr. Edizioni dell'Orso, Alessandria, 2004.

Vito Messina et Antonio Invernizzi :

- Seleucia al Tigri, Missione in Iraq 3, Centro ricerche archeologiche e scavi di Torino per il Medio Oriente e l'Asia, Le Lettere, Florence, 2006.

Józef Wolski :

- L'Empire des Arsacides, In Aedibus Peeters, Lovanii, 1993.

   

 

 Pour plus de détails voir aussi :   L'histoire des Séleucides

 

 

HAUT de PAGE
Les Hébreux, les Royaumes de Juda et d'Israël    
Cliquez pour télécharger la police de caractère

Pour voir correctement les traductions des noms en Grec ancien,

vous pouvez télécharger et installer la police de caractère jointe.

 Copyright © Antikforever.com
Les Hasmonéens